Auteur/autrice : Georges Morant

  • Le témoin

     

    Mireille et moi, au nom de toute la sangha, nous vous souhaitons de bonnes fêtes de fin d’année 2018 et

    une belle, heureuse, joyeuse année 2019.

     

    Et même, s’il est plus que probable que nous sommes à la lisière de périodes troublées, nous pouvons au moins être sûrs d’une chose, c’est que s’il y a bien une chose qui est indestructible, c’est le silence.

    Ce silence, dernière porte avant le Mystère, est en chacun(e) de nous. A nous de jouer, à nous de pratiquer. J’espère que je ne vous ai pas ennuyé avec ce court à propos

    Maintenant, place à l’article que nous vous proposons pour cette fin d’année.

    (…)Si vous cherchez de plus en plus profondément à l’intérieur de vous, vous découvrirez le Sujet ultime qui ne peut devenir objet de conscience pour rien, l’ultime conscience qui peut percevoir des phénomènes, mais qui, elle, ne peut être perçue par rien. On ne peut pas aller plus profond. Ce Sujet est conscient et, si ce Sujet n’est pas conscient de quelque chose, n’est pas conscient d’un objet, il est conscient de lui-même, conscient tout court. C’est une conscience non dualiste, qui dépasse la distinction du sujet et de l’objet et qui dépasse les trois termes : le connaissant, le connu et l’acte de connaissance qui les réunit. Si j’ai connaissance du micro, il y a le micro qui est connu, il y a moi qui suis le connaisseur et il y a une certaine relation entre nous qui est la connaissance. Il y a donc trois termes. Mais, s’il n’y a que le connaisseur ou que le Sujet, ces trois termes sont dépassés à l’intérieur de nous, c’est-à-dire que demeure seulement la conscience, l’ultime Sujet, dont on ne peut rien dire, sauf « est ».

    L’erreur commune est de confondre le Sujet avec une réalité dont on peut dire quelque chose, notamment :  » Oui, le sujet c’est moi . » Tout est dans ce « moi ». Si on peut dire quoi que ce soit de ce moi, il peut être encore un objet de connaissance. « C’est moi », et quand vous avez dit « c’est moi », toutes les définitions sont déjà incluses. Je suis jeune, je suis vieux, je suis un homme, je suis une femme j’ai tout réussi, j’ai tout raté, je suis en bonne santé, je suis malade, je vis seul, je suis marié, et tout ce qui viendra si vous poussez un peu plus loin l’énoncé de ce que vous ressentez quand vous dites :  » C’est moi » Le Sujet ultime ne se confond pas avec ce qu’on appelle ordinairement « moi » et c’est le point essentiel sur lequel je voudrais insister. Ce n’est pas si compliqué et, un beau jour votre vie en sera complètement transformée. Vous confondez ce qu’on a appelé en anglais The Self, « le Soi » , et en sanscrit âtman, avec votre expérience habituelle qui vous fait dire moi. Et vous ramenez la Conscience à ce qui est encore un objet dont un sujet pourrait prendre conscience.

    Ce sujet, il est parfois appelé d’un mot très utile : le témoin (sakshin). Un témoin n’est vraiment un témoin que s’il n’est pas du tout impliqué, s’il est complètement neutre. Si vous prenez position,vous n’êtes plus un témoin. C’est vrai concrètement et c’est vrai dans le chemin. On vous demande d’être témoin d’un accident de voiture qui a eu lieu entre un ouvrier et un bourgeois. Si vos sympathies vont à l’ouvrier ou si vos sympathies vont au bourgeois, vous ne pouvez plus être témoin dans cet accident. Malgré vous, et peut-être pas du tout malgré vous, vous allez déformer les faits, prendre parti. Un témoin doit être absolument neutre. Le témoin parfait, c’est le miroir. Si on met sous les yeux du miroir une rose ou un crapaud, pour parler le langage des contes de fées, le miroir reste neutre. Il réfléchit sereinement et parfaitement l’un et l’autre.Il est témoin serein de l’un et de l’autre. Qu’on place devant un miroir le visage de la plus pure jeune fille ou un chancre syphilitique, le miroir reste neutre. Il n’est ni attiré ni repoussé. Le miroir échappe à la loi fondamentale de l’attraction et de la répulsion, de la distinction entre ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas. C’est pourquoi le miroir, ou une autre surface réfléchissante pure, sans tâche, a toujours été utilisé comme exemple pointant dans la direction de ce témoin en nous.

    Qu’est-ce qui , en vous, est Conscience absolument neutre et non affectée? Cela seul mérite de s’appeler le sujet ou le témoin. Et toute modification, toute »forme » de cette conscience devient un objet dont il est possible de prendre conscience en se situant plus profondément en soi même. Si vous aimez, le seul fait que vous aimiez est une émotion dont le pur témoin pourrait prendre conscience. C’est ce témoin véritablement digne du nom de témoin que vous pouvez aussi  appeler le spectateur qu’on discrimine du spectacle. Le spectateur est indescriptible et, si vous ramenez le spectateur à une réalité que vous puissiez décrire, ce n’est pas le spectateur. Cette réalité qui peut être décrite, le spectateur peut en prendre conscience et en être le témoin.Toutes les définitions, tous les conditionnements, tous les attributs, toutes les déterminations, toutes les relativités sont encore des phénomènes qui ne s’appliquent nullement au témoin. Ne ramenez pas cette pure Conscience, que vous pouvez appeler aussi le pur ‘je suis » ‘par opposition à « je suis moi ») à quoi que ce soit dont vous ayez l’expérience, à moins que vous n’ayez vécu des états de conscience réellement transcendants. Vous ne pouvez pas dire :  » J’ai bien compris ce que Arnaud appelle le témoin ou le spectateur, c’est moi, Jean-Pierre, c’est moi Suzanne, je suis le témoin de ce qui se passe, je suis le spectateur de ce qui se passe autour de moi et dont je prends conscience. » Non. Moi, moi et un prénom, c’est fini. Il existe en vous la possibilité d’une Conscience dont on ne peut rien dire, rien, qui est simplement : la Conscience. On ne peut lui attribuer aucun attribut, aucune qualification.

    Même dire que la réalité suprême est sat, chit, ananda, c’est déjà trop. C’est la tentative la plus parfaite qui ait été accomplie pour pouvoir en dire quelque chose, pour qu’un doigt pointe dans une certaine direction. Mais tous les mots ne sont que des doigts qui pointent dans une certaine direction, tous, même les plus sacrés du vocabulaire sanscrit. Rappelez-vous la parole du zen : « Un doigt pointe vers la lune, tant pis pour ceux qui regardent le doigt. » Tous les mots pointent vers Cela (tat) qui est indicible et pourtant qui est la Conscience transcendante suprême.

    Si vous comprenez que ce spectateur ne fait partie du spectacle à aucun titre, à aucun égard, en aucune façon, vous allez pouvoir comprendre un second point : le spectateur n’est pas « un autre » que n’importe quel élément du spectacle. Le spectateur n’est pas un autre. Si on pouvait dire quelque chose du spectateur, alors il y aurait deux : un élément du spectacle dont je peux dire quelque chose. Il y a deux. S’il y a moi, Arnaud, du sexe masculin, qui a beaucoup voyagé en Asie, et le micro avec lequel nous enregistrons cette réunion, il est évident qu’il y a deux : Arnaud d’un côté, le micro de l’autre. S’il y a seulement la Conscience, cette Conscience n’est pas un autre.(…)

    Arnaud Desjardins

    Le Vedanta et l’inconscient : page 69, 70, 71, 72

     

  • Vive la vaisselle

    Être présent à la Présence est un moment vraiment différent d’un vécu habituel, mécanique, plus ou moins englué dans le mental
    Cela déploie un mouvement de recul, de rappel, de recueillement
    Cela, prend ses distances vis-à-vis d’une agitation qui ne cesse de me détourner de la source
    L’instant présent à la Présence ouvre, dévoile une paix profonde, inhabituelle
    Un élargissement se fait jour, un point d’appui intérieur rarement vu, apparaît
    Un contentement, un plaisir, qui, au fur et à mesure qu’il se déploie, ne cesse de grandir vers des horizons inconnus
    La nature de l’être intérieur, celle de l’esprit, se révèle peu à peu inconnaissable
    Plus le chercheur, le méditant, tente de percer à jour le secret de Cela, en train de s’ouvrir, plus c’est difficile
    De tels instants, si bons, si rares, surviennent toujours à l’improviste
    J’étais en train de faire la vaisselle et tout à coup, je sens une ouverture
    La prise de conscience à la Présence jaillit dans toute sa plénitude silencieuse
    C’est agréable, très agréable, doux, ouvert, centré et surtout particulièrement paisible
    À partir de là, l’invitation au voyage invite à la disparition du voyageur
    De tels instants de reconnaissance de la nature si secrète de l’esprit, permettent de s’approcher un peu du Mystère
    En temps « normaux », cette nature est bouchée, fermée, identifiée, hypnotisée
    De tels instants, naît un autre monde qui s’est défait de ses formes habituelles, de ses normes, de son formatage conventionnel
    De tels instants, naît un monde enveloppé d’un parfum sans nom
    Simultanément, tout est plus stable, plus centré
    De tels instants de présence à la Présence, permettent de prendre conscience de deux mondes, deux faces de la réalité
    Le monde des formes, habité par le visible et celui, sans forme, l’invisible

    La méditation est un appel puissant à disparaître et entraîne un profond mouvement, un élan fort vers : « Merci »
    Vivre de tels instants de présence nourrit de façon naturelle une dévotion profonde, essentielle
    Et si, la source, la vraie nature de l’esprit était l’Amour

  • Nettoyage à sec

    Jette tes vieux vêtements
    Arrête d’avancer masqué
    Remonte toujours plus en amont
    Enfonce le clou de ta vérité

    Sors de l’illusion
    Éradique la source d’erreur
    Avance en toute liberté
    Mets tes habits- lumière
    Retrouve toi nu et fier

    Tu ne sais rien, rien du tout
    Alors, fais pas le malin
    Y’a rien de tel qu’un nettoyage intérieur complet
    Pour récurer l’ego de toute sa prétention
    Éclater la bulle du faux moi
    Fini l’observateur, terminé l’observé

    Retourne à la source d’où Rien, n’est jamais né
    Le joueur céleste joue du violon
    Douce, douce communion

    Vive la Conscience et Allez bon

     

     

  • Citation du lundi (71)

    Le développement naturel de votre vie intérieure vous conduira lentement, avec le temps, à un autre état de connaissance. Laissez à vos jugements leur développement propre, silencieux. Ne les contrariez pas, car, comme tout progrès, il doit venir du profond de votre être et ne peut souffrir ni pression ni hâte. Porter jusqu’au terme, puis enfanter : tout est là. Il faut que vous laissiez chaque impression, chaque germe de sentiment, murir en vous, dans l’obscur, dans l’inexprimable, dans l’inconscient, ces régions fermées à l’entendement. Attendez avec humilité́ et patience l’heure de la naissance d’une nouvelle clarté́. L’art exige de ses simples fidèles autant que des créateurs.

    Le temps, ici, n’est pas une mesure. Un an ne compte pas : dix ans ne sont rien. Être artiste, ce n’est pas compter, c’est croitre comme l’arbre qui ne presse pas sa sève, qui résiste, confiant, au grand vent du printemps, sans craindre que l’été́ puisse ne pas venir. L’été́ vient. Mais il ne vient que pour ceux qui savent attendre. Aussi tranquille et ouverts que s’ils avaient l’éternité́ devant eux. Je l’apprends tous les jours au prix de souffrance que je bénis : patience est tout.

    Rainer Maria Rilke.  « Lettres à un jeune poète III »

  • Golden song

    Souvenir de la soirée journée chantier du 24 juin où j’ai adapté des paroles personnelles sur l’air de la fameuse chanson « les mots bleus » de Christophe (et qui a été reprise par Bashung et plus récemment par les « kids united »)
    (dans la veine de ce que j’avais proposé à la soirée avec Malo et Isabelle, sur un air d’Eddy Mitchell, et dont j’avais posté un article appelé « Sangha song »)

    D’abord la version originale  par l’auteur (que j’imagine, vous connaissez pratiquement tous)

    Et maintenant les paroles que j’ai écrit sur cet air

    Je m’en vais maintenant pour le dernier voyage
    Le silence déchire le dernier voile
    Je pars pour la noce…bien habillé
    Merci est mon dernier mot
    Cela sourit
    Il faut que je chante
    A tout prix

    Je lui dirai toute ma joie
    De me serrer entre ses bras
    Eteindre enfin mes illusions
    Effacer toute séparation
    Oublier toute idée de pardon
    Nous éveiller en communion
    Libération
    Libération

    Je lui dirai toute ma joie
    De celle qui ne dépend de rien
    De là ou tous les mots sont vains
    Devant le mystère indicible
    Répondre enfin à son appel
    Après tant d’années de sommeil
    Libération
    Libération

    Maintenant, sans nom, nulle identité
    Je pars pour nulle part, émerveillé
    Je reviens à la maison
    Dans ma chambre, je le vois
    Cela, sourit
    Il faut que chante à tout prix

    Je lui dirai toute ma joie
    De celle qui étreint tous les cœurs
    De celle, là où le moi éteint
    Révèle enfin toute la splendeur
    Devant Cela, tellement plus grand
    Tellement plus grand
    Tellement plus grand

    Je lui dirai toute ma joie
    De célébrer l’instant présent
    Là ou nos rêves sont réels
    Là nous sommes nos cœurs d’enfants
    Devant Cela tellement plus grand
    Tellement plus grand
    Tellement plus grand

    Je lui dirai toute ma joie
    D’une traversée en pleine conscience
    Être Cela en toute confiance
    Au-delà de toute apparence
    Prêt pour une nouvelle naissance
    Prêt pour une nouvelle naissance

    Je lui dirai toute ma joie
    De dire ces mots devant Sangha
    Avant que la nuit nous emporte
    Avant que la nuit nous emporte
    Au plus profond de tout silence
    Au plus profond de tout silence

    Et si vous voulez vous aussi vous essayer à cette version Karaoké, voici la video puis la  bande son (sans les paroles) pour chanter, soit les paroles originales, soit ce « golden song »

     

     

  • Citation du lundi (69)

    (…) Le mot « oui » est le plus beau mot d’amour qui ait jamais été prononcé. Tous les « bien aimé » et tous les « chéri » sont insignifiants à côté du simple mot « oui « 

    (…) La meilleure façon de discriminer entre le réel et l’irréel, l’éternel et le non éternel, l’absolument non- dépendant et le conditionné, c’est le « oui « . Ce à quoi vous dites « oui  » perd son pouvoir sur vous. C’est en disant « oui » que vous retrouvez votre liberté.

    « Je ne suis pas ces pensées parfois douloureuses, ces sensations parfois douloureuses, ces émotions parfois douloureuses ; je ne suis pas ces pensées si souvent douloureuses, ces émotions si souvent douloureuses, ces sensations si souvent douloureuses. » C’est bien pour çà que je peux leur dire « oui « .

    Comment pouvez-vous être libre de ce que vous ne connaissez pas ? Comment pouvez-vous connaître ce à quoi vous vous dites « non » ? Le « oui  » est la parole libératrice entre toutes (…)

    Arnaud Desjardins dans son livre :  » Tu es Cela  » page 142 et 144

  • Sangha song

    D’abord, une petite introduction.
    Lors de la venue de Malo et Isabelle le 26 et 27 mai, nous avons donné le samedi soir une soirée festive.
    Au cours de celle-ci, j’ai fait un karaoké un peu particulier dans la mesure ou j’avais changé les paroles de la chanson.
    Cette chanson, il y a de fortes chances pour que cela évoque quelque chose dans vos souvenirs, car il s’agissait de « Il y a toujours un coin qui me rappelle » d’Eddy Mitchell.
    Je vous la mets en You tube. Ainsi, vous vous rendrez mieux compte d’un rendu possible avec les nouvelles paroles.
    Bonne écoute.

    Sangha song

    Je me conduis comme une machine au creux des vagues de mes humeurs.
    Identifié à mes pensées, mes émotions, mon faux bonheur
    J’entends au loin, résonner

    Toujours Cela qui nous rappelle
    Toujours Cela qui nous rappelle

    Nous sommes nés pour aimer
    Et nous serons toujours ainsi
    Jusqu’à la fin de toutes nos vies.

    L’ombre cachée m’entraîne si loin que j’en oublie de me rappeler
    Je me souviens d’une musique au son divin, immaculé
    J’entends au loin, résonner

    Toujours Cela qui nous rappelle
    Toujours Cela qui nous rappelle

    Nous sommes nés pour aimer
    Et nous serons toujours ainsi
    Jusqu’à la fin de toutes nos vies.

    Perdu, noyé avec mes peurs, mes illusions, ma confusion
    Je me souviens d’avoir goûté la source pure et compassion
    J’entends au loin, résonner

    Toujours Cela qui nous rappelle
    Toujours Cela qui nous rappelle

    Nous sommes nés pour aimer
    Et nous serons toujours ainsi
    Jusqu’à la fin de toutes nos vies

    Nul doute que le jeu en vaille la peine
    Même au bout de la mort à soi même
    En finir avec toute souffrance
    CELA EST l’Ami de nos vies

  • Le quotidien considéré comme un des beaux arts

    Il y a souvent un malentendu en ce qui concerne la prétendue mise en pratique. Les pensées sont très habiles pour transformer une simple proposition, exprimée dans le cadre de cet enseignement, en une idée, un concept, une recette à répéter en vue d’obtenir un résultat.

    A partir de ce fonctionnement mental qui cherche un changement, on entretient subtilement un refus de la réalité présente. Tout le paradoxe, c’est de vouloir devenir quelqu’un d’autre qui serait capable de s’accepter tel qu’il est.

    Comme conséquence, nous essayons de transformer les aspects de notre quotidien qui nous paraissent en avoir le plus besoin, alors qu’en réalité, ce sont les aspects qui nous dérangent le plus. Nous tentons ainsi de les étouffer, ce qui ne fait que renforcer notre division intérieure et nous éloigner encore plus de l’unité recherchée.

    Notre quotidien n’a pas à être modifié car il peut en définitive nous révéler ce que nous sommes et que nous cherchons désespérément dans la spiritualité.

    A force de résister aux situations qui nous dérangent, nous nous coupons d’une confrontation avec nous mêmes car le quotidien n’existe pas en tant que tel : le quotidien c’est nous. C’est nous dans tous nos états, y compris nous en lutte contre notre quotidien.

    Le quotidien, c’est le lieu même de la manifestation de la conscience. Car la conscience s’apparait tout autant dans le mouvement que dans l’immobilité. Au cœur même de l’action, nous pouvons donc nous apparaître aussi bien que dans le silence d’une méditation.

    Pour permettre l’émergence de la conscience dans l’action, il faut lui ménager un espace. Or cet espace est sans cesse restreint par la pression d’un but qu’on cherche à atteindre. Il faut donc opérer une sorte de décentralisation de l’action, c’est à dire dissocier l’action du but recherché.

    Ainsi, l’action ne s’ordonne plus par rapport à un but, elle n’est plus soumise à la tension due à cette recherche et elle acquiert ainsi une nouvelle autonomie. Elle se déroule d’elle même. A ce moment là, ce qui se croyait responsable de cette action disparait au fur et à mesure que se déroule l’action.

    Cependant, l’action et son but sont tellement imbriquées l’un dans l’autre qu’il faut suspendre le cours de l’action et s’arrêter. On revient alors à la sensation du corps, au présent du corps qui n’est pas parasité par la projection dans le futur d’un but à réaliser. Cela demande un entraînement. Par la suite, l’action de déroule sans que nous perdions pour autant notre présence à nous-mêmes.

    A ce moment là, quelle que soit la situation, préparer le petit déjeuner, aller aux toilettes, demander pour la troisième fois à son enfant d’éteindre son ordinateur ou écouter les problèmes que notre conjoint a rencontrés dans sa journée de travail, tous ces petits événements ont lieu sans qu’il n’y ait plus personne pour les revendiquer. Ces situations se déroulent désormais d’elles-mêmes.

    La voie du quotidien est ainsi une voie aussi exigeante que la vie d’un moine dans un monastère ou celle d’un ermite dans la montagne.

    C’est une voie à part entière. Rien ne manque au quotidien pour en faire une opportunité de transformation, de maturation, de dépouillement. C’est une véritable initiation au cœur de nous-mêmes.

    Malo Aguettant
    RIEN NE MANQUE A CET INSTANT
    Tant que vous n’y ajoutez rien

    Aux éditions Accarias – L’originel

     

     

  • Être est notre seule identité (3)

    lac de barrage près de Munnar - Inde

    (…) Pour ma part, durant des années de recherche, avec l’aide de ces témoins su réel, plusieurs expériences d’éveil ont eu lieu sans pour autant apporter un changement définitif, dans un premier temps. Par exemple, dans une situation particulièrement douloureuse de rupture amoureuse, j’ai clairement vu que plus je tentais de fuir ma souffrance, plus elle augmentait à mes dépens. Elle était comme une ombre qui m’enveloppait et qui finirait par me tuer. La nécessité s’est donc imposée d’affronter ces mécanismes d’identification. Quel est ce moi qui souffre ? Ce fut un face à face qui s’est déroulé seconde après seconde, minute après minute, heure après heure, dans un effort d’attention ininterrompu, jusqu’à ce que cet effort se relâche de lui-même, ne laissant plus alors que la conscience.

    Lors de cette situation de détresse, ma confrontation avec le moi en souffrance, sans que des pensées interfèrent a eu lieu à la charnière du plan psychologique et du plan « être ». Dans ce cas, il y a eu basculement d’un plan dans un autre. Plus précisément, le plan psychologique fut vu pour ce qu’il était, c’est à dire pour un phénomène apparaissant et disparaissant au sein d’une autre dimension qui le comprenait .Cette autre dimension, ce plan, lui, demeurait stable et n’était pas affecté par les perturbations émotionnelles. De plus, ce plan ne contenait aucun moi. Il fallait bien se rendre à l’évidence, aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’y avait qu’un grand vide. Et encore, ce n’est qu’une manière de parler très approximative car ce n’est qu’après coup que l’on utilise cette image du vide, sur laquelle, d’ailleurs, le mental projette immédiatement toute sorte d’émotions comme la peur ou l’attirance. Sur le moment, il n’y a personne pour constater ce vide. Il y a tout simplement absence de l’illusion d’un moi.

    Durant quelques semaines, ce fut comme si le poids de l’existence était tombé de mes épaules. Toute préoccupation concernant le passé ou le futur avaient disparu, et pourtant des décisions suivies d’actions adaptées à chaque situation continuaient d’avoir lieu. Tout était parfaitement à sa place.

    Plusieurs autres épisodes de ce genre sont arrivés de façon spontanée, et non pas à la suite d’une démarche particulière. Mais, entre ces épisodes, la nostalgie de ces états et la tentative de les retrouver montraient bien que la racine de l’identification au moi n’avait toujours pas été coupée.

    Le mental ne peut se représenter la libération que sous la forme d’un événement qui aurait lieu dans le temps, avec un avant et un après. Mais au plan « d’être » , il n’y a ni avant ni après. Il n’y a pas à proprement parler un événement au cours duquel se serait passée une libération. Il n’y a pas de cause à « être ». On peut seulement constater après coup qu’une transformation radicale a eu lieu. Et cependant, cette transformation n’est qu’un effet secondaire et non le cœur même de ce qui est en question, car la réalité était déjà là avant cet apparent événement.

    « Être » ne change pas. « Être » continue de jouer le jeu de la forme, mais au lieu de s’y perdre, il se retrouve dans ce jeu.

    On ne peut pas parler de quelque chose que l’on aurait obtenu, ni même de quelque chose que l’on aurait perdu, c’est une illusion, la croyance en un moi séparé, capable de décider par lui même de ses actes. C’est pourquoi il est absurde de parler de personnes éveillées. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’il y a éveil à chaque instant.

    Cette illusion apparemment inoffensive d’un moi séparé possède pourtant un pouvoir de nuisance que l’on ne peut imaginer avant d’en être libre. Plusieurs années ont été nécessaires pour intégrer ce bouleversement, avant qu’une détente profonde s’installe. Mais l’éveil lui même, la réalisation, la libération, n’est pas un état. Il est cette liberté de l’inconnaissable qui se renouvelle au cœur de chaque instant. Un glissement imperceptible su point e perception s’est opéré. Il n’y a plus un centre à partir duquel le monde apparaît. La conscience s’apparaît à travers les objets du monde.

    Au fur et à mesure de la maturation et de l’intégration de cette mutation, se fait jour le sentiment d’une parenté intime avec tout être vivant, qui n’est plus ni proche ni lointain, mais immédiat.

    Depuis, dans la vie quotidienne, les réponses aux situations continuent de se dérouler alors que la croyance en un moi qui serait l’auteur de ces réponses aux événements de la vie a disparu.

    Extrait de :
    « Rien ne manque à cet instant »
    Tant que vous n’y ajoutez rien
    Editions Accarias – l’Originel
    Malo Aguettant

     

     

  • Être est notre seule identité (1)

     

    « En amont de tout ce qui constitue une existence, il y a être.

    En amont de notre apparente identité, de notre nom, de notre sexe, de nos qualités et défauts, des sensations et des émotions que l’on éprouve, des pensées que l’on a, il y a être.

    Un livre ne peut pas changer les événements de notre vie, mais il peut changer le regard, la perspective, à partir de laquelle nous les vivons. Si notre relation aux situations auxquelles nous sommes confrontés est différente, ces situations ne nous affecterons plus de la même manière. Nos pensées, nos émotions, ne seront plus les mêmes.

    La substance même de la vie n’est que relation. Les sensations nous mettent en relation avec notre corps qui lui-même est en relation avec le monde. Nos émotions et nos pensées sont également des ensembles de relations qui interagissent avec les sensations. Il suffit donc de changer notre regard sur ces relations pour que notre expérience de la vie change radicalement. Notre vie devient ainsi la qualité d’attention que nous lui portons.

    La vie, avant de se manifester dans le monde apparent des phénomènes, est elle-même attention sans attente, c’est à dire conscience.

    Ce livre ne prétend pas parler de ce que nous sommes, mais plutôt examiner tout ce qui vient interférer avec cette conscience-être.

    Il s’agit d’une enquête sur les représentations que nous nous faisons de nous-mêmes. Toutes ces images, toutes ces histoires que nous produisons à longueur de vie formant autant de filtres, d’écrans, entre ce que nous sommes essentiellement et ce à quoi nous réduisons notre vie.

    D’où proviennent ces images, ces histoires ? Pourquoi apparaissent elles avec autant d’insistance ?

    Pouvons-nous nous libérer de ce bruit de fond, de ce parasitage permanent, pour accéder directement à  » être » , c’est à dire à ce que nous sommes déjà? Ou bien sommes-nous condamnés à passer notre vie entière sous hypnose, esclaves de nos émotions et de nos pensées ?

    L’urgence de cette question constitue le sujet de ce livre.

    On ne peut pas se représenter la présence.

    On ne peut donc pas imaginer ce que signifie vivre sans représentation du moi. On ne peut que projeter des formes sur ce qui est sans forme, autrement dit, se raconter des histoires, de belles histoires ou de moins belles, selon la résonance que cela provoque précisément avec notre histoire personnelle. (..)

    p 15 – Extrait de :
    « Rien ne manque à cet instant »
    Tant que vous n’y ajoutez rien
    Editions Accarias – l’Originel
    Malo Aguettant

  • Citation du lundi (66)

    (…) La Conscience est absolue. Et tous les phénomènes se déploient à l’intérieur de la Conscience ; le temps se déroule à l’intérieur de la Conscience ; l’espace s’étend à l’intérieur de la Conscience et la causalité joue à l’intérieur de la Conscience. Cela n’est pas la façon parfaite de s’exprimer ; la seule façon parfaite de s’exprimer est le silence. Mais elle est beaucoup plus juste, bien qu’encore imparfaite. Seulement, pendant longtemps ,elle demeure incompréhensible. C’est pourquoi nous sommes amenés à utiliser l’autre langage qui part du relatif (…)

    (…) La Conscience n’est pas du tout affectée mais elle est compatible avec tous les phénomènes. C’est ce qui a été exprimée dans des paroles bien souvent répétées et célèbres qui sont le résumé du bouddhisme mahayana :  » le samsara, c’est le nirvana », ou encore : « le vide, c’est la forme- la forme, c’est le vide ». Et dans les Upanishads il est dit :  » si on enlève le vide du vide, le vide demeure inaltéré ; si on enlève le plein du plein, le plein demeure inaltéré. »(…)

     

    Extrait du livre d’Arnaud :  » Tu es Cela » Chapitre Un :  » La réponse absolue »

  • Satsangs avec Atmananda

    Mireille et moi avons eu le bonheur d’assister à cinq Satsangs auprès d’Atmananda. C’est Corinne Bayod qui nous avait suggéré, si nous étions en Inde à ce moment là, d’assister à ces précieux et radicaux rendez vous. Merci Corinne et à très bientôt à la Bertais.

    Je ne vous présente pas Atmananda, vous trouverez facilement sut le net les renseignements voulus. Sachez tout de même que c’est un disciple de Chandra Swami, qui s’inscrit donc dans la plus pure ligne védantique de la non dualité.

    Les satsangs ont lieu en haut d’une terrasse, après avoir marché trois ou quatre étages, je ne me souviens plus. Mais je mentionne ceci parce que à la fin de chaque étage, un membre du séva était posté, en nous accueillant avec un très beau sourire. J’ai beaucoup apprécié cette entrée belle, chaleureuse, digne, consciente.

    L’ambiance générale est intense, recueillie, très silencieuse. Ceci est d’autant plus remarquable, qu’à l’extérieur, oui, nous sommes en Inde et l’ambiance est plutôt sonore.

    Je me suis rapidement adapté et ai pu jouir pleinement de ces satsangs menés de mains pédagogues, érudites, joyeuses et non dépourvues d’humour et simplicité. Atmananda est un remarquable passeur d’upanishads. Ne nous y trompons pas, le cœur de ces darshans, satsangs de haute volée était bel et bien dévoué, consacré au fameux et incroyable enseignement de Ramana Maharshi : le fameux self inquiry, Qui suis je ?

    Tout au long d’une douzaine de jours, Atmananda a commenté le livre de Ramana Maharshi, les « quarante versets sur la réalité. »

    Mireille et moi avons donc assisté aux commentaires d’ une vingtaine de versets, dont le fameux « TU ES CELA » qui n’est pas sans me rappeler le titre d’un excellent ouvrage d’Arnaud Desjardins

    aha sphutam tat-twam-asiti vedhtathapyasamprapya paratma- nistham,

    bhuyo vicaro mati- durbalatvam,

    tat sarvada svatmataya hi bhati

     

    The Veda has said clearly,  » That thou art ». Even

    then, not having obtained abidance in yhe Supreme

    Self, to inquire again indicates the debiliyy of the mind. That Reality indeed shines always as

    one’s own Self. (verset 34)

  • Passion et Abandon

    « Le but ultime de la passion est l’abandon. C’est le véritable désir du cœur. L’aboutissement de la quête sexuelle est le moment de l’orgasme, un moment d’abandon total. Les Français l’appellent « la petite mort ». De la même manière, l’aboutissement du chemin spirituel consiste à réaliser l’ouverture complète, au-delà de toute saisie. Cela procure une joie inconditionnelle, qui s’élève de la richesse intrinsèque de notre être.

    La passion est un courant d’énergie qui nous traverse, comme une rivière qui, pour finir, doit se déverser dans l’océan. C’est un passage entre deux mondes, conduisant du monde du soi connu à un monde plus large qui demeure au-delà représenté par une personne que l’on aime, un gourou, un enseignement ou par la vie elle- même. Se manifestant en tant qu’inspiration et culminant en abandon, le chemin de la passion révèle l’essence de la vie aussi bien que celle de la mort.

    Dans l’un de ses poèmes, Goethe reconnaît la pulsion transformatrice contenue dans la passion comme étant une « sainte aspiration »

     

    Je veux louer l’être vivant

                                                    Qui aspire à mourir dans la flamme

     

    Il décrit comment, comparant cela à un papillon de nuit sorti de l’obscurité pour aller vers le flamme d’une bougie flamboyante,

     

       Un sentiment étrange te saisit

                                                    Quand brille l’immobile flambeau.

     

    Emporté par votre désir ardent de vous relier à ce qui est vraiment vivant,

     

           Et un désir nouveau t’emporte

                                                    Vers des épousailles plus hautes

     

    Alors, tandis que votre hésitation disparaît, le courant de la passion vous entraîne dans l’acte d’abandon :

     

              Et finalement, amant de la lumière

                                                    Ô papillon, te voilà consumé.

     

    La conclusion de Goethe est simple et sans équivoque :

     

        Et tant que tu n’as pas compris

                                                    Ce »Meurs et deviens ! »

                                                    Tu n’es qu’un obscur passager

                                                    Sur la terre ténébreuse. »

    John Welwood dans son livre  » Pour une psychologie de l’éveil » – Éditions La Table Ronde.

  • La joie qui avance chancelante le long de la rue(4)

    Deuxième et dernier extrait du chapitre 22 : « Le sol qui n’existe pas s’est dérobé sous tes pieds »

    Je pressentais que même si j’avais très bien fait de tout miser sur ces êtres plus que chers que la vie m’avait arrachés, c’était en même temps une erreur. Une erreur sacrée, une noble, belle, bonne erreur que je referais sans hésiter une seule seconde, mais une sacrée de putain d’erreur quand même. C’est pour ça qu’Allen m’avait amené à son dingo de Trungpa Rinpoché.

     

    Crois moi, c’était quelque chose ce gusse là, à Boulder. Un type très inquiétant, dans le bon sens du terme, hein, mais très inquiétant. Pas très grand, claudiquant, engoncé par tous les temps dans un super costard avec cravate, pochette et tout le tintouin, quand il ne s’affublait pas d’un uniforme de général d’opérette, une espèce de tronche de crapaud asiatique avec un regard perturbant, très perturbant, derrière de grosses lunettes. Et avec ça une voix de castrat d’Oxford. Je te dis pas le personnage. A côté de cette créature, Allen et consorts faisaient figure de fonctionnaires étriqués. Et je passe sur la gnôle. Moi, je n’ai jamais bu. Un verre de bon vin de temps à autre et encore, mais l’autre déjanté, là, t’as pas idée. Il avait eu un accident, je crois, et il boitillait un peu : le miracle, c’était non seulement qu’il tienne debout, mais surtout qu’il fasse autant de trucs et paraisse toujours plus que lucide même si souvent carrément hors limites. Je n’ai jamais approché quelqu’un comme ce bonhomme là, jamais. Néal était frappadingue mais sa folie était désarticulée, explosée, fascinante mais pas inquiétante- sauf si on se souciait, à raison de sa santé. La folie de ce Tibétain là était articulée, méthodique, elle avait quelque chose de délibérée et par conséquent de radicalement dérangeant (…)

    Ce Chogyam Trungpa, je ne l’ai rencontré que cette fois là, à part le croiser et le voir de loin pendant mon séjour à Boulder, Allen lui avait dit par quoi je passais, je suppose, et le gars nous a invités à prendre le thé. On était assis dans une sorte de salon, il sifflait plus de saké que de thé, et tout à trac, après dix minutes de conversation anodine, il me regarde de son œil perturbant à vous foutre les jetons et me dit simplement de sa voix aiguë : «  Alors, Hank, maintenant, le sol qui n’existe pas s’est dérobé sous tes pieds et il n’y a pas de retour, il ne peut pas y en avoir, pas vrai ? Je connais ça. » Et sirotant son saké il me regarde encore et sourit, bouche fermée : «  Maintenant, tu peux te terrer dans ta niche et crever comme un chien bon à rien. Ou tu peux te dresser sur tes pattes, courir dans les rues et appeler les vivants comme un maître de meute, mais en prenant bien garde à ce qu’il n’y ait pas de meute qui te suive. Tu peux faire ça. Ou ça. Ce sont tes options. Les deux se conçoivent. C’est à toi de voir. En bref, tu peux vivre, et tu peux crever. Les deux sont OK, si tu veux mon avis. «  Et voilà. Je ne lui ai rien répondu, et ensuite il ne m’a plus rien dit. Personne n’a fait de commentaire. Je ne l’ai jamais vraiment revu.(…)

    Gilles Farcet
    « La joie qui avance chancelante le long de la rue » – Editions Maelstom revolution

     

  • Revenir à soi même

    « La première pratique est donc d’apprendre à revenir à soi même, au cœur du vagabondage des pensées habituelles. Si vous êtes complices de ces pensées, vous n’aurez aucun pouvoir sur les pensées torturantes. Il y a des rêveries en tous genres, des pensées qui ne sont ni véridiques ni nécessaires, mais au moins, nous n’y croyons pas trop. Mais quand les rêveries deviennent :  » Personne ne me comprend » ou » ce qui m’arrive est injuste », alors on y croit.

    Chaque fois que vous le pouvez, réveillez vous. Et vous pouvez mettre en place un mécanisme qui fait que c’est justement ce qui vous a engloutis, absorbés, qui va être au contraire ce qui vous fait vous souvenir et revenir à vous mêmes. Il y a une émotion ? De cela, vous vous rendez compte. Si vous le voulez – cela ne se fera pas en une minute – vous pouvez créer cette relation : dès que l’émotion se lève, c’est elle le facteur de rappel. Je reviens à moi même et je me souviens que je suis engagé sur la voie. Je me souviens et tout l’enseignement est à ma disposition. Mais si vous êtes trop complices de pensées inoffensives qui ne vous torturent pas; vous perdez une occasion de vous exercer et vous entretenez le mécanisme. Vous demeurez emportés par les pensées, vous n’êtes rien d’autre que les pensées, et, quand les pensées seront déchirantes parce que la situation vous apparaîtra comme spécialement cruelle, vous serez impuissants. Exercez vous. Cette liberté des profondeurs est à l’arrière plan des pires tempêtes, des plus grandes souffrances intimes. Elle est aussi à l’arrière plan des pensées banales plus ou moins heureuses mais dérisoires par rapport à l’Essentiel, à l’Infini et l’Eternel en vous.Vous demeurez à la surface de la conscience, perdant votre temps en rêveries. On ne peut » être » que maintenant. C’est ici et maintenant que vous pouvez ne plus refuser l’inévitable et ne plus discuter l’indiscutable. C’est maintenant que vous pouvez mettre fin vous -mêmes au conflit intérieur et retrouver la paix qui est votre véritable nature.

    Arnaud dans son dernier livre paru ;  » La paix toujours présente » page 113,114