Centre de Yoga de La Bertais

Information sur les activités du Centre et échange entre les Amis de La Bertais-Vassot

Mireille Morant

Instant Thé – Pause Chai

date_range 8 juin 2018
visibility 49 consultations

Durant notre récent périple indien, nous avions décidé de passer quelques jours dans la région de  Munnar.(Kerala – Inde du Sud).  Située sur ce qu’on appelle le plateau du Deccan - Ghats occidentaux. Station climatique autrefois prisée par les maharadjahs.

Nous l’avions choisi au départ comme une étape de fraicheur et de calme après les plaines chaudes et sèches du Tamil Nadu et l’incessante agitation des villes.
La ville est en effet située à 1600 m d’altitude offrant des paysages verdoyants de collines de thé et de barrages avec lacs.
Le trajet pour y arriver (de Madurai – je reparlerai de cette ville une autre fois), a nécessité presque 5 heures. Avec un bus gouvernemental un peu de bric et de broc, sur des routes en lacets avec « à-pics » impressionnants, parfois très étroites ou en réfection, mettant à l’épreuve nos organismes sur les sièges en skaï.

Vue du village de Munnar

Les rangées de theiers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’atmosphère s’est révélée effectivement plus clémente, mais sans qu’on soit obligé de ressortir les pulls.
Ce qui m’a le plus « scotchée » à Munnar, ce sont bien sûr les collines de thés. A perte de vue, sur des kilomètres, épousant tous les recoins et reliefs des monts. (Le thé a besoin de sols en pente pour le drainage de l’eau, à l’inverse du riz). Donnant une impression de vignobles. Dans des variantes de couleurs vertes très photographiques.
Je ne connaissais rien à la culture du thé et j’ai été agréablement surprise d’évoluer au milieu de ces plants qui arrivent à peu près à hauteur d’épaule.

Une femme coupant les jeunes pousses de thé.

Un theier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La légende dit que c’est l’empereur chinois Chen Nung, en 2737 av JC, qui aurait découvert le breuvage. Un jour, quelques feuilles d'un arbuste tombèrent dans sa tasse d'eau bouillante. L'empereur fut séduit par le gout et le thé fit son entrée dans le monde, gagnant peu à peu tous les pays via les routes de la soie et des épices.  Plus tard, les anglais l’ont apporté en Inde afin d’avoir un constant vivier pour leur consommation croissante.  A Munnar, les plantations datent du XIXème. Donc plutôt récent.
Quand j’évoquais précédemment les vignobles, ce n’est pas anodin. Les plantations sont des rangées de théiers, arbustes à feuilles persistantes (de la famille des camélias) qui pourraient atteindre des hauteurs impressionnantes s’ils n’étaient pas régulièrement « taillés » de par la cueillette des feuilles, à raison de 3 à 4 fois par an. Un pied de théier peut vivre 50 à 100 ans.
Nous avions de la chance d’être présents à Munnar lors d’une saison de cueillette (qui n’est pas sans rappeler nos « vendanges »). Cette cueillette dure une dizaine de jours et est essentiellement assurée par les femmes. Et c’était vraiment super des voir toutes ces couleurs de saris au milieu des allées verdoyantes.

Séchage dans la fabrique

Les "cueilleuses"

Retour de cueillette

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces femmes coupent, de manière manuelle, avec un instrument qui allie sorte de ciseaux avec poche de réception, les jeunes feuilles, qui affleurent au sommet des arbustes. Ensuite, elles jettent leurs poches de réception dans un plus grand sac et quand celui-ci est plein elles le nouent et l’emmènent au point de rassemblement, en les portant sur leur tête. Puis ce sont les hommes qui entrent en action et portent les sacs à la fabrique.

Thé blanc

Thé noir

 

Thé vert

 

 

 

 

 

 

Il y a 3 sortes de thé, mais qui viennent tous du sommet du même arbuste. Ce sont la « jeunesse des feuilles » et ultérieurement le degré de dessication qui les différencient.
- Le thé blanc : fait avec les bourgeons et très jeunes pousses. Juste séchés. Le plus délicat et rare. Et cher
- Le thé vert : jeunes feuilles flétries et chauffés pour éviter l’oxydation.
- Le thé noir : feuilles plus dures, flétries, chauffées puis oxydées dans une atmosphère chaude et humide. Il se conserve plus longtemps.

The master of chai

Echoppe à chai devant l'ashram de Ramana Maharshi

Les buveurs de chai de Marari Beach

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En  inde, nous l'avons surtout bu sous la fameuse forme du "tchai", c'est à dire du thé noir bouilli avec du lait, du sucre et des épices.
Si bon, goût inimitable que je n'ai jamais vraiment réussir à reproduire ici.
Il y a des "gargottes à tchai" partout, dans le moindre petit village, au bord des routes, aux arrêts de bus et de train.
La pause "petit dej-gouter-apéro locale", à environ 30 centimes d'euros le verre. La "chai convivialité".
On a rencontré des "maitres en la matière", avec un art de la confection, tant dans l'amplitude des gestes que dans le mélange d'épices. On appelle d'ailleurs souvent ce thé : masala chai.

cueilleur de poivre et cadamone

cardamone et poivre fraichement cueillis

Un des nombreux "spice shops" du Kerala

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il faut dire qu'à Munnar et partout dans le Kerala, outre le thé, on trouve une foison d'épices en tous genre. (D'ailleurs le cuisiner O.Roellinger y vient régulièrement). Ainsi, à coté de notre guest house, le voisin était perché dans un arbre pour y cueillir du poivre vert et de la cadamone.
Mais on a pu visiter des "spice gardens" avec toutes sortes de poivres, clous de girofle, muscade, macis, fenugrec, cannelle..
Et sans oublier les fruits : noix de coco surtout mais aussi fruits de la passion et ananas

Humm, un régal pour les papilles...

Publié dans 07-Témoignages personnels, 09-Voyage voyage...
Mireille Morant

citation du lundi (68)

date_range 7 mai 2018
visibility 64 consultations

" Si

dans ta tête

tu te retournes

face au sans-face

tu vois

Dieu

 

Il t'efface

 

Rien d'autre"

Jacques Goorma (poete belge)
extrait du "Vol du loriot" - Editions Arfuyen.

Cité par Alain Bayod lors du week-end à la Bertais

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements
Mireille Morant

Fondant au chocolat sans produit laitier (et sans gluten aussi..)

date_range 30 avril 2018
visibility 85 consultations

avis aux amateurs gourmands..
Une collègue nous avait un jour surpris en apportant un gâteau au chocolat qu'elle avait confectionné.
Tout le monde s'était émerveillé sur le goût, la texture, le moelleux incomparable...
Il me faisait beaucoup penser aux fondants préparés avec pratiquement autant de beurre que de chocolat, telle cette recette que j'avais mise sur le blog il y a longtemps (très longtemps - en 2008  - c'est à dire presque l'antiquité) et que j'avais intitulé sobrement : le meilleur gâteau au chocolat du monde. (cliquez sur le lien pour le voir de nouveau)

C'est alors qu'elle nous apprend que le gâteau en question était confectionné sans beurre, ni crème, ni gluten (mais avec des œufs quand même).
Et  le caractère onctueux et gourmand est rendu par .... de la compote de pommes. Oui de la compote ! (qu'on ne devine pas du tout)
Toutes les collègues et moi-même ont été bluffés.
Depuis j'ai confectionné à plusieurs reprises ce gâteau. Avec toujours autant de succès.

Et, dans le cadre de "mes pots de départ à la retraite", j'avais même préparé les deux versions (avec beurre - celui du lien) et sans beurre (et avec compote).
Et bien la plupart des personnes n'arrivaient pas à distinguer..mais trouvaient les 2 recettes exquises.

Allez, j'arrête de vous faire saliver. Voici donc la recette (ultra simple, pas la peine de faire "top chef")
- 180g de chocolat noir
- 3 oeufs
- 100 g de sucre de canne
- 50 g de maïzena
- 1/4 de cuill à café  de sel
- 200 g de compote de pomme (moi j'en ai pris de la "maison", et une autre fois un pot de la biocoop, ma collègue prenait des "Charles et Alice", mais ça marche avec tout)

1 ) Tapisser le fond du moule avec un cercle de papier cuisson. Huilez-le, ainsi que les bords.

2) Faites fondre le chocolat au bain marie

3) Battez les œufs avec le sucre. Ajoutez le sel et la maïzena et mélanger

4) Ajoutez la compote, mélanger

5) Ajouter le chocolat fondu et tiédi et  mélanger

6) Verser dans le moule puis faite cuire durant 30 à 35 minutes dans un four pré-chauffé à 170° (thermostat entre 5 et 6)

(vous pouvez par la suite ajouter un peu d'extrait de vanille et/ou 10 g de cacao non sucré et, si vous voulez un gâteau un peu plus gonflé, ajoutez  en même temps que la maïzena : un demi sachet de levure - et faire des finitions en saupoudrant de sucre glace ou cacao..)

Étonnant non ! (comme disait un certain Pierre D)

 

Publié dans A table
Mireille Morant

Ashrams (Inde du sud selon Georges et Mireille 3)

date_range 6 avril 2018
visibility 89 consultations

Ce titre pourrait évoquer  l'un des 1ers films d'Arnaud, ou alors, par exemple les  centres affiliés.
Et pourtant non, c'est toujours Tiruvannamalai, ville où ont vécu plusieurs grands sages indiens (et occidentaux) et où se trouvent par là-même de nombreux ashrams.
Ce qui en fait une localité très prisée des chercheurs spirituels ou simples curieux de voir où ont vécu ces maitres (cependant peu de "touristes lambdas" avec cars conditionnés et guides - le lieu n'étant même pas renseigné dans le guide du routard, c'est pour dire).
En voici quelques uns que nous avons fréquentés (en bleu, ce sont les liens vers les sites web)

- Ashram Ramana Maharshi - Sri Ramanashramam

L'entrée de l'ashram de "Sri Ramanashramam" à Tiruvannamalai

Vue de la grande salle de l'ashram

the daily routine : planning quotidien des activités de l'ashram

 

 

 

 

 

 

Avec le temple hindou, c’est incontestablement l’endroit où convergent le plus de visiteurs et fidèles.
Il y a sans cesse du monde, à tout moment de la journée, de 6h30 à 22h00. Une ferveur constante. Du va et vient. Plein d'endroits où s'arrêter, méditer, discuter, indiens et occidentaux réunis. Des salles inspirantes, avec expositions et spécificités, des singes, une librairie et boutique...Un programme quotidien alternant des pujas, chants de vedas, méditations. Et un chemin qui part dans la montagne en direction des "grottes". Il fait toujours bon y venir.
Nous nous nous sommes trouvés très souvent au moment où des jeunes apprentis brahmines, entre 6 et 12 ans environ, torse nus et visage et bras marqués de traits de cendres, récitaient les vedas. Devant la statue dorée de Ramana Maharshi dans la grande salle. Et les personnes tournant sans cesse autour de l'estrade. C'était un moment très fort de voir ces gamins concentrés sur les textes sacrés.
Je vous mets une très petite vidéo qui donne un aperçu.

A partir de l'Ashram, un chemin s'élève sur le mont Arunachala vers les "caves", c'est à dire les 2 grottes où demeura Ramana Maharshi, ainsi que d'autres sages.
Chemin bien tracé avec régulièrement des vendeurs de sculptures en bois.
Les grottes en question sont aménagés en mini salles de recueillement et repos. Cependant elles ne sont pas ouvertes tout le temps et quand nous y sommes montés, elles étaient malheureusement fermées. Mais la vue était magnifique sur toute la ville.
Comme nous n'avons pas pu non plus nous rendre jusqu'au sommet du mont car c'est une ascension à faire tôt le matin et nous avions privilégié les satsangs avec Amananda. Ensuite il faisait vraiment très chaud et pas sûr que le genou de Georges aurait apprécié. Une autre fois...

Sur le mont Arunachala - chemin vers les grottes

Virupaksha cave

Skandashram cave

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La  figure de Ramana Maharshi est donc partout présente. Dans les cafés, guest houses, avec des citations au bord des routes et mêmes .. jusqu'aux poubelles qui sont "offertes" à la ville par l'ashram, afin de sensibiliser les habitants à la gestion des déchets.

Un café à Tiruvannamalai, avec un portrait de Ramana Maharshi au fond

Poubelle à Tiruvannamalai - don de l'ashram

Portrait a la porte de notre chambre

la statue du "Ramana noir" dans l'ashram

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-  Ashram Seshadri Swamigal
Mais la figure de Ramana Maharshi n'est pas la seule à hanter les rues de Tiruvannamalai. La ville comporte nombre de temples hindous, centres aryurvediques,  "spiritual homes", "trusts". .
Très proche de celui  de Ramana se trouve un autre ashram, celui de Seshadri Swamigal, un autre sage du 20eme siècle. Ambiance également propice à la méditation. Ce lieu accueille aussi des satsangs et séminaires. Ainsi, lors de notre séjour, le canadien John de Ruitter y donnait des conférences .

 

 

  • Ashram Yogi Ramsuratkumar
    A quelques centaines de mètres, un autre ashram très fréquenté. avec beaucoup de dévotion. C'est celui de Yogi Ramsuratkumar.  Avec un rythme de pujas, des halls de méditation, une grande et belle salle circulaire ornée de portraits de sages indiens. Et à tout moment, des fidèles, qui se relayent pour  scander non stop  le mantra de Yogi.

L 'entrée de l'ashram de Yogi Ramsuratkumar

Yogi Ramsuratkumar

grande salle de l'ashram de Yogi Ramsuratkumar

 

 

 

 

 

 

 

Voici une petite video qui montre :

- Centre Lee Lozowick
Et puis je terminerai par celui situé dans une petite rue en face de l'ashram de Yogi Ramsuratkumar, c'est le centre affilié à Lee Lozowick.
Et  où ont séjourné des amis de la Bertais ainsi que les groupes emmenés par Corine Bayod.
C'est vraiment un bel endroit, petit et calme, "bertaisien", propice à la recherche intérieure

Lee

 

dans l'ashram de Mr Lee

 

Yogi and Lee

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà, si après tout cela vous n'avez pas envie de vous renseigner sur les vols vers Tiruvannamalai....

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements, 09-Voyage voyage..., Vos Photos
Mireille Morant

L’inde du Sud selon Georges et Mireille (2)

date_range 15 mars 2018
visibility 52 consultations

En route pour Tiruvannamalai

Citations de Ramana Maharshi en bord de route

Nous ne sommes pas restés à Chennai, (trop grosse métropole, la 4ème d’Inde, très étendue) et dès le lendemain matin, immersion dans le tourbillon indien en prenant (en « attrapant » presque) d’abord un « bus urbain » pour aller à l’immense gare routière, puis un bus « régional « pour nous rendre à Tiruvannamalai.
A la gare routière, on a l’impression qu’il y a du monde et des bus en permanence.
On n’attend pas, on demande juste « tiruvannamalai ? » et hop l’employé nous montre un vieux bus sans vitres, intérieur en tube et skaï, non climatisé ...et on rentre dedans … et il part..187 km mais 5 heures quand même (et 1.25 euros seulement le billet ! - l'Inde n'est vraiment pas un pays cher ).

La gare routière de Chennai

Un bus gouvernemental régional

Vendeurs de fruits, cacahuètes.. à un arrêt de bus

 

 

 

 

 

 

 

 

On a d’abord eu l’impression qu’on ne quittait jamais Chennai, et  on s’aperçoit rapidement qu’il y a pratiquement tout le temps des échoppes le long des routes : à thé, fruits, fritures en tous genres, un peu partout…et à n’importe quelle heure même dans des endroits improbables.
Puis quand même la campagne, des rizières, quelques buffles et des maisons en torchis ou bambous recouvertes de feuilles de palmiers.
C’est assez sec, la mousson est passée depuis un bon moment.
Quelques rochers, puis collines et des monts, dont le fameux Arunachala qui annonce Tiruvannamalai.
Le mont en question ne se distingue pas vraiment des autres collines. 800 m. Mais pour les hindous il a une signification importante, dédié au Dieu Shiva ,(qui se serait manifesté sous forme de colonne de feu pour redonner la lumière sur terre) avec pèlerinages importants aux pleines lunes. Ci joint un lien explicatif

Le mont Arunachala vu du toit d'un resto

Shiva

Le temple de Tiruvannamalai vu de la plate forme devant la grotte

 

 

 

 

 

 

 

Compte tenu des nombreux ashrams et du grand temple  Annamalaiyar (dédié à Shiva), je m’attendais à arriver dans une ville de type Bodhgaya (en Inde du Nord, là où le Bouddha a atteint l’illumination et où nous avions passé quelque temps il y a 36 ans), c’est-à-dire assez petite, avec un centre-ville s’organisant autour des lieux saints.

Notre 1ere guest House

Mais c'est une véritable ville indienne, avec circulation intense et foutraque, 150 000 habitants, plusieurs quartiers, certains tournés autour du temple ou d’une mosquée, d’autres agglutinés vers les gares, d’autres encore vers les écoles ou le lac …
Nous avons d’abord débarqué dans un quartier peu touristique. Les personnes ne comprenaient pas l’anglais, ils ne retrouvaient pas notre réservation et il a fallu se débrouiller avec des expressions/mimes.
Quartier assez excentré sans autre hôtel ou restaurant susceptible de recevoir des touristes, sans occidentaux d'ailleurs.

 

Populaire, plutôt pauvre, routes avec trous où les tuk tuk devaient manœuvrer pour trouver le meilleur endroit afin qu'on ne subisse pas les secousses, quitte à frôler dangereusement les égouts ou les bus.

Des cantines à peine éclairées le soir, où nous avons mangé des parathas/dhal/omelettes très bonnes, dans un boui-boui très fréquenté par les locaux mais à peine recommandable selon nos normes habituelles d'hygiène avec un rat se promenant dans l’arrière cuisine, mais le patron était si heureux de nous voir et le prix : 58 roupies (80 centimes un bon repas pour 2).

 

Puis nous avons trouvé une room plus près des ashrams- et... plus près des occidentaux, des magasins de vêtements, des restaurants adaptés, souvent bio.
Un autre visage certes, mais qui s'intègre tout à fait.

Et on s’aperçoit que c’est facile, une fois sur place de trouver des logements à des prix abordables, beaucoup d’indiens louant des chambres basiques (avec ventilos et salle de bains à la turque) un peu partout. C'est un endroit bigarré, où on pourrait rester longtemps.
En voici quelques clichés

Scène de rue typique à Tiruvannamalai

Sortie de collège à Tiruvannamalai

Cortège funèbre à Tiru

 

 

 

 

 

Vendeurs de fruits devant l'ashram de Ramama

Fabricants de colliers de fleurs devant le temple

Le "iron man" à Tiru

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et bizarrement, cette ville ne figure pas dans le fameux "guide du Routard" (elle l'est dans le "lonely planet")
Peut-être est-ce une raison pour laquelle on a rencontré peu de Français (comparé à Pondichéry par ex) ?
Ou alors est-ce que le Guide du Routard ne prend pas beaucoup en compte disons la "dimension spirituelle" ?

Nous reviendrons quant à nous bien sûr, sur cette dimension, les différents ashrams, temples, grottes, satsangs, à l'occasion d'un prochain article..
En attendant histoire de vous faire saliver, nos 1ers plats à Tiru, indien et tibétain.
Ah la nourriture, y'en aura des choses à dire (et je ne manquerai pas plus tard de mettre des recettes..).
Entre les gargotes de rues spécialisées dans les parathas/légumes et soupes au dhal, les restaurants de rues proposant les "south indian meals" (les fameux "thalis" - riz blanc/currys légumes et plein de sauces parfois assez épicées), les restaurants plus occidentalisés, souvent sur les toits...Très, très bons. (et on n'a pas du tout été malade)..

Notre 1er thali

Le "dreaming tree " restaurant sur le toit à Tiru

Nourriture tibétaine à tiru

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mireille Morant

L’inde du Sud version Georges et Mireille (1)

date_range 1 mars 2018
visibility 54 consultations

Le mont Arunachala à Tiruvanamalai

Il y a 10 ans, un ami de la Bertais, Vincent, partait plusieurs mois en Inde, de Bombay à Mysore, en passant par Goa et Hampi. Et il nous avait offert sur ce blog plusieurs récits de son parcours, illustré de belles photos. On avait appelé cette série d’articles « L’inde selon Vincent », publiés entre juillet et novembre 2008. Vous pouvez toujours aller les relire, voici le lien vers le 1er article (sinon par l’option « rechercher » du blog)
Et un autre ami du blog, Christophe, a lui aussi effectué un sacré périple en 2008/2009, passant par plusieurs pays d’Europe et d’Asie, et terminant par l’Inde et le Népal. Il y avait eu aussi plusieurs articles sur le blog de la Bertais sous le titre « le voyage de Lorkan » et il est toujours possible de les relire ou bien d’aller directement voir le Blog de Christophe (dans la rubrique « blogs amis » ci joint lien)

notre 1ere chambre indienne avec ventilo a l'auberge de jeunesse de Chennai

Et donc 10 ans après on va avoir droit au « voyage en Inde selon Georges et Mireille"

En effet, pour fêter ma récente retraite, nous avions décidé, Georges et moi, de faire un voyage (3 semaines, loin des mois passés par nos deux prédécesseurs blogueurs) et notre choix s’est porté sur l’Inde. Pays que nous avions déjà arpenté longuement, dans sa partie Nord, il y a 36/40 ans. Mais nous ne connaissions pas du tout le Sud
Il y avait d’autres arguments que le simple voyage touristique de 2 seniors. D’ailleurs l’Inde n’est certes pas un pays que l’on aborde facilement au sens purement touristique du terme. Ce n’est ni les Caraïbes, ni l’Espagne/Grèce/Portugal, ni même la Thaïlande. C’est un pays qui, pour l’apprécier pleinement, exige une certaine immersion.
Et je n’étais pas sure au départ que nos âges actuels (eh oui !) allaient nous permettre de nouveau aisément cette immersion.

Quarante ans donc que je n'étais pas revenue sur ces terres indiennes. A l'époque, nous étions en mode "hippie-routard", logeant dans des chambres dans des quartiers que nous prospections à pied, ou par le bouche à oreille sur place et avec un « guide du routard » balbutiant.
Pas d'internet ni de smart phone.
Les contacts avec nos familles se faisaient par le biais de cabines téléphoniques internationales ou par ces drôles d'envois postaux qu'on appelait aérogrammes, réceptionnées dans des « postes restantes ».
Et pourtant, çà le faisait, témoins nos deux séjours de presque six mois chacun en Inde du nord et Népal.

Voilà le parcours en 3 semaines, du 22 janvier au 12 fevrier 2018, entre Tamil Nadu et Kerala.

Aujourd'hui donc, des changements notables, notamment au niveau des nouvelles habitudes des occidentaux liées à la grande mouvance internet. A présent, la plupart des réservations de trains et de logements, voire de circuit entier, semblet se faire essentiellement via des sites dont les fameux booking, cleartrip...qui te disent que « attention il ne reste qu'une chambre et c'est très demandé. »
Il est vrai que, pour la préparation du voyage, tous ces sites, blogs et forums donnent de bonnes indications en permettant de comparer et de croiser les données.
Mais la magie routarde se perd un peu, là où tu arrivais avec ton sac à dos pour voir les « rooms available » (avec parfois certaines surprises de type plus qu' ultra basique.)
L'autre donnée est la connectivité. Les smartphones partout, et aussi chez presque tous les indiens. Ainsi, lors d'étapes, au demeurant fort agréables, dans un café près de l'ashram de Ramana, la plupart des clients, assis par terre sur des coussins, étaient attablés a ...des laptops. La magie des conversations, rencontres, en a beaucoup pâti.

l'heure du tchai

Et pourtant, dès notre arrivée à Chennai (alias Madras), en pleine nuit, après de nombreux et très pointilleux passages en douane, et d'autres formulaires à remplir, nous avons constaté que non, l'Inde n'a pas changé : 25 degrés à 2h du matin, odeur de charbon et de ghee brûlés, des dizaines de tuk tuk dans une circulation infernale, (oui même à 2h du matin), à la débrouillardise, 2 roues se faufilant entre deux bus brinquebalants, en évitant vaches et chiens errants. Traverser une rue est une gageure en soi. Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas plus d'accidents. En fait, il faut carrément y aller et les deux roues s'adaptent.

L'inde, c'est aussi à la fois les femmes habillées en brocards et fleurs dans les cheveux, les écolières tirées à quatre épingles en uniforme et en même temps, les égouts à ciel ouvert et les déchets plastiques, presque partout. Les hôtels rutilants et les maisons en pierre et torchis que l'on aperçoit du bus gouvernemental (tartan métal et skaï, non climatisé, une vraie expérience à lui tout seul).

Avec notre logeur-pecheur à Marari pour un fameux curry de thon..

Quant au reste, des petites échoppes partout, allant des fruits et légumes, fleurs et bijoux, noix de coco et papayes entassées à même le sol, vêtements, paniers, cantines de rue servant du tchai, chapatis et diverses fritures sur des tables en bois et fer, à l'arrière cuisine, plus que basique.
Donc, il y a de tout partout. Le fameux « free wifi ». Eh oui, moi aussi, je me laisse entraîner par la lecture des mails et autres réseaux. Et ce sont aussi et surtout les recherches sur le net pour trouver un hôtel pas trop cher et avec ventilateur et anti moustiques (je suis une cible privilégiée, contrairement à Georges), ou des bus d'un endroit à l'autre.
Dominent cependant les klaxons des tuk-tuk, 2 roues motorisés et des bus. Et une odeur de fumée

Exit les manteaux et chaussures d'hiver. Nous voilà donc en place.

Ci-dessous une petite vidéo (trouvée sur YouTube) qui correspond très bien à cette folie de circulation que j'évoquais précédemment (et dont j'aurais sans doute l'occasion de reparler au cours des épisodes suivants)

Publié dans 09-Voyage voyage...
Mireille Morant

Retraite..

date_range 16 février 2018
visibility 70 consultations

Voilà bien longtemps que je n'avais pas pris le temps d'écrire sur le blog.
Diverses raisons dont beaucoup liées à mon activité professionnelle.
Mais maintenant je vais avoir plein d'occasions de lire et d'écrire puisque justement, d'activité professionnelle, je n'en ai plus....
Depuis le 1er janvier, me voilà donc passée dans un autre statut, celui que, à la sécurité sociale, ils affilient encore sous le terme de "pensionné", et plus généralement connu comme ...
"Retraité".
Ah la retraite !

Action de "se retirer".

On en connait les exemples de type militaire (retraite de Russie par exemple) et les expressions de type "battre en retraite" (où là c'est plutôt faire machine arrière)

Et aussi bien sûr les retraites "de type spirituelles". Bien connues sur ce blog.

Mais l'usage le plus répandu est bien sûr celui qui consiste à "se retirer" du monde du travail.
D'ailleurs quand on tape "retraite" sur Internet, ce n'est pas celle des 3 ans des tibétains qui vient en 1er, ni la déroute de  Napoléon, non ce sont tous les organismes qui proposent de calculer l'âge de départ, le montant, le nombre de trimestres, les cotisations, les décisions politiques, les régimes...
La retraite en tant "qu'on a acquis des droits pour être payé à ne plus travailler". Grand acquis social de l'après guerre!

Combien d'expressions de collègues ou voisins j'ai pu entendre depuis quelques mois !
Je vous en donne un florilège : "enfin, tu vas bien profiter" - "Tu l'as bien mérité, tu as assez cotisé pour ça" - "il faut laisser la place aux jeunes" - "il ne faut pas s'user à la tache, tu as encore plein d'années devant toi", en passant par "je t'envie, moi j'ai encore...tant d'années selon l'interlocuteur" et aussi "mais qu'est ce que tu vas faire maintenant ?", et autant de poncifs qui vont de l'allégorie de la chaise longue ou de la pêche aux voyages et confitures..

Bref c'est une étape.
Ce qui m'a le plus surpris, c'était de voir que les questionnements émis par mes collègues ("qu'est ce que ça te fait ?", "est ce que tu as des projets ?" ou alors au contraire "je n'attends que ça, si je pouvais partir maintenant"..) semblaient plus le reflet de leur propre inquiétude, leurs propres projections quant à cette étape.
Personnellement, il me semble l'avoir bien" négocié" ce passage.
Pas épuisée, ni "au bout du rouleau" (même si je ne me retrouvais plus très bien vers la fin dans les orientations et management de mon métier), pas inquiète quant au fait de se retrouver du jour au lendemain sans cette activité professionnelle dans laquelle je m'étais  beaucoup investie (notamment sur la fin, quand il fallait pallier à l'absence des collègues en arrêt pour burn out).
J'ai eu une impression d'un glissement progressif vers cet autre temps de ma vie, qui arrive comme cela doit arriver.
Ni regret (à part peut être le niveau de mes revenus), ni précipitation.
La loi du changement est là aussi.

Au revoir donc travail salarié

et

bienvenue dans ce nouveau monde..

Publié dans 07-Témoignages personnels, Sangha news
Mireille Morant

La bonne poire

date_range 21 octobre 2017
visibility 53 consultations

Notre brave petit poirier a croulé sous les poires en ce mois d’aout passé. Et croulé, c’est bien le mot, car du fait du poids des fruits en question, une grosse branche a craqué.
Jamais nous n’avions vu des poires aussi grosses. (certaines pas loin de 300 g ).

Et la poire quel fruit !
Williams, Conférence, Comice, Passe-crassane… et les fameuses petites « poirettes sauvages » que l’on trouvait au bord des routes de campagne d’avant remembrement. (qu’on appelait « copeaux » je ne sais pas pourquoi).
Les historiens racontent que leur chair douce et savoureuse faisait le bonheur de Louis XIV. (Pour l'anecdote, le roi soleil adorait les fraises mais y était allergique. C'est donc avec la poire que le monarque s'est consolé et a pu satisfaire ses envies de fruits).
Il faut dire que la poire est hypoallergénique et peut être consommée par tous, sans risque de provoquer des effets secondaires indésirables. Elle entre d'ailleurs dans la composition des compotes pour les bébés. Elle est riche en fibres et en vitamines
Que du bon donc..

Les nôtres étaient presque toutes  tachées, véreuses, mais très bonnes, sucrées et juteuses, une fois enlevée la partie touchée. Variété William. Sans traitement of course.
Mais (il y a souvent un mais..) il y en avait trop d’un seul coup, tombant, toutes mûres en même temps, remplissant les cagettes. Et du fait de la qualité « véreuse », difficile de les conserver au frais.
Il a fallu s’y mettre pour trouver toutes sortes de moyens de conservation, desserts, plats. Heureusement c’est un fruit généreux qui se prête à plein de recettes, et plus qu’on ne croie.

Je vous offre ce jour un florilège à enrichir et compléter à votre goût (et du goût il y en a dans la poire, contrairement à certains grincheux qui la trouvent un peu fade en comparaison de sa cousine du pommier..)

D’abord  éplucher, couper et mettre dans l'eau avec du citron (pour éviter qu’elles ne virent au marron)

Puis la conservation :

  • Au sirop (sirop = 400g de sucre pour un litre d’eau, pocher les poires dedans et les verser, chaudes, dans des bocaux nettoyés, bien fermer les couvercles  et renverser les bocaux en question jusqu’à refroidissement )
  • En compote (pareil les mettre dans les bocaux et les retourner)
  • Au  congélateur : pocher les poires rapidement dans de l’eau chaude non sucrée. Puis laisser refroidir et mettre dans des sacs de conservation. L’idéal : elles restent plus « nature ». Et on peut  s’en servir pour des recettes salées.(mais moi j'avais déjà un trop plein dans mon petit congélateur..)

Car on en fait des recettes salées avec des poires (si, si). Des idées :
- En apéro : poires/roquefort sur des toasts  ou feuilletés  poires/noix/ chèvre.
- En « carpaccios » – fines tranches poires alternant avec d’autres éléments type saumon ou bœuf, ou avocat, betteraves rouges…
- Tarte poires et fromage bleu.
- Ou dans des tartes avec épinards ou blettes. Ça les radoucit.
- En salade, bien sûr (avec roquette et pamplemousse par ex – et des lanières de jambon cru)
- Essayez aussi des pâtes au gorgonzola avec quelques dés de poires..
Vous l’avez vu la plupart des fromages à « pâtes persillées » se marient très bien avec les poires.
- Et elles peuvent devenir, rôties, un accompagnement pour magrets de canard par ex, à l’instar des pommes.
A vous de donner d’autres idées, astuces….

 

Recettes sucrées : alors là c’est plus connu. Voyez plutôt :
- tiramisu aux poires. Idéalement avec des fruits que vous aurez mis « au sirop », afin de récupérer le jus, d’y adjoindre éventuellement  un peu d’ alcool. Et ne pas ajouter trop de sucre dans la préparation du tiramisu si les poires proviennent d’un bocal au sirop. J’ai une recette de tiramisu que j’avais posté avec des fraises, vous pouvez la retrouver ici. Les bases sont les mêmes.  Ne pas hésiter  à saupoudrer de cacao.

La poire aime le chocolat (et les épices de type gingembre, cannelle, anis)
Justement une recette de Scarabée, avec poires et  crème de soja au chocolat et amandes. Simple ! comme dirait Daniel.
- Charlottes aux poires ou poires/chocolat
- Crumbles aux poires
- Clafoutis aux poires
- Gratin de poires et fromage blanc vanillé. (recette de Scarabée  encore)
- les tartes : ah il y en a. Que ce soit la tarte aux poires sur pâte fine (un peu comme les pommes), la tarte aux poires  alsacienne (avec crème et amandes), la tarte poires/chocolat, la tatin de poires (même principe qu’avec les pommes – l’occasion d’aller redécouvrir cet ancien post sur la tarte tatin)
- Des verrines pour les cafés gourmands
- La fameuse poire « belle Hélène » pour les amateurs de glacé
- dans beaucoup d’ouvrages de cuisine, il est fait allusion aux « poires au vin rouge » mais je n’ai jamais essayé
- tout comme je n’ai pas non plus fait de sorbet (en fait les glaces, c’est pas mon truc)

Voilà cela en fait….

Et en fin d'article je ne résiste pas à rajouter quelques bonnes expressions françaises qui utilisent le terme de notre fruit du jour :

"couper la poire en deux"
"entre la poire et le fromage"
"garder une poire pour la soif"
"être une bonne poire"
"se fendre la poire"
"se payer la poire de quelqu'un".....

Un bon fruit je vous dis

Publié dans 02-La vie de la Maison, A table
Mireille Morant

Souffle dans le vent

date_range 30 août 2017
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                        Robert Zimmerman

 

 

 

Vous devez sans doute avoir entendu parler du prix Nobel de littérature (cliquez sur le lien pour lire la news) décerné le 13 octobre 2016 à ....Robert Zimmermann, alias Bob Dylan. Pour "avoir créé dans la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d'expression poetique"(dixit les nobels)

A l'époque certains linguistes émérites s'étaient offusqués qu'un prix d'une telle ampleur aille à un ...chanteur, un vulgaire baladin. Shocking !
Mais beaucoup d'autres, la plupart d'ailleurs, reconnaissaient l'immense talent du natif du Minnesota pour écrire des paroles et reconstituer toute une histoire de l’Amérique à travers ses textes.
Il avait d'ailleurs déjà reçu en 2008 le prix Pulitzer, qui récompense traditionnellement des travaux journalistiques, pour, selon les mots du jury, « son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire ».

Les chansons de Dylan (il a bien sorti 40 albums studio, sans compter les "bootlegs series", les live et autres compilations) sont autant de saynètes sociologiques ou d'envolées amoureuses et politiques. Il n'est qu'à voir le nombre de livres sortis (poèmes ou proses, paroles de chansons) par l'américain ou sur son oeuvre.

Il était très difficile de choisir une chanson parmi la multitude créée par le bonhomme. En voici quelques morceaux choisis, pour vous faire (ou refaire) une idée. (avec images d'archives permettant de retracer la carrière)

La règle pour les nobels exige que le lauréat se présente et ou fasse un discours afin de recevoir son prix et la somme (non négligeable - environ 800 000 euros) qui va avec.
Il semblait dans un 1er temps que l'artiste de 75 ans allait boycotter ce cérémonial, voire carrément refuser son prix. Puis il est venu, le 1er avril, presqu'en catimini et à huis clos (entre 2 concerts) rencontrer les académiciens du Nobel Prize et recevoir la fameuse médaille..

Restait le discours. Celui-ci a été enregistré et envoyé le 4 juin 2017 : 27 minutes de paroles non pas chantées, mais racontées, accompagnées de musique, avec une connotation poétique indéniable.

J'en avais entendu parler en écoutant une de mes émissions fétiches du PAF : celle de Michka Assayas sur France Inter : Very good trip de 21h00 à 22h00 en semaine.
Il partait en fait de Buddy Holly, musicien qui aurait donné à Dylan l'envie d'écrire des chansons. Et alternait des extraits (traduits) du discours en question, avec des chansons de l'artiste.
très intéressante émission. Je vous la met en Podcast

Et voici quelques extraits :

« Quand j’ai reçu le prix Nobel de Littérature, je me suis interrogé sur ce qui reliait vraiment mes chansons à la littérature, j’ai voulu y réfléchir et trouver les liens. Je vais essayer de l’expliquer, et très certainement empruntant quelques détours mais j’espère que ce que je dirai sera utile et réfléchi. Si je devais remonter à l’aube de toute cela, je commencerai par Buddy Holly … il est mort quand j’avais 18 ans et lui en avait 22… »

Et si Dylan parle de Buddy Holly c’est parce que ce rapport à la mort, celle de Buddy Holly ou celles des héros de roman, va traverser toute sa musique et ses lectures : il cite Don Quijote, Ivanhoé, Gullivers, Robinson Crusoe… Mais trois grand livres ressortent, et d’abord Moby Dick.

« Moby Dick est un livre fascinant un livre plein de scènes dramatiques, de dialogues plein de théâtre (…) Le livre exige beaucoup du lecteur (…) Achab la poursuit la baleine à travers les mers du globe mais c’est un but abstrait, rien de concret ou de défini… » Moby Dick, remarque Dylan, c’est plein de références bibliques : Melville mélange les mythes judéo chrétiens, les mythe Hindous, des légendes Anglaises, St George, Hercule et Persée… la mythologie Grecque Mais aussi la phrénologie, différentes théories scientifiques et même une histoire de la marine : « on ne voit que la surface des choses, chacun peut l’interpréter à sa façon »

Et Dylan d’évoquer la question de la croyance, du Re-Born, « et tout ceci trouverai une place indirecte dans plusieurs de mes chansons ». L’autre livre qui marque Dylan c’est A l'Ouest rien de nouveau d’Erich Maria Remarque « un livre où l’on perd son enfance, sa foi dans un monde sensé (…) on est coincé dans un cauchemar : typhus , dysenterie, morphine, fièvre… Outre la diction le phrasé, on remarque que Dylan raconte le livre depuis la première personne, mais du pluriel : Dylan joint l’expérience intime au grand récit collectif et c’est la même chose quand il parle de L’Odyssée récit d’un voyage sans fin, qu’on est tenté de rapprocher de la tournée sans fin de Dylan, avec ses adversaires, ses doutes, ses trahisons et Dylan de conclure ainsi : « Qu’est-ce que ca veut dire ? mes chansons et celles des autres ont été influencées par les mêmes thèmes, qui ont un sens différent, ce qui compte c’est que la chanson vous touche (…) Je n’ai pas besoin de savoir ce qu’une chanson veut dire (…) Dans certains poèmes de John Donne, ce poète et prédicateur du temps de Shakespeare, que j’aime beaucoup, certains vers comme «The Sestos and Abydos of her breasts. Not of two lovers, but two loves, the nests » ne veulent rien dire mais ils sonnent bien, et il faut qu’une chanson sonne bien. Il en revient à la fin de l’Odyssée et à Achille (et non Héraclès) qui règne dans un royaume des morts …

« Et les chansons doivent être vivantes dans le monde des vivants, et les chansons ne sont pas comme de la littérature elles doivent être chantées et non lues, les mots de Shakespeare doivent résonner sur une scène, comme les paroles d’une chanson (…) J’espère que vous pourrez les entendre de cette manière, en concert, ou au disque ou de n’importe quelle façon… J’en reviens à Homère qui dit « chante en moi vieille muse et à travers moi, raconte l’Histoire »

Si vous voulez écouter (et lire) l'intégralité de ce discours, le voici. Je n'ai pas trouvé de sous-titres français, mais en anglais.
Facilement traduisibles et c'est surtout intéressant d'entendre le timbre et le phrasé du chanteur.

 

Publié dans Musique
Mireille Morant

La fanfare des coeurs solitaires du sergent poivre

date_range 31 juillet 2017
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Drôle de titre diriez-vous.
C'est la traduction du fameux "Sergent peppers lonely hearts club band", un des albums les plus remarquables des Beatles.
Cette fois je pense que, en terme d'article "rock", chacun devrait à peu près s'y retrouver.
En outre, l'album en question vient de faire  l'objet de nombreuses émissions, articles de presse, voire concert (dont celui de France Inter en direct où le musicien Rover interprétait tous les morceaux) et réédition "de luxe".
Il a en effet 50 ans. C'est  le 1er juin 1967 que ce huitième album des Beatles est sorti et a fait l'effet d'une révolution dans ce nouveau monde de la pop.

A l'époque les Beatles étaient déjà des immenses stars. Adulés par des hordes de fans hystériques (surtout des filles) qui hurlent, pleurent, s'évanouissent durant les concerts. On parle de Beatlemania.
Un documentaire récent, réalisé par Ron Howard, (et diffusé il y a peu sur les chaines du groupe canal - mais il peut aussi se voir au cinéma) relate très bien cette période.
Titre du film : "eight days a week". (Et c'est aussi une chanson du groupe.)

Le film se focalise sur cette "beatlemania" : les concerts et les tournées, la conquête de l’Amérique..Des images rares et inédites qui montrent le succès incroyable de ces quatre musiciens durant les premières années, de 1962 à 1966, du Cavern Club de Liverpool à leur dernier concert à San Francisco...

Mais le quatuor (pour célèbres prénoms : John, Paul, George et Ringo) finit par en avoir assez de ces concerts où ils ne peuvent même plus s'entendre jouer.
C'est aussi le moment où la consommation insouciante de "tubes", chansons en 45 tours commence à faire place à l’écoute assidue d’albums entiers.
Ils se réfugient  alors dans leur studio d'Abbey Road. Loin de l'hystérie des fans, et durant plusieurs semaines, (4 mois)  ils vont bricoler, inventer, mélanger des instruments, tenter des expérimentations sonores en empruntant sur tous les plans. Et en jouant même avec un orchestre symphonique.

Avec cet album les Beatles ont prouvé qu'ils n'étaient pas qu'un simple groupe de rock pour adolescents et ils ont ouvert la voie à une création débridée, commencée outre atlantique avec l'album" Pet Sounds "des Beach boys et préfigurant les utopies hippies et le psychédélisme qui n'avaient pas encore gagné l’Angleterre.
C'était un album foutraque, une célébration de joie et de mélodies dans la morosité d'une époque marquée entre autres par le meurtre de Che Guevara, les émeutes raciales à Detroit ou encore la révolte qui grondait dans les universités britanniques et les prémisses des manifestations françaises ou celles contre la guerre du Vietnam

Il a vite été considéré comme un chef d'oeuvre. Et 50 ans après, c'est toujours d'actualité.

Avec des chansons intemporelles : "With a little help from my friend", "Lucy in the sky with diamonds", "When I'm sixty four", "A day in the life" (ci-dessus), "She's leaving home" et bien sûr la chanson éponyme ...et encore d'autres

La pochette de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band signée Peter Blake a fait un certain effet à l'époque. On y voyait les Beatles photographiés en costumes colorés de fanfare (d'où le titre) avec en arrière-plan un collage de personnages historiques et contemporains. Il s'agissait d'une galerie de personnalités admirées par les membres du groupe. Et la liste est longue. A vous de chercher (façon Charlie) les Karl Marx, Tony Curtis, Edgar Allan Poe, Marilyn Monroe, Marlon Brando....et eux-mêmes à leurs débuts. Si vous voulez approfondir et tous les identifier, voici un lien à cet effet.

Un album référence comme ils disent.

Publié dans 10-Coups de coeur culturels, Films, Musique
Mireille Morant

La parenthèse estivale

date_range 13 juillet 2017
visibility 55 consultations

Ah les vacances !
Me voici donc aux manettes de cette « période » de l’année, propice à tous les fantasmes , projets et désillusions : j’ai nommé l’été !
Je ne sais pas si vous avez remarqué les mines réjouies ou les sourires en coin des présentateurs de journaux TV et de météo quand il s’agit de montrer les 1ers départs sur les routes ou les installations dans le mobilhomme ainsi que 1ers plongeons dans l’eau.  .
Tous les ans c’est la même chose et tant pis pour ceux qui ne partent pas ou les paysans inquiets quant à la sécheresse.

Le magazine Telerama du 05/07/17 donnait la parole à un historien : Christophe Granger, qui a publié un ouvrage : "La saison des apparences. naissance des corps d'été" ed Anamosa
Très intéressant article. Il dit entre autres : "...l'été est la saison des ruptures, et la première consiste à rompre avec l'habitude d'avoir des habitudes. le temps estival est une suspension, avec un début et une fin bien marqués. Cette parenthèse rend les règles et convenances caduques : alors qu'on est contraint toute l'année par un emploi du temps et un cadre de travail stricts,  par le poids de nos vêtements et de nos soucis quotidiens, durant l'été, tout se relâche ! En se libérant des injonctions ordinaires, nos manières d'être se transforment pour afficher, le temps d'une saison, de nouvelles valeurs : la décontraction et l'insouciance (.....). Ceux qui ne parviennent pas à jouer sur le jeu de la rupture et à adopter les "bons" comportements sont progressivement exclus de la représentation légitime. L'été peut être très violent. Continuer à faire ce que l'on fait le reste de l'année est mal accepté. Ne pas rentrer dans le moule (partir en vacances - loin de préférence - se dénuder sur la plage, bronzer), ne pas parvenir à éprouver ce bien être qu'il y aurait à "enfin" soi-même, tout cela est très mal vécu par de nombreux français. Sous ses airs libres, la parenthèse estivale est normative et culpabilisante. On a construit une règle qui ne dit pas son nom."
Et c'est un peu la réflexion que je me faisais en regardant les JT de début juillet.

Et tous les ans, j’évoque aussi ce moment de l’année où le blog se fait en demi-teinte, avec articles plus espacés et rediffusions éventuelles de notre riche collection.
Récemment j’avais précédemment évoqué cette période sur bien des aspects (que vous pouvez toujours relire en cliquant sur les liens adhoc):
- En 2016 : aspect historique 1936 avec les 80 ans des congés payés « blog sous parasol »
- En 2015 : aspect plus philosophique « vous avez dit vacances » (dans le style de l'article de Telerama)
- En 2014 : texte de Georges « en été » et appel à vos souvenirs des fameux « tubes de l’été ». (vous avez d'ailleurs été nombreux à contribuer)

Et cette année je refais donc appel à la communauté Bertaisienne pour contribuer à alimenter le blog sous parenthèse estivale.
C'est aussi l'occasion d'adresser des cartes postales de vos lieux de villégiature, des recettes de cuisine, un film, un concert, des photos, vidéos...
Ces articles peuvent être plus légers, parfois décalés.
Et pourquoi pas accompagnés de musiques, chansons sur les thèmes de l’été (ah « Summertime » par Janis Joplin, ou « Holidays » par Michel Polnareff, publiés les années précédentes.)

A vos manettes
Pour conclure, j'avais envie d'illustrer la période par un clin d’œil désuet : "les fameuses vacances de Mr Hulot"

 

 

Publié dans Messages non classés
Mireille Morant

Dès que le printemps revient….

date_range 20 avril 2017
visibility 59 consultations

Oyez, oyez
Fleurissez aubépines et cerisiers, roucoulez tourterelles, ressortez les sandales et les ombrelles !
Les fossés se couvrent de jaune et de blanc : du tendre des primevères à l’insolence des boutons d’or et le déploiement des ombellifères.
Vous l’aurez deviné : c’est le retour du printemps. Tellement attendu par certains, plutôt dans l’ordre des saisons pour les autres, mais néanmoins relativement clément et enchanteur.
Petite publicité personnelle, si vous avez un penchant floral et que vous êtres abonné récent sur le blog, je vous conseille d’aller découvrir la série sur les fleurs des champs que j’avais postée ici même et qui suivait l’ordre des floraisons par mois et par fleur « pressable ». Cela s’appelait « herbiers des campagnes bretonnes – cliquez sur ce lien pour le 1er épisode »
Aujourd’hui, pour fêter de manière ludique cette saison, (et pour rester fidèle à ma réputation musicale sur ce blog), voici un petit florilège de chansons, morceaux divers avec pour thème le printemps.
Vous verrez que cette fois, Mireille n’a pas fait dans le « rock pur et dur » ou dans le « bretonnant » (qui sont habituellement ses marques de fabrique). Mais, habitée encore par le week-end avec Christophe et Murielle, j’ai respecté les lois de la différence et proposé une gamme variée.
Alors à vos écoutes ! Et vos commentaires et suggestions.

Simon and Garfunkel : April comes she will

Parce que nous sommes en ce mois d’avril, et que cette chanson de Simon and Garfunkel me semble tellement correspondre, courte et ciselée, évanescente et si mélodieuse. Et puis hommage à ce duo hors pair.

Vivaldi : « les 4 saisons » - Le Printemps

Je crois bien que c’est la 1ere fois que je poste un morceau de musique classique. En plein dans le thème bien sûr. Avec une introduction que « je me disais bien que je l’avais entendue quelque part ». La vidéo est longue, mais je n’ai pas voulu toucher à l’œuvre. A la rigueur vous pouvez la mettre en arrière plan musical en lisant d’autres articles du blog..

Edith Piaf : "enfin le printemps"

Alors là, dans le répertoire de la variété française, on se régale. A croire que les chanteurs hexagonaux ont vraiment un penchant naturel printanier. Entre Claude François et son « Printemps qui chante », Hugues Auffray et son "dès que le printemps revient " - titre de l'article -, Léo Ferré avec « C’est le printemps », on n’a que l’embarras du choix. Alors pourquoi Edith Piaf ? Déjà pour lui rendre hommage. Et parce qu'il y a un côté "vintage", qu'on ne voit pas beaucoup sur le blog. Et puis en ce moment je visionne des vieux films sur Arte, comme récemment "Les portes de la nuit".

Ella Fitzgerald et Louis Armstrong : April in Paris

Pareil, je crois que c’est la 1ere fois que je poste une vidéo de jazz. Mais que voilà deux grands maitres en la matière. Et ce mois d’avril, comme ils savent l’évoquer en voix et trompette.

Jacques Brel : Au printemps

Un maitre. Pas grand-chose à dire.

Girls In Hawai : The spring

On reste en Belgique, et me revoilà dans mes musiques de prédilection, avec ce groupe que j’avais déjà évoqué dans un article sur le rock belge. Girls in Hawai. Un travail d’orfèvre.

Blonde Redhead : Spring and summer fall

Pour montrer que Mireille aime toujours le rock un peu « péchu », avec ces disciples de Sonic Youth..
(dans le titre ils cumulent même 3 saisons en même temps)

Buffalo Springfield : medley "For what it’s worth" et "Mr Soul"

Cette fois le printemps n’est pas dans le titre d’un morceau mais dans celui du groupe . Et quel groupe ! Je pense que le nom ne dira pas grand-chose à beaucoup d’entre vous, mais si je vous parle de Stephen Stills et surtout de Neil Young, là bien sûr… C’était leur première formation. Ça ne date pas d’hier, (50 ans déjà !) mais les bases mélodiques étaient là. Et comme vous savez, je suis une telle fan de Neil Young (au moins déjà 2 articles sur ce blog, dont celui-là que j'aime particulièrement), je ne pouvais pas laisser passer…

Allez, à vous maintenant ! A vos morceaux de musique, ou poèmes, ou photos ..

Publié dans 10-Coups de coeur culturels
Mireille Morant

la la lere…..

date_range 5 mars 2017
visibility 116 consultations

 

 

 

 

 

 

 

 

Cela n'a pas dû vous échapper : les affiches, les articles de presse, le "buzz médiatique" et les multi récompenses jusqu'aux récents oscars. Avec un titre qui sonne  chantant et donne le "la" : le "la, la land" pour être exact.

Annoncé en fanfare comme "le retour de la comédie musicale"," jubilatoire" pour les uns, "prétentieux" pour les autres. Parfaitement "hollywoodien" dira celui-ci, "décevant" dira celui-là en se référant par exemple aux célèbres oeuvres classique du genre, les Minelli et autres "Tous en scène" ou  "West Side Story"
Le film fait débat. Avec néanmoins une critique plutôt positive.

Personnellement j'ai toujours eu un faible pour les comédies musicales et j'étais bien curieuse de voir ce qu'allait donner ce "phénomène". Tout en sachant que, lorsqu'il y a un très gros effet d'annonce, cela a tendance à me réfréner, à me dire que je vais être déçue par rapport aux attentes. Georges de son côté serait plutôt réfractaire au genre.
Nous l'avons donc vu, ce fameux film, oui, et avons tous deux été conquis. Moi plutôt côté chant et danse et comment ces deux parties interagissent, se complètent. Georges plus sur l'aspect cinématographique, le scénario, les attentes et désenchantement. Et même l'acteur principal, Ryan Gosling, dont je ne suis pas fan de 1ere heure, s'en sort très bien, jeu juste.

A vous de vous en faire une idée, ou d'apporter votre ressenti si vous avez déjà vu le film.
Voici un aperçu du début :

Mais cela m'a donné l'idée d'un article "récréatif", (après tout les vacances se sont terminées il n'y a pas longtemps et c'est le week-end, et le printemps arrive...) retraçant les grandes heures du genre, du moins certains moments que j'ai particulièrement apprécié.
L'histoire du cinéma est ponctué de chefs d’œuvre de "musical".  (genre qui allie les dialogues, chants et danses). Aussi bien du coté américain (Stanley Donen, Vincente Minelli et les couples Fred Astaire/Syd Charisse..) que français (Jacques Demy, Christophe Honoré..)
Sans compter les productions Disney (oui, oui - du roi lion", aux princesses libérées).

Loin de moi de vouloir faire un historique.
Je préfère juste vous partager quelques vidéos de films qui m'ont fait vibrer dans le style, mais c'est purement personnel.
Et puis un petit "entertainment" , ça change.

Je suis sure que vous avez plein d'autres séquences en tête. Qui sont liés à un moment de votre histoire, à des goûts particuliers...A vous d'en témoigner dans les commentaires de cet article un peu "à part"

Un des plus universellement connus.  Combien de fois il a été montré, combien de fois j'ai pu le voir, l'entendre. Dans le style de cette grande époque on peut citer aussi : "un americain à paris", "tous en scène", "une étoile est née"...

 

Là aussi mondialement connu. Avec ce thème de l'amour fou mais contrarié.
C'est un thème qui revient très très souvent dans la comédie musicale. Deux êtres que leur milieu (ou autre) oppose et qui sont attirés jusqu'au bout, lequel bout se termine parfois mal...

 

Un de mes préférés. Plutôt Rock and Roll.  La fameuse histoire de Faust et du fantôme de l'opéra. Par Brian de Palma. Je n'arrivais pas à choisir un morceau, alors voici cette petite chronique d' Arte pour vous donner envie de découvrir ou re-découvrir.

 

Dans la série des comedies musicales rock and roll et disco, de type "Grease", Saturday Night fever", en voici une que mes enfants ont adorée, visionnée en boucle, avec un Johnny Depp presqu'adolescent : "Cry Baby"

 


"Moulin Rouge" de Baz Luhrman. (avec N Kidman et E Mc Gregor). Encore une version de Romeo et Juliette. Foutraque et flamboyant, reprenant des tubes de Police et Nirvana. Un régal

Et en France...
Là aussi nous sommes bons dans le style. Avec des compositeurs comme Michel Legrand, Michel Berger, Claude Michel Schônberg...
En voici quelques séquences :


Sans doute La séquence la plus connue de ce film de Demy, la plus chantée (avec celle des "soeurs jumelles " des "demoiselles de Rochefort")
Tout le film était chanté..

 


"Les chansons d'amour" par Christophe Honoré, réalisateur peu connu, sensible (et breton, et même carhaisien..)

 


On connait la chanson de A Resnais. Ou les personnages soudain entonnent des  playbacks de tubes de variétés françaises. (De Johnny Hallyday à Serge Gainsbourg en passant par France Gall..) Mais quelle jubilation !

 


Et puis une dernière. En parlant de France gall, comment ne pas évoquer "Starmania", avec Daniel Balavoine et son fameux "SOS d'un terrien en détresse". Ce n'est pourtant pas la version de Balavoine que je mets là, mais celle des québécois de 1988. Parce que c'est le CD que ma fille et ses cousines écoutaient en boucle et qu'elles ont même érigé en spectacle. Et le chanteur Norman Groulx n'a pas à rougir par rapport à Balavoine.....

Voilà, je pourrais encore en mettre des tonnes...mais il faut bien arrêter..
Mais à vous maintenant

Publié dans 10-Coups de coeur culturels, Films, Musique
Mireille Morant

Lam Rim

date_range 31 octobre 2016
visibility 90 consultations

Toolbar - ReplayEn cette période où est rappelée notre échéance fatale, à coups de chrysanthèmes et de fréquentation inhabituelle des cimetières, et à l’occasion d’une conversation avec une collègue, j’ai repensé à un article que j’avais rédigé il y a plus de 8 ans et qui demeure d’une actualité perpetuelle.
Sur le thème de la vie et de la mort, du changement et de l’opportunité qui nous est donnée ici de pouvoir consacrer notre existence à l’Essentiel.
Inspirée de la tradition bouddhiste.
Et comme c’est encore les vacances, cela permet de poster un replay d’un article ancien (et actuel)
Je vous le mets tel quel, puis un rappel sur l’échange de l’autre jour avec ma collègue.

 

 

maitreya2.jpg

 

Dans notre démarche de recherche spirituelle nos deux premiers maitres étaient tibétains : Lama Zopa et Lama Yeshé. Nous leur devons beaucoup pour notre cheminement actuel et avons d'ailleurs prévu avec Georges de leur consacrer un article ultérieurement. Parlant anglais,  ils avaient   en outre très bien intégré le mode de pensée des occidentaux et savaient transmettre l'enseignement en partant de nos spécificités, avec un humour et une acuité remarquables.

Cet enseignement était basé essentiellement sur "Les étapes  progressives vers l'éveil", connu sous le nom de Lam Rim. (Instructions données par le grand maitre bouddhiste Atisha au 10ème siècle,  utilisant les enseignements de Bouddha comme des méthodes pratiques pour transformer les activités quotidiennes en la voie qui mène à l’illumination)

" Tout le problème réside dans le fait que nous ne sommes pas conscients de la réalité des choses. Tout comme une drogue, les conceptions erronées font que notre esprit est halluciné... L'esprit est la source des souffrances et du bonheur. Si vous négligez de protéger votre esprit, vous ne pourrez pas fermer la porte de la souffrance ni ouvrir la porte du bonheur... A chaque instant, vous êtes libre de choisir ... L'enseignement complet du Lam Rim, le Chemin Graduel vers l'Illumination, est transformation de la pensée. Son but principal est de dompter l'esprit."  Lama Zopa

Un des premiers thèmes dans ces étapes était celui de la "précieuse renaissance humaine". Il nous en a parlé, lama Zopa, de cette chance d'être là aujourd'hui et du fait qu'on n'en profite même pas en n'étant jamais là on est, en oubliant notre essence de vie. (ça doit sûrement vous rappeler d'autres choses).

Et pour cela il nous racontait maintes fois (et d'une manière tellement détachée que ça nous a marqué) des histoires de quotidien banal où par exemple une jeune fille vient d'avoir son bac, s'apprête à partir en vacances, il fait beau et ..elle se fait renverser sur un passage piéton. Elle était là, elle ne l'est plus. Vous êtes ici dans cette salle, mais peut-être que tout à l'heure, au repas, vous avalerez quelque chose de travers et vous mourrez étouffé. Plein d'exemples comme ça, il n'arrêtait pas d'en donner. A l'époque, on trouvait même qu'il insistait un peu trop là-dessus.

Vivre l'instant pleinement, évidemment, c'était la leçon.

Et puis la semaine dernière, mon fils m'apprend qu'un copain de sa bande et du même  age (24 ans) a trouvé la mort  en faisant du surf au Costa Rica. Cet évènement a profondément perturbé ce groupe d'amis. (et pas seulement, personnellement, j'ai vécu des instants d'identification émotionnelle très forts)

Lorsqu'il est revenu de l'église, notre fils nous a raconté qu'ils sont allés saluer le cercueil et que, sur celui-ci, il y avait la photo du copain, un cliché pris par sa petite amie sur une plage ensoleillée du Costa Rica quelques minutes avant qu'il n'aille rencontrer la vague meurtrière. Il était souriant, le ciel était bleu. Et maintenant cette photo repose sur un cercueil plombé, par une matinée de pluie.

J'ai beaucoup repensé au Lam Rim.

Vivre pleinement, évidemment, cette précieuse renaissance humaine.

Et vendredi dernier, lors de "la pause café" avec une nouvelle collègue, celle-ci m'a évoqué le drame survenu dans son enfance :
son frère de 19 ans était passionné de cyclisme et participait régulièrement à des courses le week-end.

Un dimanche matin, tout content, il annonce avec un grand sourire que "cette fois il va les ramener, la médaille et le bouquet !".
Et dans le milieu de l'après midi, ce n'est pas un bouquet fleuri qui se présente, mais deux gendarmes annonçant aux parents que leur fils s'est tué en tombant de vélo sur une jardinière de géraniums en béton. Il était. Il n'est plus
.
(ma collègue me faisait savoir que c'est entre autres depuis ce temps que les casques sont obligatoires pour les coureurs cyclistes)

Je suis persuadée que dans vos histoires personnelles vous en avez des exemples de ce types. Lam Rim.

 

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Mireille Morant

Un voyageur solitaire

date_range 1 septembre 2016
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Voilà donc un moment qu'il n'y a pas eu d'articles musicaux sur le blog.

L'idée m'est venue, à l'occasion de la diffusion d'un morceau à France Inter.  Je conduisais sur une petite route du centre Bretagne, écoutant une émission pas du tout musicale mais ..culinaire (étonnant non de la part de Mireille ?  - Pour les amateurs il s'agit de "on va déguster"). Et tout à coup, une pause musicale comme souvent dans ce type d'émission. En général je n'y prêt pas attention. Mais là : un joyau brut !  (même pas annoncé par l'animateur, quel scandale !).
Un morceau nouveau que je n'avais pas encore entendu et qui me semblait si bien résumer le talent de ce grand artiste méconnu.

Ce monsieur officie déjà depuis près de 50 ans et pourtant, ce n’est pas un artiste que vous reconnaitrez de par sa présence dans les médias, réseaux sociaux ou autres « talk-shows du samedi soir ». Non, ces plateaux promotionnels, il les fuit depuis toujours.
Vous ne reconnaitrez pas non plus son visage sur CD ou à la une d’un magazine. Non là encore l’artiste ne se montre pas. A ses débuts à la rigueur. Mais souvent , ses pochettes de disques ne le font figurer que comme silhouette aperçue de dos ou masquée.

il voyageun oiseau s'est poséprisonnier de l'inutile

 

 

 

 

 

 

Et, grande rareté, il ne se produit jamais, jamais sur scène.
Et pourtant, sa musique, ses mélodies, son timbre de voix si particulier et ses paroles sont à classer dans la rubrique des grands, à l’égal des Bashung (pour qui il a composé), Christophe, Murat.

Un voyageur solitaire, comme le titre d’une de ses chansons les plus connues (si on peut parler ainsi). Gerard Manset comme coordonnées d’état civil. 71 ans. Et qui « sévit » dans une sorte d’anonymat pour le plus grand nombre et de présence forte pour quelques-uns.

C’est justement ce titre « il voyage en solitaire » qui l’a fait découvrir,  son « tube », si j’ose m’exprimer ainsi, en 1975. Auparavant (en 1968)  il en avait aussi composé un autre  "animal on est mal" assez médiatisé.  A l’époque hirsute barbu, dont on sentait que  se montrer dans un clip n’était déjà pas son truc. (attention séquence "vintage").

Puis il a bourlingué, sur plusieurs continents, Asie, Amérique, en rapportant des carnets de voyages ou de photographie. Car l'homme ne fait pas que chanter. Ce n'est d'ailleurs pas sa vocation première, étant plutôt porté sur la peinture, le dessin et la photographie. Comme peuvent le montrer certains de ses livres ou expositions.
Il a collaboré avec d’autres artistes, (Bashung donc, mais aussi Indochine, Raphaël, Florent Pagny, Julien Clerc), a donné de très rares interviews, plutôt radiophoniques d’ailleurs, ou dans des magazines spécialisés, telle celle-ci dans telerama en 2014
Et produit des disques dont certains sont devenus des musts, des références ("La mort d'Orion"," Royaume de Siam", "Matrice", Prisonnier de l'inutile"..).
"Matrice" justement demeure un de nos albums préférés. Parce que c'est celui qui nous a fait découvrir le bonhomme. (Via l'émission de Bernard Lenoir.). Tous les morceaux sont intenses. On les a écoutés et ré-écoutés encore. (Ah ce fameux "camion dans la nuit" et cette "banlieue nord" ! )

Puis, nous l'avions perdu de vue, remplacé par de nouvelles découvertes (surtout des groupes dits "indépendants") Et l'homme se faisait aussi encore plus discret.
Mais l'actualité nous rattrape car il vient de sortir un nouvel album en 2016 : "Opération" Aphrodite (pas mon préféré) qui montre encore la vitalité du bonhomme.
Et a sorti un projet - compilation.
Sans oublié un album de reprises de ses chansons par des artistes tels Francis cabrel, Brigitte Fontaine , Jean-Louis Murat, Françoise Hardy..et d'autres..intitulé : "Route Manset" (je ne suis pas spécialement sûre que l'intéressé y aie vraiment adhéré.

Je vous disais que les apparitions scéniques du bonhomme sont rares. Caractère à part, sans compromission. Mais en voici une qui correspond vraiment à ce qu'il est, à ce qu'il dégage.

Les paroles sont également remarquables, d'une fluidité et force poétiques rares. Prenez le temps de les écouter.
Pour illustration, en voici quelques unes, extraites de "Matrice" - chanson : "et toutes choses"

Et toutes choses se défont
Comme le plâtre des plafonds
Comme le vin du carafon
Quand il devient couleur de cendre
Et qu'on voit le niveau descendre
Et que la plaie reste sans fond
Et que personne ne répond
Que toutes choses finiront
Après le pain blanc, le pain rassis
Et toutes choses sont ainsi

Et puis je voudrais conclure par un autre hommage, à un grand artiste, disparu depuis 7 ans déjà.
Il se trouve que Manset lui avait composé certains titres, dont celui-ci, poignant, chanté par Bashung quelque temps avant sa mort : "Comme un lego"

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