Auteur/autrice : Yann Le Boucher

  • Bienvenue à Thierry Martin

    Cet article a d’abord été publié en décembre 2014, lors de la première visite de Thierry à La Bertais. Comme il n’a rien perdu de son intérêt, je vous le propose en « reload ». Ne perdez donc pas de vue le fait que les 4 premiers commentaires datent de 3 ans ; ce qui ne doit pas vous empêcher d’y ajouter les vôtres !     Yann

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    Hauteville, la cour intérieure

    Dans l’idée de vous permettre de faire mieux connaissance avec notre prochain invité de marque, j’ai recherché dans les anciens numéros de la Lettre d’Hauteville les articles signés de Thierry. Le premier que je vous soumets ci-dessous est aussi le plus ancien. Paru en juin 1997 alors qu’Hauteville n’avait encore que 3 ans, il témoigne du parcours de jeunesse de Thierry et de ses premiers pas dans la relation avec Arnaud. Depuis cette époque, le chemin de Thierry s’est évidemment poursuivi mettant en jeu de nombreux autres aspects de lui-même qui ne sont pas abordés ici. Il n’empêche que ce texte reste à mes yeux d’un grand intérêt tant par ce qu’il nous révèle de notre hôte que par le témoignage indirect qu’il porte concernant Arnaud…

    (Pour lire l’article plus facilement cliquez sur le texte ci-dessous de façon à l’agrandir…)

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  • Grande marée au Mont St Michel : Intermède vidéo

    En prolongation au précédent article d’Alain, je partage avec vous cette vidéo tournée par un drone il y a quelques jours à l’occasion de la grande marée.

    A « déguster » en passant en mode « plein écran » et en choisissant la résolution maximale… mais seulement après la pub initiale que je n’ai pas été en mesure d’enlever !   😳


  • Retour sur le we avec Christophe et Murielle Massin

    Selon notre habitude, voici quelques photos du week-end, histoire de permettre aux absents de humer un peu l’ambiance et de donner envie aux présents de partager avec eux quelques unes de leurs impressions.

    En ce qui me concerne, j’ai senti une grande qualité d’ensemble, avec une différence notable de « climat » entre le samedi et le dimanche, cela étant entre autres dû à la dynamique du week-end, mais aussi probablement à la qualité « hors-norme » de la méditation dirigée du dimanche matin….

    Disponibilité et qualité d’écoute étaient bien entendu au rendez-vous…

    Le duo « Christophe-Murielle » a remarquablement bien fonctionné, les réponses de l’un et de l’autre se complétant et s’harmonisant d’une façon extrêmement fluide et féconde et témoignant d’une rare complicité dans la façon de comprendre et de retransmettre l’enseignement.

    Deux séances de dédicace bien « remplies » pour Christophe, ce qui laisse à penser que la lecture va permettre à bon nombre d’entre vous de prolonger et d’approfondir ce qui s’est transmis oralement durant le week-end.

    Pour mémoire, voici les titres des deux derniers ouvrages écrits par Christophe sur l’Enseignement (éditions Odile Jacob) :

    • Souffrir ou aimer : transformer l’émotion (c’est cet ouvrage qui a servi de base à la conférence de vendredi soir)
    • Une vie en confiance : dialogues sur la peur et autres folies

    Les rennais trouveront facilement ces deux livres à la librairie « La Rose Mystique » (téléphonez pour que Marguerite vous mette un exemplaire de côté avant que son stock soit épuisé). Les autres pourront facilement les commander via Internet…

  • Témoignage d’Alain Bayod

    J’ai été profondément touché par l’interview d’Alain Bayod, publié dans le tout dernier numéro de la Lettre d’Hauteville sous le titre « Le cadeau de la simplicité« . Vous êtes un certain nombre à connaitre personnellement Alain et à partager avec moi l’affection et -à certains égards- l’admiration que je lui porte, mais vous ne recevez pas tous la Lettre d’Hauteville. Aussi je me suis permis de demander à Alain la permission de reproduire in extenso l’article en question. Comme il est indiqué en bas de la Lettre d’Hauteville que celle-ci est « strictement interne et ne doit pas être publiée sur internet ou distribuée à des personnes non-adhérentes aux Amis de Hauteville », j’ai contacté Emmanuel qui m’a donné l’autorisation de faire une exception pour cet article, à condition que je rappelle à chacun et chacune ses obligations. Donc, merci DE NE PAS REPRODUIRE ni de REDIFFUSER vous-même par voie électronique tout ou partie de cet article, sachant que la totalité de la Lettre dont il est extrait est, comme à chaque fois, consultable sur place à La Bertais.


    LE CADEAU DE  LA SIMPLICITE              –Interview d’Alain par Fabienne Desjardins, Lettre d’Hauteville n°88, Printemps 2017-

    Février 2017, cliché d’Yves Rémond

     

    Fabienne :
    Alain, il y a à peu près un an les médecins t’ont diagnostiqué un cancer assez sévère qui porte le nom de « myélome multiple » et depuis, tu as effectué tout un périple semé de chimiothérapies et de traitements parfois très lourds. Avant de commencer cette interview, pourrais-tu nous donner quelques nouvelles de ta santé ?

    Alain :
    Les traitements spécifiques au cancer sont terminés depuis trois bons mois. Il me reste encore à supprimer la morphine mais cela ne peut se faire que très progressivement. Le corps est beaucoup moins douloureux et une bonne partie de l’énergie est revenue. Mais il me faudra encore de nombreux mois pour récupérer de la maladie et de l’inévitable agression chimique des traitements. Les deux chiffres sanguins qui marquent ce cancer sont maintenant satisfaisants et stables. Ce qui était le but du protocole médical. J’envisage de reprendre mon activité à Hauteville très progressivement début avril. Donc sauf changement imprévisible, ça va plutôt bien.

    – Merci pour ces nouvelles. Je sais que tu t’intéresses depuis longtemps à l’anthropologie des koshas, des revêtements du Soi, et nous nous demandions si tu pouvais nous parler de ta maladie au regard de ces koshas et sharirs dont il est question dans cette Lettre de Hauteville.

    – Il y a un an, quand j’ai été diagnostiqué, c’était un peu une surprise tout de même, mais j’ai abordé cette affaire, cette situation (rire), de la manière dont je fonctionne habituellement, c’est-à-dire en me disant : « Tu vas mettre toutes les chances de ton côté, tu vas doubler les temps de méditation, tu vas réunir tes organes dans la journée, tu vas leur parler, tu vas vivre cette épreuve en ‘grand disciple’… » J’ai lu et relu les bouquins de Guy Corneau, qui nous a quittés il n’y a pas longtemps et, avant que les traitements ne commencent, j’avais mis en place toute une stratégie de disciple guerrier… Je passais ma journée à ça ! Et puis les traitements ont commencé… Il faut savoir que le myélome multiple est une atteinte de la moelle osseuse qui amène, selon l’intensité et la puissance du cancer, une dégradation de l’os de l’intérieur, ce qui fait que, sur une période de huit mois, neuf vertèbres très fragilisées se sont fracturées, le sternum n’a pas résisté à un prélèvement de moelle et s’est fracturé lui aussi. Tout cela a été ressoudé, « cimentoplasté » au cours de plusieurs interventions chirurgicales. J’ai débuté les premières chimios et, parallèlement, j’ai été contraint de prendre de la morphine et, là, assez rapidement, j’ai commencé à perdre la possibilité de méditer. Dieu sait si j’aime méditer ! Dieu sait si j’ai médité dans ma vie ! C’est l’une des activités qui me touchent le plus à Hauteville mais ce n’était tout simplement plus possible. J’ai animé des centaines de méditations qui commencent par le point d’appui physique, le point d’appui sur le souffle mais là, ce n’était plus à ma disposition, l’attention était fuyante, instable : je perdais la possibilité d’utiliser les points d’appui que je connais si bien. J’en ai parlé à plusieurs amis médecins et la plupart ont lié cela à la morphine. Ils m’ont tous dit, avec un gentil sourire : « Tu sais, méditer sous morphine… » (rire)

    – La morphine altère notre capacité d’attention ?

    – Oui, et surdosée, elle peut faire perdre le contact avec la réalité. Au début de mon traitement, trois ou quatre de mes vertèbres se sont cassées et rien que de me coucher dans un lit me faisait hurler, ce qui a incité les médecins à augmenter considérablement la dose de morphine. Je n’ai pas vu des éléphants roses mais j’ai fait un délire de persécution ! Je cherchais les caméras de surveillance dans la chambre…

    – Donc la morphine n’agit pas seulement sur le corps physique ?

    – Elle travaille sur les trois premiers revêtements : physique, énergétique et mental.

    – D’où les délires, parce que cela agit aussi sur le mental et les émotions ?

    – Oui. Chez moi, cela a pris la forme d’une persécution. Je me souviens très bien, je me disais : « Corinne m’aime toujours mais elle s’est laissé embobiner par les forces de l’ombre et elle ne se rend pas compte… » Il me restait un petit bout de conscience pour me dire : « Il y quelque chose qui ne va pas » mais c’était largement insuffisant pour juguler la puissance de la morphine. Enfin, j’ai quand même pu leur dire qu’il fallait baisser la dose et ils m’ont écouté.  On est repassé très vite à des doses inférieures et tout est rentré dans l’ordre côté délire.

    Pour être sûre de comprendre : la morphine agit sur les niveaux physique, énergétique et mental mais elle nous coupe aussi de la possibilité d’entrer en relation avec la dimension spirituelle… Comment le dirais-tu ?

    – Je ne sais pas… Dans le fonctionnement harmonieux de l’ensemble, quelque chose n’est plus possible, quelque chose est coupé… La transmission ne se fait plus.

    – Et donc la méditation n’était plus possible.

    – Oui. Il y a eu une période où je pouvais pratiquer la méditation avec Corinne. Je lui demandais de me guider et là, ça marchait, j’arrivais à peu près à suivre ce qu’elle disait. Et puis il y a eu une période où, même guidé, cela ne marchait plus. C’est la période qui a correspondu à l’autogreffe, qui est le traitement de base de ce cancer : on prélève des cellules souches saines et ensuite on fait une chimio avant la greffe, que les médecins eux-mêmes qualifient de « grosse chimio »… Une chimio dévastatrice qui détruit tous les globules blancs de la moelle osseuse et met le corps en aplasie c’est-à-dire sans défenses immunitaires. C’est un message de mort qui est transmis aux cellules. Il n’y a plus aucune défense immunitaire, ce qui oblige à résider en chambre semi-stérile. Là, le corps était extrêmement faible et il m’est arrivé de penser à certains moments aux koshas… Le niveau de pranamayakosha, le niveau de l’énergie, était extrêmement bas. Je ne pouvais pas manger, je ne pouvais pas boire. Les muqueuses étaient complètement traumatisées et la bouche était envahie de mycoses. Le tube digestif était à vif, la nourriture, l’eau m’arrivaient par des tubes. J’avais des tubes un peu partout ainsi qu’une pompe à morphine pour gérer la douleur. Je n’avais plus d’énergie et, étrangement, c’est peut-être là où j’ai reçu le plus beau des cadeaux… Parce qu’on ne peut pas dire qu’il n’ y avait plus du tout d’énergie – j’étais quand même vivant – mais il y en avait tellement peu que c’est comme si manomayakosha (le revêtement fait de mental et d’émotion) avait été déconnecté, c’est-à-dire que je ne pouvais plus imaginer (je suis très ému), je ne pouvais plus imaginer, je ne pouvais plus penser, je ne pouvais plus comparer, je ne pouvais plus refuser ! On pourrait dire que c’est terrible et, en même temps, c’était merveilleux parce que, sans qu’il y ait d’effort de ma part, j’étais situé dans l’instant. En fait, il n’y avait juste personne pour se situer dans l’instant ! Il n’y avait que l’instant ! Il n’y avait que l’instant et il n’y avait pas de problèmes ! Il m’a fallu des mois pour commencer à digérer ça, parce que, sur le coup, je n’avais même pas le besoin ni la force de l’analyser…

    En même temps, il y avait une espèce de conscience que la vie pouvait s’arrêter d’un instant à l’autre, la mort était vraiment très proche… Et parfois j’ai été dans une forme de dépression : je disais à Corinne que j’étais en train de mourir. En fait, j’exprimais le message que l’aplasie envoyait à toutes mes cellules, et la présence de Corinne réactivait pour un moment manomayakosha (le revêtement fait de mental et d’émotion), la peur de la mort et de la séparation. Ces moments de dépression ont pu coexister avec de longues périodes de paix. L’impression qui reste de ces moments de paix, c’est une incroyable simplicité. Parce que, juste maintenant, c’est extrêmement simple. Il n’y a rien d’autre, rien d’autre… Et quand l’énergie est revenue, le mental est revenu en force ! Quand l’énergie est revenue manomayakosha (le revêtement fait de mental et d’émotion) a été à nouveau alimenté… par pranamayakosha (le revêtement fait d’énergie)…

    Cette période n’a pas duré très longtemps. Avec le recul je me dis : « N’en fais pas une affaire, cela a duré dix jours, le temps de l’aplasie, en fait », le temps que, de manière un peu miraculeuse, mes cellules souches, qui avaient séjourné au congélateur et qui m’ont été réinjectées, recolonisent la moelle osseuse. Le traitement que j’ai subi, bien que courant pour ce type de cancer, est un traitement un peu surréaliste, un peu high-tech… Très high-tech, en fait ! Mais ce que je garde de ce moment-là, c’est le fait que le niveau énergétique était tellement bas que, bien souvent, le mental ne pouvait plus fonctionner. Je vais peut-être un peu loin en disant cela, mais disons qu’il fonctionnait vraiment au ralenti… Et le souvenir que j’en ai, c’est que dans les moments les plus difficiles du point de vue médical, il ne fonctionnait pas du tout. L’important était là, juste maintenant.

    – Tu en parles avec une sorte de nostalgie… Est-ce que le fait d’avoir été privé de ces fonctions du mental t’a ouvert sur autre chose, une autre dimension ?

    – Le traitement s’est arrêté depuis trois mois et bien que j’aie encore de la morphine, je me suis demandé presque tous les jours : « Qu’est-ce qu’il te reste de ces semaines, de ces mois passés à l’hôpital ? » Il reste deux choses : d’abord, il y a ce que je viens de décrire, c’est-à-dire cette incroyable simplicité et le fait que la pratique, c’est quand j’arrête moi de me mêler de tout ça ! Quand je n’essaye plus de pratiquer, quand je lâche. Si j’essaye de pratiquer ce n’est pas encore la pratique. Là, je n’avais aucun mérite à être dans cet état puisque je n’avais pas d’énergie à disposition, c’était la bénédiction ; il n’y avait pas un ego pour penser qu’il fallait faire ceci ou ne pas faire cela, qu’il fallait pratiquer de telle manière… c’était fini tout ça ! La véritable pratique, c’est une détente absolue, un lâcher-prise… J’arrête de vouloir, j’arrête de prétendre. Fais de moi ce qu’il te plaira…

    – Le verbe « pratiquer » est un verbe d’action…

    – Oui. Mais c’est une manière de s’exprimer qui nous piège. Au début du chemin il faut bien mettre de l’énergie dans la pratique, mais la pratique à laquelle on est appelé est encore d’un autre ordre. Après l’expérience que j’ai vécue, cela ne pourra plus jamais être vraiment comme avant, parce qu’à ce moment-là, il était tellement évident qu’Alain ne peut rien ! Il ne peut rien ! Et s’il arrête de vouloir alors quelque chose apparaît !

    Et c’est la deuxième partie de la réponse à ta question : dans cette simplicité, que reste-t-il ? L’amour ! Rien d’autre ! Je ne me suis jamais senti autant aimé ! Par vous mes amis, par mes enfants, par Corinne, évidemment mais…  Tu dis que j’en parle avec nostalgie, c’est vrai, et j’espère que cette nostalgie je vais la garder parce que, quand on arrête de vouloir, quand on arrête de chercher, tout nous est donné sur un plateau ! La paix est là. J’utilise le mot « amour » mais c’est inséparable de la paix et aussi d’un sentiment de perfection.

    Quand j’étais à l’hôpital – ça c’est bien le vieux Alain ! – je me disais : « Mais comment des gens ont-ils pu dire que leur cancer était un cadeau, une bénédiction ? » Je ne pouvais pas le réaliser à ce moment-là… C’est maintenant, avec le recul, que je réalise que c’est une bénédiction et j’espère que la leçon a été apprise pour de bon… Cet amour est toujours là, cette lumière est toujours là, même si manomayakosha fonctionne à nouveau.

    Et ce terme d’identification qui revient tout au long du chapitre d’Arnaud sur les revêtements du Soi, ce mot a-t-il une résonance par rapport à l’expérience que tu as vécue ?

    – Oui, dans le sens où cette période « bénie » – je vais mettre des guillemets quand même ! – cette période bénie de l’aplasie a été une période de dés-identification. Alain, avec son désir de bien faire, avec son désir de bien pratiquer, son désir de bien vivre son cancer en disciple, cet Alain n’était plus là ! Il n’y avait plus rien de tout cela ! Cela avait volé en éclats, et donc la question est : comment y arriver sans cancer… J’aurais tendance à dire aujourd’hui que le cancer n’est évidemment pas indispensable mais il me paraît difficile de toucher cela sans une forme ou une autre d’épreuve…

    – Un choc…

    – Il faut qu’il y ait un choc, oui, il faut que les koshas soient secoués !

    – À propos de « secouer », peux-tu nous parler plus précisément du prélèvement des cellules souches ?

    – Ah oui, c’était très spécial. J’ai été branché pendant quatre heures sur une machine qui prélève et filtre la totalité du sang par vibration et centrifugation afin de récupérer les cellules souches, saines, qui sont ensuite stockées pour constituer un greffon. Le sang qui est secoué est, bien sûr, aussitôt réinjecté dans le corps, ce qui n’est pas sans conséquence.  Dans les dix jours qui ont suivi cette « cytaphérèse », chaque matin, pendant plusieurs heures, j’ai été confronté à une vraie tempête émotionnelle. Entre autre Corinne devenait « maman » et bien sûr elle pouvait me quitter, c’était très fort. Nous avons beaucoup pleuré tous les deux. De vraies séances de lying. J’avais l’impression que la machine avait vraiment « raclé le fond de la casserole ». Une amie médecin acupuncteur m’a expliqué qu’en médecine chinoise, on considère que le sang est la signature de la persona, du moi. Ce moi avait été violemment secoué (anamayakosha, pranamayakosha) et cette perturbation avait un effet direct sur le corps psychique (manomayakosha) qui, du fait de sa proximité avec les deux autres niveaux, se trouvait atteint lui aussi. Impressionnant ! Donc, oui, pour un choc c’était un choc.

    – Toute cette organisation bien ficelée a été mise sans dessus dessous…

    – Voilà, cette belle organisation, le corps … J’ai un rhume de temps en temps mais j’essaye d’être en bonne santé, je marche, je cours, je fais des randonnées, j’ai de l’énergie… Il faut qu’un jour cela soit mis en question. Alors peut-être cela a-t-il été particulièrement fort pour moi parce que je m’identifiais beaucoup au corps physique, je me suis construit là-dessus avec le sport, l’haltérophilie, le culturisme même… et le yoga aussi, plus tard ! Et là j’étais à des années-lumière de « oh ! je ne  suis pas très en forme, ce matin ! »… J’ai eu la chance de ne pas tomber dans le refus ou la révolte par rapport aux traitements…

    – C’est une chance ou c’est le fruit de la pratique de toutes ces années ?

    – Je pense que la pratique a joué, bien sûr. Corinne m’a aidé à accueillir toutes ces chimiothérapies comme un nectar bienfaisant et en particulier, quand on m’a injecté cette chimio dévastatrice qui a duré quarante-cinq minutes,  je me disais : « Laisse-toi faire… détends-toi… Et toi, la chimie, fais ton boulot ! »

    – Ce qui est le contraire de ton attitude habituelle par rapport à la santé…

    – J’étais le genre de personne à me demander si je pouvais prendre un deuxième paracétamol dans la journée pour une rage de dents ! (rires)

    – Donc, là, tu as été provoqué dans ce que tu avais de plus précieux ?

    – Oui, et donc dans mes peurs ; parce qu’une de mes grandes peurs était ce que j’appelais « l’engrenage médical ». Pour le coup, j’étais complètement dans cet engrenage où les effets secondaires d’un produit vont nécessiter la prise d’un autre produit qui aura lui aussi des effets secondaires qu’il faudra traiter… Je n’ai pas honte de dire maintenant qu’il m’arrive de penser que, si un jour un médecin me dit : « Les chiffres ne sont pas bons, il faut recommencer la chimio »… Oufff ! je ne sais pas comment je le vivrai… Mais là, durant cette année de traitements, il n’y a pas eu de révolte, pas une seule fois. Donc, oui, quand tu me demandais si le fait d’avoir pratiqué la méditation m’avait aidé ou si le fait d’avoir pratiqué tout court m’avait aidé… oui, bien sûr, cela m’a aidé !

    – Pas de la manière dont tu le pensais, mais cela t’a aidé…

    – Pas comme je pensais, non.

    – Un peu comme si la pratique de toutes ces années avait déposé un sédiment qui t’a permis d’accueillir l’expérience, presque à ton insu…

    – Oui, oui… Je disais à Corinne que les infirmières étaient vraiment merveilleuses avec moi, souriantes, bienveillantes. Et Corinne m’a fait remarquer que moi aussi j’avais le sourire ! Donc c’est exactement ce que tu viens de dire : la pratique m’a aidé mais pas là où je pensais qu’elle pourrait m’aider…

    – Et en même temps, c’est intéressant de voir que la vie vient nous chercher sur notre point le plus sensible avec une précision chirurgicale. Elle s’attaque à la clé de voûte de notre armure…

    – Tu parlais d’identification, il y a un souvenir qui me revient et que je n’oublierai jamais : c’est la première fois que je me suis revu dans un miroir… J’ai vraiment eu un choc ! On est tous amenés à vieillir mais, normalement, le vieillissement est un processus lent et graduel, ce qui fait qu’on a le temps de s’y faire, on s’y habitue… (rire) Mais là, en cinq mois, d’avril à août, le corps s’est complètement transformé. Alors, cela pouvait être une aide à la désidentification, parce que je ne connaissais pas ce personnage ! Je ne connaissais pas ce petit bonhomme voûté, très amaigri, la poitrine creuse, complètement tassé sur lui-même, gris… Je ne l’avais jamais vu ! Il m’est apparu d’un seul coup ! Et il m’a fallu du temps. C’était un exercice quotidien de le regarder et puis d’arriver à lui manifester de la tendresse, à l’accueillir, finalement à l’aimer, en l’état… C’était à la fois une aide à la dés-identification, et en même temps une preuve de la puissance de cette identification !

    À une époque de ma vie, j’ai tellement répété comme un mantra : « Je ne suis pas ce corps, je ne suis pas ce mental, je suis le Soi éternel, shivoham, shivoham… », mais là, ce que le miroir me renvoyait ce n’était pas de la théorie ! C’était dur, et il m’a fallu presque six mois pour réaliser que tout ça était un cadeau, vraiment un cadeau, le cadeau de la simplicité, le cadeau de l’amour. J’ai senti tellement, tellement d’amour !

    Auto-portrait du 23 mars 2017

     

  • L’alchimie des émotions (conférence)

    En attendant la prochaine Lettre de La Bertais qui, dans une quinzaine de jours, vous donnera tous les détails concernant la venue de Christophe et Murielle Massin les 1er et 2 avril, voici déjà les informations concernant la conférence publique que nous organisons le vendredi soir 31 mars à Rennes, en partenariat avec le Centre Culturel Bouddhique de Rennes (CCBR) sur le thème de « l’alchimie des émotions« .

    Nous prévoyons une forte affluence et comme la salle est relativement petite (120 places maximum), nous avons décidé d’ouvrir une billetterie en ligne. De la sorte, nous saurons à l’avance si toutes les places sont vendues avant la conférence, et cela nous permettra d’avertir les retardataires pour leur éviter de trouver porte close le soir de l’événement.

    Si vous êtes intéressé(e), merci d’acheter dès à présent votre billet en ligne (un tarif réduit est prévu pour les membres des Amis de La Bertais). Pour info, le service de billetterie est assuré par HelloAsso, prestataire que vous connaissez déjà si vous avez cette année réglé votre cotisation en ligne. Dans le cas contraire, sachez que ce service est gratuit pour les organisateurs (nous en l’occurrence), mais que chaque utilisateur est invité à laisser un « pourboire » quand il effectue un achat de billet. Ce pourboire est facultatif. N’hésitez pas à modifier le montant automatique affiché et même à l’annuler si vous ne souhaitez pas, cette fois-ci, soutenir HelloAsso.

    Et si vous ne pouvez ou ne voulez assister à cette conférence, mais que vous souhaitez aider au succès de notre initiative, merci de la faire connaitre autour de vous soit en en téléchargeant et en faisant suivre le flyer, soit en indiquant à vos correspondants l’adresse de la page publique de l’événement.

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  • Vous avez dit « revenu universel » ?

    La première fois que j’ai entendu quelqu’un parler un peu sérieusement de ce concept, c’est quand Pascal et Elisabeth Tellier sont venus nous rendre visite à La Bertais en juin 2015. Pascal étant très engagé dans les mouvements alternatifs citoyens et écologiques, il m’a vanté les mérites de cette idée, qui jusqu’alors sonnait à mes oreilles comme une chose étrange et passablement loufoque, (payer des gens à ne rien « foutre », tout de même, de qui se moque-t-on!).

    En vrai militant, Pascal m’a d’abord raconté comment il a contribué à lancer avec succès sur Clermont-Ferrand (où il habite) une monnaie locale nommée la Doume. Moi qui jusque là ne comprenais pas l’intérêt de ce genre d’initiative, j’ai fini par entrevoir, grâce à ses explications détaillées, que cela était en effet une façon fort ingénieuse de contribuer à libérer l’économie locale de l’emprise hégémonique du système bancaire « mondialisé » qui, à n’en pas douter, est un aspect important de la « maladie du monde »…

    Et puis, fort de son premier succès, Pascal s’est risqué à tenter de m’intéresser au concept de Revenu Universel, dont il s’est dit, là aussi, un ardent défenseur… J’avoue que sur le coup  je n’ai pas tout compris ni surtout tout admis, tant ce concept allait, sans que je m’en rende compte, à contre-courant de mes propres préjugés implicites…

    Dernier round, il y a quelques semaines, mon fils ainé Christophe m’en remet une couche en me faisant lire un article qu’il venait d’écrire pour son nouveau blog politique dont je vous ai déjà entretenu ici. C’était un peu avant que le concept ne franchisse le mur des médias via la candidature de Benoit Hamon aux primaires de la gauche…

    Hé bien, comme nous allons tous entendre parler encore et encore de ce concept dans les semaines qui viennent, je ne saurais trop vous recommander la lecture de cette remarquable étude de Christophe, dont je vous reproduis ici l’entête. Si ça vous intéresse, cliquez sur l’image pour lire le texte directement sur  son nouveau site, baptisé « Politicoboy » !

    Attention, il s’agit d’une lecture « sérieuse » qui nécessite une bonne dizaine de minutes de tranquillité pour bien comprendre. Mais promis, à l’issue de votre lecture, vous vous sentirez  sinon « beaucoup plus intelligent » du moins capable de repérer sans difficulté les inepties démagogiques des médias « main stream »…

  • Interlude maritime

    A chacun ses marottes. En ce qui me concerne, je suis, depuis mon adolescence, un amoureux de la mer et de la navigation à voile (que j’ai pratiquée à toute petite échelle), et à ce titre, j’ai un faible pour les courses au large. C’est ainsi qu’en novembre 2014, j’avais eu à coeur de partager ici même avec vous les magnifiques images du départ de la Route du Rhum que j’avais couplées avec notre défi de l’époque (cf. « j’arrête de râler »). Alors aujourd’hui, permettez moi de vous offrir ce magnifique reportage sur l’arrivée du Vendée Globe et sur l’exploit magnifique d’Armel Le cleac’h, le skipper de « Banque Populaire ».

    Il s’agit de la vidéo intégrale de la dernière heure de course. Donc, vous n’être évidemment pas obligé de tout regarder (pour les non-spécialistes, il y a évidemment des longueurs). Aussi voici quelques suggestions pour une version courte :

    1. Lancez la vidéo en mode plein écran et en réglant la qualité de l’imagesur la résolution maximale supportée par votre ordinateur (réglages en bas à droite de la vidéo). Puis, laissez-vous imprégner par la magie du spectacle aussi longtemps qu’il vous touchera (3 à 5 minutes par exemple)
    2. Rendez-vous ensuite à la 51ème minute du reportage, ceci pour voir Armel franchir la ligne d’arrivée dans la baie des Sables d’Olonne
    3. Puis ne manquez sous aucun prétexte le début de l’interview du vainqueur et son craquage nerveux si émouvant : c’est à partir de 1h07.
    4. Après qu’il ait rendu à la mer un peu de son eau, vous pourrez quitter la vidéo, mais je souhaite que, comme moi, vous gardiez dans le coeur sa leçon de courage ainsi que l’appel de l’infini qui émane des images…


    J74 : L’arrivée du vainqueur : Armel Le Cléac’h… par VendeeGlobeTV

     

    PS : Pour les « voileux », vous pouvez aussi relire le beau reportage de Mireille sur l’édition de 2010 de la Route du Rhum

  • Fête du Yoga à Rennes…

    Il y a bientôt 15 ans, avec quelques collègues « profs de yoga », nous avons eu l’idée d’organiser pour nos élèves une animation commune que nous avons baptisé « la fête du yoga« .

    Lors de la première édition de 2002, nous étions 5 ou 6 professeurs regroupés au sein de l’association YogaRennes (créée pour l’occasion) et nous avions réuni environ 80 personnes un samedi après-midi, à qui nous avions, chacun à notre mesure et selon nos spécificités, fait découvrir tel ou tel aspect du Yoga, en théorie et en pratique. Gros succès auprès des participants qui nous ont demandé quasi unanimement de recommencer l’année suivante… Ce qui fut fait!

    Le 4 février prochain, c’est à la 14ème édition de cette Fête que nous vous convions.
    Le bébé a grandi et c’est à présent plus de 30 professeurs de Rennes et environs qui co-organisent l’évènement. Celui-ci aura lieu -pour la 3ème fois- dans le bâtiment principal de l’Université de Rennes-Beaulieu que nous louons (fort cher) pour l’occasion, afin de disposer d’un espace suffisant pour accueillir les 500 à 800 personnes attendues sur la journée. Nous disposerons ainsi de deux amphi de 350 places pour les conférences, le film et le concert et de 8 salles de cours (préalablement vidées de leurs mobilier) pour les ateliers pratiques…

    Coup d’oeil sur le programme :

    • En matinée : choix entre 7 ateliers de 2 heures et la projection du film  » les gardiens de la terre »
    • En après-midi : choix entre 21 ateliers d’1h15, deux conférences, une table ronde sur « la joie » (que j’aurai l’honneur d’animer) et une seconde projection du film « les gardiens de la terre ».
    • En soirée : concert de musique indienne avec Lav Sharma qui nous « promenera musicalement » à l’aide de son sitar et de son bansuri (flute indienne).
    • Toute la journée : un espace « méditation » sera disponible pour un temps d’intériorisation libre, avec quelques plages de méditations guidées…

    Pour la petite histoire, sachez encore que c’est moi qui ai eu la responsabilité de mettre sur pied les pages web de cet événement et le module (fort complexe) de billetterie en ligne. Et c’est Marie-Laure qui a été « embauchée » par YogaRennes pour gérer concrètement cette billetterie et tout le travail de secrétariat qui y est lié.
    Je vous invite donc à faire un tour sur ce site pour vous rendre mieux compte de la diversité et de l’intérêt des propositions, et puis, si ça vous tente, à vous inscrire en ligne pour tout ou partie du programme (sachant que c’est Marie-Laure qui, à l’autre bout du web, traitera concrètement votre inscription).

    La fête du Yoga, c’est par ici !

  • Si simple mais si exigeant !

    « Qu’est-ce qui est le plus fort en vous : le sentiment d’impuissance ou le sentiment que tout est changement?

    Diminuer l’un et faire grandir l’autre est l’essence de votre sâdhanâ ».

    Swâmi Prajnanpad

     

    Cette citation que je ne connaissais pas m’a littéralement scotché quand je l’ai lue dans le dernier numéro de la Lettre de Mangalam.

    Si simple et en même temps si exigeant.

    Nous sommes conditionnés à refuser tout ce qui nous dérange, c’est-à-dire les différences et les changements qui ne nous sont pas favorables. Et comme le réel est têtu,  il ne tient aucun compte de nos récriminations, tant et si bien que nous finissons régulièrement par nous retrouver profondément découragés, en proie à un sentiment d’impuissance.

    A en croire Swâmiji, il y a là un critère particulièrement fiable quant à notre progression : le remplacement de cette impression récurrente de défaite par celle, joyeuse, de participer au « festival de nouveauté » incessamment offert par le flot même de la Vie…

     

    changement

     

  • Dernier article de la saison 2015-2016 : le blog une orangerie virtuelle…

    Comme expliqué oralement à l’AG et par écrit dans la Lettre de La Bertais qui a suivi, l’abonnement au blog est désormais « annuel », ce qui veut dire que chacun des abonnés de la saison passée (2015-2016) doit faire la démarche de s’y réabonner s’il souhaite pouvoir continuer à consulter ce blog durant la saison 2016-2017.

    Concrètement, si vous lisez cet article c’est que vous êtes dans l’une des 3 situations suivantes.

    • Vous avez déjà renouvelé votre cotisation à l’association pour la saison 2016-2017 et vous avez aussi déjà effectué les démarches de renouvellement de votre abonnement aux services en ligne de l’association (demande d’accès au blog,  et éventuellement à la blog-letter hebdomadaire, et à la version électronique de la Lettre des Amis de la Bertais). Dans ce cas, les deux paragraphes suivants ne vous concernent pas et et vous pouvez passer directement à la lecture de la fin de mon article (qui concerne tout le monde).
    • Vous avez déjà renouvelé votre cotisation à l’association pour la saison 2016-2017. Mais vous n’avez pas encore effectué les démarches de renouvellement de votre abonnement aux services en ligne de l’association. Dans ce cas, cliquez dès à présent sur le lien suivant pour renouveler votre abonnement en précisant vos choix pour la saison en cours concernant l’envoi par mail de la Lettre des Amis de la Bertais ainsi que de la blog-letter hebdomadaire :
      ATTENTION, si vous n’effectuez pas cette démarche avant la fin de cette semaine, votre accès au blog sera suspendu à partir du vendredi 21 octobre…
    • Vous n’avez pas encore renouvelé votre cotisation à l’association pour la saison 2016-2017. Dans ce cas, si vous souhaitez continuer à pouvoir accéder à notre blog, merci de régler votre adhésion au plus vite, soit en ligne  en cliquant ICI   soit en renvoyant par la poste la demande d’adhésion présente à la dernière page de la Lettre des Amis de La Bertais, aussi téléchargeable ICI.

      Ceci fait cliquez ensuite sur le lien suivant pour renouveler aussi votre abonnement aux services en ligne en précisant vos choix pour la saison en cours concernant l’envoi par mail de la Lettre des Amis de la Bertais ainsi que de la blog-letter hebdomadaire :
      ATTENTION, si vous n’effectuez pas ces deux démarches avant la fin de cette semaine, votre accès au blog sera suspendu à partir du vendredi 21 octobre…

    blog-ordi

    Et à présent, permettez moi d’évoquer en quelques mots l’avenir de ce blog.

    Comme vous vous en êtes probablement rendu compte, l’équipe rédactionnelle a eu tendance à faire « peau de chagrin » au cours de la saison écoulée et il n’y a plus guère actuellement, en plus de moi-même, que quatre ou cinq contributeurs réguliers.  Pour le fun, je me suis amusé à établir le « podium » suivant (depuis le début du blog en octobre 2007)

       Georges (champion toute catégorie) 185 articles, soit près de deux articles par mois en moyenne
    mirelle Mireille (spécialiste des articles « décalés ») 121 articles, soit un peu plus d’un article par mois en moyenne
    noel Noël (principalement poète et photographe) 115 articles, soit un peu moins d’un article par mois en moyenne
    alain Alain (photographe, et plume multi-talent) 113 articles, soit un peu moins d’un article par mois en moyenne
    edmonde Edmonde (plume multi-talent) 80 articles, soit un peu plus d’un article tous les deux mois en moyenne

    Derrière ces cinq « piliers » de toujours, quelques personnes se sont jointes plus récemment à cette équipe et je les en remercie chaleureusement, je pense en particulier à Gireg (notre plus actif contributeur parmi la jeune génération), mais aussi à Joël ou à Frédéric (liste non exhaustive…).

    Au total, cette saison reste malgré tout nettement plus pauvre en nombre de rédacteurs. Et comme la tendance s’est accentuée les derniers mois, je me permets d’attirer votre attention sur cette situation qui me semble dommageable.

    Lors de la récente visite de Pascal et Karine Pourré et puisque, contrairement à Hauteville, nous n’avons pas « d’Orangerie » à La Bertais, j’ai été amené à me reposer la question de la place de la créativité à la Bertais.

    L’une des réponses qui m’est apparue est qu’à certains égards, notre blog joue ou du moins peut jouer un rôle similaire à celui de l’Orangerie d’Hauteville, à condition que cela soit bien compris de tous.

    Écrire un article pour le blog et l’illustrer soi-même, c’est faire œuvre de créativité de multiples façons qui toutes, peuvent servir de matériau pour la mise en pratique. Par exemple et pêle-mêle, il faut s’affronter aux quelques démons suivants :

    • est-ce que ce que je vais écrire va être suffisamment intéressant (personnage qui doute de sa valeur intrinsèque ou qui doute de sa capacité à s’exprimer correctement et qui craint en conséquence le  jugement d’autrui)
    • est-ce que je vais trouver des illustrations à la hauteur de mon propos -photos, vidéo etc- (personnage de l’anti-esthète ou de l’artiste refoulé)
    • est-ce que je vais savoir me dépatouiller avec l’aspect technique de cette rédaction (personnage du dépassé par la technique ou de l’anti geek)
    • est-ce que je vais avoir des commentaires à mon article et si oui, seront-ils assez élogieux (personnage du vaniteux…)

    J’en passe et des meilleures, mais sachez que grosso modo tous ceux qui à ce jour se sont risqués à un moment ou à un autre sur la scène de « l’orangerie virtuelle » qu’est notre blog se sont retrouvés peu ou prou confrontés avec ces personnages ou d’autres semblables. Et pour plusieurs d’entre eux, cela a été et est encore une véritable occasion de mise en pratique, ne serait-ce que par « l’action libératrice » que représente la publication effective d’un article !

     

    Alors à qui le tour, cette saison, d’occuper le devant de la scène ?

    blog-300x225

     

    Pour mémoire, si vous êtes membre actif de l’association, vous avez de ce simple fait le « droit »  d’être rédacteur à part entière du blog. Pour pouvoir exercer ce droit, laissez un commentaire ci dessous, de façon à ce que je vous donne un accès direct à la « salle de rédaction » du blog (l’interface qui permet d’écrire des brouillons d’articles et de les soumettre ensuite à Mireille et à moi-même pour publication).

    Si vous êtes membre sympathisant, vous ne pouvez pas en principe accéder au statut de rédacteur à part entière, mais vous pouvez néanmoins nous envoyer des propositions d’articles rédigés sous forme de document Word illustré que nous réviserons et publierons ensuite sous votre nom…

    Bien entendu vos articles devront s’harmoniser avec  ligne rédactionnelle du blog. Mais si vous jetez un oeil sur ses différentes rubriques, vous verrez qu’elles sont nombreuses et diverses et que vous avez donc à votre disposition un large éventail de thèmes et de sujets possible.

    Aller, je vous laisse le clavier car je brûle d’impatience de lire vos réactions à cet article…

  • Hauteur et profondeur !

    Pour bien commencer la semaine, je vous propose de prendre à la fois de la hauteur et de la profondeur quant à votre perception de la réalité et de vous-même.

    Conseil : Pour bien profiter de l’expérience, visionnez la vidéo en mode « plein écran »…

     

    Vous noterez au passage que La Bertais figure à sa juste place et échelle sur cette vidéo, ceci pour vous rappeler que nous vous y attendons samedi pour le chantier et dimanche pour l’Assemblée Générale (inscriptions auprès d’Alain au 06 41 66 67 59)  😛

    Et pour ceux et celles qui connaissent le petit film « les puissances de 10 » popularisé il y a quelques années par Douglas Harding, sachez que cette vidéo en est une sorte de version actualisée, qui tient compte des dernières avancées scientifiques et technologiques dans le choix et l’agencement des images…

  • AG d’Hauteville 2016 : une cuvée d’exception (3)

    Voici le 3ème et dernier opus consacré au partage de mes  impressions personnelles liées à la dernière assemblée générale des Amis de Hauteville.
    Et comme promis, cette fois je vais vous dire quelques mots de l’intervention de Colette Roumanoff du dimanche après-midi, avant de conclure en revenant sur l’une des prestations du « spectacle festif » du samedi soir…

    colette

    • Colette Roumanoff : D’après la lettre d’invitation officielle d’Emmanuel, Colette était présente à cette AG pour y parler de son dernier livre « Le bonheur plus fort que l’oubli » qui a déjà fait l’objet d’un article sur ce blog . Moi-même j’avais assisté à la conférence que Colette avait fait à Rennes sur ce livre en mars dernier et si j’avais apprécié l’énergie extrêmement positive qui émanait d’elle (alors même qu’elle venait de perdre Daniel), j’avais été un peu déçu par sa prestation. En fait de conférence, après avoir montré la vidéo d’une interview télévisée assez touchante, elle s’était surtout contentée de répondre aux questions de l’auditoire sur l’art et la manière d’accompagner au quotidien une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Directement inspirées par son expérience personnelle, ses réponses étaient très pertinentes et ont probablement aidé les  personnes de l’auditoire qui avaient elles-mêmes une situation analogue à gérer ; mais elles avaient aussi un caractère assez anecdotique, qui m’ont donné l’impression d’assister davantage à une session d’entraide pour accompagnants d’Alzheimer qu’à une conférence proprement dite. Et quand Gérard Bellebon (l’organisateur de la conférence) a tenté d’élever le débat en posant une question à Colette sur le lien entre son livre et l’enseignement de Swâmi Prajnânpad, celle-ci a « noyé le poisson », refusant net de s’engager sur ce terrain…
      Tout cela pour dire que j’avais quelque appréhension à l’orée de cette dernière intervention car je craignais de devoir ré-entendre une enfilade de petites anecdotes sur la fin de vie de Daniel, certes touchantes en elles-mêmes, mais sans lien suffisamment explicite à mon goût avec le Chemin.
      Mais non, mon mental a encore eu tout faux, car, après avoir entendu le témoignage des intervenants de la veille (Murielle et Michel), Colette a eu l’intuition durant la nuit qu’il fallait plutôt qu’elle nous parle de son expérience de la relation à Swâmiji. Elle s’est donc relevée et a fait un petit inventaire écrit de ses souvenirs les plus frappants concernant « le maître de notre maître ». Et c’est avec ses notes manuscrites à portée de main qu’elle a démarré son intervention du dimanche dont le style était donc le même (des souvenirs et anecdotes livrés en vrac), mais dont le contenu était, du coup, éminemment en accord tant avec mes attentes que celles de son auditoire du jour.
      L’exercice a été d’autant plus apprécié qu’elle a commencé son propos en disant qu’avant tout elle souhaitait qu’on passe un bon moment ensemble et qu’elle projetait de nous faire rire car, a-t-elle dit, « le rire est un premier pas sur le chemin du bonheur« . Par parenthèse, si vous vous posiez des questions sur l’origine du talent d’humoriste d’Anne Roumanoff, ne cherchez plus : Colette a su nous faire rire de nombreuses fois, y compris quand elle évoquait des souvenirs graves voire douloureux comme ceux ayant trait à ses propres lyings!
      Ceux ou celles d’entre vous qui ont eu la chance d’entendre Colette intervenir à La Bertais en 2008 ont une petite idée de la teneur de ses propos car elle a repris certaines choses qu’elle nous avait alors confiées, comme le fait du contresens que représente la célèbre photo due à Frédéric Le Boyer et reproduite ci-dessous.prajnanpad-recupUne fois de plus, Colette s’est insurgée contre cette photo qui laisse penser que Swâmiji aimait à se situer physiquement au dessus des personnes qu’il recevait en entretien alors qu’au contraire il prenait grand soin, avec ses disciples, de toujours s’assoir sur le même niveau qu’eux, de façon à rendre la relation aussi naturelle et aisée que possible (pour la petite histoire, le personnage sur la photo n’était pas un disciple régulier mais un visiteur occasionnel que, ce jour là, Swâmiji n’avait pas pu recevoir dans sa case car celle-ci était en train d’être nettoyée, ce qui explique qu’on avait aménagé à l’extérieur et de façon toute provisoire l’aire de réception ainsi photographiée).
      Après cette première mise au point, Colette nous a raconté par le détail ses premières rencontres avec Swâmiji et la façon quelque peu abrupte dont, pour elle, le travail de lying a débuté. Depuis toujours, elle gardait en mémoire le souvenir culpabilisant d’avoir martyrisé sans raison apparente une petite orpheline qui fréquentait la même école qu’elle. Plus tard et malgré ses efforts, elle n’avait jamais compris pourquoi cette petite fille inoffensive lui avait inspiré un tel rejet et une telle cruauté. S’ouvrant à Swâmiji de son interrogation récurrente à cet égard, celui-ci lui demande alors avec insistance de regarder « les yeux de cette orpheline« . Colette s’y essaye mais n’y arrive pas (elle revoit bien la forme de la petite fille, mais pas son visage). Avec douceur et fermeté, Swâmiji insiste. Colette essaye encore et après quelques tentatives parvient tout à coup à retrouver le visage puis le regard de sa souffre-douleur. Elle se retrouve alors brusquement remise en contact avec la « bombe émotionnelle » qui était contenue dans ce souvenir et fond littéralement en larmes dans le giron de Swâmiji. Cette orpheline avait dans le regard une immense tristesse liée à son manque de mère et c’est ce qui la rendait si insupportable à Colette car, bien qu’ayant physiquement une maman, elle était alors elle-même totalement rejetée psychologiquement par sa mère…
      Je n’en dis pas plus, car il y a quelques années, Colette a très bellement rendu compte de tout cela dans un petit livre très touchant qui s’appelle justement « les yeux de l’orpheline » et dont je vous recommande chaudement la lecture (il est dans la bibliothèque de La Bertais)…yeux_orpheline

      Ce serait trop long de reprendre plus avant les nombreuses autres anecdotes dont elle nous a « régalés », mais je veux encore dire qu’au total, cela a dressé un portrait très vivant et très original de Swâmiji en nous donnant à sentir combien celui-ci personnalisait son enseignement . A Murielle, il parlait le Murielle et à Colette il parlait le Colette. Tout le contraire de l’idée que les livres peuvent donner d’un enseignement préconçu d’avance et quelque peu figé dans sa pédagogie. Comme pour le précieux témoignage de Murielle, je ne doute pas que la plupart des propos de Colette figureront dans la prochaine Lettre d’Hauteville, vous permettant ainsi d’approfondir cette vision renouvelée de Swâmiji dont nous avons pu bénéficier à l’occasion de cette AG.  😛
      Avant de conclure sur Colette et pour faire transition, sachez aussi qu’il y a eu une sorte de fil conducteur entre Murielle, Michel et Colette : dans l’évocation de leur enfance respective, tous les trois en effet ont fait état de difficultés importantes rencontrées dans leur parcours scolaire et des traumatismes qu’ils en ont gardés. Comme un fait exprès, au programme du samedi soir il y avait… les Pink floyd et leur fameux « the wall » !

     

    • Un second aperçu musical du spectacle festif du samedi soir (pour revoir le 1er, cf. lien en bas d’article)
      Comme presque tout le monde, je connaissais ce grand classique rock des années 1979, mais d’une part, je n’avais jamais pris le temps de décrypter ses « lyrics », et d’autre part, sachez que le passage des chœurs  chanté par les enfants d’Hauteville (ceux de Thierry et d’Emmanuel entre autres…), ainsi que le solo de guitare électrique exécuté par Pascal valaient vraiment le détour !
      Ceci dit, maintenant que j’ai tenté de traduire pour vous les paroles (cf. ci-dessous), je trouve que cette contestation radicale du rôle de l’enseignement et de l’enseignant reprise à Hauteville ne manque pas de piquant : vade retro satanas!

    We don’t need no education // Nous n’avons pas besoin d’éducation

    We don’t need no thought control // Nous n’avons pas besoin de conditionnent de pensée

    No dark sarcasm in the classroom // Assez de vos funestes sarcasmes en classe

    Teacher, leave them kids alone // Professeur, laissez ces enfants tranquilles

    Hey, teacher, leave the kids alone // Hey professeur, laissez les enfants tranquilles

    All in all it’s just another brick in the wall // Tout compte fait (l’école) c’est seulement une brique de plus du mur (intérieur)

    All in all you’re just another brick in the wall // Tout compte fait (toi le prof) tu es seulement une  brique de plus du mur (intérieur)
    (BIS)
    ……..
    Faux! Fais le encore !
    Si tu ne manges pas ta viande, tu seras privé de pudding.
    Comment pourrais-tu avoir du pudding si tu ne manges pas ta viande ?
    Vous! Oui, vous derrière l’abri à vélos, ne bougez plus mademoiselle!
    ……….
    Vous avez raté les deux précédents articles consacrés à cette AG d’Hauteville, pas de panique : ils sont à porter de clic
    • Article n°1 (Murielle Massin, Michel Fromaget et un 1er extrait du spectacle festif)
    • Article n°2 (AG statutaire et Bernard Besret)

     

  • AG d’Hauteville 2016 : une cuvée d’exception (2)

    Au programme de ce deuxième opus, un bref retour sur l’AG statutaire du dimanche matin, plus un compte rendu de l’intervention de Bernard Besret qui a eu lieu à suivre, en fin de matinée. Etant donné tout ce que j’ai à dire sur ce troisième intervenant, je reporte à un dernier article mon compte rendu de l’intervention de Colette Roumanoff qui a eu lieu au début de l’après midi… Idem quant à mon projet de bloguer une seconde prestation du spectacle du samedi soir : il vous faudra encore un peu de patience pour l’entendre !

    DSC09183

    • L’ Assemblée Générale du dimanche matin : en quelques mots, elle nous aura permis d’apprendre que globalement l’association des Amis de Hauteville se porte bien. Après la diminution relativement importante du nombre des adhérents dans les deux premières années qui ont suivi le décès d’Arnaud, les choses ont commencé à se stabiliser en 2014, et 2015 a vu le nombre d’adhérents rester quasi stationnaire (-1%, si ma mémoire est bonne), alors que les 6 premiers mois de 2016 indiquent une nette reprise de la fréquentation. Selon toute vraisemblance, le point le plus bas est désormais derrière nous et Hauteville est entré de plain pied dans sa seconde vie d’après Arnaud…
      Pour preuve le fait que, du point de vue financier, l’exercice se termine cette année encore sur un bénéfice relativement conséquent (de l’ordre de 40.000€, si de nouveau ma mémoire ne me fait pas défaut), ce qui a permis en 2016 de ré-augmenter le salaire des permanents, (salaire qui, avec l’accord des intéressés,  avait été baissé en 2012, suite au déficit important alors constaté).
      Pour preuve encore les divers travaux qui ont repris en 2016 visant à poursuivre l’embellissement des lieux (entre autres, la rénovation très réussie des façades du bâtiment principal de la cour intérieure…).
      Pour preuve enfin, la diversification retrouvée des propositions d’animation pour la saison en cours, comme par exemple la relance des séjours pour adolescents…
      Bon, souvenez-vous que ce compte-rendu n’a absolument rien d’officiel et que le mieux que vous ayez à faire si vous voulez être correctement informé est de demander à lire le rapport moral du Président lors de votre prochain séjour à Hauteville 👿

    ————————–

    bernard_Besret

    • Bernard Besret : j’étais particulièrement touché par la présence de cet homme à Hauteville car ceux qui connaissent un peu le début de mon cheminement savent qu’au sortir de l’adolescence, ma quête intérieure (ainsi que celle d’Anne-Marie) a commencé entre autres à l’Abbaye de Boquen et qu’il s’en est donc fallu de peu que le jeune et ô combien  charismatique prieur de cette abbaye bretonne (située  Plénée-Jugon, près de Lamballe) ne devienne sinon mon premier maître, du moins mon premier mentor. En fait, le destin a voulu que je sois un peu trop jeune pour être pleinement associé à l’aventure de Boquen (contrairement à Marie-Annick Saudrais à qui j’en profite pour adresser ici un clin d’oeil complice!). Quand j’y ai fait mon premier séjour (1969-1970 ?), l’Eglise officielle avait déjà bien entamé ses manœuvres d’intimidation et de déstabilisation du jeune prieur et Don Bernard, comme on l’appelait alors,  venait d’être destitué de ses fonctions! Il était encore sur place comme simple moine et livrait courageusement ses derniers combats, mais ceux-ci allaient s’avérer bientôt son chant du cygne… Je garde pourtant dans les yeux et le coeur le souvenir des plus belles liturgies auxquelles il m’ait été donné de participer : entre autres celle d’une magnifique célébration pascale durant laquelle un grand feu de joie avait été allumé au coeur même de la belle abbatiale  ! Et puis, comment ne pas me souvenir que c’est aussi à Boquen, que, quelques années plus tard,  j’ai suivi mon premier « séminaire » officiel de yoga !

     

    boquen

    En même temps, connaissant un peu le parcours de cet homme hors norme, qui, après avoir été l’un des principaux théologiens français à avoir pris part au Concile de Vatican II, a été « descendu en flammes » par ses paires pour ses positions par trop avant-gardistes, puis acculé à quitter l’état monastique – ce qui l’a conduit à une période de grave dépression-, et sachant combien désormais il est critique vis-à-vis de toutes les institutions religieuses -de quelque confession qu’elles soient- (on le serait à moins), j’étais quelque peu inquiet de ce que son intervention nous réservait.
    Pour ne rien arranger, Anne-Marie et moi avions déjeuné à sa table le samedi midi et il nous avait dit, sans rire, qu’il avait l’impression d’avoir été invité à Hauteville sur la base d’un malentendu et qu’en conséquence il n’avait aucune idée de ce dont il allait bien pouvoir nous parler! Connaissant son caractère imprévisible et son gout pour la provoc, je redoutais donc le pire ! Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Eh bien, sachez que durant notre conversation du midi, il m’a rappelé par exemple qu’au plus fort de la crise qui l’a opposé à la hiérarchie catholique, il n’avait rien trouvé de mieux à faire que de présenter sa candidature à l’élection pontificale de 1978. Évidemment, cette candidature était totalement contraire à la procédure institutionnelle, mais comme la presse internationale en avait eu vent, la chose avait fini par fait grand bruit, d’abord à Rome même, où Bernard résidait temporairement, puis dans toute la chrétienté où ses conceptions « révolutionnaires » en matière de papauté ont donné à quelques-uns des raisons d’espérer et, à beaucoup d’autres, un sujet d’inquiétude et d’indignation!  Toute comparaison gardée, c’était à peu près aussi « gros » et aussi « osé » que la candidature, trois ans plus tard, de Coluche à l’élection présidentielle française de 1981!

    Bien qu’aujourd’hui quelque peu diminué physiquement par l’âge (81 ans), Bernard m’avait convaincu, au cours de notre échange du midi – concernant entre autres le Pape actuel – qu’il n’avait rien perdu de sa « combativité évangélique » et que nos mentalités de « bons disciples hauteviliens béni-oui-oui » risquaient d’en entendre pour leur grade !

    Eh bien, non : mon mental, une fois de plus, a eu tout faux (ou presque). Bernard a en effet introduit son propos par un partage extrêmement émouvant du texte qui a été au départ de sa quête monastique et qui, ô surprise, n’est autre que le célèbre passage de la Chandogya Upanishad se terminant par « et toi aussi tu es CELA« . Bernard était encore adolescent quand cet enseignement upanishadique est venu jusqu’à lui à travers  le livre d’Aldous Huxley « La philosophie éternelle » et c’est alors devenu pour lui une véritable obsession : plus que tout, il voulait goûter à CELA. Venant d’une famille bretonne résolument anti-cléricale, il n’avait à la base aucune culture chrétienne et, sans les limites propres aux années 50, il se serait probablement vite retrouvé en Inde ! C’est finalement auprès d’un moine atypique (comme lui), qu’il a cru trouver sa propre voie : le père Don Alexis Presse, ermite cistercien qui s’était installé sur les ruines de l’Abbaye de Boquen, moine-prieur dont il deviendra le novice, puis qui, sur son lit de mort, le désignera comme son successeur à la tête de l’abbaye rénovée ! Le reste de son parcours est assez bien connu (si tel n’est pas votre cas, n’hésitez pas à écouter le bel interview dont je donne le lien ci-dessous). Mais de savoir que sa vocation reposait initialement sur « l’appel du Soi » ressenti au contact de la Chandogya Upanishad m’a beaucoup touché et m’a permis de remettre en perspective ses autres propos, en effet, à certains moments, un peu plus abrupts. Un seul exemple, cette déclaration qu’il a faite en entrée de jeu : « Je ne suis plus chrétien, et je ne me reconnais pas non plus d’autre appartenance religieuse -même pas au taoïsme qui inspire pourtant désormais beaucoup ma démarche au quotidien-, je me contente d’être moi-même. » Finalement, un programme bien plus « swâmijien » qu’on ne pourrait le croire…

    Bernard a aussi évoqué avec humour ses quelques rencontres avec Arnaud. La première, au congrès international de Yoga de Zinal, ne s’était pas très bien passée car Arnaud, alors encore dans une phase « prosélyte », n’avait rien trouvé de mieux que de conseiller à Bernard, qui émergeait à peine de son combat contre l’étouffoir de la hiérarchie catholique, de trouver au plus vite un maitre ! Quelques années plus tard, Arnaud et Bernard ont participé ensemble à Lille à un autre grand congrès de Yoga et, cette fois-là, leur rencontre s’est faite à un tout autre niveau, ce qui fait que par la suite Arnaud n’a pas hésité à inviter Bernard aux festivités de ses 80 ans…

    Bon, en voilà assez pour aujourd’hui, le reste, vous pourrez le lire dans la prochaine Lettre d’Hauteville  😛
    Mais en attendant, et si le coeur vous en dit, n’hésitez pas à écouter l’interview enregistré ci-dessous. Il date d’une quinzaine d’années, mais selon moi, il n’a pas pris une ride…

  • AG d’Hauteville 2016 : une cuvée d’exception (1)

    Cette nouvelle Assemblée Générale des Amis d’Hauteville a eu lieu sous les auspices peu favorables des grèves SNCF qui ont passablement compliqué la tâche de ceux et celles d’entre nous qui avaient prévu de se rendre sur place… Malgré cela, il y avait tout de même une belle « brochette » de Bertaisiens et Bertaisiennes sur place qui, très probablement, ne regretteront pas les aléas et complications auxquels ils ont dû faire face, tant pour aller que pour revenir…

    Bien entendu, la prochaine Lettre d’Hauteville fera une large place aux comptes rendus détaillés des propos des quatre intervenants, et cet article n’a donc pas d’autre prétention que de vous donner, en avant première, quelques échos tout à fait subjectifs de ce qui s’est dit durant ce beau week-end. Etant donné la richesse de la matière, je l’ai finalement scindé en deux. Voici donc tout d’abord un aperçu de la journée de samedi…

    • La première à intervenir était Murielle Massin, fille ainée d’Arnaud et de Denise et « grande soeur » d’Emmanuel. Avec son mari Christophe, Murielle est venue par deux fois à La Bertais où la photo ci-dessous a été prise (en février  2012).

    murielle

    Mis à part ceux d’entre vous qui étaient présent à La Bertais à cette occasion, peu de personnes, même à Hauteville, ont eu l’occasion d’entendre parler Murielle et en particulier de l’entendre témoigner de son parcours de vie en tant que fille d’Arnaud. C’est à cette belle tâche qu’elle s’est donc employée en ouverture du week-end, nous livrant d’abord ses impressions d’enfant sur un papa assez distant et que l’existence concrète rendait facilement anxieux, entre autres en ce qui concernait sa situation financière et sa santé.
    Elle s’est livrée aussi à nous concernant certains des traumatismes d’enfance qui ont été les siens, entre autres ceux liés aux nombreux voyages de ses parents qui l’ont conduite à se vivre plusieurs fois comme « abandonnée », et au choc majeur de sa vie de jeune mère, le jour où elle a retrouvé son second bébé mort dans son berceau…
    Puis elle nous a fait part de la naissance de son intérêt pour la voie et du changement d’Arnaud dont, devenue jeune adulte, elle a été témoin en fréquentant le Bost et en le voyant  y gérer avec sérénité des problèmes et des situations qu’elle savait d’expérience être capables, quelques années plus tôt, de le déstabiliser plus ou moins gravement.
    Un témoignage sobre où elle n’a pas cherché à « ménager » l’image d’Arnaud, mais nous a révélé sans complaisance ses failles et difficultés initiales d’être humain « normal », tout en nous permettant de mieux nous rendre compte  du chemin parcouru et donc des espoirs que nous pouvons tous et toutes mettre dans la Voie, pourvu que nous nous y engagions avec le même sérieux et la même détermination…

    En final, Murielle nous a fait le cadeau de nous livrer ses quelques souvenirs de Swâmiji et en particulier celui du contexte et de la vraie portée de la fameuse question qu’elle lui a posée alors qu’elle n’était encore qu’une petite fille :
    – « Swâmiji, avez-vous des pouvoirs miraculeux ? »
    Nous connaissons tous la réponse -consignée dans un des livres d’Arnaud- : « infinite love and infinite patience« . Mais ce dont nous ne nous doutions pas, c’est combien cette réponse était « personnalisée » et combien elle allait pouvoir devenir, pour Murielle, une sorte de programme de vie, elle qui s’est longtemps définie comme « l’impatience incarnée » et qui, très jeune, a vu sa capacité à aimer restreinte par une sorte de méfiance systématique liée à ses traumatismes d’abandon. Mais je m’en veux un peu de parler de cet aspect de son témoignage ici, car je suis évidemment maladroit pour rendre la profondeur de son propos sur ce point et je vous encourage donc à lire directement ses paroles telles qu’elles seront  rapportées dans la prochaine Lettre d’Hauteville

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    • Quant au second intervenant (celui du samedi après midi), mon compte rendu le concernant sera plus bref, puisqu’en tant que fidèle lecteur de ce  blog, vous êtes déjà familier de son propos. Michel Fromaget était en effet l’un des hôtes de marque de cette assemblée générale, car Emmanuel avait apprécié le retour que nous lui avions fait de sa venue à La Bertais et du coup il a eu envie de faire bénéficier les Amis d’Hauteville de cet apport inhabituel concernant le Christianisme.

    Sans surprise, Michel s’est brillamment acquitté de sa tâche, non sans « mouiller sa chemise » d’une façon qui ne lui est pas habituelle, en acceptant de partager tout d’abord les moments les plus significatifs de sa propre quête personnelle.  Là encore, vous retrouverez probablement de quoi étancher votre curiosité dans la prochaine Lettre d’Hauteville. Quant au fond, vous en saurez beaucoup plus sur l’anthropologie tripartite du christianisme originel en relisant les articles liés à sa récente venue à La Bertais que par ce qu’il a pu en dire à Hauteville, puisqu’il n’y disposait qu’une d’une heure pour présenter des notions dont il a pu nours entretenir à La Bertais pendant près de 10 heures !

     

    michel

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    • Un mot sur la soirée festive de type « Orangerie », qui, comme le savent ceux qui ont déjà participé à l’AG d’Hauteville, est très souvent un moment particulièrement fort où, sous la houlette du « chef d’orchestre » Pascal Pourré, se conjuguent tous azimuts les talents artistiques les plus divers. Cette année, le spectacle était particulièrement varié et émouvant à la fois de beauté et d’humour. Je ne suis pas très « bon » dans ce domaine et suis donc bien incapable de rendre compte, de mémoire, de la succession des prestations, mais à minima, je veux partager avec vous les deux qui sont les plus facile à bloguer.

    La première est l’interprétation magistrale par Pascal et une adhérente du sketch de Chevalier et Laspalès dont faute de mieux (!) j’ai retrouvé une vidéo. Véritable tour de force mnémonique, nos deux amis avaient appris par coeur l’ensemble de ce texte pourtant particulièrement difficile et ils l’ont joué avec un naturel confondant, Pascal concluant en disant que selon lui, c’était une belle métaphore du chemin : jugez plutôt !


    Quant à  la seconde prestation, si vous insistez beaucoup, je la bloguerai la prochaine fois ! 😛

  • Nouveau look pour notre site

    J’avais eu beau en parler à plusieurs reprises à « qui de droit », en pratique rien ne se passait depuis plusieurs mois… Et puis, le printemps aidant, voilà que Benoit (le Grand Architecte de notre site/blog) s’est trouvé une nouvelle énergie et qu’il s’est enfin mis à la tâche. Quelle tâche me demandez-vous déjà : et bien tout simplement celle d’une refonte de notre site pour sa mise à niveau avec les standards actuel du Web.

    Pourtant tout semblait bien fonctionner me direz-vous naïvement? Tout oui, à condition de bien prendre soin de le consulter à partir d’un ordinateur doté d’un écran large. Car la principale limitation technique de notre site était sa « non adaptivité » ou en jargon informatique le fait qu’il n’était pas « responsive ». Ce qui veut dire que l’affichage des pages se faisait très mal sur les smartphones, les tablettes ou les ordinateurs de poche. Or les statistiques sont formelles : vous êtes de plus en plus nombreux (et nombreuses) à vous connecter à notre blog par ce type de terminal.

    Mais si, sur le papier c’est assez simple de « rendre un site adaptatif » au type de terminal qui le consulte, dans les faits il s’est avéré très compliqué d’améliorer sur ce point l’ancien habillage du site. Benoit a donc fini par convenir que le plus simple (!) était encore de tout reprendre à zéro (concernant l’affichage uniquement, car heureusement cet aspect est indépendant du « moteur » qui, lui, est parfaitement à jour).

    Comme vous pouvez le voir, il vient de terminer son travail. Vous avez donc sous les yeux le nouveau look de notre site et, si vous lisez ces lignes sur un écran d’ordinateur, pour vous rendre compte de son aspect « adaptatif » il vous suffit de faire varier la largeur de votre fenêtre. Vous verrez alors que le site se mettra automatiquement en une seule colonne (format smartphone) dès que la zone d’affichage sera suffisamment étroite et repassera en mode « deux colonnes » dès que vous élargirez votre fenêtre. Magique !!!

    ecranlarge

     

     

     

    ecran-smartphone

     

    Seul bémol : en faisant ce relookage, Benoit a dû retoucher de nombreuses fonctionnalités qui n’étaient pas compatibles avec cette « adaptativité ». Or c’est toujours très long de se rendre compte de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas quand on touche ainsi à des modules déjà installés.

    Par exemple, il a dû supprimer l’ancienne zone de saisie des identifiant et mot de passe et la remplacer par une petite icone en forme de personnage qui s’affiche en haut à gauche de votre écran et qui vous indique l’état de votre connexion (connecté ou déconnecté). C’est en passant dessus que vous ferez apparaitre le formulaire de saisie de votre identifiant et mot de passe!

    personnage zone_saisie

    Mais il se peut que dans certains environnements (=avec certains navigateurs anciens), cette icone n’apparaisse pas et qu’il vous faille tatonner avec votre souris pour faire surgir du néant le formulaire de connexion !

    Les menus situés dans la barre latérale ont dû, eux aussi subir un lifting et sur les smartphones et tablettes ils sont désormais bien plus accessibles (grâce à l’icone qui s’affiche à gauche du petit personnage). Mais il se peut que certaines fonctionnalités nichées dans ce menu latéral aient disparues pour certains utilisateurs (en fonction du navigateur utilisé par exemple).

    Bref, cette semaine est une semaine de TEST et je vous demande de laisser un commentaire à cet article chaque fois que vous rencontrerez un dysfonctionnement quelconque. Dans ce cas, merci à chaque fois de préciser si vous visionnez le site à partir :

    • d’un ordinateur classique
    • d’un smartphone
    • d’une tablette

    Vous seriez vraiment des anges si vous vous donniez aussi la peine de communiquer les informations techniques suivantes :

    • type d’ordinateur (mac ou pc),
    • système d’exploitation (Window XP ou Mac OS X.8 etc),
    • navigateur utilisé (Safari, Firefox, Chrome etc)

    ou pour les smartphones et les tablettes :

    • marque (Apple, Samsung etc)
    • type de système (IOS, Androïde etc).

    Je sais, je sais, il semble que nous soyons bien éloignés de la spiritualité avec cet article, mais s’il est vrai que « tout est interdépendant », peut-être qu’en répondant à cette demande de feedback, vous allez déclencher de proche en proche de grandes choses !!!