Bonjour à toutes et à tous,
Voilà encore une pépite sortie en librairie il n’y a pas si longtemps. C’est le livre D’Yves Rémond que j’ai mis ci-dessous. En deux mots, je me suis pris de passion pour cet ouvrage si riche. Et encore, le mot est faible. VERTIGINEUX me semble beaucoup mieux approprié. Nul doute que comme complément et suite à l’enseignement de Yann sur la tradition indienne, ce livre nous éclaire de façon magistrale et pédagogique sur ce qui est proposé à la Bertais. Je prends beaucoup de plaisir cet été 2024 à lire et relire cet ouvrage si dense, perturbant; occasionnant des remises en question fondamentales et en fait particulièrement utile pour quelqu’un qui veut apprendre à connaître L’ADVAITA VEDANTA. Je vous glisse aujourd’hui quelques extraits ci-dessous. Nul doute que j’en écrirai d’autres… Je vous souhaite une excellente rentrée.
.. »dans le Vedanta, il va s’agir d’utiliser l’intelligence appliquée à la connaissance de notre véritable nature. Nous allons utiliser cette intelligence pour connaître qui (ou ce que) nous sommes. Pour ce faire, l’outil de l’intelligence doit être particulièrement affuté, car le domaine d’exploration est subtil. La lecture de textes sacrés, les enseignements d’un sage, nos expériences personnelles et notre propre reflexion pour intégrer tout ce qui précède participent à l’affûtage de cette intelligence. Il ne s’agit pas non plus de devenir un érudit, car l’érudition spirituelle peut devenir une impasse intellectuelle…
…C’est pourquoi, pour ne pas rester lettre morte et participer à l’aiguisage de l’intelligence, la réflexion doit être nécessairement associée à la méditation profonde. Pour rappel ou information, la pratique védantique repose sur trois outils qui sont dans l’ordre :
1 La réception de la parole sacrée à travers un texte, un professeur ou une rencontre ( » Accueille toute parole de sagesse, même si c’est un enfant qui l’a prononcée« , dit au début le Yogavasistha);
2 La réflexion intelectuelle sur ce qui a été reçu. Au passage, le terme sanscrit utilisé renferme le notion de prudence; c’est donc un encouragement au discernement et à une réflexion prudente, délibérée, pas à pas, et certainement pas un emballement des pensées. Et :
3 la méditation, le recueillement dans le silence intérieur sur ce qui a été compris à travers la réflexion. (En sanscrit 1 : sravana : 2 : manana et 3 : nididhyâsana.)
(3) La dernière phrase communique une information très importante : la libération échappe à la volonté personnelle là-même (et surtout!) à celle du chercheur spirituel pour qui la libération est à priori le but à atteindre. C’est une façon de dire que nous n’avons pas à nous soucier de la libération. La libération s’occupe d’elle-même. Nous n’avons pas notre mot à dire sur sa venue ni sur son planning. Ce n’est pas une affaire personnelle. De plus, la libération est ici présentée comme notre nature innée, notre intimité. Nous la reconnaitrons naturellement quand le moment sera venu. Ces qualificatifs visent en premier lieu à détendre le chercheur spirituel et à rendre à César et à Dieu ce qui leur appartient respectivement. En résumé, occupons-nous de notre pratique, et cultivons la confiance. La libération est en route, même si nous ne sommes pas à même d’évaluer quand et comment elle se produira.
EXTRAIT DU LIVRE D’YVES REMOND : L’EVEIL DANS LE YOGAVASISTHA, pages 74 et 75




























