Centre de Yoga de La Bertais

Information sur les activités du Centre et échange entre les Amis de La Bertais-Vassot

Joel Caillerie

C’est parti pour un tour de France à vélo !

date_range 1 juin 2018
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Depuis 500 jours – plus d’une année – ce projet est en bonne place dans ma tête. Désormais, à quelques jours du départ il s’est bien concrétisé et je me sens prêt à vivre cette belle aventure avec mon camarade Bernard  (qui doit fêter ses 80 ans cet été...) : parcourir et découvrir les pourtours de la France à bicyclette. Un rêve pour des passionnés de la petite reine comme nous !

En quoi consiste donc ce grand périple ?

Nous suivons une organisation qui est proposée en toute autonomie par un club cyclotouriste, l’U.S. Métro. Seules contraintes : passage obligé par 60 villes (voir carte ci-dessous)

Et réaliser ce circuit en moins de 30 jours (formule cyclo-randonneur) ou 60 jours (formule cyclo-touriste,  éventuellement en plusieurs périodes). Pour notre part, nous avons choisi la seconde formule « cyclo-touriste » avec un total de 44 étapes (+ 6 jours de repos), réparties équitablement entre les mois de juin (du 4 au 28 juin) et de septembre (du 2 au 27 septembre).

L’organisation annonce 4800 km. Or, en partant de chez nous pour rejoindre Avranches -  notre point de départ - l’élaboration de nos circuits sur Openrunner nous donne près de 5300 km. De même, pour les cols, au lieu des 51 annoncés, nous devrions en gravir près de 90, de quoi nous faire frémir !

Aux dires de bien des participants à ce challenge (une centaine tous les ans), la meilleure option consiste à réaliser ce véritable tour au plus près des frontières françaises dans le sens des aiguilles d’une montre.

Nous partirons donc d’Avranches et suivrons les routes de Normandie, puis des Hauts-de-France, avant d’aborder les Ardennes, la Lorraine, les Vosges, le Jura et de finir par l’exigeante traversée des Alpes (qui nous effraye un peu…). Arrivés à Fréjus fin juin, nous remonterons en Mayenne, puis retournerons, fin août, sur le port méditerranéen afin de poursuivre notre raid autour de la Méditerranée, puis des Pyrénées, avant de remonter par la côte Atlantique et de terminer en beauté par le tour de la magnifique Bretagne.

Chaque jour, nos étapes font entre 100 et 160 km, avec une moyenne générale d’environ 120 kilomètres par jour. Certes, cela peut paraître assez peu, mais du fait d’un effort répété durant près d’un mois pour chaque partie, cela nous semble raisonnable.

Notre intention conjointe, c’est aussi de prendre du plaisir sur notre vélo, de découvrir des coins méconnus, de revoir des lieux prestigieux, bref de redécouvrir notre si belle France…

Avec mon ami Bernard, nous avons envie de partager notre aventure et - à cette fin - nous avons créer un blog, dont voici le lien => http://tdfjoeletbernard.over-blog.com/

Nous essaierons de faire un compte-rendu après chaque étape avec - si possible - quelques photos.

Je compte sur vos commentaires et vos encouragements tout au long de ces deux mois de randonnée à bicyclette !

Publié dans 07-Témoignages personnels, 09-Voyage voyage..., Sangha news
Joel Caillerie

Bande de clowns !

date_range 14 mai 2018
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Une deuxième promotion d’apprentis clowns vient de réunir à la Bertais 13 intrépides, désireux d’oser vivre le clown.

D’emblée, chacun a pu exprimer combien ce stage en ce lieu était attendu - et en même temps - générait une forte appréhension.

Sous la houlette exigeante mais douce et bienveillante de Sabine Michelin-Pigeon, chacun a pu expérimenter le clown intérieur caché en lui. Et ce fut tantôt cocasse, tantôt jubilatoire et à d’autres moments désopilant. 

Il est difficile de relater ce qui s’est vécu au cours de ces deux jours et demi tant ce fut dense et riche.

Alternance entre exercices préparatoires et temps d’improvisation en solo ou à plusieurs.

Masqué de l’indispensable nez rouge et revêtu d’un costume soigneusement choisi, le passage en scène est toujours un exercice périlleux et exigeant devant concilier les quelques consignes données par Sabine avec l’état intérieur ressenti et que l’interaction avec les partenaires peut rendre très fluctuant.

Chaque impro réserve alors son lot de surprise : jamais il n’est possible à l’avance de savoir - pour soi - si ça va marcher ou non. Et c’est dans les situations les plus improbables que souvent surgit le « miracle » : un lâcher-prise, une absence momentanée du mental. Cela demande beaucoup d’énergie mais - en contrepartie - ça libère des tensions et fait monter joie et plus grande confiance en soi.

Le public (principalement constitué de Sabine et de ceux des autres participants qui ne sont pas "en scène" à l'instant de votre prestation) joue un rôle non négligeable : riant, s’esclaffant, incitant ainsi le clown à se faire confiance et à laisser jouer jusqu’au bout le personnage qui se manifeste dans le rôle et l’état intérieur du moment.

Pour ma part, j’étais dubitatif quand certains avaient dit qu’une de leurs attentes c’était de bien rire au cours de ce stage. En final, oui j’ai beaucoup ri lors de ces 3 jours et cela fait un bien fou...

Marie-Laure, qui a géré l’intendance avec brio, permettant de régaler notre appétit aiguisé... s’est faite photographe à deux reprises. Cela donne des clichés assez improbables.

Saurez-vous nous reconnaître derrière notre masque et notre costume ?

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Publié dans 01-Les activités, 07-Témoignages personnels, Feedbacks sur activités, Temps forts passés
Joel Caillerie

Séjour dans le désert

date_range 19 février 2018
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Dans l’esprit des séjours de l'association RACINES, un groupe de 7 personnes a vécu durant une semaine une belle expérience humaine et culturelle dans cet environnement si propice à l’intériorisation qu’est le désert. Une plongée en plein cœur du monde berbère ô combien dépaysante et riche d’un savoir vivre et d’un savoir être reposant sur le dépouillement et la sobriété.

Jeudi 1er février 

C’est le jour du grand départ. Notre petit groupe est au complet à l’aéroport de Nantes et chacun peut se découvrir, car certains ne se connaissent pas ou assez peu. Mais très vite, une cohésion va s’instaurer au sein de notre petit groupe et l’escale à Casablanca nous plonge déjà dans l’ambiance marocaine.

Un vol de moins d’une heure nous emmène ensuite jusqu’à Ouarzazate en pleine nuit. Anne et Ikhlaf sont là pour nous accueillir et même si la voiture de location n’est pas disponible, pas d’affolement, nous gagnons le bivouac de la Palmeraie situé à quelques kilomètres.

Vendredi 2 février

Première nuit froide (il gèle) et malgré la superposition de couvertures, nous n’arrivons pas à nous réchauffer.

Heureusement, un copieux petit déjeuner près d’un poêle nous requinque…

La voiture récupérée, nous partons pour le bivouac du « Chant du Sable » où nous allons passer tout notre séjour. Un parcours de 240 km sous le soleil qui nous réchauffe et qui nous permet de découvrir la belle vallée du Draa.

Les 10 derniers kilomètres donnent le ton de notre séjour : il s’agit d’une piste rocailleuse qui va ainsi nous couper de notre environnement habituel.

Arrivée au bivouac à la tombée du jour, juste le temps d’admirer ce désert que nous sommes venus chercher et qui s’offre à nous sous ses deux formes les plus connues : reg (pierres) et erg (dunes).

Après un bon repas, nous gagnons nos chambres respectives, confortables avec des lits douillets et aussi ce qu’il faut de chaudes couvertures… Mais un vent violent contrarie notre besoin de sommeil, déjà écourté la nuit précédente…

Samedi 3 février

Le petit déjeuner est ici aussi copieux et tout au long de ce séjour nous serons gâtés par Mohamed, le cuisinier « hors-pair » du bivouac.

Après ce bon repas, l’heure est venue de s’immerger un peu plus dans le désert en partant pour 3 jours de trek.

Equipés du traditionnel « chèche », nous voici armés pour traverser le Sahara en méharée…

Accompagnés de 5 dromadaires, c’est parti pour un circuit de 50 à 55 km sur 3 jours. La marche est tranquille et assez facile sur ce chemin revêtu de pierres et les volontaires se font rares pour monter sur nos braves dromadaires…

Tant et si bien que nous voici – déjà – arrivés à notre halte du soir. Signe indéniable que nous « décrochons » : nous n’avons pas vu le temps passer…

Dimanche 4 février

Au petit matin, nous sommes pour la plupart bien fourbus et transis à cause du froid de la nuit (a priori -1° au lever du jour).

Rien de mieux que la marche pour nous réchauffer ! Et c’est reparti sur cet espace de désert de pierres. L’occasion d’échanger en chemin et d’aborder des sujets parfois sensibles, comme la cause animale, n’est-ce pas Joël D. et Marilyn ?

A la pause, notre bon « samaritain » Hassan, nous distribue des délicieuses oranges…

Comme la nuit précédente, nous dénichons un espace dans les dunes, à l’abri du vent. La vigilance s’impose dès qu’on s’éloigne du campement, certains se sont faits de grosses frayeurs et se sont crus perdus dans le désert. Syndrome de « La nuit de feu » ?

Lundi 5 février

Dormir à même le sol a encore accentué les courbatures, mais nous avons eu moins froid…

Pour la dernière journée de trek, nous décidons de marcher sans parler.

Expérience intéressante en ce lieu où le silence est roi. Se mettre ainsi au diapason de l’environnement vient nous apaiser grandement. En tout cas, tout le monde joue le jeu, y compris nos guides et chameliers, très respectueux de notre choix.

Pour la halte du midi, le site enchâssé dans des falaises montagneuses est grandiose et nous apprécions tout avec un regard plus aiguisé, grâce au silence que nous maintenons jusqu’à notre retour au bivouac, peu avant le coucher de soleil…

Le temps de partage sur notre vécu intérieur lors de cette journée passée en silence n’en est que plus dense.

Mardi 6 février

Après ces trois journées complètement coupées du monde, nous profitons de ce jour de « relâche » pour décompresser, échanger, se reposer tout en restant relié à l’univers désertique dans lequel nous sommes encore immergés.

Jacqueline et Marilyn vivent une belle expérience en se rendant dans l’après-midi au hammam. Véritable immersion parmi la population qui ravit nos deux amies…

Mercredi 7 février

Comme chaque matin, un temps d’éveil corporel est proposé. Pour cette dernière fois dans le désert, chacun se déploie dans les dunes avant de se retrouver unis tous en cercle.

C’est donc l’ultime journée (complète) de ce séjour. Nous allons visiter une famille berbère dans son habitat traditionnel (casbah) et actuel (dans le village de Tagounite).

Moment magique que de pénétrer dans les dédales de la casbah d’Aït Is Foul, l’habitat est bien pensé mais malheureusement déserté : là où il y avait une vingtaine de familles, il n’en reste plus que 5 aujourd’hui.

Si nous avons déjà bénéficié d’une généreuse collation dans la casbah, ce n’est qu’un en-cas… Au village dans la famille d’Hassan et Ikhlaf un copieux couscous nous est servi, impossible d’y déroger, sous peine d’offenser la famille. Nous sommes même invités à le faire à la berbère : en plongeant la main (droite) à même le plat ! Certains se révèlent plus habiles que d’autres…

Malgré ce copieux repas pris vers 15h, nous n’échappons pas au dernier dîner le soir au bivouac. Nos hôtes se sont surpassés ! C’en est trop pour l’un d’entre nous, saisi d’une belle tourista…

Jeudi 8 février

Réveil matinal vers 4h pour prendre la route de l’aéroport. Surprise, quelques kilomètres avant d’atteindre Ouarzazate, une belle couche de neige recouvre la route. Une bataille de boule de neige s’engage…

A l’aéroport, nouvelle surprise. L’avion a du retard, officiellement pour raison d’intempéries, mais un jeune marocain nous assure que c’est lié à une grève du personnel naviguant… Conséquence fâcheuse : les 4 heures de retard nous font rater la correspondance de Casablanca et dans l’histoire une valise s’égare qui n’est toujours pas arrivée à ce jour…

De ce fait, nous prolongeons notre vie collective de 24 heures et cela n’est pas pour nous déplaire tant nous étions heureux ensemble !

Publié dans 07-Témoignages personnels, 08-Vos créations artistiques et littéraires, 09-Voyage voyage..., Sangha news, Vos Photos
Joel Caillerie

Coup de coeur littéraire (2) : « La nuit de feu » d’Eric-Emmanuel Schmitt

date_range 6 février 2018
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Voici le 2ème volet de mes coups de cœur littéraires. Après « L’Utopie » de Thomas More évoqué précédemment qui représente une lecture de jeunesse, c’est un ouvrage lu tout récemment que je vous présente aujourd’hui, mon coup de cœur de l’année 2017…

L’auteur

Éric-Emmanuel Schmitt est un dramaturge, nouvelliste, romancier et réalisateur français naturalisé belge.

Normalien, agrégé de philosophie, docteur, il s’est d’abord fait connaître au théâtre avec "Le Visiteur", cette rencontre hypothétique entre Freud et peut-être Dieu, devenue un classique du répertoire international. Rapidement, d’autres succès ont suivi : "Variations énigmatiques", "Le Libertin", "Hôtel des deux mondes", "Petits crimes conjugaux", "Mes Évangiles", "La Tectonique des sentiments"… Plébiscitées tant par le public que par la critique, ses pièces ont été récompensées par plusieurs Molière et le Grand Prix du théâtre de l’Académie française. Son œuvre est désormais jouée dans plus de quarante pays.

Il écrit le "Cycle de l’Invisible", six récits qui rencontrent un immense succès aussi bien sur scène qu’en librairie. Une carrière de romancier, initiée par "La Secte des égoïstes", absorbe une grande partie de son énergie depuis "L'Évangile selon Pilate", livre lumineux dont "La Part de l’autre" se veut le côté sombre. Depuis, on lui doit "Lorsque j’étais une œuvre d’art", une variation fantaisiste et contemporaine sur le mythe de Faust et une autofiction, "Ma Vie avec Mozart", une correspondance intime et originale avec le compositeur de Vienne. Deux recueils de nouvelles se sont ajoutés récemment: "Odette Toulemonde et autres histoires", huit destins de femmes à la recherche du bonheur, est inspiré par son premier film tandis que "La Rêveuse d'Ostende" est un bel hommage au pouvoir de l'imagination.

Grand amateur de musique et mélomane, il a également signé la traduction française des "Noces de Figaro" et de "Don Giovanni". Il est naturalisé belge en 2008. Début janvier 2016, il fait son entrée dans le jury Goncourt.

Multi-récompensé, que ce soit en France ou à l'étranger, il est devenu un des auteurs francophones les plus lus et les plus représentés dans le monde.

(notice tirée du site internet « Babelio »).

Résumé de l’œuvre

« Je suis né deux fois, une fois à Lyon en 1960, une fois dans le Sahara en 1989. »

Une nuit peut changer une vie.

À vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée à pied dans le Sahara en 1989. Parti athée, il en reviendra croyant, dix jours plus tard.

Loin de ses repères, il découvre une vie réduite à la simplicité, noue des liens avec les Touareg. Mais il va se perdre dans les immenses étendues du Hoggar pendant une trentaine d'heures, sans rien à boire ou à manger, ignorant où il est et si on le retrouvera. Cette nuit-là, sous les étoiles si proches, alors qu'il s'attend à frissonner d'angoisse, une force immense fond sur lui, le rassure, l'éclaire et le conseille.

Cette nuit de feu - ainsi que Pascal nommait sa nuit mystique - va le changer à jamais. Qu'est-il arrivé ? Qu'a-t-il entendu ? Que faire d'une irruption aussi brutale et surprenante quand on est un philosophe formé à l'agnosticisme ?

Dans ce livre où l'aventure se double d'un immense voyage intérieur, Éric-Emmanuel Schmitt nous dévoile pour la première fois son intimité spirituelle et sentimentale, montrant comment sa vie entière, d'homme autant que d'écrivain, découle de cet instant miraculeux.

Point de vue

Il y a déjà un bon moment que ce titre au nom si évocateur « La nuit de feu » figurait sur mes tablettes. Le fait d’avoir eu l’idée d’organiser un séjour dans le désert tout prochainement n’a fait que raviver cette envie irrépressible de le lire.

J’ai lu « La nuit de feu » avec ravissement (c’est l’expression qui m’est venue spontanément). D’abord parce que ce récit se lit aisément, tant l’auteur Eric-Emmanuel Schmitt est un enchanteur, un conteur hors-pair.

Je le reconnais, j’avais des doutes quant à la pertinence de restituer une telle expérience. Or, cette nuit est magnifiquement décrite, et son évocation reste d’une sobriété exemplaire qui honore l’auteur, car elle demeure toujours incarnée dans le cadre de cette aventure de groupe du désert du Hoggar.

Cette expérience mystique naturelle qu’a vécu Eric-Emmanuel fut certes un moment fabuleux puisque il y a bien eu - pour lui - un avant et un après, mais sans que l’auteur soit pour autant désincarné.

Autre aspect qui m’a intéressé, ce sont toutes ces considérations philosophico-spirituelles. Un florilège qui n’est jamais l’étalage de connaissances, mais bien plutôt le reflet d’un profond questionnement sur les grandes problématiques de l’existence.

Ce livre se termine en apothéose avec ces lignes qui résume assez bien - de mon point de vue - la question spirituelle :

« Lors de ma nuit au Sahara, je n’ai rien appris, j’ai cru.

Pour évoquer sa foi, l’homme moderne doit se montrer rigoureux. Si on me demande : « Dieu existe-t-il ? », je réponds : « Je ne sais pas » car, philosophiquement, je demeure agnostique, unique parti tenable avec la seule raison. Cependant, j’ajoute : « Je crois que oui. » La croyance se distingue radicalement de la science. Je ne les confondrai pas. Ce que je sais n’est pas ce que je crois. Et ce que je crois ne deviendra jamais ce que je sais.

Face au questionnement sur l’existence de Dieu, se présentent trois types d’individus honnêtes, le croyant qui dit : « Je ne sais pas mais je crois que oui », l’athée qui dit : « Je ne sais pas mais je crois que non », l’indifférent qui dit : « Je ne sais pas et je m’en moque. »

L’escroquerie commence chez celui qui clame : « Je sais ! » Qu’il affirme : « Je sais que Dieu existe » ou « Je sais que Dieu n’existe pas », il outrepasse les pouvoirs de la raison, il vire à l’intégrisme, intégrisme religieux ou intégrisme athée, prenant le chemin funeste du fanatisme et de ses horizons de mort. Les certitudes ne créent que des cadavres.

En notre siècle où, comme jadis, on tue au nom de Dieu, il importe de ne pas amalgamer les croyants et les imposteurs : les amis de Dieu restent ceux qui le cherchent, pas ceux qui parlent à Sa place en prétendant L’avoir trouvé. »

Pour finir, je vous offre en bonus, une vidéo de l’auteur relatant ce moment inoubliable. Car je trouve qu’Eric-Emmanuel Schmitt lorsqu’il s’exprime se révèle admirable, tant on sent chez cet homme, à la fois une grande force et une grande douceur.

Publié dans 10-Coups de coeur culturels, 11-Regards sur le monde, Littérature
Joel Caillerie

L’arbre inversé et les deux types de spiritualité

date_range 22 janvier 2018
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Dans le dernier numéro de la revue "Ultreïa", dont j'ai déjà vanté la remarquable qualité éditoriale, une interview est consacrée au prêtre John Martin Sahajananda. Celui-ci - d'origine indienne et de confession chrétienne - poursuit l'oeuvre des Pères Le Saulx et Montchanin, qui ont fondé l'ashram de Shantivanam, dont le but est de concilier vie monastique chrétienne et tradition hindoue.

Dans cet article, John Martin Sahajananda nous livre une magnifique image pour décrire la vie spirituelle. Et qui me parle à double titre : spirituel et profane (puisqu’il y est question de racines…). La voici :

« La voie que Jésus-Christ nous propose est celle de l’expansion de notre identité. Il nous invite à transformer notre identité personnelle en identité collective puis à l’étendre à l’identité universelle et enfin à l’étendre à l’identité divine.

Je prends souvent l’image de l’arbre inversé : les racines dressées vers le ciel, les feuilles, ainsi que les branches, vers la terre et reliées aux racines par le tronc.

Nous commençons comme les feuilles, chacun enfermé dans notre individualité, puis nous nous agrégeons dans les branches que sont les institutions et les religions : à ce stade, la vérité collective. Le tronc représente la vérité universelle.

Un seul tronc supporte toutes les branches et toutes les feuilles. Les racines, elles, représentent le transcendent, le divin. Nous ne les voyons pas et pourtant elles soutiennent l’ensemble de l’arbre.

Lorsque la conscience d’une personne entre dans la conscience des racines, elle réalise qu’il n’y a qu’un seul arbre, et donc une seule vérité et un seul chemin. »

Et je résiste pas au plaisir de vous "servir" cette autre fulgurance de ce prêtre indien :

« Il y a deux types de spiritualités,

l’une fondée sur les religions,

l’autre sur le royaume de Dieu.

Dans la spiritualité des religions, en premier vient la religion, en second vient Dieu, et ensuite l’être humain qui vénère Dieu à l’intérieur de sa religion.

Dans la spiritualité du royaume de Dieu, il y a d’abord Dieu, ensuite l’être humain, qui est donc plus grand que les religions.

Les religions sont au service des êtres humains et pas les êtres humains au service des religions.

Le royaume de Dieu, c’est une spiritualité fondée sur Dieu et pas sur les religions. »

(« Ultreïa » n° 13 – pages 41 – 42 et 44)

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements, 10-Coups de coeur culturels, Articles
Joel Caillerie

Coup de cœur littéraire (1) : « L’Utopie » de Thomas More

date_range 10 janvier 2018
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Depuis des lustres, je lis avec passion tout ce qui me tombe sous la main... Tout a commencé au Noël 1967, quand j'ai reçu un dictionnaire Larousse. Ce fut mon plus beau cadeau de Noël qui - durant des années - ne me lassera jamais, consulté en permanence et source d'une ouverture incroyable. J'avais 10 ans et, depuis 50 ans, j'ai lu des milliers de livres, qui - le plus souvent - apportent des éclairages à mes questionnements, me font rêver, voyager, sans oublier de me divertir...

C'est donc le tout premier de mes "coups de cœur" que j'aborde aujourd'hui en partageant avec vous l'un de mes plus anciens livres favoris : "L'Utopie" de Thomas More.

L’auteur

« Thomas More, latinisé en Thomas Morus (7 février 1478, Londres – 6 juillet 1535, Londres), est un juriste, historien, philosophe, humaniste, théologien et homme politique anglais. Grand ami d'Érasme, érudit, philanthrope, il participe pleinement au renouveau de la pensée qui caractérise cette époque, ainsi qu'à l'humanisme, dont il est le plus illustre représentant anglais.

Nommé « Ambassadeur extraordinaire », puis « Chancelier du roi » par Henri VIII, il désavoue le divorce du Roi et refuse de cautionner l'autorité que s'était arrogée celui-ci en matière religieuse : il démissionne de sa charge en 1532. Devant la persistance de son attitude, il est emprisonné, puis décapité comme « traître ».

 Béatifié par l'Église catholique en 1886, Thomas More est canonisé — saint Thomas More — en 1935. » (source Wikipédia).

Au-delà de cette notice succinte, Thomas More est dépeint par ses contemporains, comme « un homme qui cultivait la vraie piété, aussi étranger que possible à toute superstition » (Erasme), « plaisant sans causticité, il badine et ne blesse point, il rit sans jamais offenser personne » (Beatus Rhenanus).

Homme d’une grande rigueur morale, il étonne en préférant la compagnie des pauvres à celles des riches : « Il recevait à sa table les paysans du voisinage, les accueillant avec gaieté et familiarité. Quant aux grands et aux riches, il ne les fréquentait qu’avec réserve et ne les admettait que rarement dans son intimité. » (Erasme).

Cette haute moralité va être mise à mal, lorsque le roi d’Angleterre décide de rompre avec l’Eglise de Rome, le pape lui refusant le divorce demandé. En effet, Henri VIII oblige Thomas More à lui prêter allégeance en tant que chef suprême de l’Eglise d’Angleterre.

Suite à son refus persistant, il est accusé de trahison, condamné à la décapitation. Thomas More meurt non sans faire preuve, une nouvelle fois d’humour : « Je vous en prie, je vous en prie, Monsieur le lieutenant, aidez-moi à monter ; pour la descente, je me débrouillerai... ».

Résumé de l’œuvre

C’est en menant mes recherches pour cet article que j’ai découvert que ce livre que j’ai découvert avec passion à la fin des années 70, fête cette année même les 500 ans de sa publication en France.  Et, d’emblée, ce livre, original, connut un succès foudroyant en cette période – le XVIème siècle - marquée par l’influence des grands humanistes.

Qu’a donc de si original cet ouvrage ? Sous la forme d’une fiction, l’auteur fait d’une pierre deux coups par le truchement d’un voyageur, Raphaël Hythloday, qui dénonce les abus et les injustices de l’Angleterre de cette époque dans la première partie du livre, et évoque son long séjour sur l’île d’Utopie (l’île de nulle part) dans la seconde partie. C’est bien évidemment un prétexte pour l’auteur de pointer les dérives de son époque et nous offrir aussi la vision d’une vie en société proche de l’idéal, et qui demeure encore audacieuse, – sur bien des points – 500 ans plus tard.

L’Angleterre du début du XVIème siècle est marquée par la mise en place du régime des « enclosures » qui pousse à l’exode vers les centres urbains nombre de paysans ne bénéficiant plus des espaces « communs » permettant à leur bétail de paître. Le constat de Thomas More est impitoyable et il ne cesse de stigmatiser l’égoïsme des possédants, ces riches propriétaires terriens, qui se lancent dans l’agriculture intensive au détriment des paysans pratiquant une agriculture exclusivement vivrière.  

Écoutons-le : « Les malheureux [paysans] fuient en pleurant le toit qui les a vus naître, le sol qui les a nourris, et ils ne trouvent pas où se réfugier. Alors, ils vendent à vil prix ce qu’ils ont pu emporter de leurs effets, marchandise dont la valeur et déjà bien peu de chose. Cette faible ressource épuisée, que leur reste-t-il ? Le vol et puis la pendaison dans les formes. Aiment-ils mieux traîner leur misère en mendiant ? On ne tarde pas à les jeter en prison comme vagabonds et gens sans aveu. Cependant, quel est leur crime ? C’est de ne trouver personne qui veuille accepter leurs services, quoiqu’ils les offrent avec le plus vif empressement. »

Avec la seconde partie, nous partons pour l’île d’Utopie, car ce que je trouve admirable dans ce livre, c’est la puissance des images et la précision des descriptions, presque un documentaire. L’auteur ayant sans doute à cœur de nous faire croire qu’il ne s’agit en rien d’un lieu imaginaire, mais bien d’une réalité concrète.

Impossible de citer l’incroyable organisation qui prévaut sur cette île, mais Thomas More balaye tous les aspects de la vie en société et nous montre qu’ici, tout est envisagé pour le bonheur du plus grand nombre, de façon équitable et sans les inévitables abus de pouvoir.

Écoutons, ce passage révélateur d’une haute idée que se fait l'auteur au sujet des institutions, qui doivent être au service du peuple :

« Les institutions ont pour but d’empêcher le prince (…) de conspirer contre la liberté, d’opprimer le peuple par des lois tyranniques, et de changer la forme du gouvernement. (…) La constitution est tellement vigilante à cet égard que les questions de haute importance sont déférées aux comices [équivalent des villages]. Après avoir délibéré, ils transmettent au sénat leur avis et la volonté du peuple. Quelquefois même l’opinion de l’île entière est consultée. »

N’oublions pas que ces lignes ont été écrites voici 500 ans et presque 300 ans avant la révolution française…

Également, cette  perspective économique et sociale fait encore rêver aujourd’hui :

« Tout le monde, en Utopie, est occupé à des arts et à des métiers réellement utiles. Le travail matériel y est de courte durée, et néanmoins ce travail produit l’abondance et le superflu. (…) Le but des institutions sociales en Utopie est de fournir d’abord aux besoins de la consommation publique et individuelle, puis de laisser à chacun le plus de temps possible pour s’affranchir de la servitude du corps, cultiver librement son esprit, développer ses facultés intellectuelles par l’étude des sciences et des lettres. C’est dans ce développement complet qu’ils font consister le bonheur. »

Je n’en dirai pas plus au risque d’être, une nouvelle fois, trop long avec cet article… Je vous renvoie à quelques extraits qui figurent ci-dessous dans la dernière partie.

Point de vue

Dans l’édition que j’ai entre les mains (et qui date de 1976), cet ouvrage est encore une référence pour tous ceux qui se réclament du socialisme, voire du communisme. Et comme le note William Morris, ce socialiste anglais de la fin du XIXème siècle « L’Utopie est devenu un pamphlet socialiste familier dans les réunions et les assemblées de discussion. » Mais au-delà de cette caution qui, dans le contexte actuel de rejet des idées socialo-communistes peut être mal entendu, il faut relever que ce livre nous donne ici une admirable perspective d’un communisme à dimension humaine.

Ce qui est frappant chez l’auteur, c’est son insistance à vouloir l’épanouissement de tout être humain dans tous les aspects de sa vie, au sein d’une société harmonieuse et remarquablement organisée. On peut parler du souhait de Thomas More de réaliser une véritable émancipation.

Ce qui me semble intéressant – et je caresse ce rêve – c’est de voir comment nous pourrions « actualiser » cet ouvrage aux contingences de notre époque. Les injustices dénoncées par Thomas More sont à la fois, encore plus flagrantes, mais de manière beaucoup plus subtile (il n’est qu’à noter les conditionnements qui fonctionnent si bien avec la publicité).

Alors que ce texte était déjà bien avancé, je viens d’avoir la grande surprise de découvrir qu’un auteur ose le défi d’actualiser L’Utopie. C’est par le plus grand des hasards que j’ai assisté lors de l’émission « C’est à vous » diffusée sur la 5, à la présentation d’Utopia XXI par son auteur, Aymeric Caron. Je ne connais pas ce chroniqueur (qui, semble avoir un passé de polémiste), mais j’ai été suffisamment intéressé pour acheter le livre. C’est un pavé de 500 pages que j'ai dévoré et dont je partage en grande partie les analyses et les préconisations. Et je ne résiste pas au plaisir de vous en livrer certaines :

  • Plus aucun élu ne sera un professionnel de la politique
  • La semaine de 15 heures pour tous sera instaurée
  • Un revenu minimal et un salaire maximal seront instaurés
  • Le quotient de bonheur remplacera la croissance et le PIB
  • La propriété privée sera restreinte
  • La spéculation sera interdite
  • Un gouvernement mondial sera mis en place
  • La société sera encadrée par un minimum de lois

Quelques extraits

« Chercher le bonheur sans violer les lois, est sagesse ; travailler au bien général, est religion ; fouler aux pieds la félicité d’autrui en courant après la sienne, est une action injuste. » (page 148)

« Les lois sont en très petit nombre, et suffisent néanmoins aux institutions. Ce que les Utopiens désapprouvent surtout chez les autres peuples, c’est la quantité infinie de volumes, de lois et de commentaires, qui ne suffisent pas encore à l’ordre public. Ils regardent comme une injustice suprême d’enchaîner les hommes par des lois trop nombreuses, pour qu’ils aient le temps de les lire toutes, ou bien trop obscures, pour qu’ils puissent les comprendre. » (page 166-167)

« Quoique les Utopiens ne professent pas la même religion, cependant tous les cultes de ce pays, dans leur multiple variété, convergent par des routes diverses à un même but, qui est l’adoration de la nature divine. » (page 192)

« Partout ailleurs, ceux qui parlent d’intérêt général ne songent qu’à leur propre intérêt personnel ; tandis que là où l’on ne possède rien en propre, tout le monde s’occupe sérieusement de la chose publique, parce que le bien particulier se confond réellement avec le bien général. » (page 196)

« En Utopie, l’avarice est impossible, puisque l’argent n’y est d’aucun usage ; et, partant, quelle abondante source de chagrin n’a-t-elle pas tarie ? quelle large moisson de crimes arrachées jusqu’à la racine ? (…) Tous ces crimes dont la société se venge par des supplices permanents, sans pouvoir les prévenir, seraient anéantis le jour où l’argent aurait disparu ? (…) La pauvreté, qui seule paraît avoir besoin d’argent, la pauvreté diminuerait à l’instant, si la monnaie était complètement abolie. » (page 198-199)

Publié dans 10-Coups de coeur culturels, Littérature
Joel Caillerie

Forum « Voix de femmes » à Aix-les-Bains

date_range 13 décembre 2017
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J'ai participé lors du week-end du 11 novembre au Forum organisé par l'association « A Ciel Ouvert » (anciennement "Terre du Ciel) sur le thème : « Voix de femmes » et qui se déroulait à Aix-les-Bains. J’en reviens nourri et heureux autant par les conférences que par la dimension collective de cette démarche en la partageant avec trois autres personnes, dont une bertaisienne et ma belle-fille Bérengère... En tout cas, je ne regrette nullement la débauche d’énergie que j’ai consacré à la mise sur pied de ce long déplacement.

***

C'est donc la 2ème fois que j’assiste à un tel Forum qui rassemble une multitude d'intervenants venant de tous horizon religieux et spirituels. En voici pour moi les temps forts.

Frédérique Lemarchand m’avait déjà subjugué à la lecture de l’article paru dans le dernier numéro de la revue « Sources » (lire ICI), eh bien sa rencontre en « chair et en os » a été étonnante. Comme si un ange passait, à la fragilité et au souffle si court, à tel point qu’on se demande parfois si elle ne va pas expirer d’un moment à l’autre. Mais qu’importe depuis sa naissance, Frédérique sait qu’elle vit en sursis permanent du fait d’une maladie grave, et comme elle le dit : « Que je vive ou que je meure, je me sens éternellement vivante ». Le lendemain matin, je l’ai revu à son arrivée et lors de notre bref échange, elle m’a dit cette phrase étonnante : « Je vous ai vu prier hier soir ». Oui, durant 1h30, j’ai eu l’impression de vivre un intense moment de communion et de prière.

***

La vie est cocasse, le matin il est prévu une pratique spirituelle à 7h30. Il avait fallu que je me dépêche pour arriver à l’heure. J’avais prévu d’assister à une méditation conduite par Alain Chevillat. Quelle ne fut pas ma surprise de voir arriver - avec un quart d’heure de retard (je pestais : et dire que j’avais couru…) - Geneviève Khemtémourian ! En fait, je me suis tout simplement trompé de salle. Me voici donc parti pour une heure de danse sacrée. Aussitôt, j’en prends mon parti et alors j’ai vécu un moment d’émerveillement, emporté par ces danses vécus en cercle et empreintes de beaucoup de grâce, de douceur et « dirigés » par Geneviève avec une grande bienveillance. C’est dire que ça m’a plu, puisque j’y suis retourné le lendemain matin...

***

C’est peu dire que j’ai apprécié les deux temps vécus avec Marie-Noëlle Besançon. Cette femme, médecin-psychiatre, a créé avec son mari un lieu en milieu ouvert, joliment intitulé « Les invités au festin ». Elle porte un regard totalement novateur sur l’approche de la maladie mentale, où les patients portent le beau nom de « participants », car ils sont associés pleinement à la démarche de soins et de vie en collectivité de cette petite structure. Le couple Besançon est à l’origine de la psychiatrie citoyenne qui fait le contraire de ce qui se passe dans les H.P. et dont les valeurs sont dans l’ordre : la fraternité, la liberté, l’égalité et la solidarité. J’ai particulièrement été étonné d’apprendre que la France a beaucoup de retard sur l’approche de la psychiatrie, qui repose encore trop sur les hôpitaux psychiatriques, alors qu’un peu partout en Europe, ils ont disparu ou sont en passe de l’être.

« Pour une psy, vivre au milieu des malades, vous imaginez ! »

« L’amour plus fort que la mort ; danse invincible du vivant. »

« Comment vivre et soigner dans un lieu de mort [les H.P.], car c’est un lieu qui rend toujours plus malade. »

***

Comme lors du précédent Forum que j’ai vécu, j’ai vraiment apprécié l’intervention de Pierre-Yves Albrecht. Non seulement parce qu’il est brillant, plein d’humour et doté d’un langage truculent qu’il a développé en tant qu’éducateur auprès des toxicos et paumés de toutes sortes. Son « dada » c’est la voie initiatique. Il part du constat que la disparition des rites de passage dans nos sociétés explique en bonne partie le mal-être de trop nombreux jeunes et adultes. Il cherche donc à réhabiliter des rites initiatiques reposant sur 3 niveaux pour restaurer le paysan (séjour en forêt), le guerrier (séjour dans une grotte) et le sage (par un séjour dans le désert). Et avec lui, une conférence ça n’est jamais triste…

« Pour qu’il y ait intensification de l’existence, ça passe par un sacrifice, ça passe par une initiation. »

« Il faut passer par l’éclaircissage, puis par la décantation, on ne peut rien faire sur un tas de merde… »

« Le but de l’amour, c’est de se retrouver au-delà de l’émotionnel. »

« Si l’amour vise le bien-être de l’autre, la décharge érotique est sublime. »

***

Nous avons bénéficié de nombreux moments de musiques vivantes, et cela donnait une pause salutaire à ce Forum, où la parole nous entraînait parfois dans une surchauffe intellectuelle… Une nouvelle fois, j’ai adoré le couple Naren et Sarada qui offre des chants dévotionnels d’une grande profondeur et de pure beauté. Je suis fasciné par la voix puissante et pourtant si douce et envoutante de Sarada. Sur le chemin du retour, à plusieurs reprises nous avons écouté le « tube » de ce groupe « Face to Face », tiré d’un poème de Tagore (voir vidéo https://www.youtube.com/watch?v=lJCbnAuQxpA à partir de 14’40 mais où se trouve au début un très bel « Ave Maria » irlandais) et dans la voiture résonnait des : « Hara, hara, hara, Shiva, Shiva, Shiva, Mara, Mara, Mara, Deva, Deva, Deva ».

***

La surprise de ce Forum – en tout cas pour moi - est venue de Georgina Dufoix. Que l’ancienne ministre et femme politique puisse dire d’emblée : « Malgré ma réussite, j’étais ‘’vide’’ intérieurement » m’a touché. Autre chose a suscité mon intérêt, sa reconnaissance envers Arnaud et Denise Desjardins, avec lesquels elle a « travaillé ». Certes, j’avais bien entendu Arnaud dire - à Hauteville en salle Ramdas - qu’il connaissait Georgina Dufoix et qu’il ne trouvait rien à redire à sa si célèbre phrase qui a fait tant couler d’encre : « Responsable mais pas coupable ».

Sa vie a changé depuis ce jour du 8 août 1988 ou elle a eu la conviction de la présence du Christ dans son bureau. Mais là n’est pas encore l’essentiel. Elle a depuis développé une spécificité tournant autour de la puissance de la gratitude : « Comment vivre sous le parapluie de la grâce ? En se mettant dans un état de gratitude, jusqu’à être reconnaissante de ce qui arrive, même du pire. Et c’est tellement bon ! » J’ai vraiment été bluffé par cette grande dame qui garde encore des accents d’autorité de son ancien passé mais qui, le plus souvent, se montre si empathique, si vulnérable, si bienveillante, vivant pleinement et incarnant le message qu’elle cherche à transmettre.

« Le critère pour la Présence c’est la paix, la joie et l’amour tranquilles. »

« Être reconnaissant pour ce qu’on peut ressentir, même si c’est médiocre. »

« J’ai remplacé le mot ‘’Pourquoi’’ par le mot ‘’Merci’’. »

« Le chemin de la gratitude ne cherche pas à décortiquer. Il faut passer par le ‘’Oui’’ pour pouvoir dire ‘’Merci’’. »

***

En clôture de ce Forum, nous avons vécu un moment de pur bonheur grâce à Sabine Michelin-Pigeon que beaucoup connaissent à la Bertais, par le biais de ses stages de clown. Elle nous a joué une Carmen désopilante en reprenant certaines paroles et reproduit des attitudes d’intervenants. Qu’est-ce que nous avons ri en la voyant imiter le prêtre orthodoxe, Père Martin, dont les envolées lyriques l’ont inspiré ou encore se moquer gentiment de Bertrand Vergely qui s’est présenté comme étant « l’ami des femmes » ; en ces heures de grand « déballage » médiatique, c’était vraiment bien vu.

***

Durant ces trois jours, c’est donc une belle expérience que j’ai vécu et dont le « bonus » fut sans conteste le fait d’avoir partagé ce Forum « Voix de femmes » en le vivant en si grande proximité avec mes trois accompagnatrices Hélène, Charlotte et Bérengère. Si je n’ai pas développé encore un peu plus ma part féminine avec tout ça, c’est à n’y rien comprendre…

Merci à elles trois et merci à toutes ces belles femmes qui ont enchanté ce WE, à commencer par celle qui était tout particulièrement honorée à l’occasion du 10ème anniversaire de son « départ » : Christiane Singer. Quelle présence et quelle fulgurance dans ces propos :

« Il faut sortir de ses cachettes poussiéreuses, la vie c’est de risquer. »

« J’ai reçu le don de tout magnifier ! »

« Tout est vie, que je vive ou que je meure. »

***

Voici encore pour finir quelques paroles marquantes d’autres intervenants de ce Forum que j’ai relevé sur mon carnet :

« Je suis l’ami des femmes. Je défends le féminin en philosophie (…) qui est incroyablement refoulé. » (Bertrand Vergely)

« La 1ère vie, c’est la vie avec la raison, la 2ème c’est la vie avec la Présence. » (Bertrand Vergely)

« L’essence de l’existence, c’est l’interpénétration du féminin et du masculin. » (Bertrand Vergely)

« Quel regard porte sur moi mon père ? Quel regard du père sur la mère ? Quelle relation entre le père et la mère ? » (Véronique Desjardins)

« Est-ce qu’une femme peut être guidée par un homme ? Y a-t-il une manière féminine de cheminer ? » (Véronique Desjardins)

« Ne pas être victime et retrouver son pouvoir personnel » (Sophie Rabhi)

« Aimer et servir, c’est la voie de la femme. » (Anne Ducrocq)

« On doit d’abord aimer pour rencontrer l’autre. » (Audrey Fella)

« Quelle est notre partie manquante ? C’est l’âme du monde qui cherche à nous traverser. » (Brigitte Sénéca)

« La vie commence dans un pétillement de chaque instant pour faire chanter notre âme. » (Brigitte Sénéca)

« L’âme, c’est un agent de liaison : elle descend dans les profondeurs pour tenter d’en extraire des pépites et l’âme les remonte pour les faire rencontrer l’esprit, et ça recommence indéfiniment. » (Brigitte Sénéca)

« L’homme est programmé pour être lui-même. » (Frère Jean)

***

J'ai tellement apprécié ce Forum sous sa démarche de groupe que, lorsque j'ai senti que je souhaitais vivre un temps de retraite dans le désert, l'idée m'est venue de proposer ce séjour à un petit groupe de personnes amies, dans l'esprit des séjours mis en place par notre association RACINES vécus le premier dans le Marais Poitevin en août 2015, le second en Ardèche en juin 2016.

Je propose donc un séjour dans le désert sud-marocain du 1er au 8 février, si cela tente quelques bertaisiens, vous pouvez découvrir toutes les infos => Proposition désert - février 2018.

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Joel Caillerie

En relisant Arnaud (1) : « Pour une mort sans peur »

date_range 25 novembre 2017
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Avec cette série d’articles promis dans mon introduction, j’aborde donc le dernier livre d’Arnaud que je viens de relire et que j’annonçais comme une admirable synthèse de l’enseignement pour une véritable progression sur le chemin.

C’est dire à quel point il m’a touché, remué, brassé même et ainsi permis de m’ouvrir à une compréhension plus large de la Voie de la Connaissance. Il est clair que « Pour une mort sans peur » dépasse largement son simple titre ; ce thème de la mort est spécifiquement abordé dans le chapitre 3.

Nouvelle approche de la souffrance, de la peur et de la mort

D’emblée, le ton est donné avec cette causerie qui est un grand « classique » à la Bertais et qui s’intitule « La seule issue ». J’étais vraiment heureux de la retrouver dans ce livre, l’ayant réentendue avec profit lors d’un séjour en début d’année…

Arnaud nous donne une clé, certainement « LA » clé majeure pour amorcer une vraie transformation de nos vies : « Il est possible de dissocier le fait douloureux et la souffrance elle-même. Là, et là seulement se trouve la réponse. »

Dorénavant, cette parole - que l’on retrouve un peu plus loin - ne me choque plus et ne m’est plus insupportable à entendre : « Vite, vite, une souffrance, pour que ma progression aille vite, pour que je puisse mettre en pratique. (...) Pour le plus vite possible, découvrir le Secret, le Secret de la Conscience, le Secret de l'Être, le Secret de la Réalité, le Secret de la Vie. »

Après la transmission de ce grand secret, Arnaud nous invite à aborder les choses avec un angle d’attaque bien précis : « Vous ne pouvez avoir l'expérience réelle du bonheur que quand la peur a disparu. » Vaste sujet où, j’ai découvert combien la peur est insidieuse dans la mesure où elle est – avant tout - un conflit à l’intérieur de nous-mêmes. Ce qui donne cette parole forte d’Arnaud : « Osez-vous souvenir de cet enseignement révolutionnaire : (…) la peur est une attraction négative. »

Avec le chapitre 3, c’est donc le thème de la mort qui est abordé et justifié d’une phrase percutante : « Il n'y a de spiritualité digne de ce nom que si la mort est totalement acceptée. » Et Arnaud va même beaucoup plus loin en affirmant : « La mort n'est ni un échec ni un scandale. C'est le moment le plus important de la vie. » Et pour se justifier, Arnaud nous rappelle ceci : « Ce n'est pas de mourir qui est terrible, c'est le fait de cesser de vivre quand on porte en soi tant de désirs inaccomplis, de craintes non rassurées, tant de frustrations et de vasanas. »

Notre véritable nature

Après cette entrée en matière très convaincante, c’est un autre versant qui est abordé avec les quatre chapitres suivants intitulés : « Advaïta », « Le réel et l’irréel », « Psychologie et Métapsychologie » et « Du limité à l’illimité ». Celui de notre réalité humaine profonde.

« Le sens d'une vie humaine, c'est cet éveil, cette re-découverte de votre véritable nature » nous dit Arnaud. Oui, d’accord, mais quelle est-elle ? Elle passe d’abord par la reconnaissance d’une dualité en nous et de ce triple constat : « Combien c'est douloureux de vivre dans son monde, deuxièmement combien c'est mensonger, erroné, et troisièmement qu'il est possible de cesser d'y demeurer emprisonné. »

Pour illustrer la réalité, Arnaud s’appuie énormément sur une image très parlante pour lui, l’ancien réalisateur de la télévision, celle de l’écran et du film. Tandis que le film change en permanence au fil des images, l’écran, lui, demeure immuable et non-affecté par la projection des images. En reconnaissant l'immuabilité de l’écran, Arnaud nous assure que : « Le but, le point d'arrivée, est déjà là. Si vous le croyez, si vous en êtes convaincus, vous tenterez cette démarche. »

Et cette démarche s’appuie sur une bonne connaissance de qui nous sommes et aussi sur la tradition : « Revenez à la triade traditionnelle, le corps, l'âme et l'esprit. C'est abusivement simplifier que de distinguer simplement un corps mortel et une âme immortelle. » Pour cela, il faut se méfier de ne pas tomber dans le piège de l’identification. Car, comme nous le rappelle Arnaud : « Je suis une Conscience Témoin, que rien ne peut atteindre, que rien ne peut affecter, libre. »

Autre piège qu’il faut déjouer tout au long d’une sadhana bien menée, c’est celui de la séparation : « La grande illusion, c'est celle de la séparation », insiste Arnaud. Cela passe par une prise de conscience de notre étroitesse, de notre petitesse : « Il faut que (…) vous commenciez à souffrir réellement d'être si mesquin, étroit, rabougri. Devenez plus vaste jusqu'à la vastitude complète qui sera la réalisation du Soi. » 

Un chemin vers la Libération

Avec les trois derniers chapitres « La danse de Shiva », « L’enseignement ultime » et « Un chemin concret », c’est un autre versant que nous abordons, celui de la perspective d’un aboutissement pour un travail mené intensément et qui débouche sur la Libération, la grande affaire d’une vie.

Arnaud décortique bien ce qui différencie les approches orientales et occidentales où, dans cette dernière, le Dieu Créateur reste extérieur à sa création. Or, pour les spiritualités orientales : « Dieu créateur disparaît en même temps que sa Création. Si Dieu cesse de créer, le Dieu créateur disparaît. » De même pour le Témoin qui va bien au-delà de cet observateur recommandé pour se distancier de l’ego : « Si vous n'êtes plus conscient que du Témoin, le spectacle s'efface, donc le spectateur s'efface aussi. Seule demeure la Pure Conscience. ». Alors « La Vie, la shakti, l'énergie divine s'exprime à travers vous. (…) L'illusion de l'ego, ahamkar, consiste à oublier que c'est Shiva qui danse en vous et à croire que c'est vous qui dansez. »

Comment faire comprendre ce qu’est la But de ce chemin, c’est l’interrogation d’Arnaud : « Comment essayer de faire pressentir un plan de conscience dépassant l'expérience ordinaire à des êtres qui n'ont pas dépassé cette expérience ? (…) Un Eveil qui, lui, transcendera votre plan de conscience, et c'est cet éveil qui a été appelé très justement : Libération. ». L’occasion pour Arnaud de dire que le cœur de son enseignement spirituel : « C'est la Réalisation. Et seule cette Réalisation vous comblera. (…) Ce à quoi nous aspirons, c'est l'au-delà de tout, l'Absolu. »

Aussi Arnaud termine cette vaste vision panoramique par la proposition d’un chemin concret pour aller au plus près de : « La Libération de tout vous-même. » Pour progresser, il s’agit d’abord de faire grandir une vigilance de chaque instant : « Vous avez un point d'appui pour la vigilance, c'est cette petite émotion, cette petite réaction égocentrique : "ça y est, je viens d'être touché ; ça m'a fait quelque chose." » Et pour être libre vraiment de « son » monde, il convient de s’appuyer sur une véritable connaissance de soi. Car, comme le dit Arnaud : « Vous êtes prisonnier par manque de connaissance de vous-même, de vos mécanismes et de vos fonctionnements. (…) Et on ne peut pas connaître ce qu'on n'a pas étudié. » Et cette connaissance débouche sur la non-dépendance, seul véritable bien Absolu.

Oui en écrivant « Pour une mort sans peur » Arnaud nous livre une approche vraiment globale et complète de son enseignement qui en brosse tous les grands aspects. C’est une véritable boîte à outils précieuse pour tous les apprentis-disciples que nous sommes. Et cette injonction résonne agréablement à mes oreilles : « Si vous arrivez à comprendre et à voir que la Réponse absolue, la Réalisation et la Liberté suprême, c'est uniquement votre affaire, alors il y a vraiment une espérance. » 

Quelques citations

« Il est possible que la souffrance cesse d’être douloureuse et possible que le bonheur soit vraiment heureux. » (page 32)

« Nous avons peur de ce par quoi nous sommes attirés. » (page 37)

« Découvrir peu à peu ce qui est au-delà de ce que nous nommons nous, à tort, la vie et la mort mais qui en vérité est la naissance et la mort, la mort et la naissance, la vie étant le jeu indéfini des morts et des naissances. » (page 80)

« L'existence, minute après minute, consiste à tenter de faire disparaître la dualité et de revenir à la non-dualité. » (page 107)

« Si vous supprimez l'irréel, le Réel subsiste. Tandis que, si vous supprimez le Réel, non seulement le Réel disparaît, mais l'irréel aussi. » (page 122)

« Vous vous laissez prendre complètement par le film de vos existences et vous oubliez l'Essentiel. C'est le "crime contre le Soi". » (page 129)

« Le péché originel, c'est l'oubli, l'ignorance de cet autre niveau et l'immersion complète dans le domaine psychologique, l'identification » (page 133)

« Vous êtes appelés à cela, à passer de la mesquinerie et de l'étroitesse de votre conscience à l'immensité et à la vastitude de la Conscience. » (page 176)

« Votre vraie réalité c'est cet immuable, absolument pur et dépouillé de tout attribut, de toute qualification. Et c'est cet immuable ou ce non-manifesté qui est appelé atman. » (page 191)

« Ce qui est vu, le fait de voir et celui qui voit sont en vérité Un. (…) La Réalité, au sens oriental du mot Réalité, est véritablement une. » (page 217)

« "C'est". A partir de là, une réponse peut être donnée, d'instant en instant. Si cette non-dépendance s'est établie, il n'y a plus de crainte pour l'avenir. » (page 245)

Publié dans 04-Enseignement d'Hauteville, Arnaud
Joel Caillerie

En relisant Arnaud… introduction

date_range 2 novembre 2017
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Livres ArnaudIl m'est venu une idée bien singulière en tout début d'année 2016 : celle de relire tous les livres d'Arnaud, sagement disposés dans ma bibliothèque !

J’ai commencé « léger » en abordant « Bienvenue sur la Voie » et « Lettre à une jeune disciple ». Ces deux livres me paraissaient une bonne introduction à l’enseignement d’Arnaud.

Puis, comme en juillet 2016, j’ai choisi de participer au stage d’été, j’ai lu l’ouvrage recommandé par Yann et Anne-Marie, à savoir : « Le Vedanta et l’inconscient ». Pourtant commencé en avril, il était loin d’être terminé au moment de vivre le stage, puisque j’ai dû le finir en fin d’année seulement.

Quand je pense qu’au départ, je me donnais comme délai de relire tous les livres d'Arnaud en une année… Une gageure, d’autant plus que, très vite, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas lire n’importe comment ces livres. Ce temps de lecture très consciente se déroule juste après la méditation du matin. Je lis environ une dizaine de pages, pas plus. Pages que j’annote avec un, deux ou trois coups de crayon (selon le degré d’importance que je leur accorde).

Une fois qu’un chapitre est terminé, je reporte les différents passages annotés, dans un fichier tableur avec indication de mots-clés pour mieux les retrouver, et avec aussi l’intention d’en faire une base de données pour une utilisation que, pour l’instant, je ne cerne pas encore vraiment. Sur ce fichier, les deux coups de crayon sont transposés en « gras », trois coups de crayons en « gras + rouge ». Comme les extraits sont souvent assez longs, j’envisage même de les reprendre pour leur donner un titre.

Cette approche, qui peut certes apparaître assez méthodique et scolaire (mais disons-le : de niveau universitaire quand même…) ne me semble pas en tout cas anodine dans la manière dont je vis et pratique cet enseignement de « La Voie de la Connaissance ».

D’une part, ma motivation s’en est trouvée grandement renforcée, et je me souviens notamment l’avoir dit lors du stage de l’été 2016 combien cela me permettait de retrouver la « grâce » d’un débutant.

D’autre part, ces livres que j’ai lus – pour la plupart – au moment de ma découverte d’Arnaud Desjardins en 2004, je les redécouvre d’une toute autre façon. Sans doute parce qu’un petit bout de chemin a été fait, bien des passages me semblent plus parlants et me donnent des clés précieuses venant éclairer la compréhension de cette démarche spirituelle. En tout cas, ce « travail » me paraît très profitable. Ce qui m’incite à vous le partager en toute simplicité…

C’est pourquoi, je compte vous partager le « fruit » de ces lectures dans d’autres articles de ce blog. Puisque je viens d’achever « Pour une mort sans peur », c’est donc avec ce livre que je vais commencer cette série intitulée « En relisant Arnaud » (qui fait écho à son propre livre « En relisant les Évangiles). Je tenterai de vous convaincre que « Pour une mort sans peur » est une admirable synthèse de la progression sur le Chemin.

Publié dans 04-Enseignement d'Hauteville, Arnaud
Joel Caillerie

« Comment pouvons-nous les renvoyer à la mort ? »

date_range 23 octobre 2017
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Nous sommes régulièrement informés des questions migratoires, mais malheureusement trop souvent, les médias comme les politiques, nous les présentent comme une invasion : des hordes de barbares venant semer le désordre et déstabiliser nos sociétés d'opulence.

Le célèbre écrivain Jean-Marie Gustave Le Cléziot, prix Nobel de littérature en 2008, et grand humaniste, a partagé un vibrant plaidoyer à ce sujet sur les antennes de France-Inter cette semaine.

Voici donc le texte en intégral et la vidéo qui va avec.

"La vérité, c'est que chaque drame de la migration en provenance des pays pauvres pose la question qui s'est posée jadis aux habitants de Roquebillière, lorsqu'ils ont offert l'asile à ma mère et à ses enfants : la question de la responsabilité.

Dans le monde contemporain, l'histoire ne répartit plus les populations entre factions guerrières. Elle met d'un côté ceux qui, par le hasard de leur situation géographique, par leur puissance économique acquise au long des siècles, par leur expériences, connaissent les bienfaits de la paix et de la prospérité. Et de l'autre, les peuples qui sont en manque de tout, mais surtout de démocratie.

La responsabilité, ce n'est pas une vague notion philosophique, c'est une réalité.

Car les situations que fuient ces déshérités, ce sont les nations riches qui les ont créées. Par la conquête violente des colonies, puis après l'indépendance, en soutenant les tyrannies, et enfin aux temps contemporains, en fomentant des guerres à outrances dans lesquelles la vie des uns ne vaut rien, quand la vie des autres est un précieux trésor.

Bombardements, frappes ciblées depuis le ciel, blocus économiques, tous les moyens ont été mis en oeuvre par les nations puissantes pour vaincre les ennemis qu'elles ont identifiées. Et qu'importe s'il y a des victimes collatérales, des erreurs de tirs, qu'importe si les frontières ont été tracées à coups de sabre par la colonisation sans tenir compte des réalités humaines.

La migration n'est pas, pour ceux qui l'entreprennent, une croisière en quête d'exotisme, ni même le leurre d'une vie de luxe dans nos banlieues de Paris ou de Californie. C'est une fuite de gens apeurés, harassés, en danger de mort dans leur propre pays.

Pouvons-nous les ignorer, détourner notre regard ?

Accepter qu'ils soient refoulés comme indésirables, comme si le malheur était un crime et la pauvreté une maladie ?

On entend souvent dire que ces situations sont inextricables, inévitables ; que nous, les nantis, ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. Qu'il faut bien des frontières pour nous protéger, que nous sommes sous la menace d'une invasion, comme s'il s'agissait de hordes barbares montant à l’assaut de nos quartiers, de nos coffre-forts, de nos vierges.

Quand bien même nous ne garderions que l'argument sécuritaire, n'est-il pas évident que nos murs, nos barbelés, nos miradors sont des protections illusoires ?

Si nous ne pouvons accueillir celles et ceux qui en ont besoin, si nous ne pouvons accéder à leur demande par charité ou par humanisme, ne pouvons-nous au moins le faire par raison, comme le dit la grande Aïcha Ech Chenna qui vient en aide aux enfants abandonnés du Maroc : "Donnez, car si vous ne le faites pas, un jour ces enfants viendront vous demander des comptes".

L'histoire récente du monde nous met devant deux principes contradictoires mais non pas irréconciliables.

D'une part, l'espoir que nous avons de créer un jour un lieu commun à toute l’humanité. Un lieu où régnerait une constitution universelle et souvenons-nous que la première constitution affirmant l'égalité de tous les humains, fut écrite non pas en Grèce, ni dans la France des Lumières, mais en Afrique dans le Royaume du Mali d'avant la conquête.

Et d'autre part, la consolidation des barrières préventives contre guerres, épidémies et révolutions.

Entre ces deux extrêmes, la condition de migrants nous rappelle à une modestie plus réaliste. Elle nous remet en mémoire l'histoire déjà ancienne des conflits inégaux entre pays riche et pays sous équipé. C'est le maréchal Mobutu qui, s'adressant aux Etats-Unis proposa une vraie échelle de valeur établie non pas sur le critère de la puissance économique ou militaire d'un pays mais sur sa capacité au partage des richesses et des services afin que soit banni le mot de "sous-développement" et qu'il soit remplacé par celui de "sous-équipement".

Nous nous sommes habitués progressivement, depuis les guerres d'indépendances, à ce que des centaines de milliers d'être humains, en Afrique, au Proche Orient, en Amérique latine, naissent, vivent et meurent dans des villes de toiles et de tôles, en marge des pays prospères. Aujourd’hui avec l’aggravation de ces conflits, et la sous-alimentation dans les pays déshérités, on découvre que ces gens ne peuvent plus être confinés. Qu'il traversent forêts, déserts et mers pour tenter d'échapper à leur fatalité.

Ils frappent à notre porte, ils demandent à être reçus.

Comment pouvons-nous les renvoyer à la mort ?

Dans son beau livre, le docteur Pietro Bartolo cite cette phrase de Martin Luther King, qui n'a jamais sonné aussi vraie : "Nous avons appris à voler comme des oiseaux et à nager comme des poissons, mais nous n'avons pas appris l'art tout simple de vivre ensemble comme des frères"

Voici le lien sur le site de France Inter pour retrouver la vidéo.

Il n'y a rien à ajouter à ces propos, tout est dit et si bien dit. Merci Monsieur Le Cléziot !

Publié dans 11-Regards sur le monde
Joel Caillerie

« Ultreïa ! » – plus haut, plus loin, sur les chemins de la Sagesse

date_range 3 juillet 2017
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Voici longtemps que je souhaite partager avec vous mon enthousiasme pour cette revue qui me nourrit grandement intérieurement.

Ce magazine-livre de 220 pages existe déjà depuis près de 3 ans et sa parution trimestrielle est toujours un moment que j'attends - avec impatience certes - mais en veillant à l'accueillir de la meilleure des façons : d'abord en l'achetant en librairie pour le plaisir de faire une démarche consciente, ensuite en le feuilletant intégralement, histoire de m'imprégner de son contenu, avant de commencer la lecture de la trentaine d'articles et rubriques qu'il contient à un rythme d'un texte maximum chaque fois. Ce qui fait que je mets souvent tout le trimestre pour lire l'intégralité de la revue !

Tout un rituel pour une revue pas tout à fait comme les autres et qui se mérite (y compris au niveau du prix à débourser, mais on en a largement pour son argent...)

 

Alors en quoi donc cette revue se distingue-t-elle d'autres parutions (je pense en particulier à "Sources" que beaucoup connaissent) ?

Comme le dit Bernard Chevilliat, son initiateur, "Ultreïa" se propose de mettre au service de l'aventure spirituelle et du dépassement métaphysique "le cheminement intérieur, la quête du grand dehors, l'ouverture aux autres mondes et l'approfondissement".

Ce qui est essentiellement proposé au fil de ses numéros :

  • soit des itinéraires de chercheurs de vérité et de pèlerins de l'absolu ;
  • soit des reportages réalisés par des photographes et/ou écrivains-voyageurs à la découverte de traditions et pratiques souvent étonnantes ;
  • enfin une douzaine de chroniqueurs, venant d'horizons spirituels ou philosophiques très larges (Fabrice Midal, Bertrand Vergely, Christiane Rancé, Eric Geoffroy, etc.) nous proposent leur éclairage sur des questions souvent délicates.

Cela donne une lecture dense (avec des articles de 8 à 10 pages), où une attention toute particulière est donnée à la mise en page, l'iconographie. Tout respire le beau, le sacré au travers la forme de cette revue, que je vous invite à découvrir : le prochain numéro (la couverture figure ci-dessus) sortira dans toutes les bonnes librairies d'ici la mi-juillet.

En attendant, je vous propose de découvrir le projet éditorial de cette revue pas tout à fait comme les autres, au travers d'une vidéo que ses promoteurs :

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements, 09-Voyage voyage..., 10-Coups de coeur culturels, 11-Regards sur le monde
Joel Caillerie

Une candidate rennaise à la présidentielle ?

date_range 4 février 2017
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La campagne présidentielle en France bat son plein depuis quelques mois et nous a déjà réservé bien des surprises, ce qui peut la rendre plus intéressante, plus imprévisible. A moins de 3 mois du 1er tour de l'élection, l'issue semble hautement incertaine. Tous les scenarii sont envisageables et des surprises de taille sont possibles. D'autant plus, qu'à l'heure où j'écris ces lignes, il est probable que le candidat qui faisait figure de favori soit dans l'obligation de se retirer, empêtré dans une sombre histoire d'emploi fictif.

Le saviez-vous : une rennaise s'est elle aussi lancée dans l'aventure. Sa candidature est d'autant plus intéressante qu'elle s'inscrit dans un processus original, dénommé "laprimaire.org". J'ai participé à cette démarche citoyenne et j'ai trouvé particulièrement intéressant, c'est qu'au lieu de voter pour un candidat, il était demandé de se positionner sur le programme de chacun des 5 candidats finalistes selon une base de notation allant de "très bien" à "insuffisant". Ce qui a donné le résultat suivant :

Le vainqueur de ce vote est donc une femme, Charlotte Marchandise, une élue "société civile" au Conseil Municipal de Rennes.

Cette femme de 42 ans se présente en proposant 4 axes :

  1. Une démocratie directe, renouvelée et éthique
  2. Une société équitable et juste, pour tous
  3. Une transition énergétique écologique économique
  4. Une politique d'humanité pour construire un monde de paix.

A présent, le plus dur reste à faire puisque pour que sa candidature soit valide, il lui faut recueillir 500 parrainages d'élus locaux. A mon avis, c'est loin d'être gagné.

Je ne cache pas que je soutiens activement la candidature de Charlotte.

Les grandes lignes de son programme me paraissent répondre aux enjeux actuels et à la mise en œuvre d'une politique en rupture avec le système néo-libéral qui prédomine actuellement.

Et puis le symbole est fort : avec cette désignation citoyenne, bien éloignée des combines partisanes auxquelles nous ont habitué les partis politiques classiques.

Pour être complet sur la question des candidatures citoyennes à cette élection présidentielle, il faut noter également la démarche d'Alexandre Jardin, dénommé sobrement "Les Citoyens". La différence, c'est que dans le cas présent, c'est l'écrivain qui a décidé de sa candidature en invitant la société civile à le rejoindre pour amplifier sa démarche.

Publié dans 11-Regards sur le monde, 12-Ecolo-citoyen
Joel Caillerie

Cheminer vers sa vraie nature, selon Jacques Castermane

date_range 28 décembre 2016
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En cette période de fêtes de fin d'année, je viens de recevoir un beau présent avec la dernière lettre du Centre Durckeim où Jacques Castermane propose un accompagnement à la pratique de la méditation.

Je vous transmets donc à vous aussi, chers amis de la Bertais, ce précieux cadeau...

Comme il est destiné en priorité à des "débutants", je me reconnais tout à fait dans cette réflexion que cet accompagnement sera d'autant plus important qu'il s'adresse à ceux qui pratiquent depuis des années pour leur permettre d'ainsi porter un regard neuf sur ce qu'ils ont déjà entendu mille fois.

 Et combien de paroles n'ai-je pas déjà entendu mille fois...

Mais là, quelques phrases m'ont profondément parlé.

En voici un florilège :

« Chaos, expression d’un mouvement vers le cosmos et manifestation d’une remise en ordre de soi-même. »

« Pratiquer ce n’est pas attaquer soi-même dans le but de changer soi-même, ça ne mène à rien. »

« La discipline, c’est aimer soi-même et non pas attaquer soi-même d’une manière disciplinaire. »

« Synonymes de contraction : souci, appréhension, peur, crainte, angoisse. Ne cherchez pas le moyen de vous en libérer, puisque ces mots sont synonymes de contraction, mais exercez la détente, pas à pas, de respiration en respiration. »

« L’obstacle majeur à l’éveil de notre vraie nature c’est la contraction (contre-action) ; contraction qui s’oppose aux actions de l’être. »

« Ne jugez pas les réactions mentales, émotionnelles, physiques. Observez à distance ces réactions :  je ne suis pas ces réactions, ce n’est pas ma vraie nature ; elles apparaissent et disparaissent. »

« Surtout ne pas attaquer soi-même et plus encore se dé-tendre. »

 

Voici donc cette méditation guidée proposée par Jacques Castermane, que je vous recommande vivement et qui ne vous laissera pas indemne.

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements
Joel Caillerie

Shantaram, un fabuleux roman

date_range 28 avril 2016
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ShantaramVous avez du temps, vous allez bientôt partir en en vacances ou vous allez effectuer un long vol en avion avec l’envie d’avoir un bon compagnon de lecture, alors je vous recommande le roman Shantaram de l’écrivain australien Grégory David Roberts que je viens d’achever.

Je suis certain - si vous aimez un tant soit peu la bonne littérature – que vous ne regretterez pas ce choix… et que, comme moi, vous serez captivé, envouté, bluffé, ému par ce pavé de près de 900 pages, palpitant de vie et qui se passe pour l’essentiel en Inde, dont l’auteur fait ressortir merveilleusement la prodigieuse complexité. Pour le confirmer, ces deux extraits :

« La vérité simple et étonnante sur l'Inde et les Indiens, c'est que votre cœur vous guide toujours plus sagement que votre tête quand vous traitez avec eux. Il n'y a pas d'autre endroit au monde où cette vérité atteigne une telle évidence. »

« Quand tu partiras pour le village de Prabaker, essaie de te détendre complètement et de profiter de l'expérience. Laisse-toi aller… tout simplement. Parfois, en Inde, il faut s'avouer vaincu avant de vaincre. »

Comme l’a fort bien dit l’écrivain Jean-Christophe Rufin :

« Les lecteurs français ont laissé passer un livre majeur, et je ne manque jamais une occasion de corriger cette injustice. Shantaram, de Gregory David Roberts, n'est pas seulement un roman monumental de près de mille pages, ce n'est pas non plus une évocation magistrale de l'Inde (il y en a d'autres), c'est un livre total qui enferme toute la condition humaine. »

Oui, c’est certainement cet aspect qui m’a le plus fasciné : ce grouillement d’humanité qui jalonne ce roman, bouscule toutes les conventions sociales et nous décrit des personnages attachants, même s’ils ne sont pas forcément recommandables... Et que ce livre soit largement inspiré par le parcours chaotique de l’auteur - criminel en cavale - renforce encore plus cette perte de repères. 

Shantaram c’est vraiment une découverte, un voyage des sens et de l'imagination plus qu’une simple lecture d'un grand roman d'aventures. Shantaram a su me parler de Bombay, cette ville que je ne connais pas, et qui est décrite comme aucun livre n'a su me parler d'aucune ville auparavant. C'est la beauté des descriptions, le tourbillon des détails chatoyants qui m'ont séduit dans ce récit extravagant, où l'on passe le plus clair de son temps à se demander si tout cela est bien une histoire vraie.

Au-delà de la découverte d'une Inde magique et chaleureuse, Shantaram plonge aussi au cœur de nos interrogations sur le monde, sur les gens, sur la religion, les spiritualités et leur cohabitation dans une Bombay cosmopolite. Il soulève des questions intemporelles sur le bien et le mal, et rappelle constamment que les bonnes intentions ne font pas les bonnes actions comme les mauvaises intentions peuvent engendrer de bonnes actions. C'est une spirale d'apprentissage où chaque étape est cruciale pour mener à la seconde, où chaque choc a sa raison, son histoire et sa propre vérité. 

Pour vous donner encore plus envie de plonger dans cet extraordinaire récit, en voici le tout début :

« Il m’a fallu du temps et presque le tour du monde pour apprendre ce que je sais de l’amour et du destin, et des choix que nous faisons, mais le cœur de tout cela m’a été révélé en un instant, alors que j’étais enchaîné à un mur et torturé. Je me suis rendu compte, d’une certaine façon, à travers les hurlements de mon esprit, qu’en dépit de ma vulnérabilité, de mes blessures et de mes chaînes, j’étais libre : libre de haïr les gens qui me torturaient, ou de leur pardonner. Ça n’a pas l’air d’être grand-chose, je sais. Mais quand la chaîne se tend et entaille la chair, quand c’est tout ce que vous avez, cette liberté est un univers entier de possibles. Et le choix que vous faites entre la haine et le pardon peut devenir l’histoire de votre vie. »

Gregoray David Roberts

Grégory David Roberts et sa femme de retour en 2008 au Leopold'Cafe de Bombay

Car j’ai retrouvé l’écho d’une véritable sadhana au travers des péripéties vécues par le narrateur. J’en veux aussi pour preuve cet autre moment où, Lin, dans le village indien où il va passer six mois, va recevoir un nouveau nom. Écoutez comment cette affaire est racontée, où je vois une résonance de «deuxième naissance» dans cette démarche initiatique :

« Comme on estimait que j'étais doté d'une nature paisible et heureuse, les femmes s'étaient mises d'accord pour le choix de mon premier prénom. C'était Shantaram, qui veut dire homme de paix, ou encore homme de la paix de Dieu.

Ils ont planté leurs poteaux dans la terre de ma vie, ces fermiers. Ils connaissaient l'endroit en moi où la rivière s'arrêtait, et ils l'ont marqué d'un nouveau nom. Shantaram Kishan Kharre. Je ne sais pas s'ils ont trouvé ce nom dans le cœur de l'homme qu'ils pensaient que j'étais ou s'ils l'ont planté là, comme un arbre de Mai, pour qu'il pousse et prospère. Quoi qu'il en soit, qu'ils aient découvert cette paix ou l'aient créée de toutes pièces, il est vrai que l'homme que je suis est né à ce moment-là, alors que je contemplais les poteaux de crue, le visage baigné par la pluie du chrême. Shantaram. L'homme meilleur que, lentement et bien plus tard, j'ai commencé à être. »

Publié dans 10-Coups de coeur culturels, Littérature
Joel Caillerie

Adieu à Jorel

date_range 6 mars 2016
visibility 95 consultations

JorelUn jeune de mon village, Jorel Prawitz, est mort accidentellement dans des circonstances qui restent à élucider.
J'avais connu Jorel l'an passé lors d'un salon "Santé au naturel" sur Laval et nous avions découvert que nous habitions le même village... Je lui avais alors parlé de notre association RACINES.
Il était venu ainsi à différentes occasions. Lors d'une rencontre autour de l'éducation biocentrique, il en avait "scotché" plus d'un par la citation qu'il avait formulée en fin de rencontre.
Il m'avait fait part de sa disponibilité pour proposer des soirées autour de la poésie, une de ses passions ; accaparé par ses études, il n'avait pas eu le temps de "peaufiner" sa proposition.

En échangeant avec sa Maman, celle-ci m'a fait deux beaux cadeaux : un très beau témoignage de mère, déchirée par la mort de son fils certes, mais reconnaissante devant tout ce qu'il lui avait donné. Je vous en livre l'essentiel :

"Jorel, parti trop tôt, bien sûr, mon enfant si cher, si aimant et tant aimé. Un être d’exception, il était déjà, dès son jeune âge adulte et sage à la fois.
Il souffrait de l'humanité dans son aspect vil, destructeur et dominateur, irrespectueux envers la nature qu'il chérissait…
Il aimait la liberté, il croyait en la puissance de l'Amour et avait beaucoup d'espoir pour l'avenir.
Il était éveilleur de conscience et semeur de graines. Très positif, il cultivait la patience. il disait toujours :"Aie confiance en la vie !"
Voilà en quelques mots, ce que je peux dire de mon fils. »

Elle m'a aussi remis deux poèmes écrit par Jorel en mars 2013. Voici celui qui s'intitule "Un rêve" :

Printemps"Ceux qui connaissent ma personne,
Savent ces pensées qui m'emprisonnent.
Me montrent les vies destructrices,
De ces humains emplis de vices.

Mon utopie : un monde de nature,
Où la paix et l'harmonie perdurent.
Toutes vies en pleines éveils,
Submergées de l'éclat du Soleil.
L'état sauvage en pleine recrudescence.
Pour moi, le réveil des sens.

Tel un vagabond dans ce monde perdu,
Je erre sans fin en attendant l'heure venue.
Ainsi va mon existence sans valeurs,
Aux yeux de ceux dont les peuples se meurent.
Se massacrant, détruisant ce qui les entoure.
Un jour, je partirai loin d'ici et sans retour.
M'enfuir et me perdre au fond de mon univers.
Seul ou à deux, l'âme à satisfaire.
Heureux, simplement en étant à découvert."

Il était jeune, il était beau et respirait la sérénité, l'authenticité ; quel dommage qu'il nous quitte si tôt alors qu'il était une telle promesse d'avenir...

Publié dans 08-Vos créations artistiques et littéraires, Vos textes et poèmes