Auteur/autrice : Georges Morant

  • Laisser couler

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    J’entends venant de loin et pourtant tout près l’écho d’un au delà qui ne cesse de se faire entendre en sourdine
    Comme un murmure lancinant, hypnotique, un parfum déchirant, nostalgique, un refrain obsédant

     Qui veut voir le jour?

    Qui se tient derrière le miroir?

    Qui me rappelle?

    Cela dont je passe la plupart de mon existence à oublier, à ne pas incarner
    Derrière ma surface existentielle se cache, tapie dans l’ombre le désir d’absolu
    Sous ma surface vivable  se tient une réserve de larmes qui ne demandent qu’à couler pour me ramener enfin à la source, voir mon véritable visage

    Voici une vraie opportunité, bénédiction, invitation forte, appel pressant à me débarasser de tout ce qui apparement me constitue pour arriver à un non endroit impossible à définir et dont pourtant tout vient

    Qu’est ce qui reste, quand je ne suis plus rien de connu?

    Qu’est ce qui passe à travers moi?

    L’inspiration dévoile l’invisible
    L’inspiré aspire à une crise décisive pour enfin changer de perspective
    Traverser pour atteindre l’autre rive
    Au bout d’une vallée infinie de larmes

    Quand je serai vidé entièrement de tout ce que je crois être

    Je suis libre, délivré

    Etreint par les bras de l’amour à jamais

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     "go with the flow" par le groupe Queens Of the Stone Age.
    (NB : n’hésitez pas à pousser le volume)

  • Révision de vacances

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    " Dès qu’il y a doute ou refus, le mental se met à l’oeuvre. Qu’est ce que le mental? On peut le définir ainsi : différent de ce qui est, quelque chose d’autre…On appelle mental le processus qui fait que l’on souhaite, non pas ce qui est, mais quelque chose d’autre, quelque chose de différent et de séparé. Le travail du mental, c’est le processus qui fait que l’on arrive à " autre chose".

    Le critère est : y a t’il oui ou non une émotion? N’importe quelle émotion, positive ou négative…un trouble intérieur quelconque? Quand vous avez vu : " C’est ainsi, c’est exactement comme cela", vous n’êtes nullement agité. C’est la seule façon de savoir si le mental est à l’oeuvre, car en fin de compte, l’émotion est le seul critère. Quand l’émotion a disparu, tout le reste a disparu. Le mental lui même a disparu. La vérité de la réalité apparaît. Ce qui est apparaît.

    Quand on ne voit pas ce qui est, on est dans le doute, la chaîne d’action réaction se met en branle.(…) Tout trouble intérieur montre qu’il y a une émotion. L’apparition de l’émotion, c’est déjà le mental. Et elle n’apparaît que lorsque vous avez vu autre chose que ce qui est. C’est cela le mental. Ce " quelque chose d’autre", qu’il crée, est attaché ou relié au moi. Et la forme de liaison la plus subtile, est l’attente…"

     Extrait du livre de Sumangal Prakash : L’expérience de l’unité

  • Just a perfect day

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    C’était dimanche, mais qu’est ce qui s’est donc passé pour que le titre de cet article s’appelle : une parfaite journée?  Et bien en fait, pas grand chose de particulier. C’était sans doute la première très belle première vraie journée d’été grâce à une météo optimale…(un ciel bleu, le passage de quelques goëlands, le chat noir qui dort sous l’arbre, une certaine immobilité, une simple jouissance d’être là dans le jardin)

    mireille_et_marie.JPGMais ce n’est pas de çà dont je voulais écrire. c’est simplement que j’ai vécu une bonne partie de cette journée comme parfaite. Essayons d’y voir plus clair. Rien de spécial, d’original. Notre fille Marie est arrivée. Nous avons déjeuné et sommes finalement restés très longtemps à bavarder tranquillement de choses et d’autres. (à faire du jardinage aussi)

    Oui, c’est çà, j’y arrive enfin à ce dont je voulais parler, écrire. Comme vous le savez, Mireille a un énorme talent de cuisinière. Et Marie, a indiscutablement hérité de ce don. Et donc, les voilà toutes les deux à parler, commenter mille et une recettes. Puis, Marie demande deux recettes à Mireille : la tarte tatin et les pommes de terre mod cozh. Mireille s’en va imprimer les recettes à l’ordinateur et revient nous les montrer (la recette de la tatin est prévue dans le blog prochainement)

    Et là, en fait, Marie s’est mise à lire à voix haute les recettes de Mireille. Et là, Marie et moi, nous nous sommes rendus mieux compte comme jamais peut être ( je parle pour moi) du très grand talent de Mireille non seulement comme cuisinière mais aussi comme un talent énorme d’écriture.

    C’est vraiment la dessus que je voulais dire des mots, écrire. Vous savez, dans un couple, au bout d’un certain temps, l’un et l’autre se connaissent si bien qu’ils finissent par ne plus se voir vraiment totalement. Et là, avec cette lecture à voix haute, j’ai pu redécouvrir les très grands talents de Mireille. Peut être qu’apparement, mes propos sont un peu justes pour pouvoir faire figure d’un article dans le blog, mais je signe et persiste Parce que je sens cela comme vraiment significatif. Lire un article comme çà, un peu à la va vite est vraiment tellement différent de ce que j’ai vécu hier après midi en écoutant Marie lire les recettes de Mireille à voix haute. Si vous voulez, en deux mots, ce fut pour moi comme une redécouverte de Mireille. Bien sûr, je sais depuis longtemps qu’elle est vraiment douée pour la cuisine, écrire et bien d’autres choses. Mais c’est comme si je le voyais à nouveau, comme si je la redécouvrais, la voyais à nouveau.

    Voilà, c’est tout et c’est beaucoup…Ensuite, nous sommes allés nous promenés et nous baigner of course.

    Et je dirais la même chose aussi au sujet de Georges : quand je lis un de ses poèmes sur l’ordi, c’est souvent vite lu, presque parcouru et je peux passer à autre chose. Et puis, quand ils sont lus à haute voix, en prenant le temps de l’écouter vraiment, on en ressent la réelle dimension.
    Et c’est pareil pour tout. Tellement de choses sont vécues sans vraiment l’être complètement, sont "parcourues " (j’aime bien ce terme, il traduit bien le degré de pseudo-vigilance qui nous anime fréquemment), sont entendues sans être vraiment écoutées, sont aperçues sans être vues.
    J’ai remarqué cela aussi en allant ensuite faire la balade (le circuit du "papillon" à St Lunaire -je vous le conseille). Il y a deux parties distinctes dans ce circuit et pouvant être dissociées : une partie campagne, avec champ de foin, une vache, des fougères (photos du haut) et une partie qui longe la mer  (la pointe du Nick) avec vues imprenables sur Dinard, St Malo, la Côte d’Emeraude. Nous étions les deux seuls à emprunter ce circuit côté champêtre ce dimanche (tout le monde était à la plage) et j’avoue que l’on a eu tendance à écourter aussi ce bout de  campagne pour nous retrouver plus rapidement sur le sentier des douaniers et les vues du large.  L’impression de "parcourir " encore cette portion sans la voir. Et pourtant, les ondulations des champs de blé, la quiétude du gros taureau, les bourdonnements d’insectes du plein après midi, les
    épilobes et les scabieuses, tout s’offrait comme autant de présence que les voiliers sur l’autre partie de la balade.  Faisant partie intégrante de cette "perfect day".
    On passe tellement à côté de la simple puissance des choses simples et tellement aussi à côté de l’autre.

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    NB : S’il tu veux bien Mireille mettre le morceau de Lou Reed " just a perfect day" à la fin de l’article. Merci.

    Je me demande ce qu’on va manger ce soir (rire gourmand)

     

  • Mr Lee à ST Malo – le concert

    Un article à deux voix (celle de Georges en noir, et celle de Mireille en bleu)

    Histoire de nous donner quand même un peu de ce à quoi s’attendre, le titre de la tournée s’appelle
    "The Still Kicking Ass Tour",
    soit "Encore un coup de pied au cul" !
    C’est pas étonnant de la part du personnage, tout comme le show dans un club réputé chaud dans la région et se trouvant dans une zone industrielle déserte.

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    P1080172.JPGNous y étions donc bien hier soir au concert de Lee and his band. Nous y avons retrouvé Marie Laure, Thérèse , Marie Françoise et son mari et  ( où Lee était logé). Une ambiance assez 70’s dans une petite salle genre club privé. Il devait y avoir une trentaine de personnes avec en plus plus du passage. La scène était minuscule et la bande à Lee était hyperserrée les uns avec les autres. Il faut dire qu’ils (elles) sont assez nombreux. Récapitulons sans oublier personne. Lee au chant, un bassiste, un batteur, une fille qui jouait du violon, un autre du saxo, une autre de l’orgue, quatre choriste endiablées, enfin je voulais écrire en leesées.J’ai oublié le flutiste.

     

     

    En fait j’ai compté 13 personnes, (pas superstitieux, le bonhomme, ça va bien avec le reste) Il y en avait deux de planquées à gauche, tant la scène était étroite pour tout ce monde. J’ai reconnu Didier de Amorin à la batterie (le spécialiste forêt de Hauteville) et son frère à la basse. Pour plus de précisions sur les noms des membres, petit tour sur ce lien

    Marie-Laure et Georges, enchantés

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    Un aperçu de la scène

    C’est un show très différent de celui auquel j’avais pu assister à Fougères il y a quelques années. Hier soir, c’était beaucoup moins rock and roll pur et dur comme j’aime parfois. C’était plus sage, plus tranquille, un groupe beaucoup plus étoffé comme mentionné ci dessus.Un show trop policé à mon goût. C’est vrai aussi que c’est la première date d’une tournée. Il faut bien que tout çà se mette en place.

    Quand je repense au concert de Fougères, j’ai des frissons dans le dos, alors qu’hier, c’était sympa et même vibrant parfois mais cela m’a quand même semblé manquer d’étincelles, de punch. Oui, oui, je sais, il ne faut pas comparer. Et bien tant pis pour mon moi de mauvais pratiquant.

    Moi aussi je garde un souvenir puissant, enivrant au "Coquelicot" de Fougères, en 1996. C’était une soirée où il y avait d’autres groupes avant et l’ambiance était surchauffée, enfumée (à l’époque..), on se bousculait, beaucoup de réactions et un groupe plus basique, plus root, rock and roll du style bikers-blues. C’était LGB, en 1996 je crois.

    Le show a commencé doucement puis quelques reprises, des classiques, un peu comme des upanisads connues quand on les connait bien sûr, comme par ex " Hey Joe" d’Hendrix, " Im your man" de Léonard Cohen, ‘ Gotta Serve somebody" de Dylan encore d’autres que j’ai oublié. Ah oui, un super final sur le "Unchain my heart"  de Joe Cocker.

    Et tu as oublié Neil Young, le fameux "Hey Hey My My", dont une des phrases répétées est "Rock and Roll can never die". J’adhère depuis toujours.
    Et c’est là que je n’ai pas assuré au niveau son. Mon petit lecteur MP3, qui a pourtant vaillamment reproduit des sons de terrains de football et ambiances familiales, n’a pas supporté semble t’il certains feedbacks, ce qui donne en direct ce petit bout de concert très "scratchy", je le concède. (et ce n’est même pas fait exprès comme savent si bien le faire des groupes comme Sonic Youth, mais c’est une autre histoire et je diverge du propos))

    rock.JPGUne ambiance bon enfant, un concert qui est allé crescendo. Que dire de plus. Quelques femmes enLeesées ont dansé. J’ai dansé un rock endiablé avec une partenaire d’un soir. Non, je vous rassure, ce n’est pas allé plus loin même si certainement en d’autres circonstances, ce genre de lieu semble tout à fait propice à des excursions plutôt hot. Mais voilà que je me mets à fantasmer.

    Bon, une soirée bien cool de deux heures qui sont très vite passées.

    Il y a eu un entracte de près de 20 mn pour permettre au groupe et à Mr Lee de souffler un peu. Nous étions à l’extérieur devant une rue vide bordée de dépôts de matériaux, et de hangars divers,à 100 lieues du feu d’artifice qui battait son plein Intra-Muros. II faisait bon.

    groupe4.JPGLe truc qui perso m’a le plus marqué, c’est le rapport entre Lee et le jeune gars( Franck Giambelluco) qui jouait de la guitare solo ( un de mes très grands fantasmes). On aurait dit que Lee le conseillait, lui apprenait à jouer. Le jeune gars joue bien mais probablement qu’il n’a pas trop d’expérience, alors Lee était là tellement avec lui à l’encourager, à lui donner l’impulsion pour qu’il se lâche. C’était tellement émouvant. Je me souviendrai toujours de çà.

    Hey Georges, si çà se trouve, tu aurais tellement aimé être à la place du jeune gars. Oui, oui, d’accord

    Personnellement, je n’avais jamais remarqué tous les tatouages de Lee. partout.
    Secundo, je trouve que sa voix grave, descendante, me rappelle de plus en plus celle de Leonard Cohen. Pas étonnant qu’il aie repris I’m your fan.
    J’ai bien aimé les choristes. A un moment, deux d’entre elles ont chanté seules, c’était bien.

    A deux reprises, sur de longs morceaux, les membres du groupe s’écartaient pour laisser la "vedette" à un autre qui jouait de son instrument (flutiste, sax, banjo) de ce fait plus en avant, pendant un moment et on a bien vu tout le monde.

    Nous sommes partis à 1h30,  toujours dans cette zone endormie. Les membres du groupe faisant les bagages pour aller "on the road again" vers Nantes, Paris puis la Belgique et l’Allemagne. Un vrai "still kicking ass" tour. Alors bon vent et pour hommage, voici un morceau un peu moins scratchy

     

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  • Swami Muktananda – Sur L’amour

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    A partir de Dimanche 13 juillet, s"ouvre une retraite d’une semaine animée par Swami Muktananda à Pontmain (53220).
    D’origine canadienne,  Il transmet l’enseignement du Vedanta en Occident, à la demande de Swami Chidananda, son maître.
    Deux membres de notre blog préféré y participeront.

    Voici un lien   vers une page qui lui est consacrée avec une interview interessante
    et ci-dessous un texte sur l’amour :

    "L’amour est notre seule raison de vivre et la seule raison d’être de la vie. Nous vivons pour l’amour et nous vivons en recherchant l’amour…Tout ce que nous faisons dans la vie est avec l’espoir de faire l’expérience de l’amour. Nous disons : " Si je ne trouve pas aujourd’hui, peut être que je le trouverai demain. Si je ne le trouve pas dans cette personne-ci, peut être le trouverais je dans cette personne-là." L’amour est essentiel pour nous tous.

    Il n’est pas surprenant que nous continuions à chercher l’amour, parce que nous sommes tous nés de l’amour. Nous venons de l’amour. Tous, nous ne sommes que des vibrations de l’amour. Nous sommes soutenus par l’amour, et à la fin nous nous fondons dans l’amour…Ce monde n’est qu’une école de l’amour. Nos relations avec notre mari ou notre femme, nos enfants et nos parents, nos amis et les gens de notre parenté constituent l’université dans laquelle nous sommes censés apprendre ce que sont l’amour et le véritable dévouement.

    Mais l’amour dont nous faisons l’expérience par d’autres personnes est juste l’ombre de l’amour du Soi intérieur. Il y a un endroit sublime, en nous, où demeure l’amour…l’amour qui vibre dans les tréfonds du coeur ne dépend de rien d’extérieur. Il n’attend rien. Il est totalement indépendant.

    L’amour du Soi est dépouillé de tout ego et inconditionnel. Il n’est pas relatif. Il est complètement libre. Il est généré par lui même et ne meurt jamais.Cette sorte d’amour ne connait aucune distinction entre haut et bas, entre homme et femme. De même que la terre reste la même quelle que soit la personne qui marche dessus, ainsi l’amour véritable reste sans changement et indépendant. L’amour pénètre votre être tout entier. L’amour est Conscience. L’amour est béatitude. Il n’existe pas en vue de quelque chose d’autre. Il est suprêmement libre. Le chemin de l’amour intérieur conduit un amant à Dieu. A mesure qu’une personne marche sur ce sentier de l’amour intérieur, non seulement, elle atteint l’amour, mais elle se fond dans un océan d’amour."

    Tiré de : "Two suns Rising " de Jonathan Star, Castle books, Edison, NJ, USA, une très belles anthologie de textes sacrés.

  • Salut Christophe

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    Vous trouvez peut être un peu curieux que ce message soit un article dans le blog et non pas une réponse directe sur le blog de Christophe. En deux mots, à la suite d’une erreur technique, mon message écrit sur le blog de Christophe s’est volatilisé suite à mon ereur…

    Faut vous dire aussi que ce que je vais réécrire maintenant, je le voyais bien aussi étendu au blog commun de la Sangha…

    Parce que, perso, ce qui m’a le plus touché dans le blog de Christophe, c’est qu’en fait, pour l’instant, tout se passe bien et même très bien. Ce que je veux dire, écrire, c’est que jusqu’à maintenant, Christophe n’a rencontré que le plus souvent, accueil, partage, solidarité, convivialité. Christophe est souvent nourri, logé, accompagné grâce aux interêts que lui portent les autres vis à vis de son projet.

    En un mot comme en mille, ce voyage initiatique (?) est très porteur et surtout, par les temps qui courent, nous réconcilie avec une vision globale du monde qui ne cesse le plus souvent au travers des médias d’être montré, démontré, dégradé, avec des constats qui font souvent la part la plus belle à l’egoisme,  à la solitude, la desespérance tranquille d’un monde qui court à sa perte.

    Et là, on voit un mec qui s’en va tout seul en Inde, au Népal, en faisant le plus souvent de l’auto-stop et tout concourt à merveille vers un but qui ne sera dévoilé que très probablement un peu plus tard.

    Alors, çà fait du bien. Parce que justement, un blog comme celui de Christophe nous met dans un autre monde, une autre perspective. Et ceci n’est pas du tout fictif, projection ou je ne sais quoi. Cette vision, cette réalité saine, optimiste,  joyeuse nous donne du baume au coeur.

    Vous savez, çà me rappelle aussi l’un des derniers films de David Lynch ("une histoire vraie") qui raconte l’histoire d’un homme âgé qui s’en va rejoindre son frère malade à l’autre bout de L’Amérique. Et il y va en tondeuse. Oui, vous avez bien lu.

    Et bien, lui ausi, tout au long de son parcours initiatique il fait de merveilleuses rencontres nourries de joie, de partage, de convivialité. Et nous voyons sur l’écran tout au long de ces deux heures que dure le film une toute autre vision de l’Amérique tellement différente de celle exposée par les médias en général, l’Amérique de Bush et de sa " clique" mafieuse.

    Vous sortez de ce film et vous vous dites merde, super, voilà une autre vision qui existe vraiment. Vous sortez de là comme du blog de Christophe, réconcilié, réchauffé, allégé, plein de baume au coeur.

    Et puis, pour ne rien vous cacher ou presque, je ne peux pas vous dire que çà ne me rappelle pas des souvenirs. Cela m’en rappelle beaucoup…

    C’était en 1975, j’avais pris la route pour ce que je croyais la Californie. J’avais traversé les Etats-Unis et stop et l’accueil tout au long de la route avait été génial, ouvert, magique…

    Finalement, j’ai atterri en juin 75 sur une île au Guatemala dans un village de pêcheurs de la mer des Caraibes. Et, à vrai dire, écrire, ce voyage a changé, bouleversé ma vie. Sans lui, je ne serai  sans doute pas là à vous mettre un article pour notre Sangha préférée.

    Alors, Salut Christophe, merci, très bonne route. Je te souhaite ce qui t’attend…

    Je t’embrasse fort ainsi que toute la Sangha.

    Bonnes vacances. Restons groupés.

     

  • Vertige d’une depression avantageuse

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    Qui tombe,  s’éffrite, vole en éclats, se brise?

    Envahi par une mer de larmes

    Je ne sais pas, je ne sais pas

    Qui, d’une  bonté essentielle  reste accroché au coeur?

     

    Une invitation spirituelle à l’acceptation

    Un appel si pressant à me dépouiller, me déssaisir de tellement de couches qui obstruent la lumière

    Vaincre la peur de mes émotions

    L’Insaisissable recommande de laisser au vestiaire mes illusions

     

    Avancer, lâcher, me laisser fondre, disparaître pour m’unir au mystère

    Dans une nudité toujours plus profonde,  un endroit ou les repères se font rares

    Un  désert rempli de silence

    Transparent

     

    Quelle mort  se profile à l’horizon?

    Qui, d’une bonté essentielle reste accroché au coeur?

     

    Ce n’est pas si facile de se retrouver ainsi seul sur la corde raide de l’existence

    Face à face avec le vide même si je sais d’expérience que je risque fort d’en sortir gagnant.

    Le prix à payer semble fort cher. " je"  tiens à "sa" survie.

     

    Je suis entre deux

    Là, ou tout est simple joie d’être ineffable, sans nom, sans personne

    Roi et reine du silence et du rien

    Là, où j’ai peur,  je craquèle,  je panique de me retrouver ainsi seul sans plus aucun point d’appui

     

    Qui s’accroche à l’illusion de la séparation?

    Quelle  mort se profile à l’horizon?

    Qui, d’une Bonté essentielle reste accroché au coeur?

  • Oraison

     Oraison

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     Hier je suis revenu sans vous dire mot
    J’ai mis fin pour toujours
    au duel entre espoir et désolation,
    aux griefs accablants des envies excédées
    Au sombre ciel d’abscence il fait soir.
    Je vous contemple
    vous tiens dans l’infini
    dans l’absolu
    Le cours du monde n’est plus
    ni soleil ni lune
    ni astre ni planète aucune ;
    l’air se tient coi, nul tracé d’arbres
    à l’horizon ne se dessine.
    Point de gens ni de chuchotements,
    le bruit  des pas du temps aboli
    arrêté l’instant inachevé
    dont je ne compte pas les fragments
    N’est plus ni jour ni obscurité –
    ni moi ni attache vous liant à moi.
    Il n’y a ni plaisir ni peine ni crainte,
    Tout désir se trouve éteint –
    une quiétude se sent
    Dans le silence du ciel
    Tout en vous receuilli,
    en vous solitaire-
    dans mon esprit sans moi ne profile
    que l’intime vision de vous

     

     Source : Rabindranath Tagore, l’écrin vert, traduit du bengali, par Saraju Gita Banezjee, Galimard, 2008 

    Né le 7 mai 1861 dans une famille aisée et polyglotte, ami de Gandhi avec lequel il s’est battu pour l’indépendance de l’Inde, Prix nobel de littérature, Tagore mourut en 1941. Sa poésie témoigne de la traversée des ténèbres de l’existence sans jamais se lasser de croire à la lumière. Comme le témoigne ce poème où Tagore se défait de ses désirs, de ses regrets, au profit de ce rien rempli de tout ce que la vie , de temps en temps nous offre.

    (cité dans Ouest-France des 21-22 juin 2008)

  • Du rouge aux lèvres : Haikus de femmes

     

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    On l’appelle haiku. Et c’est le plus petit poème du monde. Trois vers, pour saisir un moment de vie, de préférence avec une notation de saison. Les grands maîtres du genre sont japonais. Ils s’appellent Bashô, Issa, Buson ou Shiki. Tous des hommes. Alors, macho le haiku?

    Pas si sûr, comme le montre ce beau receuil de haikus de femmes dont le titre, Du rouge aux lèvres, est inspiré  d’une auteure du 17è siècle, Chiyo-ni ( 1703-1775).

    "Je bois à la source
    oubliant que je porte
    du rouge aux lèvres"

    Comme les hommes,les femmes japonaises parlent de la vie comme elle va. Avec simplicité, mais sans jamais oublier leur féminité :

    " Après le bain
    je monte sur la balance
    nuit de neige".

    ou leurs drames intimes :

    " Epais brouillard
    je me couche en embrassant mon sein

    ôté demain".

    Une quarantaine de haijins- le nom donné aux auteurs de haikus- font partie de cette anthologie ou transpirent aussi les drames d’Hiroshima et de Nagasaki

    "Ma soeur morte brûlée
    tient toujours à la main
    son ombrelle décorée".

    L’une des perles est ce poème à l’humour décalé :

    " Ma belle mère est morte
    ses grand pieds

    dépassent de la couverture".

    Quand aux hommes, ils apparaissent très épisodiquement et le meilleur regard posé sur eux est, sans doute, ce haiku malicieux :

    " Les fleurs de prunier
    parfument même les hommes
    cassant des branches"

    Pierre Tanguy ( Ouest -France du jeudi 29 mai)

    Du rouge aux lèvres, haijins japonais, traduction de Makoto Kammoku et dominique Chipot, La table ronde 270 pages, 21 euros

  • Il n’y a pas d’issue en dehors de l’acceptation

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    Cette idée d’acceptation, on la retrouve dans tous les enseignements spirituels et elle est généralement mal comprise. Elle correspond à ce que l’on appelait autrefois soumission à la volonté de Dieu. Mais qu’est ce que cette volonté de Dieu? Chacun va l’interpréter à sa façon. La volonté de Dieu, c’est ce qui se produit à chaque instant, c’est tout. Tout le reste est mental et mensonge. Voilà la première vérité qu’il faut entendre, recevoir en pleine figure comme un challenge, un défi à relever ou à ne pas relever. Et, à partir de là, nous pouvons agir. mais ce principe ne supporte pas d’exception.

    – A la recherche du Soi, chap." L’acceptation".

    Deux points doivent être distingués. Premier point : il y a une certaine acceptation, ou adhésion, ou non création d’un autre que ce qui est. Ce premier point n’admet aucune nuance et aucune exception, il doit être tranchant comme une épée aiguisée, dur comme le cristal. Si nous admettons des souplesses, des accommodements, des compromis, c’est fini, le chemin spirituel s’arrête.

    Le deuxième point est beaucoup plus nuancé et ne devient clair que peu à peu, à travers les mois et les années : c’est celui de l’action qui se situe dans un climat de réconciliation, l’action que l’on accomplit à partir de l’attitude fondamentale du oui. Et en ce qui concerne l’action, il est impossible de donner une réponse toute faite, valable pour tous quelles que soient les circonstances.

    L’adhésion qui ne tolère aucune discussion, c’est celle qui s’accomplit ici et maintenant sans aucune considération du futur : c’est, mais uniquement dans l’instant. Et c’est ce " dans l’instant" qui fait toute le différence et nous permet d’accepter que ce qui est soit : immédiatement " oui", et ce oui doit être total. C’est ce oui qui est notre véritable liberté. Notre grandeur, notre dignité, notre espérance, c’est cette capacité que nous avons d’adhérer totalement à l’instant, sans nuance, même si nous nous trouvons dans des circonstances qui nous paraissent peu propices à l’acceptation. mais l’adhésion dont je parle n’implique aucun engagement pour l’avenir.

    – Préface d’Arnaud Desjardins, Anthologie de la non dualité, Véronique Desjardins, Editions de la Table Ronde.

  • Fête de Départ

     

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    Dans les temps anciens, il y avait trois mystiques chinois dont personne ne connaissait le nom mais que les gens appelaient les trois saints rieurs parce qu’ils ne faisaient rien d’autre que rire à longueur de journée. Ils se déplaçaiet d’une ville à l’autre, se tenaient sur la place du marché en rigolant de bon coeur et invitaient à faire de même. Ils se déplaçaient dans toute le Chine simplement pour répandre ce rire contagieux parmi le peuple. Mais un jour, dans un village, l’un des trois saints mourut. Les villageois se dirent : " Maintenant que leur compagnon est mort, ils vont perdre leur entrain et se mettre à pleurer." Ce fut tout le contraire.Ils se mirent à danser et à rire de plus belle. les gens furent offusqués et dirent qu’il était inconvenant de se comporter de cette manière. Alors, ils répondirent : " Vous n’y êtes pas! Nous avons fait tous les trois un pari pour savoir celui qui allait partir le premier. Et il a gagné, nous avons perdu!"

    Quand le moment de brûler son corps arriva, les villageois dirent : " Nous allons lui donner un bain ainsi que le prescrit le rituel." Mais les deux saints s’interposèrent. " Notre compagnon nous a demandé de ne faire aucun rituel, de ne pas le laver ni lui changer ses vêtements et de le déposer tel quel sur le bûcher funéraire."

    Les deux amis appliquèrent ses instructions et, soudain, ce fut la grande surprise. Quand le corps fut déposé dans le feu, le viel homme fit encore une dernière farce. Il avait caché des feux d’artifice sous ses vêtements et ce fut un véritable festival!

    Alors tout le village commença à éclater de rire et ils se mirent tous à danser

    Eric Edelmann : Extrait de son livre : " Plus on est de sages, plus on rit"

  • Quand le brouillard se lève

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    Je rentrais d’une promenade au bord de la mer. Je me suis fait bien arroser par une vague que je n’ai pas vu venir. Mon pantalon,  mes chaussures et chaussettes sont  trempées.
    Je n’ai plus qu’à me changer. J’arrive à la maison. Je monte dans ma chambre et commence à enlever mes chaussettes.

    En un instant, en une fraction de seconde, la chambre est comme remplie de silence. Je reconnais quasi immédiatement cette qualité si particulière de vécu et observe.

    Je me dis que je vais écrire puis je me dis que j’ai déjà écrit assez souvent  la même chose à cybertaisie, que ce n’est peut être pas la peine cette fois ci.

    Finalement, j’écris …

    La pièce est tout à coup comme remplie de silence. Un silence invisible et néanmoins palpable, matériel.

    Cette autre dimension était-elle déjà là avant? A t’elle elle jailli de rien?

    Elle était là avant mais je ne la percevais pas. Normalement,  moi " ordinaire", je ne perçois pas cette dimension, cette réalité. Et quelquefois, comme aujourd’hui, elle survient . Elle se manifeste irrésistiblement.

    Cette réalité différente, de silence plein est très difficile à décrire. Les mots peuvent pointer vers elle mais ne peuvent pas vraiment la cerner totalement. Ils permettent une approche.

    Cette réalité si différente de l’état habituel est bonne. Mais bonne dans un sens très profond qui touche à l’essentiel. Elle est  paix…une paix profonde qui me rappelle la méditation d’hier soir et de ce matin…

    Cette réalité se dévoile. C’est ça. J’y suis : Quelque chose se découvre. Vous voyez. J’essaie avec mes mots maladroits, inappropriés de décrire la situation. Je ne sais pas ce que c’est .

    Est-ce le Soi dont Arnaud dit dans une de ses méditations enregistrées à la bertais qu’Il se révèle?

    Ce qui est curieux dans ces instants, c’est de vivre avec une autre dimension, quelque chose qui auparavant, n’était pas là., du moins je ne vivais pas. Elle était là mais je ne la voyais pas, je ne la percevais pas. Alors que dans de tels moments cette vision s’impose irrésistiblement tout en douceur pleine de silence,  maîtresse des lieus, source de l’espace et  de l’invisible.

    Est-ce de cela dont parlent les mystiques ? Est-ce de cela dont témoigne André Rochette dans ses méditations enregistrées à la Bertais?

    Le plus fort, c’est cette paix ou j’ai  envie de me perdre, de m’y noyer, de m’unir définitivement à elle.

     J’aime rendre compte, tenter d’expliquer  comment çà marche pour moi de tels instants, de telles percées.

    Parce que dans de tels moments, nous sommes au cœur du Sujet.  Alors moi Georges, qui a  pas mal médité depuis assez longtemps, connu  des découragements, des envies fortes de renoncer,  qui  connaît  encore des difficultés,
    quand de tels instants surgissent, je me dis que c’est bon et juste que de le partager avec vous particulièrement, la Sangha. Bien sûr, çà ne veut pas dire que tout est résolu, bien loin de là en ce qui me concerne, mais en tout cas, pour un instant et même plusieurs, çà fait du bien  au moral de chercheur spirituel de longue date d’être de temps en temps non plus chercheur mais trouveur.

    Alors? Et après? Qu’est-ce qui se passe? Qu’est-ce que ça change?

     Le moi ordinaire, l’ego veut garder, se conserver pour toujours dans ces instants. Et bien sûr, c’est impossible puisqu’il n’y a  que changement, changement sauf ce qui ne change pas ( rire)…

     Bon, ça va aller comme ça pour ce matin, je vais maintenant faire des abdos.

  • La vigilance (suite)

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    Formules de Swâmi Prajnanpad commentées par Arnaud Desjardins

    La vigilance (suite)

    "En ce qui concerne la vigilance en prenant appui sur soi même, cette vigilance est active quand vous êtes conscient de ce qui se passe dans votre pensée : vous n’êtes pas absorbé par les pensées, vous êtes le témoin des pensées. Quand vous êtes conscient de ce qui se passe dans votre coeur : tiens, voilà une tristesse, tiens voilà une peur, tiens, voilà une impatience, et que vous n’êtes pas emporté ; et conscient de votre corps : j’ai envie de vomir, j’ai les muscles des épaules contractés.

    La vigilance peut aussi prendre comme point d’appui les situations concrètes dans lesquelles vous vous trouvez, et c’est un point d’appui très efficace. Si vous prenez appui sur le courant de l’existence lui même et que vous vouliez simplement vivre cette existence telle qu’elle est, consciemment, vous y arriverez. Vous arrivez à voir comment vous réagissez aux situations et c’est la vision de vos réactions qui fera grandir en vous la conscience de soi.Vous pouvez, à chaque instant, voir que vous réagissez aux évènements extérieurs, que vous n’êtes pas neutre, que vous n’êtes pas un avec la réalité, que vous n’êtes pas d’accord pour que ce qui est soit. n voyant vos réactions, en essayant de revenir à la réalité, d’adhérer à ce qui est, vous verrez que le déroulement même de la journée va vous ramener à la conscience de vous.

    Le jour ou vous aurez, en tant que chercheur spirituel, la conviction que vous devez être vigilant, vous le deviendrez. Si vous sentez l’importance d’une existence humaine et la gravité de perdre son existence, si vous sentez que la non vigilance est vraiment la mort et que la vigilance est le chemin qui vous conduira au sens même de votre vie, si cette question devient vitale pour vous, vous serez vigilant, c’est certain. Vous aurez le regard sur l’extérieur et l’intérieur, qui est en fait la vraie méditation.

    Dans cette vigilance, nous donnons vie à tout ce qui nous entoure. Nous le laissons être. A notre réel émerveillement, nous voyons que tout devient important, que tout prend une valeur et, surtout, nous reconnaissons chaque élément de la manifestation ou, si vous préférez, chaque objet, dans son unicité.En vérité, si vous êtes vigilant, vous voyez tout à coup le monde entier " être" . Il n’y a plus d’appréciation de valeur qui distingue les moments intenses des moments mornes, les moments importants des moments insignifiants. Chaque instant est parfait, chaque instant est plein.

    Au delà du moi. " La vigilance".

  • Sans titre

     

     

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    Porté par tellement plus grand que lui

    Courageux, vulnérable et audacieux

    Intrépide et déterminé

    Le prix à payer est lui même effacé

     

    Il a le vertige mais veut sauter

    Pour arriver là d’où il n’est jamais parti

     

    Qui atteint l’invincible

    Là, ou il n’y a plus de moi?

     

    Il n’y a plus que lumière

    Il est passé à travers

    Ce n’est plus lui qui voit. Il a disparu. Il ne se reconnaît plus.

     

    Ainsi, c’était simplement un jeu de l’esprit

    Je a fini par céder

    Enfin, il sait maintenant qui il est

     

    Pénétrer par Cela ou le " je" n’est plus

    Sans la moindre trace d’émotions, ni passions

     

    Quelque chose est arrivé qui n’a pas de nom

    Et il se retrouve nu, dépouillé de tout artifice

    Libre de tout pour enfin voir

     

    L’infiniment ouvert

    Tranquille, serein, d’une paix qui défie la compréhension

     

  • La Vigilance

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    Les Formules de Swâmi Prajnanpad commentées par Arnaud Desjardins

    La Vigilance

    Awareness is the very sadhana which will lead you to the goal.

    La vigilance est l’ascèse qui vous conduira au but.

    La vigilance, c’est être parfaitement conscient de ce qui se passe au dehors de nous et au dedans de nous. Au dedans de nous, c’est à dire la façon dont nous réagissons à ce avec quoi nous sommes au contact. C’est à la fois une présence à soi même et une présence à la situation, une prise de conscience de soi et une prise de conscience de la situation. La vigilance vous permet de voir à quel point cet intérieur et cet extérieur sont, en fait, plus liés qu’on ne le croit au départ, combien l’extérieur n’existe que parce qu’il se manifeste en nous sous forme de sensations, d’émotions et de pensées, et combien, inversement, nos pensées sont projetées sur l’extérieur.

    Ordinairement, il n’y a pas vigilance, il y a seulement des fonctionnements, des pensées qui se succèdent selon les chaînes d’actions et de réactions, des sensations, des émotions, mais pas la conscience d’être. Il est indispensable de trouver la possibilité de conserver la conscience de soi tout en étant, en même temps, actif et conscient de ce qui se passe à l’extérieur de vous.

    Si vous êtes attentif, vous verrez que, du matin au soir, vous vous laissez happer par les choses extérieures ou happer par vos rêveries intérieures et que la conscience de soi, la vigilance, a complètement disparu.La vigilance me permet de voir ce qui est au lieu de vivre en aveugle. La vigilance me permet de voir ce qui est au dehors de moi – la circonstance que je rencontre, les conditions dans lesquelles je me trouve- et de voir la façon dont je réagis : je vois une émotion qui se lève en moi, je vois une crainte, je vois un refus, je vois…

    Vous avez en fait deux points d’appui : le point d’appui que vous pouvez trouver en vous même et celui que vous trouvez hors de vous même. Ces deux points d’appui sont utilisables et tous deux se renforcent. Certains atteindront la vigilance, en prenant surtout appui sur ce qui se passe en dehors d’eux mêmes et en le vivant de façon très consciente. D’autres prendront plutôt appui sur la conscience de soi proprement dite telle qu’elle s’affine et s’approfondit dans les moments de méditation.

    A Suivre…