Auteur/autrice : Georges Morant

  • AG octobre 2008 sous le signe de l’écologie

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    Nous aurons le plaisir cette année, à notre assemblée générale, d’accueillir Marie Le Goff-Vitry (docteur en écologie moléculaire, spécialisée en biologie marine) qui donnera  un petit exposé sur "la notion de biodiversité"  à 11h30 .
    Afin de préparer sa venue, je lui laisse la parole.

    Georges

    Marie Le Goff Vitry : " Tout d’abord quelques mots sur mon parcours scientifique: je suis docteur en écologie moléculaire, discipline récente qui applique les outils de génétique et de biologie moléculaire aux questions d’écologie: structure et fonctionnement des écosystèmes, des populations, ainsi qu’aux questions de phylogénie (relations évolutives entre les êtres vivants). Mes expériences de recherche concernent particulièrement le domaine marin, j’ai travaille au Royaume-Uni (National Océanographie Centre sur les coraux de profondeur, a l’Université de Cardiff sur des parasites de poissons) et au CNRS (Station Biologique de Roscoff sur les  larves d’invertébrés).
    Je pense parler de la biodiversité de façon assez large, car c’est le thème qui a fédéré mes recherches. Je vais commencer par une définition de la biodiversité, de ses intérêts, puis comment elle a évolué dans le temps, depuis l’apparition de la Vie sur Terre jusque nos jours, pour en arriver a l’étude de la biodiversité et les enjeux actuels, les mesures prises pour sa préservation, depuis le stade de recherches, les décisions politiques récentes et enfin les actions concrètes a un niveau plus local et individuel".

    Lors de cette assemblée générale, nous vous rappelons que , outre la conférence de Marie Le Goff Vitry, vous pourrez aussi entendre

    – à 10h30 la conférence de Daniel-Yves Alexandre, docteur es sciences, directeur de recherche en retraite, intitulée : "regards d’un scientifique sur l’écologie" . (Des informations plus précises à ce sujet vous seront éventuellement fournies la semaine prochaine.)

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    Et l’après midi, de 14h00 à 15h00, il vous sera possible de participer à quatre ateliers :

    les ondes électromagnétiques et la santé, par Marie Laure Duigou, géobiologue (dont vous pouvez consulter le site à partir de la page d’accueil du blog)

    les vertus des "mauvaises herbes " de la Bertais, par Daniel-Yves Alexandre, botaniste

    l’eau dans l’habitat : eau de ville, pluie ou source, eaux pluviales, utilisation et économie, filtrage ou traitement ? par Jean-François Ledeuil, éco-plombier.

     

     

     

    Vous pouvez toujours vous inscrire en cliquant  ici  (ou bien re-consulter l’article : "s’inscire aux activités en ligne")

  • Week-end méditation

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    Fameux week-end à la bertais
     

    Quel immense privilège par les temps qui courent de pouvoir se retrouver en ami (e) dans un lieu si propice au recueillement, à la méditation !
    Quel plaisir d’être ensemble dans le silence le plus complet possible pendant 24 heures d’affilée !
    Et puis, bien sûr, mais je le rappelle quand même, le Ami(e)s ne sont absolument pas obligés de méditer vingt quatre heures sur vingt quatre.
    Les heureux participants qui viennent à ce week-end méditent au gré de leurs envies.
    Bien sûr, plus nous sommes nombreux dans la salle de méditation, plus les vibrations sont fortes et plus les élans fraternel dynamisent la Sangha et franchissent même les murs de la Bertais…

    Pendant ce fameux et auspicieux week-end chacune, chacun peut aussi à loisir se promener dans la propriété et jouir en toute tranquillité de la beauté resplendissante de la nature au début de l’automne.
    Faire un plein de sensations naturelles, à l’écoute de tous ses sens et pénétrer ainsi peu à peu au cœur du mystère, au cœur du silence.
    L’organisation permet une fluidité dans les mouvements, dans les actes, lesquels se déroulent parfaitement sans qu’on aie besoin de parler.
     
    Une fois encore, j’ai pu goûter à la joie d’être un heureux participant à ce week-end. Quelques mots maintenant plus personnels :
     

    L’année dernière, j’étais venu avec une stratégie qui avait consisté à me positionner délibérément le plus possible devant mes points faibles, en face de ce que je considère comme mes obstacles.
    Cette année, je venais sans aucune idée préconçue ou particulière. Voici un peu des notes que j’ai prises.

    Méditation collective no 1 : Avant quoi que ce soit, toute forme, pensée, qui apparaisse à l’esprit, il y a un vide, comme un trou. Ce non espace est la source. Elle est vertigineuse. Comment vivre avec cette double appartenance? D’un côté, l’esprit normal, ordinaire, qui croit fermement à son existence réelle et de l’autre côté qui s’ouvre de temps en temps, la présence de la Conscience, du Mystère…
    Comment faire le lien, comment réussir à témoigner de cette double appartenance, comment vivre et incarner au quotidien ce drôle de jeu cosmique?

    Méditation no 2 : Un peu dans la ligne de la n° 1 : Comment manifester rien, la Conscience dans sa vie de tous les jours? Qu’est ce que çà pourrait signifier au quotidien ? Etre complètement à ce que le "je" fais semble être la clé de voûte pour réussir à incarner la double présence qui a manifestement comme un côté absence. 

    Autres méditations : des points qui m’ont marqué :
    J’ai pu sentir parfois, être au contact d’une force, une énergie puissante, farouche, un côté tranchant. Cela m’a marqué parce que cet aspect Yang pour parler chinois ( rire) est très caché, inhibé, en moi.
    De temps en temps, je prie pour que le Soi se révèle. A moi, évidemment ! Et çà me fait marrer bien sûr, mais je continue. Quand je vous dis que la vie joue avec nous…
    Parfois, Je fatigue, je n’arrive plus à grand chose…

    D’une façon générale, je me suis senti beaucoup plus tranquille pendant ce week-end, plus naturel

    Un dernier point qui m’a marqué et que je veux absolument partager avec vous. Comment dire? A un moment du week-end, je décrochais un maximum et je me retrouve allongé sur mon lit dans ma chambre. Et là, j’ai comme redécouvert cette possibilité exquise de pouvoir me ressourcer et en fait, de méditer de nouveau mais dans une autre position. Jusqu’à présent, ce genre de constat me faisait dire : " oui, oui c’est çà, tu peux méditer allongé". Et bien en fait, oui, c’est possible et je tenais à vous le dire parce que c’est une excellente nouvelle, particulièrement pour les personnes qui à un moment donné ont des difficultés physiques. Bien sûr, c’est un peu plus difficile de méditer ainsi, parce que dans la position allongée, le méditant à tendance à s’endormir plus facilement. Néanmoins c’est possible.
     

    Allez, allez, maintenant, c’est à vous : j’invite toutes celles et ceux qui ont participé à ce fameux week-end à écrire leurs témoignages et commentaires

    Un dernier point cependant d’une grande importance : la très grande richesse de différence des expériences vécues au cours de ce week-end est une grande source d’avancée. J’ai ainsi énormément apprécié les témoignages des heureux participants de cette année. Vraiment, vraiment. Georges, le mec qui insiste. Mais quel est donc ce personnage? ( rires)

    A vos plumes !

    PS : Yann et Anne Marie Leboucher ne sont en aucun cas dispensés.

     

  • La méditation

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    Il y a des moments où vous pensez à l’éveil, où vous pensez au chemin et où vous pensez à la libération. Ce ne sont ni plus ni moins que des pensées. Et ces pensées n’ont de valeur que si elles ont une chance de vous orienter dans la direction d’un état où vous serez libre de toutes ces pensées, même les plus spirituelles. Sinon vous pouvez vous tromper pendant des années et confondre les pensées élevées, les pensées religieuses, avec la possibilité de libération.

    Puissiez vous comprendre que les problèmes ne sont pas extérieurs à vous. Ils sont intérieurs à vous. Tout problème se ramène à un seul problème : celui de la forme que prend votre conscience, celui de votre état de conscience- uniquement.

    Voilà la Libération : être situé du côté du ciel et regarder passer les nuages qui ne vous voilent plus ni le ciel, ni la lumière du soleil. Et ces nuages, ce sont uniquement des pensées. Les souffrances sont des pensées, c’est à dire des formes de votre conscience. Revenez toujours à ceci. Ces nuages, ce sont uniquement des pensées.

    Votre seule tentative doit être celle du silence le plus absolu qui puisse être, du non désir le plus absolu qui puisse être.

    Je vous en prie, si vous tentez de méditer, ne considérez pas les contractions, les associations d’idées, l’éparpillement, les dynamismes vers la périphérie comme des obstacles. Ne traitez plus les distractions comme des ennemies dont il faut tordre le cou. Simplement, prenez conscience, sans vous brutaliser.

    Généralement, la tentative de calme est déjà manquée au départ parce que vous essayez de contraindre votre nature, d’imposer silence, de faire triompher votre idée du but de la méditation contre tout ce qui est là; et vous déclenchez une réaction aussi forte que votre action : vous êtes encore plus contracté et agité. Ne vous brutalisez jamais pour commencer une méditation. Ne vous battez pas contre les distractions, ne vous battez pas contre les pensées. Cherchez seulement à vous sentir être très simplement et très naturellement.

    Tels que vous êtes, même si vous vous considérez dans la vie comme des faibles, si vous pouvez être conscient de ce silence en vous, ce n’est pas un silence morne, vide, mort. C’est un océan absolument calme, mais très profond et d’où pourraient naître les tempêtes les plus fantastiques. Si vous êtes vraiment dans ce silence, vous le sentirez à la fois comme absolument paisible et comme un formidable réservoir de force.

     

    Arnaud

  • Le prix de la liberté


    Voilà comment s’exprime le Roshi Shibayama ( un des plus grands maîtres zen) :

    zen.jpg" Il n’est pas facile pour qui que ce soit de briser les chaînes de l’ignorance en un instant. Une volonté très puissante est nécessaire et une recherche absolument totale de la vérité et du Soi véritable. Dans le zen, une dure ascèse est nécessaire, et il n’y a jamais eu rien de tel qu’un moyen facile qui donne des résultats instantanés.
    Le véritable disciple s’engage avec une demande religieuse extrêmement intense. Il continue avec une recherche et une discipline dures et soutenues par une volonté extrêmement forte, qui seront suivies par une crise spirituelle et l’impression de sombrer dans l’abîme. Alors seulement viendra le moment de l’éveil.
    Dans l’ascèse du zen, ce qui est le plus important, c’est de passer à travers le " grand doute" et l’impression d’avoir atteint la dernière extrémité. C’est une voie dure et c’est tout à fait inutile de chercher un raccourci facile."

    Il y a eu récemment tout un groupe de gens qui ont parlé de l’illumination instantanée et d’autres qui ont même prétendu qu’on pouvait atteindre le satori à travers les drogues. Ils peuvent dire tout ce qu’ils veulent, cela n’a rien à voir avec le véritable zen.

    Je tiens à dire qu’il n’y a pas un seul cas dans toute l’histoire du zen ou quelqu’un a obtenu l’illumination sans avoir traversé un dur et difficile processus d’ascèse.
    Chacun aura à faire face à sa nullité et à son incapacité totales. Il devra voir en face de terribles contradictions et passer par toutes les souffrances que nous appellons l’inévitable karma. Il devra descendre profondément à l’intérieur de lui même, aller au delà de la dernière extrémité de lui même et désespérer de lui même comme quelqu’un qui n’a aucune chance d’aucune sorte d’être sauvé.
    Ce qu’on appelle trouver le vide en soi vient de cette expérience la plus douloureuse de toutes, de cet abîme de désespoir et d’agonie qui seul vous jettera bas, corps et âme devant l’absolu.
    Le zen a toujours parlé du grand doute et de la grande mort."

    Extrait tiré du livre d’Arnaud : " Au delà du moi" Chap 8 : Le prix de la liberté

    " You will have to pay the full price" " Vous aurez à payer le prix complet jusqu’au dernier centime".

    Swamijii

  • Laisser couler

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    J’entends venant de loin et pourtant tout près l’écho d’un au delà qui ne cesse de se faire entendre en sourdine
    Comme un murmure lancinant, hypnotique, un parfum déchirant, nostalgique, un refrain obsédant

     Qui veut voir le jour?

    Qui se tient derrière le miroir?

    Qui me rappelle?

    Cela dont je passe la plupart de mon existence à oublier, à ne pas incarner
    Derrière ma surface existentielle se cache, tapie dans l’ombre le désir d’absolu
    Sous ma surface vivable  se tient une réserve de larmes qui ne demandent qu’à couler pour me ramener enfin à la source, voir mon véritable visage

    Voici une vraie opportunité, bénédiction, invitation forte, appel pressant à me débarasser de tout ce qui apparement me constitue pour arriver à un non endroit impossible à définir et dont pourtant tout vient

    Qu’est ce qui reste, quand je ne suis plus rien de connu?

    Qu’est ce qui passe à travers moi?

    L’inspiration dévoile l’invisible
    L’inspiré aspire à une crise décisive pour enfin changer de perspective
    Traverser pour atteindre l’autre rive
    Au bout d’une vallée infinie de larmes

    Quand je serai vidé entièrement de tout ce que je crois être

    Je suis libre, délivré

    Etreint par les bras de l’amour à jamais

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     "go with the flow" par le groupe Queens Of the Stone Age.
    (NB : n’hésitez pas à pousser le volume)

  • Révision de vacances

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    " Dès qu’il y a doute ou refus, le mental se met à l’oeuvre. Qu’est ce que le mental? On peut le définir ainsi : différent de ce qui est, quelque chose d’autre…On appelle mental le processus qui fait que l’on souhaite, non pas ce qui est, mais quelque chose d’autre, quelque chose de différent et de séparé. Le travail du mental, c’est le processus qui fait que l’on arrive à " autre chose".

    Le critère est : y a t’il oui ou non une émotion? N’importe quelle émotion, positive ou négative…un trouble intérieur quelconque? Quand vous avez vu : " C’est ainsi, c’est exactement comme cela", vous n’êtes nullement agité. C’est la seule façon de savoir si le mental est à l’oeuvre, car en fin de compte, l’émotion est le seul critère. Quand l’émotion a disparu, tout le reste a disparu. Le mental lui même a disparu. La vérité de la réalité apparaît. Ce qui est apparaît.

    Quand on ne voit pas ce qui est, on est dans le doute, la chaîne d’action réaction se met en branle.(…) Tout trouble intérieur montre qu’il y a une émotion. L’apparition de l’émotion, c’est déjà le mental. Et elle n’apparaît que lorsque vous avez vu autre chose que ce qui est. C’est cela le mental. Ce " quelque chose d’autre", qu’il crée, est attaché ou relié au moi. Et la forme de liaison la plus subtile, est l’attente…"

     Extrait du livre de Sumangal Prakash : L’expérience de l’unité

  • Just a perfect day

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    C’était dimanche, mais qu’est ce qui s’est donc passé pour que le titre de cet article s’appelle : une parfaite journée?  Et bien en fait, pas grand chose de particulier. C’était sans doute la première très belle première vraie journée d’été grâce à une météo optimale…(un ciel bleu, le passage de quelques goëlands, le chat noir qui dort sous l’arbre, une certaine immobilité, une simple jouissance d’être là dans le jardin)

    mireille_et_marie.JPGMais ce n’est pas de çà dont je voulais écrire. c’est simplement que j’ai vécu une bonne partie de cette journée comme parfaite. Essayons d’y voir plus clair. Rien de spécial, d’original. Notre fille Marie est arrivée. Nous avons déjeuné et sommes finalement restés très longtemps à bavarder tranquillement de choses et d’autres. (à faire du jardinage aussi)

    Oui, c’est çà, j’y arrive enfin à ce dont je voulais parler, écrire. Comme vous le savez, Mireille a un énorme talent de cuisinière. Et Marie, a indiscutablement hérité de ce don. Et donc, les voilà toutes les deux à parler, commenter mille et une recettes. Puis, Marie demande deux recettes à Mireille : la tarte tatin et les pommes de terre mod cozh. Mireille s’en va imprimer les recettes à l’ordinateur et revient nous les montrer (la recette de la tatin est prévue dans le blog prochainement)

    Et là, en fait, Marie s’est mise à lire à voix haute les recettes de Mireille. Et là, Marie et moi, nous nous sommes rendus mieux compte comme jamais peut être ( je parle pour moi) du très grand talent de Mireille non seulement comme cuisinière mais aussi comme un talent énorme d’écriture.

    C’est vraiment la dessus que je voulais dire des mots, écrire. Vous savez, dans un couple, au bout d’un certain temps, l’un et l’autre se connaissent si bien qu’ils finissent par ne plus se voir vraiment totalement. Et là, avec cette lecture à voix haute, j’ai pu redécouvrir les très grands talents de Mireille. Peut être qu’apparement, mes propos sont un peu justes pour pouvoir faire figure d’un article dans le blog, mais je signe et persiste Parce que je sens cela comme vraiment significatif. Lire un article comme çà, un peu à la va vite est vraiment tellement différent de ce que j’ai vécu hier après midi en écoutant Marie lire les recettes de Mireille à voix haute. Si vous voulez, en deux mots, ce fut pour moi comme une redécouverte de Mireille. Bien sûr, je sais depuis longtemps qu’elle est vraiment douée pour la cuisine, écrire et bien d’autres choses. Mais c’est comme si je le voyais à nouveau, comme si je la redécouvrais, la voyais à nouveau.

    Voilà, c’est tout et c’est beaucoup…Ensuite, nous sommes allés nous promenés et nous baigner of course.

    Et je dirais la même chose aussi au sujet de Georges : quand je lis un de ses poèmes sur l’ordi, c’est souvent vite lu, presque parcouru et je peux passer à autre chose. Et puis, quand ils sont lus à haute voix, en prenant le temps de l’écouter vraiment, on en ressent la réelle dimension.
    Et c’est pareil pour tout. Tellement de choses sont vécues sans vraiment l’être complètement, sont "parcourues " (j’aime bien ce terme, il traduit bien le degré de pseudo-vigilance qui nous anime fréquemment), sont entendues sans être vraiment écoutées, sont aperçues sans être vues.
    J’ai remarqué cela aussi en allant ensuite faire la balade (le circuit du "papillon" à St Lunaire -je vous le conseille). Il y a deux parties distinctes dans ce circuit et pouvant être dissociées : une partie campagne, avec champ de foin, une vache, des fougères (photos du haut) et une partie qui longe la mer  (la pointe du Nick) avec vues imprenables sur Dinard, St Malo, la Côte d’Emeraude. Nous étions les deux seuls à emprunter ce circuit côté champêtre ce dimanche (tout le monde était à la plage) et j’avoue que l’on a eu tendance à écourter aussi ce bout de  campagne pour nous retrouver plus rapidement sur le sentier des douaniers et les vues du large.  L’impression de "parcourir " encore cette portion sans la voir. Et pourtant, les ondulations des champs de blé, la quiétude du gros taureau, les bourdonnements d’insectes du plein après midi, les
    épilobes et les scabieuses, tout s’offrait comme autant de présence que les voiliers sur l’autre partie de la balade.  Faisant partie intégrante de cette "perfect day".
    On passe tellement à côté de la simple puissance des choses simples et tellement aussi à côté de l’autre.

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    NB : S’il tu veux bien Mireille mettre le morceau de Lou Reed " just a perfect day" à la fin de l’article. Merci.

    Je me demande ce qu’on va manger ce soir (rire gourmand)

     

  • Mr Lee à ST Malo – le concert

    Un article à deux voix (celle de Georges en noir, et celle de Mireille en bleu)

    Histoire de nous donner quand même un peu de ce à quoi s’attendre, le titre de la tournée s’appelle
    "The Still Kicking Ass Tour",
    soit "Encore un coup de pied au cul" !
    C’est pas étonnant de la part du personnage, tout comme le show dans un club réputé chaud dans la région et se trouvant dans une zone industrielle déserte.

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    P1080172.JPGNous y étions donc bien hier soir au concert de Lee and his band. Nous y avons retrouvé Marie Laure, Thérèse , Marie Françoise et son mari et  ( où Lee était logé). Une ambiance assez 70’s dans une petite salle genre club privé. Il devait y avoir une trentaine de personnes avec en plus plus du passage. La scène était minuscule et la bande à Lee était hyperserrée les uns avec les autres. Il faut dire qu’ils (elles) sont assez nombreux. Récapitulons sans oublier personne. Lee au chant, un bassiste, un batteur, une fille qui jouait du violon, un autre du saxo, une autre de l’orgue, quatre choriste endiablées, enfin je voulais écrire en leesées.J’ai oublié le flutiste.

     

     

    En fait j’ai compté 13 personnes, (pas superstitieux, le bonhomme, ça va bien avec le reste) Il y en avait deux de planquées à gauche, tant la scène était étroite pour tout ce monde. J’ai reconnu Didier de Amorin à la batterie (le spécialiste forêt de Hauteville) et son frère à la basse. Pour plus de précisions sur les noms des membres, petit tour sur ce lien

    Marie-Laure et Georges, enchantés

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    Un aperçu de la scène

    C’est un show très différent de celui auquel j’avais pu assister à Fougères il y a quelques années. Hier soir, c’était beaucoup moins rock and roll pur et dur comme j’aime parfois. C’était plus sage, plus tranquille, un groupe beaucoup plus étoffé comme mentionné ci dessus.Un show trop policé à mon goût. C’est vrai aussi que c’est la première date d’une tournée. Il faut bien que tout çà se mette en place.

    Quand je repense au concert de Fougères, j’ai des frissons dans le dos, alors qu’hier, c’était sympa et même vibrant parfois mais cela m’a quand même semblé manquer d’étincelles, de punch. Oui, oui, je sais, il ne faut pas comparer. Et bien tant pis pour mon moi de mauvais pratiquant.

    Moi aussi je garde un souvenir puissant, enivrant au "Coquelicot" de Fougères, en 1996. C’était une soirée où il y avait d’autres groupes avant et l’ambiance était surchauffée, enfumée (à l’époque..), on se bousculait, beaucoup de réactions et un groupe plus basique, plus root, rock and roll du style bikers-blues. C’était LGB, en 1996 je crois.

    Le show a commencé doucement puis quelques reprises, des classiques, un peu comme des upanisads connues quand on les connait bien sûr, comme par ex " Hey Joe" d’Hendrix, " Im your man" de Léonard Cohen, ‘ Gotta Serve somebody" de Dylan encore d’autres que j’ai oublié. Ah oui, un super final sur le "Unchain my heart"  de Joe Cocker.

    Et tu as oublié Neil Young, le fameux "Hey Hey My My", dont une des phrases répétées est "Rock and Roll can never die". J’adhère depuis toujours.
    Et c’est là que je n’ai pas assuré au niveau son. Mon petit lecteur MP3, qui a pourtant vaillamment reproduit des sons de terrains de football et ambiances familiales, n’a pas supporté semble t’il certains feedbacks, ce qui donne en direct ce petit bout de concert très "scratchy", je le concède. (et ce n’est même pas fait exprès comme savent si bien le faire des groupes comme Sonic Youth, mais c’est une autre histoire et je diverge du propos))

    rock.JPGUne ambiance bon enfant, un concert qui est allé crescendo. Que dire de plus. Quelques femmes enLeesées ont dansé. J’ai dansé un rock endiablé avec une partenaire d’un soir. Non, je vous rassure, ce n’est pas allé plus loin même si certainement en d’autres circonstances, ce genre de lieu semble tout à fait propice à des excursions plutôt hot. Mais voilà que je me mets à fantasmer.

    Bon, une soirée bien cool de deux heures qui sont très vite passées.

    Il y a eu un entracte de près de 20 mn pour permettre au groupe et à Mr Lee de souffler un peu. Nous étions à l’extérieur devant une rue vide bordée de dépôts de matériaux, et de hangars divers,à 100 lieues du feu d’artifice qui battait son plein Intra-Muros. II faisait bon.

    groupe4.JPGLe truc qui perso m’a le plus marqué, c’est le rapport entre Lee et le jeune gars( Franck Giambelluco) qui jouait de la guitare solo ( un de mes très grands fantasmes). On aurait dit que Lee le conseillait, lui apprenait à jouer. Le jeune gars joue bien mais probablement qu’il n’a pas trop d’expérience, alors Lee était là tellement avec lui à l’encourager, à lui donner l’impulsion pour qu’il se lâche. C’était tellement émouvant. Je me souviendrai toujours de çà.

    Hey Georges, si çà se trouve, tu aurais tellement aimé être à la place du jeune gars. Oui, oui, d’accord

    Personnellement, je n’avais jamais remarqué tous les tatouages de Lee. partout.
    Secundo, je trouve que sa voix grave, descendante, me rappelle de plus en plus celle de Leonard Cohen. Pas étonnant qu’il aie repris I’m your fan.
    J’ai bien aimé les choristes. A un moment, deux d’entre elles ont chanté seules, c’était bien.

    A deux reprises, sur de longs morceaux, les membres du groupe s’écartaient pour laisser la "vedette" à un autre qui jouait de son instrument (flutiste, sax, banjo) de ce fait plus en avant, pendant un moment et on a bien vu tout le monde.

    Nous sommes partis à 1h30,  toujours dans cette zone endormie. Les membres du groupe faisant les bagages pour aller "on the road again" vers Nantes, Paris puis la Belgique et l’Allemagne. Un vrai "still kicking ass" tour. Alors bon vent et pour hommage, voici un morceau un peu moins scratchy

     

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  • Swami Muktananda – Sur L’amour

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    A partir de Dimanche 13 juillet, s"ouvre une retraite d’une semaine animée par Swami Muktananda à Pontmain (53220).
    D’origine canadienne,  Il transmet l’enseignement du Vedanta en Occident, à la demande de Swami Chidananda, son maître.
    Deux membres de notre blog préféré y participeront.

    Voici un lien   vers une page qui lui est consacrée avec une interview interessante
    et ci-dessous un texte sur l’amour :

    "L’amour est notre seule raison de vivre et la seule raison d’être de la vie. Nous vivons pour l’amour et nous vivons en recherchant l’amour…Tout ce que nous faisons dans la vie est avec l’espoir de faire l’expérience de l’amour. Nous disons : " Si je ne trouve pas aujourd’hui, peut être que je le trouverai demain. Si je ne le trouve pas dans cette personne-ci, peut être le trouverais je dans cette personne-là." L’amour est essentiel pour nous tous.

    Il n’est pas surprenant que nous continuions à chercher l’amour, parce que nous sommes tous nés de l’amour. Nous venons de l’amour. Tous, nous ne sommes que des vibrations de l’amour. Nous sommes soutenus par l’amour, et à la fin nous nous fondons dans l’amour…Ce monde n’est qu’une école de l’amour. Nos relations avec notre mari ou notre femme, nos enfants et nos parents, nos amis et les gens de notre parenté constituent l’université dans laquelle nous sommes censés apprendre ce que sont l’amour et le véritable dévouement.

    Mais l’amour dont nous faisons l’expérience par d’autres personnes est juste l’ombre de l’amour du Soi intérieur. Il y a un endroit sublime, en nous, où demeure l’amour…l’amour qui vibre dans les tréfonds du coeur ne dépend de rien d’extérieur. Il n’attend rien. Il est totalement indépendant.

    L’amour du Soi est dépouillé de tout ego et inconditionnel. Il n’est pas relatif. Il est complètement libre. Il est généré par lui même et ne meurt jamais.Cette sorte d’amour ne connait aucune distinction entre haut et bas, entre homme et femme. De même que la terre reste la même quelle que soit la personne qui marche dessus, ainsi l’amour véritable reste sans changement et indépendant. L’amour pénètre votre être tout entier. L’amour est Conscience. L’amour est béatitude. Il n’existe pas en vue de quelque chose d’autre. Il est suprêmement libre. Le chemin de l’amour intérieur conduit un amant à Dieu. A mesure qu’une personne marche sur ce sentier de l’amour intérieur, non seulement, elle atteint l’amour, mais elle se fond dans un océan d’amour."

    Tiré de : "Two suns Rising " de Jonathan Star, Castle books, Edison, NJ, USA, une très belles anthologie de textes sacrés.

  • Salut Christophe

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    Vous trouvez peut être un peu curieux que ce message soit un article dans le blog et non pas une réponse directe sur le blog de Christophe. En deux mots, à la suite d’une erreur technique, mon message écrit sur le blog de Christophe s’est volatilisé suite à mon ereur…

    Faut vous dire aussi que ce que je vais réécrire maintenant, je le voyais bien aussi étendu au blog commun de la Sangha…

    Parce que, perso, ce qui m’a le plus touché dans le blog de Christophe, c’est qu’en fait, pour l’instant, tout se passe bien et même très bien. Ce que je veux dire, écrire, c’est que jusqu’à maintenant, Christophe n’a rencontré que le plus souvent, accueil, partage, solidarité, convivialité. Christophe est souvent nourri, logé, accompagné grâce aux interêts que lui portent les autres vis à vis de son projet.

    En un mot comme en mille, ce voyage initiatique (?) est très porteur et surtout, par les temps qui courent, nous réconcilie avec une vision globale du monde qui ne cesse le plus souvent au travers des médias d’être montré, démontré, dégradé, avec des constats qui font souvent la part la plus belle à l’egoisme,  à la solitude, la desespérance tranquille d’un monde qui court à sa perte.

    Et là, on voit un mec qui s’en va tout seul en Inde, au Népal, en faisant le plus souvent de l’auto-stop et tout concourt à merveille vers un but qui ne sera dévoilé que très probablement un peu plus tard.

    Alors, çà fait du bien. Parce que justement, un blog comme celui de Christophe nous met dans un autre monde, une autre perspective. Et ceci n’est pas du tout fictif, projection ou je ne sais quoi. Cette vision, cette réalité saine, optimiste,  joyeuse nous donne du baume au coeur.

    Vous savez, çà me rappelle aussi l’un des derniers films de David Lynch ("une histoire vraie") qui raconte l’histoire d’un homme âgé qui s’en va rejoindre son frère malade à l’autre bout de L’Amérique. Et il y va en tondeuse. Oui, vous avez bien lu.

    Et bien, lui ausi, tout au long de son parcours initiatique il fait de merveilleuses rencontres nourries de joie, de partage, de convivialité. Et nous voyons sur l’écran tout au long de ces deux heures que dure le film une toute autre vision de l’Amérique tellement différente de celle exposée par les médias en général, l’Amérique de Bush et de sa " clique" mafieuse.

    Vous sortez de ce film et vous vous dites merde, super, voilà une autre vision qui existe vraiment. Vous sortez de là comme du blog de Christophe, réconcilié, réchauffé, allégé, plein de baume au coeur.

    Et puis, pour ne rien vous cacher ou presque, je ne peux pas vous dire que çà ne me rappelle pas des souvenirs. Cela m’en rappelle beaucoup…

    C’était en 1975, j’avais pris la route pour ce que je croyais la Californie. J’avais traversé les Etats-Unis et stop et l’accueil tout au long de la route avait été génial, ouvert, magique…

    Finalement, j’ai atterri en juin 75 sur une île au Guatemala dans un village de pêcheurs de la mer des Caraibes. Et, à vrai dire, écrire, ce voyage a changé, bouleversé ma vie. Sans lui, je ne serai  sans doute pas là à vous mettre un article pour notre Sangha préférée.

    Alors, Salut Christophe, merci, très bonne route. Je te souhaite ce qui t’attend…

    Je t’embrasse fort ainsi que toute la Sangha.

    Bonnes vacances. Restons groupés.

     

  • Vertige d’une depression avantageuse

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    Qui tombe,  s’éffrite, vole en éclats, se brise?

    Envahi par une mer de larmes

    Je ne sais pas, je ne sais pas

    Qui, d’une  bonté essentielle  reste accroché au coeur?

     

    Une invitation spirituelle à l’acceptation

    Un appel si pressant à me dépouiller, me déssaisir de tellement de couches qui obstruent la lumière

    Vaincre la peur de mes émotions

    L’Insaisissable recommande de laisser au vestiaire mes illusions

     

    Avancer, lâcher, me laisser fondre, disparaître pour m’unir au mystère

    Dans une nudité toujours plus profonde,  un endroit ou les repères se font rares

    Un  désert rempli de silence

    Transparent

     

    Quelle mort  se profile à l’horizon?

    Qui, d’une bonté essentielle reste accroché au coeur?

     

    Ce n’est pas si facile de se retrouver ainsi seul sur la corde raide de l’existence

    Face à face avec le vide même si je sais d’expérience que je risque fort d’en sortir gagnant.

    Le prix à payer semble fort cher. " je"  tiens à "sa" survie.

     

    Je suis entre deux

    Là, ou tout est simple joie d’être ineffable, sans nom, sans personne

    Roi et reine du silence et du rien

    Là, où j’ai peur,  je craquèle,  je panique de me retrouver ainsi seul sans plus aucun point d’appui

     

    Qui s’accroche à l’illusion de la séparation?

    Quelle  mort se profile à l’horizon?

    Qui, d’une Bonté essentielle reste accroché au coeur?

  • Oraison

     Oraison

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     Hier je suis revenu sans vous dire mot
    J’ai mis fin pour toujours
    au duel entre espoir et désolation,
    aux griefs accablants des envies excédées
    Au sombre ciel d’abscence il fait soir.
    Je vous contemple
    vous tiens dans l’infini
    dans l’absolu
    Le cours du monde n’est plus
    ni soleil ni lune
    ni astre ni planète aucune ;
    l’air se tient coi, nul tracé d’arbres
    à l’horizon ne se dessine.
    Point de gens ni de chuchotements,
    le bruit  des pas du temps aboli
    arrêté l’instant inachevé
    dont je ne compte pas les fragments
    N’est plus ni jour ni obscurité –
    ni moi ni attache vous liant à moi.
    Il n’y a ni plaisir ni peine ni crainte,
    Tout désir se trouve éteint –
    une quiétude se sent
    Dans le silence du ciel
    Tout en vous receuilli,
    en vous solitaire-
    dans mon esprit sans moi ne profile
    que l’intime vision de vous

     

     Source : Rabindranath Tagore, l’écrin vert, traduit du bengali, par Saraju Gita Banezjee, Galimard, 2008 

    Né le 7 mai 1861 dans une famille aisée et polyglotte, ami de Gandhi avec lequel il s’est battu pour l’indépendance de l’Inde, Prix nobel de littérature, Tagore mourut en 1941. Sa poésie témoigne de la traversée des ténèbres de l’existence sans jamais se lasser de croire à la lumière. Comme le témoigne ce poème où Tagore se défait de ses désirs, de ses regrets, au profit de ce rien rempli de tout ce que la vie , de temps en temps nous offre.

    (cité dans Ouest-France des 21-22 juin 2008)

  • Du rouge aux lèvres : Haikus de femmes

     

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    On l’appelle haiku. Et c’est le plus petit poème du monde. Trois vers, pour saisir un moment de vie, de préférence avec une notation de saison. Les grands maîtres du genre sont japonais. Ils s’appellent Bashô, Issa, Buson ou Shiki. Tous des hommes. Alors, macho le haiku?

    Pas si sûr, comme le montre ce beau receuil de haikus de femmes dont le titre, Du rouge aux lèvres, est inspiré  d’une auteure du 17è siècle, Chiyo-ni ( 1703-1775).

    "Je bois à la source
    oubliant que je porte
    du rouge aux lèvres"

    Comme les hommes,les femmes japonaises parlent de la vie comme elle va. Avec simplicité, mais sans jamais oublier leur féminité :

    " Après le bain
    je monte sur la balance
    nuit de neige".

    ou leurs drames intimes :

    " Epais brouillard
    je me couche en embrassant mon sein

    ôté demain".

    Une quarantaine de haijins- le nom donné aux auteurs de haikus- font partie de cette anthologie ou transpirent aussi les drames d’Hiroshima et de Nagasaki

    "Ma soeur morte brûlée
    tient toujours à la main
    son ombrelle décorée".

    L’une des perles est ce poème à l’humour décalé :

    " Ma belle mère est morte
    ses grand pieds

    dépassent de la couverture".

    Quand aux hommes, ils apparaissent très épisodiquement et le meilleur regard posé sur eux est, sans doute, ce haiku malicieux :

    " Les fleurs de prunier
    parfument même les hommes
    cassant des branches"

    Pierre Tanguy ( Ouest -France du jeudi 29 mai)

    Du rouge aux lèvres, haijins japonais, traduction de Makoto Kammoku et dominique Chipot, La table ronde 270 pages, 21 euros

  • Il n’y a pas d’issue en dehors de l’acceptation

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    Cette idée d’acceptation, on la retrouve dans tous les enseignements spirituels et elle est généralement mal comprise. Elle correspond à ce que l’on appelait autrefois soumission à la volonté de Dieu. Mais qu’est ce que cette volonté de Dieu? Chacun va l’interpréter à sa façon. La volonté de Dieu, c’est ce qui se produit à chaque instant, c’est tout. Tout le reste est mental et mensonge. Voilà la première vérité qu’il faut entendre, recevoir en pleine figure comme un challenge, un défi à relever ou à ne pas relever. Et, à partir de là, nous pouvons agir. mais ce principe ne supporte pas d’exception.

    – A la recherche du Soi, chap." L’acceptation".

    Deux points doivent être distingués. Premier point : il y a une certaine acceptation, ou adhésion, ou non création d’un autre que ce qui est. Ce premier point n’admet aucune nuance et aucune exception, il doit être tranchant comme une épée aiguisée, dur comme le cristal. Si nous admettons des souplesses, des accommodements, des compromis, c’est fini, le chemin spirituel s’arrête.

    Le deuxième point est beaucoup plus nuancé et ne devient clair que peu à peu, à travers les mois et les années : c’est celui de l’action qui se situe dans un climat de réconciliation, l’action que l’on accomplit à partir de l’attitude fondamentale du oui. Et en ce qui concerne l’action, il est impossible de donner une réponse toute faite, valable pour tous quelles que soient les circonstances.

    L’adhésion qui ne tolère aucune discussion, c’est celle qui s’accomplit ici et maintenant sans aucune considération du futur : c’est, mais uniquement dans l’instant. Et c’est ce " dans l’instant" qui fait toute le différence et nous permet d’accepter que ce qui est soit : immédiatement " oui", et ce oui doit être total. C’est ce oui qui est notre véritable liberté. Notre grandeur, notre dignité, notre espérance, c’est cette capacité que nous avons d’adhérer totalement à l’instant, sans nuance, même si nous nous trouvons dans des circonstances qui nous paraissent peu propices à l’acceptation. mais l’adhésion dont je parle n’implique aucun engagement pour l’avenir.

    – Préface d’Arnaud Desjardins, Anthologie de la non dualité, Véronique Desjardins, Editions de la Table Ronde.

  • Fête de Départ

     

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    Dans les temps anciens, il y avait trois mystiques chinois dont personne ne connaissait le nom mais que les gens appelaient les trois saints rieurs parce qu’ils ne faisaient rien d’autre que rire à longueur de journée. Ils se déplaçaiet d’une ville à l’autre, se tenaient sur la place du marché en rigolant de bon coeur et invitaient à faire de même. Ils se déplaçaient dans toute le Chine simplement pour répandre ce rire contagieux parmi le peuple. Mais un jour, dans un village, l’un des trois saints mourut. Les villageois se dirent : " Maintenant que leur compagnon est mort, ils vont perdre leur entrain et se mettre à pleurer." Ce fut tout le contraire.Ils se mirent à danser et à rire de plus belle. les gens furent offusqués et dirent qu’il était inconvenant de se comporter de cette manière. Alors, ils répondirent : " Vous n’y êtes pas! Nous avons fait tous les trois un pari pour savoir celui qui allait partir le premier. Et il a gagné, nous avons perdu!"

    Quand le moment de brûler son corps arriva, les villageois dirent : " Nous allons lui donner un bain ainsi que le prescrit le rituel." Mais les deux saints s’interposèrent. " Notre compagnon nous a demandé de ne faire aucun rituel, de ne pas le laver ni lui changer ses vêtements et de le déposer tel quel sur le bûcher funéraire."

    Les deux amis appliquèrent ses instructions et, soudain, ce fut la grande surprise. Quand le corps fut déposé dans le feu, le viel homme fit encore une dernière farce. Il avait caché des feux d’artifice sous ses vêtements et ce fut un véritable festival!

    Alors tout le village commença à éclater de rire et ils se mirent tous à danser

    Eric Edelmann : Extrait de son livre : " Plus on est de sages, plus on rit"