Centre de Yoga de La Bertais

Information sur les activités du Centre et échange entre les Amis de La Bertais-Vassot

Christelle Martin

Changer les paroles ?

date_range 4 juin 2018
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Il m'arrive régulièrement d'avoir une chanson en tête. Parfois parce qu'elle passe beaucoup à la radio en ce moment. Mais parfois aussi, une chanson «venue de nulle part» insiste, et insiste encore.

Il m'est arrivé de faire le lien entre une chanson que j'ai en tête et mon état d'esprit du moment. Par exemple, l'année dernière, je chantais sans cesse le refrain d'une chanson que j'avais entendu à la radio seulement 2 ou 3 fois, «Rockabye baby». Je n'en connaissais pas le sens puisqu'elle est en anglais et que je n'avais pas cherché à comprendre. Lors d'un séjour à la Bertais, le travail avait porté sur la mémoire d'une maman qui avait perdu son bébé dans des circonstances très tragiques. Le dernier jour, je me retrouve dans le jardin et je me rends compte que je suis en train de me balancer en regardant le ciel, et en chantant cette chanson. J'ai appris par la suite que «Rockabye baby», c'est une maman qui berce son bébé en chantant pour qu'il s'endorme. Les autres paroles décrivent la situation difficile qu'elle affronte. J'avais alors interprété mon comportement (de chanter en me balançant, le regard vers le ciel) comme s'adressant à ce bébé perdu, lors d'une autre vie. Depuis, je suis devenue beaucoup plus attentive, lorsqu'une chanson me reste en tête, surtout si je ne l'ai pas entendue récemment.

 

Paroles et traduction ici

 

Depuis quelques jours, c'était le cas de cette chanson: «She works hard for the money». Je ne connais que le refrain, et il revient en boucle, et en boucle. Je le chante, j'invente des variantes, je fais les choeurs... lol. Je me dis «ça serait peut-être sympa de changer de disque». Mais quand je cherche une autre chanson, je n'ai pas envie de chanter. Par contre, je ressens une forte motivation pour cette chanson là. Je me demande quel sens ça peut avoir dans ma vie. Ma mère était présente à la maison et même très présente pour moi. Donc je ne vois pas tellement le rapport. Mon père, lui, était beaucoup absent, pour son travail.

Quelques jours plus tard alors que la chanson me revient, je me trompe dans les paroles, je chante «He works hard for the money». Je sens que ça fait tilt. Ça sonne un peu plus juste. Et, au fur et à mesure que je répète le refrain, les paroles changent d'elles-mêmes, en fonction des mots nouveaux qui se présentent.

Le refrain complet c'est «She works hard for the money, so hard for it honey, she works hard for the money, so you'd better treat her right». La traduction, c'est « Elle travaille dur pour l'argent, si dur pour ça, chéri, elle travaille dur pour l'argent, donc tu ferais mieux de la traiter correctement.»

 

 

Je viens de vérifier les paroles. Ce n'est pas la version que j'avais en tête lol. Le refrain qui me venait sans cesse, c'est: «She works hard for the money, so hard for the money, she works hard for the money, so you'd better be alright» (... donc tu as intérêt à être bien).

Et puis, le premier changement apporté à ma version déjà subjective de ce tube planétaire... «He works hard... » (Il travaille dur...)
Et puis «He works hard... And I don't feel alright» (Il travaille dur, ... et je ne me sens pas bien)
«He worked hard... And I don't feel alright» (Il travaillait dur, et je ne me sens pas bien)
«He worked hard... And I didn't feel alright» (Il travaillait dur, et je ne me sentais pas bien)
«He worked hard... And we didn't feel alright» (Il travaillait dur, et nous ne nous sentions pas bien)
«He worked hard... And he didn't feel alright» (Il travaillait dur, et il ne se sentait pas bien).

La dernière version fait tilt, et plus que tilt. Je savais déjà que j'avais ressenti beaucoup de tristesse, car mon père était peu présent (physiquement, et disponible psychiquement), parce qu'il s'investissait beaucoup dans son travail. Et je pensais avoir fait la paix avec cela, en comprenant que c'était sa manière à lui de prendre soin de nous, ma mère et moi. Que son absence recouvrait en fait beaucoup d'amour.

Ce que je n'avais pas mesuré jusque-là, c'est à quel point la petite fille que j'étais avait pu s'inquiéter pour lui. Lorsque je le voyais fatigué, préoccupé, que je ne le voyais pas rentrer, ou qu'il nous déposait sur le lieu des vacances avant de repartir pour un «dossier urgent».
Je découvre une autre facette de la relation avec lui, oubliée depuis longtemps. Des anecdotes me reviennent. Je luttais pour ne pas m'endormir tant qu'il n'était pas rentré. Je l'avais «protégé» d'un chien, alors que j'avais peur des chiens... C'était «mon papa chéri». Comment est-il possible qu'autant de distance se soit installée entre nous? Je reconnais à quel point je me suis protégée de la tristesse liée à son absence, en lui fermant mon coeur. A quel point il m'a manqué, sans que je sache le reconnaître. A quel point je l'ai cherché partout ailleurs. Et à quel point ce manque se prolonge dans ma vie d'aujourd'hui...
Tout ça dans une chanson.

Publié dans 04-Enseignement d'Hauteville, 07-Témoignages personnels
Christelle Martin

Khalil Gibran, l’amour

date_range 18 mai 2018
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Namaste!

Après des périodes un peu mouvementées, je me pose enfin, et je prends le temps de lire.

Je suis tombée sur ce poème de Khalil Gibran, que j'ai trouvé magnifique, et j'ai eu envie de le partager avec vous...

A bientôt !

L'Amour

Lorsque l'amour vous fait signe suivez-le,
Bien que ses chemins soient escarpés et sinueux.
Et quand ses ailes vous étreignent, épanchez-vous en lui,
En dépit de l'épée cachée dans son plumage qui pourrait vous blesser.
Et dès lors qu'il vous adresse la parole, croyez en lui,
Même si sa voix fracasse vos rêves, comme le vent du nord saccage les jardins.
Car comme l'amour vous coiffe d'une couronne, il peut aussi vous clouer sur une croix.
Et de même qu'il vous invite à croître, il vous incite à vous ébrancher.
Autant il s'élève au plus haut de vous-même et caresse les plus tendres de vos branches qui frémissent dans le soleil,
Autant cherche-t-il à s'enfoncer au plus profond de vos racines et à les ébranler dans leurs attaches à la terre.
Pareilles à des brassées de blé, il vous ramasse et vous enlace.
Il vous bat au fléau pour vous mettre à nu.
Il vous passe au tamis pour vous libérer de votre balle.
Il vous moud jusqu'à la blancheur.
Et il vous pétrit au point de vous assouplir.
Puis il vous livre à son feu vénéré, afin que vous deveniez pain sacré pour le saint festin de Dieu.
Voilà tout ce que l'amour fera en vous afin que vous puissiez déceler les secrets de votre coeur et devenir ainsi un fragment du cœur de la Vie.
Mais si dans votre crainte vous ne recherchiez que la paix et le plaisir de l'amour,
Alors il serait préférable pour vous de couvrir votre nudité, de quitter l'aire de battage de l'amour,
Et de vous retirer vers un monde sans saisons,
Où vous pourrez rire sans laisser jaillir tous les éclats de votre rire,
Où vous pourrez pleurer sans jamais libérer toute l'amertume de vos larmes.
L'amour ne donne rien que lui-même et ne prend rien que lui-même.
Il ne peut posséder et ne peux être possédé.
Car l'amour suffit à l'amour.
Lorsque vous aimez, ne dites pas : "Dieu est dans mon cœur."
Dites plutôt : "Je suis dans le cœur de Dieu."
Et ne croyez pas que vous puissiez diriger le cours de l'amour.
Car si l'amour vous trouve digne, lui-même guidera votre cœur.
L'amour n'a point d'autre désir que de s'accomplir.
Mais si vous aimez et devez éprouver des désirs, que ceux-ci soient les vôtres :
Fondre en un ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.
Connaître la douleur d'un flot de tendresse.
Être blessé par votre propre perception de l'amour ;
Et laisser couler votre sang volontairement et joyeusement.
Vous réveiller à l'aube avec un cœur ailé et rendre grâce à Dieu pour cette nouvelle journée d'amour.
Vous reposer à midi et méditer sur l'extase de l'amour.
Regagner votre foyer au crépuscule en remerciant le ciel.
Puis vous endormir avec une prière pour l'être aimé en votre cœur et un chant de louange sur vos lèvres.

Khalil Gibran "Le prophète"

Publié dans 07-Témoignages personnels, 09-Voyage voyage..., 10-Coups de coeur culturels, Littérature, Sangha news
Christelle Martin

Lyings Sri Lankais…

date_range 19 avril 2018
visibility 110 consultations

Depuis quelques semaines, j'avais envie d'écrire un nouveau post sur ce blog, pour partager avec vous l'expérience de mon voyage en cours.

Dans le même temps, j'ai fait le choix de mettre l'essentiel des photos, et de mes réflexions sur un autre blog. Au départ, j'avais ouvert celui-ci pour mes parents et quelques amis. Au fil du temps, de nouvelles personnes s'y sont intéressées. Il est donc consulté par des personnes qui me connaissent de manière diverse (famille, amis, collègues de travail, voisins, personnes de l'école de yoga, de la Bertais, ou même, des personnes qui me connaissent indirectement.)

J'ai choisi d'y publier aussi, à l'occasion, les liens que je fais entre ce voyage, la pratique du yoga, et l'enseignement d'Arnaud (même s'il n'est pas toujours nommé en tant que tel). Car je pense que c'est intéressant d'offrir la possibilité de découvrir cela à des personnes qui ne connaissent pas du tout ces approches. Ce qu'elles en feront, cela leur appartient. En tout cas, j'ai donc décidé de ne pas restreindre mes écrits uniquement au blog de la Bertais (d'autant plus que vous y avez accès si vous le souhaitez en cliquant ICI .

J'ai donc pris mon temps, avant de revenir vers vous car jusque-là, mes expériences au cours de ce voyage me paraissaient tout à fait partageables avec un public plus large.

Et puis, je suis arrivée au Sri Lanka lol. Assez fatiguée par un rythme de visites soutenu. Un avion tardif, j'arrive de nuit. Pas encore réservé de guest house. Je prends un bus pour Colombo (l'aéroport de Colombo est en fait à 45 minutes de la ville). A l'arrivée, je me fais complètement avoir par le chauffeur, qui attend que tout le monde soit descendu pour me faire payer, et me demande un prix exorbitant. Je me doute qu'il y a un problème, mais je paye. D'ailleurs, lorsque j'observerai la situation rétrospectivement, je vois que j'ai mis beaucoup de choses en place pour que ça se passe ainsi. Ou disons que j'avais pressenti que ça allait se passer ainsi, et que je n'ai absolument rien fait pour que ça n'arrive pas. Ça me renvoie à un épisode semblable lors de mon arrivée à Mysore, avec un chauffeur de rickshaw.

Je fais le lien, et j'ai aussi en tête les paroles de Swamiji: «tout ce qui vous arrive, vous arrive parce que vous l'avez attiré.»

Allongée sur le lit d'une chambre d'hôtel assez miteuse, bandeau sur les yeux et bouchon dans les oreilles pour m'isoler un peu des lumières et des bruits de la gare routière juste en dessous. La fatigue, les sollicitations sensorielles permanentes, créent un état de remous intérieurs. Comme si la vase dans le fond d'un lac avait été complètement brassée. Des vagues d'émotions se succèdent, qui me font sentir en quoi les expériences que je venais de vivre étaient liées à d'autres, beaucoup plus anciennes. Je ressens que ce qui vient de m'être fait, je l'ai fait à d'autres. J'ai été ces hommes. J'ai été malhonnête. J'ai trompé, j'ai volé. Cela dépasse mes petites bêtises de jeunesse. Je sens à quel point cela a pu être puissant, dans une ou plusieurs autres vies. Je ressens ce que ça peut être, le karma. Sa puissance, sa lourdeur. Je sens que je porte ça en moi, comme un panneau clignotant qui m'appelle. Et que ça m'est montré, à travers ces expériences, afin d'être enfin résolu.

Ce thème épuisé, d'autres remontent à la surface, se succèdent, s'emmêlent. Des bribes d'une existence où, sous un uniforme policier, j'aurais torturé. «Parce qu'on m'a demandé de le faire».
Émerge aussi des liens passés avec un ami actuel. Je perçois ce qui m'a attirée vers lui.

Je remarque aussi que, sans le vouloir, je me retrouve au Sri Lanka la semaine où ils fêtent le nouvel an. J'avais déjà eu le nouvel an en Inde quelques semaines avant. Et je me souviens d'un voyage en Thaïlande, il y a quelques années, où c'était le cas aussi. A chaque fois, les gens se retrouvent en famille, j'assiste à cela. Oups, moi qui ai soigneusement évité de descendre chez mes parents à Noël cette année, quitte à le passer toute seule... Et qui suis venue vivre à l'autre bout de la France, ma famille étant dans le Var. Le thème de la famille se déploie, ouille... Celui de la maternité aussi, grosse question.

 

Je ressens également que le rythme auquel j'ai voyagé jusqu'à présent ne correspond pas seulement à un souhait de visiter beaucoup de lieux. C'est la raison superficielle. En dessous, je vois que je suis davantage motivée par le souhait de partir (du lieu où je me trouve) que celui d'en rejoindre un nouveau. Je fais mon sac en quelques minutes, (d'ailleurs je ne le défais pas) et je pars sans me retourner. Impression bizarre de rejouer quelque chose. L'impression d'être en cavale.

Ressenti que j'ai déjà eu dans le passé. (Je précise que quand j'étais enfant et que je jouais seule dans le jardin de ma grand-mère, je me jetais derrière la haie, sans réfléchir, dès que quelqu'un passait dans la rue d'à-côté. Je ne comprenais pas moi-même, mais je ne pouvais pas faire autrement. Il m'est arrivé de ressentir encore cette impulsion à l'âge adulte, même si j'y réponds  autrement).

Épuisée après plusieurs journées où j'impose à mon corps, «malgré moi», un rythme incessant, je m'arrête. Je m'allonge. Le corps et le mental ne tiennent pas en place. Je suis déterminée à comprendre. Je demande. «Pourquoi?». «Pourquoi je continue comme ça alors que j'en peux plus?». J'insiste. Une réponse vient. «J'peux pas m'arrêter». D'accord. Pourquoi je ne peux pas? «On va me retrouver». Qui? Qu'est-ce qui se passe? Qu'est-ce que j'ai fait? Est-ce que j'ai volé? Est-ce que j'ai tué? J'ai violé? ... Qu'est-ce que j'ai fait ? «J'AI RIEN FAIT!».

Je fais ainsi la connaissance de Wallid. Ce qui vient, c'est que cet homme, indien et musulman, serait recherché pour des raisons politiques. Pour ses idées. Il fuit, sans s'arrêter. Peur d'être reconnu. Impossible de se reposer.

La période serait aux alentours de l'indépendance de l'Inde. Arrêté à 18 ans, il serait ressorti à 32. Échappant à la torture. Le corps pourtant extrêmement affaibli par les privations. A la sortie, où aller? Sans argent, sans rien. Mis à la porte de la mosquée où il cherchait refuge. Il rejoint ses parents, qui prennent soin de lui. Il s'en veut de leur imposer la souffrance de le voir dans cet état, et de ne pouvoir les aider, eux qui vivent déjà très simplement. Il souffre de ne pouvoir fonder une famille. «Aucune femme ne voudra de moi comme ça». Il aime ses neveux et nièces, qui viennent le voir, et ne le rejettent pas malgré son apparence. Il meurt quelques années après. Il l'attendait, il souffrait trop.

Je remercie. Je prie. J'écoute sur Internet une lecture du Coran. Les larmes coulent encore et encore. C'est fini. J'accueille en moi tout cela.

Le lendemain, j'arrive à Cochin. Au départ seulement une ville-étape vers Munnar. Mais je me surprends à choisir de rester ici. Le coin est sympa (en bord de mer), la chambre parfaite pour pratiquer le yoga. Et surtout, j'ai besoin de me poser, de me reposer. Je remarque que je range le contenu de mon sac dans l'armoire, ce qui ne m'était pas arrivé jusque-là. Quelque chose semble avoir lâché. Je peux m'arrêter.

Ce jour, c'est aujourd'hui. La suite, je ne la connais pas. J'en suis curieuse en tout cas. Quelle aventure passionnante! Je lirai ça dans un roman, ça serait de la science-fiction. Cela a pourtant un caractère de réalité, quelles que soient les explications qu'on y trouve par ailleurs. Je n'ai pas les connaissances suffisantes pour savoir si ce récit est crédible ou non. Je ne ferai pas de recherche à ce sujet. Ça n'est pas le plus important. Quelque chose qui était en moi s'est manifesté de cette manière, puis s'est éteint. Ce «quelque chose» avait besoin d'être entendu et reconnu.


Les derniers temps, j'étais très attirée par les mosquées lol. Ça n'était donc pas un hasard. Ainsi, il me semble que beaucoup de choses qui m'arrivent actuellement viennent faire résonner profondément des thématiques qui demandent à être soldées. Peut-être que c'est toujours le cas, et que je ne l'entendais pas jusque-là.

J'apprends à interroger les émotions qui se lèvent en moi, parfois sans effet. Mais quand la question tombe juste, elle déclenche à coup sûr une forte réaction émotionnelle. C'est ça qui sert de fil rouge au questionnement.

Dans le même temps, deux jours après le début de cet épisode, mon corps déclenche des règles (alors que ça n'est pas le moment) et une diarrhée. C'est comme s'il utilisait tous les moyens disponibles pour évacuer ce qu'il a à nettoyer.

Je pense que la période actuelle a été préparée par beaucoup d'autres expériences précédentes. Je l'accueille en tout cas avec gratitude. L'occasion m'est donnée de faire un peu le ménage en moi. Il me semble que je suis venue pour ça. Et il m'est devenu possible d'y faire face, sans trop de peur. Même seule.


L'année dernière, je suis beaucoup venue à la Bertais, car c'était la première fois que je me confrontais à quelque chose de ce genre. Je ne savais pas trop ce qui m'arrivait. Je ne savais pas quoi en faire. Le soutien de Yann, d'Anne-Marie, des différents groupes dans lesquels j'ai été, m'avait alors beaucoup aidée. Une thérapeute en EFT également (Hélène Roca, à Gévezé).

Depuis, j'ai pris confiance dans le processus des lyings. J'ai pu expérimenter que, même au plus haut de la vague émotionnelle, une part de nous reste consciente de tout ce qui se passe, du lieu où l'on se trouve, avec qui. On est traversé par un autre vécu, il prend beaucoup de place, mais seulement la place qu'on lui donne. Les choses se révèlent petit à petit, au rythme qui nous est supportable.

 

Voilà. Je suis consciente que c'est assez intime comme témoignage. En même temps, je pense que ça me soutient de savoir que vous allez me lire. Malgré la distance, je me sens bien entourée par mes proches, grâce à Internet. Mais certaines choses ne se partagent pas aussi facilement que des photos de vacances lol.

Je pense bien à vous. Je serai ravie de vous retrouver l'année prochaine

Publié dans 07-Témoignages personnels, 09-Voyage voyage..., Sangha news
Christelle Martin

Voyage en cours…

date_range 8 mars 2018
visibility 130 consultations

Bonjour à tous !

Voilà une quinzaine de jours que je suis arrivée en Inde (pour 4 mois). Avec la tentative de prévoir le moins possible, en dehors du stage de yoga et de la cure ayurvédique, pour lesquels j'ai organisé ce voyage au départ.

Je me surprends, en n'anticipant pas, et en me laissant porter par les situations, à vivre les choses différemment que ce que j'aurais pu attendre.

Première «affirmation» avant de partir, je m'étais entendue dire à mes amis, ma famille, que je ne souhaitais pas faire trop de transport, donc pas trop bouger entre les étapes déjà prévues. C'est plutôt l'inverse pour l'instant, car l'arrivée sur place a déclenché un souhait de découvrir ce pays, dans les aspects qui peuvent s'offrir à moi.

Ainsi, après Fort Cochin, j'ai transité par Bangalore, pour rejoindre Hampi. Puis Aurangabad pour voir les grottes d'Ellora et d'Ajanta. Des lieux exceptionnels, qui m'ont touché par la dimension sacrée et la puissance énergétique qui s'en dégagent. Je mets quelques photos, prises avec mon téléphone, donc elles sont loin de montrer toute la beauté de ces sites.

Fort Cochin

Kalaripayat (art martial), Fort Cochin

Katakali, Fort Cochin


 

Virupaksha Temple, Hampi

Hampi


Vittala Temple, Hampi

 

Hanuman Temple (près d'Hampi)


Grottes d'Ajanta


Grottes d'Ellora

Ce qui me surprend le plus, c'est la facilité avec laquelle les indiens viennent simplement à ma rencontre. «Hello, where you come from?», et «your name?» sont les 2 questions que j'entends le plus. Avec aussi, des demandes pour prendre des photos avec moi («selfie?»).

Je voyage en transport en commun, où il y a souvent peu voire pas d'autres occidentaux. Du coup, beaucoup de regards, le plus souvent curieux. Qui se transforment en sourires quand je salue. D'autres regardent «discrètement».

Je craignais de me sentir seule, ce qui m'est déjà arrivé lors de voyage en solitaire. Quel sens à celui-ci? Si ce n'est dans la rencontre. Qui est plutôt au rdv pour l'instant.

Je ne me sens pas différente de ces gens. Là, dans le bus ou dans le train, je me sens bien. Je ne comprends pas tout ce qui se passe, et je m'en remets souvent à eux pour me guider (quel bus? quel wagon? quelle direction?). Je ressens un lien subtil, une sorte de fraternité, avec eux, et aussi avec les animaux très présents, et le plus souvent libres de leurs mouvements (chèvres, vaches, chimpanzés, écureuils,...)

 

Aussi, une autre chose qui m'a étonnée en arrivant, c'est la sensation qu'«ici, tout est possible». Du plus terrible au plus lumineux. Jusque dans des détails du quotidien : les motos qui transportent 5 personnes, ou un stock de noix de coco qui cachent pratiquement l'engin, une fillette de 5 ou 6 ans qui insiste sans relâche pour avoir quelques roupies, aux enfants souriants qui saluent de la main en disant «hi!». Les tentes en plastique sous le soleil, des personnes vivent là, au milieu d'un champ dans lequel de nouvelles résidences sont en construction. Les temples, les mosquées, et les églises, qui se côtoient. Juste à côté, les marchands de fruits et de légumes, à même le sol, à l'ombre d'un panneau publicitaire pour les implants capillaires. Des lieux magnifiques, plages, vestiges, ornés de détritus innombrables et parfois insolites. Des policiers qui se transforment en guides touristiques. Des plats typiques, vendus sur la rue, côtoyant les paquets colorés de friandises industrielles. Un jeune enfant assis à l'avant d'une moto, se tenant au guidon, son père derrière lui. Les rickshaws qui prennent la rue à contre-sens, pour éviter un bouchon. Les animaux qui déambulent calmement le long de la route, frôlés par des véhicules vrombissants et klaxonnant. Animaux qui se nourrissent avec ce qu'ils trouvent, boivent où ils peuvent, et entrent parfois dans un bâtiment...

L'un des premiers jours, je regarde le menu d'un petit restaurant. Le serveur m'invite à m'installer. Je lui demande s'il y a des toilettes. Il réfléchit un instant, «follow me». Il traverse la rue, monte sur sa moto et me fait signe de m'installer derrière lui. Il m'emmène aux toilettes publiques, quelques rues plus loin, et me mets 3 roupies dans la main pour l'entrée.

La veille, devant prendre une photo d'identité, je me retrouve chez le photographe du coin. Il allume les spots et me fait signe de m'essuyer le visage. Le temps que je comprenne, il sort de sa boutique, pouf! Il revient quelques minutes plus tard, avec un paquet de mouchoirs, et m'en donne un.

A chaque fois, je suis surprise par la simplicité avec laquelle les choses se font, là où en France, en général, c'est plutôt «non, il n'y a pas de toilettes» ou «non, pas de mouchoir». Ce changement de cadre m'amène à questionner les limites qui, habituellement, paraissent «normales». Attacher sa ceinture de sécurité? Il n'y en a pas dans les rickshaw. Traverser au passage clouté? Cela ne garantit pas de pouvoir passer...

Mon souhait, pour ce voyage, est d'essayer de mettre en pratique, dans ce contexte inhabituel, où j'ai l'occasion d'être plus facilement bousculée que dans ma vie quotidienne. Vais-je accueillir ce qui se présente, tel que cela est? A chaque petit couac, retards de transport, etc, j'ai cette phrase de Swamiji, transmise par Arnaud, qui me vient : «tous les lieux sont des lieux pour être». Pourquoi suis-je venue? Pas pour «être à l'heure dans la prochaine ville».  Plutôt pour apprendre à «Etre», et ça, c'est possible maintenant. Une phrase de Malo Aguettant me revient aussi fréquemment : «l'éternité est toujours à l'heure» (Rien ne manque à cet instant, tant que vous n'y ajoutez rien).

Au passage, ce livre me fait l'effet d'être un bijou précieux. Chaque chapitre, chaque phrase, cherche à nous faire ressentir ce qu'il en est de cette Réalité qu'il décrit. Le but avoué de ce livre est de changer quelque chose en nous, au moment-même de sa lecture.

Aujourd'hui (2 mars), c'est «Holy» (saint), fêté dans toute l'Inde. De retour à Hampi, j'assiste au Holy festival. Cette fête rassemble les indiens et touristes de passage, qui dansent ensemble au son des percussions, en s'arrosant mutuellement de diverses peintures. Le contexte fait que je repasse par Hampi juste sur cette journée. L'occasion de mettre en pratique, car j'ai toujours ressenti de l'appréhension pour les rassemblements de foule. Finalement l'ambiance est chaleureuse, beaucoup d'enfants sont présents.

Je rejoins Mysore demain, par le train. Je me suis inscrite à un programme de yoga, dans une petite école. Sûrement l'occasion d'un autre article!

A bientôt!

 

Publié dans 07-Témoignages personnels, 08-Vos créations artistiques et littéraires, 09-Voyage voyage..., 11-Regards sur le monde, Sangha news, Vos Photos, Vos textes et poèmes
Christelle Martin

Arnaud sur le web

date_range 15 janvier 2018
visibility 92 consultations

Un ami m'a fait remarqué qu'il y a plusieurs vidéos d'Arnaud qui ont été rajoutées sur Youtube récemment (interviews, émissions de radio, et documentaires qu'il a tourné sur les souffis, le zen...)

Voici par exemple l'enregistrement d'une série de cinq interventions à la Radio-Télévision Suisse  qui datent de 2005 et qui résument très bien l'essentiel de son enseignement.

Je vous mets la 1ère partie (intitulée "la réalité") en accès direct :

Et si ça vous a plu, vous trouverez les 4 autres épisodes de cette émission en cliquant sur les liens suivants:

2ème partie : "l'ego" <https://youtu.be/IIqI2orDyE0>

3ème partie : "les émotions" <https://youtu.be/ofQu5yz8HYE>

4ème partie : "accepter ce qui est" <https://youtu.be/fTwC2pyZmB4>

5ème partie : "les religions" <https://youtu.be/QFYsoGBqOdY>

Bonne écoute !

PS : Et pour d'autres documents sonores ou visuels, cliquez sur le lien ci-dessous, vous aurez quelques belles surprises !
<https://www.youtube.com/results?search_query=arnaud+desjardins>

Publié dans 04-Enseignement d'Hauteville, Arnaud, Trésors du Net
Christelle Martin

Free!

date_range 3 septembre 2017
visibility 66 consultations

Un ami m'a récemment envoyé cette chanson, I'm Free, de Stevie Wonder, avec sa traduction.

Je connaissais la chanson sans m'être penchée sur le sens de celle-ci. Je l'ai trouvé tellement beau que j'ai envie de le partager avec vous!

 

 

Free (Libre)

 

Free like the river
Libre comme la rivière
Flowing freely through infinity
Coulant librement vers l'éternité
Free to be sure of
Libre pour être sûr
What I am and who I need not be
De ce que je suis et de qui je n'ai pas besoin d'être
Free from all worries
Libre de tous problèmes
Worries prey on oneself's troubled mind
Problèmes en proie à mon esprit inquiet
Freer than the clock's hands
Plus libre que le tic-tac
Tickin' way the times
De la montre qui fait du temps son chemin
Freer than the meaning of free that man defines
Plus libre que le sens que les hommes donne à ce mot
Life running through me
La vie court en moi
Till I feel my father God has called
Jusqu'à ce que je sente celui qu'on appelle dieu le père

Me having nothin'
Je n'ai rien
But possessing riches more than all
Mais possède des richesses qui valent plus que tout
And I'm free
Et je suis libre
To be nowhere
D'être nulle part
But in every place I need to be
Mais où que je sois j'ai besoin d'être
Freer than a sunbeam
En liberté comme un rayon de soleil
Shining through my soul
Qui brille dans mon âme
Free from feelin' heat or knowing bitter cold
Libre par la chaleur des sentiments ou de connaître une cruelle froideur
Free from conceiving the beginning
Libre de concevoir le début
For that's the infinite start
De l'infinité des commencements

I'm gone - gone but still living
J'avance – avance mais reste en vie
Life goes on without a beating heart
La vie qui continue sans un coeur battant

Free like a vision
Libre comme une vision
That the mind of only you can see
Que ton esprit ne peux imaginer

Freer than a raindrop
Plus libre qu'une goutte de pluie
Falling from the sky
Qui tombe du ciel
Freer than a smile in a baby's sleepin' eyes
Plus libre que le sourire dans les yeux d'un bébé qui s'endors

I'm free like a river
Je suis libre comme la rivière
Flowin' freely through infinity
Coulant librement vers l'éternité
I'm free to be sure of what
Je suis libre d'être sûr
I am and who I need not to be
De qui je suis et de qui je ne veux pas être
I'm much freer - like the meaning of the word free that crazy man defines
Je suis encore plus libre que le sens que les inconscients donnent à ce mot
Free - free like the vision that
Libre – libre comme la vision
The mind of only you are ever gonna see
De ce que ton esprit n'imaginera jamais
Free like the river my life
Libre comme la rivière de ma vie
Goes on and on through infinity
Qui coule et va vers l'éternité

 

Publié dans 10-Coups de coeur culturels, Musique
Christelle Martin

Voir la beauté

date_range 24 avril 2017
visibility 124 consultations

"La beauté est partout".

C'est une phrase qui me vient souvent à l'esprit quand je me promène dans la nature. Et elle résonne avec ces mots d'Arnaud "Tout caillou est un diamant pour celui qui sait voir".

Si je sais m'émerveiller de la petite fleur, à peine éclose, ou de la fourmi qui s'affaire le long d'une feuille... suis-je pour autant capable de voir la beauté, de voir la vie à l'oeuvre, de voir Brahman, en chaque chose? Absolument en chaque chose? C'est-à-dire également les plus insignifiantes, comme les grains de sable, sur mon chemin... Mais aussi celles qui pourraient être facilement cataloguées par le mental comme repoussantes: plaque d'égout, papier qui traîne...

Me promenant il y a quelques jours près du parc des Gayeulles, à Rennes, j'ai eu envie de relever ce défi: essayer de voir chaque chose d'un œil neuf.

Au départ, ça commence comme d'habitude: oh! le beau tronc d'arbre! Cette écorce, c'est magnifique! Et les petites bêtes dedans!!

 

     

 

Et puis, au hasard du chemin, m'attarder sur ce que je ne vois pas d'habitude...

Regarder le sol lui-même, par exemple. Ce sol qui me porte, chaque seconde de chaque jour, depuis ma naissance.

Me surprendre à apprécier les couleurs du métal, et la symétrie de la plaque d'égout en forme de cercle, ou celle avec son quadrillage régulier. Et être surprise de l'irrégularité du rebord de la dernière... Imaginer le travail de ceux qui les ont installées là, il y a (peut-être) des décennies?

 

Etre surprise aussi, en observant les détritus (mégots, liste de course chiffonnée, papier de biscuit...). Observer que, pour une fois, ils peuvent s'intégrer dans ma perception des choses et qu'ils ont leur place. Alors qu'habituellement, les voir fait souvent lever un agacement, un refus: ils ne "devraient pas" être là... Chose que je contourne habituellement en les mettant dans mes poches, puis à la poubelle. Mais là, stars d'un jour, la photo se construit autour d'eux, grâce à leur présence.

 

Voir aussi dans les tags un graphisme habile, et un sens pour celui qui les a créés. Qui a passé du temps à se trouver une signature, à lui donner une forme, à choisir éventuellement des couleurs... A les regarder un peu plus longtemps, on en voit presque l'auteur en train de le peindre. Ces lettres ont donc une âme... :)

Me rendre compte en m'approchant, que les coulures sur le mur, en se mélangeant, ressemblent à une oeuvre. Et puis, m'accroupir pour observer le bas du mur. La mousse qui a réussit à pousser là, recouverte de peinture par endroits. Résistant tant bien que mal...Mélangée à la poussière. Et l'idée qui me vient alors c'est "Wahou! chapeau!" On aurait voulu créer ça, on n'aurait jamais réussi... On n'y aurait même pas pensé!  :-D

   

Je me rends compte que, ce qui rend difficile pour moi la possibilité d'apprécier des objets "matériels", c'est que contrairement à la nature, en général je ne ressens pas leur énergie, la vie en eux.

Et pourtant, à observer ces objets, l'espace de quelques instants, je me suis rendue compte que leur point commun, à chacun, était d'être créé par l'homme. Et que rapidement, si je prenais le temps de les "écouter", une histoire pouvait apparaître. Cet objet que je perçois comme "sans âme", sans vie propre, est tout de même porteur de l'énergie de son auteur (peintre ou métallurgiste, mais aussi tout simplement petit enfant qui court et fait tomber de sa poche le papier du biscuit dont il garde encore des miettes au creux des joues, ou businessman pressé, qui s'arrête sur le parking pour passer un coup de fil urgent, et écrase l'une après l'autre trois cigarettes avant de redémarrer...)

Et ces objets, que généralement je ne vois pas comme légitimes ("ils ne devraient pas être là), que je vis comme une pollution visuelle, je me rends compte que le fait de leur prêter attention me permets d'entendre une histoire possible à leur sujet. Et en tout cas de percevoir qu'ils ne sont pas là par hasard... Tout simplement je comprends que ces objets, contrairement à ce que je pensais, ne sont pas comme des verrues, étrangères et rajoutées à ce monde, mais qu'elles en font pleinement partie.

Publié dans 07-Témoignages personnels
Christelle Martin

lâcher-prise

date_range 6 avril 2017
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Je voulais partager avec vous la petite vidéo suivante.

Déjà, je trouve les images magnifiques.

Et puis surtout, j'ai été très touchée par le message qui s'en dégage. C'est une belle métaphore du chemin spirituel. Et de cette phrase souvent entendue : «gourou kripa kevala», tout est la grâce du gourou.

L'histoire : le personnage se retrouve seul, perdu, en montagne puis en forêt. En plus, la nature semble hostile. Les plantes et même les rochers le poussent en tout sens. Il se défend comme il peut, affolé. Jusqu'au moment où il se trouve si épuisé qu'il se laisse faire. Il se laisse pousser, emmener. Il suit «le sens du courant» quoi. Et...     je vous laisse découvrir la fin!

J'espère que ça vous parlera aussi!

 

Publié dans 10-Coups de coeur culturels, Trésors du Net