Auteur/autrice : Georges Morant

  • INSIGHT… APERCU DE REEL…

    Je suis en train de relire le livre d’Arnaud : TU es CELA et particulièrement les pages 136 et 137 du chapitre ATMA DARSHAN. Voilà le résultat.

    Ce matin fût à coup sûr, mémorable sur mon chemin. Insight est vraiment le terme qui m’est venu en premier. C’est vrai que j’ai déjà vécu et que je vis de temps en temps  ce genre d’instant béni, privilégié, mais ce matin, il était comme emprunt de nouveauté et je l’ai ressenti  d’une manière beaucoup plus puissante.  La compréhension de ce terme Insight est intuition profonde d’une réalité appelée différemment selon les traditions. Le Védânta parle du Soi, la tradition chrétienne parle du Royaume des cieux et le bouddhisme parle de  Vide.

    J’ai le sentiment qu’en fait, Insight veut dire Voir au sens où l’entend Arnaud. Il s’agit de voir au sens métaphysique du terme, voir une Réalité qui nous dépasse largement que pourtant Nous Sommes.

    Je suis parti de l’exemple : Je suis en train d’écrire. Je (sujet), en train d’écrire (action) et la connaissance au milieu. Le connaisseur, le connu et la connaissance. Et c’est au niveau de la connaissance que tout se joue : la  vision, la prise de conscience vous propulse, vous relie en fait à la réalité ultime, le Vide Absolu quel que soit le terme employé. Dans cet Espace Vide vous voyez que c’est Cela, Le Réel, votre vraie nature…ONLY VISION comme dit Arnaud.

    Cette Réalité est toujours là même si c’est impossible à démontrer de manière objective, scientifique. C’est exactement pareil que le Silence.

    « je » immergé en plein vide Est Cela qui permet tout, un silence à nul autre pareil qui défie toute interprétation. Quand vous ressentez Cela, c’est comme si une porte invisible, sans forme, silencieuse s’ouvrait en infini et le plus fou, le plus sage, est que cette réalité est toujours là. Arnaud le redit souvent : « Vous êtes déjà nus sous vos vêtements »

    Et ce matin, quand vous le ressentez à nouveau, d’une façon franche, claire et nette, sans aucun contour, aucune frontière, comme quelque chose qui glisse en infini, qui échappe à toute saisi (du moi bien sûr toujours à l’affut pour reprendre le pouvoir), vous être heureux, épanoui, joyeux, élargi…

    Cela, ce que Nous sommes vraiment ne nous quitte jamais

    Seul, le Silence

    Seule la Conscience

  • Citation de la semaine n° 91 – Arrive un stade..

     

    (…)  » Arrive un stade dans la vie où l’on sent et où l’on réalise que les désirs ne peuvent donner la satisfaction à laquelle on aspire. Ou, en d’autres termes on sent :  » Oui, j’ai tout reçu de l’extérieur, mais pas ce qui peut me satisfaire totalement, et cette satisfaction, je ne peux pas l’obtenir de l’extérieur, parce que j’ai vécu, vu et joui de toutes choses ». Alors, et alors seulement surgit un besoin impérieux. Que se passe-t-il donc? Ni à l’extérieur, ni dans la dualité, ni dans le « moi », ni dans « l’objet « , ni dans cet état de séparation je ne peux trouver satisfaction. Alors apparaît un sentiment de vide! Un sentiment de vide qui vient du fonds du cœur, un sentiment exigeant qui ne tolère aucune frustration, qui ne peut que trouver ce qui ne change pas et qui dure, c’est cela le besoin de vérité, de ce qui  n’est pas deux, de ce qui n’est ni sujet ni objet, mais un état où on est libre des deux. Voilà ce qu’est le besoin impérieux d’aller de la non vérité à la Vérité ou des vérités à la Vérité, de la dualité à l’Unité, de l’obscurité à la Lumière. » (…)

    Swâmi Prajnanpad L’art de voir, p 40-41 

    Cité par Emmanuel Desjardins dans son livre : Vivre » la guérison spirituelle selon Swâmi Prajnanpad, p 152-153


     

  • Echos du dernier atelier

     

    Echos du dernier atelier

    Empli de silence et de paix

    Je m’en vais

    Je plie bagage

    Je rentre chez Moi

    Au pays du Non-né

    Cela, l’illimité

    Merci au corps physique

    Qui m’as permis de jouir encore et encore

    Depuis des milliers de vies

    Mais il est temps  une fois encore  de te laisser

    Pour m’en aller rejoindre

    Cela, sans mesure

    Merci au corps subtil

    Qui déborde de pensées, de désirs, de souvenirs

    Celles et ceux qui permettent de danser au rythme fou du mental

    Ce fleuve impétueux qui semble indomptable

    Sans cesse en quête  de reconnaissance

    Ne lâche jamais prise et s’accroche à tout prix

    Toi  aussi, il est temps de te quitter

    Quand « je » approche du sommet

    Être-Conscience-Béatitude

    Le royaume des cieux

    Cela devient de plus en plus plus délicat de faire ces adieux

    Laisser s’en aller ce sentiment profond  d’être presque comblé

    Ce Mystère qui emporte tout sur son passage

    Peut-être est-ce là, la « dernière parcelle de l’esprit qui fonctionne encore » dont parle SARVAPRIYANANDA

    Je vous souhaite de très belles fêtes de Noël et de Nouvelle Année

    La folie, non, la sagesse de notre démarche commune réside dans la simplicité incroyable, mais vraie qui me soulève une grande et belle émotion.

    BONNE ANNÉE

  • En compagnie de Swami Chidananda

    J’ai retrouvé un article qui m’a surtout saisi par son extrême simplicité. Je vous le partage…

    « Une vie sans éveil spirituel n’est pas une vie du tout. C’est une sim­ple existence. C’est une vie où le corps physique sera très dynami­que, toujours en progrès, où le mental se développera beaucoup, accomplira tous ses désirs et tra­vaillera sans cesse.

    Mais sachez que votre personnalité physique et psychique n’est pas votre person­nalité véritable. Ce ne sont que des instruments que vous possédez, qui vous sont donnés à titre tem­poraire et sont superposés à votre être essentiel.

    Une vie caractérisée par une activité intense sur le plan physique et psychique n’est pas une vie véritable parce que là n’est pas votre vie réelle, qui n’est ni ce corps physique ni ce phénomène mental. Tant que vous ne serez pas réellement « éveillé », la vie n’aura pas vraiment commencé pour vous. En tant qu’être hu­main, vous pouvez exister sur le plan du monde, mais cette existence-là ne peut pas être appelée la vie réelle car sa dimension n’est qu’horizontale, et non pas ascen­dante et verticale.

    C’est seulement lorsque vous êtes éveillé sur le plan intérieur et spirituel que vous commencez à vivre vraiment. Le plan de la vie véritable est celui de l’évolution spirituelle, un proces­sus d’évolution qui s’achève dans l’épanouissement spirituel.

    A cet instant où vous croyez être monsieur Untel ou madame Unetelle, où vous êtes assis dans cette salle, en vous il y a le poten­tiel caché de la perfection totale. Ceci est le fait unique, essentiel et caché de votre vie. Toutes les au­tres choses changeront et dispa­raîtront. Le bébé se change en en­fant, l’enfant en adolescent, puis il entre dans le domaine de la jeu­nesse et se transforme jusqu’à l’âge mûr et la vieillesse. Sur tou­te la surface de la terre il n’y a pas une chose qui ne soit sujette à la naissance, à la croissance, à la dé­cadence et à la mort. Cela est cer­tain, inévitable. Au milieu de toutes ces choses changeantes, une seule ne change pas, c’est le fait de votre perfection essentielle et per­sonnelle.

    Vous êtes parfait, divinement. Vous êtes un rayon lumi­neux de cette éternelle lumière de lumière. C’est pourquoi on dit qu’en vous est le royaume de Dieu. Vous êtes une vague au mi­lieu de l’océan infini de cette exis­tence éternelle. Vous êtes une parcelle de cette réalité infinie et éternelle. C’est à ce fait que vous devez vous éveiller.

    Si vous ne pouvez pas vous éveiller à ce fait, comment pouvez-vous commencer à vivre ?

    La mécanique de l’exis­tence vous fait remplir seulement des routines, jour après jour, de la tombe à la tombe, des choses qui se répètent depuis des millénaires et des générations et qui se termi­nent par la mort et la tombe. Quelle signification cela a-t-il ? Quelle réalisation ultime cela vous donne-t-il ? Qu’êtes-vous capable d’emporter avec vous ? Qu’est-ce que vous pouvez appeler vraiment vôtre ? Pouvez-vous appeler vôtre le moindre petit morceau cassé d’une aiguille ? Même cela, vous ne le possédez pas. Tout ce qui est ici se termine ainsi. »

    (Revue « Source » n°7, septembre/octobre 1986)

  • La véritable nature de l’esprit

    Calme, très calme, tranquille, très tranquille, la véritable nature de l’esprit se révèle peu à peu… le ciel s’éclaircit, les nuages s’évanouissent en silence…

    L’Essence de l’esprit, « sa » véritable nature est comme un abri sûr, invisible, fort, immatériel et vide. Il se tient là, derrière nous-mêmes, au milieu des flots, au milieu des vagues. L’esprit « normal, mécanique » est tumultueux et ressemble parfois à une tempête en mer, quand les vagues se montrent fortes, denses, très décidées à empêcher le méditant de méditer. Les pensées, sensations, émotions ne cessent de déferler, mais l’ Essence, n’est pas touchée. Au plus profond de nous-mêmes, c’est Elle, L’Essence, le maître de la situation.

    Le silence rétabli petit à petit est le cœur de Nous-mêmes. En réalité, il est toujours là. C’est simplement nous qui passons la plupart de notre temps à le recouvrir de mille et un mirages qui s’évanouissent aussitôt vus et découverts pour ce qu’ils sont vraiment, une illusion, les jouets d’un mental toujours à l’affut, pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

    Le silence est le cœur de la méditation, l’allié le plus puissant de l’art si difficile et si simple de méditer. Parce qu’en réalité, il n’y a rien à faire et surtout pas se débattre contre des leurres aussitôt vus, aussitôt démasqués.

    Le silence, comme un nouvel espace ouvert au grand large. Cela, L’Essence, vraie nature de l’esprit, se tient là, en nous et nous révèle  le divin secret de nos vies.

    « je » se tient alors en position témoin à l’écoute des vagues qui souvent déferlent en continu. Mais L’essence de l’esprit, en secret, en profondeur, est calme, très calme, tranquille, très tranquille, à l’abri des identifications multiples et variées, pensées, sensations, émotions, le  mental toujours prêt à lutter, s’accrocher à ses mensonges.

    La véritable nature de l’esprit laisse s’écouler de façon naturelle les flots perturbateurs toujours très gourmands d’une mécanicité tenace. Quand « je » se tient en position témoin, établi en silence, il semble bel et bien que rien ne peut l’atteindre, il est hors d’atteinte. L’Essence de l’esprit est libre de toute appropriation. C’est comme le vol d’un oiseau dans le ciel.


     

     

  • Prélude à la journée méditation

    Sur la plage de Marari – Kerala – fevrier 2018

     

    Lorsque nous méditons, le mental s’incruste surtout à coup de pensées, sensations, émotions à une vitesse parfois affolante…pas de panique! Il fait son boulot et si nous lui laissons le temps et la place, il va finir par disparaître. Le mental est un dictateur-menteur, prédateur. Il nous cache une réalité beaucoup, beaucoup plus vaste, tranquille, apaisée, que nous allons sentir peu à peu poindre au cours de la méditation

    Le cours de la méditation ne cesse d’osciller entre deux pôles : Le pôle mental et le pôle CELA, ce que nous sommes vraiment.

    Les nuages peuvent un temps voiler le soleil de la Connaissance mais finissent toujours par disparaître…

    Assis, tranquillement, très tranquillement, sentons-nous être, pleinement, entièrement, donnons tout…l’illimité éclaire l’horizon…la vibration d’une Conscience vaste, pure, résonne au plus profond de Nous-mêmes…maintenant, maintenant, ne précipitons rien…restons tranquille, très tranquille…laissons peu à peu l’espace s’élargir à sa mesure qui en fait n’en à pas, CELA sans mesure…laissons nous faire, déshabiller, mis à nu…laissons nous respirer à cette hauteur si douce, si pleine, si vide, si mystérieuse et pénétrante…

    Méditer, c’est aller à la rencontre de ce que nous sommes vraiment, goûter, apprécier simplement, pleinement, le fait d’être…Laissons nous Nous ouvrir à une dimension illimitée, inconnue…Nous sommes au cœur de la méditation…

    Méditer, est un jeu divin entre le mental et notre vraie nature…Laissons passer, laissons tout passer, l’ego-mental-menteur va se dissoudre lui-même et laisser la place à une grande paix, un silence, source de Tout, qui est Tout, et se passe de commentaire…

    Nous sommes rentrés chez Nous et c’est bon, heureux, tranquille…ne croyons surtout pas mais je sais que ce n’est pas votre cas, que nous sommes débarrassés du mental. Non! Presque à chaque fois que nous allons pratiquer la méditation, il va se repointer avec ses imaginations diverses et variées…Patience, patience et encore patience, courage, force et détermination, le chemin est souvent ardu, long, mais n’est-ce pas le seul qui au final, en vaille vraiment la peine: Découvrir ce que nous sommes vraiment…

    Je vous souhaite une très bonne journée…(vous pouvez encore vous y inscrire en cliquant ICI)
    Mireille et moi ne serons pas là…Nous sommes au quarante ans d’une de nos nièces…A coup sûr, une autre sorte de méditations, à condition que les effluves parfumées du champagne  ne nous entraînent vers des destinations un peu floues…

  • Foi-Confiance

    Bienvenue à tous les lecteurs/contributeurs du blog. Nous espérons que votre été aura été source de détentes, joies, découvertes, et paix.
    ( 😉 En passant, sachez que vous pouvez toujours à tout moment partager vos souvenirs estivaux sous forme de compte rendu de lieux, de photos, de livres ou concerts…. 😉 .)
    Pour cette journée de reprise du blog après la pause, voici un article de Georges qui paraissait tout à fait en harmonie avec notre Centre, notre Sangha, notre Chemin.
    En espérant vous relire bientôt ou vous voir à la « journée méditation et retraite silencieuse » (14 septembre) ou/et aux « chantier  et  Assemblée générale » (27/28 septembre).
    Dans ces attentes,
    recevez les meilleurs voeux de rentrée et de pratiques.(l’équipe de rédaction)

    Les Five Rathas (en hommage aux « cinq pandavas ») à Mahabalipuram – février 2018

    FOI – CONFIANCE

    Sentir de temps en temps au plus profond de soi-même une grande paix, un élargissement fait d’un silence salvateur me rassure, me réconcilie, m’encourage, me guérit petit à petit…

    « En sanscrit, on utilise le mot sraddha, traduit souvent par « foi », mais qui signifie, aussi « confiance ».

    « La confiance est essentielle ».

    Il n’y a que Dieu, Brahman, la Conscience ou quelle que soit l’appellation donnée pour quelque chose qui n’en a pas.

    Je crois. J’ai confiance.

    Ma rencontre avec Arnaud qui m’a envoyé vers Yann est la rencontre la plus importante de cette vie. Je crois, j’ai confiance en Arnaud, Yann et Anne marie, La Sangha et plein d’autres qui transmettent. Je fais de plus en plus confiance en ma propre capacité à voir et reconnaître.

    Je crois, je veux croire que la Conscience pure est ma véritable nature.

    Je nourris cette conviction, entre autre,  grâce à la lecture des textes sacrés comme le Yoga sutra de Patanjali, le Mahabharata et plus spécialement en ce moment, le Yogavasistha et à la pratique de la méditation.

    Il m’arrive d’avoir des aperçus de Cela, dont il s’agit dans ces textes et cela m’aide, m’encourage à poursuivre…

    J’ai confiance, j’ai la Foi, la pure Conscience se révèlera comme elle voudra, quand elle voudra.
    (Georges)

  • Prier

     

    Prier

    Prier Dieu, c’est se retrouver devant Absolu

    C’est étrange, déconcertant, aidant, réconfortant

    Le fait de mettre des mots sur la solitude existentielle soulage, allège

    Dieu, Cela qui Est, sans nom, ni forme, omniprésent rayonne en silence

    Dieu, Cela qui Est  ouvre la porte étroite de l’Essence

    Dieu, Cela qui Est, est la finalité d’une existence

    Réaliser Dieu, c’est disparaître en tant qu’identité personnelle séparée

    C’est mourir à l’ego qui se croit autonome, tout puissant

    Dieu est vertigineux

    Dieu ouvre à l’illimité

    Dieu défait tous les liens, tous les nœuds

    Dieu est Un

    Dieu est une ouverture impossible à combler

    C’est pourtant la raison pour laquelle, nous, chercheurs spirituels, nous nous mettons en quête de Lui

    Dieu est une ouverture à l’infini

    Dieu est une invitation divine

    Dieu ne se conte pas en mots mais en silence

    Dieu Est Silence-Infini-Vide-Rien

    Dieu nous invite à Le découvrir

    Dieu est la réponse absolue

    Dieu est Tout en majesté

    Dieu, au plus profond de nous-même, nous appelle en secret pour Le rejoindre.


     

  • Juste avant l’aube

    Maintenant n’existe pas vraiment

    Maintenant est Un

    Maintenant est Rien,

    La source toujours pure d’où tout vient

    Maintenant n’est jamais « né, crée, produit, composé »

    Maintenant est sans forme, vide et inconnaissable

    Maintenant est insaisissable

    Maintenant est la réalisation des sages

    Maintenant est Silence

    Tous les mots s’effacent devant maintenant

    Maintenant est Mystère Absolu

    Nous Sommes Maintenant

    Maintenant est vertigineux, la mort et la Vie

    Maintenant est l’appel divin qui résonne au plus profond de nous-mêmes

    Seule la Conscience

    Sentir au petit matin l’espace s’élargir est une pure merveille

    Cela, défait l’existentiel, dépouille en profondeur l’ego, l’identité séparée

    Georges Morant n’existe pas

    Le moi s’en est allé rejoindre en silence Cela, sans nom, sans forme

    La fulgurante beauté de l’Essence

    Maintenant est sacré

    Cela perce la carapace, la personnalité illusoire, irréelle, de celui/celle qui se croit séparé(e), autonome

    Maintenant est le source toujours pure de notre cœur d’enfant

    Maintenant n’a jamais commencé

    Maintenant coule en l’Infini

    Au petit matin, vers trois quatre heure

    Juste avant l’aube…

    Tout est déjà là

    S’éveiller n’est pas loin

    MERCI

     

  • Les fils de l’illusion…

    Chacun tissé dans des fils bien particuliers tente d’échapper à sa souffrance. Quand on regarde de près, cette réalité  fait froid dans le dos. L’impermanence et la mort, les douleurs physiques et psychiques, les tourments de voir un jour ou l’autre s’en aller les personnes les plus chères à nos cœurs.

    Chacun (e) croit dessiner son chemin à sa guise. En fait, il n’en est rien. Nous pouvons apercevoir à quel point nous sommes toutes et tous conditionnés. À nous de faire en sorte pour sortir de ce cruel dilemme : nous prendre pour des entités séparées, personnelles, des égos tout puissants maîtres de leurs mondes. Même si la perspective est radicale, ce n’est pas une raison pour se croiser les bras, continuer à nous engluer dans cette toile existentielle, matérialiste et néantielle. Celle-ci n’est jamais à court d’arguments pour nous maintenir en prison, nous faire prendre des vessies pour des lanternes, nous entraînant toujours plus loin dans une perspective sans réel espoir de libération.

    En des temps hypnotiques qui courent toujours plus loin, plus forts dans des horizons bouchés, ne baissons pas les bras. Les fils de l’illusion sont à vrai dire des plus fragiles. Ils ne tiennent qu’à un seul fil  (rire).

    Une fois ces fils déliés, un à un ou tous d’un coup, notre représentation du monde s’effondre comme un château de sable. À vrai dire, vrai écrire, avoir des aperçus même brefs de cette autre réalité indicible, Cela qui permet tout, réchauffe le cœur et ouvre des horizons insoupçonnés. Celui d’un bonheur plein, infini, sans contraire, certes assez vertigineux, mais pas la peine de se voiler la face. Comme pour toutes les meilleures choses, il y aura un prix à payer. Et si nous mettons la barre très haut, nul doute comme le dit ARNAUD que c’est un prix complet.


     

  • Meditation

    Retourner à la source, découvrir la réalité de ce qui se cache derrière les apparences du corps physique et du mental.

    Opérer un véritable retournement, voir ce que je suis vraiment. « je » ne se contentera jamais de demies vérités. « je » aspire à Absolu.

    Devenir témoin de ce que je suis en vérité. Soulever tous les voiles et être conscient du Mystère d’Être.

    L’image qui me parle ce matin, est celle d’un vide sidéral.

    Pendant la méditation, le mental s’incruste surtout à coups de pensées à une vitesse affolante. Pas de panique ! Il fait son boulot et si vous lui laissez la place et son temps, il va finir par s’en aller.

    Le mental est un voleur. Il vous empêche de voir, sentir ce qu’il y a derrière les apparences, sensations, pensées, émotions. Il voile une réalité beaucoup plus vaste et apaisée que vous sentez poindre au cours de la méditation. Il vient se mettre entre vous et beaucoup plus grand que vous.

    Le cours de la méditation, ne cesse d’osciller entre deux pôles : le pôle mental et le pôle qui invite à l’infini mystère d’être.

    Les nuages peuvent un temps voiler le soleil de la Conscience mais finiront toujours par disparaître.

    Parfois tout s’éclaircit et ce matin, il m’a été donné de faire un vrai retour à ce qui au plus profond de moi-même, résonne en silence.

    C’est un sentiment très heureux, comme si vous aviez été libéré, pour un moment, de ce que vous n’êtes pas. Comme un retour à la source pure que nous sommes au plus profond de nous-même. Le mental vous chuchote que cela ne va pas durer. D’accord. Vous pouvez replonger encore et encore. L’espace s’est élargi en Cela-Conscience.  Il n’y a aucune espèce d’entrave. Vous vous êtes échappé pour un temps de votre condition existentielle ordinaire, « normale ». Elle a fondu. Elle est partie, volatilisée. La tradition indienne parle de SAT CHIT ANANDA Être-Conscience-Béatitude.

    La tradition chrétienne parle du royaume des cieux au-dedans de nous

    Trêve de mots…un dernier quand même… Vous savez alors au plus profond de vous-même que vous êtes cette Conscience et en plus qu’Elle est toujours là et que c’est le mental qui passe son temps à vous voiler la Réalité. J’ai oublié d’écrire un mot essentiel, parce ce qu’il exprime bien ce dont il s’agit : Ce mot est PAIX, une qualité de paix incomparable venue de Rien.

    Quand souffle le vent libérateur de l’esprit apaisé, un Sentiment dont il est très difficile de rendre compte, laisse la place à l’infini, au silence. Quand Cela vous tient dans ses bras, vous ne voulez plus du tout aller ailleurs. Vous avez trouvé un secret, un trésor, un repère divin où vous pouvez vous rendre si vous le souhaitez. Lui, se tient indéfiniment prêt à vous entendre, à vous recevoir, à vous inspirer.

    Quand le Réel se dévoile, vous êtes Conscience-Paix. Vous êtes vastitude comme dit Yann. Vous êtes comblé. Il ne vous manque absolument rien. Puissé-je me diriger peu à peu vers ce contentement et diffuser la Bonté fondamentale.

    PS : Y’a du boulot même si je le suis déjà !


  • Comme un parfum de Soi

    Les moment bénis, privilégiés, précieux pour écrire se révèlent souvent à l’improviste. Le temps semble alors suspendu. Le silence est dense et aucun mot ne peut en fait décrire ce qui se passe.  « je » se sens au cœur du Mystère de la Présence d’être, Indicible.

    l’Insaisissable me court après depuis  longtemps.  Ce genre de moment est pure méditation. Vous êtes en relation avec quelque chose qui s’étire à l’infini. Demeurer en Cela, même  pour quelques instants est source d’une joie secrète, pleine, vide. Cela se repose en vous. C’est un sentiment puissant. Le cœur de la conscience se tient là, sans nom, sans forme ; seulement un ressenti, mais si différent de l’ordinaire, un épanouissement d’être qui semble que rien ne puisse perturber. La Conscience,  car c’est bien d’Elle en fait dont il est question ici, maintenant. Méditer avec Elle, en Elle, grâce à Elle, est contemplation. La Conscience n’a besoin d’absolument rien. Elle Est ce que je suis vraiment. De tels moments sont des clins d’œil de présence à Soi-même. Pas moi, ego Georges Morant, identité personnelle séparée, mais Cela, bien au-delà de moi. Demeurer en Cela est pur bonheur.

    Quand les nuages du mental se dissipent, l’horizon vertical se dessine. C’est un retournement, un retour à Soi-même Quand vous vous tenez ainsi, c’est un peu comme si vous retourniez au sommeil profond ; sauf que là, et c’est une différence majeure, vous êtes conscient. Vous êtes conscient de la Conscience. Vous jouissez d’une tranquillité souveraine, une paix secrète enfin dévoilée. Vous êtes prêt en ces instant à vous en aller, vous effacer, disparaître en tant qu’individu personnel, séparé. Vous semblez plonger dans un sommeil profond mais vous ne dormez pas. Vous contemplez le mystère de la Conscience. Vous êtes immergés dans le Mystère d’être en vie, de la Vie

    Je dédie ce post à la période des fêtes de Pâques, endeuillée par la mort du pape.

  • La non-pensée est un concept

    RAMA: …Refléchir au concept d’absence de mental revient à réfléchir sur le mental.

    Ce verset rappelle que toute pensée reste une pensée, même des pensées sur la non pensée. L’absence de mental (ou de pensées) est d’abord une idée, un concept élaboré par d’autres personnes et que l’on a fait sien…

    Ne soyons pas dupes. Réfléchir sur l’absence de pensées est utile pour acquérir une vision d’ensemble du chemin spirituel, mais cela ne nous dispensera jamais de nous exercer dans le silence à diminuer puis taire les agitations mentales jusqu’au silence complet et à demeurer dans cette paix tranquille. Cette paix est comme un véhicule, comme un métro. Si nous voulons aller juqu’au terminus de la ligne, il est inutile de descendre à chaque station pour attendre la rame suivante et recommencer cet étrange scénario. Il faut rester dans la voiture (dans la paix) et le métro ira tout seul à son terminus. C’est la foule des pensées qui nous pousse dehors à chaque station.

    Extrait du livre de Yves Rémond : LEVEIL DANS LE YOGAVASISTHA page 228

  • A propos de simplicité et de reconnaissance

    Allez, un dernier post  avant la venue d’Yves… (Pour vous inscrire à son séminaire du we prochain, cliquez ICI)

    Le Yoga-vasistha raconte l’histoire suivante : un homme pauvre se dit un jour que sa vie changerait du tout au tout s’il possédait le joyau magique de la cintâmani, cette pierre fabuleuse qui exauce tous les souhaits de son possesseur. Aussi, il se mit à prier les dieux de lui accorder ce trésor. Il les pria avec ferveur durant trois mois.
    Un jour, en se promenant dans la forêt, il tomba nez à nez avec le fabuleux joyau, posé là par terre, devant lui, par les dieux satisfaits des efforts du pauvre homme! Il ramassa la pierre, la regarda, mais très vite, le doute s’insinua en lui :  » Comment est-ce possible? Je n’ai prié que trois mois! trois petits mois! La plupart des gens prient toute leur vie durant pour le posséder et souvent n’obtiennent rien! Ce joyau est le trésor des dieux et il faut mériter bien plus que ça pour l’obtenir! Non. C’est impossible, ce ne peut être la cintâmani. Je me trompe! C’est trop facile ou alors c’est un piège des dieux…
    Je vais continuer à prier et à la mériter. » Il jeta le bijou dans les fourrés et reprit ses pratiques. Les dieux reprirent la cintâmani que l’homme avait refusée. L’histoire dit qu’au fil du temps, pour s’amuser (les dieux sont un peu joueurs) , les dieux jetèrent de temps à autre quelques morceaux de verre coloré à cet homme. Celui-ci les reçut comme des preuves qu’à ses yeux, il était bien sur la bonne voie pour recevoir un jour, enfin, la « vraie » cintâmani
    L’histoire se conclut sur l’image de cet homme qui part avec sa verroterie, s’isoler dans la forêt pour pratiquer plus intensément encore. Dans ce bois, dit le texte, il connut la souffrance… La fin est glaçante et peut faire réfléchir!

  • L’intérieur d’une graine

    Ceci est un article directement inspiré par le dernier livre d’Yves Rémond. S’il vous touche, souvenez-vous qu’Yves sera avec nous à La Bertais très prochainement et que les inscriptions pour participer à son séminaire sont ouvertes. Pour y participer => cliquez ICI 

    Rama : A l’intérieur d’une graine, on ne distingue pas la future pouce  de la plante. A l’intérieur d’une graine, il n’existe que la graine, et rien d’autre (195-34). De la même manière, l’existence d’un monde est intérieure au Divin et elle n’est perçue que dans le même Divin. S’il en est ainsi, le monde doit nécessairement être éternel et il ne peut être que le Divin, L’Immuable (195.35) …

    Yves : Quand on ouvre une graine, on ne voit qu’une masse homogène, généralement blanchâtre et c’est tout. C’est ce qui fait dire à Rama que dans une graine, il n’y a que la graine. La plante est contenue là, dans cette graine, cette masse où l’on ne distingue rien. La plante avec ses feuilles, ses tiges, ses fleurs, ses fruits est une illustration du monde avec son foisonnement de formes plus variées les unes que les autres. La graine, elle,  est l’image de Brahman : homogène, un, sans caractéristiques. Le graine contient la plante à l’image de Brahman qui contient le monde dont il n’est ni différent, ni séparé.

    Rama veut montrer qu’entre la graine et la plante, il n’existe pas de relation de  causalité (cette plante a poussé à partir de cette graine), mais une relation d’unité (cette plante est cette graine et cette graine est cette plante). Si l’on « ouvre » le monde, on ne trouvera que la Conscience (une masse dense et homogène de pure Conscience, dit le Yogavasistha). Le monde est la Conscience comme la plante est la graine. La perception du monde est la Conscience qui perçoit la Conscience en la Conscience.

     

    Puis Rama revient à la logique de la doctrine de la non création (195-36) :  » Comment L’Immuable deviendrait-il quelque chose de nature diamétralement opposée à lui (mouvant, instable, éphémère, etc.) ?

    Suivent trois versets qui dénoncent certaines idées que l’on pourrait se faire sur le Réel et le monde : le monde n’est pas une forme prise par le sans forme (195-37), le monde n’est pas contenu dans le Réel comme un objet différent du Réel (195-37) et enfin le Réel n’est pas la base, la fondation sur laquelle un monde s’érigerait en tant qu’entité indépendante (ce qui indirectement reviendrait à une forme de causalité) (195-39).

    YVES REMOND Dans son livre L’EVEIL DANS LE YOGAVASISTA page 233, 234