Nos premiers pas sur « le chemin de Compostelle» nous ont conduits, en cinq jours, du Puy à Saugues, distant d’environ 50 kms, ce qui, compte tenu à la fois de notre inhabitude de la marche à pied et des fréquents dénivelés du trajet s’est avéré parfaitement « calibré ».
Il faut vous dire que notre progression était volontairement lente : beaucoup de photos à prendre en cours de route et des arrêts systématiques à chacun des nombreux calvaires et chapelles qui jalonnent la « via »…
Chose remarquable par les temps qui courent, chacune des églises rencontrées avait sa porte grande ouverte. En outre, le plus souvent elle mettait à notre disposition un livre d’or que nous pouvions parapher à notre guise.
En feuilletant ces livres d’or, on a une bonne idée du taux journalier (élevé) de visiteurs-pèlerins et on se sent soudain faire partie d’une grande famille de voyageurs vers … « Dieu sait quoi » !

La montée du Puy en Velay (625m) au col de Montbonnet (1200m) : soit 20 kms, (sur deux jours)
Le prologue de 500 mètres se déroule au sein même du Puy, entre la cathédrale et la place centrale de la vieille ville dite place du Plot. C’est sur celle-ci que se trouve la célèbre inscription photographiée ci-contre: 
Le temps de faire sur cette place les dernières emplettes nécessaires au «voyage», de remplir sa gourde d’eau fraîche à la fontaine des pèlerins, et on quitte la vieille ville par la rue St Jaques (comme il se doit), qui se prolonge par la rue des Capucins, débouchant elle-même sur la rue de Compostelle. Donc, jusque là, pas de problème majeur de navigation ! Sauf que la pente est tout de suite raide dans ces deux dernières rues et qu’on a vite fait de se retrouver au-dessus des toits de la partie basse de la ville, avec en arrière plan, la cathédrale qui elle-même « s’enfonce » à son tour peu à peu sous notre ligne d’horizon.

Un premier arrêt au début de la rue de Compostelle pour admirer une grande statue de bois (contemporaine) qui porte à sa base cette belle mise en bouche :
"Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin".
Nous voilà prévenus !
La ville du Puy est logée dans une cuvette volcanique. Les premiers kilomètres servent donc à se hisser « hors du puit » et on ne résiste pas à la tentation de se retourner encore et encore au fur et à mesure que l’horizon se circularise, découvrant un panorama de plus en plus vaste et accidenté du fait des nombreux cônes volcaniques qui encerclent notre champ de vision.
Après environ deux kilomètres, nous voilà sur une sorte de plateau, d’où on découvre l’autre versant du paysage, lui aussi magnifique.

La montée se fait certes moins rude, mais reste marquée jusqu’au premier hameau rencontré depuis notre départ : celui dit de la Roche : 
Courage, plus que 1594 kilomètres pour toucher au but !
Puis par un chemin en corniche longeant un délicieux petit vallon, nous redescendons lentement vers le premier ruisseau à traverser : la gazelle !

Après quoi l’ascension reprend en douceur pour nous conduire au premier sanctuaire remarquable : la petite église romane de Saint Christophe sur Dolaizon (XIIème siècle), située à 8,5 kilomètres du Puy.
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La belle porte centrale est grande ouverte et nous invite à entrer faire une halte méditative car l’ambiance qui règne en cette fin d’après midi ensoleillée est particulièrement sereine…
La voie emprunte alors pendant environ 2 kilomètres une petite route goudronnée, puis redevient chemin de terre jusqu’au hameau de Ramourouscle situé encore 2 kilomètres plus loin. On traverse tout du long de cette étape un vaste plateau herbeux entouré à bonne distance de nombreux sommets. Le paysage est presque aussi beau que dans le film et nous respirons la nature à pleins yeux (fleurs) et poumons… (cliquez sur la photo pour l’agrandir)
Le goudron reprend alors brièvement ses droits pour nous conduire à une seconde halte spirituelle : celle de la chapelle St Roch (XIème siècle), nichée dans un écrin de verdure à l’entrée du village de Montbonnet, approximativement situé à 17 kilomètres du Puy.

Il faut compter encore 3 kilomètres supplémentaires pour faire l’ascension du sommet de Montbonnet et rejoindre le lac de l’Oeuf auprès duquel, attiré par la perspective d’un plan d’eau, je croyais que nous pourrions pique-niquer.

C’était faute d’avoir bien scruté la carte, car en fait de lac, il s’agit d’une tourbière asséchée, située en haut du col et si la forêt de sapins est belle alentours, aucune eau en vue à cette hauteur (environ 1200 mètres)…

Ouf, en voilà fini avec cette première étape ascensionnelle qui nous laisse face à un somptueux paysage de moyenne montagne, avec devant nous, comme première barrière naturelle à notre progression, les magnifiques gorges de l’Allier vers lesquelles nous plongerons ensemble dans un prochain post (dénivelé d’environ 600 mètres : attention aux glissades intempestives !)



Mais pourquoi donc partir du 

Désireux de vérifier la véracité du film, je me suis d’abord dirigé vers l’antique statue de St Jacques au pied de laquelle se trouve bien en effet du papier, un crayon et une urne. Proposition est faite aux fidèles qui le souhaitent d’exprimer par écrit à Saint Jacques leurs intentions de prière et de les déposer dans l’urne. Les messages ainsi collectés seront ensuite convoyés vers Compostelle par ceux des pèlerins qui acceptent de jouer les "facteurs spirituels". Ces pèlerins, apprend-on encore au pied de la statue, ont rendez-vous ici même chaque matin après la messe de 7h pour recevoir la bénédiction de départ, avec la remise de la fameuse « crédenciale », sorte de passeport que le « jacquet » aura à cœur de faire tamponner à chaque étape significative de son périple…
Voilà le décor planté, mais avant de quitter cette cathédrale, il faut s’attarder un peu en face de la statue de la Vierge noire à l’enfant. 

Voilà qui forment les attributs traditionnels du pèlerin de St Jacques (avec le chapeau à larges bords et la pèlerine).
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Sans entrer dans les détails de sa théorie des cycles cosmiques, l’idée centrale, conforme à la fois à la tradition de l’Inde ancienne mais aussi à celle de l’Antiquité Gréco-Romaine, est qu’au fil des temps, l’humanité suit inexorablement un cycle involutif. Depuis le moment de la création d’une humanité (âge d’or, Jardin d’Eden) jusqu’à celui de sa destruction (âge de fer, Kali Yuga) le « progrès » matériel apparent est inversement proportionnel à la régression spirituelle de la conscience qui s’enferre progressivement dans la matière et oublie de plus en plus sa dimension spirituelle ou « divine ».

Ainsi et pour commencer, voici le texte à lire durant la période allant jusqu’au 26 juin 2008 et qui traite des trois premières qualifications requises par le chemin de Swâmiji.













