Auteur/autrice : Yann Le Boucher

  • De la vie sur d’autres planètes ! (4)

    Cet article avait été rédigé cet été, à la suite des trois premiers, mais il est resté en mode « brouillon » jusqu’à aujourd’hui, car j’avais prévu un développement que je n’ai pas eu le temps de finaliser. Pour ne pas vous faire attendre plus longtemps, je viens donc de le scinder en deux, la dernière partie (sur le paradoxe de Fermi) pouvant être reportée à plus tard…

    Résumé des trois articles précédents :


    Si vous avez suivi les trois premiers articles de cette passionnante série, vous savez désormais que l’univers est peuplé de milliards d’exoplanètes analogues à notre Terre et qu’au sein même de la zone de notre galaxie qui abrite notre système solaire, il y en a quelques milliers (lien vers l’article 1).

    Vous savez de plus comment, grâce entre autres aux satellites Tess et James-Webb, on est à la veille d’identifier les premières exoplanètes porteuses de vie, cela à quelques années-lumière seulement de notre propre système solaire (lien vers l’article 2)..  

    Et vous avez aussi une idée de la façon dont l’humanité pourrait s’y prendre, à échéance de quelques décennies, pour parvenir à explorer « physiquement » les exoplanètes les moins éloignées de la Terre et entrer ainsi en contact direct avec de la vie extraterrestre (lien vers l’article 3)….

    Une question majeure est cependant restée en suspend jusqu’à présent :  celle de la présence possible, parmi cette vie extraterrestre, d’autres êtres vivants doués d’une intelligence semblable à la nôtre, avec lesquels, nous pourrions, éventuellement parvenir à communiquer.

    J’ai déjà dit dans le précédent article que l’hypothèse scientifiquement la plus plausible est que nous ne rencontrerons pas de tels êtres sur la première exoplanète que nous réussirons à explorer, ni même, vraisemblablement sur les premières dizaines d’autres que nous entreprendrons de visiter dans la foulée. Mais évidemment, plus nous progresserons dans cette entreprise exploratoire et plus, statistiquement, nous augmenterons la probabilité de tomber un jour nez-à- nez avec ce type d’êtres, y compris avec des créatures nettement plus avancées dans l’évolution et donc nettement plus intelligentes que nous. En effet, à en croire Darwin et ses émules, l’homo sapiens n’est en aucun cas l’aboutissement ultime de l’évolution du vivant et, s’il se confirme que la vie est une donnée relativement courante dans notre galaxie, on doit au contraire s’attendre à ce que, ici ou là, le processus de l’évolution en soit finalement arrivé à sélectionner une créature beaucoup plus « performante » que l’être humain, c’est-à-dire encore plus capable que lui de percer les secrets de la nature et de prendre le contrôle sur sa destinée en tant qu’espèce. Souvenons-nous à cet égard que l’évolution ne procède pas de façon linéaire, mais plutôt à la façon d’un buisson dont chacune des branches a sa propre destinée…

    Ce sujet passionnant n’est qu’effleuré dans le documentaire d’Arte, ce qui fait que cet article est davantage une création personnelle que les trois précédents. Ceci étant, une séquence du 4ème épisode va me fournir un excellent point de départ :

    Le SETI, vous connaissez ?

    Créé par la NASA en 1984, il s’agit d’un institut de recherche à but non lucratif qui a, entre autres, pour mission de tenter de détecter les signaux électromagnétiques présents dans le cosmos qui n’auraient pas une origine « naturelle », mais qui correspondraient éventuellement à des émissions d’ondes radio en provenance d’autres civilisations présentes dans notre galaxie.

    Pour ceux d’entre vous qui n’en ont encore jamais entendu parler, je précise que cet institut est des plus « sérieux » et qu’il est soutenu, entre autres, par plusieurs scientifiques de renom, dont au moins deux prix Nobel. Le documentaire nous permet de faire connaissance avec l’astronome Seth Shostak qui dirige l’un des programmes de recherche du SETI,  (au fait, ce nom correspond à l’acronyme de « Search for Extra-Terrestrial Intelligence »).

    Il nous explique que les ondes radio sont les ondes les plus universelles qui soient, car ce sont les seules qui soient capables de voyager sans interférence ni dégradation à travers l’univers entier. Si bien que, selon lui, une civilisation extra-terrestre qui aurait besoin de communiquer elle-même avec son environnement spatial proche ou lointain ne pourrait pas s’en passer. Il en va de même, analogiquement, que pour l’élément liquide : pour autant que nous le sachions, il n’y a pas de vie possible sans eau. De même, en l’état actuel de nos connaissances,  il n’y a pas de civilisation extraterrestre évoluée possible sans émission d’ondes radio. La mission du SETI est donc « d’écouter l’espace » à l’aide des différents radiotélescopes terrestres qui participent à cette entreprise et de traquer les ondes ayant un profil atypique pour les analyser et voir si l’anomalie a ou non une cause naturelle. Ce programme d’écoute de l’univers a commencé à toute petite échelle dès les années 1960, puis s’est amplifié au fil des décennies au point qu’actuellement il permet « d’écouter » quelques centaines de systèmes stellaires chaque année. Malgré quelques résultats qui ont brièvement fait naitre l’espoir (entre autres un message en provenance d’une étoile et qui donnait l’illusion d’une onomatopée en forme de « Whaou » ), la situation actuelle est que rien de probant n’a à ce jour été détecté. Mais Seth Shostak a une explication pour cela. Selon lui, nous n’avons jusqu’à présent pu « écouter » qu’un nombre infime de systèmes stellaires. Dans les années  qui viennent et du fait des importants progrès technologiques, on va être en mesure d’en « espionner » plusieurs milliers chaque année, puis dans cinq ans, plusieurs dizaines de milliers ; et d’ici vingt-cinq ans, on en écoutera plusieurs millions par an. A force et sur un tel nombre, Seth Shostak et son équipe sont persuadés qu’ils finiront tôt au tard par intercepter une communication radio extraterrestre !

    Bien entendu, et avant cela, dès que le télescope spatial James Webb aura trouvé une exoplanète dont l’atmosphère sera « bio-marquée », SETI pointera sur elle ses radiotélescopes terrestres grâce auxquels on pourra avoir une première indication fiable quant à la présence ou à l’absence sur cette « terre-bis » d’une civilisation d’êtres technologiquement avancés…

    Le paradoxe de Fermi

    Quand j’ai fait lire le premier de mes articles à mon fils Christophe, il m’a tout de suite dit que cela lui refaisait penser au fameux paradoxe de Fermi. Honte à moi, je n’avais jamais entendu parler ni de ce paradoxe ni de son auteur. Et merci à ce fils bien aimé pour m’avoir donné l’occasion d’enrichir ma maigre culture sur ce point !

    De quoi s’agit-il : en résumé, puisque la communauté scientifique contemporaine admet qu’il y a environ 500 millions de planètes potentiellement porteuses de vie dans notre seule galaxie et qu’il est logique qu’un certain pourcentage d’entre elles ait donné naissance à des êtres doués d’une intelligence égale ou supérieure à la nôtre, comment se fait-il que nous ne soyons pas depuis longtemps déjà en contact régulier avec de tels êtres ? En bref, le paradoxe peut se formuler ainsi : « ils devraient être partout présents alors que dans les faits, on ne les rencontre encore nulle part!« 

    C’est ce sujet « passionnant », mais assez ardu que je me propose de traiter dans le dernier article de cette série… Mais si je traine à le faire ou si vous êtes impatient(e), vous pouvez vous-mêmes vous cultiver en lisant la page Wikipedia qui le présente ICI .

    En haut à gauche, Tatooine, la première exoplanète découverte dans un système à trois soleils (celui qui sort des montagnes + les deux points lumineux qui sont au-dessus). Le paysage global est imaginé à partir d’un satellite de Tatooine sur lequel l’artiste a posé ses pinceaux !

     

     

  • « Je suis vastitude » (aham brahma asmi)

    Samedi dernier, nous avons lancé le cycle des six rencontres de la saison prévues autour des Upanishads. Et pour faire bonne mesure, nous avons « ouvert le bal » avec l’étude du passage de la Brihad-aranyaka-upanisahd où se trouve l’affirmation « non-dualiste » la plus célèbre (mais pas la plus simple à comprendre!). Le fameux « aham brahma asmi » dont j’ai eu à coeur de proposer une traduction inédite –je suis vastitude– est en effet la première des Grandes Paroles (maha-vakya) repérées par la tradition dans l’immense corpus des textes védiques.

    La « célébrité » de cette parole est telle que je viens d’apprendre qu’un film indien grand public, entièrement joué en sanskrit, vient d’être réalisé en Inde sous ce titre. Le jeune réalisateur, un certain Aazaad, ne semblait pas peu fier de son coup lors de la présentation de son oeuvre à la presse (au demeurant un parfait navet, si j’en crois la bande-annonce dont je n’ose même pas vous donner le lien par crainte du ridicule !).

    « Aham brahma asmi », le premier film « grand public » entièrement joué en sanskrit, se veut le chantre de l’unité de l’humanité, par delà toutes les différences qui semblent diviser les humains!

    Trêve de plaisanterie, l’ambiance à La Bertais samedi dernier était nettement plus « sérieuse », même si les échanges autour de ce premier texte ont été particulièrement fournis.

    Alors, diront les absents, de quoi s’agit-il ? En quelques mots, la 4ème section du premier chapitre de cette upanishad est dédiée à l’éloge de la connaissance du principe commun à tout ce qui existe, tant à l’intérieur de soi qu’à l’extérieur. Ce principe commun qui n’est ni sujet ni objet, car antérieur même à cette première distinction, est tantôt désigné par le mot d’âtman (le Soi) et tantôt par celui de Brahman (le Réel dans son essence), ces deux termes se révélant, au fil des pages, de parfaits  synonymes. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est possible de se rendre compte que ce que je suis au plus profond de moi-même (âtman) n’est pas différent de ce que chaque créature et chaque objet sont eux-mêmes dans leur essence (brahman).  C’est pourquoi, selon cette upanishad, il n’y a rien de plus important pour un être humain que de se mettre en quête de cette essence primordiale afin de s’éveiller à cette vérité ultime que l’on peut traduire sous de nombreuses variantes :

    • Je (aham) l’absolu (brahman) suis (asmi) correspond à la traduction littérale.
    • Je suis vastitude, rend le sens étymologique du mot brahman, qui provient d’une racine signifiant « expansion »
    • Je suis infinitude… plénitude… complétude… totalité… liberté…  ultime réalité ou ultime vérité,  sont des traductions moins fidèles à la lettre, mais parfaitement recevables quant à l’esprit.

    Bref, à vous de choisir la variante qui vous touche le plus, et surtout celle qui peut le mieux vous servir de support de sadhana. Par exemple et en ce qui me concerne, l’idée d’élargissement de mon coeur me parle, et chaque fois que j’éprouve cet élargissement, je sens que je me rapproche d’autant du « je suis vastitude« .

    Ceci étant, pour les plus curieux, voici in extenso les deux versets de l’upanishad où se trouve énoncée par deux fois cette « grande parole », versets que nous avons lus ensemble, puis médités individuellement, avant d’en faire le support de nos échanges du jour :

    Question : Il est dit que c’est en prenant conscience du Brahman que l’homme peut réaliser qu’il est le Tout. Si tel est le cas, on peut se demander de quoi à l’origine ce Brahman a lui-même pris conscience pour devenir le tout ?

    Réponse : En vérité depuis l’origine le Brahman est la seule et unique réalité. Il n’a donc pas pu connaitre quelque chose d’autre que lui-même. Aussi, c’est par la simple prise de conscience : « Je suis Brahman » (aham brahma asmi) qu’il réalisa qu’il était le Tout.

    Et depuis lors, cela s’est révélé vrai pour chaque type de créatures qui a réussi à faire cette même prise de conscience.

    Du fait de leur excellence, ce fut parmi les dieux que quelques êtres y parvinrent les premiers. Puis ce fut au tour des pères fondateurs de la Tradition (les rishis). Et, ensuite ce sont des hommes ordinaires qui y parvinrent à leur tour.

    Par exemple, c’est ce qui a permis au sage Vamadéva de déclarer : « temporellement j’existai avant l’apparition du premier homme sur terre et spatialement j’inclus tout l’univers en moi, y compris le Soleil ! ».

    Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, celui qui, grâce aux enseignements védantiques, fait cette même prise de conscience radicale « je suis Brahman » (aham brahma asmi) se perçoit dès lors comme étant le Tout. Et les dieux eux-mêmes ne peuvent pas limiter cette expansion de sa conscience, car il est devenu leur propre soi (âtman).

    Quant à l’être humain qui, considérant le Divin comme une réalité extérieure à lui, pense : « Dieu est une entité et moi j’en suis une autre”, celui-là est le jouet de son ignorance.

    Et, du coup, il est pour les dieux ce que le bétail est pour les hommes.

    En effet, de même qu’un grand nombre d’animaux domestiques sont asservis par un seul homme, les hommes sont, en grand nombre, asservis par tel ou tel dieu. Qu’un animal captif réussisse à s’échapper, c’est fort déplaisant pour son propriétaire. A fortiori, si un grand nombre d’animaux réussissaient à s’échapper en même temps !

    Il en va de même du rapport entre les hommes et les dieux et c’est pourquoi il déplaît à ces derniers que les hommes puissent réaliser qu’ils sont Brahman…

    Brihad-aranyaka-upanishad, 1, 4, verset 9 et 10. Traduction personnelle « selon l’esprit ».
    Pour une traduction plus littérale, vous pouvez vous reporter à la page 16 de la version de Martine Butex consultable ICI.

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    Et si vous avez réussi à atteindre le bas de cet article, sachez que je tiens à votre disposition l’enregistrement audio de mon exposé introductif à cet atelier (durée 50 minutes). N’hésitez pas à me le demander en commentaire, surtout si vous envisagez de participer aux prochaines rencontres…

    A ce sujet, sachez pour finir que les inscriptions pour la session du samedi après-midi 7 décembre sont ouvertes : il vous suffit de cliquer ICI pour réserver votre place !

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  • Le point d’appui des Upanishads (1)

     

    Samedi prochain 12 octobre, nous nous retrouverons à La Bertais pour une journée-chantier, suivie d’une première séquence d’enseignement consacrée au message central des Upanishads.

    Comme à l’habitude, les travaux manuels tant extérieurs qu’intérieurs ne manqueront pas pour cette journée et nous vous espérons donc nombreux et nombreuses pour la séquence chantier qui commencera dès le matin à 10h (accueil à partir de 9h45), mais que vous pourrez aussi rejoindre l’après-midi à partir de 14h30.

    Après le thé, la partie enseignement sera consacrée à une première approche du message central des Upanishads. Celui-ci est au fondement de l’advaïta védânta, et donc aussi de la voie de Swâmi Prajnanpad et d’Arnaud. En présentant ce thème en juin dernier, nous avions mis la barre très haut puisque nous nous proposions de prendre appui sur certains passages de ces textes classiques pour « apprendre à mieux différencier ce qui relève du moi et ce qui relève du SOI dans notre expérience de nous-même et être ainsi en mesure de renforcer notre lien à la dimension infinie de notre propre conscience« . Nul doute que plusieurs rencontres sur ce même thème ne seront pas de trop pour avoir une chance de remplir cet objectif ambitieux !

    En attendant et d’un point de vue plus concret, voici un avant-programme de la première causerie :

    • Les deux moyens traditionnels pour booster la sadhana : la fréquentation des sages (satsanga) et l’étude des textes sacrés (svâdhyâya)
    • L’essence de la non-dualité condensée dans les « grandes paroles » (mahâ-vâkya) des Upanishads
    • Présentation d’une première  « grande parole », tirée de la Brihad-aranyaka Upanishad
    • Temps de réflexion personnelle, puis échange en petit groupe et synthèse en grand groupe autour de ce premier texte
    • ….

    Si vous avez prévu d’être des nôtres samedi prochain et que vous ne vous y êtes pas déjà inscrit(e) par coupon-réponse papier, merci d’utiliser le lien ci-dessous pour réserver votre place au plus vite :

    Je m’inscris à la rencontre du samedi 12 octobre

    Rappel du programme de la journée : 

    • 9h45 : accueil et installation
    • 10h : brève méditation introductive
    • 10h15 : organisation des tâches du matin et chantier
    • 13h : repas convivial (préparé sur place)
    • 14h30 : organisation des tâches de l’après-midi et chantier
    • 17h : thé convivial
    • 17h45 : enseignement et échanges autour d’un extrait de la Brihad-aranyaka upanishad
    • 19h15 : Fin des activités communes (un diner est prévu pour les personnes ayant demandé à dormir sur place en vue du GSMP du dimanche)

  • Un week-end d’AG « pas comme les autres »

    La première raison qui a fait de notre rendez-vous annuel un événement particulier est que nous avions prévu d’en profiter pour organiser sur place une formation à la sécurité incendie. Les membres du CA et les personnes qui nous aident habituellement à encadrer les séjours résidentiels étaient donc invités à rejoindre La Bertais dès le vendredi après-midi. Nous nous sommes ainsi retrouvés à une petite douzaine autour d’un formateur, lui-même pompier volontaire, qui nous a d’abord entretenus dans le détail des différents comportements à avoir en cas d’incendie et qui nous a expliqué à quel usage spécifique était destiné chacun des trois types d’extincteurs présents à La Bertais.

    Suite à quoi, nous sommes passés aux travaux pratiques en extérieur. Là nous avons pu à tour de rôle tester le maniement de deux des trois types d’extincteurs dont nous disposons. L’extincteur classique (à eau + additif) est celui qui convient à presque toutes les situations (photo1), alors que l’extincteur à CO2 -qui se trouve dans le bureau près du tableau électrique- convient plus spécialement pour les départs de feux liés aux installations électriques, qui comme chacun le sait, ne font pas bon ménage avec l’eau (photo2). Nous avons dans la chaufferie un troisième type d’extincteur (à poudre), mais le déclenchement d’un tel extincteur étant assez polluant pour l’environnement immédiat, notre formateur nous a épargné le test de ce type de matériel…

    Extincteur à eau + additif (le plus courant à La Bertais : couloirs en haut et en bas, cuisine…)

     

    Extincteur à CO2 (spécial installations électriques) dont nous avons un exemplaire dans le bureau…

    La seconde raison qui a rendu « spécial  » notre rendez-vous annuel, c’est la qualité de l’ambiance à la fois détendue et chaleureuse, qui a régné tout au long de la journée préparatoire du samedi.  Comme toujours, un gros travail d’entretien de la propriété a été accompli à cette occasion, entre autres dans la cour, dont la métamorphose a pu se poursuivre…

    Quant à la journée du dimanche, ce fut à n’en pas douter, un temps à la fois fort et aussi riche en surprises variées.

    La première aura été celle liée au rapport financier du trésorier. Pour mémoire, l’an passé, il avait eu la tâche ingrate d’annoncer un gros déficit (près de 10.000€), alors qu’il venait à peine de reprendre les rênes de ce poste suite à la défection d’Alain (en arrêt maladie) et qu’il était de ce fait un peu pris de court pour en expliquer toutes les raisons. Cette fois-ci, et au soulagement de l’auditoire, Jean-Pierre a commencé par annoncer que la barre avait été redressée et que l’exercice 2018-2019 se terminait sur un bénéfice, certes modeste, mais qui rendait caduque la perspective antérieure d’une éventuelle banqueroute de l’association. Il a ensuite mis en évidence le rôle majeur joué par la générosité des membres dans ce redressement, le montant des donations faites à l’association ayant atteint cette saison un niveau jamais vu jusque là (environ 6.000€).

    La seconde surprise, moins agréable, a été l’annonce par Marie-Laure, la présidente sortante, de sa décision de se retirer du conseil d’administration. D’autant plus que cela était aussi le cas de trois autres membres (Yann Kermarrec, Alain Silvert et Christelle Martin). Heureusement, elle a indiqué dans la foulée qu’outre les sept autres sortants candidats à une réélection, quatre personnes nouvelles s’étaient portées volontaires  pour faire partie du futur conseil d’administration. Marc Amstoutz, Hélène Arnaudet, Joël Caillerie et Karinne Le Guern se sont alors tour à tour présentés à l’auditoire. Après quoi, il a pu être procédé à l’élection en bonne et due forme des onze membres du nouveau C.A.

    Au premier rang, Jean-Pierre et Isabelle (réélus), puis Karinne, Joël, Hélène, MarcA (nouveaux élus) et Paul (réélu). Au second rang, Cécile, MarcF, Thérèse et Christophe (réélus)

    Cette partie de la matinée s’est conclue par une prise de parole plus informelle de Marie-Laure, d’Alain et de YannK, qui ont, à tour de rôle, évoqué leur longue période d’engagement au sein du CA et leur intention de rester membres à part entière de l’association, mais sous des modalités désormais moins contraignantes pour eux.   Chacune de leurs interventions a donné  lieu à une salve nourrie d’applaudissements, à la hauteur du temps et de l’énergie qu’ils ont tous les trois donnés depuis tant d’années pour notre sangha.

    Christelle, retenue par une obligation liée à sa formation au professorat de yoga, n’a pu cette année participer à notre AG. Qu’elle soit néanmoins remerciée ici, elle aussi, pour sa participation au CA de notre association durant l’année 2018-2019 !

    Après une courte pause, ce fut au tour d’Anne-Marie de prendre la parole. Présentant le programme des activités de l’année (dont vous lirez bientôt le détail dans la Lettre), elle a entre autres levé le voile sur nos invités de la saison : Gilles et Valérie Farcet en février, et Véronique Desjardins en juin.
    Suite à quoi, elle a fait une intervention plus personnelle pour faire le point sur ce que représente pour elle La Bertais aujourd’hui et sur la perception qu’elle a de sa place au côté de Yann dans l’animation du lieu. Il n’est pas possible de résumer ici son propos, mais l’enregistrement audio de sa prise de parole est à votre disposition à La Bertais. Si vous n’étiez pas là dimanche et que cela vous intéresse, n’hésitez pas à demander à l’écouter à l’occasion de votre prochaine venue!

    Un dernier scoop et non des moindres :  Anne-Marie a fini son intervention sur une annonce personnelle qui a touché le coeur de l’auditoire. En effet, dans la nuit de samedi à dimanche, venait de naitre, à Houston au Texas, Théo Le Boucher, notre premier petit-fils. Les grands-parents que nous sommes devenus en l’espace d’une nuit sont encore un peu éblouis par cet événement qui concerne au premier chef notre fils ainé Christophe et sa femme Vivi (Pékinoise d’origine).

    Quant à moi, je suis intervenu comme prévu après le déjeuner. Une fois n’est pas coutume, j’avais volontairement décidé de moins « préparer » mon intervention de façon à m’exprimer sur un mode plus spontané. Ai-je réussi à vous intéresser voire à vous toucher plus et mieux que ne l’aurait fait l’un de mes exposés didactiques habituels ? A vous de me le dire ci-dessous !
    Et pour les absents, l’enregistrement audio de cette intervention sera (comme pour celle d’Anne-Marie) à votre disposition à La Bertais où vous pourrez demander à l’écouter lors de votre prochain passage!

    PS : Un dernier scoop. Juste après le thé conclusif du dimanche après-midi, le conseil d’administration fraichement élu a tenu sa première réunion au cours de laquelle son nouveau Bureau a été constitué. Celui-ci se compose désormais de six personnes, les trois fonctions principales ayant été dédoublées. Thérèse Garancher-Gautier et Isabelle Duval sont à présent respectivement présidente et vice-présidente de votre association. Jean-Pierre Thomas et Marc Amstoutz assument les postes de trésorier et de trésorier adjoint. Et Cécile Hulin est secondée dans son rôle de secrétaire par Hélène Arnaudet. Longue et féconde vie à ce nouveau Bureau pour le bénéfice de toute la sangha !

  • De la vie sur d’autres planètes ! (3)

    Résumé des deux articles précédents :

    Si vous avez suivi cette passionnante série, vous savez désormais que l’univers est peuplé de milliards d’exoplanètes analogues à notre Terre et qu’au sein même de la zone de notre galaxie qui abrite notre système solaire, il y en a quelques milliers. (lien vers l’article 1).

    Vous savez aussi comment, grâce entre autres aux satellites Tess et James-Webb, on est à la veille d’identifier les premières exoplanètes porteuses de vie, cela à quelques années-lumière seulement de notre propre système solaire. (lien vers l’article 2). 

    Dans ce troisième opus, nous allons voir comment pourrait se réaliser l’exploration physique des premières exoplanètes ainsi découvertes. Car à dire vrai,  c’est là le propos principal de cette série documentaire d’Arte dont je m’inspire. Contrairement aux deux premiers articles qui s’en tenaient à des faits et expériences avérés, ce qui suit relève donc en grande partie de la prospective scientifique et est donc, en tant que tel, discutable, voire contestable. Le point de vue du réalisateur de la série documentaire est en effet le suivant : Comment  peut-on imaginer la suite de l’aventure spatiale une fois que sera identifiée la première exoplanète porteuse de vie ? Pour se faire, il est allé demander aux meilleurs spécialistes des nombreuses disciplines impliquées dans cette aventure de concevoir pour nous un scénario le plus réaliste possible des différentes étapes qui nous attendent à l’échelle du siècle qui vient. Comme vous allez le voir, les spéculations futurologiques de ces scientifiques sont parfois assez « déjantées » . Je me permettrai donc, à la fin de cette série d’articles, de questionner la validité de telles spéculations. Mais d’ici là, ne boudons pas notre plaisir, et, en route vers les étoiles !

    Des bonds technologiques majeurs à faire :

    Les spécialistes le savent bien, la science contemporaine a un problème crucial à résoudre avant qu’elle ne puisse sérieusement envisager  la réalisation de voyages interstellaires. Celui-ci peut se formuler ainsi : comment accélérer suffisamment un vaisseau spatial pour le rendre capable de parcourir les quelque 40.000 milliards de kilomètres qui nous séparent des exoplanètes les plus proches en un temps suffisamment court pour qu’un tel voyage se fasse à échelle d’une vie humaine ? La vitesse actuelle des vaisseaux spatiaux à moteurs thermiques conventionnels est de l’ordre de 20 km/s ; et tant qu’on ne saura pas faire beaucoup (beaucoup) mieux, il nous faudra renoncer à l’idée des voyages interstellaires puisqu’il faudrait, à cette vitesse, environ 50.000 ans pour rejoindre l’étoile la plus proche !

    Le premier axe de recherche concerne donc des méthodes de propulsion radicalement nouvelles qui visent à atteindre 10 à 20 % de la vitesse de la lumière, soit entre 30.000 et 60.000 km/s. Passer d’une vitesse de 20km/s à 30.000km/s, représente un différentiel aussi grand que celui qui sépare la marche à pied de l’avion supersonique ! Mais si on arrive à relever ce défi, il ne faudrait plus alors que de 20 à 40 ans pour couvrir la distance vers les exoplanètes les plus proches, ce qui commencerait à faire entrer leur exploration physique dans le domaine du possible… Le deuxième volet du documentaire d’Arte est quasiment entièrement consacré à ce sujet. La question étant particulièrement complexe, je ne peux qu’en faire un résumé succinct et vous inviter, pour en savoir plus, à visionner vous-même l’intégralité de cet épisode.

    Je tente malgré tout d’en dire  quelques mots. Selon la première piste évoquée dans ce documentaire, les moteurs actuels à combustion chimique devront être remplacés par des propulseurs à plasma, eux-mêmes alimentés en énergie par un mini-réacteur à fusion nucléaire embarqué. La première de ces deux technologies est déjà opérationnelle (les sondes spatiales de dernière génération sont équipées de propulseurs à plasma en guise de moteurs auxiliaires), mais elle devra être grandement améliorée pour pouvoir être utilisée comme moyen principal de propulsion sur un vaisseau interstellaire. En France, le physicien Stéphane Mazouffre et son équipe du CNRS sont les grands spécialistes de ce nouveau type de moteur qui semble très prometteur pour l’aventure spatiale… Le documentaire nous présente donc son point de vue, qui laisse entendre que de tels moteurs améliorés -s’ils s’avèrent possibles à réaliser- ne verront probablement pas le jour avant quelques dizaines d’années…

    Quant à la seconde technologie, elle n’en est encore qu’à sa phase de développement expérimental et il faudra probablement plusieurs décennies avant qu’un réacteur à fusion nucléaire ne puisse être intégré à un vaisseau spatial… Mais là aussi Arte a su dénicher une équipe d’ingénieurs américains qui, sous la houlette de Stéphanie Thomas (université de Princeton),  a déjà réalisé un premier prototype, ce qui laisse entrevoir une issue favorable à cette recherche…

    Mais allons-nous nous croiser les bras en attendant que ces bonds technologiques soient réalisés ?

    Pas nécessairement, car il y a un deuxième axe de recherche intéressant qui devrait, lui, nous permettre d’aboutir plus rapidement à un résultat concret, c’est celui de la miniaturisation des sondes spatiales. L’intérêt  est facile à comprendre : on peut intuitivement se rendre compte que plus la charge utile à transporter vers une étoile est élevée et plus il faudra de carburant pour la déplacer. D’où l’idée suivante qui est de commencer l’exploration physique des exoplanètes, en y envoyant des sondes miniatures plutôt que des vaisseaux « à taille humaine ».

    Or, nous sommes depuis 30 ans les témoins directs des incroyables progrès de la miniaturisation de l’électronique. Pensez un instant à la taille des premiers ordinateurs, dont la puissance était bien inférieure à celle d’un simple smartphone d’aujourd’hui qui embarque en outre dans ses entrailles une quantité assez bluffante de technologie ultra performante : par exemple, un système de transmission et de réception d’ondes radio, un appareil photo, un thermomètre, une boussole, un gyroscope, un GPS etc. Le projet serait donc de faire tenir tous les instruments de navigation et d’exploration nécessaire à une sonde spatiale sur un module de la taille d’une carte bleue qui ne pèserait pas plus de 4 grammes. Une telle mini-sonde serait extrêmement légère et ne nécessiterait donc pour sa propulsion dans l’espace qu’une quantité d’énergie ridiculement moindre que celle nécessaire à un vaisseau classique.

    Reste à trouver comment faire pour « lancer » ce mini-vaisseau vers telle ou telle étoile. Hé bien, figurez-vous qu’un 3ème axe de recherche (particulièrement futuriste) est en cours de développement. Il porte le nom de code de « Starshot » et met en jeu une voile ultra-légère et un rayon laser. Le mini-vaisseau au format carte de crédit est accroché à la voile, sorte de cerf-volant fait d’un matériau à la fois extrêmement réfléchissant et extrêmement léger.

    La voile photonique vue de dessous, lestée de sa mini-sonde spatiale

    On lâche cet ensemble (voile + mini-sonde)  depuis un petit « hangar spatial » afin de ne pas avoir à vaincre la gravité terrestre.

    Le hangar spatial (à gauche) vient d’éjecter une première voile photonique (le carré blanc en avant à droite)…

    Puis on bombarde la voile réfléchissante avec un puissant système de rayons lasers synchronisés lancés depuis la terre. Les photons lumineux des lasers viennent heurter la voile réfléchissante qui se trouve ainsi propulsée dans l’espace à une vitesse qui pourrait atteindre 20% de la vitesse de la lumière…

    la ligne verte symbolise le rayon laser propulseur de la voile photonique précédemment expulsée du hangar spatial…

    Une fois l’impulsion initiale donnée par les lasers, comme l’espace intersidéral est quasiment vide, le mini vaisseau ne serait pas freiné et conserverait la vitesse acquise au démarrage, ce qui lui permettrait de couvrir la distance de quatre années-lumière en environ 20 ans ! Le concepteur de ce mode de propulsion est un certain Philip Lubin professeur de physique à l’université de Santa Barbara en Californie.

    Il prétend par exemple qu’avec cette technologie, le voyage inter-planétaire vers Mars pourrait ne durer que 3 jours (contre 6 mois avec notre technologie actuelle). Un milliardaire russe du nom de Yuri Milner a décidé de lui servir de mécène et a attribué à son laboratoire de recherche un crédit de  100 millions de dollars, ce qui représente la plus grosse somme jamais investie dans un projet de voyage interstellaire…

    Je vous avais prévenu, nous sommes à la limite entre science, science-fiction, et délire de toute puissance égotique à la Elon Musk ! Ceci étant ne boudons pas notre plaisir et offrons-nous cette petite vidéo pour mieux réaliser ce que nous promet cette approche qui prévoit d’être opérationnelle avant 2050! (pensez à mettre la vidéo en mode plein écran)

    Bon, partons du principe que, par cette technologie ou par une autre, on réussisse finalement à atteindre « physiquement » une exoplanète et à en recevoir des images prouvant qu’elle abrite de la vie (ce qui, selon Philip Lubin, pourrait avoir lieu autour de 2060). Il restera alors à y envoyer un « vrai » vaisseau pour y débarquer des modules d’exploration semblables à ce que nous avons récemment fait pour Mars. C’est cette fiction que racontent les épisodes 2 à 4 du documentaire d’Arte que je vous invite vraiment à visionner…

    En attendant en voici un résumé : l’étape suivante consistera à remplacer les mini-sondes par un vrai vaisseau spatial véhiculant avec lui tout le matériel scientifique nécessaire à une exploration du sol et des océans de cette exoplanète. Du fait de la quantité phénoménale de carburant qu’il faudra embarquer pour un voyage aussi long (20 ans au minimum et plus probablement 30 ou 40 ans), le vaisseau spatial devra avoir des caractéristiques et des dimensions « hors norme ». L’astrophysicien français Roland Lehoucq a fait les calculs :

    Pour une charge utile de 20 tonnes, il faut envisager, avec le carburant, un vaisseau de l’ordre de 200.000 tonnes au départ, soit une longueur totale d’un kilomètre ! Il est totalement impossible de faire décoller un tel monstre de la terre. Il faudra donc l’assembler dans l’espace, comme on a déjà fait pour la station spatiale internationale actuellement en orbite au dessus de nos têtes (celle dans laquelle notre « vedette nationale » Thomas Pesquet a passé 6 mois). Or il a fallu 10 ans de travaux pour la construire en apesanteur,  alors qu’elle ne fait « que » 110 mètres de long! Il faudra donc plusieurs générations d’ingénieurs et de techniciens pour assembler en orbite l’équivalent de dix ISS mises bout à bout !

    La station spatiale Internationale (ISS) et ses 110 mètres d’envergure. Sachant qu’elle pèse environ 400 tonnes, et qu’il a fallu 10 ans de travail pour l’assembler dans l’espace, calculez combien il faudra de temps pour construire le premier vaisseau interstellaire de l’histoire s’il fait effectivement 200.000 tonnes et un kilomètre de long !

    Pour son premier vol, ce vaisseau sera forcément inhabité. Cela car outre la durée rédhibitoire du voyage aller-retour pour un équipage humain, il faudrait construire un vaisseau d’une taille double s’il fallait prévoir du carburant pour le retour et des vivres pour un équipage de plusieurs personnes pendant 50 à 60 ans !  Il devra donc être entièrement piloté par une Intelligence artificielle autonome, capable de prendre à tout moment les décisions qui s’imposeront. De toute façon, contrairement aux missions interplanétaires actuelles, pas de possibilité de piloter à distance ce vaisseau depuis la Terre. La raison : souvenons-nous qu’une fois parvenu à destination, les communications entre la Terre et ce vaisseau auront un temps de latence minimal de 4 années pleines (le temps pour l’onde radio de parcourir les 40.000 milliards de kilomètres séparant l’émetteur du récepteur). Entre le moment où le vaisseau interrogerait son centre de contrôle terrestre (allo la terre, que dois-je faire ?) et le moment où il recevrait la réponse (« tourne immédiatement  de 10° à droite »), il se sera passé 8 ans ! Radicalement incompatible avec le pilotage d’un véhicule qui avance à 30.000 kilomètres par seconde… On voit sur cet exemple combien sont intriquées les disciplines scientifiques impliquées dans ce projet pharaonique. Dans le cas présent, pas de voyage intersidéral sans des avancées majeures en informatique « hard » (on pense aux futurs ordinateurs quantiques) et « soft » (les logiciels pilotant les voitures autonomes sont les précurseurs de l’IA nécessaire aux voyages interstellaires). Mais le documentaire fait état de nombreuses autres collaborations entre disciplines scientifiques variées, ce qui rend cette fiction si passionnante.

    Le premier vaisseau interstellaire imaginé par les scientifiques : de gauche à droite : une partie des réserves de carburant , les moteurs, la charge utile, et le bouclier anti-poussières stellaires… Toute ressemblance avec une méduse géante n’est peut-être pas fortuite!

     

    En effet, en imaginant que ce premier voyage soit un succès et que du matériel d’exploration scientifique soit effectivement débarqué sur cette exoplanète, une foule de questions majeures vont dès lors être posées à l’intelligence humaine. Et la toute première est celle-ci : qu’est-ce que la vie ? Car sans une définition suffisamment claire et univoque, on risque de ne pas reconnaitre des formes de vie extraterrestre qui se présenteraient sous des dehors trop différents de ce que nous avons l’habitude de rencontrer sur terre. De nombreuses disciplines scientifiques sont donc convoquées tour à tour dans ce documentaire qui montre que c’est toute la connaissance humaine qui sera peu ou prou mobilisée pour réussir à comprendre cet autre monde :  de la climatologie à la biologie en passant par la paléontologie et la linguistique…

    Le parti pris du documentaire, qui est, de fait, scientifiquement le plus crédible, c’est que nous ne rencontrerons pas d’êtres vivants à l’intelligence aussi évoluée que la nôtre dès l’exploration de cette première exoplanète. S’il est désormais admis que la vie puisse être un phénomène relativement courant dans notre galaxie, l’histoire de l’apparition et du développent plus ou moins chaotique de celle-ci sur la Terre nous enseigne à reconnaitre que le processus évolutif conduisant du premier organisme unicellulaire à la conscience réflexive humaine est très très long et parsemé de nombreuses embuches. Songeons que sur Terre, il aura fallu attendre plus de trois milliards d’années et  traverser les épreuves de cinq phases d’extinction massive avant l’apparition de l’homo sapiens (c’était hier matin, à cette échelle de temps). Quant à ce que cet homo sapiens en vienne à développer une civilisation capable de se lancer dans la conquête spatiale, cela a commencé (toujours à l’échelle de la vie sur terre), il y a seulement 3 minutes! La probabilité que la vie en soit rendue exactement au même degré de complexité sur la première exo-planète voisine de la terre est donc très faible pour ne pas dire quasi nulle, car il faudrait une synchronisation parfaite de ces 3 dernières minutes de l’évolution du vivant. Plus vraisemblablement, on trouvera donc d’abord une ou des planètes où la vie sera essentiellement présente sous des formes primitives et, en particulier sous forme de plantes et d’animaux marins, tant il est vrai que selon nos connaissances actuelles, la vie ne peut commencer d’apparaitre que dans l’eau. Si on a de la chance, on pourrait trouver des formes de vie végétale et/ou animale telluriques, mais cela est déjà nettement moins assuré. Quant à tomber nez à nez avec l’équivalent de nos mammifères (qui n’existent sur terre que depuis seulement 150 millions d’années), cela devient très incertain. Par contre, on devrait très probablement trouver en abondance de la vie fossilisée, car les exoplanètes proches de la terre seront probablement nées à peu près à la même période que notre planète (soit, il y a 4,5 milliards d’années) et auront donc suivi une trajectoire évolutive assez semblable les amenant à voir  les premières formes de vie y éclore il y a environ 3 milliards d’années. Ensuite, des phases d’extinction partielle ou complète de la vie feront très probablement aussi partie de l’histoire de cette exoplanète…

    C’est décevant, mais scientifiquement le plus réaliste : la rencontre avec « des petits hommes verts » (ou rouges, ou bleus…) ne se fera très probablement pas à l’occasion de l’exploration de la première exoplanète, ni même de la seconde ou de la troisième… Mais c’est là un sujet à part entière que je me réserve de traiter dans un ultime article où il sera aussi temps que je vous présente les quelques conclusions philosophiques que j’ai personnellement tirées de ce documentaire si inspirant.

     

    Sur ce, je vous redonne le lien vers les émissions d’Arte (disponibles jusqu’au 8 octobre) :

    <https://www.youtube.com/playlist?list=PLCwXWOyIR22vS1jM-_b7FDpsoz0sbE1_w>

     

  • Retour sur le séminaire de John martin

    En introduction à ce séminaire, j’ai dit combien j’avais été touché par la conférence du vendredi soir « Une spiritualité au-delà des religions ». A l’issue de celle-ci, j’ai eu assez étrangement l’impression soudaine d’une double dette vis-à-vis de l’Inde.

    La première dette, je la connais bien. C’est celle que j’ai contractée en recevant de l’Inde une part du trésor de sa Sagesse éternelle. Celle-ci est venue jusqu’à moi d’abord à travers Shri Devarao Kulkarni -notre premier instructeur védantique- puis, bien entendu à travers Swâmi Prajnanpad via Arnaud. Chaque fois que je songe à ce que serait ma vie sans la découverte de cette sagesse, j’en frémis d’horreur…

    Mais quel n’a pas été mon étonnement au sortir de la conférence de vendredi de me sentir endetté d’une toute nouvelle façon. Cette fois, par l’entremise du Frère John Martin, l’Inde ne m’apportait pas sa sagesse, mais me donnait les clés d’une relecture de ma propre tradition d’origine. Incroyable : l’universalité de la spiritualité indienne est telle qu’elle permet à un de ses enfants de nous expliquer mieux que n’importe quel prêtre « de chez nous », ce que le Christ a vraiment été, ce qu’est son véritable message et ce que pourrait être un christianisme authentiquement fidèle à ce message. Me voilà donc doublement redevable à « mother India » !

    Et à l’issue de notre séminaire, cette seconde dette n’a fait que grossir, tant j’ai été touché par la qualité des propos tenus par notre hôte, ce « drôle de chrétien » à la vision étrangement non-dualiste. Faute de temps, je ne peux en dire plus ici, mais j’espère que ce qui précède, plus l’évocation en images qui suit, donnera aux participant(e)s l’envie de partager ci-dessous à leur tour leurs propres impressions !

    Frère John était accompagné de Claude, sa traductrice attitrée…

     

     

     

     

    La nouvelle cour, fruit du travail acharné d’Anne-Marie, de Marc et de quelques autres…

    PS : Un petit cadeau pour ceux et celles qui auront été jusqu’au bas de cette page. J’ai pu récupérer l’enregistrement de la conférence de vendredi et je me propose de vous le retransmettre si vous en faites la demande en commentaire !

  • De la vie sur d’autres planètes ! (2)

    Résumé de l’article précédent :

    Une nouvelle révolution copernicienne est en marche : après avoir longtemps considéré que la terre était selon toute vraisemblance la seule planète de l’univers à abriter la vie, depuis une dizaine d’années la communauté scientifique pense désormais exactement le contraire. À savoir que la vie est un phénomène très certainement présent sur des milliers d’autres planètes et même, à l’échelle de la galaxie tout entière, probablement sur des millions (voire des milliards si on considère la totalité de l’univers) !!!

    Dans cet article nous allons voir comment les scientifiques contemporains ont prévu de s’y prendre pour découvrir le Graal, à savoir la première exoplanète qui se révélera effectivement porteuse de vie extraterrestre, et à quelle échéance possible cette découverte pourrait devenir réalité…

    Pour parvenir à ce but extraordinaire (trouver de la vie sur une exoplanète), la recherche scientifique actuelle travaille principalement sur deux axes :
    – Établir une cartographie fiable de l’ensemble des étoiles les plus proches de nous afin de déterminer celles qui contiennent des exoplanètes situées en « zone habitable ».
    – Opérer l’analyse systématique de l’atmosphère des cinquante premières exoplanètes qui auront ainsi été repérées.

    TESS : un second télescope spatial à la rescousse !

    Pour mémoire, le télescope Kepler, à qui l’on doit une avancée si décisive de nos connaissances, ne pouvait scruter au plus qu’une toute petite portion du ciel à la fois. Il avait en effet été conçu comme un super téléobjectif d’appareil photo qui est capable de prendre des clichés très nets  d’une scène lointaine, mais au prix d’un angle de vue extrêmement réduit.  En additionnant l’ensemble de ses 9 années de fonctionnement, Kepler n’a ainsi pu scruter que 0,28% de l’étendue totale du ciel! C’est comme s’il ne s’était focalisé que sur 3 des 1000 arbres de la forêt devant lequel il se tenait!  Pendant que Kepler zoomait ainsi sur la toute petite partie de la Voie lactée qui lui avait été assignée comme « terrain de jeu », les scientifiques ont conçu et réalisé un nouveau télescope spatial, destiné à prendre le relais de Kepler, mais avec une capacité d’observation « panoramique ». Baptisé TESS (acronyme pour Transiting Exoplanet Survey Satellite) ce télescope fonctionne davantage comme un appareil photo « grand angle » que comme un « téléobjectif ». Du coup, bien évidemment, il ne peut pas voir aussi loin que Kepler qui était, lui, capable de détecter des objets situés à 3000 années-lumière. Mais justement, les scientifiques ont considéré que les exoplanètes les plus éloignées de notre oeil étaient à priori celles pour lesquelles il serait le plus difficile de réaliser l’analyse de leur atmosphère. Ils ont donc, très logiquement, décidé de concentrer leurs efforts de recherche sur les exosystèmes planétaires les plus proches de nous (ceux situés à moins de 200 années-lumière de la terre). Ainsi Tess a été mis en orbite en avril 2018 avec la mission suivante :  recenser de manière systématique tous les exosystèmes planétaires proches et y détecter une cinquantaine de planètes telluriques gravitant dans la zone habitable de leur étoile-soleil respective.

    Pour y parvenir, le télescope spatial doit observer pratiquement tout le ciel en consacrant un mois à chaque secteur de la voute céleste. La première année (en 2019), il  a ainsi couvert tout l’hémisphère nord de la voute céleste.

    Et la seconde année (en 2020), après s’être retourné sur lui-même grâce à ses petits moteurs intégrés, il va faire de même pour l’hémisphère sud, ce qui aboutira à une vision sphérique à 360° d’une profondeur de champ de 200 années-lumière. Autrement dit, c’est comme si une sphère de 400 années-lumière de diamètre était dessinée autour de la terre et que cette petite portion de l’univers était passée au peigne fin afin d’y trouver les cinquante premières exoplanètes qui, du fait à la fois de leur proximité par rapport à la terre, et de leur position en zone habitable par rapport à leur étoile-soleil de référence, méritent de retenir prioritairement notre attention.

     

    Comme l’explique dans le documentaire d’Arte l’astrophysicienne Sara Seager, chargée de piloter cette mission, ce sont ces cinquante premières candidates ainsi détectées par TESS qui vont être désignées comme « cibles » au fameux télescope James-Webb, actuellement en cours de finalisation, et qui va avoir la délicate mission d’en analyser l’atmosphère….

     

    Le James-Webb, ou le télescope du futur

    Si tout se passe comme prévu, à la fin de la mission de TESS, le télescope spatial James-Webb devrait être à même de prendre le relais. Cet instrument de haute technologie, qui a été développé conjointement par la NASA, l’Agence spatiale européenne et l’Agence spatiale canadienne, devrait être mis en service en mars 2021.  Ce sera le télescope le plus grand et le plus performant jamais mis en orbite. Il remplacera à la fois Tess, mais aussi Hubble qui, d’ici là, devrait être arrivé à la fin de sa longue et brillante carrière…
    Pour donner une idée des capacités de « vision » de JW, il sera, parait-il, en mesure de voir un objet de la taille d’un ballon de foot situé à 500km de lui…

    L’équipe projet devant la maquette à taille réelle de ce télescope futuriste.

    Ce télescope, qui porte le nom du second administrateur de la Nasa, mort en 1992, a été conçu pour fonctionner pendant 5 à 6 ans. Durant ce laps de temps, il va avoir plusieurs missions, l’une d’entre elles étant, comme déjà dit, l’analyse de l’atmosphère des cinquante « cibles » exoplanétaires qui auront été désignées par TESS d’ici  la fin 2020. Pour cela, James-Webbs va décomposer le spectre infrarouge des exoplanètes en question, et déduire des raies d’absorption obtenues la composition moléculaire de son atmosphère. À l’issue de cette opération, on devrait savoir si la vie existe sur l’une ou plusieurs de ces cinquante premières « candidates ». Réponse attendue entre 2021 et 2026, autrement dit, demain !
    Mais d’ici là, et pour mieux vous rendre compte de la prouesse technique que représente la mise en orbite du plus grand télescope spatial jamais construit à ce jour, je vous incite à visionner l’époustouflante « bande-annonce » de son lancement puis de son déploiement dans l’espace (mettez la vidéo en mode plein écran).

    De la science à la science-fiction :

    Si l’analyse de l’atmosphère des cinquante exoplanètes les plus proches de la terre s’avère négative, il restera à étendre la procédure d’analyse à un second cercle d’exoplanètes un peu plus éloigné. Souvenez-vous en effet, que TESS est en train de cataloguer une sphère de 200 années-lumière de rayon. Or il est établi qu’il n’y a pas d’exoplanète habitable à moins de 4 années-lumière de la terre. Les 50 premières cibles désignées par TESS seront les exoplanètes les plus proches de cette distance minimale. Mais ensuite, et en procédant par sphères concentriques, il restera la possibilité d’étudier les très nombreuses autres « cibles » potentielles situées entre 4 et 200 années-lumière. Et c’est ainsi qu’avec un peu de patience on devrait tôt ou tard tomber sur une ou plusieurs soeurs jumelles de notre bonne vieille terre!

    Dès que cette découverte sera avérée, la suite prévue par les scientifiques n’est pas banale puisqu’ils envisagent très sérieusement d’envoyer une série de mini-sondes, puis un vaisseau géant sur lesdites planètes. Acheminer un module à 4 années-lumière de la terre (distance minimum), est un tel défi qu’à partir d’ici la science prospective flirte avec la science-fiction. Pour vous en rendre compte, permettez-moi de revenir un instant sur la question d’échelle.

    • Selon les lois de la physique, il n’existe pas dans notre univers d’élément qui puisse se déplacer plus vite que la lumière (ou que les ondes électromagnétiques, dont la lumière n’est qu’un exemple).
    • Or la lumière (ou plutôt les photons qui la composent)  « voyage » à la vitesse de 300.000 kms à la seconde, soit 18 millions de kilomètres par minute, 1 milliard de kilomètres par heure, 24 milliards de kilomètres par jour et 9000 milliards de kilomètres par an (distance correspondant à une année-lumière).
    • La distance de la Lune à la Terre est de 385.000 km. Il faut donc un peu plus d’une seconde pour que la lumière réfléchie par notre satellite naturel arrive jusqu’à nous.
    • La distance du Soleil à la Terre est de 150 millions de km. Il faut donc environ 8 minutes pour que la lumière émise par notre étoile de référence arrive jusqu’à nous.
    • La distance du Soleil à Pluton (la planète la plus éloignée du système solaire) est de 5 milliards de km et il faut donc près de 5 heures à un photon émis par le soleil pour atteindre les confins de notre système planétaire.
    • En admettant que l’exoplanète repérée soit effectivement située à environ 4 années-lumière, cela signifiera qu’ environ 40.000 milliards de kilomètres nous  en sépareront.
    • Comprenons aussi qu’il faudra au moins 4 ans pour qu’une information lumineuse ou radio qui voyage à la vitesse maximale de 300.000 km par seconde puisse s’échanger entre la terre et une telle planète !
    • Or une chose est de recevoir le rayonnement lumineux d’une telle planète ou de lui envoyer un signal radio et une autre est de prétendre aller explorer « physiquement » cette planète.
    • Imaginer cela, c’est prétendre qu’il est possible de propulser un objet matériel à environ 40.000 milliards de kilomètres de la terre en un temps compatible avec l’échelle d’une vie humaine !

    Mission apparemment impossible, donc !

    Et pourtant, comme en attestent les trois derniers volets de la série d’Arte « L’odyssée interstellaire« , des équipes de scientifiques « officiels » pensent très sérieusement la chose réalisable et planchent déjà d’arrache-pied sur le sujet. Si vous insistez, promis, je vous en parle dans un 3ème article !

    En attendant, et pour mieux vous rendre compte de ce que signifie la vitesse de déplacement de la lumière, je vous invite à voir ou à revoir cette vidéo que j’avais déjà mise en ligne il y a quelques mois et qui simule en temps réel le voyage d’un photon émis par le soleil et se répandant dans notre système solaire… (pensez à mettre la vidéo en plein écran et soyez patient, car vous ne pourrez pas aller plus vite que la lumière !)

    Rappel : la série d’Arte peut être regardée en replay jusqu’au 8 octobre : <https://www.youtube.com/playlist?list=PLCwXWOyIR22vS1jM-_b7FDpsoz0sbE1_w>

  • Pèlerinage impromptu sur le lieu de naissance d’Henri Le Saux

    John Martin Sahajananda est en France depuis jeudi. En consultant le programme de sa tournée sur son site, je me suis rendu compte que son premier arrêt allait être à Saint Briac sur Mer (près de Dinard), village natal du « maitre de son maitre », le père Henri Le Saux, encore appelé Swâmi Abhishiktananda par ses amis et disciples indiens.

    Quand un moine bénédictin breton se fait sannyasin dans une des grottes de Tiruvanamalaï…

    Devinez-quoi ? Avec Anne-Marie on s’est alors décidé à nous joindre à ce mini-pèlerinage, histoire à la fois de mieux nous rendre compte du « background » de ce grand mystique breton contemporain, et aussi d’avoir un premier contact informel avec frère John Martin Sahajananda et son accompagnatrice-traductrice, Claude Lhuissier.

    Bien nous en a pris, car nous avons en effet passé un moment fort sympathique en leur compagnie, flanqués du petit groupe d’amis qui les accompagnaient dans ce périple guidé.

    Le lieu de rendez-vous était sur la place centrale de Saint-Briac, car figurez-vous que c’est là que se trouve la maison natale d’Henri. Issu d’une famille de marins, le père du futur moine sannyasin a choisi de rester à terre et est devenu l’épicier du village. C’est donc dans cette maison qu’est né et qu’a grandi Henri, fils ainé qui y a vécu sept ans comme « enfant unique » avant de voir la fratrie s’agrandir de plusieurs autres membres…

    Si vous passez par là (c’est entre Dinard et Lancieux), la maison est facile à repérer, car elle fait l’angle avec la rue de la poste (le bâtiment à droite, avec l’horloge).
    La vitrine de l’ancienne épicerie a évidemment été remaniée, mais notre guide nous a assuré que les mosaïques ornant la porte d’entrée étaient d’époque. Et puis, clin d’oeil du destin, le frontispice de la maison a gardé son inscription (ô combien prémonitoire)  » À la providence » !

    Cliquez sur la photo pour l’agrandir et pouvoir lire l’inscription du frontispice

    Le frère John était manifestement ému devant cette maison, d’autant plus que notre guide évoquait pendant ce temps les premières années de la vie d’Henri Le Saux…

    Nous avons alors déambulé dans le village jusqu’à la petite église, celle-là même dans laquelle fut baptisé Henri Le Saux. Cette première descente de l’Esprit sur lui ne devait pas être la dernière, tant cet aventurier de la Conscience aura vécu par la suite de moments intérieurs exceptionnels…

    L’église de Saint-Briac

    Et de là, nous sommes partis par les petites ruelles si typiques du village jusqu’au Calvaire des Marins, lieu que fréquentait régulièrement le jeune Henri au cours de ses déambulations méditatives le long du chemin de cote…

    Le calvaire des Marins, qui fait face à la baie de St Briac…

    Après une rencontre informelle avec le maire de Saint Briac, nous sommes retournés vers le centre du village par d’autres petites ruelles et nous nous sommes séparés sur la lecture de quelques lignes issues d’un des ouvrages de « Swâmiji ». Séparés ? Non, juste un peu éloignés corporellement, en attendant nos retrouvailles à La Bertais dès vendredi prochain !


    Pour réserver votre entrée à la conférence du vendredi soir 13 septembre à Rennes, cliquez ici !

    Pour vous inscrire au séminaire des samedi 14 et dimanche 15 septembre à La Bertais, cliquez ici !

  • De la vie sur d’autres planètes ! (1)

    J’ai eu l’occasion de regarder récemment une série documentaire* sur Arte intitulée « L’odyssée interstellaire ». Cela m’a donné l’opportunité de faire le point sur les connaissances actuelles en matière de probabilité de l’existence d’autres planètes « habitées ». Et j’avoue que j’ai fait quelques belles découvertes en ce domaine (que jusque là je ne connaissais que très mal). Selon mon habitude, j’ai eu ensuite la furieuse envie de partager avec vous de façon ludique l’essentiel de mon tout jeune « savoir »… D’où cette série d’articles, qui je l’espère, vous donneront autant de plaisir à lire que je n’en ai pris à les écrire!

    Vue d’artiste de la planète « Proxima B », où la vie serait possiblement présente…

    PROLOGUE :

    Selon la cosmologie hindoue traditionnelle, les univers sont innombrables à la fois dans le temps et aussi dans l’espace. Dans ce contexte, il n’est donc pas du tout étrange de considérer que la vie ne soit pas cantonnée à la seule planète Terre, mais qu’elle existe sous différentes formes dans bien d’autres mondes, certains semblables au nôtre, d’autres très dissemblables. Mais cette vision de l’Inde traditionnelle était, jusqu’à présent passablement éloignée de la conception scientifique moderne selon laquelle et jusqu’à tout récemment, il n’y avait aucune preuve de l’existence d’autres mondes porteurs de vie au sein du cosmos…

    ACTE 1, la période de scepticisme :

    Pour tout dire et jusqu’à la dernière décennie du 20ème siècle, la communauté scientifique des astro-physiciens considérait même, aux vues des données disponibles, qu’il y avait très peu de probabilité que d’autres étoiles que notre soleil possèdent un système planétaire et donc encore moins de chance que puisse exister quelque part dans l’univers une autre terre plus ou moins semblable à la notre. Les quelques scientifiques qui s’étaient mis en tête de contredire ce point de vue officiel étaient considérés au mieux comme de doux rêveurs et au pire comme des individus louches qui tentaient de justifier leurs croyances aux extra terrestres à l’aide de leurs recherches scientifiques !

    ACTE 2, la première découverte :

    Michel Mayor, l’inventeur de la méthode des vitesses radiales qui a permis la découverte de la première exoplanète de l’histoire

    Et puis tout a changé en 1995 quand un astrophysicien suisse du nom de Michel Mayor a, le premier, inventé une méthodologie fiable visant à détecter les étoiles qui pourraient posséder un système planétaire. Avec sa petite équipe de chercheurs et en mettant en application sa méthode à l’observatoire français de Haute-Provence, il a été le premier à prouver l’existence d’une exo-planète. Entendez d’une planète gravitant autour d’une autre étoile que notre soleil. Il a baptisé cette planète Bellérophon, du nom du héros grec qui a dompté le cheval ailé Pégase, car elle était justement en orbite autour d’une des étoiles de la constellation de Pégase, soit à quelque 50 années-lumière de nos yeux…

    L’exoplanète Bellérophon, transitant devant son étoile-soleil dans la constellation de Pégase (vue d’artiste)

    À l’époque, cette découverte a fait grand bruit dans les milieux scientifiques et tous les télescopes du monde se sont dès lors tournés vers Bellérophon pour tenter de faire mieux connaissance avec cette toute première exo-planète. Las, les nouvelles informations collectées à son sujet ont vite déçu certaines attentes. Cette planète n’était pas de type rocheux (comme la Terre, Mars ou Vénus), mais de type gazeux (comme Jupiter, Saturne ou Neptune), donc parfaitement incompatible avec toutes les formes de vie que nous connaissons à ce jour…

    ACTE 3, une seconde découverte :

    Mais la chasse aux exoplanètes était lancée, et une petite dizaine de nouvelles venues purent être détectées dans les années qui suivirent. Jusqu’à ce que, en 1999, un autre scientifique du nom de David Charbonneau mette au point une seconde méthode (dite des transits) pour repérer les étoiles ayant elles-mêmes un système planétaire. Très vite il a pu vérifier la validité de son approche en découvrant grâce à elle une autre exo-planète (baptisée Osiris) aussi située dans la constellation de Pégase, mais beaucoup plus loin que Bellérophon (à 154 années-lumière).

    l’exoplanète Osiris, transitant devant son étoile tout en « perdant son eau » du fait de la chaleur (vue d’artiste)

    Et c’est muni de ces deux méthodes complémentaires que les « chasseurs d’exoplanètes » se sont mis, à partir des années 2000, à en découvrir de plus en plus au fil des années et même des mois…

    ACTE 4, un télescope spatial à la rescousse :

    À partir de là, la communauté scientifique a cessé de se « moquer » des chercheurs d’exoplanètes et a décidé de construire puis de lancer le télescope spatial Kepler, explicitement dédié à la recherche de ces nouveaux « objets célestes » et en particulier des plus petits d’entre eux, c’est-à-dire des exoplanètes ressemblant davantage à la Terre avec son sol rocheux qu’à une boule de gaz géante façon Jupiter… Lancé en 2009, Kepler avait pour objectif d’effectuer un recensement des exoplanètes détectables situées dans une région de la Voie lactée de 115 degrés carrés (soit seulement 0,28% du ciel!) en observant sur une période de plus de 3 ans l’intensité lumineuse de 145 000 étoiles pré-sélectionnées. Kepler a été conçu pour que la sensibilité de son détecteur lui permette d’identifier des planètes de type terrestre et puisse ainsi recenser les planètes semblables à la nôtre gravitant autour d’étoiles similaires au Soleil. Vu son succès, la mission initialement prévue pour durer trois ans et demi, a été prolongée jusqu’à l’épuisement de ses réserves de carburant, qui a eu lieu en octobre 2018…

    Le télescope spatial Kepler spécialement conçu pour la détection des « petites » exoplanètes est demeuré en orbite héliocentrique durant 9 ans…

    À l’achèvement de sa mission, Kepler avait détecté pas moins de 2 662 exoplanètes ! Ses observations ont contribué à mettre en évidence la diversité des systèmes planétaires, Kepler ayant découvert de nombreux systèmes multi-planétaires. Elles ont permis d’esquisser une première statistique de la distribution des planètes par grandeur et ainsi d’établir que 20% des exoplanètes avaient une taille semblable à celle de la terre. En y ajoutant les 30% de planètes ayant une taille ne dépassant pas le double, cela fait environ 50% d’exoplanètes telluriques, susceptibles d’accueillir la vie !

     

    Il en a résulté une véritable révolution scientifique débouchant sur une nouvelle compréhension de l’agencement du cosmos que l’on peut résumer ainsi :

    • Chaque étoile que l’on voit de nos yeux possède au moins une planète en orbite autour d’elle et souvent plusieurs (à l’image de notre soleil). En 15 ans, on est donc passé d’une conception qui niait la possibilité d’exoplanètes à une conception qui postule au contraire que là où il y a des étoiles, il y a nécessairement des exoplanètes…

     

    • En extrapolant les données obtenues par Kepler à l’ensemble de la Voie lactée (notre galaxie), on en arrive à des résultats tout à fait faramineux. Jugez plutôt. Selon les scientifiques, notre galaxie contiendrait environ 300 milliards d’étoiles. En postulant que chaque étoile a en moyenne deux exoplanètes, on en arrive à envisager qu’il existe quelque 600 milliards de planètes, cela dans notre seule galaxie. Et si on applique la proportion précédemment expliquée de 50% de planètes telluriques potentiellement habitables, cela fait, à la louche, quelque 300 milliards de « terres » potentielles présentes dans la Voie lactée!!!

     

    • Pour mémoire, rappelons que les scientifiques estiment que l’univers contient environ 100 milliards de galaxies semblables à notre Voie lactée. Bien qu’on ne soit pas encore capable (à cause de la distance!) de vérifier que les étoiles des autres galaxies ont aussi des exoplanètes, on comprend aisément qu’il y a de fortes probabilités pour que cela soit le cas. Ce qui implique que l’univers renfermerait potentiellement 30 000 milliards de « Terres ». Qui osera encore dire après cela que notre planète bleue est un cas unique dans l’univers ?

     

    ACTE 5, les exoplanètes habitables :

    À partir de cette nouvelle compréhension de l’agencement interne de l’univers, la recherche scientifique s’est naturellement focalisée sur la question de savoir si on pouvait réussir à détecter les exoplanètes disposant de conditions compatibles avec la vie, telle que nous la connaissons sur terre. Deux notions ont été développées pour tenter de répondre à cette palpitante question.

    La première est celle de « zone habitable » et s’explique intuitivement assez facilement. Pour que la vie soit possible sur une planète donnée, il faut qu’il n’y fasse ni trop chaud, ni trop froid et que la pression atmosphérique soit telle que l’eau puisse y subsister à l’état liquide. En fonction de la taille et de la luminosité de chaque étoile, on peut donc assez facilement déterminer à quelle distance de son soleil doit se trouver une exoplanète pour être située dans la « zone habitable » de ce système. Par exemple, dans notre système solaire, Mercure et Vénus (à gauche sur le schéma suivant) sont trop près du Soleil (non représenté) pour permettre la vie. Les températures au sol sur ces deux planètes sont de l’ordre de +400°C !  À l’inverse, au-delà de Mars, les planètes comme Jupiter, Saturne, Uranus (à droite sur le schéma) sont trop éloignées du Soleil pour que son rayonnement suffise à en réchauffer la surface. La zone circulaire, en bleu sur le schéma, illustre ce que représente  la « zone habitable » encore appelée « écosphère » du système solaire. On voit qu’elle débute entre Vénus et la Terre et s’achève entre Mars et Jupiter.

    Reste donc aux scientifiques à calculer, pour chaque étoile, quelle est sa zone habitable, puis de déterminer si une ou plusieurs de ses exoplanètes y gravite. En cas de réponse positive : bingo, on a affaire à une candidate potentielle pour être une soeur jumelle de la Terre. Vous objecterez certainement qu’avec de telles conditions restrictives, le cas ne doit pas se présenter souvent. Et en effet, c’est assez rare de trouver des exoplanètes répondant à ce critère. Mais, bonne nouvelle, à l’aide du télescope Kepler, on en a déjà trouvé une cinquantaine, et en extrapolant ces chiffres à l’ensemble de la galaxie, les scientifiques estiment que 0,15% des exoplanètes telluriques pourraient remplir cette condition. 0,15% quel chiffre ridicule pensez-vous peut-être. Et bien sortez votre calculette et vous verrez que cela fait , excusez du peu, environ 500 millions de planètes qui répondent à ce premier critère dans notre seule Voie lactée**, donc 500 millions de candidates potentielles à héberger la vie. À la vue de tels chiffres, croyez-vous qu’il soit encore bien raisonnable de douter que la vie puisse exister ailleurs que sur la terre ?

    Bon, 500 millions de planètes à explorer, quand on sait que la plus proche se trouve à 4 années-lumière et la plus éloignée à 100.000 années-lumière, c’est là, à première vue, une mission impossible ! Voilà pourquoi les scientifiques ont mis au point un second critère, plus pointu, celui de la composition chimique de l’atmosphère. Explication : presque toutes les planètes telluriques sont recouvertes d’une fine couche de gaz qui représente leur « atmosphère ». Or cette atmosphère est habituellement composée des gaz « primaires », c’est-à-dire de ceux naturellement disponibles dans l’environnement de la planète concernée. Mais on sait que l’atmosphère terrestre est composée en outre de gaz « secondaires », c’est-à-dire de gaz qui ne sont présents qu’en conséquence de l’activité du vivant. Par exemple, l’ozone est un dérivé de l’oxygène et, au delà d’une certaine concentration, il ne peut être présent que comme la conséquence d’une activité biologique de type respiratoire. Donc, s’il est détecté dans une certaine proportion dans une atmosphère donnée, c’est là un indicateur fiable qu’il y a ou qu’il y eu de la vie sur la planète correspondante. Dans les faits, les choses sont un peu plus complexes que cet exemple ne le laisse à penser et les scientifiques cherchent encore à peaufiner ce qu’ils appellent les marqueurs biologiques de l’atmosphère. Mais en gros, on est en passe de pouvoir déterminer le cocktail chimique atmosphérique qui témoigne de façon quasi-certaine de la présence d’une activité biologique sur une planète donnée. Autrement dit, pour savoir si une exoplanète héberge ou non de la vie à sa surface, il faut et il suffit de parvenir à analyser la composition chimique de son atmosphère. Voilà qui est simple, du moins en théorie  : il n’y a plus qu’à repérer parmi les 500 millions d’exoplanètes situées en zone habitable, celles dont l’atmosphère contient des gaz secondaires, c’est-à-dire des gaz qui  soit par leur nature soit par leur proportion, ne peuvent résulter que d’une activité biologique subséquente.

    En pratique, c’est « une autre paire de manches ». Nos outils actuels ont beau être sans cesse plus performants, une chose est de réussir à entr’apercevoir l’ombre qu’une planète fait en passant devant son étoile (c’est en effet la méthode la plus simple, dite des transits, qui permet de détecter les exoplanètes), une autre est de réussir à entreprendre l’analyse chimique de cette atmosphère située, pour les plus proches, à plusieurs années-lumière de la terre. Toute proportion gardée, c’est un peu comme si on vous demandait de tester la saveur d’un plat servi dans un restaurant new-yorkais tout en restant en France, assis dans votre propre salle à manger. Même avec une bonne liaison vidéo, comment allez-vous faire pour pouvoir dire si le plat est trop ou pas assez salé ?

    Bref, à partir d’ici, nous entrons dans une zone grise, celle qui se situe entre science d’aujourd’hui et science de demain. Je me propose de vous y amener dans un second article consacré entre autres au nouveau télescope James Webb qui devrait entrer en service en mars 2021 et qui aura la particularité technique de pouvoir analyser l’atmosphère des exoplanètes les plus proches de nous (ou plutôt les moins éloignées…). Une aventure totalement inédite qui pourrait prochainement nous apporter une réponse décisive à la question de la réalité de la vie extraterrestre en nous désignant la première exoplanète candidate au titre envié de soeur jumelle de la terre !

    Et en attendant, je vous propose de contempler d’un oeil neuf notre Voie lactée : autant de points lumineux, autant de systèmes solaires contenant potentiellement une autre Terre !!! (cliquez sur la photo pour l’agrandir)


    NOTES :

    * l’odyssée interstellaire est une série de quatre documentaires diffusés par Arte en août 2019, et disponibles en replay jusqu’au 8 octobre 2019 à l’adresse suivante : <https://www.youtube.com/playlist?list=PLCwXWOyIR22vS1jM-_b7FDpsoz0sbE1_w>

    ** Et si on extrapole à la totalité de l’univers, ce chiffre est à multiplier par 100 milliards (le nombre total de galaxies), ce qui fait 500 000 milliards de « terres » potentielles !!!

  • Une lettre de Swâmiji – Replay

    Voici  en replay, un article datant des tout débuts du blog.
    Publié le 12/12/2008 par Yann, en introduction à une rencontre de GSMP.
    (Reprenant le thème de la « loi du changement » que Yann a évoqué durant cette année passée)
    Et qui reste toujours d’une si simple évidence.
    (NDLR .Mireille)

     

    Permettrez-moi de partager avec vous cette courte lettre de Swâmiji, qui résume si bien à mes yeux à la fois notre situation de départ, la pratique proposée et le fruit qui en découle…

    lettre.jpg

    Blessings**

    The stream of events flows on. To see the stream not according to the law, but according to whether you like it, or whether it is beneficial, will cause pleasure when it is favourable and pain when it is unfavourable. This is inevitable.
    To see what happened or what is happening from the viewpoint of ‘should-be’ is untruth, and is [a source] therefore of confusion and emotional turmoil!!
    Accept what is happening and thereafter, if necessary, try to take counter steps that lie within your power. That is all that you have to do. Your mind and heart will then remain satisfied and at peace.

    Prajñânpad
    Bénédictions***,

     

    Le courant des événements se déroule sans cesse. Ne pas considérer ce courant selon la loi du changement mais selon vos attirances ou selon le bénéfice que vous pouvez en retirer vous donnera du plaisir quand ce courant sera favorable et de la peine quant il sera défavorable. C’est inévitable.
    Voir ce qui est arrivé ou ce qui arrive du point de vue de « ça devrait être » est contraire à la vérité, et c’est donc la source de la confusion mentale et de l’agitation émotionnelle !
    Acceptez ce qui arrive et ensuite, si nécessaire, essayez de le contrecarrer à la mesure de vos possibilités.
    C’est tout ce que vous avez à faire.
    Votre mental et votre cœur demeureront alors dans le contentement et la paix.

    Prajñânpad


    ** Lettre adressée le 14 août 1961 à Yogendra, un disciple indien de longue date…

    *** Traduction personnelle de l’original publié en anglais dans le tome 1 des Collected Letters, p 174-175

  • Echos du stage « Yoga et travail sur soi »

    La cuvée 2019 de notre stage « Yoga et travail sur soi » n’a pas démérité. Jugez-en plutôt par le texte qu’elle a produit en interne pour garder trace de cette belle semaine. Pour vous inciter à le télécharger, en voici la première page « en direct » :

     

    A l’aube :

    Une aurore, l’été

    Le grand chêne se souvient

    De mes rêves, enfant.

    ——————

    Méditation du matin :

    Grande salle verte

    Gong ! Douze méditants immobiles

    Une seule Conscience…

    ——————–

     Séva jardinage :

    Dans les parterres de la Bertais

    L’escargot gentil habitait

    Mon irresponsable main

    L’a délogé hier matin

     

    Le liseron de son toit

    Vite arraché par mes doigts

    Ce soir ne repoussera…

    Culpabilité excitera

     

    Accueil le réel

    Le péché n’est que véniel

    Car sur son dos l’escargot

    A plus qu’un paletot.

    ——————-

    Enseignement du matin :

    La vague se croit

    Plus petite qu’elle sera

    Sans aucune fin

    —————

    Du moi au Soi

    Quel abscond charabia !

    – Vis-le et tais-toi.

    —————

    Le fait est, oui ou non ?

    L’émotion éprouvée s’en va

    Manonasha.

    —————

     

     

    Pour découvrir la suite de ce « reportage » et pour voir les mandalas en grand, cliquez ICI  !

     


     

  • Pélerinage à l’ashram Channa (1) – replay

    Voici donc le 1er « replay » de la saison 2019.
    Et, à l’approche de la commémoration du départ d’Arnaud, nous trouvions intéressant de vous diffuser à nouveau ces beaux articles d’une habituée d’Hauteville, Véronique, qui avait partagé (08/11/2015) son parcours en Inde et sa visite à Channa, à l’Ashram de Swamiji, près de Ranchi.
    Dans les pas d’Arnaud qui s’y était rendu près de 47 ans  ans auparavant.
    Sur ces mêmes chemins secs et ruraux du Bengale.
    (Mireille et Georges)

     

    En septembre dernier, une habituée d’Hauteville du nom de Véronique Darras est venue participer à un premier séjour à La Bertais. Lors d’un thé, elle nous a appris qu’elle avait fait il y a quelques années un voyage en Inde au cours duquel elle s’était rendue « en pèlerinage » à l’ashram de Swâmiji où, avec son compagnon,  elle a réussi à séjourner une huitaine de jours. Depuis et à ma demande, elle nous a fait parvenir son « journal de voyage » dont j’extrais le passage suivant. Les photos sont aussi d’elle et datent de 2012-2013. Merci à toi Véronique pour ce touchant partage…

    veroniquedarras

    ——————————-

    (…)

    Gare de Kolkata.

    Immense. Immense est un mot trop petit pour contenir autant de quais, de voies, de trains, de voyageurs et de vendeurs. Camelots. Colporteurs de mille petits riens qui se monnayent trois fois rien. Cireurs de chaussures, gamins impertinents et malicieux. Balayeurs. Agents du rail. Gens en attente, accroupis sur les talons. Groupes de famille assis parterre autour du centre vital, c’est-à-dire les victuailles que l’on partage. Sous le voile des saris, les bébés tètent le sein des mères… Ballots en tas, bagages superposés. Gosses noirs de crasse, du même noir que les voies, les wagons et les roues… Petits mendiants au sourire clair parmi tout ce noir… Gens qui traversent les voies, valises en équilibre sur la tête. Qui montent et qui descendent aux rebords des quais. Trains locaux, « jungle class » chargés jusqu’aux rebords des marchepieds. Grappes de gens agglutinés aux bordures des portes. Des hommes courent, montent à la volée dans le train en partance. Bruit de ferraille et de freins. Eclats de voix. Annonces dans les hauts parleurs. Brouhaha. Intensité de la vie ferroviaire. Le train local s’arrête dans toutes les gares, à chaque arrêt montent et descendent des marchands ambulants. Annonces mi-criardes, mi-chantantes pour pacotilles de plastique ou friandises épicées. Quand la supplique se mêle à la proposition… Une mendiante aveugle secoue ses clochettes, attire sur elle un regard qu’elle a perdu… Dans un compartiment voisin des hommes chantent des prières. Voix, chants, toux, tours de roues sur les rails… Cacophonie vivante…

    Bardhaman

    Etape grise, affairée et bruyante.
    Gare des bus. Lieu de transit. Règles obscures pour le non initié. Comment dit-on Channa Ground en Bengali ?
    Le chauffeur la main rivée sur le klaxon. Au fil des arrêts, gens et bagages s’entassent de plus en plus nombreux. Le contrôleur monte, descend, lance ses appels en criant et de grandes claques sur la portière, hisse les bagages et des chèvres sur le toit. Billets rangés entre les doigts, il encaisse le prix de la course et s’y retrouve dans ce bazar, cet agrégat de gens… A chaque arrêt, qui revient souvent, un nouveau mouvement, une nouvelle vague s’élève…

    Channa Junction
    Carrefour
    Une baraque à thé
    Un vendeur de volaille
    Quelques vélos rickshaws à plateaux
    Et des gens qui nous dévisagent…
    Boire un tchaï et tenter de faire comprendre notre destination.
    Finalement l’Ashram se trouve à quelques kilomètres de piste.
    Efforts intenses de l’homme qui pédale. Mollets gonflés. La sueur perle au front. Quelques raccommodages ferment les déchirures de ses vêtements usés…

     

    chemin3

     

    Un demi-siècle plus tôt Arnaud Desjardins parcourait ce même chemin
    Se rendait auprès de Swâmiji Prajnândpad
    Allait à la rencontre de lui-même…

    Au bout du village, en bordure de piste, une allée de terre et d’arbres. Des champs entretenus autour. Au bout de l’allée, une place de terre craquelée entourée d’arbres touffus et larges.

    entree1

    Au centre, deux petites huttes de terre. Un toit de chaume, un autre de métal. Un puits.

    cour1

     

    Une stèle à l’entrée de la place. Swâmiji Prajnândpad veille…

    niralamba

    Une autre stèle un peu plus loin. Swâmi Niralamba son maître…

     

    mausole2 swamiji

     

     

    Un autre monument encore.

    grandestele

    Un maître et un disciple se font face. Le maître reçoit l’élève. L’accueille dans un geste d’ouverture : « Que voulez-vous » ?
    Sur le socle ces quelques lignes que je ne sais traduire :
    “Owing to Maya and her vibration mind. Apart from infinite thy self dost find. But Brahman thou art, nor portion or apart. Realise. Restraining mind. That that thou art”

     

    Des poules. Une petite chèvre. Le soleil. Et la rivière en contrebas.

    riviere

     

    Silence…

    Un vieil homme sort d’une hutte, celle au toit de tôle.
    Courbé sous le poids d’une charge lourde et invisible qu’il porterait sur le dos. Des lunettes énormes.
    Il nous permet de rester dans la place. Nous offre l’hospitalité en une seconde.


    hutte-tole
    Pièce minuscule.
    Fenêtre minuscule.
    Une planche sur pieds fait le lit.
    Une moustiquaire.
    Un coffre métallique qui prend la place que ne prend pas le lit.
    Deux, trois ustensiles.
    Des années de poussière.
    Des moustiques dans l’ombre.
    Derrière une cloison de terre la chambre du vieux Swâmi.
    Plus minuscule encore que celle-ci.
    Nous recevons ce droit d’entrer avec reconnaissance.
    À quelques pas, des arbres se penchent sur les larges méandres de la rivière Khuri.

    De ce lieu, de cette source, est venu l’enseignement transmis à Hauteville.
    Nos pas se posent sur la même terre craquelée et rude, foulée naguère par un homme sage et un autre homme en train de le devenir.
    Un homme disposé à payer le prix.
    Dans sa totalité…

    Respirer profondément
    Unir le passé et le présent.

    Certains commentaires datent de la diffusion de l’article, mais rien n’empêche d’en ajouter de nouveaux et nous vous en convions (NDLR).

     

  • 3ème conférence de Michel Fromaget à La Bertais

    LA SPIRITUALITÉ CONFRONTÉE AU TRANSHUMANISME ET AUX THÉORIES DE L’EFFONDREMENT

    Voici donc le texte de la troisième et dernière conférence de Michel Fromaget, faite le dimanche après-midi 26 mai en conclusion à notre week-end.

    Il porte sur l’analyse critique de deux courants de pensée contemporains d’apparences opposées, mais qui tous deux sont susceptibles d’être mieux compris dès lors qu’on les étudie à  partir du point de vue de l’anthropologie ternaire chère à Michel : le courant du transhumanisme et celui de la collapsologie.

    En ce qui me concerne, c’est la partie traitant du transhumanisme qui m’a le plus directement intéressé, car celle qui représentait pour moi l’apport le plus original de cette conférence. À cause du biais qui est le mien (et qui consiste à privilégier l’hypothèse d’un effondrement à plus ou moins brève échéance de notre civilisation), je n’étais pas conscient avant d’entendre Michel sur ce thème de l’importance de ce second danger qui nous guette : celui de l’ambition « faustienne » de notre civilisation ! À présent et grâce à Michel, me voilà averti : « Cette catastrophe, pour autant que nous puissions l’anticiper, se présente sous deux modalités radicalement différentes encore que non exclusives. Soit elle vient de la « fragilité » de notre civilisation faisant qu’elle ne franchira pas le cap de la crise qui vient et qu’elle s’effondrera. Soit elle vient au contraire de sa « solidité » et du fait qu’elle franchira cette crise tout en continuant de poursuivre ses objectifs actuels. Le danger ne s’appelle plus alors « effondrement », mais « transhumanisme et/ou post-humanisme».

    À cet égard, j’ai trouvé particulièrement éclairant l’analyse du transhumanisme en termes de réduction du paradigme dualiste « corps/psychisme » à un seul et unique terme, celui du corps et de sa biologie. On a là en raccourci une illustration particulièrement frappante de la perspective guénonienne sur l’Histoire. Partant d’une époque bénie (âge d’or) où les êtres humains avaient une conscience nette de leur triple dimension (corps-âme-esprit) et où ils accordaient sans hésitation la priorité à leur dimension spirituelle, ils sont passés peu à peu à l’oubli de cette troisième dimension, puis à sa négation, au point de faire de l’athéisme une sorte d’évidence culturelle. Mais une fois cette première régression opérée, il restait la possibilité de rabaisser encore d’un ultime cran la conception de l’être humain. C’est ce qu’a fait sans vergogne et depuis un certain temps déjà le matérialisme philosophique en nous habituant à considérer la pensée comme un sous-produit de notre biologie cérébrale. A titre d’exemple récent, voici ce que le médecin-essayiste-chroniqueur Laurent Alexandre écrivait en juin 2017 dans le Figaro : « l’homme se réduit à son cerveau. Nous sommes notre cerveau. La vie intérieure est une production de notre cerveau. L’Église refuse encore l’idée que l’âme soit produite par nos neurones, mais elle l’acceptera bientôt comme elle a reconnu en 2003 que Darwin avait raison, 150 ans après que le pape déclare que Darwin était le doigt du démon »…

    Mais il restait en quelque sorte à inscrire dans les faits cette réduction en développant des applications scientifiques fondées sur cette vision d’une nature humaine entièrement matérielle ou « corporelle ». D’où les projets « d’homme augmenté » qui fleurissent chez les tenants de cette nouvelle idéologie beaucoup plus en vogue (spécialement dans les milieux aisés) que notre « provincialisme culturel » ne nous le laisse croire.

    Elon Musk devant « son » lanceur de satellites dédié à la conquête de Mars !

    De ce point de vue, je dois confesser une petite déception, car si Michel a su, sur le plan des principes, nous donner une clé d’or pour analyser le phénomène, il n’a brossé que très allusivement la place concrète que ce courant transhumaniste est en train de prendre dans la mentalité de nos classes dirigeantes. Pensons par exemple à Elon Musk et à ses projets fous : l’homme qui a le premier été capable de construire une voiture électrique de série (Tesla) rivalisant en autonomie et en performance avec le haut de gamme des voitures à essence, a ensuite réalisé « l’exploit » de lancer l’une de ses voitures dans l’espace (en direction de Mars) à l’aide de son propre lanceur de satellites (SpaceX), lanceur qui est en passe de supplanter tous les lanceurs gouvernementaux (ceux de la Nasa comme celui de l’Union Européenne, Ariane). Ce même Elon Musk est l’homme qui est à la tête d’un projet visant à coloniser Mars (SolarCity), d’un autre projet visant à numériser la vie biologique (Neuralink) et à développer l’Intelligence artificielle (OpenAI)…

    Quand on sait qu’il rivalise dans plusieurs de ces domaines avec Jeff Bezos (le patron d’Amazon, considéré actuellement comme l’homme le plus riche du monde, et lui aussi aux avants postes du mouvement transhumaniste), on comprend que ce mouvement dispose de moyens financiers colossaux et qu’il ne s’agit donc pas de « doux dingues inoffensifs », mais bien d’influenceurs majeurs, capables d’orienter de façon significative l’avenir à court terme de pans entiers de notre société. Pour bien s’en persuader, ajoutons à cela que depuis quelques années, Google est devenu l’un des principaux sponsors du mouvement transhumaniste, notamment par le soutien financier massif des entreprises portant sur les nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives (NBIC). Sachez à ce propos que depuis décembre 2012, Google a recruté au sein de son équipe dirigeante, l’un des plus brillants spécialistes mondiaux de l’Intelligence artificielle, un certain Raymond Kurzweil, théoricien du transhumanisme qui travaille d’arrache-pied à l’avènement de programmes informatiques auto-apprenants (deep-learning) laissant entrevoir une supplantation rapide des capacités du cerveau humain. Pour vous rendre un peu mieux compte de ce que ce « génie » nous concocte avec ses équipes de chercheurs, jetez un coup d’oeil à cette page web intitulée « l’avenir d’ici 2099 » (attention, personnes sensibles à la futurologie s’abstenir !)

    Traduction : Le leader mondial de la futurologie Ray Kurzweil a dit : « Nous sommes une petite poignée de scientifiques en passe de découvrir le secret de la vie éternelle »

    Bon, c’était là ma petite contribution personnelle à la première partie de l’exposé de Michel, contribution qui, je l’espère, va vous donner la motivation de lire plus attentivement son texte!

    Rien à ajouter à la seconde partie qui traite de façon synthétique et aussi critique de la collapsologie façon de Pablo Servigne et qui sera surtout utile à ceux qui n’ont pas encore lu les deux premiers ouvrages de cet auteur.

    Quant à la troisième partie, elle est à mes yeux la plus intéressante, même si elle n’est pas la plus facile à lire. Et si vous calez en route, surtout ne passez pas votre chemin sans avoir, à minima, médité les 4 dernières pages (paragraphe intitulé « Déterminisme et cygnes blancs » ). Elles contiennent un très beau message d’espérance qui résume très bien à la fois l’intention et la conclusion de notre week-end…

    Télécharger le texte de la 3ème conférence

    Accès à la deuxième conférence

    Accès à la première conférence


    PS : je ne désespère pas de trouver le temps dans les 15 prochains jours de mettre moi-même par écrit mes deux exposés sur l’histoire du monde et de l’humanité, envisagée du point de vue de la sagesse indienne. Patience donc…

  • Des changements à La Bertais !

    A l’occasion du dernier week-end GSMP de la saison, un vent de changement a soufflé sur la Bertais, au propre comme au figuré.

    Au propre, c’est en réalité la semaine d’avant, lors de la tempête « Miguel », qu’il avait soufflé trop fort, ce vent ! Résultat, de nombreuses branches arrachées à divers endroits de la propriété, deux arbres moyens arrachés dans les Patouillettes et surtout notre vénérable noyer (celui qui était situé entre le potager et le verger) retrouvé « cul par dessus tête »…

    Pour faire bonne mesure, la veille du week-end, le terrassier (attendu depuis plusieurs mois) est enfin venu pour creuser le chemin d’accès à la réserve d’eau demandé par les pompiers. Et lors de ses manoeuvres, la pelleteuse à mis à bas l’un des chênes qui bordent le chemin d’accès. Voilà qui a donc donné du fil à retordre à notre tronçonneuse (la pauvre en a même rendu l’âme en fin de week-end !) et à sa consoeur de location appelée en renfort !

    Ceci étant, voici un aperçu en images du travail du terrassier, pendant et après son intervention…

     


    Eat final actuel, chemin d’accès empierré…

    Sinon, beaucoup d’autres travaux moins spectaculaires mais tout à fait significatifs ont été accomplis tant le samedi que le dimanche. Citons pêle-mêle : L’installation d’une machine à laver le linge (qui sera dès cet été à la disposition des personnes faisant des longs séjours), la réfection de la douche située au dessus de la cuisine, la pose d’une moquette neuve dans deux des chambres de l’étage, et bien sûr beaucoup de travaux de débroussaillage, taille, tonte, désherbage et jardinage.  

    Ce qui fait que dimanche soir en partant, La Bertais avait vraiment un air de neuf. Ceci étant, que les absents se rassurent, on leur a néanmoins laissé de quoi s’occuper lors de leurs prochaines venues…

     

    Sinon et comme prévu, le samedi après le thé a donné lieu à une dernière séquence d’enseignement sur le thème de la fin possible de notre civilisation, cette fois envisagée du point de vue de René Guenon et de la doctrine des quatre âges de l’humanité. Comme il s’agissait en fait d’une prolongation de ce que j’avais déjà pu dire à ce sujet lors de ma récente co-animation avec Michel Fromaget, je pense rédiger bientôt un texte de synthèse de ces trois conférences et le mettre à votre disposition sur ce blog.

    Samedi soir, nous avons aussi profité du repas convivial pour présenter aux participants nos idées d’animation pour l’an prochain dans le cadre de ces temps de retrouvailles pré-GSMP du samedi après-midi. Quatre propositions ont ainsi été évoquées et « mises aux voix » :

    • La loi de la différence étudiée et illustrée à l’aide de l’astrologie hindoue : à l’aide du thème astrologique de chacun, apprendre à repérer nos spécificités et à mieux comprendre en quoi les autres participants sont irréductiblement différents de nous.

     

    • L’étude approfondie du message des upanishads en ce qui concerne notre Vraie Nature : apprendre à différencier ce qui relève du  moi et ce qui relève du SOI dans notre expérience de nous-même et nourrir ainsi notre lien à la dimension infinie de notre propre conscience.

     

    • L’étude approfondie de quelques thèmes clé de l’adhyâtma Yoga en repartant des propos directs de Swâmiji tels que rapportés principalement dans le livre de Daniel Roumanoff « Swami Prajnanpad, un maitre contemporain« .

     

    • L’étude de la notion de Dharma (action juste) telle qu’illustrée par l’épopée du Mahabharata en prenant comme support le visionnage commenté du film en 5 épisodes de Peter Brook.

    Nous aurons bien entendu l’occasion de reparler de ce projet d’animation lors de la prochaine Assemblée générale. Mais d’ici là vous pouvez déjà participer à la consultation qui a débuté samedi en répondant au sondage ci-dessous pour indiquer vers quoi va votre préférence (merci de ne vous exprimer que si vous envisagez de participer effectivement  à ce cycle de rencontres qui auront lieu  lors des six samedis après-midi précédents le GSMP de la saison prochaine et dont les dates seront prochainement disponibles).

    Accès au sondage concernant le thème des samedis de la saison prochaine

     

    Et pour célébrer dignement ce week-end mémorable, nous avons débouché un jéroboam de bière (bouteille de 3 litres) en provenance directe du Mont Blanc, cadeau d’un brasseur collègue de notre fils Stéphane…
  • Journée chantier et 5ème rencontre autour du thème de l’effondrement

    Samedi prochain 22 juin, nous nous retrouverons à La Bertais pour une journée chantier, suivie d’une cinquième et dernière rencontre/réflexion/enseignement autour du thème de l’effondrement probable de notre civilisation. Nous avons programmé pas mal de travaux manuels tant extérieurs qu’intérieurs pour cette journée et nous vous espérons donc nombreux et nombreuses pour la séquence chantier qui, cette fois-ci commencera dès le matin à 10h (accueil à partir de 9h45).

    Après le thé, la partie enseignement sera cette fois-ci consacrée à la doctrine hindoue des quatre âges de l’humanité selon René Guenon, dont Yann a déjà parlé lors de sa seconde intervention du week-end co-animé avec Michel Fromaget, mais sur laquelle il pense intéressant de revenir de façon à apporter un dernier élément de réflexion à notre thématique de la saison.



    Comme annoncé dans la Lettre, ceux et celles qui le souhaitent pourront prolonger la journée en dînant sur place et en participant ensuite à une soirée conviviale au cours de laquelle nous évoquerons avec les présents la façon dont nous pourrions la saison prochaine concevoir un nouveau cycle de rencontres (choix d’un thème à l’année ou choix de thèmes ponctuels).

    Si vous avez prévu d’être des nôtres samedi prochain, il est nécessaire de vous inscrire à cette journée en utilisant le lien ci-dessous :

    Je m’inscris à la rencontre du samedi 22 juin

    Programme : 

    • 9h45 : accueil et installation
    • 10h : brève méditation introductive
    • 10h15 : organisation des tâches du matin et chantier
    • 13h : repas convivial (préparé sur place)
    • 14h30 : organisation des tâches de l’après-midi et chantier
    • 17h : thé convivial
    • 17h45-19h15 : rencontre/réflexions et enseignement autour de la question de l’effondrement possible de notre civilisation envisagée du point de vue de René Guenon.
    • 19h45 : diner convivial sur place (présence recommandée pour ceux qui souhaitent participer à la soirée)
    • 20h45 : Soirée conviviale (suite de l’échange de l’après midi et projets de thèmes pour la saison prochaine)
    • 22h30 : fin des activités (possibilité de rester dormir à La Bertais si vous participez à la journée GSMP du lendemain -sur réservation)

    Suite à nos précédentes rencontres de réflexion sur le thème de l’effondrement, j’avais rédigé deux textes de synthèse dont vous trouverez à nouveau le lien de téléchargement ci-dessous. Depuis lors, j’ai rédigé un troisième texte à partir de ce qui avait été dit lors de la rencontre du 9 mars sur l’application de la loi du changement de Swâmiji au problème de l’effondrement.  Vous pourrez le lire grâce au lien ci-contre !

    La loi du changement appliquée à la notion d’effondrement 

    Textes antérieurs à télécharger :

    Propos sur la notion d’effondrement n° 1

    Propos sur la notion d’effondrement n°2