Centre de Yoga de La Bertais

Information sur les activités du Centre et échange entre les Amis de La Bertais-Vassot

Isabelle Duval

La Source

date_range 31 janvier 2018
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Saint Jean de la Croix

Il y a de nombreuses années à Rennes, trois artistes espagnols,  Pradal, Velasquez et Guirao donnaient un concert où ils  avaient mis en musique et chantaient des poèmes de Saint Jean de la Croix.

Je ne parle pas espagnol, je ne connais pas bien Saint Jean de la Croix mais la ferveur qu’ils mettaient dans leur interprétation était saisissante et j’avais été subjuguée.

A la sortie du concert, j’avais acheté le CD, « La nuit obscure» (du nom du recueil de poèmes), que l’on peut encore trouver, je crois.

Les chants, brièvement traduits, débordaient de l’amour et de la confiance qui animaient Saint Jean de la Croix. Ils m’avaient permis d’entrevoir une dimension spirituelle du monde qui m’était totalement inconnue, étrangère et qu'alors je rejetais. Je ressentais néanmoins pour ces textes une indéfinissable admiration et même une forme d’envie pour cette plénitude qu’avait pu connaître Saint Jean de la Croix.

L’Enseignement et le Chemin m'invitent aujourd’hui à redécouvrir et à ressentir plus profondément la beauté de ces chants. Ils leur donnent une lumière et une force nouvelles.

La  chanson que je vous fais partager et qui m’avait particulièrement touchée, évoque la présence  d’une source vivante, lumineuse, infinie et éternelle.

 

AUNQUE ES DE NOCHE

MALGRE LA NUIT

Qué bien sé yo la fuente que mana y corre,

Aunque es de noche.

Je sais bien la source qui coule et fuit 

Malgré la nuit.

Aquella eterna fuente está escondida,

Que bien sé yo do tiene su manida,

Aunque es de noche.

Elle est cachée cette éternelle source.

Moi je sais bien où elle vient sourdre

Malgré la nuit.

Su origen no lo sé, pues no lo tiene,

Mas sé que todo origen de ella viene,

Aunque es de noche.

Je n’en sais l’origine, n’en a point

Mais je sais que toute origine en vient

Malgré la nuit.

Sé que no puede ser cosa tan bella,

Y que cielos y tierra beben de ella,

Aunque es de noche.

Je sais qu’il n’est nulle chose si belle

Et que les cieux et la terre boivent en elle

Malgré la nuit.

Bien sé que suelo en ella no se halla,

Y que ninguno puede vadearla,

Aunque es de noche.

De fond je sais qu’on n’en peut découvrir

Et que nul à gué ne peut la franchir

Malgré la nuit.

Su claridad nunca es oscurecida,

Y sé que toda luz de ella es venida,

Aunque es de noche.

Sa lumière jamais n’est obscurcie

Et je sais que tout éclat en surgit

Malgré la nuit.

Sé ser tan caudalosas sus corrientes

Que infiernos cielos riegan y las gentes,

Aunque es de noche.

Je sais qu’ils sont si puissants ses courants

Qu'ils baignent tout l’enfer les cieux les gens

Malgré la nuit.

La corriente que nace de esta fuente

Bien sé que es tan capaz y omnipotente,

Aunque es de noche.

Issu de cette source le courant 

est si vaste je le sais si puissant

Malgré la nuit

La corriente que de estas dos procede

Sé que ninguna de ellas le precede,

Aunque es de noche.

Le courant qui de ces deux là procède

L’une ou l’autre je sais ne le précède

Malgré la nuit.

Aquella eterna fuente está escondida

En este vivo pan por darnos vida,

Aunque es de noche.

Cette éternelle source elle est enfouie

En ce pain vif pour nous donner la vie

Malgré la nuit.

Aquí se está llamando a las criaturas,

Y de esta agua se hartan, aunque a oscuras

Porque es de noche.

C’est là qu’on appelle les créatures

Qui boivent de cette eau même en l’obscur

Car c’est la nuit.

Aquella viva fuente que deseo,

En este pan de vida yo la veo,

Aunque es de noche.

Cette source vive que je désire

c’est de ce pain de vie que je la tire

Malgré la nuit.

 

(la traduction que je joins est tirée du recueil Nuit obscure-Cantique spirituel édité chez Gallimard.)

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements, 10-Coups de coeur culturels, Musique
Isabelle Duval

Rien qu’une porte battante

date_range 5 décembre 2017
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Avant d’aller à la journée Méditation de la Bertais en septembre, j’avais lu quelques textes pour me préparer et, avec ces paroles du maître zen Suzuki, j’avais ressenti un enthousiasme et un vertige. Je vous les propose aujourd’hui, après la belle journée de voyage intérieur de Médit’àRennes.

« Lorsque nous pratiquons zazen, notre esprit suit toujours notre respiration. Quand nous respirons, l’air vient dans le monde intérieur. Quand nous expirons, l’air va dans le monde extérieur.

Le monde intérieur est illimité, et le monde extérieur est illimité aussi. Nous disons « monde extérieur » et « monde intérieur » mais, en fait, il n’y a qu’un seul monde total.

Dans ce monde illimité, notre gorge est comme une porte battante. L’air entre et sort comme quelqu’un qui franchit une porte battante.

Si vous pensez : « je respire », le « je » est en trop. Il n’existe pas de vous pour dire « je ». Ce que nous appelons « je » n’est qu’une porte battante qui va et qui vient quand nous inspirons et quand nous expirons. Elle bat, c’est tout.

Lorsque votre esprit est assez calme et pur pour suivre ce mouvement, il n’y a rien : pas de « je », pas d’esprit ni de corps, rien qu’une porte battante. »

Shunryu Suzuki dans « Esprit zen, esprit neuf »

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements, 07-Témoignages personnels, 10-Coups de coeur culturels
Isabelle Duval

Mur porteur…d’enseignement

date_range 30 octobre 2017
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Ce matin, l’automne m’a invitée à contempler la vigne vierge sur le mur de la maison.

Emotion et gratitude devant toute cette beauté donnée en cadeau.

Puis il m’a semblé que ces feuilles illustraient, à leur façon, la différence, le changement, la perfection de l’instant présent...

Publié dans 08-Vos créations artistiques et littéraires, Vos Photos, Vos textes et poèmes
Isabelle Duval

EXPO-PHOTOS de la GACILLY

date_range 21 septembre 2017
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Vous connaissez peut-être le festival photos de la Gacilly dans le Morbihan ?

J'y suis allée hier et je voudrais partager avec vous le plaisir d’une très belle expo en plein air dans ce joli village, renouvelée chaque année,  du 1er Juin au 30 Septembre. Il ne reste plus que quelques jours, excusez la date tardive de cet article ! C'est la plus grande expo de plein air d'Europe et elle attire 400 000 personnes (un peu de pub pour mon pays de Redon !).

Les rues, les venelles, les espaces verts, les murs se transforment en galeries photographiques dont le thème se rapporte toujours aux rapports entre l’homme et la nature.

Évidemment, les esprits critiques ne manqueront pas de souligner l’aspect « marketing vert » : la notoriété du festival bénéficie à l’entreprise Yves Rocher (dont les produits n’utilisent pas que des ingrédients irréprochables...) qui le finance largement au travers de sa fondation. Mais il faut reconnaître que le but de promouvoir le respect de l’environnement et de percevoir la beauté du monde que nous habitons est vraiment présent tout au long des expos.

Cette année, trois thèmes : la photographie africaine, les enjeux environnementaux, la relation homme-animal.

Ce sont les photographies de ce dernier thème qui m’ont le plus touchée, notamment celles de Tim Flach. Elles interrogent, selon le désir du photographe, sur le degré de conscience que peuvent connaître les animaux, sur la différence et la ressemblance avec la conscience des humains, sur le point de bascule entre les deux règnes.

Je vous laisse apprécier avec ces quelques photos :


 

Publié dans Arts
Isabelle Duval

Plume d’ange

date_range 6 juillet 2017
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Dans les années 80, j'avais entendu  Claude Nougaro nous conter cette belle et étrange histoire : Plume d'ange.  Elle m'avait touchée puis s'était assoupie au fond de ma mémoire. Elle a ressurgi aujourd'hui, à mon retour de la Bertais. J'ai donc eu envie de la redécouvrir avec vous...(La durée de la vidéo peut sembler longue mais le souffle de Nougaro nous emporte et c'est déjà la fin !)

Je vous souhaite une belle (ré)écoute et un bon été à tous.

 

Publié dans 07-Témoignages personnels, 10-Coups de coeur culturels, Feedbacks sur activités, Musique, Trésors du Net
Isabelle Duval

Un amour d’artichaut

date_range 16 mars 2017
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« On pourrait dire que l’on ressemble à des artichauts.

Dans l’artichaut, le coeur est déjà là. Mais on ne le voit pas, on ignore même qu’il existe à cause de toutes les feuilles qui l’entourent.

Les feuilles, ce sont tous nos conditionnements, toutes nos croyances.

On est le coeur, pas les feuilles. Mais tant que l’on a pas enlevé les feuilles, tant que l’on ne s’est pas arrêté, on ne peut pas voir le coeur. Et dès que l’on enlève les feuilles, on se rend compte que le coeur a toujours été là. On n’a pas eu besoin de le chercher, on n’a pas eu besoin de le mettre là, on ne l’a pas atteint. Il était constamment là. Il était au coeur des feuilles. Donc tous ces conditionnements, toutes ces croyances, toutes ces défenses font simplement partie de l’emballage.

Quand l’emballage tombe, on trouve le coeur, on trouve la liberté, on trouve l’amour, parce que c’est ce que l’on est. »

 Ce texte vient du beau livre de Armelle Six : « Le bonheur quoiqu’il arrive » dans lequel elle partage avec une grande simplicité un message de joie au quotidien.

En Mars, les premiers artichauts arrivent, ne nous privons pas de les effeuiller !

Bon appétit !

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements, 10-Coups de coeur culturels, Littérature
Isabelle Duval

A l’eau

date_range 27 janvier 2017
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Sous le petit pont de la Bertais, l’eau coule tranquillement et pourtant m’interroge… Pour prolonger et partager avec vous le plaisir de cette sensation, je vous propose quelques courts extraits de textes glanés sur ce thème de l'eau qui coule :

 

L’eau parle sans cesse et jamais ne se répète…
Un cheminement de rivière s’incurve,
avance, recule, fait un détour
et arrive toujours.

Octavio Paz

Mon plaisir est d’accompagner le ruisseau,
de marcher le long des berges,
dans le bon sens,
dans le sens de l’eau qui coule,
de l’eau qui mène la vie ailleurs.

Gaston Bachelard

 

L’eau ne résiste pas. L’eau s’écoule.
Lorsque vous plongez votre main en elle, tout ce que vous sentez,
c’est une caresse.
Mais l’eau va toujours là où elle veut aller, et rien ne peut se dresser
contre elle.
L’eau est patiente. Ses gouttes usent une pierre.
N’oubliez pas que vous êtes à moitié faits d’eau.
Si vous ne pouvez pas passer un obstacle, faites-en le tour.
L’eau le fait.

Margaret Atwood

L’eau descend des hauteurs de la montagne.
L’eau monte des profondeurs de la terre.
L’eau coule miraculeusement jusqu’à nous.
Ma gratitude envers elle est débordante.

Thich Nhat Thanh

Personne ne peut voir son reflet dans l’eau courante.
Ce n’est que dans les eaux stagnantes que nous pouvons nous voir.

Proverbe Taoïste

Si votre esprit est tranquille, il sera exactement comme une eau calme qui coule. Avez-vous déjà vu une eau calme couler ? Ah, voilà ! Vous avez vu soit une eau couler soit une eau calme mais vous n'avez jamais vu une eau calme couler. C’est précisément là, à ce point où votre pensée, même apaisée, ne peut vous conduire, que vous pouvez développer la sagesse. Votre esprit sera comme une eau qui coule et pourtant il sera calme. Il vous paraîtra presque immobile et pourtant il coulera. C'est pourquoi je dis que c'est « une eau calme qui coule. » C'est là que la sagesse peut s’éveiller.

Ajahn Chah

 

Tout passe, tout coule, on ne peut pas entrer une seconde fois dans le même fleuve, car c'est une autre eau qui vient à vous ; elle se dissipe et s'amasse de nouveau ; elle recherche et abandonne, elle s'approche et s'éloigne.
Héraclite

 

Ce qui fut, se refait ; tout coule comme une eau,
Et rien dessous le Ciel ne se voit de nouveau ;
Mais la forme se change en une autre nouvelle,
Et ce changement là Vivre au monde s’appelle,
Et Mourir, quand la forme en une autre s’en va…

Ronsard

Plutôt que de se raidir à la moindre peccadille ou devant l’assaut agressif des critiques aiguës, tenter de viser la souplesse de l’eau qui se heurte aux pierres et aux rochers suivant leurs formes tout en restant intacte, intouchée par les contacts rugueux ou sableux.

Denise Desjardins

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements, 08-Vos créations artistiques et littéraires, 10-Coups de coeur culturels, Littérature, Vos Photos