Astronomie pour les nuls*
*Cet article fait suite à un premier post que vous pouvez relire en cliquant ici
Pas moyen d’y couper : des notions minimales d’astronomie sont indispensables si on veut comprendre les éléments objectifs sur lesquels est fondée l’interprétation astrologique de l’état du ciel.
Ceci est tellement vrai qu’à l’origine -tant en Inde que dans les anciennes civilisations égyptiennes et grecques- les astrologues étaient tous d’abord des astronomes. Ils observaient le ciel avec régularité et méthode puis tentaient de faire des recoupements entre ce qui se passait dans le monde d’en haut (le ciel) et ce qui se passait dans le monde d’en bas (la terre).
Je vous propose que nous leur emboitions le pas et que nous commencions par contempler le ciel étoilé.
Rendez-vous la nuit, dehors, dans la nature et choisissez une zone dégagée, si possible éloignée des grandes agglomérations dont la réverbération lumineuse nuit à la qualité de l’observation.
Orientez-vous face au Sud. Vous aurez ainsi l’Est à votre gauche et l’Ouest à votre droite (faute de mieux, le bas de la cour de La Bertais peut assez bien faire l’affaire).
Passée la magie (toujours renouvelée) du spectacle du ciel étoilé, que pouvez-vous observer –à condition de rester en poste une petite heure par exemple- ?
La ronde céleste et ses axes de référence
Vous allez d’abord voir que la voute céleste semble tourner au dessus de votre tête de gauche à droite, dans un mouvement d’ensemble qui suit globalement celui de la course du soleil durant la journée.
A votre gauche se trouve le point que les astrologues appellent l’ascendant, c’est à dire la zone de l’horizon Est d’où émergent tour à tour toutes les étoiles et les planètes qui constituent le “zodiaque”.
A votre droite se trouve le point que les astrologues appellent le descendant, c’est à dire la zone de l’horizon Ouest où disparaissent tour à tour les étoiles et les planètes précédemment apparues à l’horizon Est.
Au-dessus de votre tête, se trouve le point de culmination du zodiaque que les astrologues appellent le “Milieu de ciel”.
Et sous vos pieds, caché par la terre qui vous porte, vous pouvez concevoir que se trouve un point remarquable, symétrique du précédent et qui représente le bas du zodiaque encore appelé “Fond du ciel”.
Ces quatre points remarquables, deux horizontaux et deux verticaux, sont les premiers repères nécessaires à toute observation astrologique. Ils servent en particulier de cadre de référence pour l’établissement de la carte du ciel dont je parlerai plus en détail dans un prochain article…

Mais outre les constellations stellaires qui semblent tourner lentement d’Est en Ouest, vous verrez aussi probablement à un moment ou un autre apparaitre la Lune dans ce ciel étoilé. Dès qu’elle sera visible, elle semblera elle aussi être entrainée dans le même mouvement de rotation allant d’Est en Ouest.
Et si vous savez différencier visuellement les principales planètes de notre système solaire, vous pourrez contempler, selon le jour et l’heure de votre observation, tel ou tel de ces astres (Vénus, Mars et Jupiter sont les plus faciles à repérer à l’œil nu).
Le mouvement d’ensemble de la voute céleste
Tous ces éléments, avec, durant la journée, le Soleil lui-même, semblent animés d’un même mouvement rotatif d’ensemble qui les fait se lever à l’Est, culminer au Midi et se coucher à l’Ouest selon une périodicité de 24 heures.
Vous l’aurez compris, ce premier mouvement apparent du ciel n’est que la projection sur la voute céleste du mouvement de rotation de la terre sur elle-même.
Le mouvement propre aux planètes
Mais si vous êtes patient, vous pourrez vous rendre compte qu’il existe aussi un second mouvement dans ce ciel qui affecte électivement certains de ses éléments : le soleil, la lune et les planètes avancent eux-mêmes selon une trajectoire identique mais dans le sens inverse, c’est-à-dire d’Ouest en Est. A vrai dire, ce mouvement est beaucoup plus lent que celui de la voute céleste dans son ensemble et pour le mettre en évidence directement, on ne peut s’appuyer visuellement que sur la lune.
Admettons qu’en début de nuit vous observiez un “lever de lune” (à l’horizon Est donc) et que vous notiez la position de la lune par rapport au groupe d’étoiles qui se lève en arrière plan au même moment.
Admettons que vous observiez en fin de la même nuit le “coucher de lune” (à l’horizon Ouest donc). Vous constaterez que durant les heures séparant le lever du coucher, la lune a avancé par rapport au groupe d’étoiles qui vous avait servi initialement de référence. C’est comme si la lune luttait pour ne pas suivre le mouvement général du ciel d’Est en Ouest en se déplaçant à contre sens (d’Ouest en Est donc). Mais comme sa vitesse de déplacement est beaucoup plus faible que la vitesse du mouvement général, elle n’annule pas celui-ci mais l’atténue seulement un peu. Ce qui veut dire que la lune est la planète qui reste le plus longtemps visible au cours de la nuit, car du fait de son mouvement propre, elle se couche toujours environ 30 minutes après le groupe d’étoiles à laquelle elle était jointe lors de son lever…
Une fois que vous aurez été témoin oculaire de ce mouvement propre de la Lune, vous comprendrez aisément qu’il en va de même pour toutes les autres planètes. Simplement, la vitesse de déplacement de ces astres est beaucoup plus lente encore que celle de la Lune et il n’est donc pas possible de la constater à l’œil nu sur la durée d’une seule nuit. Par contre, si vous menez une observation régulière sur un temps plus long, vous pourrez constater que chaque planète se déplace bien, elle aussi, de l’Ouest vers l’Est à un rythme qui lui est propre et qui est lié à la durée de sa révolution autour du soleil.
Résumons-nous :
Entre l’horizon Est et l’horizon Ouest, deux mouvements de sens contraire sont repérables dans le ciel étoilé : celui qui affecte la totalité de la voute céleste (à l’exception notable de l’étoile polaire qui sert d’axe à cette rotation), et celui, inverse, du soleil, de la lune et des planètes.
L’écliptique et les constellations zodiacales
Troisième chose remarquable que vous pourrez observer : le déplacement des planètes d’Ouest en Est s’effectue toujours selon la même trajectoire, dans une sorte de couloir de circulation techniquement appelé “écliptique”.
Comme tout le reste du ciel, le fond de ce couloir de circulation est clairsemé d’étoiles qui, de tout temps, ont été utilisées comme repères pour déterminer le mouvement des planètes. Puisque ces étoiles sont fixes, on a pris l’habitude, pour les reconnaitre plus facilement, de les associer en constellations.
A noter qu’une constellation n’a pas de réalité astronomique : ce n’est que l’association fictive d’un groupe d’étoiles suffisamment proches les unes des autres pour qu’on puisse les relier par un trait imaginaire, de façon à obtenir une figure facile à mémoriser, qui aide au repérage visuel dans le ciel. Par exemple, la constellation de la Grande Ourse, est formée par la mise en relation de 18 étoiles qui (avec une bonne dose d’imagination), évoque la forme de l’ours.

On dénombre ainsi 88 constellations dans le ciel dont une douzaine d’entre elles se trouvent à l’arrière plan de l’écliptique (donc derrière la bande de circulation des planètes). Ces 12 constellations ainsi placées forment ensemble la succession des douze signes du zodiaque (Bélier, Taureau, Gémeaux…) grâce auxquels on peut à tout moment situer la position des planètes dans le ciel. A titre d’illustration, voici un schéma montant l’ensemble des 16 constellations qui se trouvent dans la proximité immédiate du couloir de circulation des planètes. Pour des raisons sur lesquels nous pourrons revenir ultérieurement si vous en exprimez le souhait, les astrologues ont pris l’habitude de ne retenir que 12 de ces 16 constellations pour localiser les planètes dans leur ronde céleste. A noter qu’il s’agit d’une vue à partir du ciel, car de la terre, on ne peut voir, à un moment quelconque, que 6 constellations à la fois au maximum (les autres étant cachées sous la ligne d’horizon).

Résumons-nous :
Le zodiaque est donc une autre façon de dénommer la bande du ciel dans laquelle, vus de la terre, semblent circuler d’Ouest en Est notre soleil, la lune et les planètes associées. Et les signes du zodiaque sont les regroupements d’étoiles ou constellations qui forment l’arrière plan fixe de cette bande de circulation et permettent de mesurer le déplacement des éléments mobiles le long de l’écliptique.
Ouf, vous savez l’essentiel pour comprendre ce qu’est une “carte du ciel”, objet de mon prochain article, si du moins vous m’incitez par vos commentaires à poursuivre cette petite initiation à Jyotisha…
Quoi qu’il en soit et pour clore cet article n°2, voici une belle image à « contempler » : c’est un photo-montage pris au printemps de l’année dernière où l’on voit, sur trois jours, le passage de la lune à proximité de la constellation du Lion (assez ressemblante). A cette date, Saturne se trouvait aussi devant la même constellation (logé « dans les pattes » du Lion). On peut en déduire que la conjonction de la Lune et de Saturne a eu lieu dans la nuit le 6 avril. La lune, championne de rapidité, a ensuite continué sa course vers la Vierge, alors que Saturne, la plus lente des planètes visibles à l’oeil nu, n’a quitté ce signe que 5 mois plus tard…
