Centre de Yoga de La Bertais

Information sur les activités du Centre et échange entre les Amis de La Bertais-Vassot

Dominique Gacem

Vite, changez de logiciel !

date_range 19 janvier 2009
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Un couple d'amis, sur un chemin eux aussi, m'ont fait partager l'humour et la profondeur du petit texte ci-après. Et à mon tour je me réjouis de partager avec vous tous le sourire et le sentiment qu'il fera peut-être naître en vous..."

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- Bonjour Madame, ici votre hotline. Comment puis-je vous aider?

- Bonjour, je vous appelle parce qu'un ami m'a dit que je pouvais changer le fonctionnement actuel de mon coeur et y installer à demeure le programme "Amour". Mais je ne sais pas comment faire. Pourriez-vous m'indiquer la procédure, s'il vous plaît ?

- Bien sûr, je suis là pour cela. Etes-vous prête pour l'installation ?

- Oui, mais je vous préviens : je ne connais pas grand chose en programmation. Par quoi commence-t-on?

- Ouvrir votre coeur est la première étape pour l'installation. Avez-vous localisé votre coeur  ?

-  Heu... !  Oui, ça y est,  je l'ai trouvé...
Mais je vois qu'il y a d'autres programmes qui fonctionnent déjà dans mon coeur. Puis-je continuer l'installation tout de même ?


- Voyons voir. Quels autres programmes fonctionnent actuellement dans votre coeur ?

- Et bien, je vois "Blessures-du-passé.Exe", "Mauvaise-estime-de-soi.Exe", "Rancune.doc" et "Colère.com".

- Pas de problème. L'installation de votre programme "Amour" effacera graduellement les "Blessures du passé" de votre système.
De plus, durant l'installation, le programme "Amour" remplacera votre "Mauvaise estime de soi" par son propre programme intégré, "Meilleure estime de soi".
Par contre, vous devez absolument fermer vos fichiers "Rancune" et "Colère", car ceux-ci pourraient empêcher votre programme  "Amour" de fonctionner normalement.

- D'accord, mais pourriez-vous m'indiquer comment les fermer correctement ?

- Allez dans votre menu principal et trouvez le programme "Pardonner". Démarrez-le et faites-lui faire le ménage de votre système au complet. Vérifiez qu'il enlève complètement la "Rancune" et la "Colère". Cela est très important.

- D'accord... Ça y est, c'est fait...
Hey ! L'installation du programme "Amour" a démarré !

- Oui, il est programmé pour s'installer aussitôt que la "Rancune" et la "Colère" ont été supprimées de votre système.
Vous devriez recevoir un message vous demandant si vous voulez installer "Amour pour la vie" dans votre système.
Est-ce que vous l'avez reçu ?

- Oui, je l'ai reçu. Et j'ai répondu oui.
Est-il bien installé, maintenant ?

- Oui, mais souvenez-vous que votre programme "Amour" est une version partagée.
Vous devrez vous connecter à d'autres coeurs pour des mises à jour essentielles à son bon fonctionnement.

- Oups, je viens de recevoir un message d'erreur, déjà !

- Que dit ce message  ?

- Le message dit : "ERROR 142"
  "PROGRAM NOT RUNNING ON INTERNAL COMPONENTS".
Qu'est-ce que ça veut dire ?


- C'est un problème commun qu'on voit souvent lors de la première installation.

- D'accord. Que dois-je faire, alors ?

- Regardez dans les options de votre menu principal. Vous devriez voir la case "S'accepter soi-même". Cochez la tout de suite.
Je vous conseille, si cela n'est pas déjà fait, de cocher aussi les cases : "Se pardonner soi-même", "S'auto-féliciter" et "Connaître ses propres limites".
Par ailleurs, vous devriez supprimer les options "S'autocritiquer" et "Se renfermer sur soi-même".

- C'est fait !
Tiens, il y a de nouveaux fichiers qui viennent d'apparaître dans mon coeur...
Il y a le fichier "Sourire.JPG" qui vient de s'ouvrir, puis le fichier "Bonheur.mpg" qui se met à jouer et le programme "Paix-intérieure.exe" qui vient de démarrer.
Ho là là, est-ce normal ces nouvelles couleurs et ces nouveaux sons ?

- Oui, tout à fait normal,
Et il y en a beaucoup plus. Vous les découvrirez tout au long de vos futures mises à jour.
Ah, une dernière chose avant de terminer...

- Oui?

- N'oubliez pas que ce programme est gratuit. Et en tant que logiciel partagé, il vous serait profitable de le faire connaître à tous ceux qui pourraient en avoir  besoin.
N'oubliez pas que, plus vous partagerez avec d'autres coeurs, plus votre propre programme gagnera en puissance.

- Je vous remercie de tout coeur, Monsieur.
JE VAIS DE CE PAS RECOMMANDER CE PROGRAMME AU PLUS GRAND NOMBRE D'AMIES ET D'AMIS!

coeur_musical.jpg
 

Publié dans 10-Coups de coeur culturels, Humour, Trésors du Net
Dominique Gacem

Bhoga d’un arc en ciel

date_range 1 décembre 2008
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de_la_chambre.jpg

Bien que je ne puisse pas faire partie du GSMP cette saison, Yann m'a fait part du thème de travail de la période en cours (groupe "anciens") et cela m'a donné envie d'y participer à distance. Participation sous la forme d'une photo prise de mon ermitage trégorois et de quelques mots qui illustrent la délectation d'un moment. Je joins aussi la musique qui m'accompagnait pendant la dégustation, ainsi, le partage de "bhoga" sera peut-être plus complet...

Note du metteur en page : Après avoir goûté l'intro musicale, vous pourrez voir la photo en plein écran en cliquant une fois dessus, puis encore une fois pour l'agrandir au maximum!

musique : Claire David

Publié dans 07-Témoignages personnels, Feedbacks sur activités
Dominique Gacem

Inde, journal de bord (8 et fin)

date_range 6 avril 2008
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Retraite chez  Chandra Swâmi...

J’ai quitté Rishikesh avec un léger pincement au coeur. Pas désagréable d’ailleurs. Un petit fourmillement qui disait mon affection, acquise au fil des jours et qui n’était pas gagnée d’avance. Mon affection pour ce lieu qui m’a apprivoisée dans la violence et la paix, la souffrance et l’illumination... Sa vibration m’accompagne encore aujourd’hui et des images d’aubes en volutes brumeuses, de scintillements sur le Gange impénétrable et de visages multiples s’affichent dans mon esprit de temps en temps... entre autre...

J’ai quitté Rishikesh sans chagrin car je savais que j’y reviendrai...

rishikesh_1.jpg

 

En attendant, j’allais donc chez Chandra swami comme on va au devant d’une nouvelle aventure, avec curiosité, intérêt et l’esprit ouvert.

Malgré les grommellements du chauffeur de taxi, je me suis arrêtée une heure à l’ashram de Mâ Ananda Moyi à Dehra Dun, c’était sur le chemin. Un tout petit ashram encore habité par quelques ashramites qui se relaient apparemment pour qu’une prière résonne en continu dans la salle de méditation. Comme à Sivananda ashram.

Après un tour du propriétaire (vous avez vu les images dans le message précédent si je ne me trompe) je suis allée méditer une demi heure, seule avec le récitant. Mais j’avais l’impression que je ne voyais pas ce que je devais. J’ai ouvert les yeux pour fixer ceux du portrait de Mâ. Elle me souriait avec la même malice qu’à son samadhi à Kankhal et, à force de fixer son visage, il s’animait presque. Expérience genre Thérese d’Avila. Interrompue par un officiant qui m’offrait du prasad. Des petits galets en sucre que j’ai d’abord pris pour des pierres, en me demandant bien à quel nouveau rituel inconnu il voulait me convier ah ah ah ! J’en ai profité pour savoir si la chambre de Mâ était visible. Il a hésité puis m’y a conduit, à l’étage. Dès que j’ai été près du lit où Mâ a laissé son corps j’ai senti l’émotion (je la ressens en écho au moment même où j’écris ces lignes...). Ma part dévotionnelle qui vibre sans doute. Seule dans la chambre de Mâ, en silence dans son amour, je me suis laissée pleurer et c’était bien...

J’ai grignoté du prasad dans le taxi et, une heure et demi plus tard, en arrivant à Sadhana Kendra ashram, j’avais la diarrhée. Prasad purificateur je me suis dis en rigolant. Intense purification pendant quatre jours ! Liquidée la dominique ! Vidée, déshydratée et fort embarrassée par l’interdiction d’utiliser du papier toilette à l’ashram ! Les médicaments français que j’ingurgitais copieusement ni faisait rien. Cure d’amaigrissement express et vertiges quasi psychédéliques pendant les méditations –surtout celles de nuit ah ah ah !

skandashram.jpg

J’ai tenu le rythme rude de l’ashram tant bien que mal en sautant tout de même le dîner pour filer m’écrouler sur le lit en demandant grâce... si possible. Elle est intervenue le cinquième jour, juste après que j’aie réservé mon billet d’avion pour la semaine suivante ah ah ah ! Nandaji, le charmant co-manager et chanteur de bhajans s’est inquiété en voyant ma tête ce matin là et m’a aussitôt donné des granules alcoolisées de son cru... Malgré mon scepticisme après l’échec de moult pastilles sublinguales et autres gélules, les granules ont fait des miracles puisque vingt quatre heures plus tard, j’étais quasi guérie! Je me suis dit « zut pour le billet d’avion ! », tout en sachant simultanément que tout est toujours parfait, malgré les apparences et les opinions du mental, tout en sentant que le temps du retour, du retrait, du recul était venu. Et puis les rencontres qui devaient être faites pendant ce voyage en Inde l’étaient... Donc ok.

Les trois jours suivants ont été lumineux, dedans et dehors (après une journée de pluie, la lumière était tranchante et le paysage grandiose, découpé en haute résolution sous le soleil revenu). Il y a eu un darshan exceptionnel (je devais à nouveau avoir la tête de Padmasambava  – sans les moustaches !- comme ça m’est arrivé quelques fois à Rishikesh) et un entretien particulier avec Chandra swami dont la douce énergie me remplit encore... (c’est grâce à un vieux disciple d’Arnaud que j’ai eu cet entretien...).

chandra_swami.jpg

A l’heure du départ, Chandra swami m’a offert une poignée de bonbons-prasad (que j'ai mangé sans être malade !) et les swamis français qui étaient là m’ont accompagnée jusqu’au taxi. Avec Nandaji et les autres permanents indiens, on s’est serré dans les bras et Saradama (une des swamis française) a fait le premier kilomètre en voiture avec moi. Chouette départ. Mataji (l’autre swami française) m’a assurée que je reviendrai puisque je cherchai Dieu avant tout le reste... Je me demande si c'était une prophétie...

Les deux jours suivants, à Delhi, j’ai fait un peu de tourisme et, déjà, les énergies n’étaient plus les mêmes qu’aux pieds de l’Himalaya. Le Red Fort dans Old Delhi est impressionnant et le quartier musulman autour de la grande mosquée sourdait la même tension qu’à Jérusalem.

redfort.jpg

 

Je n’y suis pas restée longtemps et suis allée prendre l’air et le calme dans Shantivana park où les arbres exotiques sont un ravissement. C’est là que se trouvent les tombeaux de tous les grands personnages indiens dont celui de Gandhi.

Bien sur, les trente degrés de différence, à cinq heures du matin, à Roissy, et l’étrange sensation d’encéphalogramme plat dégagée par l’environnement ont été un sacré contraste. Whaooo ! Heureusement que dedans ça brillait dur !

A bientôt et bon cheminement à vous tous.

Dominique (rentrée en France le 16 mars 2008)

Publié dans 09-Voyage voyage...
Dominique Gacem

Inde, journal de bord (7)

date_range 26 mars 2008
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 Rishikesh_vu_de_la_foret.jpg

Dernier jour à Rishikesh et départ demain pour l'ashram de Chandra Swami avec un stop d'une heure à l'ashram de Ma à Hardwar pour un temps de méditation dans ce lieu où elle a laissé son corps…

 

samadhi_Ma.jpg

 

Aujourd'hui, Rishikesh est de nouveau paisible après quatre jours de folie ! Les rues bondées de pélerins, les richshaws dans tous les coins fonçant dans le tas, les haut-parleurs qui crachent de la techno (festival international de yoga avec des américains qui s'adonnent à un fitness tonitruant), d'autres qui déversent des prières en continu, les gens qui s'apostrophent à tue-tête, les gamins qui pleurent, une pollution incroyable, les singes super énervés et j'en passe ! Je me suis réfugiée dans la forêt, sur la plage d'un ashram peu fréquenté entre Ram et Laxman Jhula et dans ma chambre avec les bouchons d'oreilles et j'ai attendu que les réjouissances locales s'accomplissent en les regardant de loin !

Du balcon, j'ai assisté à une célébration sur la plage avec un groupe de bramanes qui renouvelaient leurs voeux de bramacharin d'après ce qu'on m'a dit. Le maître assis sur un lit apporté lisait un texte, saint sans doute, pendant que trois maîtres de cérémonie guidaient la vingtaine de bramanes (je les ai reconnus à leur cordon) dans le déroulement du rituel. Il se sont purifiés dans le Gange, ont été aspergés de poussière, puis re-baignade. Ils ont jeté leurs vêtements à l'eau (cordon, pagne et string) avant d'en recevoir des neufs. Ils ont aussi reçu une grand branche d'arbre chacun et le maître l'a bénie (?). Don de bouse fraîche de vache sacrée au Gange et j'en sentais l'odeur depuis le balcon ! Puis ils ont pétri une pâte pour leur futur repas (assiettes et bol en feuilles séchées leur ont été distribués) et une heure et demi s'était déjà passé en plein cagnard dont ils ne semblaient pas souffrir, mais moi si, alors j'ai jeté l'éponge à ce moment là pour m'éviter l'insolation ! Tant pis pour la fin du reportage photos. (cliquez sur les vignettes pour les voir en grand)



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Et ce matin, à six heures, en ouvrant la porte sur le balcon, les ghats en face, à Swarg Ashram étaient vides et le pont désert et j'entendais à nouveau les rapides du Gange en aval de Ram Jhula. Une bénédiction après deux jours de baigneurs tapageurs et de pèlerins scandant "Om nama Shivaya" ou quelque chose dans le genre. Rishikesh avait repris, d'un coup, son air hivernal... sans le froid car maintenant des dix heures il fait au moins 25 degrés et c'est bon.

Sinon, côté festivités, je suis restée un peu sur ma fin. Je m'attendais à des défilés, des feux, des danses et je ne sais quoi encore, mon mental projetant tout un tas de trucs qu'il a en stock plutôt que de voir venir sans idées préconçues... En fait, ça a surtout été des prières le soir dans le temple de Shivananda décoré avec des petits bananiers coupés. Rituel de l'aspersion ("abisheka" si j'ai bien compris et c'est aussi le nom indien du père Henri Le Saux "Abishekananda"...). Les dévots sont allés se prosterner devant le Shiva lingam qui dégoulinait de lait au miel et aux fruits en signe de fertilité et de gratitude pour la création, la procréation... Festival de saris du dimanche aussi. J'y suis restée deux heures avant de rentrer en courant et en retard à la pension qui ferme ses portes à 21 h30. J'avais une heure de retard et j'ai du réveiller le gardien de nuit.

Sinon, j'ai bien aperçu quelques fumées dans les montagnes qui disaient les feux du renouvellement que représente cette fête en lien avec la nouvelle lune aussi. Un genre de Pâques et de résurrection en quelque sorte s'il est besoin de comparer ou de faire des analogies...

En tout cas, ce matin, lors de la méditation-contemplation au bord du Gange, je sentais la paix dégouliner en moi comme un amrita "dépersonnalisant" et je regardais ce rêve incroyable avec les yeux des premiers jours ici et la boucle était bouclée...

"Back home" comme dit Swami Muktananda... Pourvu que ça dure ah ah ah !

Et voila... Je tasse mon barda dans ma valise monstrueuse (Dominique Petit qui m'a emmenée à la gare à Saint Malo a été effarée en voyant comme j'étais chargée et j'ai compris par la suite mon erreur !) et je passe à l'expérimentation suivante... séjour monastique en Inde...

plage_face_LaxmanJula.jpg

 

Plein de bises des contreforts de l'Himalaya et à bientôt...
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Note de Yann :
Dominique est rentrée en France depuis quelques jours et a ainsi pu me faire parvenir ses propres photos qui illustrent cet article.
Si vous la voyez dimanche à la Bertais, n’hésitez pas à la « tanner » pour qu’elle écrive au moins encore un article sur son séjour chez Chandra Swâmi !

 

Publié dans 09-Voyage voyage...
Dominique Gacem

Inde, journal de bord (6)

date_range 17 mars 2008
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Rishikesh, le 29 février 2008  

Encore huit jours à Rishikesh avant de monter dans les montagnes, chez Chandra Swami... L'ahram est très plein pour son anniversaire le 5 mars et je vais donc y aller après.
Et, autant à Rishikesh,je vis un peu comme une touriste, même s'il y a de nombreux temps de prière, de méditation, de contemplation, de réflexion sur l'enseignement reçu, sur les rencontres faites et les échanges... autant la prochaine étape, à Barwala, près de Dehra Dun, sera un temps de vie monastique avec une première méditation à 4h30 et une vie communautaire plus silencieuse... Mais je m'en réjouis, tout comme de découvrir Chandra Swami...
 

RiversidePujaEntrance.jpg

Car à Rishikesh c'est vraiment la foire permanente ! Et encore plus avec le temps qui s'est réchauffé. Les touristes indiens et étrangers affluent, sans parler des pèlerinages qui reprennent. Dans une semaine, c'est Shivarati (la nuit de Shiva) et c'est l'effervescence pour les préparatifs ! Il va y avoir des processions dans tous les temples du coin, dans la vallée et les montagnes environnantes. Corbeilles pour les offrandes, fleurs, feux, je vous en dirai plus quand j'aurai expérimenté, le 6 mars toute la journée et toute la nuit. Le niveau sonore promet d'atteindre son paroxysme !

Je suis allée faire une longue promenade ce matin sur la route qui mène à Nilkant (je ne suis pas sure de l'orthographe) où il y a un temple de Shiva répute à cause de l'histoire de sa gorge bleue (...) et c'était bourré de pèlerins qui s'époumonaient en mantras tonitruants ! J'étais bien la seule blanche dans cette forêt millénaire et parmi ces pèlerins excités.

ShivaStatue3.jpg
 

En attendant la migraine du 6 mars (à cause du bruit ah ah ah !), avec les jours qui rallongent, les prières dans les haut-parleurs des temples débutent à 5h30 et se terminent à 19h30... Le muezzin à Jerusalem à côté, c'est de la gnognotte ! Et toutes la journée, ça se relaie d'un endroit à un autre. A l'instant même où je vous écris, une fanfare bigarrée encombre la rue bondée de pèlerins de tous poils car un mariage a lieu. C'est intéressant à voir mais c'est saoulant tout de même au bout de deux mois ah ah ah ! et je crois que je vais apprécier le calme de la vie monastique après ces semaines de tourbillons... extérieurs et intérieurs... Les mêmes qu'a la surface du Gange et il parait que pour ne pas se noyer, il ne faut pas lutter... les bras en croix dans le courant de ce lieu sacré, je me rends autant que le mental, s'affolant parfois, le permet... Même si la mort n'est qu'une renaissance, et donc incontournable, elle effraie "le vieil homme"...

Ces dix derniers jours, j'ai été très fatiguée et mon mental en a bien sur profité pour faire son cinéma... Je suis allée voir un médecin ayurvédique et les plantes et poudres qu'il m'a prescrites me redonnent des forces même si j'ai encore des vertiges. Ça a bien mauvais goût ces mixtures et ça me donne l'occasion de m'exercer à la "sensation neutre" plutôt qu'au dégoût/goût.

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Même si l’Inde bouscule, cette terre sacrée au pied de l'Himalaya incite décidément à rentrer en soi pour y trouver le Soi. C'est une expérience différente pour chacun mais, si on est disponible pour cette intériorisation, il est indéniable qu'il se produit une transmutation de la vision et du ressenti... Bien sur, il faudra ensuite voir comment ces mouvements se stabilisent dans le temps et comment l'ancrage intérieur s'affermit dans le quotidien breton ! Beaucoup de personnes posent cette question du retour à l'Ouest pendant les satsangs parce cette question est bien sur dans la tête de tout chercheur spirituel à un moment ou à un autre avant le départ d’Inde... Humilité de rigueur.

Je passe beaucoup de temps dehors maintenant que les températures sont agréables et la contemplation du paysage de montagnes boisées, du Gange majestueux qui sinue (à moins que ce ne soit les montagnes qui poussent la rivière à droite et à gauche... c'est un genre de koan prajnanpadien ah ah ah !), la lumière qui change tout au long de la journée... malgré le bruit et l'agitation, le harcèlement des mendiants, avec un peu d'entraînement, cette méditation les yeux ouverts induit le silence au dedans et le "décollement" qui s'en suit est une grâce...

Avec le printemps aussi apparaissent toutes sortes d'oiseaux inconnus. Des minuscules vert fluorescent, des petits bleu noir avec la queue orange, des gros gris et noir avec un gros bec courbe (quand ils planent dans le ciel on dirait des croix qui volent...), des oranges et blancs toujours en couples et qui se posent sur la rivière et flottent de concert... Les grand singes gris ont eu des petits aussi et je ne me lasse pas d'observer leur comportement tellement maternel que c'en est troublant... Cette race est beaucoup moins agressive que les roux même s'ils sont deux fois plus grand. J'espère que tu trouveras des illustration pour cette faune Yann...

 

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Il y a aussi des fleurs nouvelles. Notamment une grosse fleur rouge qui a éclos un matin sur les branches d'un arbre qui semble pourtant mort... Comme quoi...

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Et paradoxalement, certains arbres sont en train de jaunir comme si c'était l'automne. La forêt environnante est vraiment impressionnante pour peu que vous y entriez un tout petit peu... Il y a les cris des oiseaux et autres animaux invisibles, les lianes, les grandes feuilles brillantes et ça me fait penser au jardin d'Eden, bien que je ne puisse guère comparer ah ah ah ! Je fais gaffe parce qu'il paraît qu'avec la chaleur, les serpents sortent et je n'ai nul besoin de cette bestiole pour m'inciter à cueillir la pomme de l'arbre de la connaissance, j'ai déjà commis le péché ah aha ah !

Ces jours-ci "j'accompagne" une étonnante swami canadienne qui subit un lourd traitement contre un cancer du poumon. Malgré la maladie, elle dégage une énergie remarquable et je reçois sûrement plus d'elle, qu'elle de ma présence, c'est pour ça que j'ai mis des guillemets à "accompagne" parce qu'elle est vraiment étonnante... Elle demande à tous de prier pour elle alors s'il y en a parmi vous qui ont cette pratique... Vous aurez compris, avec cette demande de prière, qu'il y a un peu contradiction, n'est-ce pas, c'est subtil et compréhensible... malgré tout...

Bises au cumin et a plus...
 

Publié dans 09-Voyage voyage...
Dominique Gacem

Inde, journal de bord (5)

date_range 10 mars 2008
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Haridwar62.jpg

 Le 11 février, les Indiens ont fêté le printemps et il fait indéniablement plus doux depuis 8 jours. Il y a des orages impressionnants le soir cependant et après il fait à nouveau froid. Le ciel prend des tons blancs et roses en aval du Gange qui tourne à l'émeraude laiteux tandis qu'un noir d'encre s'abat sur les montagnes en amont. Les éclairs zèbrent le ciel anthracite et le vent secoue les palmiers et autres arbres exotiques locaux. Yann vous trouvera peut-être des photos et les noms qui vont avec... Les singes cavalent alors se planquer et même les prières dans les haut-parleurs sont couvertes par la symphonie des éléments. Je regarde ça de mon balcon et je salue la virtuosité du metteur en scène à chaque fois.

J'ai changé de guest-house ce matin car le manager de la précédente m'a appris, il y a deux jours, que la chambre que j'occupe depuis cinq semaines est louée finalement et ils sont complets, c'est maintenant le début de la haute saison. Tu parles d'une organisation ah ah ah ! C'est l'Inde, les choses se font au jour le jour et pas la peine de faire des plans trop longtemps à l'avance. Avec les températures qui remontent, c'est vrai qu'il y a de plus en plus d'occidentaux qui croisent dans les parages. Beaucoup de chinois aussi. Du coup les prix ont grimpé de 25% et je n'avais pas prévu ça ! Aie aie aie !

Je devrais quitter Rishikesh dans une dizaine de jours car Swami Muktananda va se consacrer à une retraite pour un groupe de 60 Belges et Français et c'est complet, je ne peux pas y participer. Et en plus, c'est une retraite payante et chère alors pas de regrets... Et de toute façon, comment jamais avoir de regrets quand on sait que tout est de Dieu et quand on est convaincue qu'Il sait ce qu'Il fait ah ah ah !? N'empêche que souvent le mental parle plus fort que la foi et alors c'est le bordel ! Après cette retraite, Swami Muktananda reprend sa tournée mondiale annuelle (cf : www.jesuiscela.com), alors, le 1er mars, je prévois d'aller un temps chez Chandra Swami, s'il y a de la place, car le 5 mars, c'est son anniversaire, m'a-t-on dit, et l'ashram est surbooké de devotees à cette époque... On verra ce que la Vie décide...

En attendant, je suis allée faire un tour à Haridwar et les vieux ashrams de la ville sont encore très beaux malgré les ravages de la mousson sur tous les bâtiments. Traces noires, lézardes, peinture écaillée...

haridwar_gath.jpg

Le ghat est une vraie cour des miracles ! Il y a ceux qui se baignent, bien sur, en priant à tue-tête, tous les petits vendeurs ambulants aussi, de souvenirs, de choses indescriptibles à manger pour les humains et pour les poissons du Gange qui sont littéralement engraissés par les Indiens (ici, à Ram Jula, ils se plantent au milieu du pont et restent un bon moment à lancer des petites boulettes de je ne sais quoi à la horde de poissons énormes qui frétillent vingt mètres plus bas) ! Mais revenons au ghat d'Haridwar. Il y a ceux qui vous alpaguent tous les dix mètres pour participer à je ne sais quelle souscription et ils sont plutôt insistants ! Et bien sur il y a les mendiants, plus ou moins mal en point, et tout ça fait une foule dense et bruyante, c'en est vite abrutissant. Je ne suis pas montée jusqu'au temple en haut de la montagne, je me suis contentée de prendre une photo du petit téléphérique qui y conduit... J'ai repris un rickshaw au pied de la statue géante de Shiva (10 mètres de haut peut-être)

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et je suis rentrée à Rishikesh quasi sur les genoux d'un monsieur. Car, pour plus de rentabilité, on s'entasse à 8 dans les triporteurs prévus pour 6 ! Et à fond de train en zigzagant entre les vaches, les bus, les camions himalayens décorés comme des sapins de Noël, les voitures, les scooters, les motos, klaxons à fond aussi et les saddhus en vadrouille ! Le tourbillon ne s'arrête jamais et la France va me paraître drôlement silencieuse et paisible, je crois !

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Je vous laisse, je vais aller reprendre le bateau pour traverser le Gange, un de mes petits plaisirs, et je vais aller mediter un peu encore dans la maison de Gurudev Sivananda...

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...avant ma première nuit dans la nouvelle chambre !
Le matelas est plus épais, mais les toilettes sont dans un état qui en ferait sûrement fuir plus d'un !
Mais bon, c'est comme ça, je fais gaffe de ne pas choper une saloperie, mais j'accepte le fait que la propreté ne soit pas le point fort des autochtones.

Bises au cumin et à bientôt.

Publié dans 09-Voyage voyage...
Dominique Gacem

Inde, journal de bord (4)

date_range 2 mars 2008
visibility 1 consultations

 Pour la sangha, le mercredi 6 fevrier à 8h15...

Le matin, le vent descend de l'Himalaya. Himalaya... le nom me fait rêver. Pour cette fois, je suis posée au tout début, sur les contreforts et qui sait si une prochaine fois je n'aurai pas l'occasion de monter plus haut... Encore des désirs...

Le matin, je guette la dernière petite étoile qui grimpe dans l'arbre au sommet de la montagne d'en face. Elle s'accroche de branche en branche, reste perchée quelques secondes à la plus haute et puis se lance et saute dans le ciel. Ensuite, elle dérive lentement dans le courant céleste, toujours la même trajectoire, jusqu'à extinction dans la lumière qui s'affirme.

Le matin aussi, je bois un "tulsi tea" sur le balcon tandis qu'une femelle singe me tourne autour et tente d'entrer dans ma chambre. Elles sont moins agressives que les mâles et ont une dentition moins impressionnante aussi. Je lui explique donc qu'il n'y a rien pour elle dans ma tanière et elle fait encore quelques sauts de la balustrade à mes pieds avant de se résigner à remonter sur le toit, la mort dans l'âme. Mais là, c'est Dominique qui projette ah ah ah !

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Je sirote donc le thé au tulsi, le basilic sacré comme s'est dit sur la boite. Ça a le goût d'une tisane d'herbes et il parait que c'est souverain pour galvaniser les défenses immunitaires, l'énergie et neutraliser le stress. J'en ramènerai une boite à la Bertais pour que vous goûtiez.

Je guette le soleil comme tous les matins. Neuf heures moins le quart mi-janvier, neuf heures moins vingt cinq maintenant et le voilà qui saute par-dessus le sommet de la montagne d'en face et il se met aussitôt à luire sur la surface du Gange qui scintille de plaisir. Je ne me lasse pas du spectacle... Le vent froid qui ruisselle des montagnes en entrecroisant de multiples ris sur la rivière va se calmer petit à petit et, ce soir, il montera de la plaine toute proche pour saluer le soleil du soir, orange dans un ciel rose embrumé. C'est comme dans les livres sur l'Inde que je feuilletais quand j'étais ado, dans ma chambre à Dinard, avec George Harrisson qui psalmodiait " My sweet Lord, Hare Krisna, Hare Rama, Hare Hare" dans mon dos.

Je suis allée faire un petit pèlerinage dans l'ashram des Beatles of course. Ruines à l'abandon (20 rs tout de même par l'entrée officielle mais un disciple de Swami Muktananda m'a fait rentrer par un côté sauvage) ruines donc, rendues à la forêt toujours luxuriante même en cet hiver rigoureux, exceptionnel parait-il. Ça a du être un très bel ashram dans les années 70 et les petites cellules individuelles couvertes d'un dôme s'agglutinent harmonieusement au milieu d'autres bâtiments qui, malgré leur décrépitude actuelle, témoignent de l'ancienne beauté du lieu.
 

Beatles_with_Maharashi_Mahesh_Yogi.jpg

Bon, je vais maintenant entamer une journée type.
C'est-à-dire une demi heure de méditation sur le bacon, face au soleil tant qu'il n'est pas trop intense pour ma vieille peau. Puis une heure dans la chambre. Puis une petite pause lessive ou courses (fruits pour le petit dej', PQ spécial occidentaux puisque les indiens n'en utilisent pas...) et je me rends ensuite au kutir (maison) de Gurudev Sivananada pour une nouvelle heure de meditation-contemplation face au Gange miroitant. Chapeau enfoncé jusqu'aux oreilles, lunettes de soleil et immobilité extérieure et intérieure savoureuse dans cette maison du Maitre, pleine de bonne énergie.

Ensuite, je fais un tour ou j'écris des mails avant de déjeuner quelque part. Yoga nidra, sieste et je traverse ensuite le pont Ram Jula pour gagner la rive gauche et la plage où Swami Sivananda a eu l'Illumination (des fois que ça m'arriverait aussi...!). J'y demeure deux heures environ à regarder à travers les voiles de Maya avec plus ou moins d'acuité selon les stratégies du mental pour faire obstruction et occuper le devant de la scène. Je ne lui en veux pas, le pauvre, les temps sont durs pour lui dernièrement...
 
Bref, en fin de journée, je marche un peu, me pose quelque part pour déguster un lassi (sorte de milk-shake mousseux au fruit du moment qui fait souvent office de dîner léger) ou je me laisse harceler par les gamins qui sillonnent les ghats (escaliers qui descendent au Gange) à l'affût de l'occidental pour lui vendre les petites coupelles de fleurs de l'Arati du soir. Je les prends en photo et ils se découvrent en riant mais, à vrai dire, ils sont plus intéressés par les gâteaux secs ou les fruits que je suis susceptible de leur donner. Ils vont me ruiner ces loustics !

Ensuite je vais au satsang de Swami Muktananada ou bien je me couche avec Nisargadatta (si je puis dire ah ah ah !), extinction des feux vers 21 h et voilà ! Fin de veille, rêve et sommeil profond pour la suite...

Bon, ça n'est en fait pas tous les jours ce rythme quasi monastique parce que, parfois, je pars faire une longue marche (en restant dans des endroits pas trop dangereux selon mon instinct, les tigres et les éléphants ainsi que quelques éventuels malotrus étant à craindre...).

 

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Deux ou trois fois aussi, il y a eu des excursions, comme celle au confluent de la Bhagarathi et de l'Alakananda que je vous ai déjà raconte. J'ai oublié de vous dire que les Indiens
considèrent la Bhagarathi comme la rivière femelle parce aue c'est un genre de gros torrent tumultueux et grondant et l'Alakananda comme la rivière mâle parce qu'elle est parfaitement calme, lisse et silencieuse !!! Les deux caractères se mêlent donc au pied de Devprayag ou un petit ghat permet de s'immerger dans le Gange qui naît du vert bouteille de monsieur et du laiteux mousseux de madame. Comme la rencontre crée des remous, les pèlerins s'accrochent à des chaînes pour ne pas être emportés par le courant.

Ceci dit, se noyer dans le Gange n'est sûrement pas la pire des morts pour un Indien. Le corps des grands saints, des grands swâmis y est d'ailleurs immergé dans une caisse lestée plutôt que brulé sur la berge. De mon balcon, j'aperçois un peu en aval, rive droite, le lieu des crémations qui fume de temps en temps. L'autre jour, je suis passée à proximité en me baladant et une robe orange allait être brûlée. Il y avait beaucoup de monde. Des hommes uniquement.

Surtout en début de séjour, beaucoup moins maintenant (pour ne pas dire plus du tout), l'inactivité me pesait. Certains jours je m'ennuyais même ! Plusieurs fois, j'ai pensé : "Oh allez, ça suffit comme ça. Je me casse la tête à chercher Dieu, le Soi, l'Absolu et qui sait si je trouverai jamais, je n'ai peut-être pas la carrure finalement. Et puis trouver Dieu, ça veut dire quoi au final ? Se transformer en un légume béat ? Bon d'accord, j'exagère, mais est-ce que ça vaut le coup quand même ? Bien sûr, ma vie n'est pas parfaite, mais je m'en débrouille finalement et elle n'est pas si mal que ça en fin de compte. Il suffit de regarder les mendiants difformes, mutilés qui jalonnent les rues ici pour me dire que je ne suis pas à plaindre et que, d'accord, je vis peut-être dans l'ignorance de ma vraie nature resplendissante, mais un tien vaut mieux que deux tu l'auras ! Alors je vais tirer le meilleur parti de mon monde connu et sécurisant malgré tout et pour l'Eveil à Dieu, eh bien, si ça vient tant mieux et sinon, on verra dans la prochaine vie !"

Seigneur !
Ne me soumet pas à la tentation du monde factice et si habilement trompeur
Et delivre-moi du moi.

Amen.

Et puis je pensais aussi à ce passage de Tintin au Tibet où Milou est tiraillé entre son ange et son démon intérieurs... Ça fait baisser la pression ah ah ah !

 
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Le diable, pour moi, c'est la tentation lancinante de faire pour se distraire de voir (la vigie), soi et le Soi... Et pourtant... Chaque jour qui passe m'enseigne l'art de simplement être... qui mène à l'ETRE (et ça n'a rien a voir avec la paresse et l'oisiveté...) mais on en reparlera une autre fois...

En attendant, je vous envoie des bises épicées et des pensées d'unité...

Bonne route à vous tous, où que vous soyez et quelques soient les circonstances ( pour paraphraser Swâmi Prajnânpad).
 

Publié dans 09-Voyage voyage...
Dominique Gacem

Inde, journal de bord (3)

date_range 26 février 2008
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Je repense à ma première image de l'Inde que je partage avec vous tous parce que c'est drôle ! C'était à l'aéroport de Delhi à une heure du matin à mon arrivée.

Je sors de la douane et d'un coup je me retrouve face à un parterre en U d'hindous bruyants en costumes chics et turbans multicolores, moustaches et regards noirs ! Gesticulants pour interpeler le touriste fraîchement débarqué et lui proposer ceci ou cela... La première pensée qui me soit venue c'est Indiana Jones et le Temple maudit ah ah ah ! J'ai failli éclater de rire ! Je me suis retenue par respect pour mes hôtes.

 

Rajasthani_thali.jpg

 

Par la suite, j'ai aussi découvert le plat local : le thali. Tout est servi dans de la vaisselle en inox ici et le thali est présenté dans un petit plateau rond. Dedans, il y a un petit tas de riz blanc et deux petits bols. Dans l'un il y a le dhal (avec des lentilles ou des gros haricots noirs de l'Himalaya), une sorte de soupe pour humecter le riz et dans l'autre une compotée de légumes qui varie selon les jours. Il peut y avoir une petite coupelle de chutney en plus. Une petite sauce épicée. Des chapattis sont servis à part (des galettes qui font office de pain) et parfois il y a aussi un papadum (une grosse chips) comme amuse-gueule ! C'est délicieux et ça cale sérieusement et incite à la sieste dans la foulée. Ce que je fais quasi chaque jour après un petit moment de yoga nidra... Comme quoi la vie peut être particulièrement belle, même pour une chômeuse de longue durée ! Et là, je ne vous parle que du plaisir du palais mais il y en a de tellement plus subtil ! Mais c'est une autre histoire...

En attendant, je vous en raconte une autre...
Dimanche, je suis partie avec un couple d'amis rencontres ici, à Devprayag. Ça veut dire "confluent divin" grosso modo et c'est l'endroit ou la rivière Bhagarathi rejoint la rivière Alakananda pour former le Gange. On a pris le bus parce que le taxi est trop cher pour une chômeuse de longue durée tout de même, mais quelle expérience ! La route est tellement défoncée qu'on se serait cru dans un shaker. Je sais maintenant ce que ressentent les olives des martini gin et mon empathie a gagné un cran supplémentaire ! Il y avait deux heures de trajet prévu et au bout de vingt minutes je commençais à avoir la nausée et des crampes dans le cou tellement je me contractais. Des femmes vomissaient stoïquement par les fenêtres du bus et mon ami Karl était pale et droit comme un i sur son siège. Lorna, sa compagne tentait de nous distraire en commentant le paysage mais j'avais mal au coeur et ça augmentait. Je me suis dit que j'allais vomir comme les autres et voila tout. Avant cette extrémité, j'ai tenté un petit exercice de lâcher prise, au cas ou. Je me suis avachie dans le fauteuil, m'appliquant à relâcher tous mes muscles et j'ai pris la même posture mentalement. Surrender. Complete surrender, que Ta volonté soit faite, ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit à travers moi et tout le toutim. Déjà cette détente, ce relâchement, cet abandon physique et moral ont été un soulagement. Aaaahhhh. Et la prière est venue tout naturellement. Le Notre Père chanté en boucle en dedans. Et le miracle a eu lieu. Le malaise s'est dissipé rapidement comme un nuage évaporé par un chaud soleil. Amen et merci mon Dieu.
Mais comme ça n'allait pas mieux pour Karl, on s'est arrêté à mi-chemin dans un chalet qu'ils connaissent (se sont des vieux routiers de l'Inde) et on a pris une petit collation locale pour se remettre. Galettes de pommes de terre, chutney à la mangue trop épicé pour mon palais français, pâtes au curry et yaourt, le tout mélangé dans l'assiette et faisant finalement assez bon ménage... On a pris un peu l'air au bord du Gange, sous la pluie pour une fois, avant de choper un nouveau tape-cul jusqu'a Devprayag.

Joli vieux village à flanc de montagne. Les maisons sont de toutes les couleurs avec un très beau travail de sculpture sur bois dont les indiens sont spécialistes apparemment. Un petit tour dans les vieilles rues avec les petites échoppes comme au Moyen-Âge, un petit tchai (le thé au lait sucré local) et retour dans le shaker sur roues avec vues plongeantes dans les virages à fond de train sur le Gange, sept ou huit cents mètres plus bas... Super !

devprayag.jpg

 

J'étais contente de me mettre sous une douche chaude et la couette épaisse après ça.

Plein de bises à tous et à bientôt pour la suite des aventures Bécassine en Inde !

PS de l'éditeur : pour mémoire,  les textes publiés dans cette rubrique sont de Dominique mais les illustrations sont ajoutées par Yann (le plus souvent trouvées sur Internet). Les photos ne sont donc pas exactement fidèles au texte (par exemple dans le plat Thali décrit par Dominique, le riz est blanc contrairement à celui de l'illustration). La photo de Devprayag est cependant authentique.

Publié dans 09-Voyage voyage...
Dominique Gacem

Inde, journal de bord (2)

date_range 4 février 2008
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Rishikesh, 27 janvier 2008 (suite)

rishikesh.jpg

Vue plongeante sur Rishikesh et le fameux pont de Laxman Jhula

(....) Il m’a fallu douze jours pour m’habituer au bruit. Ça s’est fait d’un coup !
Le samedi soir, j’étais sur le point de péter les plombs tellement la cacophonie me vrillait la tête. Je me suis mise au lit, avec les bouchons d’oreilles enfoncés jusqu’à la garde, j’ai ressassé deux ou trois trucs que dit Arnaud à propos de la souffrance et, contre toute attente, je me suis endormie. Le lendemain, le niveau sonore était acceptable, accepté (même s’il reste une sadhana d’une certaine façon).

Je n’explique rien, je ne sais rien, je me laisse faire et je dis merci.

Swamiji* nous incite a développer notre aptitude à simplement être plutôt qu’ a mettre notre bonheur dans les objets du monde, quels qu’ils soient. Le rythme des journées ici depuis trois semaines est assurément une initiation à être dans la Présence plutôt qu’a s’oublier dans les vouloirs et faires divers dont nous sommes coutumiers. L’inaction (l’inactivité) est aussi un bon moyen d’observer les mouvements du mental (souvent pathétique comme le disait Swami Nirgunananda l’été dernier à Terre du Ciel). Donc, j’observe et je sens… Et parfois Dominique s’ennuie, il faut le dire aussi.

Il y a pas mal de chercheurs spirituels occidentaux à Rishikesh et j’échange de façon intéressante avec certains. Mais, aussi sympathiques que puissent être ces conversations, prudence ! Je ne veux pas me laisser distraire longtemps et je me retire dans ma chambre ou dans un coin au bord du Gange pour refluer à l’intérieur, me recondenser, « redensifier Je » et "voir" à nouveau (darshanananda…) avec plus ou moins d’acuité selon le moment, c’est encore fluctuant…

Om (lapsus calami pour "on" ah ah ah ) "On" joue à cache cache… J’approche, je frôle puis je m’éloigne à nouveau… Pendant un moment, c’est calme et amour sans peurs ni attentes qui se répandent et embrassent tout et puis, le "moment suivant", Dominique a froid, pense au chauffage à Rennes, fait des calculs budgétaires et planifie un séjour chez Chandra Swami…
Stuck again** !
Cependant, l’intime conviction du caractère ludique des retrouvailles en cours me permet de ne pas trop me crisper sur des objectifs à atteindre.

Je souris en me relisant… Dominique et Je parlent en même temps ah ah ah ! J’essaie cependant de conjuguer détente (at ease) et lila, avec sérieux et persévérance, en focalisant mon énergie et ma pensée sur l’ Absolu (pas Dieu, l’au-dela de Dieu, la Déité de Maitre Eckhart…). J’essaie de suivre l’exemple de Sri Nisargadatta… A la grâce de Dieu ! Swami Atamananda dit qu’il faut compter dessus aussi.

 

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A environ 20km en aval de Rishikesh, le "samadhi" (mausolé) où est enterrée Ma Anandamayi.

J’ai participé à un satsang avec Swami Vijayananda aussi à Kankhal, au samadhi de Ma où il demeure dans son amoureux souvenir. Quatre vingt treize ans maintenant et lui parler, c’est comme papoter avec son vieux grand-père. Il est charmant et, si je n’ai pas ressenti ses paroles avec l’intensité avec laquelle je reçois celles de Swami Muktananda (j’ai failli avoir un malaise pendant un satsang..), Swami Vijayananda est plein de sagesse et de dévotion pour Ma et d’une grande patience avec les petits questionneurs assis à ses pieds…

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Swâmi Vijayananda     

NDL :  Texte de Dominique, mis en page et illustré par Yann
* Dominique désigne ici Swâmi Muktananda auprès de qui elle séjourne et qui, selon la coutume indienne, est familièrement appelé "Swâmiji" par ses proches.
** En bon français " A nouveau collée" (c’est-à-dire identifiée) !

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Dominique Gacem

Inde, journal de bord (1)

date_range 28 janvier 2008
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Rishikesh, 27 janvier 2008

Les cinq premiers jours, je me suis demandée ce que je faisais là...
Bruit harassant !
Les moteurs des rickshaws qui tapent, les klaxons incessants, les prières relayées par haut-parleurs, les travaux à droite à gauche, la musique des boutiques, les gens qui s'interpellent, les chiens qui aboient et les singes qui crient et font résonner les tôles des toits en se courant après. Malgré les bouchons d'oreilles, les décibels me pénétraient en douleur.

Il a aussi fallu s'habituer au mince matelas de paille (ou quelque chose dans le genre), aux toilettes à la turque, au seau d'eau chaude qu'on déverse sur soi avec un petit pot en guise de douche, à la propreté relative, à la nourriture épicée, aux mendiants mutilés, aux singes qui essaient de vous chiper la nourriture que vous transporter trop ostensiblement...

Je réalise que le passage à Jérusalem l'année dernière m'a en quelque sorte préparée à tout ça... Tout est lié, tout est là...

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Swami Muktananda nous répète au cours des satsangs que c'est un lieu sacré ici ou des tas de sages ont trouvé l'Illumination au cours des siècles (c'est aussi une sacrée foire au yoga aujourd'hui !)  et il nous dit qu'il faut qu'on en profite. Je fais de mon mieux...

Au bout du septième jour, j'ai senti que quelque chose commençait à bouger un peu à l'intérieur... Des trucs qui apparaissaient importants, préoccupants encore un mois avant et qui semblent se dégonfler comme des baudruches... Des réponses qui viennent se poser comme des fleurs sur la surface curieusement lisse du Gange jade, immuable et majestueux. Des choses qui m'ont été dites par frère Olivier (le Dominicain avec qui j'échange à Rennes) ou par Tomas et Moni (les disciples d'Eckhart Tolle rencontrés l’an passé à Nantes) que je croyais avoir comprises et qui prennent soudain une toute autre dimension.

"Je ne suis rien" m'avait dit frère Olivier après que je lui ai raconté l'histoire du tigre qui se prenait pour un mouton. J'avais cru qu'il me rappelait l'humilité chrétienne... Aujourd'hui, après une dizaine de satsangs, "je ne suis rien" signifie tout autre chose... De bien plus vaste, "stupéfiant", confusément soupçonné auparavant, ressenti dans toutes les fibres aujourd'hui. Bien sûr, il faudra voir sur la distance et face aux remous du relatif, aux résistances du mental, si et comment "tout ça" se stabilise...

Satsangs trois fois une heure par semaine donc et une quarantaine d'occidentaux posent des questions qui se font l'écho des miennes. Swamiji y répond avec humour et profondeur en faisant souvent référence au Christianisme et au Judaïsme pour illustrer son enseignement védantique. Du sur mesure pour Dominique dont le mental, du coup, se laisse apprivoiser par des concepts qui auront peut-être pourtant raison de lui... L'élargissement (dans tous les sens du terme) est palpable à certains moments et, à d'autres, le mental borne, berne, bref gesticule à nouveau. Patience, persévérance et confiance m'a dit, entre autres, Swami Atmananda (le swami belge indiqué par Jacques Vigne et Dipamirita, dans la mouvance du père Le Saux).

Je médite au bord du Gange plusieurs heures par jour et je suis rouge comme une tomate parce que la crème solaire locale n'a pas l'air très au point (eh bien une voisine française en a un flacon superflu et elle me le donne…)

La lumière évolue tout au long de la journée et le spectacle du paysage changeant capte mon attention quelques autres heures par jour aussi.

La cérémonie de l'Arati tous les soirs, le bonsoir à Dieu, disperse de petites coupelles en feuilles séchées remplies de fleurs et d'une petite flamme dans le courant du Gange. Je les regarde se noyer dans la rivière-mère et l'obscurité avant de m'adonner à la lecture sous les lourdes couettes qui protègent du froid nocturne (et diurne aussi ces derniers jours ! Une voisine israélienne m'a gentiment donné un de ses pulls avant de partir cependant...).

Malgré les sept ou huit degrés (à vue de nez froid) le matin à sept heures, je découvre presque chaque jour de mon balcon des hommes en train de s'immerger quelques secondes dans le Gange sacré !

 

Dominique (éditée et illustrée par Yann)

Note de Yann :
Swami Muktananda est un disciple canadien de Swâmi Chidananda dont il est aussi désormais l'un des principaux représentants et continuateurs.  Dominique l'a rencontré une première fois l'été dernier à Terre du Ciel où il l'avait instamment invitée à venir participer à la retraite qu'il anime actuellement à Rishikesh.

La photo jointe a été prise cet été à Terre du Ciel (cliquez dessus pour l'avoir en pleine page)

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Dominique Gacem

Inde, premier clin d’oeil

date_range 17 janvier 2008
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Cliquez sur la photo pour l'agrandir !

Déjà dix jours en Inde et tout va bien. Je souffre du bruit tonitruant qui règne dans ce pays, moteurs, klaxons, cris... ça ne s`arrête qu'entre 22 h et 5 h30 et il faut en profiter pour dormir !

L'enseignement spirituel est intéressant et je découvre les temples, les singes et les gens surtout... Et pour le reste je me laisse faire...

Mon temps sur le net est compté : plus de news la prochaine fois, disons dans une semaine...

Je pense à vous tous et vous envoie des bises aux épices d'ici, ah ah ah !

Dominique (en direct de Rishikesh)

 

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