Centre de Yoga de La Bertais

Information sur les activités du Centre et échange entre les Amis de La Bertais-Vassot

Yves-Luc Fonteneau

Le sexe faible…

date_range 15 septembre 2017
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Le sexe faible, tiens donc !
A partir de quelques faits indiscutables, et aussi d'observations personnelles, je vais essayer ici à mettre en évidence les racines profondes de la situation marginale habituellement attribuée à la femme dans la civilisation occidentale, en revenant sur les sources judéo-chrétiennes et gréco-latines de cette attitude… Il s'agit là bien entendu de conclusions personnelles, et donc tout à fait susceptibles d'être réfutées !

Sur le plan religieux, on sait bien à quel point tout commence mal, par la faute d'Eve, évidemment ! Mais côté racines grecques, cela s'avère presque pire, si on s'intéresse au mythe de Pandore, cette femme créée par Zeus, et envoyée dans l'humanité avec un coffret qu'il ne fallait surtout pas ouvrir : juste semblable à Eve, comme prévu, elle ouvre la boîte, libérant tous les maux qui vont désormais accabler les humains : à croire que Grecs et Juifs se sont donnés le mot...

Or notre civilisation s'est constituée en grande partie selon la synthèse de la civilisation gréco-latine et du christianisme. Le conquérant romain avait largement intégré la vision grecque de la relation homme-femme : l'épouse s'occupe de la maison et prend soin de son guerrier, lequel mène une vie sociale excluant totalement les femmes : le gymnase, la politique, les banquets sont des territoires réservés, pour une fraternité largement homosexuelle : l'adolescent et futur guerrier est « pris en charge »   par un adulte, le temps de son initiation à son rôle d'homme. On cultive ensemble la beauté physique, les performances sportives, la préparation au combat et les soirées bien arrosées...

Car cette société machiste reste fondamentalement guerrière, et pas seulement Sparte : son militarisme conduira une grande partie des cités grecques, Athènes en particulier, au gouffre de la guerre du Péloponnèse. Dans ce contexte, le rôle principal de la femme est de faire des guerriers ; elle vit dans le gynécée, s'occupe de la maison qu'elle ne quitte pas ; seules les femmes du petit peuple sortent pour vendre fruits et légumes du jardin, ou quelques pièces de tissus qu'elles ont fabriquées.

La société romaine fonctionne de façon très semblable, le pater familias reste le maître, l'épouse lui est totalement subordonnée ; son rôle principal au foyer se limite au tissage des étoffes qui permettront d'habiller la famille, on reconnaît la bonne épouse à la qualité des vêtements de monsieur... Mais elle ne participe évidemment pas aux banquets, n'a pas le droit de vote, réservé aux hommes.

Cette organisation sociale s'est imposée autour de la méditerranée…

Pourtant, des sociétés bien différentes avaient auparavant existé : dans la péninsule italienne, bien avant le triomphe de Rome, la civilisation étrusque accordait aux femmes un statut d'égalité, elles participaient aux festins à côté de leurs maris, ce qui scandalisait profondément Grecs et Romains ! La conquête romaine mit fin à ce scandale.

Dans l'Egypte des pharaons, la femme jouit d'une complète égalité juridique, peut gérer des biens personnels, conserve son nom quand elle se marie ! Elle peut accéder à de très hauts postes dans l'organisation sociale, jusqu'à la fonction suprême, régente ou même pharaon : la célèbre Hatchepsout ne fut pas la seule...

La civilisation minoenne, qui s'épanouit dans la mer Egée 25 siècles av. J.-C., de la Crète à Santorin, cultive pendant un millénaire un raffinement peut-être supérieur à celui de l'Egypte ; Plutarque rapporte que le terme « matrie » tenait la place de son équivalent romain « patrie », détail de vocabulaire illustrant bien l'importance attribuée à l'élément féminin : les fresques retrouvées laissent une grande place aux femmes, habillées avec raffinement. Les guerriers, abondamment mis en scène par l'art grec, en restent absents. Nous trouvons là une société plutôt harmonieuse, hélas réduite à néant par l'explosion du Santorin et le tsunami qui s'ensuivit, anéantissant la totalité des flottes, les villes côtières et leurs habitants.

La société celte, nos « ancêtres les Gaulois », accordait aux femmes une place que les Romaines auraient pu envier : elles avaient par exemple le droit de boire en compagnie des hommes, indice évident de barbarie pour les latins ; dans cette société guerrière, elles participent éventuellement à la bataille, et le Vercingétorix britannique fut une femme !

Rome, grâce à ses légions, parvint à imposer son modèle social dans un immense empire, triomphe d'une société patriarcale. L'apparition de ce qui devint le christianisme ne changera pas la donne : la minuscule secte juive des débuts subit très tôt l'influence de celui qui deviendra Saint Paul, dont la culture grecque semble avoir très vite contrebalancé l'influence des textes évangéliques (qui accordent à l'élément féminin une place non négligeable, à l'inverse de la religion juive). Paul insistera en effet sur la nécessaire subordination de la femme, ce qui laisse à penser que la chose n'était pas si évidente pour les premiers disciples...

Le christianisme devenu, après des persécutions sévères, religion d'Etat, sera influencé par un des « pères de l'Eglise » , saint Augustin : il mettra fortement en garde contre le sexe et les péchés auxquels cela peut conduire. La sexualité devient un pis aller, juste pour faire des enfants, le modèle proposé à la femme, la Sainte Vierge, représente un curieux programme pour des êtres que le créateur avait fabriqués sexués : le clergé qui se constitue sera évidemment masculin et célibataire. Au fil des siècles, l'Eglise développera une véritable phobie de la sexualité et de l'élément féminin. Un petit exemple local : jusqu'aux années 60, lors de la sortie en rangs des internes du Kreisker, le vénérable lycée « catho » de Saint Pol de Léon, les garçons croisant les demoiselles de Sainte Ursule devaient tourner le regard du côté opposé ! Là encore, la méfiance vis-à-vis de la femme triomphe, car elle reste évidemment la tentatrice qui peut conduire à l'enfer !

En France, dans la société civile, grâce à notre grand restaurateur de l'ordre post-révolutionnaire, Napoléon, c'est le droit romain adopté dans le Code civil qui remet les femmes à une place qu'elles avaient eu tendance à quitter à la faveur du « désordre » de la révolution. Suite à ce « recadrage », il faudra attendre 1945 pour qu'elles votent, et la fin du siècle pour que l'épouse puisse ouvrir un compte bancaire sans l'accord écrit de son homme, encore officiellement « chef de famille » !

Ce modèle relationnel se retrouvant dans la plupart des sociétés humaines, on peut en déduire que de fortes motivations poussent les hommes à mettre en place ce type de relation, malgré les dysfonctionnements évidents engendrés par cette pseudo supériorité.

La motivation la plus évidente me semble tout simplement être la peur : les hommes en général s'avèrent plus forts sur le plan purement physique, ce qui leur confère une évidente supériorité pour guerroyer, mais ils restent définitivement incapables de fabriquer un être humain, et pas trop habiles pour s'en occuper durant l'enfance. Cette fantastique compétence féminine, surtout si on y ajoute la pratique de l'allaitement, apporte au sexe dit faible une conscience très forte de sa responsabilité, et chaque maman va élever sa fille dans cette perspective, pas de façon consciente et organisée, sans doute ; mais un garçon ne recevra certainement pas les mêmes messages subliminaux qu'une fille, de la part de sa maman :

elle sent en elle ce qu'elle doit transmettre à sa fille, pour qu'elle soit à son tour capable de créer un être humain…

Sur le plan simplement biologique, l'étude de la longévité comparée des moines et des moniales, soumis rigoureusement aux mêmes règles de vie, met en évidence une plus grande longévité féminine : les religieuses ne feront pas d'enfant, mais leur corps, construit pour assumer cette fonction majeure semble du coup plus solide…

Etre responsable : dans le cadre de mon travail de CPE, j'avais pu observer que les internes filles laissaient spontanément leur box en ordre, ce qui n'était pas vraiment le cas des garçons. Même différence pour le travail pendant les études, comme pour les « cuites » du mercredi...

Les prisons abritent une large majorité de représentants du « sexe fort », lesquels sont également les meilleurs pour casser leur voiture dans les accidents de la route. Bien plus grave, une proportion sérieuse de femmes subit la violence d'un compagnon ou d'un mari : abus de force physique, dysfonctionnements variés qui ne révèlent évidemment pas une quelconque supériorité, mais plutôt le contraire, et j'inclinerais à croire que l'inconscient masculin trouve là compensation à l'impossibilité d'égaler la femme.

Il s'agit évidemment d'une hypothèse, mais je ne pourrai conclure sans mentionner le fait qu'un des acquis de mes décennies de recherche spirituelle reste la sensation d'avoir rattrapé un peu de mon retard en qualité d'être, par rapport à la nature féminine...

 

Publié dans 07-Témoignages personnels, 08-Vos créations artistiques et littéraires, 11-Regards sur le monde, Vos textes et poèmes
Yves-Luc Fonteneau

Atlantide ?

date_range 30 juin 2017
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Historien de formation, j'avais été particulièrement intéressé par la civilisation grecque « classique », celle d'Homère et de Périclès, aussi ai-je ce printemps, décidé d'aller voir sur place ce qui demeurait de cette remarquable civilisation dont nous sommes très largement les héritiers, à travers le langage, le sport (à l'époque réservé aux hommes) la démocratie, pour ne citer que quelques thèmes bien connus. Ma compagne, Marie-France, avait programmé les étapes, en commençant évidemment par Athènes, pour ensuite découvrir quelques îles paradisiaques, habitées par un peuple d'une hospitalité magnifique !
Notre périple grec s'est achevé début juin sur l'île de Santorin, où la visite du Pompéi grec, Akrotiri, m'a inspiré quelques idées : je souhaite en faire part aux bertaisiens...

Car il ne s'agit pas là de la banale mise à jour de quelques pans de murs , mais de la résurrection d'une extraordinaire civilisation, plongée dans les ténèbres de l'histoire par un énorme cataclysme géologique.

L'île actuelle présente la forme d'un croissant de falaises escarpées, vestige du volcan qui explosa vers 1600 avant J.C. Sur la partie sud, un ingénieur français travaillant au percement du canal de Suez fit prélever sur un massif de ponce le matériau dont il avait besoin pour assurer l'étanchéité de son ouvrage : surprise, on dégage des murs de belles pierres de taille, en un lieu où aucune ville n'avait existé, selon les connaissances historiques de l'époque... Et puis, heureusement, on oublie cette trouvaille, ce qui épargne au site le genre de fouilles dévastatrices pratiquées à l'époque !

C'est seulement en 1967 qu'un programme sérieux est lancé et conduit à la mise au jour très partielle (5 %?) d'une extraordinaire cité, victime de l'explosion du Santorin, et en même temps préservée par elle, les cendres tombées du ciel la protégeant des hommes et des intempéries. Une vaste toiture protège la partie explorée, ce qui nous a permis de voir de près, marchant sur des passerelles surélevées, les rues et les habitations.

S'agissant de constructions parfois vieilles de plus de deux millénaires, l'ensemble dégagé s'avère plutôt impressionnant : de belles rues dallées, des maisons qui pouvaient monter jusqu'à trois étages, comportant parfois de grandes baies à linteau de chêne, équipées de latrines aboutissant à des égouts ; on y prenait des bains dans des tubs en terre cuite !

Le musée de Fira, capitale de l'île, expose divers objets retrouvés dans la ville : un grand nombre de poteries peintes de belle qualité, quelques pièces originaires d'Egypte ou du Moyen-Orient ; et aussi des objets carrément étonnants, comme ces supports pour cuisson de brochettes, ou ces poteries à bec de canard ornées de mamelons tout à fait réalistes... J'ai été particulièrement impressionné par le moulage que les archéologues ont réussi à réaliser, celui d'une table basse (de salon?) dont le bois avait disparu, mais non l'empreinte ; cet objet à lui seul témoigne d'une civilisation ayant atteint un très haut niveau dans l'ébénisterie ainsi que d'un goût raffiné pour les beaux meubles, cette table pourrait figurer dans un musée « arts déco » !

Mais ce sont les fresques qui apportent les plus belles informations ; car la nature de l'éruption a apporté aux ruines la protection permettant de reconstituer, trois millénaires après, maints aspects des intérieurs d'Akrotiri et de connaître un peu mieux cette civilisation. Il semblerait que la décoration des intérieurs était une pratique généralisée, réalisée par d'excellents professionnels. Je retiens en particulier le duo des cueilleuses de safran, mettant en scène une adulte et une « ado », cette dernière, en particulier, fort jolie selon nos critères, avec robe luxueuse et bijoux, pourrait figurer dans une revue de mode …

La grande fresque dite « parade navale » met en scène une véritable flotte passant près de ports de belle allure, apporte de précieuses informations sur les compétences des charpentiers de marine, la puissance de la civilisation cycladique, ainsi que son goût pour le « beau » : contrairement aux autres flottes méditerranéennes connues, des navires sont généreusement décorés, avec des oiseaux ou des dauphins peints sur la coque, et des bouquets fixés dans la mature. Nous avons affaire à un peuple de marins, riche, raffiné et puissant, en relations commerciales avec l'ensemble de la mer Egée .

Les habitants d'Akrotiri avaient prévu une grosse colère du volcan, ils avaient donc quitté la ville avec leurs objets les plus précieux : les fouilles n'ont pas permis de trouver les bijoux dont les dames faisaient grand usage, ni les beaux objets de bronze que les artisans savaient certainement élaborer .

Rien n'a subsisté non plus sur les îles où s'étaient réfugiés les habitants : ils ne pouvaient pas savoir que leur volcan, exemplaire méditerranéen du type le plus explosif, allait engendrer une catastrophe planétaire ; le Santorin, ayant craché toutes les laves contenues dans le réservoir placé sous l'île, s'est brutalement effondré, provoquant une colossale explosion, 60 kilomètres cubes propulsés dans l'atmosphère, et en même temps un méga tsunami, une vague de vingt mètres de haut qui est partie semer la dévastation dans toute la méditerranée : les ports où s'étaient réfugiés les habitants furent les premières victimes, la totalité des navires, de commerce, de pêche ou de guerre, mis en miettes, les populations des villes côtières anéanties, les terres cultivables dévastées...

Quant aux survivants, qui avaient tout perdu, il leur restait à affronter une très probable famine : récoltes mises à mal, refroidissement planétaire engendré par les cendres en suspension dans l'atmosphère.

Cette magnifique civilisation a donc disparu de la terre et de la mémoire des hommes en bien peu de temps, encore moins que la brève durée énoncée par Platon : «Et en l'espace d'une journée et une nuit, l'île Atlantide s'enfonça dans la mer et disparut» . Celui-ci situe l' Atlantide au-delà des colonnes d'Hercule à savoir Gibraltar, mais les géologues démontrent aisément que le récit du philosophe se heurte à une impossibilité majeure, aucune terre d'importance n'a pu s'engloutir dans l'Atlantique... Par contre, plus d'un millénaire avant lui, une civilisation puissante et raffinée, (où la domination masculine ne semble pas s'être imposée, selon les modalités qui prévalurent par la suite) fut effacée définitivement de la surface de la Terre, en quelques heures !

Nous pouvons nous souvenir que toute civilisation reste vulnérable et mortelle, à la merci des caprices de l'univers, ou de la folie humaine...

 

Publié dans 09-Voyage voyage..., 11-Regards sur le monde
Yves-Luc Fonteneau

Vision matérialiste : échec et mat

date_range 12 février 2016
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Ce ne sont pas les participants au récent week-end avec Michel Fromaget qui me contrediront : la société dans laquelle nous vivons propose comme une évidence absolue une vision matérialiste du monde, vision dont nous sommes imprégnés et que même une croyance religieuse ne neutralise pas vraiment. Ceci est tout particulièrement vrai de notre conception de la mort : bien des chrétiens ne croient pas vraiment à une après vie…

Selon la paradigme dominant, seule existe la matière. Et la science, pense-t-on, peut tout expliquer à partir d'elle, même les sentiments les plus élevés. Pourtant cette « vision » demeure une théorie ou une opinion, dans la mesure où cette science reste incapable de prouver qu’il n’existe aucune intelligence créatrice à l’origine de l’extraordinaire univers qui nous a fait apparaître. Nous et l’univers serions les fruits du hasard : prouvez le donc !

Face à cette conception dominante, un petit toubib américain a apporté il y a quelques décennies un premier démenti : son ouvrage « La vie après la vie » laissait entrevoir l'existence de données expérimentales plaidant en faveur qu’une vie post-mortem, même si le docteur Moodie se gardait bien de l’affirmer de façon trop catégorique.

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Petits rappels pour les non initiés : Des patients qu’on a cru morts suite à un arrêt cardiaque sont finalement réanimés et reviennent à la vie avec des récits renversants :

1 : Ils ont eu la sensation de quitter leurs corps et décrivent souvent l'avoir vu "d'en haut" (avec des détails objectifs qui s'avèrent vrais)

2 : Ils ont assisté en accéléré à une sorte de revue panoramique  leur vie et ont pris une conscience aiguë des conséquences de chacun de leurs actes

3 : A un moment donné de leur étrange expérience, ils se sont senti s’engager dans une sorte de tunnel avec une extraordinaire lumière à son extrémité

4 : 10% environ de ces « voyageurs de l’au-delà » vont atteindre cette « lumière » composée d’un Amour indescriptible, et on leur fera alors savoir qu’ils doivent faire marche arrière et réintégrer leur corps meurtri.

Le matérialiste de service criera aussitôt à l’hallucination, et invoquera une sorte de tour de passe passe du cerveau qui aurait pour fonction de faciliter l’acceptation de la mort… Pourtant, la seconde étape de ce voyage intérieur offre la possibilité d’une vérification expérimentale qui dans certains cas s’avère bien troublante : quand on peut confronter le témoignage du survivant avec celui des personnes qui étaient en action auprès de son corps inerte.

Et ce fut la démarche du docteur Sabom, réanimateur dans un hôpital américain, qui entreprit de démontrer le manque de sérieux scientifique de son collègue Moody, en enquêtant sur ses patients réanimés.

Première surprise, lui qui n’avait jamais recueilli de témoignages spontanés, en a très vite récolté chez plusieurs d’entre eux dès lors qu’il a su leur montrer qu’il les prenait au sérieux. Durant deux ans, il a collecté, comparé, analysé ces divers témoignages pour aboutir à une conclusion inverse de son objectif de départ. Il s’est trouvé obligé de constater que des personnes en état de mort apparente se baladaient au plafond, voyaient leur corps et les soignants, connaissaient éventuellement leurs pensées, pouvaient passer voir la famille éplorée dans la salle d’attente…

La doctoresse Elisabeth Kublerr Ross, cette suissesse qui fut largement à l’origine de l’organisation des soins palliatifs, s'attaqua à la question avec son équipe de chercheurs du côté d’une patientèle particulièrement intéressante, celle des aveugles. Elle fut en mesure de démontrer que cette catégorie de «  survivants » s’avère souvent capable de décrire avec une diabolique précision tout ce qui se passait autour de leur corps, les détails des lieux, les vêtements des participants, tout le matériel chirurgical, avant de faire retour dans un corps non-voyant !

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On peut donc constater, à partir de tous ces témoignages, que le corps humain semble bien «héberger» une conscience, par définition dépourvue du moindre organe des sens, mais néanmoins capable de voir, d’entendre, de lire les pensées, de se rendre où elle veut en traversant éventuellement les murs… Nous sortons par conséquent du monde matériel pour accéder à tout autre chose, et en particulier à un univers où règne un amour absolument indescriptible, dont l’évocation par les témoins entraîne souvent des larmes, et ceux ci reviennent généralement de la cinquième étape profondément transformés, comme s’ils avaient suivi avec succès un chemin spirituel transcendant.

Un livre plus récent du neuro chirurgien américain Eben Alexander permet de compléter cet éclairage.

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Il y racconte comment il a été victime d’une méningite rebelle à tous les traitements, privé par l’atteinte microbienne massive de toute capacité cérébrale (ce que montrent pendant une longue semaine ses électroencéphalogrammes). Alors que ses collègues s’apprêtaient à le débrancher, considérant que le cerveau du malade était quasiment détruit, il revient brusquement à la vie…

Or, pendant les jours durant lesquels ce cerveau ne fonctionnait plus, il vivait une folle aventure « métaphysique » qu’il s’est efforcé de décrire ensuite dans un livre «La preuve du Paradis ». Lui qui n’accordait jusqu’alors qu’une attention distraite aux éventuels récits de ce genre émanents parfois de ses patients, revient de son expérience totalement bouleversé : d’où sortait le virus qui l’avait terrassé, comment avait il complètement recouvré ses capacités alors que son cerveau était théoriquement détruit ? Lui qui n’y croyait nullement découvre un miracle qui lui impose de témoigner de son expérience…

Un épisode du « voyage », en particulier l’a convaincu de l’authenticité de son expérience : il avait été accueilli dans «  l’autre monde»  par une jeune fille angélique inconnue qui se révéla ensuite n'être autre que sa sœur ainée, morte prématurément. Il ne l’avait pas connue, ses parents l’ayant abandonnée à sa naissance, mais il retrouva ensuite sa photo avec une grande émotion : il y reconnut l’« ange » qui lui était apparu durant son « coma » !

Son témoignage mérite d’être souligné : il provient d’un vrai professionnel, pas du tout enclin à se raconter des histoires, et qui connaît mieux que quiconque le fonctionnement du cerveau humain : son expérience ne pouvait être le fruit d’un cerveau en déroute. Nous sommes donc autre chose que le corps, et cet autre élément qui n’a aucun rapport avec les cellules cérébrales, les molécules ou les atomes, une fois libéré du corps peut se fondre dans une autre réalité, laquelle défie manifestement toute description humaine…
Il ne s’agit plus ici d’opinions, mais de faits maintes fois vérifiés !

Ceci étant posé, il demeure probable que tout bon matérialiste s'empressera de caler ces nouvelles données sous son oreiller, afin de ne pas remettre en cause son «monde» mental. Mais gageons que la réalité saura le rattraper quand à son tour il devra lui-même... quitter son corps !    :wink:

 

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements, 10-Coups de coeur culturels, 11-Regards sur le monde, Littérature
Yves-Luc Fonteneau

A propos de yoga nidra

date_range 3 mars 2014
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J'éprouve le désir depuis un moment de préciser tout ce que la non activité Yoga nidra est susceptible d'apporter quand on souhaite l'utiliser de façon approfondie.

Sur un plan purement physique, la pratique de la détente corporelle proposée à cette occasion peut s'avérer à la longue d'une exceptionnelle efficacité : le simple fait d'apprendre à identifier des tensions, puis à les neutraliser permet d'acquérir une conscience du corps qui ne se limite pas à la posture dite du " cadavre " mais peut être utilisée dans la vie courante, dans la mesure ou on a appris à identifier des crispations parasites, puis à les neutraliser.
Nombreuses demeurent les circonstances où une émotion engendre ce genre de réaction physique, comme un fort serrement des mâchoires ou des tensions dans l'espace dorsal, sans oublier les poings serrés, liste évidemment non exhaustive...

yoga_nidra_2Quand on apprend à " habiter le corps " , il devient tout à fait possible de vivre bien plus détendu au niveau simplement musculaire, ce qui peut entraîner de surcroît une certaine détente du mental, la relation corps-esprit n'est plus à démontrer!
J'ai pu témoigner à plusieurs reprises des bienfaits retirés de l'apprentissage puis de l'enseignement de la relaxation (dans le cadre du club "yoga" que j'animais à l'usage des élèves du lycée de Morlaix, où je fus CPE durant 25 ans) J'ai ainsi constaté que je terminais mes journées de travail bien moins fatigué que lors des premières années, alors que l'activité professionnelle n'avait nullement diminué, sous les ordres d'un proviseur pas vraiment cool ; l'activité restait importante, mais sans crispations parasites, c'est du moins la seule explication que j'ai pu trouver pour justifier une fin de carrière plutôt "détendue" . Évidemment, cette détente demeure dans le quotidien d'un retraité très actif qui achève des journées bien remplies sans fatigue notable...

yoga_nidra_3C'est surtout au niveau de la pratique  spirituelle que le yoga nidra offre des possibilités remarquables. Cette non activité physique reste en effet centrée sur une utilisation systématique de la conscience témoin : il ne s'agit plus de cogiter, mais de voir apparaître sur le tableau de bord les sensations corporelles généralement occultées, le pilote conscience peut vivre pleinement son rôle. Sentir de façon détaillée le contact de la langue avec les dents et les gencives peut sembler un exercice inutile, il mobilise pourtant de façon attentive une conscience activée et consciente d'elle même, c'est en ce sens qu'Arnaud Desjardins a pu un jour qualifier la relaxation de méditation couchée, au cours de laquelle le mental bavard peut assez facilement se retrouver simplement court-circuits par cette mobilisation de la conscience vers les sensations corporelles. Il débutait d'ailleurs assez souvent des méditations guidées par des instructions typiques de la relaxation (méditation, une relaxation assise...)
Un bon yoga nidra, c'est un vrai voyage au cœur de la conscience, c'est à dire au centre de notre réalité ultime décrite de façon si percutante par les Upanishads, cette partie de nous qui n'a ni commencement ni fin, et à laquelle il reste tout à fait impossible d'attribuer des caractéristiques. Utiliser cette conscience pour explorer les sensations corporelles, c'est un peu comme pratiquer la musculation dans une salle de sport, avec cette possibilité de découvrir peu à peu l'état non perturbé de la Conscience, SAT CHIT ANANDA, Être, Conscience, béatitude, dont les errements du mental bavard nous exilent...

Évidemment, il faut bien admettre que ce programme ambitieux demande de la persévérance, et bien que nous nous trouvions assez loin du temps de repos bien mérité après une active demi journée de séjour. Il reste possible d'opter pour un dodo réparateur, en chambre ou bercé par ma douce voix, mais il semble utile de préciser les fécondes possibilités offertes par cette pratique somme toute assez simple.
yoga-nidra

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements, 07-Témoignages personnels, Sangha news
Yves-Luc Fonteneau

Et si on reparlait un peu de réchauffement climatique

date_range 10 juin 2011
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Au-delà des opinons et querelles sur ce thème, j’apporterai ici quelques données assorties d’hypothèses.

Premier rappel : le concept de réchauffement dû à un éventuel effet de serre selon une origine humaine nous vient du français Claude Lorius, climato-glaciologue. C’est au cours d’une longue mission sur l’inlandsis antarctique, (dans la station alors soviétique de Vostok), consacrée à l’analyse des carottes de glace, qu’il mis en évidence les variations de la température terrestre depuis 800.000 ans ainsi enregistrées, puis leur parallélisme avec les concentrations de gaz carbonique (piégé et conservé dans la glace). Il en déduisit une relation de cause à effet, annonçant dans la foulée l’augmentation de température qui devait logiquement résulter des importantes émissions humaines de CO2. L’augmentation constatée s’est simplement avérée un peu plus forte que prévu…

A partir de ces recherches, dont la pertinence fut reconnue par l’ensemble de la communauté scientifique, fut institué le GIEC, sous l’égide de l’ONU, afin de corriger les fonctionnements qui risquaient de conduire l’humanité vers un destin inquiétant…

A ce jour, aucun travail de recherche n’a invalidé l’hypothèse Lorius, ce qui ne contrarie en rien le climato-scepticisme, drivé à coup de montagnes de dollars par Exxon et Cie : ces braves gens ne cherchent nullement à connaître la vérité de la situation, mais à contrer une organisation  susceptible de contrarier leurs profits immédiats et futurs.

En prenant un peu de recul, on trouve là un comportement stupéfiant, car les dirigeants d’Exxon, dépourvus de toute base scientifique, prennent le risque de compromettre l’avenir de l’humanité, rien que pour préserver leurs bénéfices.  Mais en apparence, le doute ne les effleure pas, quand il s’agit de profit, ils ont  même embauché le remarquable lobbyiste qui s’était distingué dans le combat  du Congrès contre les cigarettiers. Ces braves gens juraient, la main sur la bible  du tribunal, que le tabac ne provoquait ni maladie ni addiction (alors qu’ils intégraient dans leurs cigarettes des substances destinées à renforcer l’addiction). A grand renfort d’articles pseudo scientifiques, utilisant les services de « chercheurs » largement rétribués, ce remarquable professionnel parvint un bon moment à semer le doute, avant l’inévitable triomphe de la vérité… L’anecdote montre jusqu’où d’honnêtes citoyens peuvent aller pour faire tourner l’entreprise…

A l’heure actuelle, tous les dollars d’Exon n’ont pas été dépensés en vain : même sans argumentation scientifique solide, le pourcentage de sceptiques aux USA et même en Europe a sérieusement augmenté, grâce à de multiples communications sur internet, dans la presse et en librairie. Allègre (l’homme qui prétendait à l’époque du désamiantage de Jussieu que l’amiante  ne présentait aucun danger…) a fait un tabac avec son livre « L’imposture climatique », on a à peine entendu parler de la mise en pièces de son bouquin, truffé d’erreurs et de bidouillages. Mais Allègre à la télé, ça fait du spectacle et de l’audience ! Et de nouveau, nous sortons absolument du concept de Vérité, au profit de l’émotion…

Notre monde utilise de plus en plus le fameux principe de précaution, il serait (peut-être) temps d’en faire usage. Si on revient à l’hypothèse Lorius, la totalité des travaux de chercheurs, dans les différentes spécialités concernées (climatologues et glaciologues, océanographes) convergent pour en confirmer l’exactitude. On ne peut encore parler de certitude absolue, mais ça se situerait entre 90 et 95%,ce qui donne une bonne base. Les dernières constatations vont souvent au-delà des prévisions ; les ennemis du GIEC ont fait un gros scandale au sujet de l’annonce (en effet erronée) de la fonte rapide des glaciers de montagne, mais on n’a guère mentionné la fonte accélérée des glaciers polaires, récemment révélée par des mesures de satellites : stupéfaction et inquiétude des glaciologues, le potentiel d’élévation des océans se mesure alors en dizaines de mètres !

Même étonnement par rapport à la fonte de la banquise arctique, dont la rapidité stupéfie les spécialistes ; il est vrai que dans ce secteur-clé de la machine climatique terrestre, le réchauffement (nié par certains il n’y a pas longtemps) dépasse les quatre degrés, au grand dam des ours blancs, nouvelle espèce menacée d’extinction…

L’objectif officiel du GIEC consisterait à réduire les émissions de CO2, afin de ne pas dépasser une augmentation moyenne de deux degrés. Le problème, si  l’hypothèse de départ s’avère exacte, c’est que les différents gouvernants, motivés surtout par leur pouvoir, face à des citoyens plus ou moins convaincus ne peuvent prendre les mesures drastiques imposées par la menace. On partirait donc vers une augmentation allant de 3 à 6 degrés… Déjà, avec 2 degrés, ni les ordinateurs les plus puissants, ni les climatologues associés ne se trouvent en mesure d’anticiper des conséquences.

J’estime pour ma part (c’est une opinion, donc valeur discutable) que le système GIEC, avec la nécessité du consensus, conduit de façon inévitable à minorer les risques « officiels ». Il me semble, si C.Lorius ne se trompe pas, que le prix à payer pourrait aller jusqu’à une quasi disparition de l’humanité, pour une simple raison : la survie des 6 milliards de terriens dépend ABSOLUMENT d’agricultures calées depuis quelques millénaires sur un modèle climatique précis et à peu près stable. Une augmentation importante des températures entrainerait probablement la délicate mécanique climatique vers des écarts tout à fait incompatibles avec la simple survie d’une humanité pléthorique : la danse de Shiva, en cet âge de fer, se solderait alors par des famines géantes, dans lesquelles on peut se demander qui en réchapperait : qui, du milliardaire ou de l’Inuit, serait le plus apte à la survie, dans cette danse hypersélective…

Dernier point de vue : il me semble que nos chers dirigeants cultivent avec constance un bel aveuglement, devant l’extrême fragilité de  cette civilisation ; si la médiocre éruption d’un petit volcan islandais peut provoquer la pagaille que nous savons, que pourrait-il se passer si le Destructeur entrait sérieusement en action ? Aussi conclurais-je en revenant au principe de précaution : homo sapiens ainsi menacé se montrera-t-il capable de sagesse, et de modifier à temps ses fonctionnements erronés :  la loi de causalité, nous le savons bien, ne prévoit pas d’exception, et il  ne serait pas exclu que le point de non retour ait été dépassé par une  machine économique à peu près dépourvue de système de freinage. Il nous resterait alors à mettre sérieusement en pratique.

Que Lorius et autres GIEC se vautrent dans l’erreur, c'est une chose souhaitable ; mais c’en est une autre que de prendre ses désirs pour des réalités…


Droit de réponse de Yann :

Comme c'est moi qui le premier ait introduit ce sujet de réflexion à la Bertais et comme j'ai été amené à faire part publiquement des doutes que m'inspiraient les conclusions du GIEC, j'ai souhaité assortir l'article d'Yves Luc de la vidéo suivante (issue d'une émission de France Culture), qui, contrairement à ce que laisse entendre Yves-Luc, montre que la position "climato-sceptique" n'est pas uniquement le fait de scientifiques véreux...

Personnellement, je me retrouve beaucoup plus dans les conclusions de Vincent Courtillot (directeur de l'institut de Physique du Globe de Paris) que dans celles d'Yves-Luc, ce qui, si vous prenez le temps de regarder la vidéo jusqu'au bout, n'est pour autant guère plus réjouissant... :-(

Publié dans 11-Regards sur le monde, 12-Ecolo-citoyen
Yves-Luc Fonteneau

Spiritualité et naturisme

date_range 19 décembre 2009
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Fort de 44 ans de pratique du naturisme, je propose ici quelques réflexions personnelles sur la relation vécue entre ce mode de vie et une recherche spirituelle initiée il y a 24 ans...
lavieausoleil2.jpg Elevé selon la pudibonderie en usage jusqu'aux années 60, 
jeune adulte, j'ai découvert, grâce à la revue "La vie au soleil", qu'il existait une théorie et une pratique du naturisme familial, lesquelles convenaient beaucoup mieux au jeune parent que j'étais devenu depuis quelques mois.


Je peux constater aujourd'hui que cette façon de vivre m'a apporté au niveau de la recherche spirituelle une aide inattendue : le fait de ressentir sur TOUT  le corps la caresse de l'air et du soleil permet de cultiver de façon très spontanée l'art de l'instant présent, dont j'ignorais évidemment la théorie à l'époque.

naturisme.jpg La communion physique avec la nature neutralise assez spontanément les cavalcades du mental ; cet aspect positif peut fortement s'accentuer si on en saisit le mécanisme : habiter son corps devient une seconde nature, dans le silence croissant du mental.
Sur un plan théorique, cette liberté vis à vis du corps constitue une avancée significative : perdre la honte vis à vis du corps s'avère un progrès certain, dans la mesure où s'éteint une division superflue : il ne peut exister d'organe honteux.
Et le vêtement revient à sa juste place, qui n'a rien à voir avec la morale. Laquelle morale fonctionne de façon assez tordue, si on considère la mode féminine : le maillot de bain souligne plutôt le peu qu'il cache, robes jupes et pantalons servent souvent à attiser plus qu'à cacher. Et que dire de ces tailles basses qui laissent dépasser la fleur du string au bas du dos ?
Au total, homo sapiens "civilisé" promène quelques casseroles, quand il s'agit de son corps, ce qui n'est pas le cas du renonçant complet de l'Inde, du Jivaro ou du naturiste.

 

La "libération" implique nécessairement , à mes yeux , la liberté vis à vis du corps , que cette liberté se manifeste ou non...

 

Publié dans 07-Témoignages personnels, Sangha news