Centre de Yoga de La Bertais

Information sur les activités du Centre et échange entre les Amis de La Bertais-Vassot

Yann Le Boucher

Gros succès pour la première édition de MéditàRennes

date_range 20 novembre 2017
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Dimanche dernier toute la journée, près de 500 personnes de Rennes et des environs ont pu participer à la première édition de la journée MéditàRennes, un événement auquel Les Amis de La Bertais-Vassot étaient officiellement associés comme co-organisateurs.

En milieu de matinée, nous avons même eu droit à la visite surprise de FR3 Bretagne, qui s'est fendu d'un petit reportage diffusé le soir même dans le journal régional et d'où est extraite la photo ci-contre montrant une partie de  l'équipe organisatrice au "travail".
Pas moyen de mettre ce reportage en accès direct sur notre blog (FR3 protège ses sources). Mais vous pourrez le voir sur la page dédiée de France Télévision en cliquant ICI.

Du point de vue des participants, ce fut pas moins de 13 ateliers proposés toutes les heures à raison de 40 minutes de pratique à chaque fois (les 20 minutes restantes n'étant pas de trop pour faire sortir les 80 participants d'un atelier et faire entrer et s'installer les 80 participants du suivant). Ajouter à cela les trois ateliers spécialement dédiés à la quarantaine d'enfants de 5 à 11 ans qui avaient exprimé le désir de venir, bien que n’étant manifestement pas tous "tulkou". Au total c'est donc près de 1000 méditations individuelles qui se sont accomplies entre 8h du matin et 21h dans une ambiance étonnamment calme et ordonnée, du moins en ce qui concerne la Grande Salle (cf. vidéo) avec quelques séquences particulièrement "fortes" (le dzikr soufi) ou originales (la prière du coeur, la méditation de pleine conscience sur fond de bols chantants...). Par contre, l'ambiance était volubile sous les barnums accolés au Centre et installés pour accueillir le coin librairie, l'espace boissons chaudes, le point rencontre avec les intervenants et la restauration.

Un signe qui ne trompe pas : le florilège des visages détendus et souriants au sortir de chaque atelier, signe tangible que « l’esprit » avait soufflé.

Et puisque vous êtes un certain nombre à avoir participé à cet événement exceptionnel, n'hésitez pas à partager ci-dessous vos propres impressions, y compris si vous avez été dans une équipe de "séva".

PS : on ne le voit pas sur le reportage, mais une belle photo d'Arnaud trônait sur l'autel de la Grande Salle (à côté des images ou symboles des autres maîtres dont l'enseignement était aussi représenté par l'un des intervenants).

 Plus d'info sur le programme de cette journée exceptionnelle en cliquant ici

 

 

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Yann Le Boucher

Dernier article de la saison 2016-2017…

date_range 16 octobre 2017
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Comme expliqué oralement à l'AG et par écrit dans la Lettre de La Bertais qui a suivi, l'abonnement au blog est désormais "annuel", ce qui veut dire que chacun des abonnés de la saison passée (2016-2017) doit faire la démarche de s'y réabonner s'il souhaite pouvoir continuer à consulter ce blog durant la saison 2017-2018.

Concrètement, si vous lisez cet article c'est que vous êtes dans l'une des 3 situations suivantes.

  • Vous avez déjà renouvelé votre cotisation à l'association pour la saison 2017-2018 et vous avez aussi déjà effectué les démarches de renouvellement de votre abonnement aux services en ligne de l'association (demande d'accès au blog,  et éventuellement à la blog-letter hebdomadaire, et à la version électronique de la Lettre des Amis de la Bertais). Dans ce cas, les deux paragraphes suivants ne vous concernent pas et vous pouvez passer directement à la lecture de la fin de mon article (qui concerne tout le monde).
  • Vous avez déjà renouvelé votre cotisation à l'association pour la saison 2017-2018. Mais vous n'avez pas encore effectué les démarches de renouvellement de votre abonnement aux services en ligne de l'association. Dans ce cas, cliquez dès à présent sur le lien suivant pour renouveler votre abonnement en précisant vos choix pour la saison en cours concernant l'envoi par mail de la Lettre des Amis de la Bertais ainsi que de la blog-letter hebdomadaire :
    ATTENTION, si vous n'effectuez pas cette démarche avant la fin de cette semaine, votre accès au blog sera suspendu à compter du vendredi 20 octobre...
  • Vous n'avez pas encore renouvelé votre cotisation à l'association pour la saison 2017-2018. Dans ce cas, si vous souhaitez continuer à pouvoir accéder à notre blog, merci de régler votre adhésion au plus vite, soit en ligne  en cliquant ICI   soit en renvoyant par la poste la demande d'adhésion présente à la dernière page de la Lettre des Amis de La Bertais.

    Ceci fait cliquez ensuite sur le lien suivant pour renouveler aussi votre abonnement aux services en ligne en précisant vos choix pour la saison en cours :
    ATTENTION, si vous n'effectuez pas ces deux démarches avant la fin de cette semaine, votre accès au blog sera suspendu à compter du vendredi 20 octobre...

blog-ordi

Et à présent, permettez-moi d'évoquer en quelques mots la nouvelle saison qui s'ouvre pour notre blog.

Comme vous vous en êtes probablement rendu compte, l'équipe rédactionnelle a connu un petit renouvellement l'an passé suite à mon appel d'octobre 2016. Pour le fun, je me suis amusé à actualiser le "podium" en y ajoutant ces nouvelles plumes.

Depuis le début du blog en octobre 2007 et outre votre serviteur qui en est à près de 300 "posts" en 10 ans, voici ce classement :

  Georges (champion toute catégorie pour la 2ème fois) 200 articles, soit près de deux articles par mois en moyenne
mirelle Mireille (spécialiste des articles "décalés") qui reste sur la seconde marche 126 articles, soit un peu plus d'un article par mois en moyenne
alain Alain (photographe et plume multi-talent) qui détrône Noël sur la 3ème marche 122 articles, soit une peu plus d'un article par mois en moyenne
 Viviane, (que j'avais malencontreusement oublié d'inclure dans ce classement l'an passé) et qui, elle aussi a dépassé Noël  119 articles, soit environ un article par mois en moyenne
noel Noël (principalement poète et photographe) 116 articles, soit un peu moins d'un article par mois en moyenne, (mais seulement une contribution cette saison, ce qui explique sa descente dans le top 6)
edmonde Edmonde (plume multi-talent) 85 articles, soit plus d'un article tous les deux mois en moyenne

Derrière ces six "piliers" de toujours, quelques personnes se sont jointes plus récemment à cette équipe et je les en remercie chaleureusement. Je pense en particulier à Gireg (notre plus actif contributeur parmi la jeune génération qui en est à 37 articles), mais aussi à Joël (32 articles), à Frédéric (23 articles), à ChristopheB (18 articles), à Shantal (12 articles) ainsi qu'à Yves-Luc (6 articles).

Je salue enfin nos nouveaux talents de la saison écoulée : Nicolas (7 articles), Youri (6 articles en comptabilisant celui d'Anne), Isabelle, Véronique et Murielle (4 articles), Christelle, Katell, Sylvain et Annie (3 articles) .

Au total, cette saison aura donc vu un premier élargissement du nombre des contributeurs. Mais bien entendu, il est souhaitable que ce mouvement continue. Je  renouvelle donc mon appel de l'an passé ainsi libellé en octobre 2016 :

"Lors de la visite de Pascal et Karine Pourré et puisque, contrairement à Hauteville, nous n'avons pas "d'Orangerie" à La Bertais, j'ai été amené à me reposer la question de la place de la créativité à la Bertais.

L'une des réponses qui m'est apparue est qu'à certains égards, notre blog joue ou du moins peut jouer un rôle similaire à celui de l'Orangerie d'Hauteville, à condition que cela soit bien compris de tous.

Écrire un article pour le blog et l'illustrer soi-même, c'est faire œuvre de créativité de multiples façons qui toutes, peuvent servir de matériau pour la mise en pratique. Par exemple et pêle-mêle, il faut se confronter aux quelques démons suivants :

- Est-ce que ce que je vais écrire va être suffisamment intéressant (personnage qui doute de sa valeur intrinsèque ou qui doute de sa capacité à s'exprimer correctement et qui craint en conséquence le  jugement d'autrui)

- Est-ce que je vais trouver des illustrations à la hauteur de mon propos -photos, vidéo etc- (personnage de l'anti-esthète ou de l'artiste refoulé)

- Est-ce que je vais savoir me dépatouiller avec l'aspect technique de cette rédaction (personnage du dépassé par la technique ou de l'anti geek)

- Est-ce que je vais avoir des commentaires à mon article et si oui, seront-ils assez élogieux (personnage du vaniteux...)

J'en passe et des meilleures, mais sachez que grosso modo tous ceux qui à ce jour se sont risqués à un moment ou à un autre sur la scène de "l'orangerie virtuelle" qu'est notre blog se sont retrouvés peu ou prou confrontés avec ces personnages ou d'autres semblables. Et pour plusieurs d'entre eux, cela a été et est encore une véritable occasion de mise en pratique, ne serait-ce que par "l'action libératrice" que représente la publication effective d'un article !

Alors à qui le tour, cette saison, d'occuper le devant de la scène ?

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Pour mémoire, si vous êtes membre actif de l'association, vous avez de ce simple fait le "droit"  d'être rédacteur à part entière du blog. Pour pouvoir exercer ce droit, laissez un commentaire ci-dessous, de façon à ce que je vous donne un accès direct à la "salle de rédaction" du blog (l'interface qui permet d'écrire des brouillons d'articles et de les soumettre ensuite à Mireille et à moi-même pour publication).

Si vous êtes membre sympathisant, vous ne pouvez pas en principe accéder au statut de rédacteur à part entière, mais vous pouvez néanmoins nous envoyer des propositions d'articles rédigés sous forme de document Word illustré que nous réviserons et publierons ensuite sous votre nom...

Bien entendu vos articles devront s'harmoniser avec  ligne rédactionnelle du blog. Mais si vous jetez un oeil sur ses différentes rubriques, vous verrez qu'elles sont nombreuses et diverses et que vous avez donc à votre disposition un large éventail de thèmes et de sujets possible.

Aller, je vous laisse le clavier, car je brûle d'impatience de lire vos réactions à cet article...

Publié dans 01-Les activités, 07-Témoignages personnels, 08-Vos créations artistiques et littéraires, Feedbacks sur activités, Sangha news, Temps forts passés, Vos Photos, Vos textes et poèmes
Yann Le Boucher

Le bonheur, quoi qu’il arrive

date_range 6 octobre 2017
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photo Armelle Six
LE BONHEUR QUOI QU'IL ARRIVE

Conférence - Rencontre

avec Armelle SIX
Mardi 10 octobre 2017 - 20h30 - RennesEn savoir plus
en téléchargeant le fichier pdf

 

Quand mon ami Gérard Bellebon m'a annoncé que son association Nouvelles Convergences allait une fois encore organiser une rencontre avec une personne prétendument "éveillée" et qu'il souhaitait que je relaye l'information, j'avoue que j'ai marqué un temps d'hésitation. Non que je regrette d'avoir pu, grâce à lui, rencontrer successivement à Rennes, des personnes comme Yolande Serrano, Betty, Darpan ou Claudette Vidal. A titre personnel, j'ai apprécié ces diverses rencontres et je les considère même comme utiles à mon propre chemin voire à ma fonction à La Bertais, car elles m'ont permis de mieux appréhender ce phénomène assez nouveau d'engouement pour la spiritualité "sauvage", celle qui prétend à tort ou à raison pouvoir s'affranchir des traditions et des sadhanas méthodiques. Mais de là à considérer que ce type de rencontre soit toujours positif et qu'il faille oeuvrer à le promouvoir sans retenue, il y a un pas que je ne me sentais pas de franchir!

Gérard, qui est un grand "intuitif" a perçu ma réticence et a eu l'idée de m'offrir le livre d'Armelle Six qui va servir de support à son intervention publique en me disant "lis d'abord le livre et ensuite tu verras si oui ou non tu te sens de conseiller cette rencontre aux Amis de La Bertais". Devant tant de sollicitude, j'ai accepté et me suis mis à la lecture, stimulé par le fait que cet ouvrage a reçu le prix des librairies Alef (le réseau auquel appartient la Rose Mystique).

Et bien, dans le genre, je n'ai pas été déçu, car si sur le fond, je n'ai rien trouvé de nouveau : "tout est déjà là, arrêtez de chercher dans l'après la plénitude que vous êtes maintenant", sur la forme, j'ai trouvé que cette lecture était "une bonne nourriture" qui, dans certaines circonstances, a même quelque peu boosté ma pratique. Bref, il m’a donné une impression tout à fait positive de cette femme et si vous êtes dans le coin et libre de votre soirée le mardi 10 octobre prochain, n'hésitez pas à aller la rencontre pour vous faire votre propre opinion et -qui sait- pour gouter peut-être à la plénitude  intérieure qu’elle sait si bien évoquer dans son livre...

 

PS : pour ceux qui ne pourront pas assister à cette conférence-rencontre, voici un lien vers une vidéo d'Armelle Six...

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements, 10-Coups de coeur culturels
Yann Le Boucher

Echos de notre assemblée générale 2017

date_range 2 octobre 2017
visibility 109 consultations

Cette 25ème édition de notre AG s'est déroulée dans une ambiance à la fois chaleureuse et intériorisée, faisant honneur à notre ashram.

Le rapport moral de Marie-Laure et le rapport financier de Noël ont permis à chacun de constater la "bonne santé" globale de l'association. Vous en lirez les principaux extraits dans la prochaine Lettre de la Bertais, qui devrait vous parvenir sous huitaine.

En attendant, voici déjà une présentation visuelle du nouveau Conseil d'Administration : vous y noterez que par rapport au CA précédent, seule Colette manque à l'appel. En effet elle n'était pas candidate à un nouveau mandat et de ce fait en plus de la trombine des membres sortants qui se représentaient, vous pouvez apercevoir (au second rang à gauche) celle d'Isabelle Duval, nouvellement élue. Les plus observateurs noteront aussi l'absence de Jean-Pierre, qui n'était en effet pas physiquement des nôtres, mais qui fait néanmoins partie des sortants ré-élus.

 

Au cours de notre intervention du matin, j'ai, avec Anne-Marie, fait part de nos intentions à courts et moyens termes : bien qu'entrant désormais dans le "3ème âge" de notre vie (celui de la "retraite dans la forêt", selon les termes de la tradition hindoue), nous continuerons plus que jamais cette saison à animer La Bertais (détails des projets à lire dans la prochaine Lettre).

Quant au témoignage de Karine Cochonat, je laisse le soin aux présent(e)s de nous faire part de leurs impressions dans les commentaires, puisque je me suis moi-même déjà exprimé un peu longuement par oral à ce propos en début d'après-midi.

Je redonne néanmoins ci-dessous le lien pour ceux et celles qui aimeraient acquérir le livre de Karine "Un cadeau singulier », car comme l’ouvrage est publié par un éditeur « non-conventionnel », vous risquez de ne pas réussir à le trouver dans le circuit classique des librairies.

A commander sur Edilivre
version papier et numérique


Publié dans 01-Les activités, 04-Enseignement d'Hauteville, 07-Témoignages personnels, Feedbacks sur activités, Sangha news, Temps forts passés
Yann Le Boucher

Un cadeau singulier

date_range 28 septembre 2017
visibility 61 consultations

Que vous puissiez ou non être des nôtres dimanche prochain, voici de quoi vous faire une petite idée de ce qui nous attend avec le témoignage "live" de Karine Cochonat en seconde partie de notre Assemblée Générale :

« Vivez de tout votre être, appréciez ce que la Vie met sur votre chemin, ce qui exalte votre cœur, les rêves qui vous habitent. La seule possibilité d'être heureux c'est seulement maintenant, en cet instant précis. »
Voilà le formidable cri d'espérance que l'auteur nous lance. Médecin, l'auteur combat la maladie aux côtés des malades du sida depuis dix ans. Le décès récent d'une amie chère atteinte d'un cancer généralisé et l'annonce de son propre cancer ébranlent sa certitude d'être seule à affronter la vie et de pouvoir repousser la maladie. Au fil du parcours de soin, elle découvre que le chemin vers la guérison est un processus de réconciliation avec elle-même et avec la vie, une restauration de sa capacité à s'attacher à l'autre et une ouverture à la force réparatrice du vivant.

En vente sur place ou via internet auprès de l'éditeur

Publié dans 04-Enseignement d'Hauteville, 07-Témoignages personnels, 08-Vos créations artistiques et littéraires, 10-Coups de coeur culturels, Littérature, Vos textes et poèmes
Yann Le Boucher

Les étonnantes vertus de la méditation

date_range 25 septembre 2017
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Méditer, méditer, quand on est engagé sur une voie spirituelle, on est enclin à penser que c'est une bonne chose. Mais pour ceux d'entre nous qui ont un peu de mal à rester fidèle à cette pratique, ou qui la poursuivent, mais sans plus y mettre le même enthousiasme que dans les premiers temps, il faut à tout prix regarder le documentaire sur "la pleine conscience"  qu'Arte a diffusé samedi dernier et qui est disponible en replay jusqu'à vendredi prochain.

Un film de Benoit Laborde (54 minutes)

Parmi les informations étonnantes qu'il contient, vous y apprendrez que l'on peut désormais objectiver scientifiquement les effets de la pratique de la méditation sur différentes zones du cerveau telle l'amygdale qui est impliquée dans la gestion de la peur, de l'anxiété et de l'angoisse.
Vous découvrirez aussi que la méditation a un effet objectif sur la régulation de la production de certaines hormones qui, quand elles sont en excès dans le corps, produisent des réactions inflammatoires caractéristiques de nombreuses maladies ( troubles cardio-vasculaires, diabète, arthrose, Alzheimer voire certains types de cancers).
Encore plus fort : vous verrez comment la méditation peut aider à contrôler les mécanismes d'anticipation de la douleur qui font qu'habituellement la souffrance physique est redoublée par la représentation que le cerveau s'en fait à l'avance.
Et puis, last but not least, vous serez confondu d'apprendre que les recherches les plus récentes montrent que la méditation agit aussi (voire surtout) au niveau le plus fondamental de notre biologie : sur la partie terminale de nos chromosomes (les télomères) dont elle restaure le pouvoir d'auto-régénérescence, facteur principal de lutte contre le vieillissement physiologique.

Un meilleur contrôle sur nos humeurs, une résistance accrue au stress et à ses effets inflammatoires, une plus grande résilience face à la douleur physique et une optimisation de la capacité de nos cellules à s'auto-régénérer : si après cela vous n'êtes pas remotivé pour la pratique de la méditation, c'est que décidément, vous vous êtes trompé de porte en poussant celle de la Bertais !

 

Dernière minute : je viens de trouver le lien Youtube (mais pas sur qu'il marchera encore après vendredi...)

Publié dans 06-Autres Maîtres et enseignements, 10-Coups de coeur culturels, 11-Regards sur le monde, Films, Trésors du Net
Yann Le Boucher

La Sangha – Echos des 20 ans de La Bertais (1) Replay

date_range 21 août 2017
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Voilà donc un nouvel article en "replay" (ce sont encore les vacances). Il date d'octobre 2012 et avait été publié par Yann, à l'occasion des 20 ans de la Bertais. (D'où le titre). Il me paraissait bienvenu, surtout à un moment où tout le monde est un peu "éparpillé".
Rappelant l'importance de la communauté, de la Sangha. Et adressant ainsi à vous tous, membres de cette Sangha, lecteurs du blog, un salut estival où que vous soyez.
Intro Signée Mireille.

J'ai dit en introduction à ce week-end que j'avais fait le choix il y a quelque mois de ne pas fêter de façon importante mes 60 ans, car j'avais voulu réserver le plaisir d'une célébration "grand format"  pour le vingtième anniversaire de notre ashram.

A l'issue de ce week-end mémorable, je  ne regrette pas ce choix, bien au contraire, tant je me suis senti comblé par ce que nous avons vécu ensemble durant ces deux journées.

En attendant d'autres articles  en préparation, voici déjà ce qui a représenté pour moi l'un des moments les plus forts et les plus touchants du week-end : la lecture par Noël d'un texte du maître bouddhiste vietnamien  Thich Nhat Hanh sur la Sangha. Cette lecture s'est faite au cours de notre soirée cabaret sur le mode d'un happening poétique dont la photo suivante, bien qu'un peu énigmatique pour les absents, évoque l'ambiance :

Noël est à gauche de la scène et lit ses textes alors que nous assistons au déploiement de "sa" fleur...

 Ce qui m'a été autant "droit au coeur", c'est que c'était la première fois que j'entendais les propos d'un maitre aussi en résonance avec ce qui a été ma propre conviction fondamentale lors de la création de la Bertais et qui est, depuis, resté mon constant objectif : bâtir une Sangha digne  de ce nom...
Le texte est extrait du livre "La plénitude de l'Instant" et je ne reproduis ci-dessous qu'une petite partie de ce que Noël en a lu...

"Nous avons tous besoin d'une sangha.

Si vous n'avez pas encore trouvé de sangha où vous vous sentez bien, vous devriez consacrer du temps et de l'énergie à en construire une.

 Pour former une sangha, commencez par trouver un ami qui aimerait méditer avec vous, ou marcher, prendre le thé, réciter des préceptes ou simplement discuter. Plus tard, d'autres souhaiteront se joindre à vous et votre petit groupe pourra se rencontrer toutes les semaines ou tous les mois, chez l'un ou chez l'autre.

Certaines sanghas ont trouvé un terrain et s'installent à la campagne pour ouvrir un centre de retraite. Bien sûr, votre sangha comprend aussi les arbres, les oiseaux, le coussin de méditation, la cloche... en fait tout ce qui vous aide dans la pratique, y compris l'air que vous respirez. Etre avec des personnes qui se réunissent pour pratiquer la pleine conscience est assez rare. La sangha est un joyau.

Organisez-la du mieux que vous pouvez afin de la rendre agréable à tous.

Vous ne trouverez jamais de sangha parfaite, mais une sangha imparfaite convient aussi. Plutôt que de vous plaindre de ce qui ne va pas dans la sangha, faites de votre mieux pour vous transformer et en devenir un bon élément. Acceptez-la telle quelle est.

Une sangha est aussi une communauté qui nous aide à résister à la vitesse, à la violence et aux modes de vie malsains de notre société. Vivre pleinement conscients, c'est nous protéger et protéger les autres. Une bonne sangha peut nous conduire vers l'harmonie et la conscience.

Je ne pense pas qu'il soit possible d'aller très loin sans sangha. Je suis nourri par la sangha. Tout ce qui se réalise dans la sangha me soutient et me donne de la force..."

Publié dans 01-Les activités, 06-Autres Maîtres et enseignements, Temps forts passés
Yann Le Boucher

Encore un interlude : le Puy du Fou comme si vous étiez !

date_range 19 juin 2017
visibility 182 consultations

Une excursion au coeur d'un univers parallèle

- Mais quelle drôle d’idée n’as-tu pas eu de te rendre au Puy du Fou, toi qui es si critique vis-à-vis des parcs d’attractions et autres structures de loisirs de masse, derniers avatars d’une société de marchandisation qui, après avoir rentabilisée au maximum le temps de travail de ses membres, tente à présent de monétiser leur temps libre !

- Je vois que vous me connaissez bien. J’ai en effet une franche réticence à l’égard de tout ce qui ressemble de près ou de loin à Disneyland. Et pourtant, victime des charmes de la publicité, je me suis offert tout récemment une escapade de 2 jours dans « le meilleur des parcs d’attractions du monde ». Car après avoir vérifié que cette dénomination n’était pas « bidon[1] », ma curiosité a été plus forte que mon esprit critique. Ai-je eu raison de céder ainsi à la tentation ? Pour tenter d'y voir plus clair moi-même, j'ai eu besoin, à mon retour, de faire quelques recherches journalistiques et de rédiger mes impressions de visite, ce qui, du fait des nombreuses photos que j'y ai inséré, a fini par donner un document illustré de 22 pages. Avis à la population :  je me propose de le faire parvenir à ceux ou celles qui auront la curiosité de me lire sur ce sujet inattendu (faites-vous connaitre dans les commentaires).

En attendant et à minima, je vous invite à regarder la vidéo suivante : elle est très représentative de ce que j'ai vu moi-même sur place. Pour une immersion plus complète, pensez à vous mettre en mode "plein écran" et à monter le son : durée 4 minutes !

 

 

[1] Le parc a en effet été élu par deux fois « meilleur parc de loisir du monde » en 2012 et en 2014. Par ailleurs, en avril dernier, le Puy du Fou a reçu l'Oscar de la meilleure création au monde pour l’une de ses attractions, celle nommée « Le dernier panache », à l'occasion de la cérémonie de « Thea Awards 2017 » à Los Angeles. Un cadeau qui tombe à pic pour l'année anniversaire des 40 ans du parc et une belle reconnaissance pour ses créateurs et tous ceux qui donnent vie au Puy du Fou.

Publié dans 08-Vos créations artistiques et littéraires, 10-Coups de coeur culturels, 11-Regards sur le monde, Trésors du Net, Vos textes et poèmes
Yann Le Boucher

Echos de l’assemblée générale d’Hauteville 2017

date_range 12 juin 2017
visibility 221 consultations

Comme les années passées, je partage avec vous quelques-unes de mes impressions du week-end passé à Hauteville, étant entendu qu'il s'agit d'un témoignage subjectif qui n’engage que son auteur, le compte rendu officiel avec la retranscription des principales interventions se faisant comme à l'accoutumée dans le prochain numéro à paraître de la Lettre d'Hauteville.

Outre la traditionnelle Assemblée Générale statutaire du dimanche matin, il y avait cette année quatre intervenants sur le week-end.

Le samedi matin en ouverture, nous avons eu droit au témoignage émouvant de Jean-Pierre Muller, un permanent bénévole de Hauteville qui, tout comme Alain Bayod, doit faire face depuis deux ans à une maladie gravissime (dans le cas présent, il s'agit d'un cancer du pancréas avec métastases au foie).

Par chance, Anne-Marie et moi avions pu la veille au soir diner en privé avec Alain et Corinne et nous rendre compte de la "résurrection" d'Alain qui après une "descente aux enfers" de plus d'un an, a retrouvé peu à peu une vie presque normale (il a même repris une partie de ses activités à Hauteville). Nous venions donc d'avoir sous les yeux la preuve vivante que tout espoir n'est pas vain, même dans les cas les plus graves et comme, dans le cas de Jean-Pierre, celui-ci a continué toute l'année à remplir son rôle à Hauteville de façon quasi normale, nous étions heureux et touchés de pouvoir l'entendre porter témoignage.

Ceci étant, si j'ai apprécié la simplicité et l'ouverture du coeur dont il a fait preuve en évoquant son parcours de vie, je suis un peu resté sur ma faim concernant la façon dont il a pu (ou pas) mettre en pratique durant ce rude combat contre la maladie qu'il mène jour après jour. Jean-Pierre est par nature quelqu'un de très intériorisé et de peu enclin à livrer ses états d'âme à autrui. C'était donc une grande première pour lui que de s'adresser de façon aussi intime à un auditoire si nombreux et, compte tenu de ce contexte, son témoignage était très touchant. Reste que s'il a par deux fois au moins utilisé l'expression "mettre les bouchées doubles", l'auditoire n'a pas vraiment pu savoir comment cela s'incarnait concrètement dans son quotidien et sauf retouches importantes lors de la dactylographie, vous n'en saurez donc probablement pas plus à la lecture de la prochaine Lettre d'Hauteville... Avec Anne-Marie, quand nous avons quitté Hauteville nous avons été le saluer et nous avons senti combien son coeur était ouvert et combien donc sa maladie l'avait, sous cet angle, transformé. Là bien entendu est l'essentiel et c'est donc avec cette image lumineuse de lui que nous sommes repartis...


L'après-midi du samedi était consacrée à l'intervention de Betty Quirion, une Québécoise qui fait partie de la génération actuelle des "éveillés sauvages" aux côtés de Yolande Duran-Serrano, de Claudette Vidal, de Darpan ou de Wayne Liquorman, pour ne citer que ceux ou celles que j'ai eu l'occasion de rencontrer. Leur point commun est en règle générale de prendre leur cas personnel pour seul modèle et de décréter à partir de là que puisque leur "éveil" s'est fait sans lien direct avec une voie traditionnelle, c'est que celles-ci n'ont plus grand-chose à apporter au monde moderne, chacun étant invité à "s'éveiller en direct" en appliquant la même "recette" simple (ce qui ne veut pas dire facile) que ce que lesdites personnes racontent avoir fait.

J'avoue que tant ma formation philosophique que mon expérience personnelle ne me portent pas à accorder un crédit illimité à ce genre de témoignages qui se sont démultipliés depuis quelques années. Il n'empêche que parmi les quelques rencontres que j'ai pu faire dans ce domaine, le souvenir de Betty que j'avais vu à Rennes il y a quelques années quand elle y avait été invitée par Gérard Bellebon, faisait partie des moins mauvais. J'avais gardé l'impression d'une femme qui, certes n'y allait pas de main morte dans la description qu'elle faisait de sa réalisation de "la grande joie", mais qui, parallèlement à cela, avait été capable de nous parler de son histoire personnelle de façon assez impliquée en entrant dans le détail de certaines de ses difficultés psychologiques et ne refusait donc pas -à l'inverse de bien d'autres- de répondre à des questions portant sur autre chose que la métaphysique ultime. Bref, c'était avec une certaine curiosité positive que je m'apprêtai à recevoir son témoignage.

Et bien, disons-le d'emblée, je n'ai pas été déçu, tout au contraire. Ce que j'ai senti, c'est que Betty a su se mettre facilement au diapason d'Hauteville et a "calibré" son témoignage sur ce qui pouvait être le plus facilement exprimé et reçu dans ce contexte. Au lieu de pérorer du haut de sa (prétendue?) libération, elle a témoigné avec une simplicité désarmante de son parcours de vie -une vie marquée dès l'origine par le décès en couches de sa maman- et des très grandes difficultés psychologiques personnelles qu'elle a connues pendant la majeure partie de sa vie. Du coup son éveil, bien que s'étant fait en dehors de toute tradition spirituelle reconnue, m'est apparu comme beaucoup plus compréhensible et crédible. Il m'a semblé être le fruit d'un intense et opiniâtre combat contre la souffrance, combat qui, d'échec en échec, a fait murir le fruit jusqu'à ce que celui-ci un beau jour se détache tout seul de la branche. Bref, un témoignage d'une rare force de conviction qui a balayé le reste de mes réticences et qui m'a motivé à vouloir mieux la connaitre. Il faut croire que je ne suis pas le seul à avoir été touché par ce magnifique témoignage, car quand j'ai voulu acquérir son ouvrage "La Fraicheur de l'Instant", il n'en restait plus un seul exemplaire, l'étal ayant été "dévalisé" dans le quart d'heure qui a suivi la fin de cette intervention.

Je ne dirai rien ici sur le traditionnel spectacle du soir, orchestré de main de maître comme à l'accoutumée par notre ami Pascal Pourré et pas grand-chose non plus sur l'AG statutaire du dimanche matin. Globalement 2016 a été une "bonne année" pour Hauteville, tant en ce qui concerne la cohésion de l'équipe animatrice que le niveau de fréquentation des adhérents. Ce qui s'est traduit comptablement par un solde positif qui augmente encore l'avance de trésorerie de l'association (désormais équivalente à 5 mois de fonctionnement). Par contre et pour l'instant l'année 2017 s'annonce sous des auspices nettement moins favorables (baisse significative de la fréquentation et des donations), ce qui, si la situation ne s'améliore pas sur le reste de l'année à courir, pourrait conduire à devoir revoir sérieusement à la baisse certains postes de dépenses...


Après ce "passage obligé", finalement assez léger, nous avons eu droit en fin de matinée à l'intervention quelque peu enflammée de Sofia Stil-Rever, la co-auteure avec Phakyab Rinpoché du best-seller "la méditation m'a guérie".

Là aussi, grâce à notre ami rennais Gérard Bellebon, nous sommes un certain nombre à connaitre un peu cette femme que Nouvelles Convergences a reçue par deux fois à Rennes. J'avoue que pour ma part la façon quelque peu précieuse pour ne pas dire prétentieuse qu'elle avait eu de se "mettre en avant" lors de la traduction par ses soins de la conférence de Phakyab Rinpoché ne m'avait pas laissé une très bonne impression.

Mais Hauteville oblige, je me suis efforcé de lui donner une seconde chance et de m'ouvrir à ce qu'elle avait, cette fois-ci à nous dire. Je ne le regrette pas, car si globalement je n'ai pas senti une personne totalement mature, j'ai pu m'ouvrir sans difficulté à l'originalité et à la richesse de son expérience de vie qu'elle a su évoquer sans trop se perdre dans des digressions qu'elle brulait pourtant de faire encore et encore... Il faut vous dire qu'à défaut d'être (pour moi) représentative d'une "disciple" digne de ce nom, elle a témoigné d'un destin et de talents hors du commun qui ne m'ont pas laissé indifférent et qui même m'ont donné envie de lire certains de ses ouvrages.

En quelques mots, sa vie a été jalonnée de rencontres avec des personnes aussi exceptionnelles que Soeur Emmanuelle, Mathieu Ricard ou le Dalaï Lama dont elle est devenue la biographe attitrée, sans compter des artistes et des responsables politiques de haut rang parmi lesquelles elle a pris l'habitude d'évoluer, façon "enfant gâtée" à qui on ne peut rien refuser. Et ce d'autant plus qu'elle est polyglotte et a des talents littéraires et artistiques reconnus. Un drôle de petit bout de femme qui a terminé son intervention en chantant un mantra en sanskrit, puis en tibétain avant de nous faire reprendre tous en coeur un "Avé Maria" au moins aussi improbable dans ce lieu que les solos de guitare électrique du spectacle du soir... !


Quant au quatrième intervenant, celui du dimanche après-midi,  il était laconiquement présenté sur la lettre d'invitation à l'AG comme "philosophe musulman atypique".

Je l'ai appris depuis, Abdennour Bidar est en effet l'auteur de plusieurs ouvrages de fond sur l'Islam et l'Occident, dont le best-seller "Lettre ouverte au monde musulman". Après des études universitaires poussées, l'homme, qui a d'abord exercé comme professeur de philosophie, est devenu haut fonctionnaire sous le gouvernement Hollande, travaillant pour le ministère de l'Éducation nationale sur l'épineuse question de la coexistence entre laïcité et Islam. Ami personnel de Vincent Peillon, il est par exemple l'un des auteurs de la Charte de la laïcité à l'école. Il a aussi été producteur de plusieurs émissions sur France Inter et sur France Culture telles "Cause commune, tu m'intéresses" ou "France Islam : questions croisées" ou encore "Cultures d'islam". Son cheval de bataille, c'est d'inviter les musulmans à repenser leur Islam dans le sens d'une religion de la liberté et non plus de la soumission et d'inviter plus largement les hommes du XXIe siècle à repenser leur conception de la religion pour tenter d'arriver à une plateforme de valeurs pouvant servir de spiritualité commune à l'humanité contemporaine...

Un excellent projet s'il en est, mais ce n'est pas d'abord et surtout de cela qu'Abdennour nous a entretenus, même si la fin de son propos était dans cette veine. Ce qui m'a le plus intéressé, c'est -Hauteville oblige- le récit de son parcours humain, lui aussi très original. Né à Clermont-Ferrand d'une mère catholique qui s'est convertie à l'Islam après avoir lu l'oeuvre de René Guenon, Abdennour a eu une enfance très mystique durant laquelle il a fait une expérience de desidentification majeure (façon Ramana Maharshi) dont, nous a-t-il dit, son ego ne s'est jamais relevé. Pour comprendre ce qui lui était arrivé, une fois jeune adulte, il s'est adonné avec passion à la pratique de la voie soufie tout en poursuivant des études académiques sur les grands noms de l'ésotérisme islamique. Puis il a mis fin à cet engagement initiatique (dans des conditions un peu curieuses sur lesquels il est resté discret), et il a commencé une carrière brillante d'écrivain et de consultant politique. Le sous-titre de son dernier livre, qui était en vente sur place, résume assez bien le sens qu'il entend donner à son engagement citoyen.

Au total, l'homme m'a laissé une impression franchement positive, mais aussi un certain malaise. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que ce grand intellectuel qui vogue désormais de son propre chef, sans plus avoir de compte à rendre à un maître spirituel réel et/ou à une "sangha" concrète risquait fort, nonobstant son expérience spirituelle majeure, de se laisser récupérer peu à peu par le système, entre autres du fait de ses entrées auprès des grands de ce monde... Mais quoi qu'il en soit, si vous doutiez qu'un musulman puisse être fondamentalement ouvert et désireux de collaborer à l'avènement d'une spiritualité transreligieuse, n'hésitez pas à fréquenter l'oeuvre de ce sympathisant déclaré de la France Insoumise !

Quant à moi, je lirai avec intérêt les apports de ceux et celles d'entre vous qui étaient présents sur place et qui voudront compléter ce petit compte rendu de leurs propres impressions !

Publié dans 04-Enseignement d'Hauteville, 06-Autres Maîtres et enseignements, 07-Témoignages personnels, 11-Regards sur le monde
Yann Le Boucher

Interlude désaltérant pour chaudes journées

date_range 1 juin 2017
visibility 47 consultations

Notre fils Stéphane vient de nous faire connaitre un remarquable documentaire sur la bière artisanale diffusé tout récemment sur France5.

Quid du rapport avec La Bertais et la ligne éditoriale de son blog ?

Aucun, si ce n'est que Stéphane est membre de cette association et jeune brasseur lui-même, ce qui fait que certains d'entre vous ont déjà entendu parler de son aventure ici même.

Si cela ne suffit pas à vous motiver pour regarder ce qui suit, passez votre chemin. Mais si comme moi vous êtes d'un naturel curieux, je vous promets que vous ne serez pas déçu par cette enquête sur le monde brassicole artisanal et sur son bras de fer annoncé avec les industriels du secteur !

"La bière se fait mousser"
documentaire de 52 minutes

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur les activités brassicoles de Stéphane, visitez son site => Skumenn.

Publié dans 10-Coups de coeur culturels, 11-Regards sur le monde, A table, Films
Yann Le Boucher

Echos du week-end avec Thierry Martin

date_range 29 mai 2017
visibility 181 consultations

Comme à l'habitude, voici quelques photos-souvenirs de notre séminaire avec Thierry Martin, ceci à la fois pour permettre aux absents d'en gouter un peu l'ambiance et aussi pour donner envie aux présents d'en prolonger les effets en partageant ci-dessous quelques-unes de leurs impressions.

En ce qui me concerne, je m'en tiendrai à cette citation du philosophe danois Soren Kierkegaard (considéré comme l'un des précurseurs de l'existentialisme moderne) que Thierry a utilisée lors de sa conclusion finale et qui résume si bien l'esprit du Chemin de Swâmiji et d'Arnaud :

Oser, c’est perdre pied momentanément, 
Ne pas oser, c’est se perdre soi-même.

L'assemblée du samedi matin...

 

photos@lain-silvert

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Les coquelourdes (devant la cuisine)

Publié dans 01-Les activités, 04-Enseignement d'Hauteville, 07-Témoignages personnels, Feedbacks sur activités, Temps forts passés
Yann Le Boucher

Bienvenue à Thierry Martin

date_range 15 mai 2017
visibility 189 consultations

Cet article a d'abord été publié en décembre 2014, lors de la première visite de Thierry à La Bertais. Comme il n'a rien perdu de son intérêt, je vous le propose en "reload". Ne perdez donc pas de vue le fait que les 4 premiers commentaires datent de 3 ans ; ce qui ne doit pas vous empêcher d'y ajouter les vôtres !     Yann

cour_hauteville

Hauteville, la cour intérieure

Dans l'idée de vous permettre de faire mieux connaissance avec notre prochain invité de marque, j'ai recherché dans les anciens numéros de la Lettre d'Hauteville les articles signés de Thierry. Le premier que je vous soumets ci-dessous est aussi le plus ancien. Paru en juin 1997 alors qu'Hauteville n'avait encore que 3 ans, il témoigne du parcours de jeunesse de Thierry et de ses premiers pas dans la relation avec Arnaud. Depuis cette époque, le chemin de Thierry s'est évidemment poursuivi mettant en jeu de nombreux autres aspects de lui-même qui ne sont pas abordés ici. Il n'empêche que ce texte reste à mes yeux d'un grand intérêt tant par ce qu'il nous révèle de notre hôte que par le témoignage indirect qu'il porte concernant Arnaud...

(Pour lire l'article plus facilement cliquez sur le texte ci-dessous de façon à l'agrandir...)

thierry1

thierry2

 

Publié dans 04-Enseignement d'Hauteville, 07-Témoignages personnels, Arnaud
Yann Le Boucher

Grande marée au Mont St Michel : Intermède vidéo

date_range 1 mai 2017
visibility 74 consultations

En prolongation au précédent article d'Alain, je partage avec vous cette vidéo tournée par un drone il y a quelques jours à l'occasion de la grande marée.

A "déguster" en passant en mode "plein écran" et en choisissant la résolution maximale... mais seulement après la pub initiale que je n'ai pas été en mesure d'enlever !   :oops:

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Publié dans 09-Voyage voyage..., 10-Coups de coeur culturels, Films, Trésors du Net
Yann Le Boucher

Retour sur le we avec Christophe et Murielle Massin

date_range 3 avril 2017
visibility 181 consultations

Selon notre habitude, voici quelques photos du week-end, histoire de permettre aux absents de humer un peu l'ambiance et de donner envie aux présents de partager avec eux quelques unes de leurs impressions.

En ce qui me concerne, j'ai senti une grande qualité d'ensemble, avec une différence notable de "climat" entre le samedi et le dimanche, cela étant entre autres dû à la dynamique du week-end, mais aussi probablement à la qualité "hors-norme" de la méditation dirigée du dimanche matin....

Disponibilité et qualité d'écoute étaient bien entendu au rendez-vous...

Le duo "Christophe-Murielle" a remarquablement bien fonctionné, les réponses de l'un et de l'autre se complétant et s'harmonisant d'une façon extrêmement fluide et féconde et témoignant d'une rare complicité dans la façon de comprendre et de retransmettre l'enseignement.

Deux séances de dédicace bien "remplies" pour Christophe, ce qui laisse à penser que la lecture va permettre à bon nombre d'entre vous de prolonger et d'approfondir ce qui s'est transmis oralement durant le week-end.

Pour mémoire, voici les titres des deux derniers ouvrages écrits par Christophe sur l'Enseignement (éditions Odile Jacob) :

  • Souffrir ou aimer : transformer l'émotion (c'est cet ouvrage qui a servi de base à la conférence de vendredi soir)
  • Une vie en confiance : dialogues sur la peur et autres folies

Les rennais trouveront facilement ces deux livres à la librairie "La Rose Mystique" (téléphonez pour que Marguerite vous mette un exemplaire de côté avant que son stock soit épuisé). Les autres pourront facilement les commander via Internet...

Publié dans 01-Les activités, 04-Enseignement d'Hauteville, 07-Témoignages personnels, Feedbacks sur activités, Temps forts passés
Yann Le Boucher

Témoignage d’Alain Bayod

date_range 25 mars 2017
visibility 125 consultations

J'ai été profondément touché par l'interview d'Alain Bayod, publié dans le tout dernier numéro de la Lettre d'Hauteville sous le titre "Le cadeau de la simplicité". Vous êtes un certain nombre à connaitre personnellement Alain et à partager avec moi l'affection et -à certains égards- l'admiration que je lui porte, mais vous ne recevez pas tous la Lettre d'Hauteville. Aussi je me suis permis de demander à Alain la permission de reproduire in extenso l'article en question. Comme il est indiqué en bas de la Lettre d'Hauteville que celle-ci est "strictement interne et ne doit pas être publiée sur internet ou distribuée à des personnes non-adhérentes aux Amis de Hauteville", j'ai contacté Emmanuel qui m'a donné l'autorisation de faire une exception pour cet article, à condition que je rappelle à chacun et chacune ses obligations. Donc, merci DE NE PAS REPRODUIRE ni de REDIFFUSER vous-même par voie électronique tout ou partie de cet article, sachant que la totalité de la Lettre dont il est extrait est, comme à chaque fois, consultable sur place à La Bertais.


LE CADEAU DE  LA SIMPLICITE              -Interview d'Alain par Fabienne Desjardins, Lettre d'Hauteville n°88, Printemps 2017-

Février 2017, cliché d'Yves Rémond

 

Fabienne :
Alain, il y a à peu près un an les médecins t'ont diagnostiqué un cancer assez sévère qui porte le nom de « myélome multiple » et depuis, tu as effectué tout un périple semé de chimiothérapies et de traitements parfois très lourds. Avant de commencer cette interview, pourrais-tu nous donner quelques nouvelles de ta santé ?

Alain :
Les traitements spécifiques au cancer sont terminés depuis trois bons mois. Il me reste encore à supprimer la morphine mais cela ne peut se faire que très progressivement. Le corps est beaucoup moins douloureux et une bonne partie de l’énergie est revenue. Mais il me faudra encore de nombreux mois pour récupérer de la maladie et de l’inévitable agression chimique des traitements. Les deux chiffres sanguins qui marquent ce cancer sont maintenant satisfaisants et stables. Ce qui était le but du protocole médical. J’envisage de reprendre mon activité à Hauteville très progressivement début avril. Donc sauf changement imprévisible, ça va plutôt bien.

- Merci pour ces nouvelles. Je sais que tu t’intéresses depuis longtemps à l'anthropologie des koshas, des revêtements du Soi, et nous nous demandions si tu pouvais nous parler de ta maladie au regard de ces koshas et sharirs dont il est question dans cette Lettre de Hauteville.

- Il y a un an, quand j’ai été diagnostiqué, c’était un peu une surprise tout de même, mais j’ai abordé cette affaire, cette situation (rire), de la manière dont je fonctionne habituellement, c’est-à-dire en me disant : « Tu vas mettre toutes les chances de ton côté, tu vas doubler les temps de méditation, tu vas réunir tes organes dans la journée, tu vas leur parler, tu vas vivre cette épreuve en ‘grand disciple’… » J’ai lu et relu les bouquins de Guy Corneau, qui nous a quittés il n'y a pas longtemps et, avant que les traitements ne commencent, j’avais mis en place toute une stratégie de disciple guerrier… Je passais ma journée à ça ! Et puis les traitements ont commencé… Il faut savoir que le myélome multiple est une atteinte de la moelle osseuse qui amène, selon l’intensité et la puissance du cancer, une dégradation de l’os de l’intérieur, ce qui fait que, sur une période de huit mois, neuf vertèbres très fragilisées se sont fracturées, le sternum n'a pas résisté à un prélèvement de moelle et s’est fracturé lui aussi. Tout cela a été ressoudé, « cimentoplasté » au cours de plusieurs interventions chirurgicales. J’ai débuté les premières chimios et, parallèlement, j'ai été contraint de prendre de la morphine et, là, assez rapidement, j’ai commencé à perdre la possibilité de méditer. Dieu sait si j’aime méditer ! Dieu sait si j’ai médité dans ma vie ! C’est l’une des activités qui me touchent le plus à Hauteville mais ce n'était tout simplement plus possible. J’ai animé des centaines de méditations qui commencent par le point d’appui physique, le point d’appui sur le souffle mais là, ce n’était plus à ma disposition, l'attention était fuyante, instable : je perdais la possibilité d’utiliser les points d’appui que je connais si bien. J’en ai parlé à plusieurs amis médecins et la plupart ont lié cela à la morphine. Ils m’ont tous dit, avec un gentil sourire : « Tu sais, méditer sous morphine… » (rire)

- La morphine altère notre capacité d'attention ?

- Oui, et surdosée, elle peut faire perdre le contact avec la réalité. Au début de mon traitement, trois ou quatre de mes vertèbres se sont cassées et rien que de me coucher dans un lit me faisait hurler, ce qui a incité les médecins à augmenter considérablement la dose de morphine. Je n’ai pas vu des éléphants roses mais j’ai fait un délire de persécution ! Je cherchais les caméras de surveillance dans la chambre…

- Donc la morphine n'agit pas seulement sur le corps physique ?

- Elle travaille sur les trois premiers revêtements : physique, énergétique et mental.

- D’où les délires, parce que cela agit aussi sur le mental et les émotions ?

- Oui. Chez moi, cela a pris la forme d’une persécution. Je me souviens très bien, je me disais : « Corinne m’aime toujours mais elle s’est laissé embobiner par les forces de l’ombre et elle ne se rend pas compte… » Il me restait un petit bout de conscience pour me dire : « Il y quelque chose qui ne va pas » mais c’était largement insuffisant pour juguler la puissance de la morphine. Enfin, j'ai quand même pu leur dire qu'il fallait baisser la dose et ils m'ont écouté.  On est repassé très vite à des doses inférieures et tout est rentré dans l’ordre côté délire.

- Pour être sûre de comprendre : la morphine agit sur les niveaux physique, énergétique et mental mais elle nous coupe aussi de la possibilité d'entrer en relation avec la dimension spirituelle… Comment le dirais-tu ?

- Je ne sais pas… Dans le fonctionnement harmonieux de l’ensemble, quelque chose n'est plus possible, quelque chose est coupé… La transmission ne se fait plus.

- Et donc la méditation n'était plus possible.

- Oui. Il y a eu une période où je pouvais pratiquer la méditation avec Corinne. Je lui demandais de me guider et là, ça marchait, j’arrivais à peu près à suivre ce qu’elle disait. Et puis il y a eu une période où, même guidé, cela ne marchait plus. C'est la période qui a correspondu à l'autogreffe, qui est le traitement de base de ce cancer : on prélève des cellules souches saines et ensuite on fait une chimio avant la greffe, que les médecins eux-mêmes qualifient de « grosse chimio »… Une chimio dévastatrice qui détruit tous les globules blancs de la moelle osseuse et met le corps en aplasie c'est-à-dire sans défenses immunitaires. C’est un message de mort qui est transmis aux cellules. Il n’y a plus aucune défense immunitaire, ce qui oblige à résider en chambre semi-stérile. Là, le corps était extrêmement faible et il m’est arrivé de penser à certains moments aux koshas… Le niveau de pranamayakosha, le niveau de l’énergie, était extrêmement bas. Je ne pouvais pas manger, je ne pouvais pas boire. Les muqueuses étaient complètement traumatisées et la bouche était envahie de mycoses. Le tube digestif était à vif, la nourriture, l’eau m'arrivaient par des tubes. J’avais des tubes un peu partout ainsi qu'une pompe à morphine pour gérer la douleur. Je n’avais plus d’énergie et, étrangement, c’est peut-être là où j’ai reçu le plus beau des cadeaux… Parce qu’on ne peut pas dire qu’il n’ y avait plus du tout d’énergie – j’étais quand même vivant – mais il y en avait tellement peu que c’est comme si manomayakosha (le revêtement fait de mental et d'émotion) avait été déconnecté, c’est-à-dire que je ne pouvais plus imaginer (je suis très ému), je ne pouvais plus imaginer, je ne pouvais plus penser, je ne pouvais plus comparer, je ne pouvais plus refuser ! On pourrait dire que c’est terrible et, en même temps, c’était merveilleux parce que, sans qu’il y ait d’effort de ma part, j'étais situé dans l’instant. En fait, il n’y avait juste personne pour se situer dans l’instant ! Il n’y avait que l’instant ! Il n’y avait que l’instant et il n’y avait pas de problèmes ! Il m’a fallu des mois pour commencer à digérer ça, parce que, sur le coup, je n’avais même pas le besoin ni la force de l’analyser…

En même temps, il y avait une espèce de conscience que la vie pouvait s’arrêter d'un instant à l'autre, la mort était vraiment très proche… Et parfois j'ai été dans une forme de dépression : je disais à Corinne que j'étais en train de mourir. En fait, j'exprimais le message que l'aplasie envoyait à toutes mes cellules, et la présence de Corinne réactivait pour un moment manomayakosha (le revêtement fait de mental et d'émotion), la peur de la mort et de la séparation. Ces moments de dépression ont pu coexister avec de longues périodes de paix. L'impression qui reste de ces moments de paix, c’est une incroyable simplicité. Parce que, juste maintenant, c’est extrêmement simple. Il n'y a rien d'autre, rien d’autre… Et quand l’énergie est revenue, le mental est revenu en force ! Quand l’énergie est revenue manomayakosha (le revêtement fait de mental et d’émotion) a été à nouveau alimenté… par pranamayakosha (le revêtement fait d’énergie)…

Cette période n'a pas duré très longtemps. Avec le recul je me dis : « N’en fais pas une affaire, cela a duré dix jours, le temps de l’aplasie, en fait », le temps que, de manière un peu miraculeuse, mes cellules souches, qui avaient séjourné au congélateur et qui m'ont été réinjectées, recolonisent la moelle osseuse. Le traitement que j'ai subi, bien que courant pour ce type de cancer, est un traitement un peu surréaliste, un peu high-tech… Très high-tech, en fait ! Mais ce que je garde de ce moment-là, c’est le fait que le niveau énergétique était tellement bas que, bien souvent, le mental ne pouvait plus fonctionner. Je vais peut-être un peu loin en disant cela, mais disons qu'il fonctionnait vraiment au ralenti… Et le souvenir que j’en ai, c’est que dans les moments les plus difficiles du point de vue médical, il ne fonctionnait pas du tout. L’important était là, juste maintenant.

- Tu en parles avec une sorte de nostalgie… Est-ce que le fait d’avoir été privé de ces fonctions du mental t'a ouvert sur autre chose, une autre dimension ?

- Le traitement s’est arrêté depuis trois mois et bien que j’aie encore de la morphine, je me suis demandé presque tous les jours : « Qu’est-ce qu'il te reste de ces semaines, de ces mois passés à l’hôpital ? » Il reste deux choses : d’abord, il y a ce que je viens de décrire, c’est-à-dire cette incroyable simplicité et le fait que la pratique, c’est quand j’arrête moi de me mêler de tout ça ! Quand je n’essaye plus de pratiquer, quand je lâche. Si j’essaye de pratiquer ce n’est pas encore la pratique. Là, je n’avais aucun mérite à être dans cet état puisque je n'avais pas d’énergie à disposition, c’était la bénédiction ; il n’y avait pas un ego pour penser qu’il fallait faire ceci ou ne pas faire cela, qu’il fallait pratiquer de telle manière… c’était fini tout ça ! La véritable pratique, c’est une détente absolue, un lâcher-prise… J’arrête de vouloir, j’arrête de prétendre. Fais de moi ce qu’il te plaira…

- Le verbe « pratiquer » est un verbe d'action…

- Oui. Mais c’est une manière de s’exprimer qui nous piège. Au début du chemin il faut bien mettre de l'énergie dans la pratique, mais la pratique à laquelle on est appelé est encore d'un autre ordre. Après l'expérience que j’ai vécue, cela ne pourra plus jamais être vraiment comme avant, parce qu'à ce moment-là, il était tellement évident qu'Alain ne peut rien ! Il ne peut rien ! Et s’il arrête de vouloir alors quelque chose apparaît !

Et c’est la deuxième partie de la réponse à ta question : dans cette simplicité, que reste-t-il ? L’amour ! Rien d’autre ! Je ne me suis jamais senti autant aimé ! Par vous mes amis, par mes enfants, par Corinne, évidemment mais…  Tu dis que j'en parle avec nostalgie, c’est vrai, et j’espère que cette nostalgie je vais la garder parce que, quand on arrête de vouloir, quand on arrête de chercher, tout nous est donné sur un plateau ! La paix est là. J'utilise le mot « amour » mais c’est inséparable de la paix et aussi d’un sentiment de perfection.

Quand j’étais à l’hôpital – ça c’est bien le vieux Alain ! – je me disais : « Mais comment des gens ont-ils pu dire que leur cancer était un cadeau, une bénédiction ? » Je ne pouvais pas le réaliser à ce moment-là… C’est maintenant, avec le recul, que je réalise que c’est une bénédiction et j’espère que la leçon a été apprise pour de bon… Cet amour est toujours là, cette lumière est toujours là, même si manomayakosha fonctionne à nouveau.

- Et ce terme d’identification qui revient tout au long du chapitre d’Arnaud sur les revêtements du Soi, ce mot a-t-il une résonance par rapport à l'expérience que tu as vécue ?

- Oui, dans le sens où cette période « bénie » – je vais mettre des guillemets quand même ! – cette période bénie de l’aplasie a été une période de dés-identification. Alain, avec son désir de bien faire, avec son désir de bien pratiquer, son désir de bien vivre son cancer en disciple, cet Alain n'était plus là ! Il n’y avait plus rien de tout cela ! Cela avait volé en éclats, et donc la question est : comment y arriver sans cancer… J’aurais tendance à dire aujourd’hui que le cancer n’est évidemment pas indispensable mais il me paraît difficile de toucher cela sans une forme ou une autre d’épreuve…

- Un choc…

- Il faut qu’il y ait un choc, oui, il faut que les koshas soient secoués !

- À propos de « secouer », peux-tu nous parler plus précisément du prélèvement des cellules souches ?

- Ah oui, c’était très spécial. J’ai été branché pendant quatre heures sur une machine qui prélève et filtre la totalité du sang par vibration et centrifugation afin de récupérer les cellules souches, saines, qui sont ensuite stockées pour constituer un greffon. Le sang qui est secoué est, bien sûr, aussitôt réinjecté dans le corps, ce qui n'est pas sans conséquence.  Dans les dix jours qui ont suivi cette « cytaphérèse », chaque matin, pendant plusieurs heures, j’ai été confronté à une vraie tempête émotionnelle. Entre autre Corinne devenait « maman » et bien sûr elle pouvait me quitter, c’était très fort. Nous avons beaucoup pleuré tous les deux. De vraies séances de lying. J’avais l’impression que la machine avait vraiment « raclé le fond de la casserole ». Une amie médecin acupuncteur m’a expliqué qu’en médecine chinoise, on considère que le sang est la signature de la persona, du moi. Ce moi avait été violemment secoué (anamayakosha, pranamayakosha) et cette perturbation avait un effet direct sur le corps psychique (manomayakosha) qui, du fait de sa proximité avec les deux autres niveaux, se trouvait atteint lui aussi. Impressionnant ! Donc, oui, pour un choc c’était un choc.

- Toute cette organisation bien ficelée a été mise sans dessus dessous…

- Voilà, cette belle organisation, le corps … J’ai un rhume de temps en temps mais j'essaye d'être en bonne santé, je marche, je cours, je fais des randonnées, j’ai de l’énergie… Il faut qu’un jour cela soit mis en question. Alors peut-être cela a-t-il été particulièrement fort pour moi parce que je m'identifiais beaucoup au corps physique, je me suis construit là-dessus avec le sport, l’haltérophilie, le culturisme même… et le yoga aussi, plus tard ! Et là j’étais à des années-lumière de « oh ! je ne  suis pas très en forme, ce matin ! »… J’ai eu la chance de ne pas tomber dans le refus ou la révolte par rapport aux traitements…

- C’est une chance ou c’est le fruit de la pratique de toutes ces années ?

- Je pense que la pratique a joué, bien sûr. Corinne m’a aidé à accueillir toutes ces chimiothérapies comme un nectar bienfaisant et en particulier, quand on m’a injecté cette chimio dévastatrice qui a duré quarante-cinq minutes,  je me disais : « Laisse-toi faire… détends-toi… Et toi, la chimie, fais ton boulot ! »

- Ce qui est le contraire de ton attitude habituelle par rapport à la santé…

- J’étais le genre de personne à me demander si je pouvais prendre un deuxième paracétamol dans la journée pour une rage de dents ! (rires)

- Donc, là, tu as été provoqué dans ce que tu avais de plus précieux ?

- Oui, et donc dans mes peurs ; parce qu'une de mes grandes peurs était ce que j’appelais « l’engrenage médical ». Pour le coup, j’étais complètement dans cet engrenage où les effets secondaires d'un produit vont nécessiter la prise d'un autre produit qui aura lui aussi des effets secondaires qu’il faudra traiter… Je n’ai pas honte de dire maintenant qu'il m’arrive de penser que, si un jour un médecin me dit : « Les chiffres ne sont pas bons, il faut recommencer la chimio »… Oufff ! je ne sais pas comment je le vivrai… Mais là, durant cette année de traitements, il n’y a pas eu de révolte, pas une seule fois. Donc, oui, quand tu me demandais si le fait d’avoir pratiqué la méditation m'avait aidé ou si le fait d'avoir pratiqué tout court m'avait aidé… oui, bien sûr, cela m’a aidé !

- Pas de la manière dont tu le pensais, mais cela t'a aidé…

- Pas comme je pensais, non.

- Un peu comme si la pratique de toutes ces années avait déposé un sédiment qui t'a permis d'accueillir l’expérience, presque à ton insu…

- Oui, oui… Je disais à Corinne que les infirmières étaient vraiment merveilleuses avec moi, souriantes, bienveillantes. Et Corinne m'a fait remarquer que moi aussi j'avais le sourire ! Donc c’est exactement ce que tu viens de dire : la pratique m’a aidé mais pas là où je pensais qu’elle pourrait m’aider…

- Et en même temps, c’est intéressant de voir que la vie vient nous chercher sur notre point le plus sensible avec une précision chirurgicale. Elle s'attaque à la clé de voûte de notre armure…

- Tu parlais d’identification, il y a un souvenir qui me revient et que je n’oublierai jamais : c’est la première fois que je me suis revu dans un miroir… J'ai vraiment eu un choc ! On est tous amenés à vieillir mais, normalement, le vieillissement est un processus lent et graduel, ce qui fait qu'on a le temps de s'y faire, on s'y habitue… (rire) Mais là, en cinq mois, d’avril à août, le corps s’est complètement transformé. Alors, cela pouvait être une aide à la désidentification, parce que je ne connaissais pas ce personnage ! Je ne connaissais pas ce petit bonhomme voûté, très amaigri, la poitrine creuse, complètement tassé sur lui-même, gris… Je ne l’avais jamais vu ! Il m’est apparu d’un seul coup ! Et il m’a fallu du temps. C’était un exercice quotidien de le regarder et puis d’arriver à lui manifester de la tendresse, à l’accueillir, finalement à l’aimer, en l’état… C’était à la fois une aide à la dés-identification, et en même temps une preuve de la puissance de cette identification !

À une époque de ma vie, j’ai tellement répété comme un mantra : « Je ne suis pas ce corps, je ne suis pas ce mental, je suis le Soi éternel, shivoham, shivoham… », mais là, ce que le miroir me renvoyait ce n’était pas de la théorie ! C’était dur, et il m’a fallu presque six mois pour réaliser que tout ça était un cadeau, vraiment un cadeau, le cadeau de la simplicité, le cadeau de l’amour. J’ai senti tellement, tellement d’amour !

Auto-portrait du 23 mars 2017

 

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