Chacun, chacune est invité(e) au bal du grand Silence. Tout simplement parce que Lui, Elle, Cela, L’insaisissable est omniprésent. Malgré les apparences trompeuses de tous les bruits possibles, intérieurs et extérieurs, Lui, Elle, Cela, L’insaisissable se tient là, ici, maintenant. Chacun, chacune repose dans l’océan de ce Silence. Rien ni personne ne peut douter de cette Présence. Elle est la source. Elle nourrit tout un chacun dans sa dimension la plus profonde, la plus intime, la plus secrète, la plus féconde. Chacun, chacune est invité(e) à l’écouter, à en prendre conscience. L’écouter, l’entendre, c’est lui faire de la place, La laisser se dévoiler, se découvrir. Cela est bon de se tenir dans ce non espace, sans nom ni forme qui permet de se reposer au sein du Mystère. Chacun, chacune devient alors témoins d’une dimension essentielle de son existence. Cela, cet intense sentiment de Vide pleinement ouvert est tout le contraire de quelque chose de négatif. C’est la découverte d’une dimension apaisée, reposée, sereine. Chacun, chacune est invité(e) à La découvrir, devenir son Ami(e) au delà de toute contingences. Chacun, chacune est appelé(e) à se souvenir. C’est un grand bonheur de se tenir en sa haute compagnie. Tout le monde est invité à se rendre sur son île intérieure la plus douce, la plus vrai, la plus réelle. Chacun, chacune est invité(e) à danser dans ce non espace, non lieu, si simple, si tranquille . Cela est bon de se tenir ainsi, relié à l’invisible et presque palpable Présence. Chacun, chacune est invité(e) à Être pleinement présent au son du Silence. Vivre en présence de la Présence ne dépend pas du moi
C’est se sentir tout à coup plus nu, plus léger, plus vulnérable. C’est partir à la recherche du Mystère, de qui je suis vraiment. Alors, les murs corporels-psychologiques se fissurent. Méditer c’est être face à face au Silence. C’est se laisser porter par et vers l’inconnu, l’insaisissable. C’est vouloir pénétrer au delà des frontières connues. Cela, Ce Lieu qui n’en est pas un est très bien gardé! Méditer n’est rien d’autre qu’une tentative de Le rejoindre, communier avec le Grand Silence. Vouloir s’ accaparer ces instants bénis d’une aura si secrète est hors de question. Cela n’est pas l’affaire du moi. L’approche de la méditation a beaucoup à voir avec le Vide. Nettoyer le miroir de toutes identifications, sensations, pensées, émotions. Cela donne le vertige . Méditer est un rendez vous avec le SOI ! C’est frôler, pressentir une autre dimension, beaucoup plus nue. Et là, c’est un peu magique et aussi dangereux. En cet endroit qui n’en est pas un, « je » veux mourir, partir, tout laisser, tout arrêter. Là, en ce non Lieu, ce pari impossible mais réel, tous les problèmes se sont évanouis. Ils n’existent tout simplement plus. N’en est il pas de même dans le sommeil profond ? Et là, qu’est ce qu’il reste ? Qui suis-je vraiment ? Méditer, c’est la tentative de se vider de tous ses contenus pour être en présence de la source, Cela donttout vient. C’est creuser au plus profond pour se défaire de tout lien. Aller en ce Lieu qui n’en est pas un est sacrément bien gardé!!! C’est à nos risques et périls. Nul doute que le prix à payer sera le prix complet ! Mourir pour se retrouver
Jusqu’au bout dont je ne sais pas la fin Me maintient en bonne forme sur mon chemin Ne pas craquer, ne pas abandonner C’est au moins ça de gagner
De toute façon, au plus profond Je ne me fais guère d’illusion Cela mène la danse en toute circonstance Ce qui ne m’empêche nullement D’apporter ma modeste contribution Même si parfois, c’est décourageant J’en reviens toujours à mes premiers amours
Vivre en harmonie jusqu’au bout de la vie Remettre le couvert encore et encore Soigner plaies et blessures Prendre soin de son âme Demeurer bienveillant à travers le temps Permet d’affiner la vision de ce qui reste à faire
Enfin, c’est une façon de parler Puisque de toute manière Je ne suis en aucune façon directeur des opérations
Fidèle jusqu’au bout dont je ne sais pas la fin Parce que pour vivre dans le monde Va bien falloir quitter son monde Vous savez, là ou le bat blesse Là ou le petit moi se prend pour ce qu’il n’est pas
Texte : Georges Morant Photographie : Alain Silvert
OUI . Mot versatile, dont on se sert pour affirmer, soutenir, ou pour se cacher derrière, et sujet de cette petite épitre. Dans son sens objectif, il définit la réalité telle qu’elle est : une soumission à la vérité, fiable dans sa constance, sa loyauté, sa vision et sa sagesse.
OUI. J’accepte la vie dans toutes ses variations et dans son » êtreté » totale, en tant qu’abandon à la Volonté de Dieu, en tant que la nature même de la » dignité intrinsèque et de la noblesse intrinsèque » pour citer Swami Prajnânpad, le guru d’Arnaud Desjardins, un représentant authentique du » oui » comme l’était son guru et le sien avant lui
Pour la plupart d’entre nous, notre « oui » est juste une façon de détourner l’attention de celui qui vous a deviné, de garder à distance l’œil perçant du Travail, ou/et(car cela pourrait s’appliquer et s’applique probablement dans chaque cas) un mur visible ostensible derrière lequel nous cacher, même quand nous hochons la tête ou approuvons. Mais quand notre « oui » est à ce point immédiat, à ce point désinvolte, et ne s’accompagne d’aucune réflexion, comment peut on le prendre au sérieux ?
Nous disons « oui » en croyant être totalement » sur la même longueur d’onde », mais ce n’est pas le cas. Nous évitons le vrai problème , qui est que nous REFUSONS de nous regarder sans réserve avec le microscope du Travail, de percevoir l’aide indiquée qui nous est offerte et de pratiquer avec intelligence par rapport aux lois du Travail et aux offrandes pleines de grâce de l’Univers.
Donc notre « oui » n’est pas le « oui » d’une prise de conscience, le « oui » de la sagesse, le « oui » d’un corps à corps complexe avec l’enseignement, mais il est le « oui » de l’évitement-une volonté faiblarde, bien qu’inconsciente(et qui ne devrait pas l’être si nous étions honnêtes, impitoyablement honnêtes avec nous mêmes et si nous pratiquions une observation profonde de nos états intérieurs et extérieurs et de ce qui est, tel que c’est, au sens large de notre environnement, de nos circonstances et de notre champ d’activité) et chroniquement mécanique( et qui ne devrait pas l’être si nous acceptions d’étudier les idées du Travail, de les manger, de les digérer)de rester tels que nous sommes, nullement dérangés, imperturbables, aveugles, enlisés-confortablement bien sûr- dans notre script psychologique et notre histoire de vie, convaincus de notre autorité personnelle, de notre bien fondé, de notre supériorité et ce en dépit d’une somme énorme d’informations qui toutes prouvent le contraire.
Lee Lozowick – extrait de « Paroles de feu et de foi » – Editions A.L.T.E.S.S
C’était le 11 août , je revenais d’une balade au bord de la mer.
Je m’étais assis sur un banc tout près de la thalasso.
Je méditais en pensée avec Arnaud.
Je me souvenais que par deux fois nous nous étions rencontrés en cet endroit ou j’étais à ce moment là serveur au restaurant.
Arrivé à la maison, je commence à écrire ce texte et arrive au même moment le message de Yann qui annonce qu’Arnaud a quitté son corps physique.
Par un doux soleil d’été
Assis sur ce banc
Face à l’océan
Le murmure des vagues
Un oiseau pépie
Au loin, les cloches sonnent
Rappel de soi au SOI
Au revoir, à toujours
J’ai souhaité poster ce texte à l’approche de l’anniversaire du départ d’Arnaud. (11 aout) La Bertais organise comme tous les ans une journée de commémoration. Et je vous invite à marquer vous aussi en cette journée un temps de rappel.
Et à la veille de poster cet article, j’ai écrit un autre texte dans la même inspiration. Je vous le livre ci-dessous.
Just a perfect day
Le ciel ouvre l’infini
Le soleil rayonne l’illimité
Le vent souffle toutes les pensées
Chaque grain de sable est unique
Chaque vague est l’océan
Chaque existence porteuse d’éternité
Danse, la Vie danse
En plein Mystère, en plein Vrai sens
Si tu entends cette voix
Tous les rêves s’évanouissent
C’en est fini du moi.
« S’il est une chose que je sais aujourd’hui de toute cette affaire que l’on nomme la vie, c’est bien celle ci : on n’ouvre pas son cœur sans ressentir de la douleur. Le choix d’ouvrir ou de fermer son cœur est un choix important que l’on fait chaque jour, à chaque instant. Si nous avançons sur le chemin spirituel auprès d’un maître qualifié, cela nous conduira facilement à avoir un cœur brisé. »
Lee Lozowick
Eloge de la folle sagesse
Ed le Relié p 217
Et je profite de cette citation de Lee pour vous informer de la parution de son dernier livre « Paroles de Feu et de Foi – Du haut de la falaise » (Editions ALTESS). Voici la présentation de l’éditeur : « …Les essais rassemblés dans ce livre ont été écrits de sa main durant les deux dernières années de sa vie et constituent une collection d’enseignements polyvalents précieux imprégnés de la tendresse, de l’affection, de la sagesse et de la foi de leur auteur. Lee, visionnaire, nous transmet dans cet ouvrage un inestimable trésor, qui aidera tous ceux qui, confrontés à l’inéluctable mortalité, cherchent à vivre avec conscience, dignité et grâce. »
Et un petit mot de Gilles : « Pour avoir connu Lee Lozowick, que j’ai fréquenté de près pendant vingt ans et vu dans toutes sortes de circonstances, je peux témoigner qu’il était un rare joyau spirituel, dissimulé parfois sous de surprenants déguisements. Ses dernières années, durant lesquelles, atteint d’un cancer, il n’était pas mourant mais pleinement vivant, utilisant la maladie pour enseigner, furent un extraordinaire témoignage de liberté et de lâcher-prise. La saveur de son rayonnement et de son extraordinaire dignité imprègne ces pages. Je suis heureux de la parution de ce livre qui véhicule un peu de sa relation sans concessions à la vie et au chemin spirituel. » – Gilles Farcet
(…) il s’agit de revenir à cette idée fondamentale aussi bien védantique que tantrique : à l’arrière plan, dès maintenant, de ces agitations qui peuvent même être parfois des tempêtes de peur, de désespoir, de fureur, il y a the bliss of the Self, la béatitude du Soi.
(…) à l’arrière plan, dès maintenant, la matière première de toutes ces pensées, la Conscience comparée à l’océan sans vagues, est déjà présente en nous et cela, nous l’oublions.
(…) en ce moment, toujours, même à l’arrière plan d’une angoisse atroce avec ces pensées de terreur, la paix des profondeurs est là, the bliss of the Self, la béatitude du Soi, disent les maîtres hindous.
Arnaud dans son dernier livre : » La Paix toujours présente »
J’ai trouvé ce post de Gilles Farcet sur FaceBook. Gilles m’a donné son accord pour le publier sur notre blog. J’ai demandé à Yann ce qu’il en pensait. Il n’était pas aussi enthousiaste que moi et m’a dit que si je le publiais, je devais expliquer pourquoi.
C’est avec grand plaisir que je m’exécute. Parce que quand j’ai lu ce passage (deux fois pour l’instant) j’ai été conquis immédiatement. J’ai eu un ressenti très fort. J’avais l’impression de lire quelque chose sur la quintessence de l’advaita vedanta. Ce court passage m’a littéralement sauté aux yeux comme une merveilleuse synthèse de la voie, du chemin que nous menons ici…
Et puis, cerise sur le gâteau, synchronicité forte, la Présence me rend visite depuis deux jours par intermittence. Ça fait du bien après une longue diète. Et j’écrivais sur mes notes pour le gsmp que ces visites n’étaient pas dues de mon fait, d’un moi qui pratique, mais de la Présence qui se révèle, se dévoile. Et c’est BON, c’est Paix, c’est Plein, très relié au silence. Présence et Silence sont des jumeaux. Affaire à suivre…
Voici maintenant le post de Gilles
Un livre parait à l’Originel -Accarias à propos de cet homme qu’Arnaud Desjardins avait rencontré et par lequel il avait été très inspiré. Son portrait figure d’ailleurs à Hauteville…
« La plénitude de l’être« , voici un livre rare qui a l’immense mérite d’être consacré à la fois à l’un des grands maîtres védantins de l’Inde contemporaine, Srī Gnānānanda, et à son disciple venu de France, le bénédictin Dom Henri Le Saux.
Srī Gnānānanda était un jnānī, celui qui a réalisé l’Ātman (le Soi). Son enseignement fondamental était celui du pur advaïta (non-dualité) et est proprement universel dans sa portée. La Vérité se situe au-delà de toutes les religions et de toutes conceptualisations. Il appelle, non à copier son propre cheminement, mais bien à trouver en nous-même notre propre vérité et chemin, notre propre nudité et transparence. Voici un court extrait, paroles de Srī Gnānānanda :
« Aller vers ce dedans par le “chemin du dedans” est sans contredit la méthode la plus efficace. Encore est-il que le chemin s’évanouit dans l’atteinte même du but. Quand on chemine par la route du dedans, ce dedans est encore une idée, et toute idée implique dualité et différenciation. D’elle-même elle me distance de mon but, puisqu’elle distingue encore le moi qui cherche et le soi dont il est en quête. Tant que je distingue au-dedans le moi qui est au-dedans, je ne suis pas encore vraiment au-dedans… Quand cela a été enfin réalisé, ce qui cherche et ce qui est cherché, tous deux ont disparu, ou plus exactement, ce qui a disparu c’est leur perception différenciée et séparée. Il n’est plus que soi, l’être, pure jyoti, la lumière indivise et infinie, la lumière en soi, la gloire de l’Être, le resplendissement immanent de soi, la vision en soi de l’Être en soi, la plénitude de toute joie, la béatitude de l’Étant. L’œuvre dernière de la recherche spirituelle, c’est de transcender cette ultime différence. La distinction entre le « but » et le « chemin », entre le but et celui qui y tend, de surmonter l’effort [hatha] qui saisit l’homme en quête de soi quand il parvient à ce qui lui semble de son point de vue, le dernier tournant du chemin. Il se rend compte alors qu’il lui faut renoncer sans nul recours ni retour possible, désormais, à tout ce en quoi il lui avait semblé jusqu’alors qu’il existait, qu’il était, à son idée de soi, à sa propre conscience liée à cette idée de soi. Aux abîmes du cœur, où il se sent inexorablement entraîné, il n’est plus rien nulle part à quoi il puisse se raccrocher, se retenir, nulle base sur quoi il puisse encore poser le pied, nul air extérieur pour reprendre haleine. C’est l’ākhāsa pur, l’espace infini où nul point ne peut plus se distinguer, que nul horizon ne borne, qui est le même partout, qui n’est même plus le milieu où l’on se tiendrait, mais qui a emporté dans son infinité, son illimitation et sa solitude celui qui cherchait encore à se tenir en lui…Comme le répètent souvent les Upanishads, il faut trancher sans rémission ce « nœud ultime du cœur », hridaya-granthi, l’attache qui lie et retient aux conditionnements du temps et de la matière le Soi, de sa nature libre et souverain. »
» Que votre bouche ne soit jamais vide, gardez toujours un morceau de misri (sucre candi) à la bouche- à savoir le sucre du nom de Dieu. Aucune amertume ne pourra alors s’accumuler.«
C’est ce que Mâ Anandamayi ne cesse de redire. Mataji se rendit une fois dans une ville où elle n’était pas allée depuis deux ou trois ans. Elle remarqua que l’un de ses bhaktas avait une jolie petite boîte en argent qu’il ouvrait de temps en autre pour en tirer quelque chose qu’il portait à sa bouche.
« Qu’y a il dans cette boîte ? demanda Mataji.
– Lorsque vous êtes venue ici la dernière fois, lui fut-il répondu, vous m’avez dit de garder toujours un morceau de sucre candi dans la bouche. J’ai religieusement suivi votre conseil et c’est pourquoi j’ai cette petite boîte en argent. »
Mataji rit.
« C’est donc cela! Mais, voyez vous, la vrai douceur ne peut venir que du nom de Dieu. Ce que je voulais dire, c’est que vous ne devez jamais rester sans penser à Dieu. Toutefois, ajouta elle devenant tout à fait sérieuse, vous avez bien fait de pratiquer avec confiance ce que vous avez compris car ainsi vous avez appris une grande leçon qui est de garder une chose à l’esprit tout le temps. Elle vous sera utile quand vous vous serez mis au sucre candi que je voulais dire. »
D’après Eric Edelmann,
dans « Le Sourire de la Sagesse » Edition de la table ronde
« Il faut mourir à tout ce que l’on a en soi! Car l’amour est frais et innocent, jeune et limpide. Alors, ayant instauré en soi cet ordre, cette vertu, cette lumière, on peut aller au delà de soi même. Ce qui signifie que l’esprit, ayant acquis un ordre qui n’est pas né de la pensée, devient alors totalement silencieux et tranquille-naturellement, sans contrainte ni discipline.
Et à la lumière de ce silence, toute action est désormais possible, puisque notre vie s’abreuve à ce silence. Et si l’on a la chance d’être parvenu jusque là, alors au sein de ce silence naît un mouvement tout à fait différent, qui ne procède ni du temps ni des mots, et que la pensée ne peut mesurer, car il est toujours nouveau. C’est cet incommensurable que l’homme cherche depuis la nuit des temps. Mais vous devez aller à sa rencontre, il ne peut être donné. Il n’est ni mot ni symbole. Mot et symbole sont destructeurs. Mais pour que l’incommensurable advienne, il faut que l’ordre, la beauté, l’amour absolu soient en vous. Il vous faut donc mourir, au sens psychologique, à tout ce que vous connaissez, afin que votre esprit ne soit plus torturé mais lucide et capable de voir les choses telles qu’elles sont, tant sur le plan extérieur qu’ intérieur ».
Jiddu Krishnamurti, Cette lumière en nous- La vraie méditation, p 36
Baba Ramdev, le « prof de yoga » de la télévision nationale indienne et le 1er ministre Narendra Mohi
Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous cet article du Monde, qui m’a été signalé par Dominique Rey et que Yann a pris la peine d’illustrer :
Le « record de yoga » a été battu dimanche 15 février. L’heureux détenteur du titre est un indien de 29 ans qui a accompli 1500 asanas, ou positions en quarante heures, à HongKong. La preuve que le yoga en entrant dans le Guiness des records s’adapte bien à la mondialisation. Personne n’a révélé la moindre contradiction entre cette discipline, née, il y a des milliers d’années en Inde pouvant désigner « l’arrêt des fluctuations du mental » comme de l’ensemble composé du souffle, du corps et de l’esprit, et le Guiness des records, bible mondiale de la performance. Le porte-parole du ministère indien des affaires étrangères s’est empressé de twitter la bonne nouvelle, tout comme le consulat indien de Hongkong, qui a adressé ses plus sincères félicitations.
Le yoga est devenu le nouveau « soft power » de l’Inde. A la différence du cinéma de Bollywood, il ne connait aucune limite géographique et serait déjà pratiqué par 20 millions d’américains. L’Inde y voit là l’occasion d’étendre son influence alors que le pays ne compte que 900 diplomates, ce qui à l’échelle d’une population de 1,2 milliards d’habitants et mesuré aux ambitions de l’Inde sur la scène internationale est bien modeste.
Peu de temps après son élection en mai 2014, le premier ministre Narendra Modi a nommé dans son gouvernement un ministre du yoga, puis est allé défendre la création d’une journée mondiale en l’honneur de cette discipline ancestrale à la tribune des nations unies.
Entre une allusion au conflit du Cachemire et une autre à la lutte contre le terrorisme, le nouveau premier ministre s’est lancé dans un long plaidoyer pour le yoga capable d’offrir « l’harmonie entre l’homme et la nature » et pouvant même contribuer à la lutte contre le changement climatique par un changement des modes de vie. L’organisation d’une journée mondiale du yoga, qui se déroulera chaque année le 21 juin, a été votée en décembre à l’Assemblée générale de l’ONU par 177 pays.
Quelques mois plus tard, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, en visite à Dehli, a pris la pose devant des photographes, dans la suite de son hôtel, en équilibre sur une jambe, en posture de l’arbre, devant des conseillers médusés. Une position en dit parfois plus qu’un long discours. Ce fut la première victoire de la diplomatie du yoga.
Tant que le yoga se répand dans le monde, et qu’il se décline sous différentes formes, pratiqué en suspension sur un hamac, nu et même enseigné aux chiens, New Delhi veut surtout ne pas se faire voler cet héritage. Les enjeux diplomatiques, mais aussi économiques sont bien trop importants.
Cette pratique pourrait faire venir en Inde des millions d’étrangers supplémentaires et ouvrit un nouveau marché dans le secteur de la santé. En 2007, le gouvernement indien a donc vu d’un mauvais œil l’initiative d’un Américain indien, Bikram Choudhoury, qui essaya en vain de déposer des brevets sur des postures de yoga.
Non pas que New Delhi soit contre le brevetage de postures, mais il ne veut surtout pas que les États Unis s’emparent de sa tradition. Les appellations d’origine contrôlées ont été un temps envisagées par New Delhi. Mais la provenance du yoga est plus difficile à certifier que celle du fromage ou du champagne.
POSTURE POLITIQUE
Si le yoga fait l’unanimité dans le monde, c’est paradoxalement loin d’être le cas en Inde. Ailleurs, il est cantonné aux salles de gymnastique, voire aux ashrams, alors qu’en Inde il est déjà entré en politique. En 2010, c’est un gourou qui a mobilisé les foules contre les scandales de corruption, en pratiquant le yoga sur une estrade, devant des milliers de fidèles ébahis, à qui il lança : » Nettoyons notre corps pour nous préparer à nettoyer la politique! » Baba Ramdev, comme d’autres adeptes du yoga en politique, sont souvent issus de la mouvance nationaliste hindoue. L’un des directeurs de la Fondation américaine hindoue avait ainsi appelé les hindous à « récupérer le yoga et réclamer la propriété intellectuelle sur leur héritage spirituel ».
En instituant la journée mondiale du yoga, M. Modi n’a pas envoyé un message qu’aux pays étrangers, mais aussi aux nationalistes hindous. D’où cette question posée en 2013, par des juges de la cour suprême, après avoir été saisis d’une demande pour généraliser l’enseignement du yoga à toutes les écoles primaires du pays : « Pouvons nous demander aux écoles d’enseigner le yoga tous les matins alors même que certaines minorités pourraient bien se montrer récalcitrantes ? »
Les représentants de minorités religieuses invoquent la laïcité pour refuser une telle mesure. La partie adverse leur a rétorqué que les mots sanscrits pranayama ou om, prononcés pendant les exercices de méditation, pouvaient bien être remplacés par d’autres. Les musulmans indiens accepteront ils de prier Allah dans la position du lotus ?
Article de Julien Bouissou, publié par le journal « Le Monde » du 19 février 2015
Quand tout ce que je croyais, pensais, s’évanouit Quand tout mon monde se disloque Quand toutes les formes, tous les désirs perdent de leur poids, de leur fascination, comme des mirages dissous, démasqués
Partir Mourir
Quel choc, quel mystère Tout disparaît Plus rien n’a d’attraits Sauf Absolu
Partir Mourir
Transformons nous en acteurs bienveillants prêts à jouer tous les rôles Dansons l’existence de la Vie ou se dessine cachée une harmonie heureuse, joyeuse, sacrée
Tout est Cela
Partir Mourir
Allégés, débarrassés du poids d’une fausse séparation Folie et sagesse dansent à l’infini sur la musique de Cela Mystère Là ou le » moi » n’est plus
Jouons le jeu Soyons les hommes du oui, les heureux
Texte : Georges Morant Photographie : Alain Silvert