Auteur/autrice : Yann Le Boucher

  • Sur les chemins de Compostelle (3)

    Nos premiers pas sur « le chemin de Compostelle» nous ont conduits, en cinq jours, du Puy à Saugues, distant d’environ 50 kms, ce qui, compte tenu à la fois de notre inhabitude de la marche à pied et des fréquents dénivelés du trajet s’est avéré parfaitement « calibré ».
    Il faut vous dire que notre progression était volontairement lente : beaucoup de photos à prendre en cours de route et des arrêts systématiques à chacun des nombreux calvaires et chapelles qui jalonnent la « via »…
    Chose remarquable par les temps qui courent, chacune des églises rencontrées avait sa porte grande ouverte. En outre, le plus souvent elle mettait à notre disposition un livre d’or que nous pouvions parapher à notre guise.

    En feuilletant ces livres d’or, on a une bonne idée du taux journalier (élevé) de visiteurs-pèlerins et on se sent soudain faire partie d’une grande famille de voyageurs vers … « Dieu sait quoi » !

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    La montée du Puy en Velay (625m) au col de Montbonnet (1200m) : soit 20 kms, (sur deux jours)

    Le_Puy_en_Velay_Place_Fontaine.jpgLe prologue de 500 mètres se déroule au sein même du Puy, entre la cathédrale et la place centrale de la vieille ville dite place du Plot. C’est sur celle-ci que se trouve la célèbre inscription photographiée ci-contre: inscription.jpg

    Le temps de faire sur cette place les dernières emplettes nécessaires au «voyage», de remplir sa gourde d’eau fraîche à la fontaine des pèlerins, et on quitte la vieille ville par la rue St Jaques (comme il se doit), qui se prolonge par la rue des Capucins, débouchant elle-même sur la rue de Compostelle. Donc, jusque là, pas de problème majeur de navigation ! Sauf que la pente est tout de suite raide dans ces deux dernières rues et qu’on a vite fait de se retrouver au-dessus des toits de la partie basse de la ville, avec en arrière plan, la cathédrale qui elle-même « s’enfonce » à son tour peu à peu sous notre ligne d’horizon.

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    Un premier arrêt au début de la rue de Compostelle pour admirer une grande statue de bois (contemporaine) qui porte à sa base cette belle mise en bouche :

    "Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin".

    Nous voilà prévenus !

     

    La ville du Puy est logée dans une cuvette volcanique. Les premiers kilomètres servent donc à se hisser « hors du puit » et on ne résiste pas à la tentation de se retourner encore et encore au fur et à mesure que l’horizon se circularise, découvrant un panorama de plus en plus vaste et accidenté du fait des nombreux cônes volcaniques qui encerclent notre champ de vision.

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    Après environ deux kilomètres, nous voilà sur une sorte de plateau, d’où on découvre l’autre versant du paysage, lui aussi magnifique.

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    La montée se fait certes moins rude, mais reste marquée jusqu’au premier hameau rencontré depuis notre départ : celui dit de la Roche : IMG_0038.jpg

    Courage, plus que 1594 kilomètres pour toucher au but !

    Puis par un chemin en corniche longeant un délicieux petit vallon, nous redescendons lentement vers le premier ruisseau à traverser : la gazelle !

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    Après quoi l’ascension reprend en douceur pour nous conduire au premier sanctuaire remarquable : la petite église romane de Saint Christophe sur Dolaizon (XIIème siècle), située à 8,5 kilomètres du Puy.

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    La belle porte centrale est grande ouverte et nous invite à entrer faire une halte méditative car l’ambiance qui règne en cette fin d’après midi ensoleillée est particulièrement sereine…

     

    La voie emprunte alors pendant environ 2 kilomètres une petite route goudronnée, puis redevient chemin de terre jusqu’au hameau de Ramourouscle situé encore 2 kilomètres plus loin. On traverse tout du long de cette étape un vaste plateau herbeux entouré à bonne distance de nombreux sommets. Le paysage est presque aussi beau que dans le film et nous respirons la nature à pleins yeux (fleurs) et poumons… (cliquez sur la photo pour l’agrandir)

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    Le goudron reprend alors brièvement ses droits pour nous conduire à une seconde halte spirituelle : celle de la chapelle St Roch (XIème siècle), nichée dans un écrin de verdure à l’entrée du village de Montbonnet, approximativement situé à 17 kilomètres du Puy.

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    Il faut compter encore 3 kilomètres supplémentaires pour faire l’ascension du sommet de Montbonnet et rejoindre le lac de l’Oeuf auprès duquel, attiré par la perspective d’un plan d’eau, je croyais que nous pourrions pique-niquer.

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    C’était faute d’avoir bien scruté la carte, car en fait de lac, il s’agit d’une tourbière asséchée, située en haut du col et si la forêt de sapins est belle alentours, aucune eau en vue à cette hauteur (environ 1200 mètres)…

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    Ouf, en voilà fini avec cette première étape ascensionnelle qui nous laisse face à un somptueux paysage de moyenne montagne, avec devant nous, comme première barrière naturelle à notre progression, les magnifiques gorges de l’Allier vers lesquelles nous plongerons ensemble dans un prochain post (dénivelé d’environ 600 mètres : attention aux glissades intempestives !)

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  • Sur les chemins de Compostelle (2)

    Point de départ : Le Puy en Velay

     

    CarteItineraires.gifMais pourquoi donc partir du Puy et non pas de Tours, de Vezelay ou d’Arles, me direz-vous ?
    Le premier argument n’est guère en mon honneur puisqu’il vient tout droit du film «Compostelle La Mecque» qui fait démarrer son périple de cette ville, comme expliqué dans mon précédent post.
    A  vrai dire, à l’époque, mon ignorance du sujet était telle que je ne savais même pas que d’autres points de départ existaient !  Et puis, seconde raison, souvenez vous que je voulais initialement vérifier de visu les paysages du film (du moins ceux des scènes relatives aux premiers jours de marche). Et là, évidemment, je me devais de me rendre sur les lieux même (supposés ?) du tournage !
    Mais depuis, je ne regrette pas mon choix d’ignorant : il se trouve en effet que la route du Puy, appelée « via Podiensis », est à la fois la plus ancienne et probablement la plus belle des quatre voies traditionnelles. Elle a été ouverte dès l’an 951 par Godescalc, évêque du lieu, qui décide un beau jour de « se rendre en toute hâte jusqu’aux confins de la Galice pour implorer humblement la miséricorde de Dieu et le suffrage de l’apôtre Jacques ». Revenu enthousiaste de ce périple long de deux fois 1600 kilomètres, il fait bâtir une chapelle au sommet du rocher d’Aiguilhe, sorte de piton volcanique qui surplombe la ville du Puy et invite tous ceux qui voudront suivre sa trace à en faire le point de départ de leur  périple…
     

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    Outre cette antériorité historique, la via Podiensis a aussi un avantage géographique certain en termes de diversité des paysages car c’est elle qui passe par la zone montagneuse la plus étendue (le massif central, et ses régions successives du Velay, de la Margeride et de l’Aubrac), offrant dès les premiers kilomètres des points de vue somptueux. Bref, même si ma curiosité est désormais éveillée pour les autres chemins, je ne regrette pas la naïveté de mon choix initial !
    Certes, la première chapelle du rocher d’Aiguihe existe bien toujours. Mais elle est devenue très vite trop petite et le point de départ du pèlerinage s’est donc naturellement déplacé vers la cathédrale de la ville, Notre-Dame du Puy, elle-même construite sur un surplomb volcanique au sein de la cuvette géologique qui abrite l’antique capitale du Velay.

    Chose étrange, j’ai passé tout un après-midi dans cette église sans voir le temps passer, tant le lieu est « fort » et « chargé » en vibrations « d’un autre âge », (ou d’un autre « niveau » si vous préférez).

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    L’accès à la cathédrale est déjà un premier symbole : il se fait par une ruelle en forte pente qui se termine par un escalier de 134 marches. Ces marches se prolongent à l’intérieur même du sanctuaire et débouchent ainsi directement dans le sol de la cathédrale. Je veux dire qu’on se retrouve, en haut des marches, directement dans la nef centrale, comme si on venait d’une cave et non pas d’une entrée de plain-pied.
    Style roman oblige, l’intérieur est sombre et austère. Ce n’est pas, selon ma sensibilité, une «belle église», mais c’est une église «puissante» voire un peu «effrayante» tant elle est chargée d’énergies et de forces de nature inhabituelle.

    stjacques.jpg Désireux de vérifier la véracité du film, je me suis d’abord dirigé vers l’antique statue de St Jacques au pied de laquelle se trouve bien en effet du papier, un crayon et une urne. Proposition est faite aux fidèles qui le souhaitent d’exprimer par écrit à Saint Jacques leurs intentions de prière et de les déposer dans l’urne. Les messages ainsi collectés seront ensuite convoyés vers Compostelle par ceux des pèlerins qui acceptent de jouer les "facteurs spirituels". Ces pèlerins, apprend-on encore au pied de la statue, ont rendez-vous ici même chaque matin après la messe de 7h pour recevoir la bénédiction de départ, avec la remise de la fameuse « crédenciale », sorte de passeport que le « jacquet » aura à cœur de faire tamponner à chaque étape significative de son périple…

     

     

     

    viergepuy.jpg Voilà le décor planté, mais avant de quitter cette cathédrale, il faut s’attarder un peu en face de la statue de la Vierge noire à l’enfant.
    Elle trône dans l’ancien cœur de l’église et est un support de dévotion encore très actif.
    Un mystère que cette Vierge et sa couleur qui évoque davantage les forces telluriques du sous-sol volcanique que la pureté désincarnée habituellement associée à l’image de Marie !

    Et encore, après enquête, j’en apprends de belles : La statue actuellement offerte à la dévotion ne date que du IXXème, car l’originale a été brulée à la Révolution sous les cris de "à bas l’Egyptienne", tant son apparence était troublante pour nos Sans-Culottes incultes!
    Grâce à des gravures antérieures à cet holocauste, un artiste a pu reproduire la statue originale et cette copie fait désormais partie du "trésor" que l’on visite dans la sacristie de la cathédrale. Avouez qu’il y a de quoi se poser des questions, et que celles-ci ne peuvent que redoubler quand on apprend que l’original du XIIème  siècle a peu ou prou servi de modèle à la quasi totalité des Vierges Noires romanes présentes en Auvergne !

    Encore un peu de curiosité permet de confirmer cette impression selon laquelle et malgré les apparences, nous ne sommes pas seulement dans un sanctuaire chrétien.
    Une pierre très ancienne et noire elle aussi, de la taille d’une grande table, a été déposée dans une abside. En lisant les panneaux explicatifs, on apprend qu’il s’agit d’une pierre «guérisseuse des fièvres» qui, jusqu’à une date récente, trônait en haut des marches de l’entrée principale de la cathédrale, donc bien en vue de à tous.
    Aux premiers siècles de notre ère, une femme atteinte de fièvre aurait été inspirée par Marie à se coucher sur cette pierre, qui n’était rien d’autre alors que la table d’un ancien dolmen. La nuit passée, elle se serait retrouvée miraculeusement guérie de sa maladie… Plusieurs miracles analogues s’étant ensuite produits sur cette pierre, il fut décidé d’ériger un lieu de culte autour de la "pierre magique", ce qui donna naissance à la première version de la Cathédrale…
    Légende qui, comme ailleurs (au Mont St Michel par exemple) reflète l’annexion par le christianisme primitif des lieux-forces ancestraux, objets de cultes "païens" antérieurs…

    En souvenir d’une pierre analogue, approchée dans un petit temple de montagne situé aux sources du Gange, j’ai moi-même voulu toucher cette pierre et j’ai été étonné de l’intensité de ce que j’ai ressenti suite à son contact… Ce qui explique, entre autres, pourquoi je suis si facilement resté plusieurs heures dans l’enceinte des vieux murs de cette cathédrale. J’étais comme « aimanté » par eux et habité d’une énergie intérieure particulière que je reconnaissais pour l’avoir déjà éprouvée dans quelques rares endroits et que j’associe sans hésitation à la présence du «sacré».
    Ce qui me fait dire sans hésitation que cette cathédrale, malgré ses dehors plutôt austères (à moins que ce ne soit grâce à eux !) est l’un des rares sanctuaires encore « vivant » que je connaisse en France…

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  • Sur les chemins de Compostelle (1)

    « Saint Jacques la Mecque », ça vous dit quelque chose ?
    Ce film de Coline Serreau, une comédie sans prétention mais bien sympathique comme l’auteur sait en faire (cf « La Belle Verte ») est à l’origine de ce qui suit.
    Car figurez vous que c’est après l’avoir vu que l’envie m’est venue de découvrir à mon tour « les chemins de Compostelle ».
    Jusqu’alors et comme tout un chacun, j’avais bien entendu parler de ce fameux pèlerinage, et je savais même que certains ou certaines d’entre vous avaient fait à pied au moins une partie du trajet. Mais n’étant pas jusqu’alors un adepte de la randonnée pédestre, l’idée ne m’était jamais venue de m’affronter moi-même physiquement à la Voie…

    Puisqu’il y est pour quelque chose, voici d’abord en quelques mots, le propos du film :

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    Pour toucher l’héritage de leur mère, deux frères et une sœur, fâchés de longue date, sont contraints de faire ensemble et à pied le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Pour cela ils doivent rejoindre, au Puy en Velay, un guide de randonnée et s’intégrer au petit groupe de marcheurs que celui-ci a mission de conduire en deux mois à bon port. Parmi les autres marcheurs, se trouve un jeune Maghrébin, un peu simple d’esprit, à qui son copain à fait croire qu’ils allaient à la Mecque : d’où un certain nombre de quiproquos qui justifient le titre de la comédie…

    Ce qui m’a « accroché » : au-delà de l’égrènement un peu convenu des situations comiques entre les personnages, c’est le rythme de ce film (construit autour des étapes pédestres), les magnifiques paysages dans lesquels les personnages évoluent et leur passage dans les hauts lieux historiques qui servent de cadre à leur aventure.
    Et j’ai eu envie de vérifier deux ou trois choses : la France « sauvage » existe-elle encore ? Est-elle aussi belle que ce film le laisse entrevoir ? La marche à pied, de par la lenteur de déplacement qu’elle impose, ne serait-elle pas en définitive la meilleur façon de s’en rendre compte et de faire du « tourisme intelligent » ?
    Ajouté à cela la dimension hautement symbolique d’une randonnée sur un tracé emprunté depuis plus de onze siècles par des pèlerins, c’est-à-dire en fait, par des « frères et sœurs sur le Chemin », voilà de quoi achever de me convaincre d’essayer.
    Restait à gagner l’adhésion de la famille (entre autres de notre fille adolescente pour qui un tel projet de vacances était pour le moins peu attractif)… Ce qui fut fait au prix de diverses tractations et compromis sur lesquels je ne m’attarderai pas ici…

    Pour finir ce premier post, un peu d’histoire-géo, occasion de vous faire partager ma toute jeune érudition en la matière :

    Saint Jacques : il s’agit de l’un des douze apôtres du Christ, plus précisément du frère aîné de l’évangéliste Jean, surnommé par Jésus « fils du tonnerre» de par son tempérament fougueux. La statuaire traditionnelle en fait un homme de grande taille au corps d’athlète. Un homme «physique», taillé pour l’aventure… De fait, et selon la tradition, c’est lui qui, le premier, serait venu évangéliser l’Espagne. Saint Jacques ou, en espagnol, Sant Iago (Santiago) est donc depuis le début de notre ère le Saint Patron de ce pays. Ceci accompli, Jacques serait retourné en Palestine où, selon les Actes des Apôtres, il a fini par se faire arrêter pour ses activités « subversives » et décapiter sur ordre du roi Hérode (entre 41 et 44), devenant ainsi le premier apôtre martyr.

    Compostelle : Toujours selon la tradition, deux disciples Espagnols de Jacques étaient à ses côtés lors de son exécution à Jérusalem. Ils y récupérèrent sa dépouille et la rapatrièrent en Espagne, plus précisément en Galice (où l’apôtre avait lui-même commencé sa mission évangélisatrice) et la mirent en terre dans un champ… Le tombeau aurait peu à peu été « oublié » jusqu’à ce qu’il soit miraculeusement redécouvert au IXème siècle par un ermite, guidé vers le champ (campus) par une étoile (stella) : Compostelle.
    Dès lors les nombreux miracles qui eurent lieu aux abords immédiats du tombeau incitèrent à inclure celui-ci dans une église, qui fut bientôt elle-même l’épicentre de l’urbanisation de Compostelle. Et c’est ainsi que la petite ville Espagnole se retrouva très vite dans le trio de tête (avec Jérusalem et Rome) des destinations de pèlerinage de toute l’Europe chrétienne médiévale.

    Les Chemins de Compostelle : Puisqu’on vient à Compostelle de toute l’Europe depuis plus de onze siècles, il existe en fait de nombreux itinéraires traditionnels, certains partant d’autres pays que la France (Italie, Suisse, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Angleterre). En France même, on trouve des signes de ces chemins (en particulier la fameuse « coquille Saint Jacques » cf. plus bas) dans presque toutes les régions de notre pays, y compris les plus éloignées (Bretagne, Alsace…).
    Mais, selon le plus ancien des « Guide du pèlerin », rédigé vers 1130 par un certain Aymeri Picaud, moine poitevin plein de verve et «connaisseur des bonnes reliques»,  « il y a quatre points de départ pour se rendre de France à Compostelle ». Il s’agit de quatre hauts lieux de la Chrétienté médiévale, à savoir (du Nord-Ouest au Sud-Est) Tours, Vézelay, Le Puy en Velay, et Arles.

    Comme on le voit ci-dessous presque toutes les autres voies rejoignent à un moment ou à un autre l’une de ces quatre citées qui étaient elles-mêmes des centres à part entière de pèlerinage. Ce n’était donc qu’après y avoir fait halte que le pèlerin pouvait se considérer sur le véritable Chemin…

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    Le bourdon, la besace et la coquille : pelerin.jpgVoilà qui forment les attributs traditionnels du pèlerin de St Jacques (avec le chapeau à larges bords et la pèlerine).
    Le bourdon est une sorte de grand bâton de marche. Plus haut que le pèlerin, il dispose d’un embout pointu métallique et peut ainsi se transformer instantanément en arme défensive, en cas de mauvaise rencontre (attention à la traversée du Gévaudan!).

    La besace est l’ancêtre de nos sacs à dos, portée en bandoulière, elle contient le viatique du pèlerin.

    Mais la coquille, me direz-vous ?
    Elle n’a, semble-t-il, pas d’autre raison d’être que celle d’un signe de reconnaissance. Une légende veut qu’elle soit liée à l’un des premiers miracles attribués au Saint. Un jour, un chevalier qui caracolait sur la côte de Galice trop près de la mer vit son cheval emporté par les flots. Après une invocation intense et fervente du grand Jacques, il fut, avec sa monture, miraculeusement sauvé de la noyade . Or son cheval ressortit des flots couvert de coquilles, celles-là même qu’on trouve sur les plages du Padron, là où aborda la barque contenant le corps du saint… Le lien fut ainsi scellé entre Jacques et le coquillage !
    C’est ainsi que dans un premier temps, une coquille St Jacques fut systématiquement remise à chaque pèlerin atteignant Compostelle, sorte d’attestation qu’il pouvait ensuite montrer à son retour comme preuve de l’accomplissement effectif de son périple.
    Puis assez vite le fameux coquillage devint un signe de ralliement trans-frontalier. On le grava sur toutes les églises, calvaires, hospices et auberges qui jalonnaient les trajets des pèlerins pour que ceux-ci sachent qu’ils étaient bien sur la bonne route…
    Enfin les pèlerins eux-mêmes en vinrent à adopter le port d’une coquille, y compris sur le trajet de l’aller, comme signe de reconnaissance favorisant la fraternisation et l’entre aide mutuelle…
    Comme nous avons pu le constater, aujourd’hui encore, on rencontre de-ci de-là un marcheur arborant plus ou moins discrètement sur son sac ou son chapeau le coquillage mythique… Une façon comme une autre de se distinguer de la cohorte, désormais nombreuse, des randonneurs profanes…

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  • Le sens de l’Histoire (1)

    Un vieux débat philosophique hante certains esprits -tel le mien, spécialement les jours de pleine lune – :

    « l’Histoire de l’humanité est-elle celle d’une évolution, comme on le pense généralement en Occident depuis la période de la Renaissance, ou bien n’est-elle pas plutôt celle d’une involution cyclique, comme l’imaginent les cultures traditionnelles, Inde en tête ? »

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    Le Serpent du temps ou Ouroboros se mord-il vraiment la queue dans un éternel recommencement ?

    Le tenant Français le plus célèbre de la seconde position fut le penseur René Guénon (1886-1951) dont les thèses, particulièrement originales pour son époque, ont contribué à ébranler le dogme du Progrès bien avant les remises en causes contemporaines des écologistes ou autres théoriciens de la décroissance.  Ses ouvrages clés (« La Crise du monde moderne » publié en 1927 et « le Règne de la quantité et les signes des temps » qui date de 1947) ont révélé à l’Occident une toute autre façon de considérer l’Histoire de l’Humanité.

    Guenonestuda.gifSans entrer dans les détails de sa théorie des cycles cosmiques, l’idée centrale, conforme à la fois à  la tradition de l’Inde ancienne mais aussi à celle de l’Antiquité Gréco-Romaine, est qu’au fil des temps, l’humanité suit inexorablement un cycle involutif. Depuis le moment de la création d’une humanité (âge d’or, Jardin d’Eden) jusqu’à celui de sa destruction (âge de fer, Kali Yuga) le « progrès » matériel apparent est inversement proportionnel à la régression spirituelle de la conscience qui s’enferre progressivement dans la matière et oublie de plus en plus sa dimension spirituelle ou « divine ».
    Ce qui fait qu’au fil des siècles, les êtres humains sont de plus en plus insatisfaits et malheureux alors même qu’un regard superficiel considère qu’ils sont au contraire en position de jouir plus et mieux de la Vie!

    La pensée de Guénon est puissante et mon bref résumer n’a pas vocation à en rendre pleinement justice. Il s’agit juste de poser les prémisses d’un débat qui vient d’être relancé pour moi par la découverte d’un texte de Swâmiji, lu dans le dernier livre de Daniel Roumanoff , texte que je vous cite plus bas…

    Mais avant cela, et pour mieux mesurer l’enjeu du débat, sachez par exemple qu’Arnaud est globalement proche des thèses guénoniennes, tout comme Mr Lee et un certain nombre d’autres instructeurs spirituels contemporains, pour qui le monde moderne représente le plus souvent la parfaite antithèse du modèle de société qu’ils appellent de leurs voeux. Une illustration de cet « anti-modernisme » d’Arnaud, peut être trouvée dans le livre « Regards sages sur un monde fou« , où il adopte un point de vue « décalé » sur bon nombre des  fondements de notre culture, comme le droit à l’information ou la démocratisation d’Internet…

    Là où les choses se corsent (et deviennent aussi plus intéressantes!) c’est que, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, Swâmiji fait preuve d’une originalité et d’une liberté de pensée par lesquelles il échappe à ces deux positions contradictoires (traditionalisme / modernisme) !

    Voici ce texte que je soumets à votre « méditation active » avant d’en reparler éventuellement dans un second post…

     

    2. Temps anciens et temps modernes (p 91-93)

     

    livreCDS.jpgDisciple : A la longue, y a-t-il un progrès?

    Swâmiji : Oui. Il y a un progrès, il ne peut pas en être autrement. Parce que la Nature cherche toujours à être en équilibre, cherche toujours la plénitude. La Nature ne peut pas tolérer le vide… La Nature évite le vide.

    D. Ainsi l’âge d’or n’est pas derrière nous ?

    S. Pas du tout! Aujourd’hui est très avancé… bien plus avancé que le passé. Voyez… maintenant, aujourd’hui, même un petit enfant ne peut accepter n’importe quoi. Il dit : « Pourquoi? Pourquoi? »
    Pensez-vous que ceci soit une très petite chose?
    La conscience en est arrivée à un tel point… La conscience s’est éveillée à un point tel, consciemment ou inconsciemment, qu’elle ne peut rien croire. Elle cherche toujours à examiner. Cette attitude est une révolution fantastique ! (…)

    L’attitude est là. L’attitude est pour la vérité ! Rien ne peut être pris comme allant de soi. « Pourquoi? Dites-moi, montrez-moi, montrez-moi la vérité, donnez-moi une preuve ». Ceci montre que la conscience de l’homme, même dès l’enfance, est éveillée. (…)

    Ainsi tout progresse, progresse… l’homme est éveillé maintenant.

    D. Plus qu’au temps des Upanishads?

    S. Oh! Ce temps était un temps où il n’y avait que peu de choses attirantes. Le jeu de la Nature n’avait pas encore été découvert de manière si diverse, si relié. Aussi, aujourd’hui, si un homme atteint cet état (de sagesse), il sera beaucoup plus riche (d’expérience) qu’aucun homme du temps des Upanishads, parce que vous avez aujourd’hui d’innombrables lieux d’attirance et vous devez passer par tous ces lieux. Ce n’est pas une plaisanterie. Mais le niveau (de sagesse) est le même, sans aucun doute (…)

    Ainsi le volume de connaissance d’un sage d’aujourd’hui est beaucoup plus grand que par le passé alors que le niveau (de sagesse) atteint est le même…

     Et vous, qu’en pensez-vous ?

    Votre-philosophe-de-service

  • Quelque chose de Swâmiji…

    Honte à moi, avant d’écrire ce post, dédié à la chanson de fin de soirée de l’AG d’Hauteville (qui m’a tant touché), je ne connaissais rien du personnage qui a inspiré l’original à Michel Berger !

    625px_Tennessee_Williams_NYWTS.jpg

    Maintenant que me voilà fraichement déniaisé, sachez que le Tennessee de la chanson initiale n’est autre que le dramaturge américain Tennessee Williams, auteur, entre autres, de :  « Un tramway nommé désir,  La ménagerie de verre , Chatte sur un toit brûlant, La nuit de l’iguane »  et beaucoup d’autres pièces … dont plusieurs portées au Cinéma. T Williams a été, par exemple,  président du jury du Festival de Cannes 1976.

    Son vrai nom était en fait Thomas Lanier Williams. Il a pris le pseudonyme de Tennessee en hommage à ses grands-parents qui vivaient dans cet État, à Memphis.

    D’après ce que j’ai compris, c’était un homme marqué par la solitude (il est mort en 1983 quasi abandonné dans sa chambre d’hôtel de New-York), particulièrement concerné par le thème des  inadaptés, des marginaux, des perdants, des désemparés. D’où le ton particulièrement nostalgique de la chanson…

    Bon, voici maintenant ce qu’Emmanuel et Fabienne en ont fait : un vrai petit bijou, selon moi!
    (En bleu les paroles changées par rapport à l’original).

    Et pour le fun, en bas de ce mail, la vidéo de notre Johnny national, interprétant ce « tube » en duo avec le compositeur…

    Quelque chose de Swamiji


    Quelque chose de Tennessee

    On a tous quelque chose en nous de Swamiji
    Cette volonté de vivre une autre vie
    Ce désir de sortir de la folie
    Oh ! Mind, what a tragedy !Quelque chose  de Swamiji
    Cette force qui nous pousse vers l’infini
    Y a peu d’amour et tellement d’ennui
    Si peu d’amour et tellement de bruit
    Quelque chose  en nous de Swamiji

    Ainsi vivait Swamiji
    Le coeur en paix, tranquille et recueilli
    Il ne s’attribuait que deux Siddhis :
    L’amour et la patience infinis

    Quelque chose de Swamiji

    Comme une étoile qui s’éteint dans la nuit
    A l’heure où d’autres se battent à grands cris
    Sans un éclat de voix  et sans un bruit
    Dans un souffle il a dit son dernier oui
    Ainsi disparut Swamiji

    A certaines heures de la nuit
    Quand le coeur d’Hauteville est endormi
    Il flotte un sentiment, une énergie
    Ce pur joyaux qu’Arnaud nous a transmis :
    Quelque chose de Swâmiji

    On a tous quelque chose en nous de Tennessee
    Cette volonté de prolonger la nuit
    Ce désir fou de vivre une autre vie
    Ce rêve en nous avec ses mots à luiQuelque chose de Tennessee?
    Cette force qui nous pousse vers l’infini ?
    Y’a peu d’amour avec tellement d’envie
    Si peu d’amour avec tellement de bruit
    Quelque chose de Tennessee

    Ainsi vivait Tennessee
    Le coeur en fièvre et le corps démoli ?
    Avec cette formidable envie de vie ?
    Ce rêve en nous c’était son cri à lui ?
    Quelque chose de Tennessee

    Comme une étoile qui s’éteint dans la nuit ?
    A l’heure ou d’autres s’aiment à la folie ?
    Sans un éclat de voix et sans un bruit ?
    Sans un seul amour, sans un seul ami ?
    Ainsi disparu Tennessee

    A certaines heures de la nuit ?
    Quand le coeur de la ville s’est endormi ?
    Il flotte un sentiment comme une envie ?
    Ce rêve en nous avec ses mots à lui ?
    Quelque chose de Tennessee

  • La connaissance de soi (Daniel Roumanoff)

    Je viens de recevoir en cadeau le dernier livre de Daniel Roumanoff intitulé :

    "La connaissance de soi,
    Citations commentées des Upanishads et histoires".

    Daniel et Colette nous en avaient parlé en mars dernier : il s’agit d’un livre écrit depuis déjà quelques années mais qui n’avait pas trouvé preneur auprès des éditeurs car extrêmement volumineux. Finalement, les éditions L’originel ont accepté d’en publier une version "light" et c’est la réalisation de cet allégement qui, entre autres, a pris du temps !

     

    livreCDS.jpgSur le fond, de quoi s’agit-il ? Rien de moins qu’une sorte de complément  au tome 1 de l’ouvrage principal de Daniel “Svâmi Prajñânpad, un maître contemporain”.
    La table des matières montre en effet le même plan :

    Partie 1 : les lois de la vie
    La loi de la différence, du changement, de l’action-réaction…

    Partie 2 : L’organe interne
    Le mental, l’ego, l’émotion, les désirs, le désir sexuel et sa satisfaction…

    Alors, où se situe l’intérêt me direz-vous?

    Et bien, pour ce que j’ai pu déjà en lire, celui-ci est grand.
    Tout simplement parce que Daniel a regroupé pour chacun des thèmes traités l’ensemble des citations des Ecritures (Upanishads en tête) faites par Swâmiji avec sa traduction personnelle (souvent décalée) et ses commentaires. Une mine pour comprendre le lien de Swâmiji avec la tradition indienne et l’origine traditionnelle ou non de tel ou tel de ses thèmes de prédilection!

    En plus des citations, on trouve dans ce livre les anecdotes (souvent inédites) que racontait Swâmiji pour illustrer soit le message de la Tradition soit encore sa “lecture” personnelle de ce message, c’est-à-dire son propre enseignement.

    Le livre fait 285 pages et je sens déjà que j’aurai une grosse frustration à la dernière ligne en pensant qu’une suite existe, mais seulement à l’état de manuscrit !

     

  • GSMP, textes à télécharger

    Cette page s’adresse en priorité aux membres du GSMP qui appartiennent à l’un des trois groupes dits "d’anciens", c’est-à-dire, à ceux qui travaillent soit avec moi soit avec Anne-Marie à partir du livre de Daniel Roumanof : "Svâmi Prajñânpad, un maître contemporain".

    Si vous n’en possédez pas vous-même un exemplaire, comme le livre est actuellement épuisé, nous mettrons ici en téléchargement le scan des passages à travailler.

    tome2.jpgAinsi et pour commencer, voici le texte à lire durant la période allant jusqu’au 26 juin 2008 et qui traite des trois premières qualifications requises par le chemin de Swâmiji.

    Pour mémoire, il s’agit des pages 328 à 342, du tome 1 de la nouvelle édition (équivalent aux p 35 à 50, tome 2 ancienne édition).

    Pour télécharger le fichier .pdf  scanné par YannK (merci à lui! )

    Cliquez ici  

  • Patañjali : Yoga Sûtra I,1

    Il y a quelques temps déjà, je vous avais “appâté”  avec un article traitant du deuxième aphorisme du texte de Patañjali, celui qui donne la définition traditionnelle du Yoga (=> à lire par ici).

    Profitant de la dynamique de la dernière conférence que j’ai faite vendredi soir dernier, je reviens un peu en arrière pour situer ce sûtra si important dans son contexte, c’est-à-dire en évoquant le premier sûtra introductif.

    Pour mémoire, sachez que le texte de Patañjali comporte 195 sûtras, eux-mêmes répartis en 4 chapitres, ce qui tient sur quelques feuilles, comme le montre le document suivant :

    yogasutra.jpg

    Au rythme moyen d’un sûtra par semaine, il nous faudrait donc pas moins d’une année pour passer l’ensemble du premier chapitre en revue et environ quatre ans pour étudier chacun des aphorismes!
    Evidemment, tel n’est pas mon projet, car d’une part tous les sûtras n’ont pas la même importance pour notre propre pratique, et d’autre part je ne me sens pas nécessairement qualifié pour commenter certains sûtras, bon nombre d’entre eux passant très au dessus de mon expérience actuelle de la Voie…

    Après cette petite introduction, voici donc comment débute ce texte magnifique :

    1) atha yogânushâsanam

    Voici (atha) l’enseignement traditionnel (anushâsanam) du Yoga (yoga).
     
    Ce premier sûtra introductif  comporte donc trois mots dont deux (yoga-anushâsanam) sont phonétiquement fondus en un seul (yogânushâsanam) selon les règles de la grammaire sanskrite.


    Le mot anushâsanam est le plus important à commenter : il signifie en effet quelque chose comme “enseignement reçu d’une tradition antérieure puis retransmis”. Il indique donc clairement, que Patañjali n’est pas “l’inventeur” du Yoga mais seulement son “exposant” et qu’il va faire cet exposé dans le cadre d’une relation initiatique de maître à disciple. Ce qui amène une première question : d’où Patañjali tient-il lui-même sa connaissance du Yoga?

    A cela on peut répondre qu’elle lui vient d’au moins trois sources différentes.
    La première, c’est sa connaissance approfondie des textes sacrés issus du Véda (Upanishads, Mahâbhârata et Samkya-Sûtra). De ces textes, il tire en effet les principaux concepts philosophiques qu’il va mettre en oeuvre dans son propre exposé.

    La seconde, provient de sa fréquentation intime des sages et des yogis de son époque, Patañjali dressant dans certains passages de son texte une sorte de catalogue des pratiques en vogue autour de lui et dont il a manifestement pu constater de ses yeux l’efficacité.

    La troisième, n’est autre que son expérience personnelle très profonde du Yoga.
    Manifestement, Patañjali sait  de quoi il parle, et même si son texte est parfois bien difficile à comprendre, ce n’est pas tant pour des raisons philosophiques que pour des raisons techniques : seul quelqu’un ayant une expérience avancée de la voie peut comprendre certains sûtras où sont décrits par le détail les différents états intérieurs que génère la pratique du yoga.  C’est un peu comme un livre de cuisine ou un manuel de bricolage. Si vous ne cuisinez pas vous-même ou si vous ne bricolez jamais, un grand nombre de descriptions données par de tels ouvrages, même bien conçus, resteront pour vous lettre morte! A l’inverse, si vous connaissez ces domaines, vous pourrez facilement vous rendre compte en lisant de tels ouvrages du degré de compétence de l’auteur. Et bien, en ce qui concerne le Yoga-Sûtra, nous allons vite nous rendre compte qu’il a été écrit par un expert en matière de travail sur soi, et même “de très gros calibre”…

    Mais à propos d’expérience directe du yoga, on peut se poser cette autre question : Patañjali a-t-il eu lui-même un maître ?
    La chose est bien difficile à trancher car la tradition le considère comme une incarnation du Dieu-Serpent Shesha, et lui attribue à ce titre une Sagesse innée. Ce dieu est en effet le symbole de ce qui subsiste à la fin des temps lors de la disparition de l’univers, (c’est sur ce Serpent que s’endort Vishnou à chaque fin de cycle cosmique). Shesha est la représentation du substratum immuable sur lequel repose et d’où provient tout ce qui existe. En tant qu’émanation de ce Dieu, Patanjali incarne donc la continuité de la Sagesse à travers toutes les vicissitudes de l’existence relative, y compris par delà la ronde des morts et des naissances!
    Voilà pourquoi, on considère traditionnellement que Patanjali était “un sage de naissance”. Ceci dit, son traité se voulant aussi complet que possible, on peut penser qu’ il a fréquenté les yogis les plus avancés de son temps et qu’il a étudié leurs pratiques, même s’il n’a pas eu lui-même besoin d’un maître pour s’établir dans la Sagesse…

    Tout ceci pour en arriver à cette conclusion : en matière de Yoga, nous pouvons faire toute confiance à Patañjali. S’il a composé ce traité, ce n’est pas pour faire mousser son ego, mais bien dans le souci de la retransmission du trésor dont il s’est retrouvé dépositaire à un moment donné… Et avec les innombrables générations de yogis qui se sont succédés depuis lors, nous pouvons à notre tour “faire le pranam à Patanjali” (prânâmâmi Patanjalim) comme nous y incite la fin de la prière traditionnelle qui lui est consacrée et que l’on récite quotidiennement dans certaines écoles de Yoga.

    Mais au fait, puisqu’il s’agit d’un traité du Yoga,  peut-être n’est-il pas vain de commenter aussi le mot “ yoga ” lui-même!

    Sachez donc qu’étymologiquement, yoga signifie “jonction” et par dérivation, liaison, union, unification…

    Le mot peut être utilisé en deux sens différents, soit pour désigner le BUT de la voie, soit pour désigner les PRATQUES qui permettent d’atteindre ce but.
    Premier sens  = le yoga est l’ état dans lequel la conscience individuelle (âtman) est en jonction parfaite avec le conscience universelle (brahman). C’est l’unité retrouvée entre l’individu et sa Source transpersonnelle, l’intégration réussie de la dimension spirituelle dans le relatif, ou, en termes de l’enseignement de Swâmiji, l’établissement de la Conscience de l’Unité.

    Sens second  = le yoga est la discipline qui permet cette jonction, c’est-à-dire l’ensemble des moyens à mettre en oeuvre pour parvenir à la Conscience de l’Unité. Dans cette acception, le mot “ yoga ” véhicule l’idée qu’il faut “mettre sous le même joug” les différents aspects de nous-mêmes et en particulier le corps, l’affectivité et l’intelligence, pour que toutes nos énergies et tous nos dynamismes travaillent dans la même direction de l’Eveil. Dans ce second sens, tout ce qui favorise la réunification et l’harmonie intérieure relève donc  du Yoga.

    Au total, on peut donc parler de deux temps ou de deux dimensions dans le travail du yoga. Un travail dans la dimension horizontale, qui consiste à faire l’unité à l’intérieur de nous-mêmes (rendre l’ego cohérent et structuré, faire émerger le “disciple” de la foule amorphe de nos personnages contradictoires), et un travail dans la dimension verticale qui consiste à rétablir le lien entre ce disciple et la Transcendance…

    Et en additionnant ces deux sens, on a une bonne idée de l’immense portée du mot, qui, à lui seul, sert à désigner à la fois les diverses formes et étapes de la sadhana et le but unique vers lequel elles convergent toutes.

    Pour conclure en image ce petit commentaire personnel de deux des trois mots qui composent le premier sûtra, (comme vous voyez, il y a long à dire!) (re) voici comme support à votre "méditation" cette belle  représentation traditionnelle de Patañjali. 

    patanjali_old.jpg

    Sa forme “mi-serpent mi-homme” nous rappelle le mythe de son origine “divine”.
    Mais au delà de ce rappel mythologique, j’en suis encore à me demander ce que cela  peut bien signifier pour notre pratique.
    Est-ce que c’est pour nous indiquer qu’il nous faut à notre tour  faire le lien (yoga) entre la partie animale et la partie humaine de notre être ? Réconcilier complètement notre dimension instinctive et notre dimension rationnelle ? Intégrer parfaitement l’énergie sexuelle (le serpent) dans notre conscience ?
    Et du coup avoir à notre service toute la puissance de la Vie (voyez les têtes de serpents qui lui font un capuchon protecteur)?

    Je vous laisse méditer ce symbole et me dire ce qu’il évoque pour vous (n’hésitez pas à vous “lâcher” et à laisser s’exprimer votre sensibilité profonde plutôt que votre tête!)

    Yann-qui-salue-bien-bas-le-Prince-des-Yogis
     

  • Traçabilité des oeufs

    Non, il ne s’agit pas de répondre à la question métaphysique  "qui de la poule ou de l’oeuf a été créé le premier", mais bien de d’apprendre à interpréter le code désormais présent sur les oeufs (tant sur les coquilles individuelles que sur les boites).
    De la sorte vous pourrez vous assurer de la qualité du produit que vous achetez et vous pourrez aussi vous désolidariser des conditions d’élevage les plus indignes que la cupidité et l’aveuglement des humains font subir à certaines catégories de poules.

    Petite leçon illustrée  (document en provenance de l’association de Protection Mondiale des Animaux de Ferme)

    Image1.jpg

     

    Image2.jpg

     

    Image3.jpg

     

    En choisissant les oeufs  marqués "0FR…" ou "1FR…", vous contribuerez de façon déterminante à orienter les producteurs vers un élevage "en plein air".

    Pour en savoir plus sur l’assocation éditrice de ce petit guide : www.pmaf.org

     

  • L’héritage de Swâmi Prajñânpad

    En baptisant, pour le dernier Flash-Info, notre séminaire des 24 et 25 mai prochains « l’héritage de Swâmi Prajñânpad », je n’avais pas initialement conscience de rejoindre aussi directement l’une des préoccupations actuelles d’Arnaud.


    C’est lors de mon récent séjour au Canada que j’ai eu la bonne surprise d’y entendre Arnaud utiliser lui-même, et à plusieurs reprises, cette expression « l’héritage de Swâmiji », entre autres pour qualifier le sens qu’il donne à son effort actuel de transmission. Faire tout ce qui est en son pouvoir pour que soit préservée la totalité de l’héritage reçu de Swâmiji, voilà à l’en croire, l’un des objectifs désormais prioritaires de son activité…
    Ayant moi-même formulé cette expression avant d’aller au Canada, cela, bien entendu, m’a fait plaisir de constater ainsi un tel alignement spontané sur le maître…

    Swamiji_famille.jpg

    Swâmiji, sa femme Anasûya Devi et leur fille Chinmayee (1940)


    Alors, qu’est-ce que « l’héritage de Swâmiji » pour moi ?

    Qu’est-ce que je comprends de ce qu’a été le cheminement et la « réalisation » de cet homme hors du commun ?
    Qu’est-ce que j’ai reçu de son enseignement -majoritairement via Arnaud- mais aussi via Denise, Daniel Roumanoff et les témoignages écrits des autres disciples directs ?
    Et de ce que j’ai reçu, qu’en ai-je fait ?
    Quelle est la partie que j’ai réellement intégrée et dont je peux dire qu’elle fait désormais partie de mon être ?
    Et quels sont les éléments que j’ai soit négligés, soit mal compris, soit même carrément perdus de vue en cours de route ?

    C’est pour faire avec vous cet effort de lucidité – et vous aider à établir votre propre bilan à cet égard- qu’Anne-Marie et moi vous proposons ce séminaire d’un genre nouveau, à l’issue du quel nous ouvrirons pour les participants une perspective plus vaste sur le thème de : quelle spiritualité pour le XXIème siècle ?

     PS : il est encore possible de s’inscrire pour ce week-end (samedi 14h-19h, dimanche 10h-17h) en téléphonant à Georges au 02 99 16 91 70.

  • Le chantier des 8, 9 et 10 mai

    Pour évoquer ces trois journées si riches et belles, je vous ai concocté 4 petits diaporamas qui sont à télécharger (en inclusion directe sur cette page, ça perdait trop en qualité!).

    Si votre navigateur est équipé du plugin adéquat, en cliquant sur l’un des 4 liens "chantier" présents ci-dessous, une nouvelle fenêtre va s’ouvrir affichant un diaporama. Attendez que celui-ci soit entièrement téléchargé (ça peut prendre quelques minutes). Puis cliquez sur le bouton de lecture ou encore choisissez de rapatrier le fichier sur votre ordinateur.

    Si votre navigateur n’est pas équipé du plugin adéquat, ou si vous choisissez de télécharger le fichier sur votre disque dur, une fois celui-ci rapatrié, le logiciel QuickTime se lancera par double clic (Mac). Sous PC, si le fichier refuse de s’ouvrir, il vous faudra soit télécharger gratuitement le lecteur Quicktime pour PC ou encore télécharger l’excellent "couteau suisse"  appelé VLC (un must pour tout amateur de vidéo digne de ce nom).

     

    Le premier diaporama que je vous propose traite du chantier "peintures extérieures" et montre la construction de l’échafaudage, le ponçage puis la peinture des boiseries extérieures du studio… Durée 1’09 ». (Désolé, les photos de la peinture des fenêtres côté Grande salle manquent à l’appel).

    IMG_0094_2.jpg

     

    Le second diaporama traite du chantier "peintures intérieures" et montre le nettoyage puis la peinture du plafond de la cuisine, avec en dernier lieu, une photo montrant le résultat final (durée 1’25 »).

     IMG_0097.jpg

     

    Le troisième diaporama traite du chantier "espaces verts", avec tonte par Guy et débrousaillage par Floriant, jardin potager par Viviane, puis, pour finir, une sélection de photos de fleurs de printemps prises à la Bertais ce wek-end par Anne-Marie. Durée 2’32".

     IMG_0064.jpg

     

    Le quatrième et dernier diaporama traite de la soirée cabaret  de vendredi ainsi, pour finir, que des repas et thés pris à l’extérieur. Durée 3’45".

     IMG_0186.jpg

     

    PS 1 : J’ai passé une bonne partie de ma journée de Pentecôte à réaliser ces 4 diaporamas, aussi n’hésitez pas à me faire part de vos feedbacks, y compris en cas de problèmes techniques !

    PS 2 : Que Yann K me pardonne : les photos du chantier "sol et plinthes des chambres" manquent à l’appel…

     

     

  • Ecologie et citoyenneté

    Suite à la proposition de Guy, Blandine et Viviane, une petite réunion s’est tenue vendredi après midi à La Bertais, durant notre week-end chantier. A l’issue de celle-ci, il a été décidé de créer une nouvelle rubrique sur notre blog, pour y "ranger" les articles traitant soit d’écologie, soit de politique au sens étymologique du mot (du grec politikos, "qui concerne la vie de la cité").

    IMG_0028.jpg
     

    J’inaugure donc aujourd’hui même cette rubrique, ouverte à ceux et celles qui voudront y échanger réflexions théoriques et/ou conseils pratiques concernant soit notre rapport à la nature, soit notre rapport à la collectivité humaine (locale, nationale ou trans-nationale).
    Le mot « politique » étant couramment connoté négativement, nous lui avons cependant préféré le terme «citoyenneté» pour signifier la seconde orientation possible de cette nouvelle rubrique. D’où le terme "Ecolo-citoyen" que nous avons finalement retenu pour désigner cette nouvelle rubrique… (bon c’est pas très joli, et vous pouvez encore faire des contre-propositions, mais en vous souvenant que pour des raisons d’ergonomie le titre des rubriques se doit d’être court).

    J’en profite donc pour dire que personnellement, cela fait un moment que je réfléchissais à la création d’une rubrique semblable. Mais en même temps j’hésitais, en partie échaudé par ce qui s’est passé (de mon fait) l’an dernier autour du thème du réchauffement climatique (cf.mon ps en bas de cet article).

    Les questions liées à l’écologie et/ou à la politique sont souvent un domaine où règne en maître l’opinion et il est donc «casse-gueule» de prétendre s’y aventurer tout en se réclamant de l’Enseignement (comme je l’ai pourtant fait l’an passé!) .
    Rappelons à cet égard l’adage Zen que cite volontiers Arnaud :
    La voie consiste en ceci : «cessez de chérir des opinions».
    Dit autrement, nos positions écologiques et/ou politiques sont très souvent émotionnellement «chargées». Que ce soit la peur, l’indignation ou l’enthousiasme, ces émotions brouillent dans une large mesure notre buddhi et nous coupent plus ou moins gravement de ceux ou celles qui «ne pensent pas comme nous», nous faisant alors tourner de dos au chemin de Swâmiji selon lequel, souvenons-nous en : «Tout est neutre et c’est nous qui qualifions de bon ou de mauvais».

    Mais d’un autre côté, il serait aussi dommage de s’interdire de s’informer, de réfléchir et de tenter de mettre nos actes en conformité avec nos convictions en ce qui concerne notre rapport à notre environnement naturel et humain, cela par crainte de ne pas réussir à faire le tri entre les éléments subjectifs et les éléments objectifs qui entrent dans le façonnage de nos convictions.

    C’est donc avec un réel intérêt que j’ouvre aujourd’hui cette rubrique. Tout en comptant sur la vigilance de chacun de façon à ce qu’elle reste aussi, en arrière plan, une occasion de travail personnel sur nos émotions et sur nos opinions, en plus d’être l’espace d’information et de réflexion souhaité par nombre d’entre vous…

    Yann-bien-décidé-à-veiller-au grain !

    PS : pour ceux qui ne comprendraient pas l’allusion à la question du « réchauffement climatique », sachez que l’an passé je me suis publiquement « emballé » pour ce thème après avoir vu au cinéma le film d’Al Gore « Global Warming ». Suite à quoi, j’ai eu accès à d’autres sources d’informations qui mettaient sérieusement en cause l’objectivité de nombreuses affirmations du film, ce qui m’a conduit à me désengager aussi vivement de ce débat que je ne m’y étais impliqué, au risque, assumé depuis, de paraître incohérent à plusieurs et de « décevoir » certaines attentes militantes !

  • Colette ou l’anti-mythe

     Parmi les choses les plus remarquables que je retire personnellement ce ce week-end avec Colette et Daniel Roumanoff, il y a ce "déboulonnage" d’un certain nombres d’éléments qui contribuaient à déformer l’idée que je me faisais de Swâmiji en lui attribuant sans m’en rendre compte des allures de personnage archétypal mythique.

    Et à titre d’exemple, voici l’histoire d’une "belle photo", qui, selon Colette, dissimule admirablement  le Swâmiji réel, aux yeux de ceux qui ne l’ont pas connu.

    – "Huissier, faites entrer l’accusé ! "

    prajnanpad.jpg

     

    Cette photo a été prise à l’ashram Channa, par Frédéric Leboyer et, du fait de sa dimension manifestement esthétique, elle a connu une large diffusion.

    Une reproduction noir et blanc de grand format ornait déjà l’un des murs du Bost avant d’être transportée à Font d’Isière, puis à Hauteville (dans la salle d’accueil, je crois, mais je suis preneur d’une confirmation…). J’ai toujours aimé contempler cette reproduction, à la fois sobre et belle qui m’inspirait engagement et dévotion…

    La version "couleur" a d’abord été publiée par Frédéric dans son beau livre d’images "Portait d’un homme remarquable"  (1991) où j’ai souvent pris plaisir à l’admirer.
    L’année suivante et contre l’avis de Colette qui a été avertie trop tard du choix de l’éditeur,  elle s’est retrouvée sur la couverture des « Yeux de l’orpheline ».

    En 2003, c’est encore elle qu’on retrouve sur la couverture du livre de Véronique "Les Formules de Swâmi Prajnânpad".

    Bref, si nous n’y prêtons pas garde, voici que va s’instiller peu à peu en nous l’idée d’un Swâmiji qui, de sa hauteur de maître (fauteuil) déverse sa sagesse sur ses élèves (disciple assis au niveau du sol).

    Mais le vrai Swâmiji enseignait au contraire que pour comprendre quelqu’un, il fallait, comme le signifie bien la langue anglaise, se placer en dessous "under-stand". Et en tout état de cause, lui-même faisait toujours asseoir son interlocuteur à son niveau, l’échange se déroulant comme si le maître était l’ami intime de son disciple.
    Alors, direz-vous, pourquoi cette photo, qui évoque l’idée d’une hiérarchie entre maître et disciple ?

    Selon Colette, elle est le fruit d’un concours de circonstances particulier, absolument pas représentatif de la “daily routine” de l’ashram. Elle a été prise à un moment précis où l’enduit (à base de bouse de vache) sur le  sol de la case de Swâmiji, était en train d’être refait.  Cet enduit  devait sécher pendant une ou deux heures. En attendant, Swâmiji s’était assis sur un fauteuil, dans la cour de l’ashram.  Et un visiteur, qui avait probablement un besoin urgent de lui parler, était venu se placer sur le petit tapis posé devant lui. La scène, inhabituelle à l’ashram, a frappé Frédéric Leboyer qui, avec son sens particulier de l’esthétique, l’a immortalisée!

    Mais en réalité Colette et Daniel n’ont jamais parlé à Swâmiji  dans cette position dans tous les entretiens qu’ils ont eu avec lui et selon Colette, les autres disciples non plus !

    Et voilà comment cette "belle image", au lieu de nous aider à comprendre qui était  Swâmiji, peut nous égarer dans le dédale de nos projections (positives ou négatives) concernant l’idée d’un guru, père tout-puissant , dont nous devrions soit nous attirer la grâce, soit craindre les foudres!

     Merci pour cette belle leçon, chère Colette !

  • Mémorable week-end!

    Ce petit article pour partager  avec vous deux photos de ce week-end à la saveur mémorable que nous ont offert Colette et Daniel.

    Façon tout  d’abord de leur adresser un très grand merci

    IMG_0018.jpg

     

    Et aussi incitation pour vous  à exprimer ici même vos propres impressions. Une première, à tester dès aujourd’hui : utiliser notre blog associatif pour prolonger les échanges de ces deux jours…

    J’ai une pensée spéciale pour ceux et celles d’entre vous qui n’ont pas pu ou pas osé prendre la parole dimanche. Regardez ci-dessous cette belle photo de Colette en action. N’est-elle pas incitative ? Alors n’hésitez plus et écrivez dans la zone "commentaires" ce que vous auriez voulu pouvoir lui dire… Si vos propos appellent une réponse que je ne sais pas donner, promis, je transmettrai vos remarques et/ou vos questions à l’intéressée.

    IMG_0025_1.jpg

     

    Et pour finir, je partage cette parole de Swâmiji rapportée par Daniel au cours d’un de nos repas privés alors que nous évoquions devant lui un souci familial :

    "Il y a trois choses dont il faut s’occuper toutes affaires cessantes dès qu’on les détecte (= avant que ça ne grossisse) : le feu, la maladie et l’inimitié".

    A bon entendeur…

  • Un nouveau « blog ami »

    Si vous avez la curiosité de regarder en bas de la colonne de gauche, vous verrez que le rubrique "blogs amis" a été actualisée.
    Je viens en effet d’y ajouter un lien qui  conduit au site créé par  Noël Frot, alias L-eon (Noel écrit à l’envers)

    Celui-ci (sur fond noir) se présente ainsi :


    Babillage Libre Oeil Gourmand —————- Photographie / Haïku / Poésie / Culture / Arts / Spiritualité

    Ceux qui fréquentent Noël ont déjà pu expérimenter certains de ses talents (entre autres culinaires).
    Vous découvrerez sur son blog que ses dons culinaires ne sont que "la partie émergée de l’iceberg"…
    Merci Noël de nous donner ainsi accès à d’autres pans de ta sensibilité et de ton talent, et n’hésite pas à alimenter de temps en temps notre propre blog ne serait-ce que pour signaler la parution d’une de tes nouvelles  "créations" (j’hésite à employer le mot "article" dans ton cas) qui te semble pouvoir intéresser notre sangha.

    Je pense par exemple à celle sur le Tibet, intitulé "l’oppression du tyran les affres de la dictature, vive le Tibet libre" faite de l’illustration suivante, qui vaut bien des discours…

     

    Image_2.png

     

    Note d’humour : sur le site de Noël, ce ne sont pas des commentaires que vous êtes invité(e) à laisser, mais, gastronomie oblige, des "miams"…  A TABLE donc !!!