Auteur/autrice : Yann Le Boucher
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Farewell, André (Rochette), farewell…
Vendredi, dernier, nous avons appris avec retard que notre frère et ami sur le chemin André Rochette, avait quitté son corps depuis 15 jours.Nous avons été très touchés par cette nouvelle et pour honorer la mémoire d’André, j’ai demandé aussitôt à Gilles Farcet qu’il m’autorise à relayer sur ce blog le très bel article qu’il avait fait paraitre dès le 1er octobre sur sa page Facebook (et que je n’ai découvert que vendredi). Pour les plus nouveaux d’entre vous qui ne connaissez pas ou très peu André, sachez qu’avec Bernie sa compagne, nous les avions reçus par deux fois à La Bertais (en 2003 et 2004) alors qu’André était à l’époque l’un des collaborateurs d’Arnaud à Hauteville. Ces rencontres avaient été des moments particulièrement vivants et forts de la vie de notre sangha de l’époque. Malheureusement, le blog n’existait pas encore et je n’ai donc pas retrouvé de photos de ces week-ends. Si quelqu’un en a, qu’il n’hésite pas à me les envoyer…Sachez encore qu’avec l’aide de Gilles Farcet (car à la base André était un « manuel » peu habitué à « écrire »), un livre de témoignage sur le chemin d’André auprès d’Arnaud et sur sa compréhension profonde de la voie qui en a découlé, avait été publié en 1997. La quatrième de couverture reproduite ici vous donne un avant-goût de l’intérêt de cet ouvrage (disponible dans la bibliothèque de La Bertais et en vente d’occasion sur les librairies en ligne).
Précision préalable : ce texte est un hommage à un homme peu connu – même s’il a publié un livre- en dehors du cercle des élèves ou sympathisants d’Arnaud Desjardins et de la voie transmise par ce dernier. Je le poste sur cette page publique en me disant que toute évocation d’un homme de bien et serviteur de la voie touchera les personnes en chemin…–« Tout ce que j’étais en mesure de partager de ce que j’avais trouvé en Asie, André Rochette l’a assimilé avec passion et mis en pratique avec acharnement. A travers ses doutes, ses révoltes, ses violences, il a redécouvert les clés simples, bien connues autrefois et bien méconnues aujourd’hui , du chemin qui conduit à la paix, à la joie et à l’amour. Sans aucune prétention de sa part à un quelconque titre de sage, de « libéré » ou d’ « éveillé », le changement qui s’était opéré en lui a peu à peu attiré les demandes de nombreuses personnes convaincues qu’elles pouvaient trouver auprès d’André Rochette l’aide qu’elles souhaitaient… Parce qu’il a l’expérience de l’existence au coeur des joies et des peines qui sont celles de la plupart de nos concitoyens et parce que c’est son coeur qui s’exprime, il sait parler, trouver les mots qui touchent, qui inspirent, qui redonnent l’espérance »Arnaud Desjardins, extrait de la préface à Par l’Amour de la Vie (La Table Ronde, 1997)–André Rochette a quitté son corps. Il est enterré aujourd’hui en ce moment même où j’écris, venant juste de terminer l’animation d’un séjour en Poitou. Je ne veux pas ici évoquer longuement son parcours et préfère renvoyer les lecteurs à son magnifique livre, Par l’amour de la Vie. Je dirais seulement qu’André fut un grand disciple de son maître Arnaud, un grand serviteur de la voie à travers lequel quantité de personnes auront reçu une aide inestimable, un mystique amoureux de Ramdas, de Chandra Swami, de Jésus, et aussi un homme simple et bon, dénué de toute prétention.Non pas un hommage formel et impersonnel ,donc, mais quelques souvenirs d’André , les miens, parmi tous ceux que je garde en mon coeur.André reste pour moi indissociable de mes tout premiers contacts avec mon maître Arnaud Desjardins. Automne 1982 : je viens de me présenter au Bost , le premier ashram d’Arnaud, où j’ai été admis en tant qu’ « invité ». Je n’ai jamais vu Arnaud , ne sais même pas à quoi il ressemble physiquement, et m’apprête à assister à ma première réunion questions – réponses dans la « grande salle ». Un homme pose une question qui me parait très « métaphysique » – il est question du « Un » , du « deux » – à laquelle je ne comprends pas grand-chose. Arnaud lui répond par un long développement en l’appelant par son prénom, « André ». Je ne comprends pas grand-chose non plus à la réponse. Ce qui me marque, c’est l’importance qu’Arnaud semble attacher à cette question et son intimité manifeste avec le type en question. « Il y a tout le chemin dans votre question, André … » Ah bon ? Un peu contrarié, je me retourne et vois pour la première fois un « vieux » – il doit approcher de la cinquantaine alors que j’en ai 23 – moustachu qui parle avec un accent que je reconnais comme lyonnais.–Quelques mois plus tard, début 1983 : c’est ma deuxième venue au Bost et « j’en veux ». Moi qui suis nul en travail manuel, je me débrouille quand même pour faire de la figuration dans le jardin un outil quelconque à la main. Soudain, des cris. La voix d’Arnaud , tonitruante qui prend à parti André dont le prénom résonne à travers les murs… Quelques minutes plus tard, je me retrouve en voiture avec ledit André, le même que celui qui a posé la question la dernière fois. Nous allons ramasser du bois chez Josette Martel. Il me parait étonnamment calme et disponible après la tempête qui vient de lui tomber sur le coin de la figure, nous demande en voyant la neige tomber, si nos voitures sont équipées … Vient l’heure du déjeuner où je suis invité. Nous devons être une petite dizaine autour de la table et d’Arnaud, dont André. A l’issue du repas en silence, contre toute attente, Arnaud prend la parole et dit en substance : « dans une saddhana, il y a quelques étapes décisives, quelques tournants. André vient d’en franchir une aujourd’hui. Quand j’ai manifesté une colère envers lui ce matin, il n’a pas réagi , est resté ouvert, lui si révolté … C’est un bon karma pour nos invités d’être associés à cet évènement. Cela se fête ». Sur quoi Roland Pfister – autre ancien qui nous a récemment quittés- va, à la demande d’Arnaud, chercher deux bouteilles de champagne à la cave ! Je revois la tête d’André tandis que nous trinquons à sa victoire sur un aspect du « mental » en lui …–On comprendra qu’André ait d’emblée représenté pour moi la figure par excellence de « l’ ancien » sur la voie , du disciple passé par une saddhana intense émaillée de révoltes, de luttes avec le maître, de moments de grâce, avec ses épisodes légendaires, parfois racontés par Arnaud lui-même, tel celui où , victime d’une vraie fausse angine de poitrine et transporté d’urgence à l’hôpital, André décroche le téléphone pour entendre son maître l’enjoindre « de ne pas s’installer dans la maladie » ; ou encore cet autre appel d’Arnaud qui, alors qu’André lui demande comment se positionner face à des personnes qui lui demandent de l’aide sur la voie, lui répond du tac au tac : « vous ne croyiez tout de même pas que vous alliez passer votre retraite à jouer aux boules ! »Dans les années et les décennies qui suivirent, il m’a été donné de nouer une amitié avec André, de ces amitiés improbables que seule produit, je crois, la fraternité sur la voie , par delà les différences sociologiques et culturelles. Nous avons vécu quantité de moments complices, parfois autour d Arnaud, au Québec ou aux Etats Unis, et bien sûr à Hauteville, et dans des contextes plus intimes, notamment aux Blachères , son lieu, haut lieu de « travail » où nous avons oeuvré à l’élaboration de son livre. Il fut aussi associé à des circonstances très personnelles, comme ce jour de septembre où, là encore en présence d’Arnaud, il fut le témoin de mon épouse pour notre mariage. Malgré les rires, parfois les fous rires partagés en vieux copains, je ne me suis jamais départi d’une forme de révérence envers lui. Il était et restait mon aîné, par l’âge et sur la voie, de ces quelques-uns vers qui je savais pouvoir me tourner et dont le témoignage vivant incarnait la vérité du chemin. L’un des premiers aussi, dans la lignée d’Arnaud, a avoir montré qu’il était possible de transmettre à sa place et à sa mesure, dans son propre style, en absolue fidélité, mais sans copier ou imiter , en toute liberté.–Après mes deux premiers contacts avec André, le dernier, trente-six ans après… Juillet 2018, j’anime un séjour à Hauteville. Bernie, sa très attentive compagne, à qui je demande toujours de ses nouvelles me dit qu’André sera de passage à l’ashram le lendemain et me propose de le saluer. Ces dernières années, j’ai très peu vu André. J’allais souvent lui dire bonjour à chacun de mes passages à Hauteville du temps où il y vivait. Mais voilà quelque temps qu’il demeure dans la Drôme et que je ne l’ai pas vu. Je le sais physiquement fragile et diminué dans certaines de ses capacités suite à un AVC qui l’a rendu aphasique… Le jour dit, je me rends dans la « cuisine des permanents » et me trouve face à un André très amaigri et à la parole pour moi inintelligible, mais dont la présence me saisit immédiatement. On se regarde et on se tombe de suite dans les bras l’un de l’autre avec des exclamations de joie. J’ai beau ne rien comprendre à ce qu’il me dit, la relation est bien là, je retrouve sa voix, ses intonations, ses gestes, et surtout je le sens là, présent , positif, lumineux malgré les capacités amoindries. Il rit sous son chapeau. Le moment est très bref, intense, gai. Nous venons de nous dire adieu. Finalement , sur cette terre, entre nous cela aura fini comme cela avait commencé : dans un climat vivant, surprenant, non linéaire, par delà les mots et les concepts.–La loi de la vie, celle du changement, est à l’oeuvre, les « grands anciens », ceux qui nous ont aidés, montrés généreusement la voie, partent – je pense à Olivier Humbert, à Denise Desjardins, à Daniel Roumanoff, à Josette Martel , à Jean Pierre Muller qui ne transmettait pas formellement, mais dont la présence dans les derniers temps de sa vie valait son pesant d’enseignement, à Annick qui nous a quittés la première …A chacun de nous qui sommes encore là , chacun dans notre rôle et à notre place selon notre destin, d’être aussi généreux qu’ils le furent et de témoigner comme nous le pouvons de la voie pour ceux qui viennent après nous. Bon voyage, mon si cher André, bon voyage et merci , merci pour tout, hein, vieux … -
Quand notre 1er ministre en parle…
Effondrement, effondrement, en voilà un gros mot !
Ai-je bien fait de le prononcer à La Bertais ce fameux dimanche matin 30 septembre ? Et encore, d’enfoncer le clou samedi dernier en fin d’après-midi lors de notre première animation autour de cette notion ?
Toujours est-il que la vidéo suivante a été l’un des éléments qui ont contribué à ma décision. Car on n’y voit rien moins qu’Édouard Philippe et Nicolas Hulot devisant de concert le 2 juillet dernier lors d’un « Facebook live » ( entendez un entretien public informel avec les abonnés de leur page Facebook) sur la notion d’effondrement, telle que présentée par Jared Diamond dans son livre de référence : « Effondrement : comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie » (2004).
Selon Wikipédia, Jared Diamond, est un universitaire américain né à Boston en 1937. Géographe, biologiste et physiologiste, il enseigne à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), et est surtout connu pour ses ouvrages de vulgarisation scientifique : De l’inégalité parmi les sociétés (prix Pulitzer 1998) et Effondrement (2004). C’est dans cet ouvrage qu’il montre entre autres comment des civilisations telles celle de l’Ile de Pâques, celle des Mayas ou celle des Vikings du Groenland se sont effondrées sur elles-mêmes suite à un épuisement des ressources naturelles sur lesquelles reposait leur prospérité initiale. Toute ressemblance avec la situation de notre société et son appétit insatiable pour les énergies fossiles non renouvelables (pétrole, gaz et charbon…) n’est pas purement fortuite !Apparemment, ce livre est l’un de ceux que notre Premier ministre affectionne (tout comme Nicolas Hulot). Comme quoi, il n’y a pas que les ecolos-pas-cool ou les guénoniens-pisse-vinaigre qui s’intéressent de près à cette notion d’effondrement !
Le livre en question porte en anglais le titre de « Collapse« .
C’est ce titre qui a inspiré quelque 10 ans plus tard à Pablo Servigne le néologisme de « Collapsologie » pour désigner ce qu’il appelle « la science de l’étude de l’effondrement de notre civilisation » : tout un programme, dont j’ai commencé à parler de façon un peu plus détaillée samedi et sur lequel je me propose de revenir bientôt, dès que j’aurai pu mettre par écrit mon propos d’avant-hier.
D’ici là, n’hésitez pas à vous procurer et à lire le livre co-écrit par Pablo Servigne et Raphaël Stevens dont j’ai déjà parlé lors de notre AG et qui est à mes yeux l’un des meilleurs points de départ possible pour amorcer une réflexion à la fois lucide et saine sur le sujet !
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A propos de notre blog
Le Blog de La Bertais existe depuis maintenant plus de onze ans. A raison d’une moyenne de plus d’une centaine d’articles par an, cela fait à la fois beaucoup de « matière » et aussi, pour Mireille, Georges et moi qui depuis tout ce temps, nous occupons de le faire fonctionner au quotidien, pas mal de temps passé devant un écran d’ordinateur.
En tant qu’animateurs principaux de ce blog, nous avons connu quelques « grands moments », avec la publication de certains articles particulièrement inspirés et inspirants en provenance d’une belle variété de « plumes », et aussi, il nous faut le dire, quelques passages à vide, durant lesquels, faute d’articles vraiment intéressants à faire paraitre, nous avons parfois eu l’impression de devoir « meubler ».
Par ailleurs, au fil de ces onze années, la place de la communication électronique a beaucoup augmenté dans le quotidien de tout un chacun (démultiplication des écrans de toute sorte -smartphone, tablette etc). Et ce qui, il y a une décennie suscitait encore l’engouement de la nouveauté et l’admiration pour la prouesse technique (ah, la magie des premières vidéo incluses dans un article), s’est tellement banalisé qu’on est de plus en plus nombreux à sentir poindre une certaine lassitude face à cet envahissement de notre espace intérieur par ce cyber-coucou qu’est devenu Internet.

Internet : un coucou qui, une fois installé dans nos vies, en prend de plus en plus à son aise à notre détriment ! Ces deux aspects des choses (manque de collaborateurs réguliers motivés et désamour progressif de notre auditoire pour Internet) font que Mireille, Georges et moi avons commencé à nous interroger sur la pertinence de continuer à faire vivre ce blog.
Pour nous aider dans notre réflexion, nous avons donc eu l’idée de vous soumettre une enquête, afin de mieux apprécier l’intérêt éventuel que vous portez encore à cet outil et décider ensuite en meilleur connaissance de cause de la suite à lui donner.
Un questionnaire a donc été inséré au dos du coupon-réponse de la dernière Lettre de La Bertais qui est en cours d’acheminement postal. Mais, puisque vous lisez cet article, sachez que ce questionnaire sera plus facile à dépouiller pour nous, si vous y répondez en ligne.
Donc, puisque vous avez le choix, merci de prendre 5 minutes pour le remplir dans sa version électronique plutôt que dans sa version papier. C’est facile, y a qu’à cliquer ici (ou sur l’image ci-ontre).

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Mâyâ selon Ramakrishna (5)
Issue d’un texte classique cher à Swâmiji -le Yoga-Vasishtha- l’histoire traditionnelle suivante était entre autres racontée par Ramakrishna*. Elle m’a semblé un complément particulièrement approprié à la série des 4 articles précédemment publiés sur mâyâ…
Un jour, alors qu’il était encore jeune et que son apprentissage de la Sagesse n’était pas terminé, le poète et musicien Nârâda se tenait en compagnie de Vishnu et de sa compagne Lakshmi. Profitant de cette aubaine, il se permit de questionner le Dieu Suprême au sujet de sa Mâyâ : « Est-ce vrai que ta mâyâ est capable de tromper même les meilleurs ascètes ? «
Afin de lui répondre, Vishnu lui proposa de partir en voyage avec lui. Après avoir marché un certain temps, le Maître suprême eut soif. Fatigué, il s’assit sur le sol et dit à Nârada :
« j’ai besoin de me désaltérer, va Me chercher un peu d’eau n’importe où ».
Nârada partit à la recherche d’eau. N’en trouvant pas dans les parages immédiats, il s’éloigna toujours davantage, jusqu’à ce qu’enfin une rivière lui apparaisse au loin. Redoublant d’ardeur dans son désir de rapporter au plus vite de quoi rafraichir son guru, il finit par atteindre la rivière. Au bord de celle-ci, une ravissante jeune fille puisait elle aussi de l’eau. Quelle grâce dans ses gestes et quel éclat dans son beau visage! Nârada ne put s’empêcher de tenter de nouer une conversation avec elle. Par chance, la belle jeune fille se sentait elle-même d’humeur badine et répondit bien volontiers au jeune homme vigoureux et déterminé qui venait de se présenter à elle. Ils parlèrent encore et encore, reculant le moment de se séparer et quand elle se résigna à regagner enfin son village, Nârâda, déjà épris, insista pour la raccompagner jusqu’à chez elle au prétexte de lui porter son eau. Le chemin vers son village était long et au fil de leurs bavardages, ils eurent tout le temps de tomber pour de bon amoureux l’un de l’autre. Tant et si bien qu’arrivé au village, Narâda n’avait plus qu’une idée en tête : la demander tout de go en mariage. Ainsi fut-il fait, et puisque la jeune fille était elle aussi manifestement éprise de ce beau jeune homme, ils reçurent sans difficulté la bénédiction parentale et s’établirent dans une hutte proche de celle de la famille de la jeune villageoise. Ils s’aimèrent tendrement et eurent bientôt un premier enfant puis… plusieurs autres !Alors que la famille prospérait dans le bonheur et l’harmonie depuis une décennie années, la peste s’abattit un jour sur la contrée et vint entre autres endeuiller le village. Voyant la mort frapper à chaque porte, Nârâda proposa à sa femme de fuir au plus vite ce pays maudit. Les voilà bientôt, tenant leurs enfants par la main, jetés sur les routes de l’exode. En passant près de la rivière où ils s’étaient rencontrés quelques années plus tôt, ils virent que celle-ci était en crue. Ils se hâtèrent donc d’atteindre le seul pont disponible afin de pouvoir le traverser et quitter enfin cette région maudite. Mais au moment où ils étaient en beau milieu du pont, le flot enfla de plus belle et emporta avec lui un à un les enfants, trop petits pour résister au courant. Alors que, tout autant effondré que paniqué, le couple luttait désespérément pour atteindre la berge, la jeune femme perdit soudain pied et fut à son tour emportée par le flot. Finalement, à bout de forces, Nârâda parvint seul à s’en sortir…
Assis sur la berge et regardant incrédule la rivière en furie, submergé par la souffrance, il se mit à hurler de douleur, puis à pleurer de chagrin des heures durant…C’est alors que son guru divin apparut soudain devant lui et demanda :
– Ô Narâda, où est mon eau et pourquoi pleures-tu si fort ? Ça fait déjà plus d’une demi-heure que tu es parti et que j’attends ta cruche !
– Une demi-heure! s’écria Nârada, à qui il semblait que douze années au moins s’étaient écoulées…
Se remémorant toute l’histoire, Nârada comprit soudain son erreur : « Seigneur, je m’incline devant ta Mâyâ aussi redoutable que merveilleuse et qui m’a fait oublier jusqu’à ton Nom, alors que je me croyais pourtant le meilleur de tes dévots ! »
* Cf. L’enseignement de Ramakrishna, chapitre IV, présenté et annoté par Jean Herbert, Albin Michel (récit partiellement réécrit par mes soins)
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Mâyâ (partie 4)
Sommaire des épisodes précédents :
1er approche : nos illusions ne sont que la conséquence de notre ignorance de nous-même –à relire ICI-.
2ème approche : nos représentations mentales du monde sont toutes illusoires car subjectives –à relire ICI-.
3ème approche : la persistance de nos représentations illusoires relève d’un forme d’ensorcellement magique –à relire ICI-.
4ème approche : Mâyâ comme manifestation de l’énergie divine (îshvara shakti)
Et cela nous introduit directement à une 4èmeapproche de mâyâ, que Shankara définit aussi comme le résultat tangible du déploiement de l’énergie créatrice de Dieu (îshvara shakti). Selon ce dernier point de vue[1], le Védânta nous invite, tant que nous ne nous sommes pas libérés de notre ignorance de nous-mêmes et de la vision egocentrée qui en découle, à considérer que toute notre expérience « ordinaire » du monde est produite et orchestrée par « la main invisible du divin». Il nous propose de vivre notre existence dans cette lumière, de façon à avoir un premier recul sur notre condition. Car si, au lieu de me percevoir comme une entité finie et irrémédiablement condamnée à lutter pour sa survie dans un monde hostile, je me vis comme un acteur jouant un rôle dans le Grand Spectacle du Monde, écrit et mis en scène par Dieu lui-même, cela va me donner un avant-gout certain de l’harmonie et du sentiment d’unité propre à l’éveil. Certes, en procédant ainsi, je vais pour une part nourrir mon erreur dualiste, c’est-à-dire faire perdurer ma conviction d’être une entité autonome. Mais cela sera un moindre mal, car cette entité ne se sentira plus « seule au monde », mais reliée à plus grand qu’elle-même.

Grâce à l’aide de Krisha son maître (en bas au milieu), Arjuna (en bas à droite) finit par pouvoir contempler l’omniprésence de Vishnu et par se rendre compte que c’est Lui qui sous ses visages et par ses bras multiples, actionne secrètement chacun des protagonistes présents sur le champ de bataille de l’existence ! (Bhagavad Gita, chapitre XI) Avec ce dernier point de vue sur mâyâ, nous retrouvons donc la subtilité de l’advaïta védânta qui, tout en affirmant que le concept de Dieu est aussi une illusion -Dieu est une idée produite par l’ego avec sa pensée et son langage- considère sans vergogne que cette illusion est utile sur la voie, car elle représente le moyen le plus simple de débuter le processus de déréalisation du moi. Entendez par là, le processus par lequel l’ego va perdre peu à peu de son importance, jusqu’au moment où il sera supplanté dans la conscience de nous-mêmes par le sentiment impersonnel d’unité et de plénitude propre à l’éveil.
Arrêtons nous un instant sur cette affirmation paradoxale : du point de vue védântique, Dieu fait bel et bien partie intégrante de l’illusion dont il s’agit de se libérer. La preuve, c’est que ce concept cesse d’exister dans le silence absolu de la pensée, que ce silence soit obtenu au cours d’une méditation, ou, plus prosaïquement dans l’expérience du sommeil profond. A cet égard, les maitres du Védânta aiment à faire remarquer que s’il y a bien une différence entre l’expérience intérieure d’un croyant et celle d’un incroyant tant que ces deux personnes sont dans l’état de veille, cette différence est, par contre, radicalement abolie quand ils sont tous les deux plongés dans le sommeil profond, c’est-à-dire quand ils sont dans un état sans mental. Ainsi, dès que la pensée s’arrête, les distinctions que celle-ci fait habituellement entre l’ego, le monde et -éventuellement- Dieu, s’arrêtent aussi. Nama-rûpa : tout ce qui relève de la conception et de la perception n’est qu’un mirage (mâyâ). Mais le Védânta nous enseigne aussi que, pour nous en rendre compte, il nous faut commencer par honorer ce mirage, et, au lieu de le considérer comme une calamité, le vivre comme un miracle quotidiennement offert à notre capacité d’émerveillement et de gratitude.
Conclusion : du bon usage de mâyâ
Pour synthétiser tout ce qui précède, on peut dire que, selon le contexte, mâyâ, c’est notre représentation du monde subjectivement déformée par notre égocentrisme ; mâyâ, c’est l’ensemble de ce que nous pensons et de ce que nous disons pour tenter de nous rassurer face à l’insondable mystère de notre existence et de celle de l’univers ; mâyâ, c’est ce mystère lui-même que, faute de comprendre rationnellement, nous pouvons apprendre à contempler et à aimer ; mâyâ, c’est encore et enfin la partie de cache-cache que Dieu semble jouer avec chacun d’entre nous avant que nous ne le démasquions comme étant Nous-Mêmes !
Que de richesse, donc, dans cet étrange concept !
Mais au fait, puisqu’il s’agit encore d’un concept, mâyâ ne relèverait-elle donc pas aussi du domaine de l’illusion qu’elle dénonce ?
Ultime subtilité de la dialectique shankaracharienne pour qui, en effet, mâyâ n’est qu’un outil pédagogique provisoire (adhyaropa) et en aucun cas une vérité définitive. En essence, mâyâ n’est donc pas une notion doctrinale visant à expliquer la condition humaine ordinaire, mais un tremplin offert pour s’en affranchir. Utilisée à bon escient, l’idée d’illusion est en effet susceptible de produire un choc salutaire dans la conscience de l’auditeur, qui voit soudain remise en cause sa conception habituelle de lui-même et du monde.Pour illustrer ce dernier point, imaginons un instant que lors d’un de nos rêves nocturnes, nous nous retrouvions avec quelques amis à randonner dans un beau paysage. Au détour d’un chemin, un panneau se dresse soudain devant nous où est inscrit « Attention, tout ceci n’est qu’un rêve ». Selon notre humeur du moment, soit nous allons passer devant ce panneau sans y prêter garde, soit nous allons prendre prétexte de sa présence pour entamer une discussion philosophique « passionnante » avec nos amis au sujet de la prétendue irréalité du monde, soit enfin nous allons nous laisser vraiment percuter par son message et, par un mouvement interne de recul de notre propre conscience de rêveur, commencer à nous interroger pour de bon sur la réalité de ce que nous sommes en train de vivre. Certaines fois, cela déclenchera un « rêve lucide », c’est-à-dire que nous continuerons à rêver, mais en sachant qu’il s’agit d’un rêve, ce qui est déjà en soit un degré de liberté appréciable. Et d’autres fois, le choc sera tel qu’il nous libérera pour de bon du rêve dans lequel nous étions plongés en nous amenant à reprendre pied dans le monde de l’état de veille.
Ainsi en va-t-il de cette notion védantique d’illusion : nous pouvons en entendre parler sans qu’elle ne suscite en nous la moindre curiosité ou réaction. Nous pouvons nous y intéresser superficiellement et, la prenant pour un concept philosophique ordinaire, nous mettre à discuter de sa validité à perte de vue. Enfin, nous pouvons la recevoir comme un choc nous amenant à un sursaut de conscience, avant-coureur de notre propre Éveil!

René Magritte, Museum of Art de Los Angeles Parvenu au terme de cet essai, je formule le vœu qu’il puisse permettre au lecteur de commencer à entrevoir la profondeur et la richesse de cette notion de mâyâ, habituellement si caricaturalement présentée voire moquée, alors qu’il s’agit selon moi d’une des idées les plus originales et les plus profondes du patrimoine philosophique et spirituel de l’humanité !
Aum, tat, sat
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Vous avez apprécié ce quatrième et dernier épisode de mon feuilleton de rentrée? Dites-le moi en commentaires et/ou faites-moi part de vos remarques. Si vous êtes assez persuasifs, cela m’incitera peut-être à prolonger cette série en vous rapportant dans un cinquième article l’une des histoires les plus inspirantes que racontait Ramakrishna au sujet de Maya 😛
[1]Cf.entre autre, Brahma-Sutra-Bhashya II,1, 37 etMandukya-Karika-Bhashia I, 7 et 9
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Mâyâ (partie 3)
Dans le premier article de cette série, nous avons vu que l’ignorance de nous-même est la cause première de toutes nos illusions –à relire ICI–
Dans le second, c’est notre propension invétérée à mettre des mots sur toutes nos perceptions pour banaliser notre expérience du monde et la réduire aux limites de notre mental qui a été dénoncée comme le principe même de nos illusions –à relire ICI .
Pour ce troisième épisode, accrochez vos ceintures, car ça devient franchement « bizarre »…
3ème approche de mâyâ : l’illusion dont nous sommes tous victime n’est ni réelle ni irréelle, mais un mystère indéfinissable (anirvachanîya)
Ce caractère factice de toute représentation du monde qui repose sur l’usage de la parole et de la pensée est particulièrement mis en avant par la troisième approche utilisée par Shankara pour traiter de mâyâ. Selon ce point de vue[1], mâyâ est explicitement considérée comme non-conceptualisable anirvachanîya, c’est-à-dire qu’on ne peut la définir ni comme réelle ni comme irréelle, mais qu’elle est vouée à demeurer un mystère, même pour celui qui cesse d’en être le jouet. Cette « drôle d’idée » est classiquement illustrée par l’exemple de la corde prise, dans la pénombre, pour un serpent.
Quelle est la réalité de ce serpent ? Il n’est clairement pas une entité réellement existante. Mais il n’est pas non plus une « non-entité» comme le serait par exemple le fils d’une femme stérile ou un cercle carré. Il est seulement l’apparence trompeuse que prend la corde quand elle est regardée dans certaines conditions de distance et d’éclairage. Ce serpent imaginaire n’est donc ni réel ni non-réel, mais une sorte de déguisement que le réel revêt pour ceux qui ne le regardent pas d’assez près. Et, bien que cette apparence n’ait pas d’existence en elle-même, elle s’impose pourtant visuellement avec persistance, y compris à celui qui sait par ailleurs qu’il n’y a pas de serpent à cet endroit.
Une seconde illustration permet de mieux comprendre ce point assez subtil, c’est celle du mirage dans le désert. Quelqu’un comme un Touareg qui connaît bien le désert et quelqu’un qui y voyage pour la première fois verront tous les deux, dans certaines conditions de chaleur, de lumière et de distance un phénomène étrange se présenter dans leur champ de vision, celui du mirage d’une oasis.
Le fait que le Touareg sache d’expérience que ce phénomène est illusoire ne suffit pas à faire disparaître le mirage. Comme le voyageur inexpérimenté, il voit le phénomène, mais contrairement à lui, le Touareg ne le prend pas pour argent comptant et ne se précipite pas vers l’oasis, même s’il a très soif. Alors que le néophyte, lui, va courir vers ce qu’il croit être un point d’eau.
Selon cette analogie, il en va de même pour mâyâ. Un homme éveillé à la vérité de la non-dualité n’en continue pas moins à expérimenter le monde « des noms et des formes » comme tout un chacun. Mais il ne lui attribue plus un statut de réalité objective. Il sait que ce n’est que l’apparence que brahman prend pour lui tant qu’il est incarné dans un corps d’être humain, mais il ne croit pas que cette apparence peut réellement ni lui nuire (serpent) ni étancher sa soif (oasis). Et il regarde donc cette apparence comme un mystère, au sens théologique du terme, c’est-à-dire comme quelque chose qui dépasse à jamais son entendement, mais qui n’en demeure pas moins une source d’émerveillement sans cesse offerte à sa contemplation. Sous ce troisième aspect, mâyâ est donc l’incroyable magie du monde, la source intarissable de toute émotion esthétique et de tout émerveillement poétique ou ravissement mystique. Mâyâ devient alors la porte permettant de pressentir, derrière l’invraisemblable et terrifiante magie des formes, la présence du… Grand Magicien !
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Vous avez apprécié ce troisième épisode de mon feuilleton de rentrée? Dites-le moi en commentaires et/ou faites-moi part de vos remarques, histoire de m’inciter à publier la dernière et ultime partie

Notes :
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Mâyâ (partie 2)
Cet article fait suite à celui qui a présenté notre illusion dualiste habituelle (mâyâ) comme la conséquence de notre ignorance fondamentale de nous-mêmes (avidyâ) – à relire ici-.
2èmeapproche de mâyâ : l’illusion des noms et des formes (nâma-rûpa).
Le deuxième angle d’approche de mâyâ qu’utilise Shankara est de montrer que notre croyance habituelle en l’objectivité du monde repose en fait sur notre façon toute subjective de percevoir les sensations et de nommer les formes ainsi repérées[1].
Il est facile de se rendre compte que nos cinq sens sont des instruments à la fois limités (nous ne voyons pas les infrarouges, nous n’entendons pas les ultrasons alors que ces données existent) et étroitement dépendants de la façon dont nous sommes structurés en tant qu’être humain. Imaginez un instant que notre odorat soit celui du chien, que nos yeux voient comme ceux de la chouette et que nos oreilles entendent les ultrasons comme les chauves-souris. Combien notre représentation du monde en serait différente ! Ce que nous croyons naïvement être « le monde objectif » n’est en réalité qu’une représentation mentale construite à partir des seules informations sensorielles accessibles à l’être humain.
D’autre part, ces informations sensorielles ne restent pas à l’état de données brutes, mais sont traitées et organisées par le mental sous forme d’idées puis de mots. Or, en nommant les formes qui nous entourent, nous découpons le réel en fonction de nos centres d’intérêt subjectifs, c’est-à-dire de façon là encore arbitraire. Si nous avons un intérêt précis pour un aspect de la réalité, la chasse par exemple, nous allons apprendre à tenir compte de formes particulières (les empreintes laissées par le gibier) et nous allons développer un important vocabulaire pour distinguer entre elles ces empreintes et les relier chacune à un animal précis. Ainsi elles deviendront pour nous des réalités signifiantes. Alors que si nous ne sommes pas chasseurs, ces traces n’évoquant rien de spécial pour notre mental, celui-ci ne les isolera pas de la masse des données sensorielles brutes et ne les nommera donc pas. Tant et si bien qu’elles n’auront finalement pas d’existence dans notre représentation du monde. C’est ainsi que l’univers d’un chasseur n’est pas le même que celui d’un cycliste, ou encore que celui d’un berger de haute montagne diffère grandement de celui d’un citadin, etc. Ce qui revient à se rendre compte, avec Swâmi Prajnânpad, que : « personne ne vit dans le monde, chacun vit dans son monde ». L’idée contraire, selon laquelle nous faisons tous l’expérience d’un seul et même monde « objectif » est donc, là encore, « mâyâ » une illusion collective.
Pour finir de s’en rendre compte, on peut s’appuyer sur cette autre vérité aussi étrange d’indéniable : « je suis toujours le seul à avoir l’expérience perceptive que j’ai dans l’instant, car ici et maintenant, il n’y a jamais que moi qui me trouve à la place ou je me trouve ». Illustration : si nous sommes six personnes assises autour d’une table pour déjeuner, mon corps occupe une position particulière autour de cette table, position que je suis le seul à pouvoir physiquement occuper dans l’instant. Mais de ce fait, je vis la scène de ce repas à partir d’un angle de vue particulier que personne d’autre que moi n’a dans l’instant. Et il en va de même pour chacun des autres convives qui, eux aussi voient la scène de ce repas d’un point de vue qu’ils sont dans l’instant les seuls à avoir. Du fait que nous sommes tous réunis pour une activité commune (un repas), nous imaginons que chacun voit la même table et expérimente le même environnement alors qu’en réalité, du point de vue sensoriel, l’expérience perceptive de chacun est originale et unique. Certes si j’évoque devant vous ce repas auquel vous avez assisté, vous allez considérer qu’il s’agit d’une expérience partagée. Mais en réalité, chacun de nous a toujours été le seul à percevoir le « film » de ce repas exactement comme il l’a perçu. Et cela même si nous étions assis côte à côte à table, car en vérité, comme ce n’est physiquement pas possible que les yeux de deux personnes puissent se trouver exactement au même endroit au même instant, les expériences perceptives de chacun restent toujours singulières et « privées »: il n’y a jamais que moi qui sent exactement ce que je sens de la façon précise dont je le sens. Je suis donc irrémédiablement enfermé dans ma bulle perceptive : « mon monde ».

Renoir, « le déjeuner des canotiers » Et bien entendu cette solitude subjective est encore renforcée au niveau du mental. Car non seulement je suis le seul à percevoir ce que je perçois, mais je suis le seul à « penser » les choses perçues (à les organiser en ensembles signifiants) exactement comme je les pense. A ce niveau, il est plus facile de se rendre compte combien notre monde mental est personnel et combien peu il chevauche ou recoupe le monde intérieur des autres êtres humains, y compris de nos proches !
« A quoi penses-tu ? » est une question qui revient fréquemment dans les échanges intimes. Comme quoi, le monde de l’autre, y compris dans la relation amoureuse, reste toujours et pour sa plus grande part un mystère.
Nâma-rûpa, l’ensemble des formes que nous percevons et des noms que nous utilisons pour penser et communiquer avec nos semblables n’est donc pas la réalité, mais seulement la représentation subjective particulière que chacun de nous se fait de cette réalité. A ce titre cette représentation est bel et bien « mâyâ » une façon aussi illusoire que vaine de prétendre faire l’expérience de la réalité.
Et cela amène à une dernière remarque d’importance : celle touchant à la limite du langage et à la défiance habituelle qu’il suscite de la part des traditions spirituelles. Tenter de décrire le réel à l’aide du discours, que celui-ci soit rationnel comme celui des sciences ou de la philosophie, ou qu’il soit plus intuitif comme celui de la poésie, est une entreprise nécessairement vouée à l’échec. Dans la mesure ou la pensée est une activité d’analyse qui découpe ou subdivise la réalité pour l’organiser en concepts, elle produit et entretient nécessairement une vision du monde dualiste dans laquelle il y a d’un côté moi qui pense et qui parle et de l’autre, l’objet de ma pensée et de mon discours. Ce qui veut dire que pour sortir de mâyâ, il faut nécessairement en arriver à se taire et à faire silence, y compris mentalement ! Voilà qui éclaire d’une façon inattendue les nombreuses injonctions et mises en garde, tant des textes classiques que des maitres spirituels authentiques. « Yoga chitta vritti nirodha » affirmait déjà Patanjali[2]. Pas d’accès à l’état d’unité sans l’arrêt complet des opérations du mental ! Ou encore, c’est par la qualité de son silence bien plus que par la pertinence de ses propos qu’un maitre digne de ce nom témoigne de l’essentiel. Dans cette perspective, la seule utilisation encore envisageable du langage est celle appelée en théologie l’approche apophatique, c’est-à-dire celle qui consiste à nier toutes les descriptions positives habituelles du Réel (ou de Dieu). C’est le fameux « neti, neti » des Upanishads qui enseignent à reconnaître que le brahman n’est « ni grand, ni petit », « ni proche, ni lointain », « ni vivant, ni mort », etc., ces paradoxes ayant pour but d’inciter l’ego à renoncer à son désir de grenouille de se faire aussi gros que le bœuf de la fable ! Car le réel n’est pas compréhensible par l’ego : comment le limité pourrait-il s’approprier l’illimité !
Mâyâ, c’est donc bien encore et aussi la parole et la pensée : qu’on se le dise !
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[1]Cf. entre autre,Brahma-Sutra-Bhashya II, 1, 27
[2] Premier théoricien du Yoga qui vivait autour du 2ème siècle avant notre ère et qui est l’auteur du Yoga-Sutra, texte d’où est issue la citation (Y.S.1.2)
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Dimanche 16 septembre : Journée de méditation à La Bertais
Étant donné la proximité de l’évènement, je reproduis ci-dessous le texte de présentation de cette journée qui est inclus dans la Lettre de septembre que vous devriez recevoir ce soir (par mail) ou à partir de demain matin (version papier).
Si vous souhaitez participer, merci de lire jusqu’au bout cet article et de suivre la procédure d’inscription indiquée. Et si vous ne recevez pas la Lettre ou si vous l’égarez d’ici l’AG du 30 septembre, le lien tout en bas de cet article vous permettra de la télécharger…
Journée “ relais de méditation non-stop ” (16 septembre)
Lors des deux dernières éditions du week-end annuel de méditation, nous avions été contraints, faute d’un nombre suffisant de participants, de raccourcir au dernier moment le format de cette animation. Nous vous proposons donc d’emblée cette année un format réduit à une seule journée, celle du dimanche, avec les mêmes horaires que ceux du GSMP (9h45-18h15). Rappelons que cette animation est ouverte à toute personne en lien avec l’association, qui veut profiter de l’occasion offerte pour vivre une expérience d’intériorisation et de silence collectifs dans des conditions optimales. Elle est, en effet, conçue pour permettre aux participants de méditer aussi souvent et aussi longtemps qu’ils s’y sentent portés, les autres aspects de la vie à la Bertais étant, pour la circonstance, réduits au minimum (déjeuner réduit à des coupe-faim, pas de travail à l’extérieur, et tâches dans la maison réduites au strict nécessaire).
L’activité principale est constituée par un relais ininterrompu d’une quinzaine de méditations individuelles “ encadrées ” par deux méditations collectives, selon l’emploi du temps détaillé que vous trouverez ci-après.
Conditions de participation
En venant à cette journée, vous acceptez par avance les quelques règles du jeu suivantes :
- Vous vous engagez à participer au minimum aux deux méditations collectives (dimanche à 10h en ouverture et à 18h en clôture).
- En dehors de ces deux temps collectifs, vous serez libre de participer ou non aux relais de méditations individuelles (par période de 30 minutes). Durant les temps où vous choisirez de ne pas méditer, il vous sera demandé de respecter un silence rigoureux. De la sorte, même si vous ne faites que deux méditations dans la journée, vous aurez au moins vécu cette journée dans le silence complet (les smartphones et autres objets connectés -tablettes, etc- devront impérativement être ÉTEINTS).
- Pendant ces moments libres, vous pourrez, à votre convenance, soit vous promener dehors, soit lire ou écrire, ou encore vous reposer, mais en aucun cas “ travailler ” (sauf tâches minimales si vous faites partie de l’équipe organisatrice) et encore moins parler avec les autres participants. Il y aura deux temps de parole spécialement prévus pour vous permettre de vous exprimer (en début et en fin de journée). En dehors de ces deux temps, cette rencontre se veut l’occasion de vivre collectivement dans le silence de façon à ce que chacun puisse bénéficier de conditions optimales d’intériorisation.
- L’expérience proposée formant un tout cohérent, il n’est pas possible de n’y participer que pour une demi-journée.
- Les personnes qui viennent de loin sont invitées à arriver la veille au soir et à loger sur place (merci de réserver votre lit via le coupon-réponse).
Programme de la manifestation :
- Samedi
15h-17h : Préparation du lieu par l’équipe organisatrice
17h-17h30 : Thé
17h30-19h30 : Arrivée possible des personnes souhaitant dormir sur place la veille au soir
20h : Repas de galettes, auto-géré par les personnes restant dormir sur place (équipe organisatrice et/ou personnes hébergées) - Dimanche
9h45 Accueil des participants
10h -10h30 Présentation de la journée et des participants (tour de groupe)
10h30-10h40 Première méditation collective
10h40-17h20 Relais de méditations individuelles (par sessions de 30 minutes)
17h20-17h30 Dernière méditation collective
17h30-18h Tour de groupe de synthèse et clôture de la journée
NB : Pour vous donner l’opportunité d’un mini-jeûne (ainsi que pour simplifier l’organisation) nous ne prévoyons pas de repas le dimanche midi. Des fruits frais, du pain et du fromage ainsi que des boissons chaudes ou froides seront disponibles en libre service toute la journée en guise de coupe-faim.
Nous avons donc besoin sur place d’une petite équipe de volontaires dès le samedi après-midi 15 septembre à partir de 15h pour le ménage, l’installation de la salle et la gestion de l’intendance, équipe qui aura aussi à se répartir des responsabilités d’organisation pratique durant la journée du dimanche. Si vous êtes partant, merci de le signaler lors de votre inscription.
Inscriptions:
Vu la proximité de l’événement, nous vous demandons de vous inscrire dès à présent soit en renvoyant par mail le coupon-réponse si vous avez reçu la version électronique de ce courrier, soit en téléphonant à Alain Sivert au 06 41 66 67 59 si vous avez entre les mains la version papier de la Lettre. Dans les deux cas, votre réponse doit impérativement nous parvenir au plus tard le jeudi 13 septembre. En effet, certaines questions pratiques (intendance et hébergement) ne pourront être réglées qu’une fois connu de façon précise le détail de vos choix. A cet égard, voici les possibilités offertes :
1) Participation à l’ensemble de la journée (début dimanche 9h45, fin dimanche vers 18h), avec hébergement sur place le samedi soir et petit déjeuner le dimanche matin. Précisez alors votre heure d’arrivée (avant ou après le diner). Le repas de galettes, l’hébergement + le petit déjeuner seront à régler sur place selon les modalités habituelles.
2) Participation à l’ensemble de la journée (début dimanche 9h45, fin dimanche vers 18h), sans hébergement sur place. Vous arriverez le dimanche matin et repartirez le dimanche soir, sans prendre de repas sur place (autres que les coupe-faim prévus).
3) Participation complémentaire à l’équipe organisatrice (rendez-vous le samedi à 15h). Précisez alors si vous resterez dîner et/ou dormir sur place le samedi soir.
Participation financière
– Comme les années passées, il vous sera proposé de faire une donation à l’association d’un montant laissé à votre appréciation.
– N’envoyez pas d’argent à l’avance, mais prévoyez de quoi régler sur place (chèque ou espèces).
Matériel à apporter
– Une paire de chaussons (pour minimiser les bruits dans la maison)
– Un baladeur (si vous souhaitez écouter individuellement une causerie d’Arnaud sur la méditation durant les temps libres)
– Un châle de méditation
– Du papier et un stylo, si vous souhaitez prendre des notes sur votre vécu durant le week-end.
Vous avez lu les deux premières pages du Flash-info de septembre 2018. Si vous voulez lire la suite (consacrée à l’AG du 30 septembre + infos diverses), vous pouvez télécharger le document intégral en cliquant ICI.

Coucher de soleil du 1er septembre 2018, Carnac (photo de Yann) -
Mâyâ (partie 1)
Genèse de cette série d’articles consacrés à mâyâ
Il y a quelques temps, j’ai rédigé un petit texte pour des collègues profs de yoga sur la notion védantique d’illusion (mâyâ en sanskrit). J’étais assez content de mon travail et j’ai voulu en faire profiter quelques amis. Suite à leurs retours, j’ai amélioré mon premier texte et je me suis dit alors qu’il était temps de le partager avec un plus grand nombre de lecteurs. J’ai contacté Mathieu afin qu’il le publie dans le revue InfosYoga. Mais la longueur de mon texte ainsi que le caractère assez « philosophique » de son propos ont fait qu’il n’a pas été retenu par le comité de rédaction de la revue. On me propose de l’écourter et de le simplifier, moyennant quoi, il paraitra -peut-être- au printemps prochain !
Outre que cette petite déconvenue m’a donné l’occasion de pratiquer 😳 , elle aura eu pour mérite de me décider à vous donner la primeur de mon texte non remanié. Et comme il est assez dense en effet, je vais le découper en quatre « tranches » ; ce qui, je l’espère va vous le rendre encore plus passionnant !

A première vue, les bandes bleu foncé sont ondulées et obliques. Mais est-ce bien sûr ? Vous avez dit « illusion » ?
Quand on s’intéresse au point de vue non-dualiste, on arrive tôt ou tard à buter sur la difficulté suivante : s’il est vrai que la réalité est « une » (brahman) et que les distinctions habituelles entre le sujet et l’objet, l’esprit et la matière, le créateur et les créatures, etc. ne sont que des apparences et non la véritable nature de ce qui est, comment se fait-il que ces apparences soient si solides et si contraignantes pour nous ?
La réponse qui est classiquement donnée en Inde est que ces apparences sont « mâyâ », une formidable illusion individuelle et collective dont nous serions tous victimes.
Mais quand, dans nos existences, nous rencontrons des obstacles à notre épanouissement, des difficultés relationnelles ou encore que nous sommes confrontés à la maladie ou à la mort, cette réponse philosophique a vite fait de « prendre l’eau » et de déclencher une réaction d’indignation voire de révolte. Loin de nous révéler son harmonie secrète, l’existence nous semble alors un gigantesque champ de bataille où nous devons lutter « seul contre tous ».
Passer concrètement de la perception dualiste ordinaire au sentiment d’harmonie et de communion avec toute chose et toute situation n’est pas une petite affaire et une simple réflexion autour du concept de mâyâ ne peut certes pas prétendre à ce résultat. Cependant, comme nous allons le voir, une meilleure compréhension de cette notion, à la base si éloignée de notre culture occidentale, n’est pas vaine, car cela permet d’affiner notre pressentiment du but proposé tout en offrant quelques jalons bien utiles à notre cheminement concret.
Pour ce faire, je vais vous présenter mâyâ du point de vue propre à l’advaïta-védânta issu de Shankara tel que je l’ai reçu de notre premier maître indien Shri Kulkarni. Mon propos ne sera donc pas directement calé sur l’enseignement de Swâmi Prajnânpad et d’Arnaud, mais comme vous allez vite vous en rendre compte, il éclairera d’un jour particulièrement intéressant un certain nombre de notions de la voie avec laquelle vous êtes déjà familiers…
Les différentes approches de mâyâ selon Shankara
Dans son commentaire magistral sur les Upanishads, le Brahma-Sutra et la Bhagavad Gîtâ[1], Shankara[2]adopte, selon le contexte, pas moins de quatre approches différentes pour traiter de mâyâ. C’est donc en mettant bout à bout ces approches complémentaires, que l’on a le plus de chance de se rendre compte de la portée et de l’intérêt de cette notion.
Première approche : mâyâ comme conséquence d’avidyâ
La première approche est celle qui consiste à coupler le concept de mâyâ (illusion) avec celui d’avidyâ (ignorance). Dans cette perspective fondatrice, Shankara établi que l’illusion est TOUJOURS le fruit de l’ignorance et qu’il n’y a JAMAIS d’autre cause à notre représentation erronée de la réalité que notre propre méconnaissance de nous-mêmes[3].
On le voit, ce point est d’emblée d’une importance capitale, car cela revient à dire que c’est la qualité de la conscience que j’ai de moi-même qui détermine le caractère plus ou moins objectif ou illusoire de ma représentation du monde. Si je suis dans l’ignorance de ma vraie nature et donc victime d’une identification complète avec mon corps et mon mental, alors il va en résulter une représentation du monde strictement conforme à ce positionnement particulier. Par exemple, tant que je suis « collé » à mon ego, donc certain de n’être qu’une individualité séparée et différente de tout ce qui existe d’autre que moi, je vais obligatoirement me représenter que tous les autres êtres humains sont « comme moi » et qu’ils se sentent eux aussi différents et séparés de tout le reste. Autrement dit, je vais projeter mon impression subjective d’être une entité finie sur tout le monde et je ne vais donc voir autour de moi qu’une multitude d’autres entités finies qui, elles aussi, se débattent comme moi pour tenter de survivre dans cet univers-champ de bataille. Struggle for life : cette conception a beau être la plus communément partagée par les êtres humains, elle n’en reste pas moins, du point de vue védantique, une pure illusion (mâyâ), car elle ne résulte de rien d’autre que de la non-reconnaissance de ma vraie nature.
A l’inverse, au fur et à mesure que je « décolle » de mon ego, c’est-à-dire que je suis capable de m’éprouver davantage comme la conscience bienveillante qui le fonde et l’anime, je deviens capable de pressentir chez autrui la présence de cette même conscience et donc de me relier à lui sur un tout autre mode. Ma vision du monde se modifie alors dans le sens où elle intègre peu à peu un principe d’unité et d’harmonie. En tant que forme, je continue à me sentir différent et séparé des autres formes, mais en tant que conscience-énergie animant ma forme, je commence à me sentir « solidaire » de toutes les autres formes. Et ce faisant, c’est alors que je réalise combien jusque là ma représentation du monde était illusoire. Je me croyais seul contre tous alors que je me découvre (en tant qu’ego) inséré dans un courant d’ensemble d’où je tire mon énergie, ma joie de vivre comme plus généralement toutes mes expériences.
Cette réalisation peut, bien entendu, s’approfondir encore, le fait étant que plus je m’éveille à ma vraie nature et plus ma vision des autres et du monde se transforme. A en croire la tradition et le témoignage des éveillés, c’est ainsi que l’homme peut parvenir finalement à se libérer de toute trace d’illusion dualiste dans sa relation au monde et aux autres êtres vivants qui le peuplent.
Retenons de cette première approche ce principe cardinal : mâyâ n’est PAS une description du monde objectif. Mâyâ est une façon de parler de la conséquence de notre cécité spirituelle qui nous fait prendre notre représentation habituelle du monde pour la seule possible et donc la seule vraie. Plus encore, mâyâ est la remise en cause radicale de cet aveuglement. En effet, en utilisant ce concept, le védânta vient donner un coup de pied dans la fourmilière du consensus habituel des egos humains. « Eh, les amis, vous vous trompez : votre façon de vous appréhender vous-même est erronée et du coup vous êtes privés de la perception de l’unité sous-jacente à tout ce qui existe! ».
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Vous avez apprécié ce premier épisode de mon feuilleton de rentrée? Dites-le moi en commentaires et/ou faites-moi part de vos remarques, histoire de m’inciter à mettre la suite en ligne 😛
Notes :
[1]Le Prasthana Traya Bhashya ou Commentaire sur les trois sources scripturaires (de la Sagesse).
[2]Shankara, encore appelé Shankarâchârya (l’instructeur Shankara), est l’une des plus grandes figures philosophiques et spirituelles de l’Inde classique.Il a vécu aux alentours du VIIIe siècle de notre ère et est considéré comme le plus éminent exposant de la doctrine de la non-dualité (advaïta védânta) sur laquelle repose peu ou prou toute la sagesse de l’Inde.
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7ème anniversaire de la désincarnation d’Arnaud
Si vous vous trouvez géographiquement proche de La Bertais et que vous vous sentez concerné(e) par la commémoration du départ d’Arnaud, nous vous invitons à venir partager une journée d’ashram avec nous à La Bertais le vendredi 10 août prochain.
Le programme sera proche de celui d’une journée type de retraite avec un accent spécial porté sur le souvenir d’Arnaud et de son enseignement : accueil à 9h30, causerie enregistrée à 10h suivie d’un temps de séva, repas en silence, lecture et partage autour des textes lus, temps personnel, thé convivial et méditation guidée, fin vers 18h30.
Pour faciliter l’organisation de votre accueil, et si vous ne vous êtes pas déjà inscrit(e) auprès d’Alain Silvert, merci de téléphoner au plus tôt à La Bertais au 02 99 39 59 21.
Et si vous n’êtes pas disponible pour vous joindre à nous physiquement, n’hésitez pas à vous associer à nous par le coeur, ainsi bien entendu qu’à tout le reste de la sangha des élèves d’Arnaud qui sera rassemblée à Hauteville et à Mangalam pour cette occasion…
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ThinkerView, incontournable pour ne pas mourrir idiot !
Il y a une petite année de cela, mon fils ainé m’a fait connaitre un « drôle » de site d’information appelé Thinkerview. Et depuis que j’ai découvert ce filon, il ne se passe pas une semaine sans que je découvre une nouvelle pépite dans cette « mine » alternative.Si comme moi, vous trouvez que les grands médias tournent le plus souvent en rond et qu’à force de langue de bois, leurs interviews sont ennuyeux à mourir, alors profitez de votre temps libre estival pour vous aérer les méninges -et parfois même le coeur- en écoutant et/ou en regardant des intervenants moins connus que les vedettes médiatiques habituelles, mais qui ont beaucoup plus de choses à dire, et ce de façon beaucoup plus « passionnante ».Mais pour commencer qu’est-ce que ThinkerView ?Devant mon incapacité à répondre à cette question, je laisse momentanément la plume à Wikipédia :« ThinkerView est un laboratoire d’idées français indépendant lancé en janvier 2013, proche du milieu du hacking. Il diffuse des entrevues sans montage, avec des personnalités d’horizons différents, principalement grâce à sa chaîne YouTube suivie par plus de 140 000 abonnés. Ses domaines d’études les plus récurrents sont la géopolitique, la finance, le terrorisme, les médias, internet, l’environnement et la société ».Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas d’un site en lien avec la spiritualité, mais plutôt d’un média alternatif, offrant des points de vue originaux et décalés sur les grandes questions de société. Et si je suis devenu accro (j’écoute désormais cela au petit déjeuner, en lieu et place de France Inter) c’est que depuis que je m’y suis mis, j’ai fait connaissance avec un grand nombre de personnalités qui, bien que remarquables, ne font pas partie (sauf exception) des « vedettes » médiatiques et dont j’ignorais donc le plus souvent l’existence.Voici la liste non exhaustive des personnes les plus intéressantes dont j’ai ainsi eu le bonheur de faire la connaissance (et bravo à vous si certains noms vous sont déjà familiers !)– Jon Palais : Militant non-violent mais particulièrement déterminé contre la passivité des dirigeants face à l’urgence climatique… (quelle énergie! )– Bruno Parmentier : spécialiste du problème de la faim dans le monde qui prouve entre autres la non-soutenabilité de la consommation de viande à l’échelle de la planète. Difficile ensuite de ne pas se sentir un peu coupable devant un barbecue trop bien garni!– Cédric Villani : Mathématicien, médaille Field en 2010, puis élu député « Macron » aux dernières élections et chargé par l’actuel gouvernement d’un rapport sur l’avenir de l’Intelligence artificielle (bon, lui je le connaissais un peu, mais avec son araignée à la boutonnière, il est « trop »)– Thanh Nghiem : une activiste « copine » de Cédric Vilani, prototype de la surdouée par excellence avec un parcours de vie totalement hors-norme (son association de « crapauds fous », c’est un must!)– Pablo Servigne : l’inventeur de la collapsologie. Ce n’est pas sa meilleure intervention publique, mais c’est celle qui me l’a fait découvrir : à ne rater sous aucun prétexte (de toute façon j’ai prévu de vous en parler plus longuement bientôt…)– Idriss Aberkane : Si quelqu’un en doutait, voilà de quoi convaincre les plus récalcitrants que même les Maghrébins peuvent être des surdoués de haut vol (et soufi discret, qui plus est). Accrochez-vous, ça déménage???– Etienne Klein : un scientifique de haute volée doublé d’un remarquable pédagogue : il a fait deux émissions, une sur « Ethique et philosophie des sciences » de belle tenue, et une qui est un cours de physique pour les nuls sur le fameux boson de higgs. A ne manquer sous aucun prétexte !– Xenia Fedorova : une James Bond girl russe qui est depuis peu responsable de l’antenne française de la chaine d’information russe « Russian Today » : passionnant !– Sébastien Arsac : le co-fondateur de l’ONG L214 qui lutte contre la souffrance animale : intéressant et très touchant…– Henri Maler (fondateur d’Acrimed, une ONG qui milite pour une information objective contre celle des médias classiques) : passionnant.J’en oublie, mais en voilà assez j’espère pour vous convaincre de tenter une petite écoute. Un clic sur l’une des images précédentes vous conduira directement à la page de l’interview avec le choix entre la version vidéo ou l’audio seul.Sinon, ThinkerView est aussi dispo en vidéo sur Youtube ou en podcast audio, téléchargeable, pour ne pas bronzer idiot à la plage ou pour faire de vos longs déplacements en voiture, en train ou en avion de véritables happenings culturels !Pour avoir accès au catalogue de tous les entretiens déjà réalisés, rendez-vous sur :<https://thinkerview.com> et déroulez le menu « Interviews« .Les rubriques disponibles (en gras celles que je fréquente le plus) :- Géopolitique,
- Internet,
- Finance,
- Médias,
- Terrorisme,
- Environnement,
- Société,
- Science
A chacun d’y piocher selon ses centres d’intérêts particuliers.
Evidemment, de temps en temps je tombe sur quelque chose qui ne m’intéresse pas. Dans ce cas, je zappe, mais promis, cela arrive très rarement car dans l’ensemble les personnes interviewées ont réellement des choses originales à dire et je me sens le plus souvent vraiment touché par leur message !
Seul bémol, l’interviewer est un jeune « hacker » assez prétentieux et souvent « pénible » dans sa façon de conduire les interviews. Mais rien n’étant parfait dans ce bas monde…Allez, un petit dernier pour la route (c’est l’un de ceux que j’ai écouté le plus récemment et qui m’a enthousiasmé) : Pierre Larrouturou, sur la crise climatique…Est-ce encore utile de vous souhaitez de bonnes vacances après tout cela 🙄
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Fête de la St Jean -sans feu-
C’est officiel : nous ne sommes pas autorisés à faire un feu de joie à La Bertais samedi soir prochain. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas « faire la fête » ensemble, fût-ce autour d’un plateau de bougies…
Trêve de plaisanterie, voici un petit rappel des festivités de samedi prochain 23 juin :
- 10h : accueil à la Bertais et méditation introductive à la journée
- 10h30 : organisation du chantier collectif et « séva »
- 13h : repas de galettes (avec garniture personnalisée !)
- 14h30 : suite du chantier collectif
- 17h30 : thé récréatif
- 18h30 : préparatifs culinaires et festifs
- 20h30 : repas cabaret (pensez à venir avec vos propositions « coup de coeur » : musique, chant, conte, jeu, humour, poésie, etc…)
- 22h30 : fin de la soirée (si vous participez au GSMP du lendemain, vous pouvez rester dormir sur place)
Un programme alléchant donc, d’autant plus que vous pouvez participer « à la carte », soit :
- A toute la journée et à la soirée
- A toute la journée sans la soirée
- A la matinée seulement (10h-13h ou 10h-14h30)
- A l’après-midi seulement (14h30-18h30)
- A l’après-midi et à la soirée seulement (14h30-22h30)
- A la soirée seulement (17h30-22h30 ou 18h30-22h30)
Petit problème : au moment où je rédige cet article (lundi 18 juin), il y a encore très peu d’inscrits ! Donc, s’il vous plait, merci de faire connaitre au plus vite votre intention soit en téléphonant à Alain Silvert (06 41 66 67 59) soit même en laissant en direct un commentaire ci-dessous (à condition d’être très précis sur vos heures d’arrivée et de départ et de dire si vous resterez dormir sur place le samedi soir ou non).
La Bertais a besoin de vous pour continuer à embellir et ainsi à « rendre grâce au Créateur » en votre nom !
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De retour de l’AG d’Hauteville -cuvée 2018-
Conformément à mon habitude, voici un petit reportage sur la dernière assemblée générale des Amis de Hauteville qui s’est tenue ce week-end à « la maison mère ». Mon propos n’a évidemment pas vocation à servir de compte rendu officiel et pour savoir ce que chaque intervenant a vraiment dit, je vous invite à vous reporter à la prochaine Lettre d’Hauteville qui ne manquera pas de reproduire la dactylographie des principales interventions.
Journée de Samedi :
- 11h30 : intervention de Dominique Durand. Mon compte rendu sera bref, car pour des raisons indépendantes de notre volonté, Anne-Marie et moi n’avons pu arriver sur place qu’en début d’après-midi, ce qui fait que nous avons manqué cette première intervention. Je compte bien sur ceux et celles d’entre vous qui éteint présents pour nous en dire plus en commentaire, ainsi éventuellement que sur l’introduction générale à ces deux journées faites par Fabienne et Emmanuel. En quelques mots, Dominique Durand est la personne pressentie par Jacques Castermane pour prendre sa succession à la tête du Centre Durkheim de Mirmande, lieu lui-même situé à moins de 30 minutes de voiture d’Hauteville. Jacques est un ami de longue date d’Arnaud et d’Hauteville, et à ce titre il était cette année encore présent samedi et dimanche. Mais du fait de son âge, il est en train de « passer la main » à l’une de ses plus fidèles élèves Dominique Durand, et c’était pour lui et pour nous une bonne occasion de faire connaissance avec celle qui, désormais, sera l’une des amies spirituelles d’Hauteville la plus proche géographiquement!
- 15h30 : intervention de Ute et Volker Augustiniak, un couple allemand de disciples de Mr Lee, qui ont été en charge de l’ashram de leur maître à Tiruvanamalaï pendant près de 16 ans. Quelques-uns parmi vous connaissent déjà Ute et Volker, car depuis plusieurs années ils sont reçus une fois par an à Soulevache, chez Thérèse Le Guernic, où ils vendent des produits artisanaux indiens au profit de leur ashram. Ceci étant, très peu de personnes avaient eu l’occasion de les entendre témoigner et je pense que pour la très grande majorité de l’auditoire, cela aura été un moment particulièrement riche et émouvant. En des termes simples et concrets, Ute et Volker ont évoqué tour à tour leur première rencontre avec Mr Lee puis le processus qui les a conduits à s’engager corps et âme auprès de ce maitre « hors norme », au point un beau jour de quitter leur vie « allemande » pourtant florissante et de s’installer à Tiruvanamalaï selon sa demande. A n’en pas douter, la circulation aisée de la parole entre le mari et la femme et les nombreuses situations concrètes de mise en pratique qu’ils ont évoquées à tour de rôle auront trouvé un écho profond dans l’assemblée. Merci à eux pour ce beau témoignage qui rend honneur à leur qualité de disciples tout en étant une source d’inspiration pour nous-mêmes…
- 20h45 : l’orangerie sous la tente. Une fois encore Pascal et son équipe de bénévoles ont réussi le tour de force de produire un spectacle d’une grande qualité et d’une foisonnante diversité. Le temps me manque pour chroniquer cette belle soirée multiculturelle qui nous a fait voyager d’un manga japonais au folklore toulousain, en passant par la chanson française (Gainsbourg et Jonny) et quelques tubes anglo-saxons (David Bowie et les Beattles) le tout ponctué d’un éblouissant duo de guitare classique…
Bon, les meilleurs morceaux étant des créations, je ne peux vous donner une idée que des chansons les plus connues facilement accessibles sur Youtube :- Les feuilles mortes (Gainsbourg) : <https://youtu.be/YtBpBPvIHBs>
- Toute la musique que j’aime (Johnny, chanté par une Fabienne, rockeuse déchainée) : <https://youtu.be/n2IWsN_5-JY>
- Space Oddity (David Bowie, mis en scène par Pascal et son music-band) : <https://youtu.be/pXSGocWifAg>
Et pour finir, un très beau moment de chant indien méditatif avec Emmanuelle Martin (accompagnée à la tampoura par Karinne)
Journée de Dimanche :
- 9h30, Assemblée générale statutaire : sans entrer dans des détails trop fastidieux, cette assemblée a pris acte du départ d’Yves Rémond et de l’arrivée de Marie Mathiot (ex Jolivet) dans l’équipe d’animation, ainsi que du décès de plusieurs membres de l’association proches de l’équipe (dont Jean-Pierre Muller). Une baisse du nombre des adhérents ainsi que de la fréquentation des séjours a entrainé, pour la seconde année consécutive, un léger déficit financier et du coup quelques initiatives ont été annoncées pour tenter de pallier ce problème. En particulier le nouveau site d’Hauteville est enfin en ligne. Il est « magnifique » et mérite donc votre visite de toute urgence ! Outre les très belles photos qu’il offre en plein écran, il présente la vie et l’oeuvre d’Arnaud d’une façon assez inspirante et, cerise sur le gâteau, il donne un accès inédit à de nombreux enregistrements audio et vidéo de notre maître. L’adresse du site est inchangée : <http://amis-hauteville.fr/fr/>
- 11h30, Intervention de Geoffroy d’Astier : ceux d’entre vous qui étaient présents à notre propre AG d’octobre 2014 à La Bertais auront une bonne idée de ce que Geoffroy a pu évoquer au cours de son intervention, à ceci près qu’elle était évidemment davantage « préparée » et que du coup nous avons eu droit à un partage touchant d’éléments « privés » de la relation de Geoffroy et d’Arnaud. Il ne m’appartient pas d’en dire plus ici, puisque, très probablement, ces propos seront repris en très large part dans un prochain numéro de la Lettre d’Hauteville…
- 14h30, intervention de Swâmi Atmânanda Udasin : pour beaucoup (dont moi), il s’agissait du « clou » du week-end et j’attendais avec une certaine « impatience » l’intervention de ce disciple (d’origine belge) de Chandra Swâmi, désormais considéré en Inde comme une figure spirituelle remarquable. Et bien, pour aller au plus court, sachez que je n’ai pas été déçu et que le témoignage de ce mystique hors norme m’a beaucoup touché, comme, je le crois une très grande partie de l’auditoire. Et cela entre autres parce que, contrairement à son habitude, le Swâmi a accepté de « jouer le jeu d’Hauteville » et de témoigner de son itinéraire de chercheur et de disciple au lieu de s’en tenir -comme m’a-t-on dit- il le fait habituellement, à enseigner la seule dimension verticale de la voie, le fameux advaïta védânta dont il est devenu incontestablement l’un des représentants actuels les plus convaincants. Là encore, il faudra lire le détail de son témoignage dans la Lettre d’Hauteville, mais histoire de vous mettre l’eau à la bouche, sachez que cet homme a d’abord été prêtre chrétien puis moine (au Liban), avant de découvrir la spiritualité des upanishads à travers l’oeuvre du père bénédictin Henri Le Saux, futur Swâmi Abishekananda et fondateur de Shantivanam, le premier ashram chrétien de l’Inde! Et de là, sa quête obstinée d’un maître de la trempe d’Henri Le Saux l’a conduit aux pieds de Chandra Swâmi. Après des débuts difficiles pour s’intégrer dans cette communauté, Chandra Swâmi l’a pris sous son aile et lui a fait mener une intense sadhana, entre autres en l’enjoignant à vivre près de 10 ans dans la solitude la plus complète (6 ans en Israël près de Jérusalem et 4 ans en Inde, près de Rishikesh). Au fil du temps, son mental et ses samskaras de chrétien ont volé en éclat et après une série d’expériences d’éveil provisoire toutes plus intenses les unes que les autres, il a définitivement épousé le point de vue de la non-dualité radicale de l’advaïta védânta, le seul qui, depuis, l’inspire à parler. Il anime actuellement la petite communauté de chercheurs spirituels qu’il a fondée avec la bénédiction de Chandra Swâmi et qui est installée sur les bords du Gange : Ajatananda ashram…
Allez, je crois avoir fait amplement ma part! je laisse donc la plume à ceux et celles d’entre vous qui « y étaient » pour qu’ils complètent ou nuancent mon récit de leurs propres impressions et commentaires !
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Retour sur un week-end « pas comme les autres »
Nous avons été une petite trentaine au total à vivre un week-end assez inhabituel en présence de Malo Aguettant et d’Isabelle Trizac.
En quelques mots, le samedi après-midi a été surtout centré sur le témoignage d’Isabelle et de Malo qui ont quelque peu intrigué l’auditoire par le caractère radical de leur positionnement. Isabelle en particulier parle quasi constamment d’elle à la 3ème personne et comme elle fait cela non par artifice, mais parce qu’elle n’arrive pas à parler d’elle autrement, cela ne peut pas ne pas remettre en cause l’identification des auditeurs avec leur propre nom et prénom… Ceci étant, plusieurs des participant(e)s ont trouvé dès ce samedi après-midi à s’impliquer personnellement dans l’interaction avec Isabelle et Malo qui ont su -de mon point de vue- induire à la fois un climat de confiance et aussi de travail sur le vif assez remarquable.
Le soir et d’une façon assez peu préparée, nous avons vécu une variante bertaisienne de l’Orangerie d’Hauteville. Malgré l’aide appréciable de Viviane, la qualité des prestations n’était certes pas à la hauteur de ce que Pascal arrive à orchestrer à Hauteville, mais comme une bonne moitié de l’auditoire est montée « sur scène », beaucoup ont apprécié ce moment simple et convivial qui a permis de découvrir ou redécouvrir dans une bonne humeur communicative la variété de nos talents cachés.
L’un des clous de cette soirée a été, de l’avis de beaucoup, l’improvisation au piano de Malo. Pour vous donner une idée de sa musique, voici un extrait de l’album qu’il a réalisé il y a quelques années sous le titre évocateur de « Ne tenir qu’à un fil ».
Sachez à ce sujet que Malo m’a autorisé à offrir le contenu de cet album (9 morceaux d’une durée totale d’une trentaine de minutes) à ceux et celles qui le souhaiteront. Pour obtenir le lien permettant de télécharger ces morceaux, il vous suffit de vous faire connaitre en laissant un commentaire ci-dessous…
Bon, allons à présent droit au but : le clou de ce week-end a été sans conteste ce qui s’est passé dimanche matin suite à un exercice d’apparence anodine proposé par Isabelle (il s’agissait d’une forme de méditation centrée sur le fait de retourner vers soi-même notre propre capacité d’amour). Je laisse à ceux et celles qui le voudront la plume pour témoigner de leur vécu mais pour vous donner une idée de l’ambiance, sachez que le rouleau de sopalain n’avait pas été autant sollicité dans cette salle depuis bien longtemps et que -selon ma perception- plusieurs des participants ont pu à cette occasion faire des prises de conscience déterminantes pour la suite de leur sadhana…
Le dimanche après-midi est resté dans le même ton, mais avec une implication un peu moindre des participants, ce qui a permis à tous d’atterrir en douceur à l’issue de ce week-end certes moins conventionnel que ce à quoi nous sommes habitués à La Bertais, mais parfaitement à sa place dans la dynamique globale de notre sangha. Merci donc à Isabelle et à Malo pour le cadeau de leur belle présence…
Evidemment et comme toujours, les participant(e)s sont invité(e)s à laisser ci-dessous leurs propres remarques et commentaires !
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Malo et Isabelle : présentation
C’est pour vous permettre de mieux évaluer l’intérêt que représente pour vous le prochain séminaire organisé à La Bertais les 26 et 27 mai prochain, que je reproduis ci-dessous le texte de présentation qui est inclus dans le dernier numéro de notre Lettre. Vous devriez par ailleurs avoir déjà reçu cette Lettre à l’heure où vous lirez cet article, mais si tel n’est pas le cas, vous pouvez la télécharger en cliquant ICI.

Malo Aguettant Malo fait partie de la première génération des élèves d’Arnaud. Anne-Marie et moi l’avons donc d’abord connu au Bost. Puis, comme il était cinéaste, nous avons eu l’occasion d’apprécier quelques-unes de ses créations au fil de sa carrière, dont un film sur Chandra Swâmi et un film sur Arnaud. Ensuite, nous l’avons un peu perdu de vue, car Malo, suite à une série de rencontres déterminantes avec plusieurs autres maîtres, a choisi de continuer son chemin de façon indépendante d’Hauteville. C’est au printemps 2016 que nous avons découvert le livre qu’il venait de faire paraître et dont le contenu nous a particulièrement touchés : « Rien ne manque à cet instant, tant que vous n’y ajoutez rien » (Editions Accarias L’originel). En effet, l’homme discret et quelque peu effacé que nous croyions connaître jusqu’alors y portait soudain un témoignage fort, en faveur d’une approche directe de l’Eveil. Etait-ce possible que ce frère-chercheur de longue date ait réussi, à force de ténacité et de détermination, à se libérer plus complètement que nous-mêmes des voiles de son mental et à toucher ainsi au But de notre quête commune?
C’est pour en avoir le cœur net que nous avons souhaité renouer avec lui et que de fil en aiguille nous l’avons reçu en septembre dernier à La Bertais à titre amical et privé, faisant à cette occasion la connaissance d’Isabelle Trizac, sa nouvelle compagne. Nous avons été vite touchés par la sincérité et la profondeur manifestes de leur double témoignage qui était à la hauteur de ce que le livre de Malo nous avait laissé entrevoir et c’est ainsi qu’est né le projet de les inviter à animer à La Bertais, un « satsang », c’est-à-dire une rencontre consacrée à la recherche en commun de la Vérité.
Nous connaissons encore très peu Isabelle, mais pour ce que nous en avons compris, sa démarche, tout aussi radicale que celle de Malo, tient beaucoup plus d’une forme de réveil intérieur « sauvage » que d’une voie spirituelle « classique ». C’est au terme d’une grave et longue dépression (qui n’est pas sans rappeler le parcours d’Eckhart Tolle) qu’elle a trouvé en elle-même la voie de la guérison en osant affronter d’une façon totalement neuve les causes cachées de sa souffrance. Bien que n’ayant pas à l’époque de « culture spirituelle », elle a intensément pratiqué (et pratique encore) l’ascèse radicale qui consiste à marcher vers la vérité de sa nature profonde.
Portée par le courant de la Vie qui passe par elle, elle témoigne de façon particulièrement spontanée et « inspirée » d’un niveau de lâcher-prise peu banal et Anne-Marie et moi avons trouvé plusieurs fois dans ses propos de quoi nourrir et renforcer notre propre aspiration en ce sens.
Autant vous le dire tout de suite, le duo que forment Malo et Isabelle est aussi étonnant que décapant par leur approche profondément non-conventionnelle de la « spiritualité ». Pour eux, celle-ci n’a rien de « théorique » et ils n’ont donc pas l’intention de développer ex cathedra des thèmes ou des sujets généraux. Une grande part de ce qui se fera pendant ce week-end sera le produit de leur propre mise en pratique in situ et, si vous choisissez de vous exposer au jeu de la recherche de la vérité en commun (satsang), attendez-vous à être éventuellement quelque peu bousculé(e) dans vos conceptions et vos identifications habituelles. Touristes spirituels, s’abstenir ! A bon entendeur…
Le mot de Malo et Isabelle :
« Il y a entre nous une génération d’écart. Et pourtant notre démarche a été et est encore identique : celle de la recherche des causes de notre détresse émotionnelle et des moyens de nous en libérer radicalement. Pour cela, nous avons exploré encore et encore les méandres de notre esprit et poursuivi inlassablement la quête de la Réalité. Revisitant autant nos souffrances que nos joies, nous avons suffisamment nettoyé le mental pour qu’enfin l’Intelligence de la Vie puisse y passer sans filtre. Et c’est cette intelligence de la Vie à l’oeuvre que nous vous convions à rencontrer à l’occasion de notre venue à La Bertais. »









































