Auteur/autrice : Georges Morant

  • Happy new year

    En un instant, saisi par un sentiment de bien être

    Le mot qui jaillit en premier est gratitude, suivi de très près par reconnaissance. Je sais que je suis. Voilà bien une des caractéristiques les plus essentielles de l’être humain et en même temps, l’un des défis les plus difficiles à relever

    Qui suis – je vraiment ?

    Pourquoi dit on que le silence est d’or ? Il doit bien y avoir une explication

    Le silence est d’or parce qu’il semble bien que cela soit la dernière marche avant Cela, Dieu, quel que soit le nom que l’on donne; même, si ce silence semble parfois  se confondre avec Cela

    Le silence est d’or parce qu’il s’apparente à cette source si mystérieuse de la vie. Il n’appartient à aucune catégorie, aucun classement, nul formatage. Il semble être une ouverture vers l’infini. Et encore, quand , j’écris infini, c’est très présomptueux de ma part. Le mot infini masque mon ignorance. Le silence pointe avant tout vers un mystère

    Il ouvre des portes si larges, si ouvertes vers :  » je ne sais pas »

    Il recouvre tout, dépasse l’entendement, unifie la totalité en un instant

    Il supprime toute frontière, abolit toute séparation

    Le silence est d’or, parce que l’or représente le métal le plus précieux qui soit. Il donne le vertige, attise le feu intérieur de chacun (e) pour brûler jusqu’à Absolu. Il nous met en relation avec nos peurs et nos espoirs les plus profonds. Il nous met en face de nos responsabilités les plus hautes. Il nous met au défi d’accomplir nos plus hautes destinées. Il nous envoie un message si flamboyant que nul ne saurait l’éviter

    Au travail, semble il nous dire, vous, les êtres humains, ne gâchez pas cette si précieuse opportunité. A Nous de jouer, notre destin est pour une part entre nos mains

    Bonne année, très bonne année à toutes et à tous

  • La présence éveillée (2)

    TenzinPalmo

     » On peut comparer l’état ou nous sommes au fait de regarder à travers une paire de jumelles : la perspective est floue. Quand on vit quelque chose, on le fait au travers du filtre des idées, des préjugés et des jugements de valeur. Par exemple, quand on rencontre des gens, on ne les voit pas tels qu’ils sont réellement. On les considère en fonction de ce que l’on pense d’eux, de l’amour ou de l’aversion qu’on leur porte, des personnes qu’ils nous rappellent, de l’éventail de qualités qu’ils possèdent. On ne les perçoit pas tels qu’ils sont en eux mêmes. Et il en est ainsi de tout ce que l’on perçoit : tout ce que l’on voit, mange, entend ou touche. Ces perceptions sont immédiatement réinterprétées en fonction des pensées et de l’expérience qu’on possède.

    On peut se dire :  » Et alors ? Ça n’a pas d’importance. » Mais ce qui se produit, c’est que nous sommes toujours en retrait par rapport à cette expérience elle-même et que de fait nous sommes de plus en plus conditionnés et « robotisés ». Nous ressemblons à des ordinateurs. Quelqu’un appuie sur un bouton, comme on le dit si bien, et on produit la réponse conditionnée correspondante.

    Il faut que nous clarifions profondément notre vision de façon à voir les choses telles qu’elles sont, comme si nous les découvrions pour la première fois. Les Tibétains disent : « tel un petit enfant qui regarde les peintures dans un sanctuaire ». Ce jeune enfant voit les couleurs et les formes sans jugement, son esprit est pur. C’est l’état d’esprit qu’il faut intégrer dans notre vie quotidienne. Si l’on s’y exerce, et sans qu’il soit nécessaire de faire quoique que ce soit d’autre, notre état changera nécessairement. »

    Tenzin Palmo

  • L’Autre rive – Etty Hillesum

    etty_hittesum

     » (…) c’est une expérience de plus en plus forte chez moi en ce moment : dans mes actions et mes sensations quotidiennes les plus infimes se glisse un soupçon d’éternité. Je ne suis pas seule à être fatiguée, malade, triste ou angoissée, je le suis à l’unisson de millions d’autres à travers les siècles, tout cela c’est la vie ; la vie est belle et pleine de sens dans son absurdité, pour peu que l’on sache y aménager une place pour tout et la porter tout entière en soi dans son unité ; alors la vie, d’une manière ou d’une autre, forme un ensemble parfait. Dès qu’on refuse ou veut éliminer certains éléments, dès que l’on suit son bon plaisir et son caprice pour admettre tel aspect de la vie et en rejeter tel autre, alors la vie devient en effet absurde : dès lors que l’ensemble est perdu, tout devient arbitraire.

    (…) je suis surtout reconnaissante de n’éprouver ni rancœur ni haine, mais de sentir en moi un grand acquiescement qui est bien autre chose que de la résignation, et une forme de compréhension de notre époque, si étrange que cela puisse paraître! Il faut savoir comprendre cette époque comme on comprend les gens ; après tout, c’est nous qui faisons l’époque. Elle est ce qu’elle est, à nous de la comprendre en tant que telle, malgré l’effarement que son spectacle nous inspire parfois.

    (…) Une chose est sûre : on doit tout accepter, être prêt à tout et savoir qu’on ne saurait nous prendre nos retranchements les plus secrets ; cette pensée vous donne un grand calme intérieur et l’on se sent à même d’accomplir les démarches pratiques réclamées par les circonstances.

    (…) Là ou l’on est, être présent à cent pour cent.

    (…) Le grand obstacle, c’est toujours la représentation et non la réalité. La réalité, on la prend en charge avec toute la souffrance, toutes les difficultés qui s’y rattachent. On la prend en charge, on la hisse sur ses épaules, et c’est en la portant que l’on accroît son endurance.
    Mais la représentation de la souffrance -qui n’est pas la souffrance, car celle ci est féconde et peut vous rendre la vie précieuse- il faut la briser. Et en brisant ces représentations qui emprisonnent la vie derrière leurs grilles, on libère en soi-même la vie réelle avec toutes ses forces, et l’on devient capable de supporter la souffrance réelle, dans sa propre vie et dans celle de l’humanité.

    (…) Je ne pense plus en termes de projets ou de risques : advienne que pourra et tout sera bien. »

    Etty Hillesum, « une vie bouleversée, journal, 1941-1943 « Paris, Seuil, 1985

    PS : J’ai recueilli ce passage dans le livre de André Comte-Sponville :  » De l’Autre côté du désespoir »

  • Tiens, tiens, tiens, cela me rappelle quelque chose !

    aguettant

     

    Un évènement devient un traumatisme persistant lorsqu’il y a refus de l’évènement. Ce  » non » à la réalité provoque une fixation dans le déroulement de la vie psychique dont le fonctionnement en devient perturbé. Seule la reconnaissance de ce processus peut permettre une réconciliation avec le réel et une existence vécue sur le mode du  » oui ».

    Cette attention à toutes les formes de refus de ce qui est, dans chaque situation concrète, permet peu à peu une désidentification vis à vis des contenus de la vie émotionnelle. Le jour où il n’y a plus de refus, on est libre.

    L’enjeu consiste à découvrir cet espace silencieux, illimité, que nous sommes. Nous pouvons alors développer à partir de et espace une nouvelle relation à nos sensations, à nos émotions, à nos pensées.

    Chaque situation, agréable ou douloureuse, se présente comme un défi. Il s’agit de vivre en temps réel une conscience pleinement incarnée n’évitant aucun aspect de la réalité quotidienne, assumant toutes les dimensions de l’être humain, des plus obscures aux plus lumineuses. La véritable liberté est à ce prix.

    Tout ce qui vient d’être dit à l’instant pourrait vous apparaître comme un programme très excitant. Il suffirait à remplir une vie. Mais ce dont il est question dans ce livre n’a strictement rien à voir avec un travail en vue d’obtenir quelque chose.

    Aucun changement n’est à attendre. Vous êtes la réalité qui vous arrive à chaque instant et vous n’y êtes pour rien. Vous vous appropriez la décision de vous transformer; vous vous appropriez l’action, parce que vous ne pouvez pas imaginer une action sans quelqu’un pour la décider. Vous attribuez une cause à un évènement en cherchant ce qui l’ a précédé. Vous confondez une séquence d’évènements avec une relation de cause à effet. En ce qui concerne  » être  » , il n’y a pas succession mais simultanéité.

    Notre vie ne nous appartient pas, nous appartenons à la vie.

    Malo Aguettant dans son livre :  » Rien ne manque à cet instant Tant que vous n’y ajoutez rien »

    Editions Accarias L’originel

     

  • La présence éveillée (1)

    un ermitage

    (…) Quand nous sommes parfaitement conscients, nous sommes attentifs non seulement à ce que nous faisons, mais aux sentiments, aux émotions qui surgissent ainsi qu’aux événements qui se produisent autour de nous. C’est si simple que ça nous échappe! Car on s’imagine que cette présence éveillée doit être quelque chose de plus grand, de plus spectaculaire. Mais il ne s’agit pas de lumières accompagnées de trompettes. C’est très simple. C’est juste là, présent. On pense en général que l’Éveil, ou la réalisation est quelque chose de lointain, un évènement magnifique et fantastique qui transforme tout une fois pour toutes.Mais ce n’est absolument pas le cas. C’est une chose qui est parfois si simple que c’est à peine si on la remarque. Et c’est aussi une chose qui peut se produire à tout moment. Et au moment ou on la voit, ça y est. C’est ça? Cela a toujours été là, mais notre œil intérieur était fermé. Quand tous les moments de la présence éveillée s’associent, alors on devient bouddha.

    Le terme sanscrit qui désigne la vigilance est smirti, sati en pali et drènpa en tibétain. Il est intéressant de constater que tous ces mots signifient « se rappeler ». C’est ce que les catholiques appellent « être en état de recueillement ». Et c’est extrêmement difficile. Être conscient pendant quelques minutes, c’est déjà beaucoup. Si « vigilance » est synonyme de se « souvenir », il en résulte que l’ennemie de la conscience éveillée est l’oubli, la distraction. On est capable d’être conscient pendant quelques brefs instants, puis on oublie. Comment se souvenir d’être conscient ? C’est là tout le problème. Car nous avons cette colossale inertie. Nous n’avons pas tout simplement l’habitude d’être conscients (…)

    Téndzin Palmo dans le livre de Vicki Mackenzie « Un ermitage dans la neige » Nil éditions

  • « God is the highest possibilty of man » Swâmi Prajnanpad

    « Dieu est la plus haute possibilité de l’homme« 

    (…) Arnaud et moi avons rendu visite à un maître soufi en Tunisie. Il parlait de Dieu en des termes qui ouvraient le cœur de façon extraordinaire. Ce maître soufi nous a dit : « Dieu n’est pas quelqu’un qu’on vous présente » voulant dire par là que Dieu n’est pas quelqu’un d’ extérieur à nous. Il a ajouté : « C’est un sentiment qui grandit à l’intérieur de nous » . Cela rappelle les paroles du Christ : « Le Royaume de Dieu est au dedans de vous« . Dieu n’est pas quelque chose d’extérieur à nous. Nous baignons en Dieu. Je me souviens d’une dédicace de Lee Lozowick :  » Nous sommes immergés en Dieu jusque par dessus nos têtes ».

    priere

    (…) C’est notre drame d’être séparé de la Totalité. Un jour, notre ego est né, alors qu’en tant que fœtus nous étions immergés dans la totalité. Nous avons connu cet état, c’est pourquoi cette nostalgie profonde se trouve au coeur de chaque être humain. Cette blessure de la séparation est sans cesse réveillée par tous les abandons que nous avons subi dans notre vie, mais le véritable abandon est d’avoir été coupés de Dieu. C’est la blessure originelle. Nous baignons en Dieu et nous ne le sentons pas. Notre chemin consiste à nous demander comment retirer les obstacles qui nous empêchent de nous sentir en Dieu. La soif que nous avons de Dieu, la nostalgie que nous avons de la Totalité peuvent nous y aider. Donc tu peux prier. D’une certaine façon, on ne prie que soi-même puisque nous sommes immergés en Dieu. « Dieu n’est pas quelqu’un qu’on nous présente« . Ce n’est pas seulement un très grand ami. Pour reprendre la parole de ce maître soufi, c’est un sentiment qui grandit à l’intérieur de nous.

    C’est pour cela qu’il est important que nous vivions des moments un peu particuliers, comme par exemple certains instants en présence d’un maître, car nous sommes alors branchés sur un autre niveau de réalité qui nous permet de pressentir ce qui nous attend.

     

    * Citation de Véronique Desjardins dans le livre : « LA TRAVERSÉE VERS L’AUTRE RIVE » Rencontres au Mexique Editions Accarias L’originel

  • “ Annihilez la distinction entre vous et votre émotion”. Swâmiji

    « Annihilate the distinction between you and your emotion »
    “ Annihilez la distinction entre vous et votre émotion”. Swâmiji

    (…) Je n’ai rien compris à cette lettre. S’il n’y a plus la distinction entre moi et mon émotion, je suis identifié à l’émotion, je suis emporté par l’émotion (…)
    Arnaud

    « Ici, maintenant, vous êtes la peur », « You are fear ». Swâmiji

    You are fearMais si je suis la peur, je suis identifié à ma peur. C’est ce que je croyais mais je me trompais. Plus tard, Swâmiji a précisé dans un entretien : « Dans l’identification, il y a deux : moi emporté par l’émotion douloureuse et en même temps moi qui-refuse-et-qui me débats ». C’est Swâmiji qui m’a permis de comprendre vraiment la différence qui existe entre : « to be carried away », « être emporté » et au contraire : « To be One with », « être Un avec », ce n’est pas du tout l’identification habituelle.
    (…) Il n’y a pas de distinction, de séparation, de division entre l’écran et le film. L’écran est à la fois complètement un avec le film et jamais affecté. L’ego lui ne peut pas être un avec, que ce soit un ressenti pénible ou un ressenti heureux. Il a son monde personnel, composé de ce qu’il veut ou ne veut pas, de  ce qu’il espère ou craint pour le futur. Il est cet ensemble d’exigences et de refus par rapport à l’existence et n’a aucune neutralité. Il faut être immensément vigilant pour que ces mots sanscrits célèbres, « témoin », « spectateur », « observateur », ne soient pas subtilement récupérés par l’ego pour fuir les émotions engendrées par les événements qu’apporte l’existence.
    Arnaud

    (…) La voie nous propose d’adopter une attitude complètement nouvelle qui consiste à accueillir l’émotion. Au lieu qu’il y ait moi et mon émotion, en pleine dualité, je tente de faire un avec l’émotion.
    (…) Nous tentons de nous unifier avec l’émotion, de devenir un avec l’émotion et non pas emportés malgré nous par celle-ci.
    Je vous invite, quand il y a émotion, à vous réjouir « Voilà une occasion de mettre en pratique, de voir si j’ai bien compris et de tenter ce qui m’est proposé ». Ne vous occupez pas de la situation, aussi horrible qu’elle paraisse, car comme le répète souvent Arnaud : « il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des situations : le mental en fait des problèmes ». Ne vous occupez pas de la situation soi-disant horrible et tentez simplement de goûter simplement l’émotion qui se déploie en vous (…)
    Véronique

    Extrait de « LA TRAVERSÉE VERS L’AUTRE RIVE – Rencontres au Mexique » de Arnaud et Véronique Desjardins – Editions Accarias – L’Originel – 2010.

  • Le Poème de la Sainte Liturgie (extrait 1)

    La vie nous révèle à nous mêmes. Comme une capacité d’infini!

    poeme de la sainte liturgieC’est là le secret de notre liberté

    Rien n’est à notre taille

    et l’immensité même des espaces matériels

    n’est qu’une image de notre faim

    Toute barrière nous révolte

    et toute limite exaspère nos désirs

    C’est aussi la source de notre misère

    Une « capacité » n’est qu’une aptitude à recevoir

    Une capacité d’infini est une indigence infinie,

    qui exige d’être comblé avec une urgence

    proportionnelle à ses abîmes

    Ce n’est pas notre corps, bien évidemment,

    qui n’est qu’un point dans l’univers,

    que nous devons cette ampleur illimitée du vouloir

    Notre âme s’y révèle, et la qualité des nourritures

    qui doivent nous combler : c’est dans l’invisible seulement

    qu’elles peuvent se rencontrer, dans l’univers intérieur de l’Esprit

    Notre chair même doit y trouver accès

    et s’assouplir à ses exigences immatérielles

    si toute une part de nous- mêmes

    ne doit pas rester étrangère

    à notre suprême réalisation

     

  • Les visions d’Arnaud sur le monde

    arnaud4

    Au printemps 1998, Nouvelles clés fête ses dix ans d’existence : nous demandions à quelques dizaines d’amis dont Jacques Salomé, Paule Salomon, Anne Dambricourt, Xavier Emmanuelli, Théodore Monod, Bernard Werber.. de projeter pour nous leurs rêves et cauchemars et de partager avec nous leurs visions du présent et de l’avenir.

    Voici les visions d’Arnaud :

    Ma vision positive

    Je sens arriver un véritable réveil spirituel de qualité que préparent tous les tourbillons actuels, du dialogue interreligieux aux fantaisies du New Age, en passant par les aberrations caricaturales de certaines sectes, tous sont de signes précurseurs d’un très grand changement dans les mentalités : la quête de sens est aujourd’hui cruciale, elle trouvera à s’exprimer de manière universelle et cela passera par la rencontre entre les traditions.

    Ma vision négative

    Si l’on veut parler de menaces, je pressens qu’il y aura des accidents concrets, techniques, car la machine est devenue tellement complexe qu’un rien peut l’enrayer. Montréal et le Québec sont restés paralysés sans électricité ni chauffage pendant plusieurs jours, tout simplement parce que les conditions climatiques avaient changé : au lieu d’un grand froid et de la neige; il y a eu un petit froid mais très givrant.  De plus je crois – le monde et le système se dégradant- qu’il va y avoir de plus en plus de réactions de violence dues au désespoir, des mouvements de foule exploités par des meneurs fanatiques.

    Je pense que le travail de chacun sur soi, s’il est fait vraiment, influence quelques personnes autour de soi qui en influencent d’autres, etc. Il y a de plus une influence subtile qui fait que le maître zen Deshimaru pouvait dire :  » Votre méditation influence le cosmos tout entier? « 

    Arnaud dans l’ouvrage : Réponses pour le Présent

    Conversations avec Marc de Smedt

     

  • Viva Télérama

    Ah, ah, ah…quel titre énigmatique que celui-ci !

    telerama2Mireille et moi sommes abonnés à ce journal depuis assez longtemps. Et, hier, quelle ne fut pas pas grande surprise quand je suis allé chercher le dit journal à la boîte aux lettres. Quel titre en pleine page d’ouverture ? Je vous le donne en mille : Le SILENCE

    Eh oui!

    Alors, je ne résiste pas à vous partager l’éditorial que j’ai bien aimé.

    NE JAMAIS RENONCER

    « Pas question de se taire dans le monde absurde et sauvage d’aujourd’hui, où les guerres et le terrorisme ne cessent de massacrer des centaines d’innocents ; où les réfugiés sont rejetés ; où des vieillards se font égorger dans les églises au moment même ou ils célèbrent la communion entre les hommes. Ce n’est pas à un silence apeuré et passif que vous invite Télérama dans ce numéro double. Mais à ce silence qui est écoute, attention profonde aux êtres vivants quels qu’ils soient, à la voix secrète des choses, et à l’environnement. Pour mieux les respecter, les penser avec lucidité. Pour éviter qu’ils soient davantage malmenés dans le chaos de nos sociétés sidérées, de nos gouvernements dépassés par la barbarie. Le silence pour se recueillir, mieux réfléchir et agir, continuer à se faire entendre. Non, dans un brouhaha complaisant qui s’apitoie et ne s’adresse qu’à soi mais dans un bruit qui dénonce et résiste, chante et défie. A travers leurs vœux de silence, les grands mystiques ont souvent communié le plus ardemment avec la souffrance des hommes, ont voulu l’alléger de leurs prières, en même temps qu’ils menaient de grands combats, intérieurs comme extérieurs. Le silence n’est jamais renoncement. Mais partage au plus haut, au plus brûlant.

    Fabienne Pascaud

  • ZERO NO LIMIT (5) – Enjoy and celebrate

    l'aube2

     

    Cinq heures du matin face à l’océan

    Le jour se lève

    Les vagues terminent leurs rondes de nuit

    Je me tiens bien en veille, à l’abri

    Prêt à tout pour fêter la vie

     

    Je m’incline

    Devant tellement, tellement plus grand

    Comment ne pas voir la lumière

    Surgie du fin fonds de l’océan

     

    Comment ne pas être merci

    Devant un tel prodige

     

    Je m’incline, je m’agenouille

    Face à face au mystère et plutôt démuni

    Nous, les êtres humains

    Nous les êtres humains

     

    Devant une telle démonstration de puissance

    Souveraine, invincible, infinie

    Tout ceci nous ramène à notre humble condition

    A nous de saisir la chance

    Pour nos plus hauts desseins

     

    Être heureux et en paix

    Y  a il plus beau destin?

    Nous, les êtres humains!

    Nous, les êtres humains

     

    Je m’incline, je m’agenouille

    Devant tellement plus grand

    Devant un tel prodige

    Nous, les êtres humains

    Nous, les êtres humains

     

     

  • « Ici et maintenant, pas ce qui devrait être mais ce qui est »

    (…) c’est à longueur de journée que quelque chose ne nous convient pas. Vous avez du matin au soir, l’occasion d’opérer cette conversion. Et ce qui peut faire grandir de plus en plus ce climat de vigilance, je vous le promets, c’est la formule que vous connaissez tous :  » Ici et maintenant, pas ce qui devrait être mais ce qui est «  . Un premier mouvement de refus puis la conversion de ce premier mouvement de refus en adhésion :  » J’ai fait un geste maladroit, je l’ai fait. Le vase couteux est tombé. Il est brisé en morceaux . Ah non ! Ah oui ! C’est!  » La question n’est pas de savoir si c’est un désastre ou non, si c’est terrible ou non, mais uniquement si c’est ou ça n’est pas. C’est : Je suis un avec la situation et non emporté par la situation. 

    NON

    Si vous prenez la peine de vous y exercer, vous serez sidérés et en même temps émerveillés car vous sentirez :  » J’ai la clé que j’ai longtemps cherchée« . En s’exerçant, on devient un expert, un virtuose. Croyez moi, ce décalage par rapport à la réalité, comme celui d’une voiture qui se déporte sur le verglas, peut devenir la base de votre pratique. Même si ce décalage est léger, je ne suis plus un avec la réalité :  » Non, cela ne devrait pas être comme ça! » Le pas suivant est de m’en vouloir de ne pas avoir tout de suite accepté que ce qui est soit :  » Ce n’est pas possible, j’ai beau faire attention, je n’y arrive pas! » . Et c’est la boule de neige qui roule et qui finit par faire une avalanche. Tous ces refus accumulés finissent par engorger votre psychisme et créent un mal être diffus.

    boule de neige

    Pas ce qui devrait être, ce qui est. C’est si simple et, pourtant, sortir de la logique du refus demande beaucoup de détermination. C’est une sorte de sacrifice. C’est pourquoi il faut d’abord s’exercer avec les petits refus, puis, plus tard seulement, avec les situations plus fortes. Cette pratique va créer un arrière plan de vigilance et, à la fin de votre journée, au lieu d’avoir été tout le temps immergés dans l’identification, vous sentirez que c’est devenu complètement différent, que vous avez vécu votre journée peu emportés, finalement assez présents mais dans un climat général de calme. Et vous constaterez que vous êtes beaucoup moins fatigués nerveusement. Mais ceci ne prend tout son sens qu’au cœur d’une vision d’ensemble de la voie (..).

    ARNAUD dans son ouvrage : «  LA TRAVERSÉE VERS L’ AUTRE RIVE « 

     

  • « Un sans un second » Swâmiji

    « Toujours, partout, en toutes circonstances, la réalité est unique », « One without a second », « un sans un second »Swâmiji

    (…) Pour l’instant, votre vérité, jour après jour, est que vous ne vivez pas au niveau de cette Réalité Ultime dans laquelle le sens du moi individualisé, séparé et limité a disparu. Vous êtes insérés dans le temps avec un passé qui a été à la fois heureux et malheureux, avec un futur que vous espérez heureux, mais dont vous avez peur qu’il puisse être malheureux. Pour l’instant, c’est à partir de l’ego que vous entendez les plus grands enseignements métaphysiques ou spirituels. Alors, comment pouvez vous à partir de cette conscience limitée, approcher d’une réalisation de la Réalité Unique qui se manifeste à travers toutes les formes limitées ? Autrement dit, en quoi le mot non-dualité peut il vous concerner ?
    (…) Nous sommes toujours deux : moi et l’autre… cet autre peut être une personne, un objet, une situation, mais cela peut être aussi mes états intérieurs pénibles que je cherche à fuir de toutes mes forces (…)

    non-dualite
    (…) Ce qui est -même au niveau changeant, impermanent, dans lequel nous vivons- est unique, non-duel, mais le mental ne cesse de dédoubler cette réalité, de créer lui-même autre chose que ce qui est et de tenter de faire intervenir cet « autre chose » au présent à cote de ce qui est. C’est un mécanisme très simple, mais qui est à la source de toutes les souffrances. A chaque seconde, à tous les niveaux, grossier, subtil, métaphysique : la vérité au sens de ce qui est, EST -à l’exclusion de quoi que ce soit d’autre-. Le mental propose autre chose que ce qui est, fût-il d’une manière flagrante avec le cri du cœur : « Ah ! non, c’est pas vrai ! »  Si, c’est vrai.
    Mais si nous affinons notre perception, nous constaterons que ce phénomène se produit aussi de façon très subtile. Nous référons ce qui est à quelque chose d’autre qui pourrait être ou, au contraire, quelque chose qui ne devrait pas être ou aurait pu ne pas être (…)

    Extrait de « LA TRAVERSÉE VERS L’AUTRE RIVE – Rencontres au Mexique » de Arnaud et Véronique Desjardins – Editions Accarias – L’Originel – 2010.

  • Épitre de St Paul suite… Soit ! dira t’on, mais qu’est l’amour ?

    Paul the apostle

     

    Ou plus exactement quel est cet amour dont parle Saint Paul, qui est donc la première, la plus belle et la plus essentielle caractéristique de l’homme nouveau, de l’homme intérieur, de « l’homme céleste » pour employer une autre image paulinienne ?

    (…) alors l’amour est d’une tout autre nature que sentimentale. Il est, nous l’avons dit, spirituel. Précisément en ce que, dans l’être aimé, il voit, suscite et aime l’être nouveau, intérieur, transfiguré, l’être déjà « Corps, Âme, Esprit » . Mais la phase amoureuse de l’amour- sauf cas tout à fait exceptionnel- n’a jamais qu’un temps. L’amour amoureux est une émotion pure, folle, farouche, comme sauvage, et par suite dangereuse pour le moi dont la tâche prosaïque est d’assurer l’adaptation de l’individu à la société. Aussi le moi n’a-t-il de cesse de tempérer, canaliser, domestiquer l’amour, et bien vite il y parvient jusqu’à le rabaisser et faire qu’il ne soit plus que ce sentiment défini par les dictionnaires. Il faut donc bien différencier l’amour pur, natif, de l’amour filtré et récupéré par le moi, de l’amour classique, ordinaire, banal, qui finit par ne plus procéder que du moi, par ne plus voir dans l’être aimé que son moi, par devenir une simple fonction du plaisir et de la sécurité que le moi donne et reçoit.

    (…) On remarque alors que le même mot français amour traduit, en fait, deux mots grecs différents agape et philia, de même que le même verbe aimer traduit deux verbes : agapo et phileo. Ainsi que l’explique Souyris, philia et phileo désignent l’amour conjugal, familial, fraternel… bref le sentiment psychique classique. Alors que le couple agape, agapo est réservé, lui, pour signifier un tout autre amour, qui est celui que Dieu éprouve pour l’homme- celui là même, d’ailleurs, qui définit Dieu- et celui aussi que l’homme doit éprouver pour Dieu, son prochain et lui même. Ce quadruple amour est, par essence, extrême, parfait, absolu, ce qui est précisé par le préfixe aga. L’amour ici désigné n’est plus le sentiment mais l’attitude spirituelle.

    (…) cet amour est conscience de la métamorphose à accomplir, volonté de tout faire pour aider cette métamorphose et mise en acte de cette volonté. Tel est l’amour du Christ dont bien des indices donnent à croire qu’il fût aussi celui de Socrate, de Bouddha ou de Ramana Maharshi. Cet amour ne peut être donné que par qui l’a reçu. Mais n’en recevoir même que les premières prémices est déjà une expérience extraordinaire. La littérature spirituelle apprend que même sa seule intuition console déjà de tout. A la lumière de cet amour, l’homme voit clairement que tout, absolument tout lui est donné, et que ce tout est son être même, et que ce tout est son « je ». Il voit que ce tout est « je », et que « je » étant tout, alors il n’a plus besoin de rien, il n’est plus dépendant de rien et, en conséquence, n’a plus à avoir peur de rien. Ni de l’absurde, ni de la solitude, ni de la souffrance, ni de la mort. Car telle est une vertu très précieuse de cet amour : s’il ne se donne qu’à l’homme qui l’accueille, à celui qui accepte si peu que ce soit de se détourner de son âme, de sa personne, de son moi, alors en retour il aide avec force à se libérer de ce moi et de ces peurs, de ses désirs et de ses hantises, de ses refoulements et de ses projections, de ses fixations et de ses identifications, de ses sublimations et de ses rationalisations. Alors, les verrous de la pensée seulement rationnelle glissent et s’ouvrent, les carcans de l’avoir, du savoir et du pouvoir s’allègent et s’estompent. Alors le papillon commence à se libérer de sa chrysalide, l’enfant divin « Corps, Âme, Esprit » commence à respirer, se lever, s’étirer. Et l’homme éprouve une joie inouïe. Il sait maintenant, de manière définitive et sûre, qu’il n’est pas né en vain.

    Michel Fromaget, dans son livre : La drachme perdue

    PS : Pour relire le texte célèbre de St Paul qui est ici commenté,  CLIQUEZ SUR CE LIEN

     

     

  • Aujourd’hui, c’est la fête dieu

     

     

     

    colors-of-silence

    La fête Dieu, c’est tous les jours
    La fête Dieu c’est la fête du mystère des mystères
    C’est se retrouver nu devant la source de toute vie
    C’est enfin décrocher de toute prétention, arrogance, manipulations
    La fête Dieu en tant qu’homme, c’est se retrouver dans la position d’humilité
    Celle qui relève de l’évidence
    Celle qui ne s’explique pas
    L’insondable de la vie est la fête Dieu

    Je ne trouve aucun mot pour exprimer ce que je ressens
    C’est comme un gouffre émotionnel, une plaie béante, une cicatrice indélébile ,un appel déchirant au plus profond de l’être
    L’Être amoureux de l’impossible

    Perdre sa tête, sa raison, ses dogmes, ses schémas, ses explications, ses théories , ses concepts
    La fête Dieu, c’est fêter avant tout le grand inconnu

    Le petit moi cadenassé n’a qu’à bien se tenir
    Même s’il s’agrippe de toutes ses forces au cruel mirage de sa séparation
    L’ego recroquevillé n’en a plus pour très longtemps

    Être en prise directe avec Cela
    Tel est le pari de l’instant
    C’est la fête Dieu

    Cela qui permet la parole, les mots
    Les mots pour écrire l’au delà des mots
    Les mots pour prendre le recul par rapport à ma prétention, mon égoïsme, mon illusion

    Vive la fête Dieu
    Vive le Un
    Vive le rien
    Cela qui permet tout

    Connaissez vous un son plus éloquent que le silence ?

     

    Texte : Georges Morant   Photographie : Alain Silvert