Souvenir de la soirée journée chantier du 24 juin où j’ai adapté des paroles personnelles sur l’air de la fameuse chanson « les mots bleus » de Christophe (et qui a été reprise par Bashung et plus récemment par les « kids united ») (dans la veine de ce que j’avais proposé à la soirée avec Malo et Isabelle, sur un air d’Eddy Mitchell, et dont j’avais posté un article appelé « Sangha song »)
D’abord la version originale par l’auteur (que j’imagine, vous connaissez pratiquement tous)
Et maintenant les paroles que j’ai écrit sur cet air
Je m’en vais maintenant pour le dernier voyage
Le silence déchire le dernier voile
Je pars pour la noce…bien habillé
Merci est mon dernier mot
Cela sourit
Il faut que je chante
A tout prix
Je lui dirai toute ma joie
De me serrer entre ses bras
Eteindre enfin mes illusions
Effacer toute séparation
Oublier toute idée de pardon
Nous éveiller en communion
Libération
Libération
Je lui dirai toute ma joie
De celle qui ne dépend de rien
De là ou tous les mots sont vains
Devant le mystère indicible
Répondre enfin à son appel
Après tant d’années de sommeil
Libération
Libération
Maintenant, sans nom, nulle identité
Je pars pour nulle part, émerveillé
Je reviens à la maison
Dans ma chambre, je le vois
Cela, sourit
Il faut que chante à tout prix
Je lui dirai toute ma joie
De celle qui étreint tous les cœurs
De celle, là où le moi éteint
Révèle enfin toute la splendeur
Devant Cela, tellement plus grand
Tellement plus grand
Tellement plus grand
Je lui dirai toute ma joie
De célébrer l’instant présent
Là ou nos rêves sont réels
Là nous sommes nos cœurs d’enfants
Devant Cela tellement plus grand
Tellement plus grand
Tellement plus grand
Je lui dirai toute ma joie
D’une traversée en pleine conscience
Être Cela en toute confiance
Au-delà de toute apparence
Prêt pour une nouvelle naissance
Prêt pour une nouvelle naissance
Je lui dirai toute ma joie
De dire ces mots devant Sangha
Avant que la nuit nous emporte
Avant que la nuit nous emporte
Au plus profond de tout silence
Au plus profond de tout silence
Et si vous voulez vous aussi vous essayer à cette version Karaoké, voici la video puis la bande son (sans les paroles) pour chanter, soit les paroles originales, soit ce « golden song »
(…) Le mot « oui » est le plus beau mot d’amour qui ait jamais été prononcé. Tous les « bien aimé » et tous les « chéri » sont insignifiants à côté du simple mot « oui «
(…) La meilleure façon de discriminer entre le réel et l’irréel, l’éternel et le non éternel, l’absolument non- dépendant et le conditionné, c’est le « oui « . Ce à quoi vous dites « oui » perd son pouvoir sur vous. C’est en disant « oui » que vous retrouvez votre liberté.
« Je ne suis pas ces pensées parfois douloureuses, ces sensations parfois douloureuses, ces émotions parfois douloureuses ; je ne suis pas ces pensées si souvent douloureuses, ces émotions si souvent douloureuses, ces sensations si souvent douloureuses. » C’est bien pour çà que je peux leur dire « oui « .
Comment pouvez-vous être libre de ce que vous ne connaissez pas ? Comment pouvez-vous connaître ce à quoi vous vous dites « non » ? Le « oui » est la parole libératrice entre toutes (…)
Arnaud Desjardins dans son livre : » Tu es Cela » page 142 et 144
D’abord, une petite introduction. Lors de la venue de Malo et Isabelle le 26 et 27 mai, nous avons donné le samedi soir une soirée festive. Au cours de celle-ci, j’ai fait un karaoké un peu particulier dans la mesure ou j’avais changé les paroles de la chanson. Cette chanson, il y a de fortes chances pour que cela évoque quelque chose dans vos souvenirs, car il s’agissait de « Il y a toujours un coin qui me rappelle » d’Eddy Mitchell. Je vous la mets en You tube. Ainsi, vous vous rendrez mieux compte d’un rendu possible avec les nouvelles paroles. Bonne écoute.
Sangha song
Je me conduis comme une machine au creux des vagues de mes humeurs. Identifié à mes pensées, mes émotions, mon faux bonheur J’entends au loin, résonner
Toujours Cela qui nous rappelle
Toujours Cela qui nous rappelle
Nous sommes nés pour aimer
Et nous serons toujours ainsi
Jusqu’à la fin de toutes nos vies.
L’ombre cachée m’entraîne si loin que j’en oublie de me rappeler Je me souviens d’une musique au son divin, immaculé J’entends au loin, résonner
Toujours Cela qui nous rappelle
Toujours Cela qui nous rappelle
Nous sommes nés pour aimer
Et nous serons toujours ainsi
Jusqu’à la fin de toutes nos vies.
Perdu, noyé avec mes peurs, mes illusions, ma confusion Je me souviens d’avoir goûté la source pure et compassion J’entends au loin, résonner
Toujours Cela qui nous rappelle
Toujours Cela qui nous rappelle
Nous sommes nés pour aimer
Et nous serons toujours ainsi
Jusqu’à la fin de toutes nos vies
Nul doute que le jeu en vaille la peine Même au bout de la mort à soi même En finir avec toute souffrance CELA EST l’Ami de nos vies
Il y a souvent un malentendu en ce qui concerne la prétendue mise en pratique. Les pensées sont très habiles pour transformer une simple proposition, exprimée dans le cadre de cet enseignement, en une idée, un concept, une recette à répéter en vue d’obtenir un résultat.
A partir de ce fonctionnement mental qui cherche un changement, on entretient subtilement un refus de la réalité présente. Tout le paradoxe, c’est de vouloir devenir quelqu’un d’autre qui serait capable de s’accepter tel qu’il est.
Comme conséquence, nous essayons de transformer les aspects de notre quotidien qui nous paraissent en avoir le plus besoin, alors qu’en réalité, ce sont les aspects qui nous dérangent le plus. Nous tentons ainsi de les étouffer, ce qui ne fait que renforcer notre division intérieure et nous éloigner encore plus de l’unité recherchée.
Notre quotidien n’a pas à être modifié car il peut en définitive nous révéler ce que nous sommes et que nous cherchons désespérément dans la spiritualité.
A force de résister aux situations qui nous dérangent, nous nous coupons d’une confrontation avec nous mêmes car le quotidien n’existe pas en tant que tel : le quotidien c’est nous. C’est nous dans tous nos états, y compris nous en lutte contre notre quotidien.
Le quotidien, c’est le lieu même de la manifestation de la conscience. Car la conscience s’apparait tout autant dans le mouvement que dans l’immobilité. Au cœur même de l’action, nous pouvons donc nous apparaître aussi bien que dans le silence d’une méditation.
Pour permettre l’émergence de la conscience dans l’action, il faut lui ménager un espace. Or cet espace est sans cesse restreint par la pression d’un but qu’on cherche à atteindre. Il faut donc opérer une sorte de décentralisation de l’action, c’est à dire dissocier l’action du but recherché.
Ainsi, l’action ne s’ordonne plus par rapport à un but, elle n’est plus soumise à la tension due à cette recherche et elle acquiert ainsi une nouvelle autonomie. Elle se déroule d’elle même. A ce moment là, ce qui se croyait responsable de cette action disparait au fur et à mesure que se déroule l’action.
Cependant, l’action et son but sont tellement imbriquées l’un dans l’autre qu’il faut suspendre le cours de l’action et s’arrêter. On revient alors à la sensation du corps, au présent du corps qui n’est pas parasité par la projection dans le futur d’un but à réaliser. Cela demande un entraînement. Par la suite, l’action de déroule sans que nous perdions pour autant notre présence à nous-mêmes.
A ce moment là, quelle que soit la situation, préparer le petit déjeuner, aller aux toilettes, demander pour la troisième fois à son enfant d’éteindre son ordinateur ou écouter les problèmes que notre conjoint a rencontrés dans sa journée de travail, tous ces petits événements ont lieu sans qu’il n’y ait plus personne pour les revendiquer. Ces situations se déroulent désormais d’elles-mêmes.
La voie du quotidien est ainsi une voie aussi exigeante que la vie d’un moine dans un monastère ou celle d’un ermite dans la montagne.
C’est une voie à part entière. Rien ne manque au quotidien pour en faire une opportunité de transformation, de maturation, de dépouillement. C’est une véritable initiation au cœur de nous-mêmes.
Malo Aguettant RIEN NE MANQUE A CET INSTANT Tant que vous n’y ajoutez rien
(…) Pour ma part, durant des années de recherche, avec l’aide de ces témoins su réel, plusieurs expériences d’éveil ont eu lieu sans pour autant apporter un changement définitif, dans un premier temps. Par exemple, dans une situation particulièrement douloureuse de rupture amoureuse, j’ai clairement vu que plus je tentais de fuir ma souffrance, plus elle augmentait à mes dépens. Elle était comme une ombre qui m’enveloppait et qui finirait par me tuer. La nécessité s’est donc imposée d’affronter ces mécanismes d’identification. Quel est ce moi qui souffre ? Ce fut un face à face qui s’est déroulé seconde après seconde, minute après minute, heure après heure, dans un effort d’attention ininterrompu, jusqu’à ce que cet effort se relâche de lui-même, ne laissant plus alors que la conscience.
Lors de cette situation de détresse, ma confrontation avec le moi en souffrance, sans que des pensées interfèrent a eu lieu à la charnière du plan psychologique et du plan « être ». Dans ce cas, il y a eu basculement d’un plan dans un autre. Plus précisément, le plan psychologique fut vu pour ce qu’il était, c’est à dire pour un phénomène apparaissant et disparaissant au sein d’une autre dimension qui le comprenait .Cette autre dimension, ce plan, lui, demeurait stable et n’était pas affecté par les perturbations émotionnelles. De plus, ce plan ne contenait aucun moi. Il fallait bien se rendre à l’évidence, aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’y avait qu’un grand vide. Et encore, ce n’est qu’une manière de parler très approximative car ce n’est qu’après coup que l’on utilise cette image du vide, sur laquelle, d’ailleurs, le mental projette immédiatement toute sorte d’émotions comme la peur ou l’attirance. Sur le moment, il n’y a personne pour constater ce vide. Il y a tout simplement absence de l’illusion d’un moi.
Durant quelques semaines, ce fut comme si le poids de l’existence était tombé de mes épaules. Toute préoccupation concernant le passé ou le futur avaient disparu, et pourtant des décisions suivies d’actions adaptées à chaque situation continuaient d’avoir lieu. Tout était parfaitement à sa place.
Plusieurs autres épisodes de ce genre sont arrivés de façon spontanée, et non pas à la suite d’une démarche particulière. Mais, entre ces épisodes, la nostalgie de ces états et la tentative de les retrouver montraient bien que la racine de l’identification au moi n’avait toujours pas été coupée.
Le mental ne peut se représenter la libération que sous la forme d’un événement qui aurait lieu dans le temps, avec un avant et un après. Mais au plan « d’être » , il n’y a ni avant ni après. Il n’y a pas à proprement parler un événement au cours duquel se serait passée une libération. Il n’y a pas de cause à « être ». On peut seulement constater après coup qu’une transformation radicale a eu lieu. Et cependant, cette transformation n’est qu’un effet secondaire et non le cœur même de ce qui est en question, car la réalité était déjà là avant cet apparent événement.
« Être » ne change pas. « Être » continue de jouer le jeu de la forme, mais au lieu de s’y perdre, il se retrouve dans ce jeu.
On ne peut pas parler de quelque chose que l’on aurait obtenu, ni même de quelque chose que l’on aurait perdu, c’est une illusion, la croyance en un moi séparé, capable de décider par lui même de ses actes. C’est pourquoi il est absurde de parler de personnes éveillées. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’il y a éveil à chaque instant.
Cette illusion apparemment inoffensive d’un moi séparé possède pourtant un pouvoir de nuisance que l’on ne peut imaginer avant d’en être libre. Plusieurs années ont été nécessaires pour intégrer ce bouleversement, avant qu’une détente profonde s’installe. Mais l’éveil lui même, la réalisation, la libération, n’est pas un état. Il est cette liberté de l’inconnaissable qui se renouvelle au cœur de chaque instant. Un glissement imperceptible su point e perception s’est opéré. Il n’y a plus un centre à partir duquel le monde apparaît. La conscience s’apparaît à travers les objets du monde.
Au fur et à mesure de la maturation et de l’intégration de cette mutation, se fait jour le sentiment d’une parenté intime avec tout être vivant, qui n’est plus ni proche ni lointain, mais immédiat.
Depuis, dans la vie quotidienne, les réponses aux situations continuent de se dérouler alors que la croyance en un moi qui serait l’auteur de ces réponses aux événements de la vie a disparu.
Extrait de : « Rien ne manque à cet instant » Tant que vous n’y ajoutez rien Editions Accarias – l’Originel Malo Aguettant
« En amont de tout ce qui constitue une existence, il y a être.
En amont de notre apparente identité, de notre nom, de notre sexe, de nos qualités et défauts, des sensations et des émotions que l’on éprouve, des pensées que l’on a, il y a être.
Un livre ne peut pas changer les événements de notre vie, mais il peut changer le regard, la perspective, à partir de laquelle nous les vivons. Si notre relation aux situations auxquelles nous sommes confrontés est différente, ces situations ne nous affecterons plus de la même manière. Nos pensées, nos émotions, ne seront plus les mêmes.
La substance même de la vie n’est que relation. Les sensations nous mettent en relation avec notre corps qui lui-même est en relation avec le monde. Nos émotions et nos pensées sont également des ensembles de relations qui interagissent avec les sensations. Il suffit donc de changer notre regard sur ces relations pour que notre expérience de la vie change radicalement. Notre vie devient ainsi la qualité d’attention que nous lui portons.
La vie, avant de se manifester dans le monde apparent des phénomènes, est elle-même attention sans attente, c’est à dire conscience.
Ce livre ne prétend pas parler de ce que nous sommes, mais plutôt examiner tout ce qui vient interférer avec cette conscience-être.
Il s’agit d’une enquête sur les représentations que nous nous faisons de nous-mêmes. Toutes ces images, toutes ces histoires que nous produisons à longueur de vie formant autant de filtres, d’écrans, entre ce que nous sommes essentiellement et ce à quoi nous réduisons notre vie.
D’où proviennent ces images, ces histoires ? Pourquoi apparaissent elles avec autant d’insistance ?
Pouvons-nous nous libérer de ce bruit de fond, de ce parasitage permanent, pour accéder directement à » être » , c’est à dire à ce que nous sommes déjà? Ou bien sommes-nous condamnés à passer notre vie entière sous hypnose, esclaves de nos émotions et de nos pensées ?
L’urgence de cette question constitue le sujet de ce livre.
On ne peut pas se représenter la présence.
On ne peut donc pas imaginer ce que signifie vivre sans représentation du moi. On ne peut que projeter des formes sur ce qui est sans forme, autrement dit, se raconter des histoires, de belles histoires ou de moins belles, selon la résonance que cela provoque précisément avec notre histoire personnelle. (..)
p 15 – Extrait de : « Rien ne manque à cet instant » Tant que vous n’y ajoutez rien Editions Accarias – l’Originel Malo Aguettant
(…) La Conscience est absolue. Et tous les phénomènes se déploient à l’intérieur de la Conscience ; le temps se déroule à l’intérieur de la Conscience ; l’espace s’étend à l’intérieur de la Conscience et la causalité joue à l’intérieur de la Conscience. Cela n’est pas la façon parfaite de s’exprimer ; la seule façon parfaite de s’exprimer est le silence. Mais elle est beaucoup plus juste, bien qu’encore imparfaite. Seulement, pendant longtemps ,elle demeure incompréhensible. C’est pourquoi nous sommes amenés à utiliser l’autre langage qui part du relatif (…)
(…) La Conscience n’est pas du tout affectée mais elle est compatible avec tous les phénomènes. C’est ce qui a été exprimée dans des paroles bien souvent répétées et célèbres qui sont le résumé du bouddhisme mahayana : » le samsara, c’est le nirvana », ou encore : « le vide, c’est la forme- la forme, c’est le vide ». Et dans les Upanishads il est dit : » si on enlève le vide du vide, le vide demeure inaltéré ; si on enlève le plein du plein, le plein demeure inaltéré. »(…)
Extrait du livre d’Arnaud : » Tu es Cela » Chapitre Un : » La réponse absolue »
Mireille et moi avons eu le bonheur d’assister à cinq Satsangs auprès d’Atmananda. C’est Corinne Bayod qui nous avait suggéré, si nous étions en Inde à ce moment là, d’assister à ces précieux et radicaux rendez vous. Merci Corinne et à très bientôt à la Bertais.
Je ne vous présente pas Atmananda, vous trouverez facilement sut le net les renseignements voulus. Sachez tout de même que c’est un disciple de Chandra Swami, qui s’inscrit donc dans la plus pure ligne védantique de la non dualité.
Les satsangs ont lieu en haut d’une terrasse, après avoir marché trois ou quatre étages, je ne me souviens plus. Mais je mentionne ceci parce que à la fin de chaque étage, un membre du séva était posté, en nous accueillant avec un très beau sourire. J’ai beaucoup apprécié cette entrée belle, chaleureuse, digne, consciente.
L’ambiance générale est intense, recueillie, très silencieuse. Ceci est d’autant plus remarquable, qu’à l’extérieur, oui, nous sommes en Inde et l’ambiance est plutôt sonore.
Je me suis rapidement adapté et ai pu jouir pleinement de ces satsangs menés de mains pédagogues, érudites, joyeuses et non dépourvues d’humour et simplicité. Atmananda est un remarquable passeur d’upanishads. Ne nous y trompons pas, le cœur de ces darshans, satsangs de haute volée était bel et bien dévoué, consacré au fameux et incroyable enseignement de Ramana Maharshi : le fameux self inquiry, Qui suis je ?
Tout au long d’une douzaine de jours, Atmananda a commenté le livre de Ramana Maharshi, les « quarante versets sur la réalité. »
Mireille et moi avons donc assisté aux commentaires d’ une vingtaine de versets, dont le fameux « TU ES CELA » qui n’est pas sans me rappeler le titre d’un excellent ouvrage d’Arnaud Desjardins
aha sphutam tat-twam-asiti vedhtathapyasamprapya paratma- nistham,
bhuyo vicaro mati- durbalatvam,
tat sarvada svatmataya hi bhati
The Veda has said clearly, » That thou art ». Even
then, not having obtained abidance in yhe Supreme
Self, to inquire again indicates the debiliyy of the mind. That Reality indeed shines always as
« Le but ultime de la passion est l’abandon. C’est le véritable désir du cœur. L’aboutissement de la quête sexuelle est le moment de l’orgasme, un moment d’abandon total. Les Français l’appellent « la petite mort ». De la même manière, l’aboutissement du chemin spirituel consiste à réaliser l’ouverture complète, au-delà de toute saisie. Cela procure une joie inconditionnelle, qui s’élève de la richesse intrinsèque de notre être.
La passion est un courant d’énergie qui nous traverse, comme une rivière qui, pour finir, doit se déverser dans l’océan. C’est un passage entre deux mondes, conduisant du monde du soi connu à un monde plus large qui demeure au-delà représenté par une personne que l’on aime, un gourou, un enseignement ou par la vie elle- même. Se manifestant en tant qu’inspiration et culminant en abandon, le chemin de la passion révèle l’essence de la vie aussi bien que celle de la mort.
Dans l’un de ses poèmes, Goethe reconnaît la pulsion transformatrice contenue dans la passion comme étant une « sainte aspiration »
Je veux louer l’être vivant
Qui aspire à mourir dans la flamme
Il décrit comment, comparant cela à un papillon de nuit sorti de l’obscurité pour aller vers le flamme d’une bougie flamboyante,
Un sentiment étrange te saisit
Quand brille l’immobile flambeau.
Emporté par votre désir ardent de vous relier à ce qui est vraiment vivant,
Et un désir nouveau t’emporte
Vers des épousailles plus hautes
Alors, tandis que votre hésitation disparaît, le courant de la passion vous entraîne dans l’acte d’abandon :
Et finalement, amant de la lumière
Ô papillon, te voilà consumé.
La conclusion de Goethe est simple et sans équivoque :
Et tant que tu n’as pas compris
Ce »Meurs et deviens ! »
Tu n’es qu’un obscur passager
Sur la terre ténébreuse. »
John Welwood dans son livre » Pour une psychologie de l’éveil » – Éditions La Table Ronde.
Deuxième et dernier extrait du chapitre 22 : « Le sol qui n’existe pas s’est dérobé sous tes pieds »
Je pressentais que même si j’avais très bien fait de tout miser sur ces êtres plus que chers que la vie m’avait arrachés, c’était en même temps une erreur. Une erreur sacrée, une noble, belle, bonne erreur que je referais sans hésiter une seule seconde, mais une sacrée de putain d’erreur quand même. C’est pour ça qu’Allen m’avait amené à son dingo de Trungpa Rinpoché.
Crois moi, c’était quelque chose ce gusse là, à Boulder. Un type très inquiétant, dans le bon sens du terme, hein, mais très inquiétant. Pas très grand, claudiquant, engoncé par tous les temps dans un super costard avec cravate, pochette et tout le tintouin, quand il ne s’affublait pas d’un uniforme de général d’opérette, une espèce de tronche de crapaud asiatique avec un regard perturbant, très perturbant, derrière de grosses lunettes. Et avec ça une voix de castrat d’Oxford. Je te dis pas le personnage. A côté de cette créature, Allen et consorts faisaient figure de fonctionnaires étriqués. Et je passe sur la gnôle. Moi, je n’ai jamais bu. Un verre de bon vin de temps à autre et encore, mais l’autre déjanté, là, t’as pas idée. Il avait eu un accident, je crois, et il boitillait un peu : le miracle, c’était non seulement qu’il tienne debout, mais surtout qu’il fasse autant de trucs et paraisse toujours plus que lucide même si souvent carrément hors limites. Je n’ai jamais approché quelqu’un comme ce bonhomme là, jamais. Néal était frappadingue mais sa folie était désarticulée, explosée, fascinante mais pas inquiétante- sauf si on se souciait, à raison de sa santé. La folie de ce Tibétain là était articulée, méthodique, elle avait quelque chose de délibérée et par conséquent de radicalement dérangeant (…)
Ce Chogyam Trungpa, je ne l’ai rencontré que cette fois là, à part le croiser et le voir de loin pendant mon séjour à Boulder, Allen lui avait dit par quoi je passais, je suppose, et le gars nous a invités à prendre le thé. On était assis dans une sorte de salon, il sifflait plus de saké que de thé, et tout à trac, après dix minutes de conversation anodine, il me regarde de son œil perturbant à vous foutre les jetons et me dit simplement de sa voix aiguë : « Alors, Hank, maintenant, le sol qui n’existe pas s’est dérobé sous tes pieds et il n’y a pas de retour, il ne peut pas y en avoir, pas vrai ? Je connais ça. » Et sirotant son saké il me regarde encore et sourit, bouche fermée : « Maintenant, tu peux te terrer dans ta niche et crever comme un chien bon à rien. Ou tu peux te dresser sur tes pattes, courir dans les rues et appeler les vivants comme un maître de meute, mais en prenant bien garde à ce qu’il n’y ait pas de meute qui te suive. Tu peux faire ça. Ou ça. Ce sont tes options. Les deux se conçoivent. C’est à toi de voir. En bref, tu peux vivre, et tu peux crever. Les deux sont OK, si tu veux mon avis. « Et voilà. Je ne lui ai rien répondu, et ensuite il ne m’a plus rien dit. Personne n’a fait de commentaire. Je ne l’ai jamais vraiment revu.(…)
Gilles Farcet
« La joie qui avance chancelante le long de la rue » – Editions Maelstom revolution
« La première pratique est donc d’apprendre à revenir à soi même, au cœur du vagabondage des pensées habituelles. Si vous êtes complices de ces pensées, vous n’aurez aucun pouvoir sur les pensées torturantes. Il y a des rêveries en tous genres, des pensées qui ne sont ni véridiques ni nécessaires, mais au moins, nous n’y croyons pas trop. Mais quand les rêveries deviennent : » Personne ne me comprend » ou » ce qui m’arrive est injuste », alors on y croit.
Chaque fois que vous le pouvez, réveillez vous. Et vous pouvez mettre en place un mécanisme qui fait que c’est justement ce qui vous a engloutis, absorbés, qui va être au contraire ce qui vous fait vous souvenir et revenir à vous mêmes. Il y a une émotion ? De cela, vous vous rendez compte. Si vous le voulez – cela ne se fera pas en une minute – vous pouvez créer cette relation : dès que l’émotion se lève, c’est elle le facteur de rappel. Je reviens à moi même et je me souviens que je suis engagé sur la voie. Je me souviens et tout l’enseignement est à ma disposition. Mais si vous êtes trop complices de pensées inoffensives qui ne vous torturent pas; vous perdez une occasion de vous exercer et vous entretenez le mécanisme. Vous demeurez emportés par les pensées, vous n’êtes rien d’autre que les pensées, et, quand les pensées seront déchirantes parce que la situation vous apparaîtra comme spécialement cruelle, vous serez impuissants. Exercez vous. Cette liberté des profondeurs est à l’arrière plan des pires tempêtes, des plus grandes souffrances intimes. Elle est aussi à l’arrière plan des pensées banales plus ou moins heureuses mais dérisoires par rapport à l’Essentiel, à l’Infini et l’Eternel en vous.Vous demeurez à la surface de la conscience, perdant votre temps en rêveries. On ne peut » être » que maintenant. C’est ici et maintenant que vous pouvez ne plus refuser l’inévitable et ne plus discuter l’indiscutable. C’est maintenant que vous pouvez mettre fin vous -mêmes au conflit intérieur et retrouver la paix qui est votre véritable nature.
Arnaud dans son dernier livre paru ; » La paix toujours présente » page 113,114
Extrait 1 du chapitre 22 : « Le sol qui n’existe pas s’est dérobé sous tes pieds »
(…) Et, puis un jour…La vie m’a mis à genoux, et non contente de m’avoir mis à genoux elle m’a appuyé sur la tête pour me flanquer face contre terre bras en croix et si j’avais pu m’enfoncer, m’enfoncer dans cette terre sur laquelle je gisais, si j’avais pu traverser la couche et disparaître, m’anéantir, j’en aurais été soulagé, crois-le bien, je ne demandais que ça. C’était plus tard, dans les années soixante dix. Je ne voulais pas me zigouiller parce que je suis juif par ma mère et chrétien par mon père et que chez nous, ça ne se fait pas. Et puis quelque chose me retenait, me liait les mains quand j’étais tenté de m’en servir pour avaler une boîte de pilules ou d’ouvrir la fenêtre. Ce qui m’est arrivé ? Disons que les êtres pour lesquels je vivais, les êtres dont j’avais fait mon sens, ma religion, mon horizon, ces deux êtres là sont partis. Ils m’ont été enlevés tous les deux en même temps et en quelques secondes sur une saloperie de route quelque part dans le sud. Un malheureux enfoiré criblé de piquette et de médocs les a expédiés hors de ce monde en un clin d’œil, et je me suis retrouvé chancelant dans mon bureau, cet après-midi là, empalé par une souffrance inimaginable, le téléphone à la main, fini, d’un seul coup, d’une seconde à l’autre. Terminé. Sauf que j’étais encore vivant, j’étais vivant. Alors quelques semaines plus tard, après les hurlements, la rage, la haine, la bave, après des jours d’abomination, de gestes automatiques, des jours où le monde entier est un mur contre lequel tu te fracasses la tête jusqu’au sang, après ces jours de colère, d’insanité et d’écume, je suis allé voir Allen, parce que je me disais que lui seul était capable d’entendre quelque chose à ce que je traversais sans se croire tenu de verser de la chaux vive sur ma peau écorchée en m’inondant de pieuses paroles. Les pieuses paroles aiguisent l’horreur de l’absurde, elles rendent l’insupportable encore plus intenable, au point qu’on ne peut même plus concevoir l’épouvante que l’on est pourtant en train d’éprouver. Rien de pire que les pieuses paroles, quand le réel s’est invité sans s’annoncer (…)
A suivre…
Gilles Farcet
« La joie qui avance chancelante le long de la rue » – Editions Maelstom revolution
Extrait du chapitre 16 : » On fait tous le malin tant qu’on se porte bien »
(…) Enfin, tout ça pour te dire mon garçon, qu’on ne gagne rien à faire le malin. Là, tu vois, j’ai mal, je suis foutrement gêné, mon corps me tape sur le système à se barrer en couilles, et la vérité, c’est que je n’en mène pas large. Je n’ai pas peur et c’est déjà pas mal, c’est déjà beaucoup, vraiment, mais nom de Dieu, ça fait mal et je ne connais rien de plus difficile que d’accueillir de bonne grâce le fait que ce corps te fait mal. J’ai eu mal, il y a longtemps, mal dans mon cœur, mal dans mon âme, mal dans le vif de ma chair non physique et c’était intenable et fou et à s’en vider de son sang dans une ruelle pour que ça cesse. J’ai eu mal comme tu peux pas savoir. Et si je pouvais troquer la douleur que le corps m’inflige maintenant contre celle d’alors, je prendrais sans hésiter, une longue, longue douleur du corps. Et pourtant, gamin, la douleur du corps, la peine du corps, le cri du corps, le halètement du corps qui n’en peut plus d’avoir mal, c’est quelque chose dont on n’a pas le droit de causer tant qu’on ne l’a pas vécu, comme tout le reste remarque bien, mais là, en causer tant qu’on n’y est pas passé, c’est sans doute encore plus obscène. La pornographie à l’état pur, ou plutôt impur, le scandale.
En même temps, c’est diablement intéressant, le corps qui peine et verse des larmes de douleur et qui demande pitié dans le silence de ses fonctions. Parce qu’alors, alors, on voit ce qui reste de notre philosophie, de ce peu de sagesse qu’on a tant bien que mal extirpé de cette aventure insensée. On voit ce qui subsiste de qui on est vraiment, et ça, c’est passionnant mon petit (…) le pire, ce serait de se recroqueviller, de laisser cette enfoirée de douleur brute, physique, de la laisser te clore, te barricader dans un tête à tête à la con, juste toi vaincu et elle se repaissant, sa bouche pleine des restes sanglants de ton humanité réduite en lambeaux par elle, la salope de douleur physique. Non, la douleur, il faut que ça ouvre. C’est vrai de la douleur de la chair non physique, celle du vif de l’âme et de l’esprit, ça l’est aussi de la simplissime douleur du corps, celle-là même que celle que toutes les espèces subissent avec plus ou moins de dignité depuis que quelque chose bouge sur cette planète. Que çà ouvre, que ça ouvre, toujours plus grand.
Gilles Farcet
« La joie qui avance chancelante le long de la rue » – Editions Maelstom revolution
(…) Le retournement le plus décisif découle de la prise de conscience que la force du refus, la force du « non » , est la même que la force de l’accueil, la force du « oui ». La plupart du temps, nous avons le réflexe de refuser un aspect de la réalité qui nous dérange, nous remet en question. C’est ce réflexe du « non » qui provoque une crispation émotionnelle du cœur, une contraction des sentiments. La dualité entre nous et le monde en est la conséquence directe. Toutes les conditions sont alors réunies pour que la souffrance s’installe. Le refus de la situation produit une sorte de kyste dans le tissu de notre histoire qui permet à la mémoire de s’y accrocher et prolonger indéfiniment cette souffrance dans le présent.
Le simple fait de ressentir cette force de refus comme une énergie totalement neutre, avant qu’elle ne prenne la forme du refus, constitue en soi un retour au mouvement naturel d’accueil de ce qui est. C’est ce que l’on pourrait appeler la révolution du « oui ». Ce retournement radical du « non » en « oui » permet d’abolir la dualité entre moi et le monde, et de vivre ainsi l’unité, la paix non dépendante(…)
MALO AGUETTANT dans son livre : RIEN NE MANQUE A CET INSTANT
Description: Manhattan, 1988, une tasse de café refroidit sur la table d’un diner de Prince Street. Envoyé par Radio France, un jeune journaliste passe une semaine dans la cuisine d’Allen Ginsberg, à tournoyer autour des survivants de la Beat Generation. Il y croise Snyder, Orlovsky, Corso et quantité de mythes rattrapés par le siècle finissant. Parmi eux, Hank, gueule cuite entre les gueules cuites, poète sans bibliographie à la faconde intarissable.
Campagne française, 2016, un cycle se clôt alors que dehors le soleil brûle. À la faveur d’un dernier déménagement, l’ex jeune journaliste retrouve le vieux dossier qui contient, retranscrit, le verbe éblouissant de Hank. Là, de nouveau, la question, toujours intacte : qui était Hank, au juste ? Mouche à merde profiteuse ? Bodhisattva de quartier sans meute ? Se pourrait-il que ce vieillard décati ait été le dernier grand poète que, sans le savoir, l’Amérique a enfanté ?
J’ai fini il y a peu le dernier livre (un roman!) de Gilles Farcet. Il m’a conquis, ébloui. Je ne l’ai pas lu, je l’ai dévoré et ce fut, c’est encore, une semaine après une nourriture riche, intense, magnifique de sens et de sagesse compassion C’est une pépite et vous savez bien sûr, que pour trouver une pépite, il faut parfois, le plus souvent, creuser, creuser encore et encore creuser Bref, voilà ce que j’ai ressenti plutôt que penser au sujet de ce livre, en fait une sorte d’ovni littéraire même si je ne peux pas vous expliquer ce que je veux dire Je l’ai reçu comme un coup de massue, une sorte de coup fort à l’estomac qui fait que vous avez un peu la respiration coupé. C’est un peu comme une déflagration qui ne cesse depuis quelques jours de faire son chemin. Lequel? Je ne sais pas C’est un livre qui me sonne qui pénètre profond, corps et âme et un peu plus loin encore Tu sors de cette lecture un peu hébété, culbuté dans ta profondeur, un ouragan est passé. Tu viens de faire une rencontre incroyable Il y a 25 assez court chapitres et dans chaque chapitre, il y a en quelque sorte, un morceau de bravoure (je n’aime pas l’expression mais elle en dit beaucoup quand même), une pierre précieuse En fait, ce livre est un peu comme un collier de pierres très précieuses et chaque chapitre nous révèle quelque secret essentiel d’une de ces pierres précieuses Ce livre, c’est du lourd, c’est très rare que j’éprouve une telle sensation après lecture. Tu sors de ce livre plus lourd au sens d’avoir reçu de la part de quelqu’un qui a du poids, au sens spirituel du terme. Un grand Merci Gilles PS : Un dernier mot…En fait, quand vous sortez de cette lecture, vous êtes rempli de BEAT…Lisez, vous comprendrez… » Tu peux toujours écrire, mais si tu n’as pas le Beat tu es une crécelle qui sonne creux. Car le Beat au fond n’est qu’un autre foutu nom de l’amour »
En voici un extrait : si vous aimez n’hésitez pas à me le dire, j’en mettrai d’autres avec grand plaisir.
(…) Non, le monde n’est pas innocent. Mais son origine, oui, elle l’est. L’origine du monde. Ce qui fait qu’il y a quelque chose plutôt que rien, tu vois ? Cette origine, c’est ce que tu sens quand tu as le bon sens de te lever le matin, avant que tout le monde ne commence à s’agiter et à alimenter la clownerie universelle. Tu ne te souviens pas de cette chanson d’Hendrix, The wind cries Mary ? Hendrix, l’innocence électrique : après que tous les petits diables sont rentrés dans leurs boîtes et que tous les bouffons sont allés au pieu, tu peux entendre le joie qui avance chancelante le long de la rue. Un poète, Hendrix, et pas qu’avec sa guitare. Je le croisais au village , c’était un gamin timide et déjà fatigué. Ce bonheur, cette joie boitillante qui arpente le rue vide, elle est là la nuit et aussi tôt le matin, quand tout est frais, comme lavé. Net, propre. Alors tout te paraît possible ; et de fait tout l’est. Parce que le cycle de compromissions, arrangements, bavardages, atermoiements, poses et postures n’a pas encore commencé même si c’est imminent, ça, on peut y compter. Mais n’empêche, l’innocence est là. A l’origine. Et cette origine, tu l’es. Cette origine, c’est toi mon gars, toi et nul autre que toi. Ecoute moi bien, c’est comme je te le dis. Le commencement, c’est toi, et donc la fin aussi.
Et la poésie, eh bien elle est là. Cette putain de poésie dont on nous a bassiné, qu’on a voulu nous servir froide à l’école, qu’on prétend claquemurer dans des anthologies, des manuels scolaires, des saloperies de clubs animés par des guignols mondains, des revues où des mecs qui se la jouent écrivent trois mots par page et rient de se voir si cool, si « poètes en ce miroir comme tu dirais, ouais je parle un peu français, ouais. Elle est là, la poésie, juste là, dans cet instant frais, à ce point de bascule. Au point repos du monde qui tourne, comme disait ce bon vieux Eliot en faux gentleman anglais de mes deux.
Un poète, c’est un péquin comme un autre qui se tient aux aguets de cette origine puis s’échine à rapporter ce qu’il a entrevu. Tu fais ça et te voilà en compagnie de Whitman, de Thoreau, de Rimbaud et aussi des mecs qui dessinaient sur les parois de leur grotte. Entre deux, il s’agit d’essayer de survivre jusqu’au lendemain. Chacun fait comme il peut (…)