Centre de Yoga de La Bertais

Information sur les activités du Centre et échange entre les Amis de La Bertais-Vassot

Anaïk Vaugeois

Une coopérative funéraire à Nantes pour l’automne

date_range 16 mai 2016
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J'ai eu l'occasion lors de la dernière AG des Amis de la Bertais de parler à certains d'entre vous du projet de création de Coopérative Funéraire dans lequel je suis engagée depuis deux ans maintenant à Nantes.

Tout a commencé pour moi en août 2011.
Je participais à la veillée organisée dans le dojo à Hauteville lors des obsèques d'Arnaud, la veille de l'inhumation.
Les chants étaient magnifiques, l'atmosphère paisible, je me sentais enveloppée par la présence d'Arnaud et la présence bienveillante des participants.
En l'espace de quelques secondes, j'ai repensé à tous les morts de ma famille, et toutes ces cérémonies tristes, froides, vides.
Le contraste était frappant.

bougie lotus

Dans les mois qui ont suivi, j'ai commencé à réfléchir sérieusement à la façon dont on rend hommage à nos morts aujourd'hui et aux pratiques du monde funéraire.

Mes recherches m'ont amenée à rencontrer en 2014 une certaine Sabine, qui réfléchissait aux mêmes questions que moi, mais avec un train d'avance, puisqu'elle connaissait le modèle des Coopératives Funéraires québecoises et commençait à s'entourer de quelques personnes pour travailler à la création d'une première coopérative de ce type à Nantes.

Alors qu'est-ce qu'une Coopérative Funéraire ?
Qu'est-ce qui la différencie des autres opérateurs funéraires ?
Quels seront les services proposés ?
Le site d'information 7seizh nous a consacré une page la semaine dernière et répond à toutes les questions dans cet article  que je vous invite à lire...

Après 2 ans d'efforts soutenus, nous avons réussi à mobiliser 115 citoyens, nous avons reçu le soutien financier de Nantes Métropole, de la Région Pays de la Loire, de France Active pour réaliser notre étude de faisabilité, nous avons rédigé les statuts juridiques de la SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif), trouvé un local, et développé des partenariats qui devraient nous permettre de démarrer notre activité à l'automne !

Nous travaillons aussi bien sûr beaucoup sur le fond du projet, pour être en mesure de proposer dès le démarrage de l'activité, un accompagnement dans l'organisation de veillées funéraires (musique / chants), cérémonies laïques, cérémonies de commémorations. Nous menons une large réflexion sur la question des rituels en nous inspirant, là aussi, des expériences développées dans le réseau des Coopératives Funéraires du Québec.

Parmi nos adhérents nous avons 4 brétilliens (il m'a fallu une recherche google pour trouver le nom des habitants du 35) qui sont déjà motivés pour créer une deuxième coopérative à Rennes si l'expérience nantaise est concluante. A suivre donc...

cooperative_funeraire

Publié dans 07-Témoignages personnels, 11-Regards sur le monde, Sangha news
Anaïk Vaugeois

Partage

date_range 24 janvier 2010
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J’ai souvent cette impression que « oh là là mon Dieu la vie c’est difficile »…dès qu’un problème est résolu il y en a deux nouveaux qui arrivent…aucun répit, tout qui s’accélère, et je suis toute seule à devoir tout gérer. J’ai besoin d’aide, je voudrais me reposer…Jusqu’à un moment comme aujourd’hui par exemple où je me rappelle « ah oui, c’est ma croyance de base…la vie est dure, je suis toute seule… ». 

Donc aujourd’hui est un jour heureux parce que je me rappelle. 

Je me rappelle que ma vie s’est construite sur la croyance que tout est difficile et hostile sur cette terre, et que j’ai la possibilité de faire évoluer cette croyance ; ce simple rappel me fait sentir instantanément « la vie est bonne ».

Je me rappelle et puis j’oublie, je me rappelle et puis j’oublie…

Et si j’essayais d’inscrire « la vie est bonne » dans l’action ? Histoire de moins oublier ?

Le temps d’écrire cette phrase j’ai x pensées qui sont apparues en même temps : « ça c’est impossible », « pourquoi j’écris cet article de merde ? », « la honte d’écrire ça », « ça va bien faire rigoler tout le monde que j’ai dit que j’allais essayer quand ils verront que j’ai pas réussi » et cetera et cetera, des pensées quoi..

Donc si j’essayais de poser des actes pour me libérer un peu plus de cette croyance ? 

J’ai commencé cet article ce matin, j’ai cherché toute la journée… j’ai abandonné plein de fois. Ce qui me vient ce soir comme acte c’est « aller vers l’Autre », et  « laisser l’Autre me donner sans chercher nécessairement à donner en retour». Oui la vie est dure parce que je suis dans des relations de pouvoir. C’est moi qui donne, je garde la maîtrise.

Je ne sais pas si c’est assez précis comme acte.

 « Aller vers l’Autre » c’est pour sortir de ma bulle et m’ouvrir; je vais aller vers des gens que je ne connais pas dans la rue, un bar ou ailleurs.

« Laisser l’Autre me donner sans chercher nécessairement à donner en retour». Ça c’est parce que je n’ai plus d’argent et que c'est bientôt Noël*... non je rigole… je vais y être attentive dans mes relations amicales, familiales et autres. Et je vais voir ce qui se passe...

* Note de la rédaction : cet article a été rédigé fin décembre, mais pour des raisons techniques il n'a pas pu être publié plus tôt...

Publié dans 07-Témoignages personnels
Anaïk Vaugeois

Témoignage sur la relation d’aide

date_range 22 octobre 2009
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Pour ce premier témoignage sur le blog, j’ai envie de parler d’une relation ; la relation que j’ai eue pendant plusieurs années avec Christophe Massin.
Pour ceux qui ne connaissent pas, Christophe est un élève d’Arnaud, psychiatre et psychothérapeute, qui accompagne de nombreuses personnes à Paris et anime également des groupes de mise en pratique.
Je pourrais en dire beaucoup plus sur lui, sur ce qu’il a écrit et réalisé, mais ce n’est pas cela que je souhaite développer.
 
 
Pourquoi parler de ma relation avec Christophe ?
Parce que c’est d’une certaine manière ma première relation réelle avec un être humain sur la terre.
Et mon père ? et ma mère ? Et ma sœur ?...ce n’étaient pas des êtres humains ?
Si a priori, mais je n’étais pas vraiment en relation avec eux.
Et par la suite mes maîtres et maîtresses d’école, mes amis… ?
Je n’étais pas en relation avec eux.
La peur.
La croyance, transformée en conviction, qu’il était impossible que quelqu’un puisse me supporter (je ne parle même pas d’aimer).
La certitude que mon seul contact était dangereux pour l’autre, comme une lèpre psychologique, ou une folie contagieuse.
Seule et autocondamnée à le rester.
A un autre niveau, dans le cœur, la certitude qu’autre chose était possible…
 
J’ai rencauteur_cm.jpgontré Christophe en 1999, la même année où j’ai commencé à lire les livres d’Arnaud.
J’avais fait auparavant deux tentatives avec deux thérapeutes différents qui s’étaient soldées par des échecs au bout d'un an.
La relation avec Christophe s’est établie à un double niveau :
- au niveau « classique », je me suis présentée comme je me présentais à chaque fois, convaincue qu’il allait tout de suite percevoir que j’étais « inguérissable » et que j’allais vite devenir un poids
- et à un niveau plus profond, j’ai senti une qualité, sur la quelle je pouvais m’appuyer pour faire les premiers pas.
 
Donc qu’est-ce qui s’est passé ? Eh bien j’ai tenté de faire ce que je reproduisais indéfiniment depuis mon enfance : mettre en échec la relation, en me faisant rejeter de préférence.
Ce serait long de décrire tout ce que j’ai fait pour me faire rejeter, d’autant que je participais à des stages et groupes réguliers avec Christophe, et que j’utilisais largement le groupe pour essayer de déclencher un rejet collectif.
Et avec Christophe, nouveauté dans ma vie, ça n’a pas fonctionné, il ne m’a pas rejetée.
Comment ? Quelqu’un qui ose me résister ? Ah non ! Il va voir ce qu’il va voir Christophe, il ne me connaît pas encore…
Et me voilà repartie à essayer d’effrayer Christophe par ma noirceur, à déverser mon agressivité sur lui, à lui hurler dessus, avec toute la mauvaise foi que je pouvais trouver, puis à faire la victime, avec plaintes et lamentations...pour finir par lui prouver qu’il ne pouvait rien faire pour moi pour qu’enfin il me dise de partir.
Et Christophe a tout accueilli. Tout.
Je ne sais pas à quel moment j’ai réalisé cela, mais l’espace qu’il m’offrait pour dérouler mon scénario est devenu l’espace qui m’a permis de voir ce scénario.
La compassion (je pense que je peux utiliser ce mot) dont il a fait preuve à mon égard est devenue compassion envers moi-même.
Cela s’est fait progressivement je crois, par imprégnation, par infusion, par osmose, je sais pas, mais cette qualité d’accueil de Christophe est rentrée dans mon cœur.
Je me suis accueillie dans l’accueil de Christophe, offrant ainsi à Christophe et au monde ce que je suis vraiment.
 
Je ressens une immense gratitude envers Christophe pour cela.
Je n’ai exploré qu’une petite partie de mes dynamismes inconscients avec Christophe, mais la magie de la vie fait que j’ai retrouvé chez Yann cette même qualité d’accueil, cette même possibilité d’éclairer les parties obscures de mon âme à la lueur de la relation.
Vais-je utiliser cette possibilité ? Vraiment ?
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Note de la rédaction : Christophe et son épouse Murielle nous avaient fait l'honneur de leur visite il y a quelques années à l'occasion de l'Assemblée Générale annuelle des Amis de La Bertais-Vassot. Un enregistrement vidéo (fait par Robert) de la conférence de Christophe existe à La Bertais, mais dans un format qui ne permet pas de vous en donner à voir ici un extrait. Faute de mieux, ci dessous la vidéo d'un des passages à la télévision de Christophe...
 
 

Rappelons aussi que Christophe Massin est l'auteur de plusieurs ouvrages, entre autres :

  • Vous Qui Donnez La Vie - Un Autre Regard Sur La Grossesse (2001)
  • Le Bébé Et L'amour (1997)
  • et qu'il a aussi contribué à l'ouvrage collectif : "Swâmi Prajnânpad et Les Lyings" (2000)

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Publié dans 07-Témoignages personnels, 10-Coups de coeur culturels, Littérature, Trésors du Net