Lors de mon dernier séjour à La Bertais en Aout dernier, Yann nous a fait découvrir deux épisodes d’une série indienne sur l’histoire de Shiva « Maha Deva ». Dans ces deux épisodes, on découvre comment Sati, fille du roi régnant sur la Terre, va devenir l’épouse de Shiva. En fait, le père de Sati n’est pas du tout d’accord avec cette union, et on comprend qu’il n’y ait pas moins de 30 épisodes (ou 60 ? Je ne m’en souviens plus… ) pour que l’union sacrée puisse se réaliser.

Une série dans le style indien un peu Bollywood, qui, à priori ne devait pas laisser chez moi de trace mémorable…
Hors, non seulement j’ai été touché par le thème de Shiva et l’ambiance du film, mais aussi, une image s’est imposée à moi… Celle d’une sculpture à double visage, masculin et féminin, les deux aspects de Shiva, Shiva-Shakti, Conscience-Energie.
Comme mon thème de prédilection en sculpture, ce sont les « têtes méditatives », eh bien, à cause de Yann, une sculpture est née !
En réalité, pas qu’une ! Mais plusieurs… deux sont terminées et en photo ci-après, 2 autres sont en cours…
Vue que la première est née d’abord en songe à La Bertais, je tenais à vous la présenter.
Je l’ai appelée, « Reflet de Shiva », ne me demandez pas pourquoi j’en ai fait un « reflet », c’est ce qui s’est imposé sans me demander la permission. Il s’agit de 2 têtes à double visages, l’un masculin et l’autre féminin. Une tête à l’endroit, et l’autre à l’envers…
Coté technique, c’est une sculpture en céramique. L’argile est celle de mon terrain, une argile rouge. Je la tamise pour en enlever les plus gros cailloux, je lui rajoute ensuite de la ouate de cellulose pour qu’elle soit plus résistante lors de la cuisson (en cuisant, la ouate disparaît et permet aux gaz présents dans la terre de s’évacuer plus facilement, ce qui réduit le risque de casse lors de choc thermique).
Pour les visages, j’utilise des moules que j’ai fabriqués de façon à pouvoir faire des séries.
Une fois les visages assemblés (il faut compter 4 à 5 jours), j’ai rajouté au pinceau un engobe noir (terre liquide qui, ici, sert à recouvrir la couleur rouge de la terre) dans lequel j’ai mis une pincée d’oxyde de cobalt et d’oxyde de cuivre. Le 1er oxyde donne en général du bleu, et le 2eme, du vert ou du rouge. Ces oxydes, une fois cuits ensemble donnent parfois des surprises, d’autant plus que dans la terre d’origine, il y a beaucoup d’oxyde de fer…
1000° C en 3 heures, on me dit toujours qu’on ne doit jamais aller aussi vite, et qu’il faudrait une montée en température d’au moins 10 heures ! Mais, que voulez vous, je suis pressé, c’est bien pour cela que je fabrique ma terre de façon à ce qu’elle soit résistante aux cuissons sauvages… 😈
Une fois refroidie (je n’ai pas de photo de la sortie du four car trop pressé 😉 ), elle avait un aspect plutôt clair, gris bleuté. Je l’ai cirée avec une encaustique maison : de la cire d’abeille mélangée à de l’essence de térébenthine. C’est alors qu’elle a pris une couleur plus foncée avec pas mal de nuances intéressantes… Je constate que l’oxyde de fer a pris le dessus. J’espérai que l’oxyde de cuivre allait donner quelques reflets verdâtres ou métalliques, il n’en est rien mais le rendu me plait assez ! 😀
Je vous laisse la découvrir, ainsi qu’une autre version plus simple faite dans la foulée…
Ses dimensions : 50 X 25 X 18, cliquez pour agrandir…


En voici une autre version « sablier », on peut la retourner dans un sens ou dans l’autre, suivant notre tendance du jour « féminine ou masculine » !
Celle-ci est émaillée, ce qui donne son aspect brillant. Deux autres versions sont en cours de fabrication….

Et si vous voulez visiter mon site, voici le lien : https://fredericlouvier.com/
Merci à Yann pour cette inspiration !