Auteur/autrice : Georges Morant

  • Condamné à la libération

    Ceci est un article directement inspiré par le dernier livre d’Yves Rémond. S’il vous touche, souvenez-vous qu’Yves sera avec nous à La Bertais très prochainement et que les inscriptions pour participer à son séminaire sont ouvertes. Pour y participer => cliquez ICI 

    RAMA : Si les désirs s’apaisent et si une liberté s’installe vis à vis des désirs et de toute forme d’action, alors la plus haute libération (nirvana) se lève et resplendit, même si les sages ne l’ont pas désirée.

    YVES : …A partir du moment où la conscience ne s’investit plus à outrance dans les objets du monde en lesquels elle se dilue, et qu’elle s’oriente vers sa propre source de façon stable et aisée, le nirvana suit automatiquement. « Automatiquement » ne veut pas dire « immédiatement ». Cela dépendra en partie de nos efforts, mais surtout de la « volonté de Dieu », de la Conscience elle -même  ou encore de la grâce. En tous les cas, la venue de la libération ne dépend plus de la personne. Elle s’invite sans prévenir. La maîtrise des désirs peut faire de celui qui la pratique un ascète, un rishi même, mais pas forcément un être libéré. La libération est une grâce qui vient d’elle même. Mais le verset va plus loin encore et affirme que le nirvana ne peut pas ne pas venir. Il est obligatoire en quelque sorte.

    …L’homme n’y échappera pas ; il lui faudra peut être des milliers (millions? milliards?) de vies, mais cela se produira, qu’il le veuille ou non. A partir du moment où l’individu s’engage dans une recherche spirituelle, il est « condamné » à réussir, car l’éveil lui fait de plus en plus confiance. Il brûle du désir de s’éveiller, car le Divin brûle du désir de se reconnaître, car le Soi ne peut que s’aimer lui-même, comme la rivière qui ne peut que dévaler vers l’océan. Nous avons juste notre part à accomplir : cultiver avec intelligence le détachement et le lâcher prise : je m’abandonne à la grâce, je lui fais de plus en plus confiance.

    YVES REMOND Dans son livre : L’EVEIL DANS LE YOGAVASISTHA Page 224, 225

  • La peur du vide…quel vide ?

    Ceci est un article directement inspiré par le dernier livre d’Yves Rémond. S’il vous touche, souvenez-vous qu’Yves sera avec nous à La Bertais très prochainement et que les inscriptions pour participer à son séminaire sont ouvertes. Pour y participer => cliquez ICI 

    RAMA : Je suis l’Espace vide. Ce qui existe est l’Espace vide. La Conscience est l’Espace vide. Le monde est l’espace vide et l’Espace vide n’est que l’Espace vide. Une fois parvenu à l’unicité de l’espace de la Conscience, adore cet espace du « Un » ! (192.62). Grâce à la connaissance et à l’investigation sur l’espace vide, l’être tout entier devient pareil au ciel…( 195.63)

    L’Espace vide dont il est question ici est bien sûr la Conscience, Brahman. Le terme utilisé ici et traduit par « espace vide »  est kha. Ce mot neutre signifie en premier lieu un trou, une cavité, une ouverture, puis par extension l’espace vide, l’air, le paradis…

    Tout chercheur spirituel devra un jour ou l’autre, plus ou moins progressivement, se retouver face à ce vide. Vide de quoi ? Vide du mental. Cela commence par l’espace vide de pensées discursives. Cette appellation « espace vide » est juste une appellation, un nom donné par le mental à quelque chose dont il est absent. En fait, cet espace n’est pas vide du tout, il est seulement vide du mental. En réalité, cet espace est plein, il est le Plein, plein du Plein, rempli du Brahman.

    Purnam adha, purnam idam, purna purnam udacyate, purnasya purnam addaya, purnam evavasisyate » : Ceci est le Plein ; cela est le Plein ; le Plein provient du Plein ; si l’on retire le Plein du Plein, le Plein demeure » dit la Brihadaranyaka Upanishad (V.1.1).

    Il faut donc enquêter sur cet espace qui se présente comme « vide » et affronter sa peur du vide. Tant que l’on croit à la réalité du mental et de ses productions, il est nécessaire d’y aller doucement. La perséverance et l’habilleté seront de mise pour ne pas faire lever de trop fortes réactions, mais aussi pour garder son axe et sa détermination. En effet, aux yeux du mental, un espace vidé de lui-même est apparenté à sa propre mort, et il a peur. En fait, c’est lui qui a peur pas nous ; mais tant que nous nous identifions à lui, nous disons et ressentons : « j’ai peur ».

    Quand on s’est suffisament accoutumé à cet « espace vide » et que l’on a commencé à goûter, apprécier et reconnaître sa paix, son silence et sa plénitude, commence alors une seconde partie du chemin : l’adoration. « une fois parvenu à l’unicité de l’espace de la Conscience, adore cet espace du « Un » . Le verbe « adorer » peut suprendre dans ce contexte de connaissance, mais c’est pourtant bien le terme choisi par RAMA (bhaja de la racine BhAJ- qui a donné bhakti et qui signifie adorer, prier, pratiquer). Cela montre déjà qu’une fois arrivé à un certain niveau de réalisation, les cloisonnements entre voie de la dévotion (bhakti yoga), voie de l’action (karma yoga), et voie de la connaissance (jnana yoga) n’ont plus vraiment lieu d’être. Il est question ici de libération et il ne s’agit donc pas de s’enfermer dans un dogme de plus, par exemple : la connaissance n’a rien à voir avec la dévotion. De quelle adoration s’agit-il ici ? Un long et magnifique passage du YOGAVASISTHA (VI.I.29.85 à VII. 43.46) détaille sous la forme d’un dialogue entre le sage VASISTHA et le dieu Shiva ce qu’est la véritable adoration: c’est l’adoration du Soi. En voici quelques extraits :

    Shiva :

    Le Soi est le dieu intime auquel on rend hommage avec les fleurs de la paix du coeur et de la connaissance.Oui, voilà l’adoration! L’adoration de la forme n’est pas l’adoration ( 29.127)

    Les gens ont délaissé l’adoration qui passe par la connaissance du Soi. Ils se sont trop longtemps attachés à des idoles factices et maintenant, ils goûtent à la souffrance ( 29.128)

    Le seul dieu est le Soi, au plus profond de nous-mêmes. La cause ultime est le Soi. On doit l’honorer sans cesse d’une dévotion envers la Connaissance. (29. 230)

    Une fois que l’agitation mentale a cessé, cette adoration de L’Atman peut débuter. C’est une adoration silencieuse, une mise en présence et un ababdon. Adorer de cette façon, c’est s’habituer à demeurer dans ce silence et cette paix, jusqu’à ce que le Soi, si intime, si nature, se révèle, et cela ne dépend pas de nous, mais de Lui. Comme dans l’image chrétienne des vierges folles et des vierges sages, notre part consiste à rester devant le seuil du palais ; la porte s’ouvrira quand l’ordre en sera donné au portier. En attendant, rien ne sert de tempêter de mille et une façons, rien n’y fera ; il vaut mieux rester attentif et prêt au moindre entrebaillement de la porte.

    Yves Rémond – « L’éveil dans le Yogavashista » -pp241.242.243

     


     

  • En rentrant chez moi..

     

    A

    Aussitôt franchi la porte de la maison, je suis d’un seul coup envahi, mis à nu par un silence pénétrant. Je suis rappelé à une profondeur sans limite
    Cela qui ne peut être mis en mots et pourtant j’écris. Cela te perce à jour. Cela voit, sent ce que le petit moi ne voit pas, ne sent pas la plupart du temps.
    Ressentir ainsi ce qui se passe en un instant est un sentiment fort, intense et recueilli. C’est bon, heureux de se voir dévoilé, mis à nu.

    Oui, car en fin de compte, ce n’est plus le petit moi ego personnel qui est aux commandes. L’essence a pour un moment pris le pouvoir-Être. Moi, normal, est toujours là mais a été découvert, dévoilé et c’est très heureux.

    Bien sûr, le petit moi ego-mental voudrait que ce genre d’instant béni s’éternise et ainsi, rejoindre L’infini
    C’est tellement bon de se tenir en la Présence de cet appel indicible. Le Silence peut alors déployer ses ailes divines.

    « Je » aspire à disparaître
    Quand tout s’évanouit, Cela se révèle.
    Je viens du Silence

    Cela n’a rien à voir avec une émotion ordinaire. Cela est tranquille, si tranquille, que quand « je » disparais, il laisse la place à Cela-Mystère- Absolu
    Quel est ce sentiment sans nom et qui pénètre l’être au plus profond ? Quelle est cette paix si particulière sans aucun appui qui tend vers L’infini ?
    N’est-ce pas cela dont témoignent tous les maîtres et enseignements authentiques ?

    « je » est aspiré au-delà de lui-même. C’est un sentiment très heureux de ressentir cette paix, ce silence qui semblent venir d’un autre monde.
    L’évidence qui jaillit maintenant de mon esprit est la chose suivante : Cela, Paix, Silence ne sont pas du tout d’ordre personnel. Ce n’est pas possible. Cela, détache du petit moi-ego, accapareur qui se croit séparé et tout puissant.

    Demeurer en cette Présence est très réconfortant. C’est comme un resourcement, un retour à une sorte d’origine.
    « je », aspiré au-delà de lui-même, respire Cela, L’indicible qui ne peut être mis en mot et ramène le sujet à l’évidente impossibilité de vouloir saisir L’infini.


     

  • Joyeux Noël

    A la plus belle des cérémonies

    Le temps et l’espace évanouis

    Le Silence nous invite en permanence

    A rejoindre le mystère de la Vie, être en vie

    Connaissez-vous quelque chose de plus précieux

     

    Boire à la Source de la pure Conscience

    Voir derrière les miroirs déformants de nos moi

    Jaillir la lumière en zones d’ombres

    Eliminer tous nos concepts et préjugés

    Délier tous les nœuds présents-passés

    Mettre un terme à toutes nos stratégies de défense

    Dissoudre nos egos virtuels, impuissants

    En finir avec toute cette arrogance

    Guérir de toute cette suffisance

    Nous laisser inspirer par tellement plus grand

     

    N’avons-nous pas en vérité qu’un seul désir

    Découvrir ce que nous sommes vraiment

    Nous relier à notre intimité essentielle

    Nous rejoindre Nous-mêmes

    Tout feu éteint, tranquille

    Dans les bras de l’indicible

    Joyeux Noel

     

  • Le premier renne

     

    J’ai été dernièrement particulièrement ému par le dernier livre de Olivier Truc : « Le premier renne ».

    Olivier Truc est né à Dax, journaliste, il vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde et du Point. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il est aussi documentariste. Il est l’auteur de L’imposteur et du Dernier Lapon (génial), pour lequel il a reçu entre autres le prix des lecteurs Quais du Polar et le prix Mystère de la critique.

    D’abord, un petit clin d’oeil à Forence Grenier à qui j’avais conseillé le « Dernier lapon » et qui je crois me souvenir, l’avait bien apprécié.

    Ce n’est pas si facile d’écrire cet article. Parce qu’en fait, j’ai été particulièrement ému par son dernier livre : « Le dernier renne ». C’est la lecture de ce livre qui a déclenché cet article difficile à écrire; peut être parce que trop proche, trop intime. Pour commencer, je voudrais vous dire que depuis longtemps je suis attiré par le nord et particulièrement par le Grand nord, la Laponie. Sans vouloir faire de la remontée de samskaras à bon marché, c’est sûr que cela remue fort en moi. Peu m’importe finalement, maintenant où je m’enfonce doucement dans la vieillesse de faire une plongée dans l’inconscient. Je ne peux quand même pas ne pas vous dire que les romans d’Oliver Truc ouvrent clairement une dimension mystique évidente, criante.

    Ce qui me vient dès maintenant et qui est l’origine de ce coup de coeur est le fait que presque tous ses romans qui sont aussi des polars (j’aime) se passent dans le grand nord, en Laponie (Suède, Norvège, Finlande)

    Et dans ces coins là, ce qui demeure et m’attire irrésistiblement, ce sont d’abord les paysages d’ouverture infinie dans des zones neigeuses et glacées. J’ouvre une petite parenthèse pour vous confier que ceci a un côté franchement romantique. Parce qu’en fait, je suis très frileux et ne ferait pas long feu sous de tels climats extra froids.

    Les personnages de ses romans sont vraiment interessants, attachants, complexes, sidérants. Il y aurait tellement à dire que j’en reste muet. J’ai l’impression que je ne vais pas m’en sortir avec cet article!

    Alors, je vais passer la parole à d’autres dont la plume est beaucoup plus fluide, explicite.

     » Olvier Truc nous raconte le pays sami avec un talent irrésistible. Il sait nous séduire avec ses personnages complexes et sympathiques. Et, comme dans le Denier lapon et la Montagne rouge, il nous enmène à travers des paysages somptueusement glacés. »

    Si le coeur vous en dit, je vous conseille de commencer par son premier roman : Le Dernier lapon ». Mais en fait, vous pouvez très bien commencer par le denier qui m’a tant secoué : « Le premier renne ».

    Un dernier mot car je pense à Alain silvert qui, il y a bien des années maintenant, avait écrit sur notre blog de l’époque un article sur un voyage en laponie.(cliquer ICI)

    PS : Dernière minute, maintenant : J’ai fait une erreur très signifiante même si je ne sais pas encore sa signification : Je viens de la corriger. Au lieu d’écrire « le premier renne » j’avais écrit le « dernier renne ». Sans vouloir faire de l’interpretation facile, je me demande si ces territoires du grand nord ne sont pas en voie de très grand transformation voire d’extinction à long terme.

    (et si vous souhaitez en savoir plus, voici une vidéo où l’auteur parle son oeuvre)

  • Citation de la semaine n° 88

    Queyras

     » Quand la brume de l’ignorance s’est levée, quand ce qui a été écrit sur le coeur est devenu invisible même dans le rêve « , quand la pluie de l’ego a cessé, le sage rayonne comme un lumineux ciel d’automne »

    L’EVEIL DANS LE YOGAVASISTHA VI-I. 39.61

    YVES REMOND : L’approche qui touche le coeur et celle qui touche la tête sont toutes deux indispensables et complémentaires pour atteindre le but. Contrairement à une vision simpliste, voire sectaire, la voie de la connaissance n’est pas juste une réflexion aride. La juste dévotion et tout ce qui élève le coeur y tiennent une place indiscutable et conséquente.

  • Être habile avec le mental

    …Le sujet indépendant et autonome que tu penses être n’est jamais apparu, lui non plus…ta question sur ce qui n’existe pas est posé par un sujet inexistant qui se croit existant…

     » Fais l’expérience du monde, tout en étant conscient que si tu te le représentes comme distinct de la Conscience, ce monde est illusoire, non existant et te fera souffrir ».

    Vasistha encourage son élève à vivre toute expérience en ce monde à la lumière de la Conscience. La clé de cette pratique est l’expression  » tout en sachant que… »…

    Être conscient conduit vers la libération…

    Concernant le mental, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, mais attendre que le bébé grandisse et lui donner une bonne éducation. On peut et on doit « purifier » le mental, c’est à dire favoriser les concepts et les comportements qui vont dans la direction de la libération et neutraliser ceux qui en détournent. Paradoxalement, un mental éduqué et pacifié deviendra un allié précieux sur ce cheminement vers l’éveil. Le mental restera également indispensable pour continuer de naviguer et vivre normalement dans le monde, si c’est notre destinée. Cette purification a aussi des limites et ne sera jamais parfaite, mais cela ne nous condamne pas à nous croire indéfiniment indépendants de la Conscience.

    Rappellons juste encore une fois qu’être conscient ne se résume pas simplement à penser ou  dire « oui  »  je suis conscient que … » et à faire ensuite tout ce qui nous passe par la tête, comme si cette seule déclaration nous donnait carte blanche et nous dédouanait des conséquences de nos actions prétendument conscientes.

    YVES REMOND: Extrait de son livre : L’EVEIL DANS LE YOGAVASISTHA page 169, 170

     

  • ETRE PRESENT A MOI MEME ET A LA SOURCE

    Quand vous êtes présent à la Présence-Source, cela veut dire entre autre, que ce n’est pas vous dans un état « normal habituel, mécanique, avec votre ego- mental plus ou moins identifié, confondu »

    Vous vous sentez beaucoup plus apaisé, centré. C’est comme une porte de sortie, un espace qui jaillit. C’est le plus souvent, et dans mon cas c’est flagrant,  un état d’être passager qu’il s’agit de cultiver avec soin et surtout persévérance

    Cette porte ouverte, cet espace vide, vont le plus souvent se refermer assez vite.

    Alors, maintenant, c’est bon et heureux d’en jouir sans se laisser emporter, identifier à nouveau avec principalement mes pensées. En réalité, c’est impossible de s’identifier à cet état intérieur de dessaisissement de l’ego, à la Source.

    Le mot inspiration est un de mes préférés pour dire, voire écrire ce qui  correspond à ce qui se passe

    Vous êtes inspiré.

    Mais alors, par qui, par quoi ?

    Mystère de la Présence

    Mystère de la Conscience

    Ce Maintenant est un moment d’étirement du sentiment d’être. La perspective d’ouverture semble impossible à définir. Vous entrez en relation avec quelque chose qui se dévoile comme un sentiment d’élargissement de vous-même vers une sorte d’infini.

    Ce ressenti n’est pas d’ordre émotionnel au sens commun du terme. Il s’agit d’un sentiment dans le sens Qu’Arnaud donne à ce terme.

    J’insiste particulièrement sur ce point parce que je suis d’un tempérament particulièrement émotif. Ainsi, je vois bien la différence entre un vécu émotionnel « normal » et un ressenti sentiment synonyme d’ancrage, de centrage fort et stable empli de joie-Présence.

    Une joie intérieure sûre d’elle -même et qui s’exprime de façon sobre et simple

  • Payer le prix

    Quand tu sens déferler des vagues de dépression

    L’Indestructible brille au plus profond de ton cœur

    Et te ramène au Réel

    Reste tranquille, en silence

    Les remous vont finir par se briser

    Un grand calme va émerger

    Si tu es prêt à payer le prix

    Si tu crois que mourir est la solution pour en finir

    Tu te berces de mortelles illusions

    Ta vraie nature n’a jamais été touchée

    Ton être essentiel n’a jamais cessé de te porter

    Sois tranquille, en silence

    La paix t’attend au tournant

    Si tu es prêt à payer le prix

     

    Inspiré par le morceau « Laughing », extrait de l’album « Aural sculptures » des Stranglers

  • Retour sur la journée méditation

    Bonjour à toutes et tous,

    Nous étions 34 personnes réunies en ce très beau dimanche ensoleillé pour célébrer à nouveau une journée méditation.  Pour, entre autre, comme l’avait proposé Yann, recharger les fondements, le coeur visible et invisible de notre association.

    Voici mon témoignage :

    Quand vous méditez à la Bertais, vous êtes soudain immergé dans un Silence d’une qualité très rare mais pas impossible à percevoir, à resentir

    L’environnement résonne comme une symphonie de vibrations infinies

    La Source se dévoile en un festival de lumière

    Dieu n’est pas loin

    Il Est même tout près

    Auprès de chacune, chacun

    En se montrant à toutes et tous selon leurs originalité, leurs différences

    A beaucoup, Il se montre sous la beauté prégnante de la nature

    A d’autres, Il dispense une intériorité sans nom

    Le Silence diffuse l’infini et il n’y a absolument rien à quoi se raccrocher

    Et c’est heureux, très heureux

    Toutes les formes s’évanouissent

    Et la clé, folle, vertigineuse, c’est que Nous sommes ce Silence.

    Nous sommes Source

    En fait, ce Silence omnibertaisien ne nous quitte jamais dans nos vies quotidiennes. C’est nous qui passons la plupart de nos temps à l’oublier.

    Méditer, consiste pour une part essentielle à se rappeler Nous-mêmes à ce Silence-Source

    En vérité c’est d’une simplicité déconcertante qui laisse sans mot

    Mais moi, Georges-séparé, je ne peux pas m’empêcher de mettre des mots qui me dépassent plus ou moins, plutôt plus que moins

    Ces mots sont pour Le rejoindre

    Le Silence se moque éperdument de toute interprétation. Et que nous en soyons conscients ou non, ce n’est pas son affaire. Ce n’est pas son problème. Parce qu’en fait, il n’y a pas de problème

    NOUS SOMMES LE SILENCE

    Laissons-nous faire

    Laissons-nous déshabiller

    Être, seulement Être

    C’est Lui qui donne les mots

    C’est de Lui que provient cette dimension profonde d’être que je ressens et cela me fait venir les larmes

    Des larmes de joie

    A chaque fois que je me rappelle moi-même à la Source, je fais un pas vers Lui

    Et les larmes disparaissent. Vous êtes tranquille, très tranquille, apaisé.

    Vous êtes en paix.

    MERCI à toutes et tous pour cette journée digne de Nous-mêmes, dans notre intrinsèque dignité comme le dit SWAMI PRAJNANPAD

    Pendant quelques méditations, j’ai fait de mon mieux pour tenter de me relier encore et encore à cette Présence-Source

    La fatigue s’est faite sentir sur le coup de trois heures de l’après-midi….

    Si le coeur vous en dit, n’hésitez pas à partager à votre tour vos ressentis et expériences intérieures durant cette mémorable journée…

     

  • Un phare dans la nuit

    (…) La Lumière du phare balaye l’horizon et particulièrement les vagues et les rochers mouillés par la mer. Du fait d’être mouillé, chaque angle des rochers envoie au phare la lumière qu’il reçoit, tout commes les vagues qui, elles, sont bien évidemment naturellement mouillées (!).
    La lumière du phare se reconnaît en chaque lumière qui lui revient par réfléchissement sur la surface humide des rochers et sur l’eau des vagues. Les vagues et les rochers sont passifs ; ils reçoivent simplement la lumière du phare et la lui renvoient. C’est tout.
    Aucun d’eux ne brille par lui-même.
    Il n’y a qu’une seule lumière. Envoyée ou réflechie, c’est la même lumière. La seule source de lumière est le phare Conscience.

    Exrait du livre de Yves REMOND : L’EVEIL DANS LE YOGAVÄSISTHA : Traduction du sanscrit, présentation et commentaires d’Yves  101,1o2

  • En attendant Yves Rémond à Notre AG (29 septembre) et la reprise de l’enseignement de Yann sur l’advaita Vedanta (19 octobre)

    Bonjour à toutes et à tous,

    Voilà encore une pépite sortie en librairie il n’y a pas si longtemps. C’est le livre D’Yves Rémond que j’ai mis ci-dessous. En deux mots, je me suis pris de passion pour cet ouvrage si riche. Et encore, le mot est faible. VERTIGINEUX me semble beaucoup mieux approprié. Nul doute que comme complément et suite à l’enseignement de Yann sur la tradition indienne, ce livre nous éclaire de façon magistrale et pédagogique sur ce qui est proposé à la Bertais. Je prends beaucoup de plaisir cet été 2024 à lire et relire cet ouvrage si dense, perturbant; occasionnant des remises en question fondamentales et en fait particulièrement utile pour quelqu’un qui veut apprendre à connaître L’ADVAITA VEDANTA. Je vous glisse aujourd’hui quelques extraits ci-dessous. Nul doute que j’en écrirai d’autres… Je vous souhaite une excellente rentrée.

    .. »dans le Vedanta, il va s’agir d’utiliser l’intelligence appliquée à la connaissance de notre véritable nature. Nous allons utiliser cette intelligence pour connaître qui (ou ce que) nous sommes. Pour ce faire, l’outil de l’intelligence doit être particulièrement affuté, car le domaine d’exploration est subtil. La lecture de textes sacrés, les enseignements d’un sage, nos expériences personnelles et notre propre reflexion pour intégrer tout ce qui précède  participent à l’affûtage de cette intelligence. Il ne s’agit pas non plus de devenir un érudit, car l’érudition spirituelle peut devenir une impasse intellectuelle…

    …C’est pourquoi, pour ne pas rester lettre morte et participer à l’aiguisage de l’intelligence, la réflexion doit être nécessairement associée à la méditation profonde. Pour rappel ou information, la pratique védantique repose sur trois outils qui sont dans l’ordre :

    1 La réception de la parole sacrée à travers un texte, un professeur ou une rencontre ( » Accueille toute parole de sagesse, même si c’est un enfant qui l’a prononcée« , dit au début le Yogavasistha);

    2 La réflexion intelectuelle sur ce qui a été reçu. Au passage, le terme sanscrit utilisé renferme le notion de prudence; c’est donc un encouragement au discernement et à une réflexion prudente, délibérée, pas à pas, et certainement pas un emballement des pensées.  Et :

    3  la méditation, le recueillement dans le silence intérieur sur ce qui a été compris à travers la réflexion. (En sanscrit 1 : sravana : 2 : manana et 3 : nididhyâsana.)

     

    (3) La dernière phrase communique une information très importante : la libération échappe à la volonté personnelle là-même (et surtout!) à celle du chercheur spirituel pour qui la libération est à priori le but à atteindre. C’est une façon de dire que nous n’avons pas à nous soucier de la libération. La libération s’occupe d’elle-même. Nous n’avons pas notre mot à dire sur sa venue ni sur son planning. Ce n’est pas une affaire personnelle. De plus, la libération est ici présentée comme notre nature innée, notre intimité. Nous la reconnaitrons naturellement quand le moment sera venu. Ces qualificatifs visent en premier lieu à détendre le chercheur spirituel et à rendre à César et à Dieu ce qui  leur appartient respectivement. En résumé, occupons-nous de notre pratique, et cultivons la confiance. La libération est en route, même si nous ne sommes pas à même d’évaluer quand et comment elle se produira. 

    EXTRAIT DU LIVRE  D’YVES REMOND : L’EVEIL DANS LE YOGAVASISTHA, pages 74 et 75

     

  • Epitaph

     

     

    Au moment de partir

    Quand tout s’évanouit

    Demeurer confiant, bienveillant

    Voilà tout ce que je me souhaite

    Laisser aller, laisser faire

    Et par-dessus-tout me souvenir

    D’accueillir du plus profond de moi-même

    Le Mystère insondable de la Vie

    La source toujours pure du Silence

    Celle qui déchire tous les voiles

    Seul Cela est réel

    L’insondable nous tient en haleine

     

    Quand « je » s’évanouis

    La lumière luit

    A l’infini

    Je SUIS

    La lumière nue

    Eblouissante

    Cachée sous l’immensité blanche

    Danse en secret

     

  • La clé de tout le chemin

    Je suis en train de relire le livre d’Arnaud : » l’Ami spirituel » et plus particulièrement le chapitre « l’Eveil du Maître intérieur » d’où vient cet extrait

    « …La clé de tout le chemin est que vous soyez capable d’établir une certaine discrimination et j’irai même jusqu’à dire une certaine dissociation, à condition que ce terme ne vous induise pas en erreur du fait qu’il veuille dire deux, créer deux, alors que vous m’entendez si souvent employer des expressions comme non-dualité, ne pas créer un second ou même revenir de deux à un. Ne butez pas sur des questions de langage : une contradiction apparente peut vous aider à approfondir des notions indispensables pour progresser sur le chemin.

    Ce dédoublement ou cette dissociation est le contraire de ce que Swâmiji comme Gurdjieff (fragments d’un enseignement inconnu) appelaient identification, le fait d’être complètement absorbé par chaque pensée, chaque émotion, chaque situation intérieure. L’essence, le cœur de l’ascèse est là. Il n’y a qu’une vraie question, c’est le scandale de l’identification, le fait d’être entièrement pris, confondu avec nos états d’âme, ces figures mouvantes de notre kaléidoscope intérieur. Ce point est capital car vous n’allez pas changer brusquement, vous n’allez pas du jour ou lendemain voir disparaître vos peurs, vos désirs, vos émotions et vous établir de plain pied dans la sagesse telle que vous l’imaginez, même si vous vous faites une idée relativement juste de cette sagesse »

    Georges : Oui Arnaud,  c’est tellement vrai et je me suis une nouvelle fois fait piéger hier soir où j’ai assez brusquement changé d’humeur. Je suis passé d’une humeur plutôt tranquille au personnage de la lassitude en moi qui tient encore aujourd’hui une place très importante même s’il est vrai que ce personnage a diminué.

    Je ne sais pas très bien comment vous expliquer ma pratique avec cet échantillon mais j’ai réussi. Je crois que le travail s’est fait au cours de la nuit et ce matin je savais que j’avais réussi. La veille j’essayais mais ça ne marchait pas vraiment. Comment vous dire, je vois vraiment avec cet exemple le phénomène de dissociation. En fait c’est assez impressionnant, car vous passez d’un monde à un autre, du monde d’un personnage (un Georges sous emprise de la lassitude) au disciple qui lui est tranquille et regarde. Je suis convaincu que ce que j’ai vécu avec cet échantillon correspond au rappel de soi même si cher à Gurdjieff et Swâmiji.

    « Fragments d’un enseignement inconnu » a été pour moi une révélation et m’a amené auprès d’Arnaud. Et aujourd’hui encore ce rappel à soi-même et en fait à Dieu m’apparait comme la clé de voûte de l’enseignement. Car quand nous nous rappelons nous -mêmes, il n’y a plus aucun personnage si ce n’est le disciple si près du SOI. Quand nous nous rappelons nous-mêmes, nous sommes Cela

    Puissé-je continuer à m’exercer

  • Les quatre erreurs

    1. « La nature de  l’esprit est simplement trop proche de nous pour que nous puissions la reconnaître. 
      De même que nous ne pouvons voir notre propre visage, il est difficile pour l’esprit de voir sa propre nature.
    2. Elle est trop profonde pour que nous puissions la concevoir. Nous n’avons aucune idée de sa profondeur. Si c’était le cas, nous l’aurions déjà dans une certaine mesure, réalisée.
    3. Elle est trop simple pour que nous y croyions ; en réalité, la seule chose à faire est de demeurer dans la pure conscience de la nature de l’esprit, nue et toujours présente.
    4. Elle est trop prodigieuse pour que notre esprit puisse l’accueiller ; son immensité même est si vaste que notre mode de pensée étroit ne peut la contenir. Nous ne pouvons simplement  pas y croire, pas plus que nous ne pouvons imaginer que l’éveil est la véritable nature de notre esprit.

    Extrait du livre de Sogyal Rinpoché ;  » le livre tibétain de la vie et de la mort » Chapitre 4 : LA NATURE DE L’ESPRIT

     

    Dimanche 11 février : Je m’étonne assez de mon état intérieur du moment. Le mental a certainement imaginé que je ne devraispas me sentir ainsi vu les circonstances (j’ai eu un accident le 3 février : un chien m’a renversé violemment. J’ai une fracture du tibia et suis immobilisé six semaines).

    Je me sens tranquille, apaisé et même un peu plus. Ce matin,un mot résonne particulièrement en mon esprit, celui de transparence et aussi celui de nudité.

    Quand vous vous sentez transparent, vous vous percevez depuis le haut de votre corps à hauteur d’une sorte de zone mystérieuse. C’est comme si il y avait une ouverture invisible. En fait, vous êtes poreux.Vous vous sentez dans une autre dimension de vous-même qui est plus que vous-même. N’est-ce pas là le cœur de l’être.

    Vous voyez, ressentez le monde extérieur à partir de l’intérieur. Vous me direz à juste raison, qu’il en est toujours ainsi. Oui, c’est vrai. Mais là, ce dont j’écris, parle d’une perception beaucoup plus subtile, fine. Je suis convaincu que c’est ce dont parle Arnaud quand il parle de sentiment. Ce ressenti, cette perception est en fait inhabituelle, contraire à la mécanicité. Vous êtes en même temps à l’extérieur et à l’intérieur et alors un espace nouveau naît.

    Vous vous ouvrez simplement à la transparence, à la nudité du monde. Le mental ordinaire, mécanique a quelque peu lâché prise. Il ne fait plus le poids. Bien sûr, il va continuer à revenir sans cesse à la charge, distiller des mots, des idées, des pensées, imaginations et autres.

    Mais ceux-ci sont ressentis comme des sortes de mirages, des choses qui n’existent pas vaiment. Ou plutôt comme des choses qui se révèlent sous une double face : visible et invisible ; réel et irréel

    Réel et irréel qui en fait sont UN

    Un autre mot jaillit en mon esprit ce matin. Ce mot, c’est celui de simple. Il y a dans ce à propos de quoi j’écris une dimension évidente et pourtant très mystérieuse de simplicité.

    Autre chose aussi résonne fort en mon esprit ce matin, c’est le fameux   » Tu es Cela » des Upanishads.

    Moi aussi, je suis Cela et c’est déjà là !

    Toute la sadhana ne consiste-elle pas à s’établir dans cette dimension de « la véritable natue de l’esprit » qui ne nous quitte jamais et que je passe la plupart du temps à oublier ?