Il a fait chaud, très chaud même, à Hauteville cette année, mais grâce à une organisation rodée de longue date, cette nouvelle AG a pu se dérouler dans d’excellentes conditions pour les participants (environ 400 personnes).
Une modification de dernière minute dans le panel des intervenants : suite à un problème de santé, la représentante attendue du courant taoïste, Karine Martin, n’a pu honorer l’assemblée et sa présence et c’est Rose Volckhausen, l’une des plus proches élèves de Lee Lozovick qui l’a remplacée au pied levé. Comme à chaque fois, il vous faudra attendre la prochaine Lettre de Hauteville pour avoir accès au compte rendu détaillé de l’intervention de chaque invité(e). Je me contente juste ici de livrer quelques impressions personnelles (et donc forcément subjectives) en invitant les bertaisiens présents à enrichir ce petit reportage « à chaud » de leurs propres commentaires…
Si je reprends les choses dans l’ordre, nous avons eu droit le samedi matin au témoignage de Joël Paul, le continuateur désigné de Jacques Casterman au Centre Dürckheim situé à Mirmande dans la Drôme.
L’originalité de Joël est double : la première, ce n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler un « intellectuel », puisque l’essentiel de sa vie professionnelle a été consacrée à l’alpinisme en tant que guide de haute montagne. La seconde, c’est que c’est d’abord à Hauteville qu’il a fait ses premiers pas sur la voie spirituelle, ce qui fait qu’il connaît très bien notre voie, même si, après quelques années, c’est auprès de Jacques Casterman qu’il a choisi (avec l’accord d’Arnaud) de poursuivre son chemin. Joël nous a parlé avec enthousiasme de ses expériences initiales de transcendance procurées par le contact prolongé avec la haute montagne puis du patient apprentissage près d’Arnaud puis, près de Jacques, de la transformation du quotidien le plus prosaïque en lieu de pratique et d’éveil véritable…
Désolé, pas de photo de notre ami de longue date Richard Netz! Élève d’Arnaud de la première heure, paraplégique à l’âge de 19 ans suite à un accident de Porsche, voiture qu’il venait de voler avec son frère et qui l’a conduit à la fois à l’hôpital puis en prison où il a découvert… les premiers livres d’Arnaud !!!. Physiquement, la vie de Richard n’est donc pas facile (c’est peu dire!), mais psychologiquement, il s’agit d’une existence « de samouraï » , avec, accompagnée étroitement par Arnaud, de nombreux défis à son compteur (dont une traversée en solitaire de l’Atlantique sur un voilier!). Richard a porté un témoignage extrêmement touchant, sans complaisance pour son propre mental (particulièrement retord), mais en mettant en lumière l’extrême bienveillance et l’indéfectible sollicitude d’Arnaud à son égard. J’ai dû sortir mon mouchoir plusieurs fois tellement j’ai été touché par ses anecdotes, toutes plus significatives les unes que les autres…
Le dimanche matin, l’assemblée générale statutaire a permis de prendre connaissance de la bonne santé actuelle de l’association des Amis de Hauteville. Celle-ci garde un nombre d’adhérents stable (de mémoire autour de 1450 membres ) et un bilan financier revenu à l’équilibre (après les quelques années « post-covid » difficiles). Pour info, le budget de cette association est de l’ordre de 1.200.000€ soit, à la louche, 12 fois plus que celui de la Bertais! Un nouveau trésorier a été élu, le premier à ma connaissance qui n’a pas connu Arnaud de son vivant. Un signe à mes yeux, car au fil du temps le nombre d’adhérents des Amis de Hauteville ayant découvert la voie après août 2011 va progressivement devenir majoritaire, au point que tôt ou tard, ce sont eux qui devront assurer la gestion de l’association… Une bascule liée au temps qui passe et que mon mental peine à accepter pleinement, même si je me suis réjoui de voir beaucoup de visages nouveaux et jeunes dans les participants à cette édition…
Après ce « passage obligé », mais finalement plaisant à suivre de par la verve et l’humour légendaires du président Philippe Durand, place aux intervenants de la deuxième journée !
J’attendais avec une certaine impatience l’intervention du rabbin Gabriel Hagaï, que je connaissais déjà puisque nous l’avions nous-mêmes reçu à Rennes, à l’occasion des Rencontres de MéditàRennes de 2021. Il m’avait alors fait une très bonne impression, y compris au cours d’un diner informel où j’avais pu entrevoir la liberté intérieure de ce mystique juif quelque peu improbable, car tellement ouvert et « œcuménique ». Je le savais entre autres capable de parler avec autant de compétence que d’enthousiasme de sa tradition ésotérique (la Kabbale juive) tout en adoptant de temps en temps la terminologie de la non-dualité, qu’elle soit bouddhiste ou védântique. Plus récemment, j’avais regardé quelques vidéos de lui et j’avais découvert son extrême « progressisme » en matière politique (il milite activement pour une coexistence pacifique des Israéliens et des Palestiniens et est considéré pour cela comme un « traitre » par bon nombre de ses coreligionnaires). J’ai eu l’occasion samedi de m’entretenir brièvement avec lui à ce sujet et à la question : « vous ne craignez pas pour votre vie en prenant des positions aussi affirmées contre le sionisme et Nétanyahou ? » Il m’a juste répondu « non, je n’ai pas peur de perdre la vie pour avoir exprimé mes convictions, car si cela devait arriver, je mourrais alors pour une juste cause« .
Bref, un homme « remarquable » qui, chose probablement assez rare dans son contexte culturel, a accepté de se plier à la règle d’Hauteville et de raconter par le détail son propre parcours personnel. Si ce n’est dire qu’il a connu depuis sa plus tendre enfance des moments d’expériences spirituelles spontanées et qu’après avoir rencontré son maitre, il a vécu une sorte d’éveil définitif (du moins c’est ce qu’il a laissé entendre), je ne peux résumer ici son chemin de vie si riche (né en France, ayant séjourné en Chine, puis à Jérusalem puis à Boston aux USA, avant de revenir vivre à Paris où il tient une herboristerie, il parle une demi-douzaine de langues et est, entre autres, spécialiste des manuscrits juifs anciens!). Je n’ai pas lu son livre, mais Emmanuel m’en a parlé de façon très positive. Aussi et en attendant de disposer du compte rendu de son intervention à Hauteville, n’hésitez pas à vous procurer l’ouvrage si vous voulez, à votre tour, vous rendre compte de ce que peut-être concrètement cette tradition mystique juive dont il est, nous a-t-il affirmé, l’un des très rares représentants encore vivants…
La dernière intervenante était donc Rose Volckhausen, une des très proches élèves de Lee. Elle en a même été l’une de ses épouses, si mes renseignements sont exacts, mais cet aspect de sa vie privée n’a pas du tout été évoqué et c’est en tant que disciple d’un maitre particulièrement exigeant qu’elle a porté témoignage. Elle a d’ailleurs en projet la rédaction d’un livre de souvenirs et elle nous a présenté son intervention comme une sorte de teaser préparatoire à son futur ouvrage. Un témoignage aussi riche et touchant que celui de Richard, où la place principale est donnée aux interactions concrètes du maître tentant de « démonter » le mental de la disciple, alors que celle-ci fait (à son insu), tout son possible pour résister à l’œuvre salvatrice de son guide. Très instructif !
Juste un mot pour finir concernant le spectacle du samedi soir. Celui-ci, comme à son habitude, était de très haute tenue. Mais pour nous bertaisiens, il avait une saveur particulière du fait que deux personnes qui fréquentent notre centre y ont pris part. Rolande P. (une ancienne qui est beaucoup venue dans les années 2000) nous a fait découvrir ses talents de saxophoniste ; alors que Laurence I. a usé de ses talents de comédienne professionnelle pour mettre en scène avec un acolyte une chanson humoristique d’Arthur H « Est-ce que tu aimes… » Bravo à toutes les deux pour leur prestation respective, très réussie !
Au total et une fois de plus, cette AG aura tenu ses promesses : l’ashram d’Arnaud est bien vivant et plus que jamais en mesure de continuer à faire prospérer son héritage pour le bénéfice de tous !
PS : Avis aux amateurs : une réédition des 4 volumes de « À la recherche du Soi« , est disponible, présentés cette fois sous la forme de deux tomes bien épais !




























