Queennie a 17 ans. Assez brusquement, elle est devenue complètement aveugle. Elle se cogne partout.
Ce qui m’a le plus marqué, c’est la vitesse à laquelle, elle s’habitue à son nouveau statut. Je suis vraiment impressionné. Le plus remarquable est qu’elle ne se plaint pas jamais.
C’est vraiment une grande leçon pour moi.
J’ai une sorte de gastro depuis une semaine. J’ai mal au ventre. Je ne me sens pas bien, pas à l’aise. J’ai un mal fou à accepter. Je me plains à Mireille. J’exprime mes émotions négatives.
Je me rends un peu compte à quel point je suis dépendant de la santé du corps physique.
Ne permets pas que je me soucie trop de cette chose qui s’appelle moi…
Donne moi le sens de l’humour, Seigneur,
Donne moi la grâce de savoir discerner une plaisanterie,
D’extraire quelque bonheur, de la vie,
Et de la faire partager à d’autres gens
Saint Thomas More
(…) L’intention première du maître ou du directeur spirituel n’est certes pas de divertir mais d’enseigner, ou mieux, de faire accéder le disciple à une Conscience d’un autre. Et, à la source de cette nouvelle vision, l’humour apparait alors- ainsi qu’on va le voir – comme le véhicule d’une énergie transformatrice.
Il permet une approche de la réalité qui échappe aux fonctionnements habituels et prédispose à cette ouverture, elle même indispensable pour accueillir ce qui » surpasse tout entendement » A cet égard, Chogyam Trungpas Rimpoché souligne bien que » ce dont on manque, c’est de sens de l’humour. L’humour ne consiste pas à raconter des blagues ou à faire le pitre, ni non plus à critiquer les autres ou à se moquer d’eux. Le véritable sens de l’humour procède par touches légères : on ne roue pas de coups la réalité, on l’apprécie en l’effleurant légèrement … »
L’humour a- t-on dit, est un sourire dans l’oeil de la sagesse. J’espère en ce sens que vous éprouverez le sentiment d’avoir entre les mains un ouvrage de cette sorte plutôt qu’un simple recueil d’histoires drôles, et j’espère aussi que vous me pardonnerez d’avoir piqué les raisins du Kougloff !
(…) Les derniers mots de la divine Comédie témoignent d’un autre rapport à l’amour. Dante y écrit en effet : » L’amour est ce qui meut le soleil et les autres étoiles. » Il ne parle pas de pulsions, il ne parle pas de psychologie ou de corps, il ne rêve pas de fusion mystique avec le » Grand Tout »;il dit de l’amour qu’il est qui ce qui met en mouvement et anime l’entièreté de ce qui est.
Or Dante n’est pas un poète mineur parmi d’autres mais celui qui a su dire, à un moment donné de notre histoire, le sens de l’amour. L’amour ne tient ni du charnel, ni d’un sentiment désincarné mais est ce qui fait vie, en moi comme hors de moi.
L’amour est ce qui porte chaque être à entrer en rapport à quoi que ce soit-le temps qu’il fait ce matin, la fleur posée sur mon bureau, l’ami cher qui se tient à mes côtés, l’ami au loin que mon coeur tient en sa garde, le malheureux qui crie dans un appartement à côté. La vérité même de notre être est toujours d’avance en mouvement, ouvert, soucieux voire inquiet. Sans amour, je n’aurais pas même l’idée de parler et de venir au devant d’autres personnes. Comment aurais je le désir et le souci de faire apparaître quelque chose qui nous devienne commun ?
Il n’y a que deux possibilités de se mettre en mouvement. Soit par intérêt soit par amour. L’amour est la clef véritable. Il n’y a pas d’autre alternative. La seule chose qui nous fait lever le matin puis nous habiller est, même si c’est de façon embryonnaire, incomplète, in apparente, l’amour. Qu’est ce qui nous meut ? C’est l’amour.
Voilà enfin disponible le futur best seller de l’année 2011
Ce livre est de moi, Georges Morant
Vive Moi
Voilà un bon moment maintenant que vous lisez certains extraits dans le meilleur blog de la planète Internet terre
Trêve de plaisanterie, je suis particulièrement heureux de publier ce livre à compte d’auteur.
C’est à coup sûr, un moment important pour moi.
Au risque de paraître exagéré, je ne souhaitais pas mourir sans avoir pu faire éditer un livre- poèmes
Fidèle à ce que je suis, l’ombre et la lumière se dessinent au long des pages.
Je tiens à vous exprimer, toutes et tous Ami(e)s de la Bertais toute ma sympathie sur ce Chemin spirituel proposé par Arnaud, relayé par Yann et Anne Marie de manière remarquable
Enjoy, enjoy, enjoy
Qui n’a pas de limites ?
A Nous de nous découvrir
Par tous les temps
Même s’il neige
Ne Sommes nous pas
Là où le temps n’est pas ?
J’attends vos feed back avec impatience
NB : La photo de couverture (Dinard ST Enogat) est de ma nièce Catherine
NB : Si vous êtes intéressés, il vous en coûtera la somme de 10 euros plus frais de port
gmorant29@orange.fr
13, hameau des Ormes – 35800 – DINARD
La totalité n’ayant pas d’extérieur, l’énergie ne peut ni entrer ni sortir, elle est constante. Cette constante est donc égale à zéro, à rien.
Zéro ne peut pas être défini, c’est l’Absolu, le Rien, le non manifesté, le Silence, l’Immobilité, l’Être, ou Dieu pour les religieux.
Cette non dualité s’exprime pourtant dans la dualité. On peut dire que le Rien se manifeste à partir de la différence. En langage religieux, on dira que Dieu se manifeste par sa création.
Que Rien puisse se manifester est renversant !
Zéro peut être multiplié à l’infini, ça fait toujours zéro.
(+1-1) représente la naissance de la manifestation, la dualité, la différence, toutes les formes, toutes les paires d’opposés. On pourrait aussi l’écrire de cette façon :
Zéro = ( +1+1-1-1+1+1-1-1 etc) =Zéro
Les signes plus et moins sont la preuve de l’inséparabilité et du jeu vivant de l’unicité, le plus étant lui même défini par le moins et inversement. Le chaud ne se définit que par rapport au froid, l’agréable par rapport au désagréable, le masculin par rapport au féminin, le bien par rapport au mal, l’attraction par rapport à la répulsion etc.
Le jeu de l’impermanence n’est apparent qu’à partir de la dualité.
Si nous n’acceptons pas les différences présentes, nous nions la Totalité puisque nous déclarons qu’il manque quelque chose ou qu’il y a quelque chose de trop dans ce qui est déjà là. Nous voudrions faire disparaître un – 1 ou un + 1, mais ce n’est pas possible puisqu’il est déjà là, en tant qu’expression du Tout.
La fausse dualité, c’est refuser que ce qui est soit ; c’est vouloir autre chose à la place de ce qui est, c’est ce qui nous sépare apparemment de Est, c’est ce qui nous empêche de ressentir la qualité de l’Être.
La vrai dualité c’est l’évidence qu’il n’existe rien en dehors de Est, de Zéro, et que toute la manifestation est l’expression de la Totalité se singularisant dans la multiplicité des formes changeantes.
Rien n’existe en dehors de la Totalité, car il n’y a pas un élément qui y échappe.
Il n’existe pas deux élément qui seraient le relatif et l’absolu, car le relatif est une vision partielle de l’absolu. C’est comme vouloir éclairer une pièce obscure avec une lampe torche, nous n’en voyons qu’une partie à la fois. Mais tout ce qui n’est pas vu existe quand même.
La Totalité ne peut se trouver par l’addition de tous les éléments, mais par la reconnaissance que notre vision est limitée et que nous n’arriverons jamais à tout voir. Il s’agit donc d’accepter tout ce que nous connaissons et tout ce que nous ne connaissons pas.
Accepter le relatif, la limitation à cents pour cents, c’est l’absolu, le non manque.
L’inconnaissable est en deçà des concepts de dualité et de non dualité, tout en les englobant tous les deux. La Vie n’a pas de problème.
Pour toujours plus de profit dans les poches de toujours les mêmes
Toujours plus de productivité-rentabilté
Au détriment de moins en moins d’humanité
Notre société obsédée par le faux ordre-sécurité-sécuritaire
Remplié d’actionnaires de tout horizon
Nous entraîne droit en enfer
Cet endroit maléfique ou l’humain perd son âme
Découpée, saucissonnée, scalpélisée, anatomisée
Avec pour seuls et uniques objectifs toujours plus de productivité, rentabilité
Jusqu’ ou faudra il aller pour réaliser ce terrible constat
S’apercevoir que nous allons tout perdre
A commencer par notre dignité
Faute de pouvoir nous transformer
A force de délivrer des messages d’une terrible violence
Réduire les personnes à de la chair à consommer
Les conduire dans toujours plus de précarité
Cette société s’enfonce dans le chaos
La crise a bon dos
Certains, pendant ce temps là s’empiffrent
A coups de bonus, de coups de bourse mégalos
Boursicotent comme des malades accros
Ultra statistiquée, un de c 4 on ne pourra même plus pisser dans son jardin sans avoir fait au préalable des statistiques pour prouver si c’est rentable ou non, efficace
Pourra on encore promener son chien sans avoir avant fait une étude de marché
Repérer les endroit les plus propices pour chier dans le bon ordre sécuritaire à souhait
Faut être sourd et aveugle pour ne pas voir ni entendre les cris déchirants d’un monde en décomposition si près de s’enfoncer dans le gouffre des illusions
Les terribles angoisses d’une société en perdition
Nous mènent droit dans le mur
Je ne suis qu’un poète égaré, privilégié
Je le reconnais très volontiers
Ça ne m’empêche pas de me dresser avec mes mots contre tout ce que je ressens comme finalement délirant
Avec cette manie monomaniaque très tendance de tout décortiquer au scalpel jusqu’à enlever la moindre trace de légèreté, de vrai joie, de liberté sans cause
Juste le fait d’être un humain, aimer
Avec ce culte mal placé d’un perfectionnisme nauséabond
Dans des domaines ou il n’a rien à faire
Les rires d’un enfant sont ils voués à entrer dans le panthéon des comptes statistiques, élucubrations bidons pour voir leur efficacité
Voir ce qui se cache derrière
Cette société va elle réduire l’être en poussière
Faire de ce monde le plus vil temple consommateur-consommé
Dans un matérialisme de plus en plus effréné
Allons nous nous laisser dériver, emporter, manipuler vers des rives abjectes
Au détriment de notre humanité
Street Fighting Man – The Rolling Stones – album Beggar’s Banquet – 1968
Une italienne qui séjournait à Kopan Gompa ( Monastère de Lama Thubten Yeshe et Lama Zopa rinpoché au Népal) décida de se rendre à Katmandou. Comme elle s’y ennuyait un peu, elle invita un groupe de touristes italiens fraîchement débarqués « à rencontrer un authentique lama tibétain ».
Cela se passait au début de Kopan, quand Lama Yeshe était encore disponible sans difficulté. De retour avec ses touristes en remorque, l’italienne vit lama Yeshé et lui expliqua qu’elle les avait invité pour le thé. « D’accord, allez y , faites le thé », lui répondit le lama sans faire le moindre geste en direction du groupe. Il savait que la vie spirituelle n’intéressait pas ces gens et il ne se sentait pas préparé à servir de » lama témoin ». A présent embarrassée, l’italienne lui demanda s’il ne pourrait pas les rejoindre pour un moment. Il dit qu’il pouvait leur consacrer une heure (un très court moment pour lama Yeshe).
Il les rejoignit en effet, s’assit au milieu des touristes et demanda poliment à son voisin d’où il venait. » Milan », répondit le touriste. » Ah », dit le lama, tandis que son visage s’épanouissait: « Le risotto à la milanaise ! j’adore ça ». L’homme, plutôt ahuri qu’un lama puisse connaître le joyau culinaire de la couronne milanaise, se redressa. Lama Yeshe poursuivit en détaillant la meilleure façon de réaliser le risotto à la milanaise.
Les italiens étaient en extase. Le lama prenait peu à peu son rythme. » Et vous savez, ce petit restaurant derrière le Dôme, ça, c’est le meilleur risotto de tout Milan ». L’homme était muet d’admiration. « Et vous ? continua lama en souriant à une femme du groupe, d’où venez vous ? – De Rome, lui répondit elle ». Lama s’exclama : « C’est à Rome qu’on mange les meilleurs spaghetti à la carbonara ». Et il expliqua comment il fallait les préparer, quel piment et quel fromage utiliser.
L’italienne qui avait invité le groupe n’en croyait pas ses oreilles. Lama n’était allé qu’une seule fois en Italie, pour un voyage éclair de dix jours. Elle ne comprenait pas du tout comment il avait pu apprendre autant de choses sur la cuisine italienne. Lama s’adressa à chaque membre du groupe en exploitant le même sujet et ne cessa de montrer une profonde connaissance de tous les plats régionaux. Les touristes étaient complètement captivés, car, pour les italiens, un homme peut bien être un as de la chirurgie du cerveau, s’il n’apprécie pas la cuisine, il reste un âne. Ce lama était clairement digne de respect. Cinquante cinq minutes s’écoulèrent ainsi. Lama Yeshe s’absorba alors dans un de ses profonds silences. Pendant deux minutes, personne ne dit un mot, puis, dans le silence, la voix du premier homme à qui il avait parlé s’éleva : « Est ce que c’est vrai, ce qu’on raconte sur l’illumination ? » Le barrage avait été rompu. Un torrent de questions déferla, sur le potentiel spirituel de l’homme, le Tibet, le bouddhisme. Le lama consulta sa montre : » Je suis désolé, mais je n’ai plus le temps maintenant. Mais si vous voulez en savoir plus sur ces questions, je serai en Italie l’année prochaine. Vous pourrez avoir toutes les informations utiles auprès de votre compatriote. »
Extrait du livre d’Eric Edelmann : « Plus on est de sages, plus on rit »
NB : Ce qui m’a particulièrement motivé et rendu heureux de mettre ce post sur le blog est le fait que Mireille et moi avons eu le privilège de connaître et de suivre d’un peu près l’enseignement de Lama Yshé et de Lama Zopa rinpoché
(…) Swamiji m’a fait remarquer un jour que l’expression « faire silence » était inexacte. On ne peut produire le silence. Le silence ne peut être que le fruit de la cessation des bruits. Quand tous les bruits s’arrêtent, le silence est là, identique à ce qu’il était il y a 2000 ans, parfait, vierge. C’est donc sur les bruits qu’il faut faire porter nos efforts et non sur la recherche d’un silence que nous pourrions produire.
Une autre image va dans le même sens : « nous sommes déjà nus sous nos vêtements« . Si nous voulons pratiquer le naturisme, nous n’avons pas à produire la nudité mais simplement à enlever ce qui la recouvre, ce qui la voile, c’est-à-dire tous nos vêtements, les uns après les autres. Et la nudité qui était là, voilée par ces revêtements, se révèle. Nous ne sommes pas plus ou moins nus- s’il reste une chaussette à un pied, nous ne sommes pas nus-, mais nous sommes plus ou moins habillés.
(…) Si la Réalité primordiale ne dépend pas de nous, en revanche, ce qui dépend de nous est d’enlever ce qui la recouvre, ce qui crée l’impression de l’ego individualisé, de la séparation, de la limitation. Nous avons à tenir compte de ce moi limité dans le temps qui a de nombreuses demandes, qui cherche sans cesse à produire des résultats qui ne sont pas encore là, qui essaye de faire durer ces résultats quand il les a atteint et qui se désole quand le courant de l’existence les balaie.
Encore une image : la nappe d’eau est là, à quinze mètres de profondeur. Pour la rejoindre, il est nécessaire de creuser un puits ou de faire un forage. Et si, ensuite, je peux arroser mon jardin, ce n’est pas par la grâce de mon forage mais par le grâce de la nappe d’eau.(…)
Durant les derniers mois de son existence, Swamiji, qui avait toujours pris ses repas en silence, laissait parfois tomber une petite phrase qui avait plus de prix qu’un entretien entier. Je me souviens qu’un matin, lors du dernier séjour que j’ai éffectué auprès de;lui, il mangeait à la petite cuillère une sorte de fromage blanc qu’au bengale on appelle chana . Il me demande : » What is Swamiji doing ? « » Qu’est ce que Swamiji est en train de faire ? » Je lui réponds : » Swamiji mange du chana avec une petite cuillère en métal » .Et Swamiji laisse tomber : » Swamiji is eating Swamiji with the help of Swamiji. Who is Swamiji ? Swamiji mange Swamiji avec l’aide de Swamiji. Qui est Swamiji ? Ce genre de parole, au premier abord incompréhensibles, concerne un niveau de conscience que nous n’avons pas encore atteint et que l’on pourrait, comme le Bouddha, appeler, » l’autre rive «
» Il n’ y a rien à faire, tout est déjà là, je suis déjà la grande Réalité Ultime »
– autrement dit : ne prenez pas une réaction impulsive et compulsive pour une action libre et objective. Vous pouvez honnêtement reconnaître par vous mêmes si ce que vous venez de faire ou de dire était une pure réaction.
" Pour agir, il faut un agissant "
" D’abord l’agissant, ensuite les actions "
" Avant toute action, vérifiez l’acteur"
Ces formules nous disent que tant que nous sommes menés par nos émotions, nous ne pouvons espérer accomplir une action digne de ce nom. Face à une difficulté, la plupart d’entre nous s’intéresse avant tout à l’action- quelle décision dois je prendre ? Quel choix dois je faire ? – mais ces formules nous invitent à nous occuper avant tout de l’agissant- c’est à dire de nous mêmes tels que nous sommes aujourd’hui avec nos mobiles inconscients et avec les émotions qui nous animent. Pendant la traversée, nous ne pouvons prétendre poser des actes libres. En revanche nous pouvons nous étudier et tenter d’y voir clair dans le faisceau d’impulsions contradictoires qui nous meuvent, prendre conscience de l’aspect mécanique de nos décisions et de nos actions et nous demander ce qui pourrait nous permettre d’accomplir des actes beaucoup plus conscients et libres en recherchant quelles formules de Swamiji pourraient éclairer ce point.
" Ouvrons à nouveau le premier tiroir et examinons une formule de Swamiji qui exprime une vérité précieuse : " Vous êtes des marionnettes dont l’existence tire les fils".Ces paroles nous rappellent la célèbre affirmation de Gurdjieff qui va exactement dans le même sens et que nous pourrions ranger dans le même tiroir : " L’homme est une machine".
Gurdjieff
Swamiji insistait beaucoup sur le fait que nous sommes totalement conditionnés par notre hérédité, par les impressions fortes de la toute petite enfance et par les influences de notre éducation et de notre culture. L’existence presse un bouton et déclenche en nous une réaction, presse un autre bouton qui déclenche une autre réaction. Une bonne nouvelle fait fait lever une émotion heureuse qui n’en reste pas moins une réaction mécanique. Et à partir de cette réaction intérieure, qui déforme notre perception de la réalité, nous réagissons extérieurement. Les actions à ce niveau-là sont complètement compulsives. Suis-je un homme, une femme, établi(e) en moi-même ou une machine à réagir ? Où est la liberté là-dedans ? Mes actions soi-disant conscientes ne seraient donc que des réactions qui s’imposent à moi ? Je veux cerner, comprendre, approfondir. Donc avant même d’essayer d’agir plus consciemment, je vais vérifier si ces formules sont vraies. Je vais m’observer face à l’action et voir s’il est vrai que je me laisse emporter par des événements heureux et déprimer lorsque les situations me sont défavorables et que je réagis ensuite mécaniquement aux réactions émotionnelles et mentales, aux états d’âme, aux humeurs que les événements déclenchent en moi à mon insu.
" Personne ne vit dans le monde, chacun vit dans son monde"
Swamiji
" Vous n’avez jamais vu Mâ Anandamâyi, vous n’avez vu que votre Mâ Anandamâyi."
Swamiji à Arnaud
(…) Il se peut que des paroles de ce genre vous semblent très intéressantes mais qu’elles n’aient aucune répercussion dans votre existence. Pouvez vous vérifier que vous n’avez jamais vu votre mari, vos enfants, votre patron qu’à travers votre mental, votre ego, vos projections ? Si vous pouvez le constater et le reconnaître vraiment, vous aurez une expérience de première main et vous échapperez au monde des croyances et des opinions. C’est le point de départ d’une réelle transformation.
(…) Par exemple, face à un bouquet de fleurs, l’un va dire : " j’aime beaucoup ce bouquet, je le trouve très beau" et l’autre rétorquera : " Ce bouquet st quelconque, moi je n’aime que les bouquets japonais composés de trois fleurs piquées dans un pique fleurs". Qu’est ce qui fait que face au même bouquet deux personnes ont une appréciation différente, voire diamétralement opposée ? Chacun voit le bouquet à partir de son monde, c’est à dire de son inconscient, de son vécu, de son éducation, de son milieu socio culturel. Notre monde, c’est le réservoir d’impressions accumulées au cours d’une existence qui alimente nos projections. Si nous vivions tous dans le même monde, nous verrions tous le même bouquet. Ce genre de constatation nous ouvre un champ de réflexion et d’observation immense qui nous permettra peu à peu de prendre une distance par rapport à notre propre monde. Mais dans un premier temps, nous pouvons faire cette observation toute simple.C’est un premier pas. Cet exemple est intéressant parce que les fleurs touchent éminemment notre inconscient. Donc c’est particulièrement vrai tout de suite pour des fleurs : personne ne voit le bouquet, chacun voit son bouquet.
» Pour désigner la voie, le Bouddha a employé l’expression : » la traversée vers l’autre rive « , ce qui suggère qu’il y a, d’un côté, la rive de la souffrance et, de l’autre, la rive de l’au-delà de la souffrance. Entre les deux, la traversée. Pour cette traversée, une barque est indispensable, qui n’est plus du tout nécessaire quand nous avons achevé la traversée. Certaines formules de Swamiji concernent la rive sur laquelle nous sommes et nous aident à la voir avec lucidité. D’autres paroles concernent la traversée et d’autres enfin, évoquent l‘autre rive dont nous n’avons pas encore l’expérience et que l’on ne peut appréhender à partir du mental. C’est dans ce contexte que j’ai proposé trois tiroirs dans lesquels nous pourrions classer les différentes formules de Swamiji. Un tiroir se nomme : » cette rive » et se situe au niveau où vous êtes maintenant, le second tiroir pourrait s’intituler : » la traversée » et le troisième » l’autre rive » , où se trouvent rangées soit des paroles vraiment étranges, soit des paroles apparemment incompréhensibles qui ne vous concernent pas aujourd’hui. Plus vous saurez reconnaître à quel tiroir correspond telle ou telle formule, mieux vous serez à même d’utiliser celle-ci de façon adéquate pour votre transformation.
Certaines paroles qui ont une grande valeur pendant la traversée n’en ont plus, au contraire, quand nous avons atteint la rive de l’éveil