
Je rentrais d’une promenade au bord de la mer. Je me suis fait bien arroser par une vague que je n’ai pas vu venir. Mon pantalon, mes chaussures et chaussettes sont trempées.
Je n’ai plus qu’à me changer. J’arrive à la maison. Je monte dans ma chambre et commence à enlever mes chaussettes.
En un instant, en une fraction de seconde, la chambre est comme remplie de silence. Je reconnais quasi immédiatement cette qualité si particulière de vécu et observe.
Je me dis que je vais écrire puis je me dis que j’ai déjà écrit assez souvent la même chose à cybertaisie, que ce n’est peut être pas la peine cette fois ci.
La pièce est tout à coup comme remplie de silence. Un silence invisible et néanmoins palpable, matériel.
Cette autre dimension était-elle déjà là avant? A t’elle elle jailli de rien?
Elle était là avant mais je ne la percevais pas. Normalement, moi " ordinaire", je ne perçois pas cette dimension, cette réalité. Et quelquefois, comme aujourd’hui, elle survient . Elle se manifeste irrésistiblement.
Cette réalité différente, de silence plein est très difficile à décrire. Les mots peuvent pointer vers elle mais ne peuvent pas vraiment la cerner totalement. Ils permettent une approche.
Cette réalité si différente de l’état habituel est bonne. Mais bonne dans un sens très profond qui touche à l’essentiel. Elle est paix…une paix profonde qui me rappelle la méditation d’hier soir et de ce matin…
Cette réalité se dévoile. C’est ça. J’y suis : Quelque chose se découvre. Vous voyez. J’essaie avec mes mots maladroits, inappropriés de décrire la situation. Je ne sais pas ce que c’est .
Est-ce le Soi dont Arnaud dit dans une de ses méditations enregistrées à la bertais qu’Il se révèle?
Ce qui est curieux dans ces instants, c’est de vivre avec une autre dimension, quelque chose qui auparavant, n’était pas là., du moins je ne vivais pas. Elle était là mais je ne la voyais pas, je ne la percevais pas. Alors que dans de tels moments cette vision s’impose irrésistiblement tout en douceur pleine de silence, maîtresse des lieus, source de l’espace et de l’invisible.
Est-ce de cela dont parlent les mystiques ? Est-ce de cela dont témoigne André Rochette dans ses méditations enregistrées à la Bertais?
Le plus fort, c’est cette paix ou j’ai envie de me perdre, de m’y noyer, de m’unir définitivement à elle.
J’aime rendre compte, tenter d’expliquer comment çà marche pour moi de tels instants, de telles percées.
Parce que dans de tels moments, nous sommes au cœur du Sujet. Alors moi Georges, qui a pas mal médité depuis assez longtemps, connu des découragements, des envies fortes de renoncer, qui connaît encore des difficultés,
quand de tels instants surgissent, je me dis que c’est bon et juste que de le partager avec vous particulièrement, la Sangha. Bien sûr, çà ne veut pas dire que tout est résolu, bien loin de là en ce qui me concerne, mais en tout cas, pour un instant et même plusieurs, çà fait du bien au moral de chercheur spirituel de longue date d’être de temps en temps non plus chercheur mais trouveur.
Alors? Et après? Qu’est-ce qui se passe? Qu’est-ce que ça change?
Le moi ordinaire, l’ego veut garder, se conserver pour toujours dans ces instants. Et bien sûr, c’est impossible puisqu’il n’y a que changement, changement sauf ce qui ne change pas ( rire)…
Bon, ça va aller comme ça pour ce matin, je vais maintenant faire des abdos.
















