Auteur/autrice : Yann Le Boucher

  • 2ème conférence de Michel Fromaget à La Bertais

    HISTOIRE ET MÉTAHISTOIRE

    PERSPECTIVES CHRÉTIENNES SUR LA CRÉATION, LE DEVENIR ET LES FINS DERNIÈRES DE L’HUMANITÉ

    Pour ne rien vous cacher, j’avoue que j’ai hésité un moment à vous livrer ici la version écrite de la seconde intervention de Michel Fromaget à La Bertais. La raison principale est que le texte suivant est certes d’une grande richesse, mais aussi d’une complexité certaine qui risque de rebuter la plupart d’entre vous. Et ce d’autant plus que, selon moi, s’il ouvre de belles perspectives, il laisse aussi derrière lui de nombreuses questions irrésolues.

    Dit autrement, ce texte est à la fois plus difficile et moins abouti que les deux premiers déjà mis à votre disposition (conférence publique du vendredi et intervention du samedi matin). En ce qui me concerne, je le vois comme un matériau de travail et c’est pourquoi j’ai choisi de vous en présenter ci-dessous l’aspect qui m’a le plus inspiré, de façon à vous donner un aperçu de sa richesse potentielle, même si vous n’avez pas goût à tout lire…

    Protologie et eschatologie, qu’est-ce à dire ?

    Levons d’abord une première difficulté de vocabulaire. La réflexion sur les origines du monde (ou sur l’origine des mondes, au choix), se nomme en théologie chrétienne la « protologie » c’est-à-dire le discours (logos) sur le début (protos).  Et la réflexion sur la fin du monde (ou sur la fin des temps, au choix), se nomme « eschatologie« , c’est-à-dire le discours (logos) sur la fin (eschatos).

    La source biblique principale de la protologie est le livre de la Genèse, alors que celle de l’eschatologie est le livre de l’Apocalypse. Si on veut se faire une idée de la façon dont le christianisme se représente le début et la fin de l’univers et de l’humanité, il faut donc se pencher sur ces deux textes. Ce qui, comme le montre en partie le propos de Michel, n’est pas une mince affaire. Je dis « en partie », car malheureusement, dans son intervention, Michel n’a pas vraiment poussé sa réflexion jusqu’à l’Apocalypse, mais s’en est tenu à la Genèse, puis à la doctrine « classique » de l’incarnation du Fils de Dieu sur terre. C’est là une petite limite de son travail, mais dont on aurait mauvaise grâce à lui faire reproche, tant il y a déjà matière à réflexion dans ce qu’il nous livre.

    Les deux récits de la Création dans le livre de la Genèse :

    Une première remarque qui permet d’entrevoir la difficulté de l’entreprise, c’est que le livre de la Genèse s’ouvre non par un, mais par deux récits successifs de la création, qui sont en contradiction apparente l’un avec l’autre. En effet, dans le premier récit « en 7 jours », Dieu crée d’abord l’univers, puis la vie sur terre (les plantes au 3ème jour,  les poissons et les oiseaux au 5ème jour, les mammifères terrestres au 6ème jour), puis enfin l’être humain qu’il génère sans hiérarchie des sexes (« mâle et femelle il les créa » ), cela aussi au soir de la 6ème journée. Après quoi, satisfait de sa tâche (« Dieu vit que cela était très bon ») il se repose le 7ème jour !

    Le Paradis, selon Lucas Cranach l’Ancien (1530).

    Alors que tout semble ainsi en place, et sans aucune transition, au verset suivant, la Genèse se relance dans un second récit de la création dans lequel, cette fois, Adam (le premier humain de sexe masculin) est créé en premier (après le ciel et la terre). Adam existe avant les plantes et les animaux et bien avant la femme, qui n’apparait qu’en dernier lieu, après qu’Adam ait cherché en vain parmi les animaux un être semblable à lui avec qui partager sa vie! C’est alors que Dieu l’endort et « sous anesthésie » tire de son flanc Ève, son double féminin. Et c’est ensuite que prend place le fameux épisode où le Serpent tente Ève qui « craque ». Elle cueille le fruit défendu de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, « croque la pomme », puis incite Adam à faire de même à son tour! De là, la malédiction divine qui s’abat sur nos ancêtres, les chasse du Paradis terrestre où ils avaient précédemment été installés et les condamne à la souffrance et à la mort !

     

    Le péché Originel, vu par Jan Brueghel (pour le fond du tableau) et Peter Paul Rubens (pour Adam et Ève, l’arbre et le serpent). 1615

    Michel se fait l’écho d’une tradition herméneutique selon laquelle le premier de ces deux récits serait d’ordre cosmogonique (explication de l’origine du cosmos) alors que le second serait d’ordre anthropogonique (explication de l’origine du mal dans l’expérience humaine). Sur cette base, il explicite alors l’une des différences majeures qui existent entre la protologie catholique et la protologie orthodoxe. Pour la première, les deux récits sont à prendre « au pied de la lettre » c’est-à-dire comme décrivant (sous forme réelle ou symbolique) des faits ayant eu lieu au sein de l’histoire. En conséquence l’être humain actuel est définitivement exilé du Paradis terrestre et ne peut pas réintégrer par lui-même cet état. Cette réintégration n’est possible que par l’intermédiaire d’un second événement historique, l’incarnation du Fils de Dieu rédempteur, qui est une nécessité incontournable pour contrebalancer les effets délétères du péché originel. Bref, il s’agit d’une vision qui réduit l’être humain à sa dimension temporelle, ce qui, ce faisant, pose tout un tas de problèmes théologiques quasiment insolubles, comme le fait que, dans cette conception, les catastrophes naturelles et la souffrance sans nom qu’elles engendrent depuis le début des temps sont censées être la conséquence du péché originel de nos ancêtres (alors que bien évidemment les dinosaures ont eu à subir cette souffrance bien avant l’apparition des premiers humains sur terre !). Ou encore, dans cette conception, seuls les êtres humains nés après la venue du Christ ont la possibilité de réintégrer (grâce à son aide) le Royaume des Cieux (autre nom du Paradis terrestre) ! Et tant pis pour les millions et millions d’humains ayant vécu avant la venue du Christ ou aussi pour tous ceux qui, depuis sa venue, n’en ont malgré tout jamais entendu parler!…

    A l’opposé de cette conception catholique « historiciste », la protologie orthodoxe estime que seul le premier récit de la Genèse a valeur historique, le second étant méta-historique. Qu’est-ce à dire : pour ce que j’en ai compris (à vous de lire le texte de Michel si vous voulez vous en convaincre à votre tour), cela revient à considérer que tout être humain a, ici et maintenant, le choix d’être ou non dans le paradis terrestre ou d’en être exilé, car ce récit ne décrit pas quelque chose qui a eu lieu dans l’histoire, mais quelque chose qui a lieu « derrière l’histoire » ou « en amont de l’histoire » ou encore sur un plan subtil de notre être qui n’est pas soumis au temps ! Et alors, dans cette autre perspective (de mon modeste point de vue) tout s’éclaire d’un jour nouveau. Le péché originel ne parle pas de la faute de mes lointains ancêtres, mais de celle que je commets moi-même, ici et maintenant, chaque fois que je choisis de « distinguer le bien du mal », c’est-à-dire d’émettre un jugement sur le réel plutôt que de l’accepter tel qu’il est. Et, accessoirement, le Christ n’est plus le passage unique et obligé vers cet état intérieur a-temporel qui est notre vraie nature. Il n’est qu’un des supports possibles (au mieux, le meilleur qui puisse être pour un temps et une ère civilisationnelle donnée) offerts aux hommes par Dieu pour leur permettre de « revenir à eux-mêmes ».

    Avec cette approche orthodoxe, que Michel présente éloquemment comme étant celle du christianisme des origines, nous nous retrouvons donc en convergence beaucoup plus facile et profonde avec la doctrine hindoue en général, et la pensée de Swâmi Prajnanpad en particulier. Je n’ai pas eu le temps de développer moi-même ce point dans mes propres interventions, mais sachez que pour le Védanta, c’est la non-reconnaissance de notre vraie nature (âvidya) qui est l’équivalent du péché originel du christianisme. Et pour Swâmiji, c’est le refus de « ce qui est » qui manifeste cette ignorance (et donc qui est « le péché originel en acte », celui dans lequel nous nous complaisons du matin au soir sans même nous en rendre compte).  Tout comme  le christianisme orthodoxe, le védânta considère donc que chacun est seul responsable de sa « misère » actuelle, celle-ci ne devant rien à une force extérieure à lui-même, et en particulier rien à une malédiction divine conçue comme insurmontable, car préemptive, c’est-à-dire énoncée avant même notre propre naissance. Et dans ce contexte, permettez-moi de vous rappeler cet aphorisme de Swâmiji selon lequel, « tout est neutre, et c’est le mental humain qui qualifie de bon et de mauvais ». Voilà qui éclaire sous un jour nouveau l’interdiction biblique de croquer le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Traduit en langage védantique, pour réintégrer notre nature « paradisiaque » nous n’avons qu’une seule chose à faire : renoncer à nos opinions, nos comparaisons et nos jugements de valeur, en un mot renoncer à notre mental, pour vivre d’instant en instant en accord avec le monde tel qu’il est !

    Eschatologie chrétienne et Védânta

    Si l’apport de Michel en ce qui concerne la « protologie » m’a semblé lumineux, les choses ne m’ont pas paru aussi limpides en ce qui concerne ce qu’il nous a dit des fins dernières (eschatologie). Et peut-être justement, parce que sur ce thème, il n’a pas su ou pu faire ressortir suffisamment la différence entre le point de vue catholique et le point de vue orthodoxe. Toujours est-il qu’en ce qui concerne la fin des temps, il s’en est globalement tenu au point de vue historiciste selon lequel, Dieu se révèle progressivement aux hommes au cours de l’histoire, ce qui fait que ceux-ci sont donc censés « progresser spirituellement » au fil du temps, jusqu’à parvenir à une re-divinisation complète… Je simplifie à outrance le propos de Michel, entre autres parce que ça serait trop long de le détailler ici, mais sachez que, sur ce point, la divergence de surface est grande avec la tradition hindoue, puisque celle-ci considère au contraire que le temps est un facteur irrémédiable de la dégénérescence spirituelle de l’humanité. Cependant, si on fait intervenir la notion de cycles cosmiques (à laquelle Michel fait allusion à la fin de son texte), les choses sont plus complexes et plus nuancées, comme j’ai tenté de le montrer dans mes propres interventions. Pour vous en convaincre, il vous faudra donc attendre de pouvoir lire mes propos sur cette conception cyclique de l’histoire, propos que je projette de mettre bientôt à votre disposition ici même. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche (ou de vous dégouter définitivement de me lire sur ce thème), sachez déjà qu’il y a aussi dans l’Apocalypse non pas un, mais deux récits de la fin du monde, qui, selon moi, font pendant aux deux récits de création de la Genèse.  Sans en avoir encore parlé avec Michel, je suspecte que là encore l’un des deux concerne « l’histoire », alors que l’autre concerne « la méta-histoire ». Mais chut, vous n’en saurez pas plus aujourd’hui !

    Sur ce, bonne lecture (aux plus téméraires) du second texte de Michel à télécharger ci-dessous. Et pour les autres, bravo déjà d’avoir eu la patience de lire cet article jusqu’au bout !!!

    Téléchargez ici le texte de la deuxième intervention de Michel à La Bertais

  • Petit retour sur l’AG d’Hauteville, cuvée 2019

    Selon mon habitude et en attendant le compte rendu officiel du prochain numéro de la Lettre d’Hauteville, voici un petit aperçu (subjectif) de ce qui s’est passé ce week-end à Hauteville…

    Intervention d’Alain Delaye du samedi matin 11h :

    Touchante surprise que la découverte du parcours de cet homme âgé, de petite taille mais de haute érudition, qui a longtemps été moine Carmes avant de décider de revenir à la condition laïque, et où, après un mariage et l’éducation de ses trois filles, il s’est finalement retrouvé à enseigner la théologie chrétienne, puis les religions orientales (hindouisme et bouddhisme) à l’université catholique d’Angers. Esprit ouvert et d’une curiosité insatiable, il ne s’est pas contenté d’étudier les textes classiques et les témoignages des grands noms de la spiritualité, mais il a aussi osé expérimenter par lui-même de nombreuses pratiques, dont le Yoga et le Zen. Ayant la plume facile, il a jalonné son itinéraire personnel d’ouvrages multiples reflétant les différentes époques de sa propre quête de sagesse (livres sur les grands mystiques chrétiens : St Thérèse d’Avila et Saint-Jean de la Croix, puis livres sur le bouddhisme et sur l’hindouisme, et encore, ouvrages sur la sagesse convergente de maitres contemporains, dont Etty Hilsum et Swâmi Prajnanpad. Un peu à la façon d’André Comte-Sponville, il a rédigé un petit livre de synthèse sur l’enseignement de notre maitre (qu’il estime être l’un des sages les plus remarquables du 20ème siècle) et qui s’appelle  » Dire Oui à ce qui est  » . A lire sans modération, si vous voulez reviser votre compréhension des bases de cet enseignement !

    A noter pour finir que ce « militant spirituel » de toujours est aussi à l’origine des « cafés Sagesse », une initiative citoyenne qu’il a lancée à Angers sur le modèle des café-philo et qui se veut un espace d’échange et de partage entre personnes intéressées par les thématiques de la sagesse universelle. Ça se passe à Angers le 3èm mercredi de chaque mois à 20h30 au café de l’Entre…

    Intervention de Calisto Suarez du samedi après-midi 15h30 :

    Changement de décor avec ce représentant d’un « peuple premier » de l’actuelle Colombie. Cet indien Arhuaco de la Sierra Névada est un pacifiste déclaré qui voyage à travers le monde pour faire connaître sa culture d’origine et ses valeurs de respect de la Terre et de tous les êtres vivants.

    Autant la prestance et la chaleur de l’homme ont plaidé pour sa cause, autant le discours (en espagnol, avec une traduction un peu approximative) a quelque peu déçu. Des propos sur la nécessité de prendre soin du monde et d’harmoniser pour cela nos rapports avec les autres êtres vivants (hommes, animaux et plantes) certes pleins de bonnes intentions, mais déclinés de façon très redondante et en termes trop généraux pour donner l’impression qu’on a appris quelque chose de neuf. Un tour sur le site web qui promeut sa mission m’a donné ce matin quelques éléments supplémentaires me permettant de tempérer ce jugement personnel peut-être un peu trop « expéditif ».

     » Je suis Calixto Suarez Villafañe, indigène Arhuaco de la Sierra Nevada, au nord de la Colombie. Je suis né au sommet d’une montagne, à 3000 mètres d’altitude. A ma naissance, je n’étais pas très bien physiquement, j’avais des problèmes de santé et ma mère pensait « que je n’avais pas de futur ». Elle me laissa entre les mains de ma grand mère qui était une masseuse hors pair et c’est elle qui régla mes problèmes physiques. Après 4 ans, mon oncle maternel se maria et je partis vivre avec eux comme fils unique. C’est à ce moment que j’ai commencé ma formation avec les anciens. Avec eux j’ai compris la vie en général, j’ai appris sur les quatre mondes, sur la terre et l’univers.

    J’avais une perception sensorielle très forte mais j’étais très timide.Très souvent je restais seul dans la montagne à cultiver du maïs ou d’autres sortes de choses. Les anciens me parlait des êtres vivants de la nature et ces des points sacrés que nous appelons aujourd’hui points d’énergie, où les Mamos (les sages) font leurs paiements pour l’harmonisation. Il y a beaucoup de lieux sacrés dans le territoire Arhuaco, et j’ai donc commencé à comprendre qu’un point était parfois relié à tous les autres et que certains points ne sont reliés qu’à une seule chose. Les Mamos disent que la Sierra Nevada est comme le cœur du monde. J’ai alors commencé à réfléchir pourquoi ? Ma conclusion fût que les points qui sont sacrés ici, sont en connexion avec d’autre points de la planète. Et qu’ils font tous partie d’un réseau qui est connecté avec l’univers.

    A partir de là, j’ai ouvert la porte et j’ai voyagé hors du pays. Il y a maintenant un moment que je voyage. J’ai connu différents pays, cultures et traditions dans le monde. Toujours sous forme de recherche, afin de ressentir la force invisible des lieux sacrés de la planète, car il y en a partout. Je me suis dédié à faire un échange d’énergie avec ses lieux. J’ai ainsi voyagé en donnant des conférences et en ayant des entretiens avec des enfants, des adolescents, des adultes, des associations, des fondations, des institutions. Avec d’autres cultures, d’autres religions, avec des politiciens et des maitres spirituels.

    Ce qui m’intéresse plus spécialement, c’est la bonne santé de la terre, que l’eau soit exempte de maladie, que le vent ne porte pas de virus et que les humains soient en paix avec eux-même. Voilà mon élan et mon intention, parler de l’importance de ces lieux sacrés et du sacré qu’il y a en chacun de nous ».

    Et si ce texte vous donne envie d’en savoir plus, n’hésitez pas à visiter ce site à votre tour (il y a plein de très belles photos !!!) :

     

    AG statutaire du dimanche matin 9h30 :

    Les nouvelles de l’association des amis d’Hauteville sont plutôt bonnes. Voici, en vrac, ce que j’en retiens pour vous :

    • Avec 1519 membres en 2018, la baisse du nombre des adhérents constaté lors des précédents exercices semble en passe de se stopper, d’autant plus que sur le premier semestre 2019, le nombre des adhésions est reparti à la hausse…
    • Du point de vue financier, le budget global de l’association des Amis de Hauteville est de l’ordre de 930.000€. Un déficit probable avait été anticipé l’an passé, mais au final celui-ci a pu être bien mieux contenu que prévu et n’est en 2018 que de 6.600€. Il est donc probable que l’exercice de 2019 puisse permettre de revenir à l’équilibre… A noter que par ailleurs, l’association vient de finir de rembourser son emprunt pour l’achat de la propriété et que de ce fait, elle jouit d’une bonne santé financière, avec entre autres, une avance de trésorerie suffisante pour aborder sereinement la saison en cours…
    • Cette situation a permis quelques investissements notables visant à améliorer l’état global de la propriété et en particulier à la rendre plus autonome sur le plan de son approvisionnement en eau. A cet effet un bassin de rétention des eaux de pluie et un forage couplé avec une pompe à panneaux solaires, sont en cours de réalisation ; ce qui va permettre l’irrigation « gratuite » des plantations et du jardin potager…
    • Intéressant à savoir : il y a actuellement 25 permanents qui travaillent à Hauteville soit, compte tenu des bénévoles, l’équivalent temps plein de 13 personnes. Deux des postes vont connaître un changement : le remplacement d’une des cuisinières et d’un des responsables des espaces verts est en cours. Alors, bienvenue à Églantine et à Loïc dans leurs nouvelles fonctions !

     

    Intervention de Sophie Edelman  du dimanche matin 11h :

    Sans nul doute, cela aura été l’intervention majeure de cette AG. Dans le style très vivant qui est le sien, Sophie a en effet fait un témoignage très inspirant sur son chemin et sur l’aide particulièrement déterminante qu’elle a reçue de Daniel Morin tout d’abord puis ensuite d’Arnaud. Étant donné que le contenu de son intervention était très personnel et que l’essentiel en sera très certainement reproduit dans la prochaine Lettre d’Hauteville, je ne vous en dirai pas plus ici. Mais sachez que désormais, la sangha compte un atout supplémentaire en la personne de cette « femme remarquable »…

     

    Intervention du père Christian Delorme du dimanche après-midi 14h30 :

    A ma connaissance, c’était la troisième fois que ce prêtre lyonnais, ami de longue date d’Arnaud, était invité dans le cadre de l’AG d’Hauteville. Bien que je garde de ses deux interventions précédentes une impression positive, j’avoue ne pas me rappeler de leur contenu. Cet oubli aura eu pour avantage de me permettre de recevoir de façon neuve la parole de « Christian » qui nous a brossé une « brève histoire de sa vie » et des rencontres marquantes qui l’ont jalonnée : Martin Luther King (qui est à la racine de sa vocation religieuse), Lanza del Vasto, Le Dalaï Lama (dont il a été un proche pendant plusieurs années en étant à la tête d’une association oeuvrant à l’intégration des réfugiés tibétains en France), Le Cheikh Bentounès (à l’initiative de la diffusion du soufisme dans les banlieues islamisées françaises) et, bien entendu Arnaud. Mais cette longue litanie ne donne qu’une idée très superficielle du charisme propre de Christian Delorme, qui est d’abord et avant tout un prêtre engagé, très impliqué dans les mouvements sociaux et la défense des plus pauvres ou des plus démunis. Pour avoir une idée plus juste du personnage, je vous recommande le film « La Marche », avec Jamel Debbouze dans le rôle principal et Olivier Gourmet dans le rôle du Père Christian ! En voici le pitch, pour ceux et celles qui l’ont raté sur les écrans  lors de sa sortie en 2013 :

    En 1983, dans le quartier des Minguettes, en banlieue lyonnaise, un adolescent est blessé par un tir policier. À sa sortie de l’hôpital, contre l’avis de ses proches, il décide avec deux amis, Sylvain et Farid, ainsi que le curé de la paroisse, (Christian Delorme), de se lancer dans une marche pour dénoncer le climat d’intolérance qui règne dans le pays. Martin Luther King et Gandhi les inspirent. Le 15 octobre, ils quittent Marseille à une petite dizaine. Deux mois plus tard en entrant dans Paris, ils seront plusieurs milliers…

    A sa sortie, le film a fait polémique, car soutenu publiquement par François Hollande et son gouvernement, il a été stigmatisé comme un film de « propagande du pouvoir socialiste » ce qui a eu pour effet de briser sa carrière publique. Il n’empêche, la critique de Télérama était excellente, et lors d’un interview au sujet de la fidélité du film aux événements, Christian Delorme (qui, en vrai, a été l’un des principaux animateurs de cette « marche des beurs ») a déclaré à la presse : « le réalisateur est resté fidèle à l’esprit de notre mouvement pacifiste ».

    Aller : ne vous privez pas de jeter un œil à la bande-annonce. Et que l’évocation de cette marche pacifiste nous inspire à continuer l’aventure de notre propre cheminement intérieur, tant au côtés de nos frères et soeurs de la sangha hautevilienne qu’au delà, avec tous les « disciples de bonne volonté » !

  • 1ère conférence de Michel Fromaget à La Bertais

    Une des particularités de Michel Fromaget, c’est qu’il rédige à l’avance chacune de ses interventions publiques et que, de ce fait, il est à même, à l’issue de ses prestations, de fournir aux organisateurs un écrit reflétant de façon fidèle son propos oral. Ceux et celles qui auront la curiosité de lire le texte de sa première intervention à la Bertais (celle du samedi matin) auront néanmoins la surprise de trouver dans ce texte de nombreuses précisions qui n’ont pas été données oralement. A l’inverse, certains développements oraux ne figurent pas dans le texte écrit. La raison est bien évidemment que comme tout bon conférencier qui se respecte, Michel se sert de son écrit comme d’un canevas à partir duquel il improvise en partie son discours en l’adaptant aux circonstances et à l’auditoire précis devant lequel il se trouve. De la sorte la lecture ne fait pas double emploi avec l’audition, mais permet au contraire d’approfondir les points les plus techniques qui souvent échappent à la compréhension lors de la simple écoute…

    Pour la livraison d’aujourd’hui, pas de surprise majeure dans la première partie du texte : vous y retrouverez cependant un thème qu’en ce qui me concerne j’ai perçu comme original par rapport à ce que Michel nous avait dit lors de sa première venue de 2016 : c’est celui de l’influence que le modèle anthropologique implicitement véhiculé par une société donnée a sur les individus. Cette idée est déjà évoquée dans le texte de la conférence publique mis en ligne la semaine dernière, mais elle est ici encore plus clairement développée. Je la résumerai ainsi : la représentation qu’une société donnée se fait de l’être humain ne décrit pas l’homme tel qu’il est, mais le fait devenir tel qu’elle le décrit. Ainsi quand le modèle anthropologique dominant d’une culture est seulement binaire (corps et psychisme), il amène les membres de cette société à se percevoir et à se comporter comme s’ils n’étaient eux-mêmes que cela puisque c’est cela la seule l’image qui est collectivement reconnue comme vraie ou réelle. A méditer !!!

    Dans la seconde partie du texte, pas de grande surprise pour ceux et celles qui connaissent les bases théoriques de la pensée de Michel, mais pour les autres, c’est une belle occasion de se frotter plus avant à cette pensée (l’exposé étant là aussi plus détaillé et précis que celui de la conférence publique). Un point mérite cependant à mes yeux une attention spéciale, c’est ce que Michel dit de nouveau (par rapport à 2016) concernant le corps. Il distingue en effet ici ce qu’il appelle l’essence du corps, c’est-à-dire la possibilité qu’offre celui-ci à la personne de pouvoir s’exprimer et de pouvoir être identifiée par autrui, des caractéristiques accidentelles et provisoires du corps (son poids, sa taille, ses organes) qui peuvent être conçues comme « inessentielles ». De ce point de vue, et il s’agit là selon moi d’une idée d’un grand intérêt, l’essence du corps n’est pas matérielle mais subtile et de ce fait n’est pas obligatoirement soumise à la déchéance lors de la mort physique (matérielle)… Un autre thème sur lequel nous aurons avantage selon moi à revenir!!!

    Ceci étant et toujours selon moi, l’apport principal du présent texte se trouve dans sa troisième et dernière partie intitulée « le point de vue de l’histoire » où Michel retrace par le détail l’historique quelque peu chaotique de l’anthropologie chrétienne. Il y a là un apport original remarquable sur lequel, faute de temps, Michel a dû faire l’impasse dans son exposé oral et qu’à la lecture j’ai pourtant trouvé à la fois passionnant et lumineux. Bien qu’il s’agisse de pages un peu difficiles, je ne peux que vous inciter à les lire car elles offrent un éclairage rare sur un aspect de l’histoire de notre culture aussi important que méconnu : à savoir le rôle crucial joué par les grands théologiens que furent respectivement Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin dans la genèse du modèle binaire dont notre civilisation est à la fois l’héritière et le fer de lance. Très touché d’apprendre -entre autres- comment St Thomas lui-même a eu, sur la fin de sa vie, la révélation de l’inanité de son fantastique travail intellectuel! Et au-delà de ce détail, pour  une fois que l’érudition est au service de la Sagesse, je ne saurais vous inciter à ne pas bouder le plaisir de cette lecture inspirante !

     

    Téléchargez ici le texte de la première intervention de Michel à La Bertais

     

    Rappel : le texte de la conférence publique du vendredi soir est disponible au bas de l’article précédent « Retour sur le we avec Michel Fromaget« 


     

  • Retour sur le week-end avec Michel Fromaget

    Comme à l’habitude, je suggère aux participants à ce dernier week-end de partager ci-dessous leurs impressions. Par ailleurs et outre les quelques photos ci-contre, vous trouverez ci-dessous un lien vous permettant de télécharger le texte de la conférence publique que Michel a fait vendredi soir à Rennes et qui donne déjà une bonne idée du contenu du week-end.

    « Je télécharge la conférence »

     

    Le texte des trois interventions qu’il a faites à La Bertais sera lui aussi prochainement mis en ligne….

    Quant aux deux longs exposés que j’ai faits moi-même sur la tradition hindoue, je vais tenter d’en rédiger un résumé. En attendant, je veux déjà remercier ici ceux et celles qui m’ont fait oralement part du grand intérêt qu’ils avaient pris à m’écouter sur un sujet dont je n’avais jusqu’à présent jamais parlé de façon aussi complète et détaillée, à savoir la cosmologie issue de la Sagesse indienne et les perspectives qu’elle offre quant à notre évolution individuelle et collective. Une porte a été poussée, qui, comme souvent, ouvre autant de nouvelles questions qu’elle n’apporte de réponses. Si mes propos ont soulevé en vous des interrogations, n’hésitez pas à les partager. Dans la mesure des limites de ma propre compréhension, c’est avec plaisir que je prolongerai l’échange.

    Une confidence pour finir : j’ai dû pas mal « travailler » dans tous les sens du terme pour préparer mes deux interventions et, comme souvent, je me sens à présent le premier bénéficiaire de ce travail. De ce point de vue, c’est donc moi qui aie envie ce matin de remercier La Bertais et les participants de m’avoir permis, une fois de plus, de « grandir en esprit » tout en les servant !

    PS : cette fois-ci les photos ont été prises par Anne-Marie (ce qui explique qu’elle n’y figure pas !)

     

     

  • Modernité et désarroi

    En préparation à la conférence et au séminaire avec Michel Fromaget, je vous offre ce petit extrait de l’introduction de son livre « Modernité et désarroi ou l’Âme privée d’Esprit ».

    « Aucune civilisation, ni même aucune culture, n’est concevable qui ne soit tissée sur une conception, une compréhension particulière de l’homme et de la vie humaine, qui ne soit, en un mot, tissée sur une anthropologie. Cette anthropologie n’est en rien une entité ou une notion abstraite. Elle est une représentation psychologique véhiculée et fournie par le milieu social, notamment par la famille et l’école, une image mentale que nous « respirons » et assimilons dès notre plus tendre enfance et sans laquelle nous ne saurions construire notre humanité. (…)

    Au vrai, cette anthropologie, qui à notre insu nous habite, conditionne nos moindres pensées et nos moindres gestes. Or celle élue par l’Occident moderne consiste à dire que l’homme est un être à deux dimensions : physique et psychique, ou encore biologique et psychologique. Qu’il est fait de cela seulement et uniquement (…)

    Soit! dira-t-on. Mais si le modèle dualiste « corps-psyché » s’est imposé dans notre culture, c’est tout simplement parce que l’homme est ainsi fait. La preuve en est que ce modèle « marche » et même très bien pour expliquer l’essentiel de ce qui fait l’existence humaine de nos contemporains (…)

    Mais  est-ce bien vrai que ce modèle, qui condamne l’homme à n’être que corps et âme, marche ?

    Et si l’essentiel des maux qui accablent nos contemporains, à savoir, à titre individuel, maladies, angoisse, solitude, dépression, suicide, drogue et, à titre collectif, chômage, inégalité, pauvreté, racisme, délinquance, terrorisme, guerres, le tout conduisant à l’extinction des espèces animales, au réchauffement climatique et autres calamités… et si tout cela venait, justement de ce modèle erroné qui ne rend pas compte de ce qu’est l’homme en réalité et qui ne lui donne donc pas accès à la plénitude de l’expérience du monde ? »

    ************

    Pour en savoir plus sur ce que vous êtes vraiment et sur le regard neuf que cela vous invite à porter sur votre existence et sur la marche du monde, rendez-vous le vendredi 24 au soir pour la conférence publique de Michel à Rennes, et/ou les 25 et 26 mai à La Bertais pour le séminaire en duo avec Yann, qui reviendra entre autres sur cette célèbre mais néanmoins étrange affirmation de Krishna dans la Baghavad Gîta (IV, 7-8) :

    « Toutes les fois que l’ordre chancelle et que le désordre se répand, Je me remanifeste dans ce monde.
    Je renais ainsi d’âge en âge pour la protection des justes et la perte des méchants, pour la restauration du Dharma. »

  • Retour sur la venue d’Emmanuel

    La cinquième visite parmi nous d’Emmanuel fera date, tant dans nos annales personnelles que dans celles de La Bertais.

    Pour nous, les choses ont commencé dès mercredi après midi, puisque de la gare de Rennes où nous avons accueilli notre hôte, nous nous sommes directement rendus à Nantes où Emmanuel a pris une première fois la parole devant un public d’une centaine de personnes. Avec un bon tiers des auditeurs qui connaissaient déjà personnellement Emmanuel, les choses ont été facilitées par une ambiance bon enfant, presque familiale. Quant aux personnes qui découvraient Emmanuel pour la première fois, les feedbacks post-conférence ont semblé des plus positifs…

    Au Centre Culturel Bouddhique de Rennes…

    Après une journée de pose, Emmanuel est intervenu une seconde fois le vendredi soir à Rennes où presque 200 personnes se sont présentées à sa conférence qui avait lieu au Centre Culturel Bouddhique. Fort de l’expérience de l’avant-veille, Emmanuel a décidé de s’impliquer davantage dans son propos pour le rendre plus vivant et de ce fait il a fait forte impression sur un grand nombre des auditeurs.

    La « machine ayant ainsi été bien chauffée », il est arrivé à La Bertais en pleine possession de son énergie et de sa détermination et a mené un remarquable travail qu’il a souhaité prolonger en proposant dès le samedi matin que soit réorganisé l’emploi du temps prévu, de façon à y ajouter chaque jour une réunion supplémentaire. Preuve que cela n’était pas de trop, les mains étaient encore nombreuses à se lever lors de la dernière réunion du dimanche, et quelques participants ont dû repartir avec leur question! Occasion pour eux de rechercher dans la richesse des propos tenus durant ces deux jours les éléments leur permettant d’éclairer leur propre problématique ou interrogation, ou encore d’envisager un séjour prochain à La Bertais ou à Hauteville pour obtenir les éclaircissements encore manquants!

    Après ce survol factuel du week-end, je laisse la plume à ceux et celles qui voudront bien faire part de façon plus personnalisée de leurs impressions, sachant que si vos contributions sont significatives, j’aurai plaisir à les retransmettre ensuite à Emmanuel pour qu’il puisse, lui aussi, bénéficier du retour de son auditoire…

     

  • Journée chantier et 4ème rencontre autour du thème de l’effondrement

    Samedi prochain 9 mars, nous nous retrouverons à La Bertais pour une journée chantier, suivie d’une quatrième rencontre/réflexion/enseignement autour du thème de l’effondrement probable de notre civilisation. Nous avons programmé pas mal de travaux manuels tant extérieurs qu’intérieurs pour cette journée et nous vous espérons donc nombreux et nombreuses pour la séquence chantier qui, cette fois-ci commencera dès le matin à 10h (accueil à partir de 9h45).

    Après le thé, la partie enseignement sera cette fois-ci consacrée à revisiter la loi du changement chère à Swâmi Prajnanpad et à montrer comment une meilleure compréhension de cette loi peut nous aider à faire face plus sereinement aux nombreux bouleversements sociaux et civilisationnels en cours ou à venir.

    Comme annoncé lors de la précédente rencontre de janvier, ceux et celles qui le souhaitent pourront prolonger la journée en dînant sur place et en visionnant ensuite le film de Cyril Dion « Après Demain« . Pour mémoire, il s’agit d’un documentaire récent (sorti en septembre dernier), qui fait le point sur les principales initiatives qui ont vu le jour suite au phénoménal succès de « Demain« , le premier film du même auteur. Si ce deuxième volet est nettement moins « enthousiasmant » que le premier opus, il est néanmoins très intéressant dans la mesure où il est consacré à évaluer de façon réaliste les effets à moyen terme des projets citoyens nés de la dynamique du premier « épisode ». Ce faisant, il représente une aide efficace pour tempérer les élans de certains de nos personnages (l’optimiste, l’idéaliste etc) et ainsi arriver à un positionnement plus centré, gage d’un engagement plus éclairé dans l’action…

    Si vous avez prévu d’être des nôtres samedi prochain, il est nécessaire de vous inscrire à cette journée en utilisant le lien ci-dessous :

    Je m’inscris à la rencontre du samedi 9 mars

    Programme : 

    • 9h45 : accueil et installation
    • 10h : brève méditation introductive
    • 10h15 : organisation des tâches du matin et chantier
    • 13h : repas convivial (préparé sur place)
    • 14h30 : organisation des tâches de l’après-midi et chantier
    • 17h : thé convivial
    • 17h45-19h15 : rencontre/réflexions et enseignement autour de la loi du changement de Swâmi Prajnanpad dans la perspective d’un effondrement possible de notre civilisation
    • 19h45 : diner convivial sur place (présence recommandée pour ceux qui souhaitent participer à la soirée)
    • 20h45 : projection du film « Après Demain » et échanges
    • 22h30 : fin des activités (possibilité de rester dormir à La Bertais si vous participez à la journée GSMP du lendemain -sur réservation)

    Suite à nos des deux premières rencontres de réflexion sur le thème de l’effondrement, j’avais rédigé à chaque fois un texte de synthèse. La troisième rencontre de janvier ayant été davantage consacrée au partage qu’à l’enseignement, je n’ai pas eu matière à rédiger un troisième texte. Ceci étant, à tout hasard, je vous remets ci-dessous les liens vers les deux premiers textes déjà diffusés :

    Textes à télécharger :

    Propos sur la notion d’effondrement n° 1

    Propos sur la notion d’effondrement n°2

     

  • A la découverte du cosmos avec Aurélien Barrau (1)

    Magie d’Internet : il y a quelque temps sur Thinkerview, je découvre les propos d’Aurélien Barrau, jeune astrophysicien engagé, convaincu lui aussi de l’imminence de l’effondrement de notre société. Je le trouve vraiment « sympa » tant dans ses dires que dans son look baba-cool, même si je n’apprends rien de nouveau par son discours.

    Mais son charisme me touche et je décide donc de faire plus ample connaissance avec lui, via des vidéos interposées…

    Bien m’en a pris, car de fil en aiguille, je suis tombé sur une pépite : le cours d’introduction à cosmologie contemporaine qu’il a donné en 2017 à l’université de Grenoble où il est enseignant-chercheur. Ce cours d’une durée d’une vingtaine d’heures à été entièrement filmé et est disponible sur YouTube par tranche de deux heures. Si comme moi, vous souffrez de ne pas y connaitre grand-chose en astrophysique, mais que vous êtes malgré cela irrémédiablement attiré par la contemplation du ciel étoilé et facilement sujet aux vertiges métaphysiques liés à cette contemplation, alors, n’hésitez plus et « offrez-vous » ce cours.

    Et si vous hésitez, voici en guise de mise en bouche la principale pépite que j’ai retirée de la première vidéo de deux heures.

    Maya : tout ce que nous croyons connaitre de l’univers par nos sens et en particulier l’image visuelle que nous en avons est illusoire. L’astrophysique le confirme d’une façon aussi simple que limpide.

    Démonstration : le sens de la vue fonctionne grâce aux ondes lumineuses qui émanent des corps célestes tel le soleil et qui viennent « éclairer » les objets et nous en révéler les formes et les propriétés. Grâce à la lumière, je vois le paysage devant moi, les êtres et les objets qui le peuplent. Génial : sauf que sans m’en rendre compte je tends à considérer que le réel est identique à ce que j’en vois avec mes yeux et qu’inversement, ce que je ne vois pas avec eux n’existe pas.

    Or la lumière visible n’est qu’un cas particulier d’un phénomène beaucoup plus général appelé « ondes électromagnétiques » et si nous voulons sortir de notre représentation par trop étriquée du réel, il est utile de s’en rendre compte et de s’en souvenir.

    Le schéma ci-contre représente la gamme des ondes électromagnétiques émises par l’Univers. Une gamme extrêmement étendue qui va des ondes très longues et de très faible énergie (ondes radio) aux ondes très courtes et de très haute énergie (rayons gamma). Au milieu de cette grande plage, se trouve « coincée » la toute petite gamme des ondes visibles par nos yeux humains. A l’aide de ce schéma, on se rend mieux compte que nos yeux ne captent qu’une infime partie des informations émises par l’univers et transmises jusqu’à nous par ces ondes électromagnétiques. Or, c’est avec cette toute petite portion des données disponibles que nous nous construisons notre représentation habituelle de l’univers. C’est un peu comme si on regardait le vaste monde par la meurtrière d’un château fort sans se rendre compte que de ce fait, notre représentation du paysage n’est qu’un fragment particulièrement pauvre et lacunaire de ce que la nature offre réellement à contempler et à connaitre !

    Dans ce premier cours, Aurélien nous propose l’expérience de pensée suivante : Imaginons un instant que nos yeux soient « réglables » de telle sorte qu’ils puissent capter à tour de rôle l’ensemble des informations véhiculées par la totalité du spectre électromagnétique. Nous serions alors à même de nous faire une représentation de l’univers incroyablement plus riche et plus complexe que ce que notre vue limitée nous offre comme conception. Ça vous tente d’essayer ? Alors emboitons les pas d’Aurélien et voyons ce qu’ont à nous apprendre ces différentes classes d’ondes dont la lumière visible n’est qu’un tout petit « cas particulier »…

    En lisant le schéma de la gauche vers la droite, on découvre successivement :

    • 1) les ondes radio (de grande amplitude et très faible énergie) : comme elles sont émises en grande quantité par les galaxies, si on était outillé pour les percevoir, cela nous permettrait de « voir » l’infiniment loin et d’avoir conscience de l’ensemble des galaxies et des amas de galaxies présentes en arrière-plan de la petite portion de l’univers que nos yeux nous révèlent. Notre vue en effet ne permet pas de voir plus loin que notre propre galaxie et notre image de l’univers est donc semblable à ce que chacun peut percevoir du monde un jour de brume : infiniment moins que l’ensemble du paysage possible !
    Les amas de galaxies qui se tiennent derrière le ciel visible, révélées par les radiotélescopes et retranscrites en points lumineux pour être perçues par l’oeil humain
    • 2) les micro-ondes (amplitude un peu plus faible, énergie un peu plus grande) :  ces ondes sont apparues dans l’univers très peu de temps après le Big-Bang et ont la particularité de ne pas s’être sensiblement modifiées depuis lors. Si nous pouvions les voir, elles nous révéleraient un ciel extrêmement brillant et monochrome. Un peu comme si tout l’espace était rempli par un immense soleil ne laissant de place à aucune ombre ou nuance colorée quelconque. Cette lumière aveuglante serait apparue dans l’univers quelques 400.000 ans après le Big-Bang, soit, ramenés à l’échelle d’une vie humaine, durant le 1er jour de vie in utéro d’un embryon. Et une partie de cette lumière est encore aujourd’hui omniprésente dans l’univers, comme la trace fossile de l’explosion initiale. Mais comme nos yeux ne la perçoivent pas, elle semble inexistante pour nous. Alors que pour les physiciens, l’étude de cette « lumière fossile » est l’un des supports majeurs permettant de comprendre (un peu), ce qui s’est passé durant « le premier jour » de la gestation du monde !
    400.000 ans après le Big Bang, l’éclat de l’explosion initiale devient enfin apparent (avant cela, la matière était trop dense pour permettre l’émission de la lumière). Aujourd’hui encore, une partie des ondes alors émises est toujours « visible » pour les détecteurs spécialisés sous forme d’une « neige » aveuglante.
    • 3) les infrarouges (amplitude plus faible, énergie plus grande). Ces ondes ont la particularité de ne pas être arrêtées par les poussières intersidérales, contrairement aux ondes lumineuses visibles par nos yeux. Du coup, elles sont les grandes messagères de ce qui se passe au coeur des galaxies et en particulier dans les zones « chaudron » d’où sortent les étoiles, car les ondes infrarouges traversent sans encombre les « écrans » de poussières qui rendent aveugles nos télescopes optiques. Bref, c’est en prenant en compte ces ondes, que nous pouvons désormais explorer le coeur des galaxies, y compris bien entendu de la nôtre : la Voie lactée.
    Trois vues de la galaxie M81 révélée par ses ondes infrarouges (ondes retranscrites pour l’oeil humain en couleurs visibles)
    • 4) les ondes optiques : ce sont celles qui définissent le spectre de la lumière visible formée des sept couleurs de l’arc-en-ciel. Ces ondes nous donnent certes de précieuses informations optiques sur l’univers, mais ces informations sont extrêmement limitées et lacunaires rapportées à ce que l’ensemble du spectre a à nous offrir. Autrement dit, notre représentation visuelle d’un firmament avec le soleil, la lune et ses millions d’étoiles est une façon bien pauvre d’appréhender la richesse infinie de l’univers réel. C’est un peu comme si, à l’orée d’une forêt, notre regard était arrêté par une haie végétale qui, bien que plaisante à regarder, nous cachait aussi toute la richesse et la diversité hébergées derrière la haie, dans les profondeurs mêmes de la forêt.
    Ce que nos yeux nous laissent à voir du cosmos
    • 5) Les ultraviolets : (amplitude plus faible, plus grande énergie) : ces ondes nous permettent de détecter des phénomènes cosmiques beaucoup plus « chauds » que ceux révélés par toute la gamme d’ondes évoquées jusqu’à présent et en particulier c’est grâce à elles que nous sommes en mesure de détecter la présence d’un des éléments chimiques les plus anciens de l’univers, le deutérium, considéré comme le fossile par excellence du Big Bang (aucun autre phénomène cosmique connu ne peut rendre compte de la présence actuelle du deutérium dans le cosmos, deutérium qui n’est lui-même détectable que par son rayonnement ultraviolet).
      Par ailleurs, le rayonnement ultraviolet en provenance de certaines galaxies, permet d’enrichir la représentation visuelle donnée par les télescopes optiques, comme on peut le voir sur cette photo qui donne à percevoir la forme « ultraviolette » de la galaxie Andromède.
    L’extrême chaleur du coeur de la galaxie Andromède est révélée par l’intensité de son rayonnement ultraviolet (les couleurs ont été retranscrites dans le « langage » de l’oeil humain)
    • 6) les rayons x : (amplitude faible, grande énergie) : ces ondes nous révèlent la présence d’objets célestes très très chauds, et nous permettent par exemple de « voir » ce qui arrive aux étoiles une fois qu’elles ont épuisé leur combustible interne. Dans certains cas, elles dégénèrent alors en « naines blanches » extrêmement chaudes dont de ce fait le principal rayonnement est de type x, certaines terminant même leur vie par une formidable explosion thermonucléaire appelée « supernova », véritable bombe atomique à l’échelle cosmique…
    La naine blanche Sirius B, est, en mode optique, un point minuscule de très faible brillance. Mais si on regarde son rayonnement X, elle devient d’une brillance extrêmement révélatrice de son destin paradoxal (elle surchauffe avant d’exploser).
    • 7) les rayons Gama : (amplitude très faible, très grande énergie) : ces ondes nous révèlent qu’il existe des objets célestes incroyablement chauds et donc incroyablement chargés en énergie.  Par exemple les étoiles à neutron ou pulsars dont on ne peut appréhender le fonctionnement qu’en observant leur émission d’ondes Gama. Imaginons un instant que nos yeux ne soient sensibles qu’aux ondes Gama. Soleil, lune, planètes et étoiles, aucun de ces objets familiers n’apparaitrait plus à notre vue. Est-ce à dire que le ciel deviendrait noir ? Non, car alors ce sont d’autres corps célestes qui se mettraient à briller de tous leurs feux et à illuminer notre champ de vision. Par exemple, au sein de notre galaxie se trouve la nébuleuse du Crabe, qui vue avec des lunettes Gama, est l’objet le plus brillant de toute notre galaxie (alors qu’elle est quasi invisible en mode optique). Nos journées ne seraient donc plus rythmées par le lever et le coucher du soleil mais par le lever et le coucher de cette nébuleuse, la seule à nous assurer d’une intensité de « lumière » suffisante pour nous « éclairer » au quotidien sous ce mode !!!!

     

    La nébuleuse du Crabe émet une énergie quelque 200.000 fois plus importante que notre soleil, mais principalement sour forme d’ondes Gama, ce qui fait qu’optiquement elle reste très discrète dans le ciel visible. L’image suivante est une image composite obtenue à partir d’une combinaison de tous les types d’ondes émises par cet objet, photographié par le télescope spatial Hubble.

     

    Conclusion toute provisoire : c’est en combinant ces différentes sources d’informations « lumineuses » (ou plus justement, électromagnétiques) que l’on peut arriver à échapper un peu à la cécité de notre représentation anthropocentrique ordinaire et commencer à appréhender plus « objectivement » notre univers. Ceci étant, à la fin de ce premier cours « magistral » Aurélien Barrau signale d’autres sources d’informations complémentaires aux ondes électromagnétiques, qui viennent encore enrichir sa description. Mais je n’en dirai rien pour aujourd’hui car je trouve que ce qui précède est déjà bien suffisant pour nourrir notre réflection voire notre contemplation !!!

     

    PS : si vous voulez malgré tout connaitre la fin de ce cours mémorable, la vidéo complète est disponible  ICI 

     

  • Voyage intérieur au coeur des méditations

    Certains le savent déjà, les 15-16-17 mars prochain aura lieu la seconde édition du « Voyage intérieur au coeur des méditations » qu’organise la jeune association Médit’àRennes.

    Pour information, cette association à l’existence de laquelle j’ai moi-même activement contribué vise à permettre aux pratiquants de la région de Rennes de se retrouver de temps en temps pour méditer tous ensemble quelle que soit leur « chapelle d’origine », confronter leur pratique avec celles d’autres méditants, expérimenter de nouvelles approches et contribuer ainsi dans la bonne humeur à faire mieux connaitre à tous les trésors de bienfaits offerts par cette activité.

    Au tout début de leur réflexion, les fondateurs de Médit’àRennes avaient pensé à intituler cet événement « Tout Rennes médite« , à l’image du célèbre « Tout Rennes court« . Mais par modestie, ils ont opté pour quelque chose de moins prétentieux. Il n’empêche que la première édition de novembre 2017 avait tout de même rassemblé sur une journée près de 450 personnes !!!

    Forts de ce premier succès, nous avons cette fois-ci imaginé un événement étalé sur deux jours et demi. La fête commencera le vendredi à 18h15 par une cérémonie d’ouverture (incluant un temps de présentation des différents intervenants et une méditation collective). A 19h30, le Swâmi Veetamohananda (en charge du Centre védantique Ramakrishna de Gretz) prendra le relais avec une conférence sur le thème du lien entre le soi individuel et le soi cosmique rendu palpable par la méditation (plus de détails ici).

    Le samedi et le dimanche, de 9h30 à 18h30 se succéderont chaque jour sept sessions de méditation guidée d’une heure et demie chacune, introduites à 8h par un atelier de pratique corporelle (Qi Gong le samedi matin, Hatha-Yoga le dimanche matin).

    En marge de ces activités « pour adulte », il y aura aussi 4 ateliers spécialement conçus pour les enfants…

    Les animateurs de tous ces ateliers ont été sélectionnés à la fois pour leurs qualités d’enseignants, mais aussi pour donner le plus de diversité aux pratiques proposées, celles-ci se répartissant ainsi entre quatre pôles principaux : tradition hindoue, tradition bouddhiste, approche laïque contemporaine, et autres traditions (Christianisme et Islam soufi).

    Etant donné que l’événement aura lieu dans un mois et demi, je pensais attendre un peu avant de vous en parler ici. Mais comme c’est moi qui ai mis sur pied le système d’inscription en ligne, je suis bien placé pour suivre l’achat des billets et me rendre compte que les places vont vite venir à manquer.

    Donc, si vous êtes libre et intéressé(e), ne tardez pas à faire votre choix dans le programme proposé puis à prendre vos places, car m’est avis qu’ il n’y en aura pas pour tout le monde !!!

    Programme détaillé  // Inscription en ligne

    Brochure à télécharger

    PS : Nous avons besoin de bénévoles pour encadrer les 1000 personnes attendues sur les 3 jours. Aussi si la « cause » vous touche et vous motive, n’hésitez pas à donner un peu de votre temps (par tranche de 3 heures minimum). Dans ce cas, l’entrée sera gratuite pour vous -à condition de sélectionner « Tarif bénévole » lors de votre inscription.

     

  • 3ème rencontre du groupe de réflexion sur « l’effondrement »

    Samedi prochain, nous nous retrouverons à La Bertais pour un après-midi chantier, suivi d’une troisième rencontre/réflexion/enseignement autour du thème de l’effondrement probable de notre civilisation. Depuis notre rencontre de décembre, le moins qu’on puisse dire c’est que les signes ne se sont pas faits des plus discrets.

    • En positif, notons tout d’abord que ce thème qui, il y a encore quelques mois était totalement marginal, est en train de faire la une de tous les grands médias. Pour vous en convaincre, voici par exemple une chronique de FranceInfo datée du 27 décembre et qui porte le titre « les collapsologues se préparent à la fin d’un monde » (cliquez sur le titre de l’article pour le lire).

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    • Dans la même veine, sachez que France2 a programmé fin décembre le film documentaire « Demain » de Cyril Dion et Mélanie Laurent. Ce documentaire de 2015, qui a battu tous les recours d’audience pour ce genre de film (plus d’un million d’entrées en salles) et qui a été récompensé d’un César en 2016, m’a beaucoup touché (sans surprise, il a éveillé en moi l’un des personnages de ma galerie intérieure dont je vous avais entretenu le 8 décembre dernier…).

    • Cerise sur le gâteau, deux jours plus tard, la même chaine a diffusé « Après Demain« , un second film tout juste sorti des bancs de montage, dans lequel Cyril et Mélanie reviennent sur l’aventure qu’a représenté leur premier film et sur les très nombreuses initiatives citoyennes qu’il a générées. Ce film (que j’ai enregistré en pensant à vous) est nettement moins « enthousiasmant » que le premier opus, mais tout aussi intéressant dans la mesure où il est consacré à évaluer de façon réaliste les effets à moyen terme des projets citoyens nés de la dynamique du premier « épisode ». Le cas échéant, et s’il y a des amateurs, je suis prêt à le projeter à La Bertais à l’occasion d’une de nos prochaines rencontres…

    • Et puis, bien entendu, il y a la fameuse pétition en ligne lancée par Greenpeace et consort appelée « l’Affaire du Siècle » et qui, après avoir reçu en quelques jours un million de signatures, vient de franchir aujourd’hui même le cap des deux millions de paraphes. Oui, vous avez bien lu, il y a en France deux millions d’internautes qui ont accepté de signer une pétition qui -excusez du peu- menace de traduire le gouvernement français devant la Justice si celui-ci ne respecte pas ses engagements climatiques et s’il ne protège pas activement « nos vies, nos territoires et nos droits »…

    Tout cela pour vous dire que ce n’est pas la matière qui manque pour alimenter notre troisième rencontre de samedi prochain… Mais au-delà de la matière, il faut aussi un cadre théorique et des outils pratiques pour traiter de façon fructueuse ce thème si délicat de la fin possible de notre civilisation. C’est pourquoi, comme la dernière fois, j’ai rédigé à votre intention un second texte reprenant (et amplifiant) les propos que j’avais tenus sur le sujet lors de la deuxième rencontre du 8 décembre. Si vous étiez présent(e) et que vous souhaitez « réviser » avant de venir à la troisième rencontre ou si, absent(e), vous avez envie de savoir de quoi il est question dans nos rencontres de ce type, alors téléchargez le texte suivant et « bonne lecture » !  Je dois cependant vous prévenir que c’est un peu long (7 pages cette fois-ci!). N’hésitez pas à me dire en commentaire si ce texte vous a été utile ou non, de façon à me motiver (ou pas) à faire de même après la troisième rencontre…

    Texte à télécharger : Propos sur la notion d’effondrement n°2

    Enfin, si vous avez prévu d’être des nôtres samedi prochain et pour nous faciliter la gestion de la rencontre, merci de vous y inscrire en utilisant le lien ci-dessous :

    Je m’inscris à la rencontre du samedi après-midi 19 janvier

    Programme : 

    • 14h15 : accueil, brève méditation et mise en route du mini-chantier
    • 17h : thé convivial
    • 17h45-19h15 : rencontre/réflexions et enseignement autour de la notion d’effondrement de notre civilisation
    • Possibilité de diner sur place et de rester dormir à La Bertais si vous participez à la journée GSMP du lendemain (sur réservation)
  • Joyeux Noël de Mbacké (Sénégal)

    Depuis presque 2 mois déjà, je vis dans un petit village du Sénégal, à l’invitation d’amis, et je souhaite partager avec vous quelques aspects de mon quotidien en relation avec la vie de la communauté, quotidien si différent de ce que je vis en France. Voici donc un premier article, qui  si vous le souhaitez, pourra être suivi d’autres ayant pour thème : la spiritualité au Dara (le Mouridisme au Sénégal), ma participation à la vie du Dara : l’école et le cours d’alphabétisation des femmes, sans oublier la composante « développement durable » de la communauté : agro écologie, artisanat, éco construction, formation aux métiers de l’agriculture et de l’artisanat…

    En route pour aller faire le plein d’eau potable au village voisin de la communauté…

    Pour aujourd’hui, je vais commencer par décrire mes conditions de vie au quotidien, en totale immersion dans cette communauté musulmane qui applique un islam spécifique au Sénégal, le Mouridisme (thème que je prévois de développer dans un prochain article).
    Les conditions de vie sont très basiques, même si j’ai de l’électricité dans ma case (donc un ventilateur), un lit avec moustiquaire, un beau tapis, un fauteuil ; en fait, j’ai tout ce qu’il me faut ; j’ai en plus une petite terrasse bien aérée avec un fauteuil et une petite table où je prépare la classe ; des voisins un peu bruyants, qui bêlent une partie de la nuit, sans parler de toutes sortes de volailles qui se font bien entendre aussi.

    La case où je suis logée est celle située au fond et au milieu de l’image….

    Le matin, dès 5h, c’est l’appel à la prière du village voisin (dans cette communauté, on ne fait pas les prières de l’islam : tout est prière, chaque acte est offrande à Dieu) ; là aussi, les haut-parleurs du muezzin  sont bien  puissants… Tous mes « voisins » sont alors réveillés : moutons, ânes, volailles, multiples oiseaux. Plus moyen de se rendormir… Je lis, je médite… Je me couvre, car il fait frais le matin (entre 18° et 20° !) en ce moment.

    Petit déjeuner collectif sur une natte. Les salutations sont de rigueur, et très « impliquées ». On boit du café Touba (café très sucré avec des épices de Guinée) ou une tisane de quinqueliba, accompagnés de baguette (le Sénégal est accro à la baguette française (introduite il y a une quarantaine d’années pour écouler les surplus de stocks de blé français…) , avec un genre de mayonnaise et de préparation au thon. Parfois de la pâte au chocolat ; mais je me suis même mise à la mayonnaise et au thon ! Pain sec quelquefois. Le café Touba ! qui m’a fait bien pratiquer ! Au début, je ne supportais pas le café : très sucré, très épicé… Moi, je m’agrippais à Mon THE VERT EARL GREY BIO ! J’ai tout essayé pour avoir de l’eau chaude non sucrée : remettre mon thermos à la personne chargée de la préparation, mais elle change tout le temps, arriver très tôt, etc… pas moyen. Au bout de quelques jours, j’ai lâché, et accepté de faire comme tout le monde ; j’ai bu de la tisane, très sucrée aussi, et me voilà maintenant au café Touba, que je trouve bon à présent. J’en bois même à 6h le soir, où l’on partage un moment convivial ensemble et qui n’est pas sans me rappeler les thés de la Bertais (sauf qu’on est assis au mieux sur un pneu, un bidon, sinon par terre sur le sable). J’ai pu voir comment mon mental me poussait à garder mes habitudes de vie occidentale, alors qu’elles n’ont plus cours ici si on veut vraiment s’intégrer. Ça me prenait la tête, et il m’a fallu plus d’une semaine avant de lâcher ! Les gens faisaient pourtant tout ce qu’ils pouvaient pour m’aider. Par la suite, tout est devenu simple, fluide. L’acceptation de ce qui est, et on en est tellement récompensé ! La matinée, classe avec 12 élèves de 2 à 11 ans (ce sera l’objet d’un futur article, avec le cours d’alphabétisation des femmes), jusqu’à 13h. Là, il fait bien chaud (plus de 40° les jours derniers, un peu moins en ce moment), mais une chaleur sèche, donc supportable, et les lieux de vie collective sont bien ventilés, sous des « saquettes », genres de paillotes.

    Petite présentation des membres de la communauté, le Dara : une cinquantaine de personnes y vivent en permanence, familles, célibataires, en général des disciples du guide spirituel, Serigne Babacar Mbow (cliquez sur son nom pour plus d’info)

    Mon ami et maitre des lieux Babakar !

    Plusieurs cases pour les invités, très fréquents au Dara ouvert à toutes les cultures, toutes les religions. Dans le cadre du projet agro-écologique, ils sont des  passionnés de plantations,  avec une pépinière très fournie. Le Dara est très fleuri, avec beaucoup de bougainvillées, qu’ils plantent même en bordure des champs. C’est beau partout ! Ils luttent de toutes leurs forces contre la déforestation, y compris avec leur combustible, une innovation à base de coques d’arachide compressées, à haut pouvoir calorifique.

    Une vue du dara (équivalent local du terme « ashram ») avec ses bougainvillées, au lever du jour…

    J’ai bénéficié d’un accueil très chaleureux de la part de mes amis Aïssa (Française convertie à l’islam) et Babacar, mais aussi de la part de tous les membres de la communauté, où des liens très chaleureux se sont créés très vite. L’intégration s’est faite tout naturellement. Ils me sont reconnaissants du travail que j’accomplis à l’école auprès des enfants et aussi des femmes, mais je reçois tellement en échange ! Je découvre peu à peu les mille et un détails qui font la vie de la communauté : on respecte la nourriture, par exemple les miettes de pain qui tombent sur soi, on les récupère. Quant aux restes, on les donne aux oiseaux. L’eau potable aussi est respectée. Devant le canari* collectif, on s’agenouille pour boire, et bien sûr, on ne gaspille pas. Cela peut sembler étrange, mais ce sont des rituels complètement cohérents avec l’esprit du Dara, dans le contexte sahélien.

    Il règne ici une joie de vivre (on rit, on chante beaucoup !), un dynamisme au travail, sans stress. Au départ, je donnais un coup de main à la cuisine, je voyais que ça discutait, que l’heure avançait : 2h, 3h, et le repas n’était pas prêt. C’est moi qui étais stressée ! Eh bien, tout le monde attend sans impatience l’appel au repas, et comme par magie, les derniers préparatifs se mettent en place, tranquillement, et puis… c’est prêt ! Ce qui fait qu’on mange toujours tard…
    La cuisine est un lieu névralgique du Dara : on y rit beaucoup, on s’y dispute aussi, on entend tous les potins… Les hommes y sont très présents. On y travaille beaucoup : repas pour 50 personnes à préparer chaque jour (plus qu’à la Bertais, et sans robot !), sans compter les nombreux invités. On prépare dans d’énormes marmites (6-8 kg de riz à chaque repas : tu imagines les courses ici, Anne Marie !). On ne mange pas dans des assiettes, mais dans de grands plats, avec la main droite, soigneusement lavée auparavant (j’avoue que je mange encore avec une cuillère). C’est en procession qu’hommes et femmes (moi aussi souvent) apportent les « bols » (grands plats) sur la tête. Le silence est presque complet (j’ai souvent une pensée pour les repas de la Bertais). C’est très bon, très varié ; je prends soin d’éviter les petits grains orange (piment), c’est déjà assez relevé sans ça !  Les plats sont à base de riz, poisson (séché ou frais), légumes (le fameux tieboudiene), mil, fruits du baobab, pâte d’arachide, niebe (haricots), plusieurs sortes d’herbes aromatiques et médicinales, pâtes en sauce. Les desserts ? Inconnus ici, à part en ce moment la pastèque, dont je me régale. La rareté de certains aliments, comme les fruits, me les fait apprécier à leur juste valeur : je les goûte, les savoure en pleine conscience. Je sens qu’ils satisfont pleinement les besoins profonds de mon corps ; y compris des pommes par exemple qui arrivent très mûres et que j’aurais peut-être écartées avec un certain dédain en France. Chaque aliment porte en lui sa propre richesse, devient nous-même, enseignement (pourtant connu…) que j’expérimente dans toute sa profondeur.
    Après le repas, pause avec le thé à la menthe, très fort et très sucré, délicieux ; un moment de partage encore.
    C’est ensuite le temps de préparation de la classe du lendemain, le cours d’alphabétisation des femmes (article prochain), et douche : toilette au seau. On s’y fait très bien, vue la chaleur. Les toilettes et le lieu de douche étant un peu éloignés, on apprend vite « le geste conscient » : ne rien oublier sous peine d’avoir à se rhabiller dans l’obscurité,  retraverser la cour pour aller chercher son gant ou son savon… Mais quel réel plaisir la toilette après une chaude journée. Dommage que l’eau soit salée (je n’ai pas encore tout accepté…).
    Après le repas du soir, très basique,  soirée sous les étoiles, devant un feu de camp souvent, avec guitare, kora et chant. Ces moments sont remplis de magie. Des échanges aussi, avec mes amis, les invités, entrecoupés de silences encore plus riches.

    Bonne nuit et « Jam rekk … »  (rien que la paix)

    Mbacké Cadior – Sénégal – mercredi 19 décembre 2018


    * canari  : grand récipient servant principalement à stocker et rafraîchir l’eau de boisson.

  • Adieu, frère Roland !

    Dernière minute : les obsèques de Roland auront lieu à Rennes ce vendredi 21 décembre à 14h30, en l’église St Yves, située à l’angle de la rue de Nantes et de la rue Victor Rault (en face du SuperU de la rue de Nantes).
    Désolé d’avoir à ouvrir la semaine par une mauvaise nouvelle : notre frère-sur-le-chemin Roland (Havouy) a été retrouvé mort chez lui vendredi matin par les pompiers qui avaient été alertés par un de ses proches.
    Photo choisie par Roland pour illustrer sa page Facebook
    Le dimanche 9 décembre, Roland était attendu au GSMP et comme il n’avait pas prévenu de son absence, j’ai cherché dès la pause de midi à le joindre (sans succès). Lundi, mardi et mercredi j’ai réitéré mes appels sur ses deux numéros et via son mail. Jeudi soir, j’ai alerté Alain (Mariault) qui ne l’avait pas vu non plus au cours de kinomichi et qui est passé à son domicile où il a trouvé porte close. Nous avons convenu de tenter de joindre un de ses amis proches nommé Edouard (Texier) via Marguerite (de la Rose Mystique) qui connaissait son numéro de téléphone. Quand cet ami s’est présenté chez Roland vendredi matin, les pompiers venaient d’arriver sur place (alertés par un tiers). Ils sont entrés par une fenêtre et ont trouvé Roland inanimé au pied de son lit. Le décès remontant à plusieurs jours, Edouard n’a pas été autorisé à voir le corps qui a été enlevé par les pompes funèbres l’après-midi après une brève enquête de voisinage par la police de Rennes. Le corps (en trop mauvais état pour pouvoir être exposé au public) repose dans un cercueil fermé à la chambre funéraire du cimetière du nord (près du canal Saint-Martin) en attendant la sépulture…

    Avec Alain Mariault et Edouard, nous avons pu entrer en contact avec Jean-Claude Guillet, un prêtre ouvrier que connaissait bien Roland. Ce prêtre est en effet à la tête d’une association locale qui a pour but de donner une sépulture décente aux sans-abris. Roland -qui était célibataire et qui n’avait plus de famille proche valide- était membre de cette association et donc bien connu de Jean-Claude. De ce fait, c’est lui qui va s’occuper d’organiser les obsèques qui auront lieu à l’Église des Sacrés Coeurs de Jésus et Marie, située rue de Villeneuve. Mais la date ne pourra être arrêtée qu’une fois l’enquête de police terminée (la police cherche à déterminer la cause exacte de la mort et si Roland a ou non des héritiers en plus de son frère handicapé…). Au plus tôt, les obsèques pourraient avoir lieu soit jeudi soit vendredi de cette semaine (je donnerai la précision en bas de cet article dès que je l’aurai…).

    Les obsèques de Roland auront lieu ce vendredi 21 décembre à 14h30, en l’église St Yves, située à l’angle de la rue de Nantes et de la rue Victor Rault (en face du SuperU de la rue de Nantes).
    Né en mars 1947, Roland avait 71 ans et était en bonne santé apparente, malgré,  pour ce que j’en sais, un peu d’hypertension. Selon toute vraisemblance, il a fait chez lui un malaise soit cardiaque soit de type AVC. Il faut savoir que dans sa jeunesse il avait eu une longue période d’addiction à l’alcool. Bien que sobre depuis au moins trente ans (grâce aux Alcooliques Anonymes dont il était depuis lors un membre militant actif), il se peut que son organisme en avait gardé certaines fragilités…
    Quoi qu’il en soit, Roland était une personne très sincèrement engagée dans le travail sur soi depuis des années (il avait fait des entretiens et des lyings avec moi dans les années ayant précédé l’achat de la Bertais). Et, malgré une démarche parfois un peu dispersée (d’une curiosité insatiable, il s’intéressait à de nombreux enseignements et avait tendance à combiner des pratiques issues de sources hétéroclites), son re-engagement récent à La Bertais (stage des « quatre piliers » l’été dernier + re-inscription au GSMP cette saison) correspondait à une nouvelle étape prometteuse de son cheminement…
    Photo prise l’été dernier à La Bertais durant le stage d’introduction à l’enseignement d’Arnaud (Roland est derrière Anne-Marie sur la droite de l’image)
    Anne-Marie et moi nous nous sentons donc particulièrement concernés et touchés par ce départ aussi soudain qu’inattendu et qui vient nous rappeler à tous la fragilité de nos existences.
    En communion de coeur avec Roland et avec vous.
  • 2ème rencontre du groupe de réflexion sur « l’effondrement »

    Le week-end dernier, Joël Caillerie m’a prévenu par mail de la sortie en kiosque d’un numéro spécial de la revue « SOCIALTER » consacré au thème de « l’effondrement ». Après consultation en ligne du sommaire, j’ai décidé de me rendre sans plus tarder en ville pour tenter de trouver cette revue dont je n’avais jusqu’alors jamais entendu parler, mais qui réunissait dans ce Hors-Série les meilleurs spécialistes de la question !

     

    Samedi prochain, nous nous retrouverons à La Bertais pour un après-midi chantier, suivi d’une deuxième rencontre/réflexion/enseignement autour du thème de l’effondrement probable de notre civilisation. Si vous n’avez pas encore lu l’un des livres de Pablo Servigne ou entendu parler des contributions des autres auteurs  sur le sujet (Yves Cochet, Gaël Giraud, Cyril Dion, pour ne citer que les plus connus…) alors n’hésitez pas. Vous lirez dans cette revue à la maquette assez agréable de très bons articles de fond qui vous permettront d’être de plain-pied avec le sujet que nous approfondirons ensemble samedi en fin d’après-midi.

    Par ailleurs, j’ai fini par me décider à rédiger un premier texte reprenant (et amplifiant) les propos que j’avais tenus sur le sujet lors de la première rencontre du 13 octobre. Si vous étiez présent(e) et que vous souhaitez « réviser » avant de venir à la seconde rencontre ou si, absent(e), vous avez envie de savoir de quoi il est question dans nos rencontres de ce type, alors téléchargez le texte suivant et « bonne lecture » !  Je dois cependant vous prévenir que c’est un peu long (8 pages sans illustrations!). Allez, vous me direz ensuite si cela vous a été utile ou non, de façon à me motiver (ou pas) à faire de même après la seconde rencontre…

    Texte à télécharger : Propos sur la notion d’effondrement n°1

    Enfin, si vous avez prévu d’être des nôtres samedi prochain et pour nous faciliter la gestion de la rencontre, merci de vous y inscrire en utilisant le lien ci-dessous :

    Je m’inscris à la rencontre du samedi après-midi 8 décembre

    Programme : 

    • 14h15 : accueil et mise en route du mini-chantier (autour de la réserve d’eau des pompiers)
    • 17h : thé convivial
    • 17h45-19h15 : rencontre/réflexions et enseignement autour de la notion d’effondrement de notre civilisation
    • Possibilité de diner sur place et de rester dormir à La Bertais si vous participez à la journée GSMP du lendemain (sur réservation)
  • Opération réserve à eau pour les pompiers (1)

    Ça y est !!! Après beaucoup de discussions, de réflexions, de temps et contretemps divers et même quelques atermoiements administratifs, la poche devant contenir 120m3 d’eau a été livrée cette semaine puis installée. Il ne reste plus qu’à la remplir, ce qui, comme vous allez bientôt vous en rendre compte, ne va pas forcément être la partie la plus facile de l’opération. Mais avant de vous en dire plus à ce sujet, voici déjà le film des événements de la semaine passée :

    • Acte 1 : mardi 13 novembre, livraison de la poche à eau et chantier de terrassement.

    Un peu avant 8h30, un semi-remorque a déposé une pelleteuse à l’entrée de la Bertais et celle-ci a déchargé la palette contenant notre « poche à eau » (300kg) qu’elle a déposée ensuite près de l’endroit à terrasser avant qu’elle puisse y être installée…

     

     

    Vu comme cela, ça n’a pas l’air grand-chose une poche à eau de 120m3… Mais attendez la suite !!!

    Non, ce n’est pas moi en bleu de travail qui borne l’emplacement, mais le conducteur du chantier… Et à votre avis, l’arbre au fond à droite de l’image, il n’empiéterait pas un peu sur la zone à terrasser ?

    Bingo, avant le premier coup de pelle, le mélodieux rugissement de notre tronçonneuse s’est avéré nécessaire (mais seulement pour élaguer quelques branches de l’arbre du fond).

    9h30 : on passe aux choses sérieuses : terrasser une surface de 15 m de long sur 10 m de large (approximativement)

     

    Et cela d’autant plus que le conducteur des travaux vient d’être rejoint par un acolyte au volant d’un gros tracteur attelé à une benne de transport.

     

    Ce dernier n’aura pas à aller bien loin, puisqu’on a prévu d’étendre la terre dans le petit creux qu’il y a entre le verger et notre chemin…

    Les deux hommes et leurs machines respectives vont travailler de concert toute la journée de mardi et de mercredi, pour arriver mercredi soir à ce premier résultat : le creusement de terrasse est achevé, une couche de 10 cm de sable y a été étalée et un géotextile est venu recouvrir le sable : la poche (au premier plan de la photo) n’a plus qu’à être dépliée…

    Quant à la terre de déblaiement, elle a été étalée à l’endroit prévu (il nous restera à la « jardiner », mais merci à la pelleteuse d’avoir fait pour nous le plus gros du travail ! ). Fin de l’acte 1

    • Acte 2 : déploiement de la poche et installation de la vanne pour les pompiers.

    Cet épisode a eu lieu deux jours plus tard (le vendredi). Il a été réalisé en quelques heures par une autre entreprise spécialisée dans l’installation de ce genre de poche. A l’avant de la poche, le capuchon bleu (protection antigel) masque la vanne par laquelle les pompiers pourront puiser l’eau en cas d’incendie. Au milieu de la poche, le second « point noir » correspond au bouchon de remplissage de la poche. Mais n’anticipons pas, car voici déjà la fin de l’acte 2 !

    • Acte 3 : le remplissage de la poche :

    Ici les amis, les choses se compliquent, car, c’est essentiellement à nous (à vous!) qu’il revient de mener à bien cette opération. Dans un premier temps, nous avions pensé demander à notre voisin Loïc Delacroix de nous prêter main-forte. Il dispose en effet d’une tonne à eau pour ses vaches d’une contenance de 5000 litres et on s’était dit que ça gagnerait du temps s’il nous livrait l’eau par ce moyen plutôt que de procéder au remplissage à l’aide d’un simple tuyau d’arrosage. On avait en effet calculé qu’avec ce dernier système, il nous faudra plusieurs jours (à vue de nez entre trois et six!) pour « gonfler » la poche. Loïc n’était pas contre le fait de nous donner un coup de main, mais après réflexion, il nous a fait valoir qu’il lui faudrait faire 24 voyages entre sa ferme et La Bertais pour remplir notre réserve (24 x 5000 litres = 120.000Litres = 120 m3 !!!). Infaisable donc vu le temps que cela lui demanderait et le surcoût pour nous en gasoil et main d’oeuvre…

    Il ne nous reste plus qu’à trouver 100 mètres de tuyau de jardin pour relier le robinet de la cour à la poche, puis d’organiser un tour de garde pendant 3 à 6 jours le temps que notre « ballon » se remplisse à toute petite vitesse!

    Promis,  ceux et celles qui mettront à disposition de La Bertais leurs tuyaux d’arrosage (par 25 mètres minimum) et/ou qui accepteront de passer du temps sur place pour participer à  la surveillance du remplissage gagneront le droit de lire en avant-première le second article de cette passionnante saga !!!

    Trêve de plaisanterie, si vous pouvez venir à la Bertais un ou deux jours (ou à minima une demi-journée) d’ici la fin novembre, faites-vous connaitre en laissant un commentaire. Le travail sera hyper-simple : vérifier que l’eau coule normalement dans le tuyau (il sera en plusieurs morceaux, avec des fuites possibles aux raccords) et que la poche se remplit normalement (sans que l’extrémité du tuyau ne s’en échappe ou que l’eau ne ressorte de la poche avant que celle-ci soit entièrement pleine). En cas de problème, il vous suffira juste de couper momentanément le robinet et de prévenir le responsable de l’opération (YannK,  s’il est libre et d’accord ? ). Sinon, vous disposerez de beaucoup de temps libre sur le site : de quoi vous concocter une petite « retraite » sur mesure!

    Au final, nous devrions obtenir quelque chose ressemblant à cela (il s’agit d’une photo de la poche à eau d’Hauteville, soeur jumelle, comme il se doit, de la nôtre ).

     

     

     

     

  • Blog : les résultats de l’enquête

    Vous avez été près de 60 à répondre à cette enquête, soit environ les deux tiers des abonnés. On peut donc considérer que les résultats sont représentatifs de ce que pense ou ressent la majorité des utilisateurs…

    Voyons à présent le détail de vos réponses :

    Question 1 :

     

    Les répondants sont majoritairement des lecteurs fidèles, voire très fidèles, puisqu’à 85%, ils fréquentent le blog depuis au moins trois ans. Ce qui veut dire que seulement 15% des répondants sont des lecteurs « récents » (1 à 2 ans). Est-ce à dire que nous n’avons pas su intéresser les nouveaux adhérents à cet outil, ou que plus simplement, ils n’ont pas osé répondre au questionnaire ? Le débat reste ouvert…

     

    Question 2 :

    Petite surprise, le nombre moyen de consultations n’est pas aussi élevé qu’attendu : 60% des répondants ne se connectent en moyenne qu’environ une fois tous les 10 jours. 22% des répondants se connectent plusieurs fois par semaine, alors que 18% ne consultent le blog que très épisodiquement (une fois par mois voire moins).

    Au vu de ces chiffres, on peut se demander si le rythme de publication (actuellement de 2 articles par semaines en moyenne) n’est pas un peu trop élevé. À moins que l’abonné moyen n’ait plaisir à lire plusieurs articles à suivre lors de sa connexion ?

    Question 3

    Cette question n°3 éclaire le problème puisque selon presque la moitié des répondants, le bon rythme de publication serait d’un article par semaine. 30% des répondants sont favorables à un rythme plus élevé. Et 20% préféreraient un rythme moins élevé. Ce qui confirme que le rythme actuel de deux articles par semaine est un peu « surdimensionné » par rapport aux attentes exprimées. Ce résultat va donc probablement nous amener à envisager de réduire ce rythme, en particulier lors des périodes de vacances où on sait d’expérience que la fréquentation du blog baisse sensiblement… Ou alors, le nouveau « comité de rédaction » va être en mesure de relancer l’intérêt des abonnés qui auront gout à se connecter plus souvent ? Nouvelle question ouverte…

     

    Question 4

    Paradoxalement, une majorité des répondants ne souhaitent pas qu’il y ait des mises en sommeil du blog durant les vacances. Ceci étant, compte tenu des réponses aux deux précédentes questions, on entrevoit que la bonne solution sera probablement de diminuer systématiquement le rythme des articles lors de ces périodes, voire de faire une petite pause  de deux ou trois semaines au coeur des vacances d’été (mois d’août). Affaire à suivre…

     

    Question 5 :

    Le fait que les répondants ne se connectent globalement qu’assez peu souvent ne veut pas dire qu’ils n’apprécient pas le contenu du blog, bien au contraire, puisque celui-ci est plébiscité par 92% des répondants, alors que seulement 8% d’entre eux le jugent de peu d’intérêt.

    Il semble donc que globalement nous n’ayons pas à changer grand-chose à la ligne éditoriale actuelle…

    Questions 6 : Quel type d’article a le plus de chance de vous intéresser ?

    Pas de schéma pour résumer les réponses à cette question n°6, mais un classement. Celui-ci ne réserve pas de grandes surprises, mais va cependant permettre au « comité de rédaction » d’être plus conscient des attentes…

    • 1ère place : Ceux traitant explicitement de l’Enseignement de Swâmiji, d’Arnaud ou de ses collaborateurs directs
    • 2ème placeCeux présentant des témoignages personnels sur un aspect ou un autre du Chemin
    • 3ème placeCeux traitant d’enseignements d’autres maîtres ou d’autres traditions spirituelles
    • 4ème place : Ceux traitant directement de la vie de La Bertais (écho des activités, écho du C.A …)
    • 5ème place : Ceux témoignant d’un coup de coeur de l’un de nos membres (film, livre ou spectacle remarquables…)
    • 6ème place ex aequo : Ceux traitant des voyages et/ou expériences inhabituelles de l’un de nos membres et Ceux traitant de questions de société (écologie, éthique, politique)
    • 8ème place : Ceux où s’exprime la créativité artistique ou littéraire d’un de nos membres (photos perso, poésie, musique, etc.)

    Question 7 :

    Les deux tiers des répondants ont été jusqu’à présent des utilisateurs passifs alors qu’un tiers a mis la main à la pâte au moins une fois. Ceci étant, il n’y a eu en tout et pour tout que 7 à 8 personnes qui ont écrit assez régulièrement pour le blog, ce qui laisse une belle marge de progression…

     

     

     

     

    Question 8 :

    Du côté des commentaires, la participation est nettement plus satisfaisante, puisque plus des deux tiers des répondants ont laissé au moins de temps en temps un feedback. Il reste qu’un petit tiers est resté muet jusqu’à présent, ce qui n’est pas très stimulant pour les auteurs d’articles qui ne savent pas toujours comment leur prose est reçue faute de retours suffisamment nombreux. Qu’on se le dise !

     

    Question 9 :

    A en croire ce sondage, les choses pourraient évoluer favorablement cette saison, car vous avez été 14 à vous déclarer prêts à rédiger des articles de façon plus au moins régulière. Alors que seuls 36% d’entre vous refusent catégoriquement de passer de l’autre côté du miroir. Ce qui veut dire que la moitié de ceux qui n’ont pas encore écrit d’article serait prêt à tenter l’expérience. Au futur « comité de rédaction » de trouver les moyens de leur faire concrétiser cette belle intention…

    Question 10 :

    A ce sujet, une bonne nouvelle : vous êtes 11 à avoir été intéressés par l’idée de participer à un « comité de rédaction ». Reste maintenant à en préciser les contours et les attributions avec les personnes concernées et ensuite, bien entendu à faire part à tous du résultat de cette initiative.

     

     

    Question 11,  vos remarques et suggestions complémentaires :

    Elles ont été nombreuses et diverses, mais représentent une matière trop volumineuse pour être reproduites ici. Le futur « comité de rédaction » aura pour première mission de s’en saisir et sera donc probablement amené à vous en reparler le moment venu !