Voilà un moment que je pense à rédiger un article sur un excellent documentaire d’Arte que j’ai vu il y a déjà quelque temps et dont j’ai parlé plusieurs fois au thé, lors des derniers séjours à La Bertais. A vrai dire, ces temps-ci j’ai visionné plusieurs films "remarquables", tournant autour des questions de société et d’écologie (cf. mon précédent post sur "l’argent dette" ), et je croule littéralement sous les projets d’articles…
Alors, voici le premier, consacré à la question de la fin du pétrole.
Et plutôt qu’un long discours, voici déjà un premier schéma tiré du documentaire, qui, si on s’y attarde un tant soit peu, ne peut pas ne pas produire un choc :

il résume en effet visuellement la place du pétrole dans l’histoire de l’humanité. Une période extrêmement brève à l’échelle de 10.000 ans de civilisation! Exploitée depuis la fin du XIXème siécle, cette ressource naturelle sans équivalent sera à coup sur épuisée avant la fin du XXIème siècle (probablement vers 2050). Une percée ridiculement étroite sur la ligne du temps, presque un accident de parcours dans l’histoire de l’humanité, qui n’aura concerné au plus qu’une demi-douzaine de générations d’humains. Avant elles, pas de pétrole, après elles plus de pétrole. Et au milieu (c’est-à-dire, en gros, depuis nos grands-parents jusqu’à nos petits-enfants), un gigantesque geyser énergétique aussi inespéré qu’éphémère, qui aura permis, par le biais de la révolution agricole et industrielle, de multiplier par six la population mondiale en l’espace d’un seul siècle, alors qu’il avait fallu précédemment 18 siècles pour la faire simplement doubler!
Pour comprendre ce pouvoir extraordinaire de "l’énergie pétrole", quelques chiffres particulièrement parlants issus du documentaire :
- Un baril de pétrole raffiné, c’est-à-dire environ 160 litres de carburant, offre autant d’énergie que 25.000 heures de travail manuel, soit l’équivalent de ce peuvent faire à mains nues 12 hommes durant une année complète !
- Dans les zones où l’exploitation est la plus aisée (comme en Irak), extraire un baril du sol coûte 1 dollar. En investissant 1 dollar, on obtient donc 25.000 heures de travail humain!
Conclusion du commentateur scientifique qui expose ces chiffres : "le pétrole est une énergie si dense, qu’elle est quasiment gratuite !" et encore "c’est sans doute la plus fantastique ressource naturelle jamais découverte" (…) "Le pétrole est notre dieu ; même ceux qui disent qu’ils vénèrent Allah, Jésus, ou Bouddha, vénèrent en fait le dieu-pétrole"!
- Les quelques générations d’humains privilégiés qui y ont eu accès ont donc pu réaliser, à très peu de frais, des prodiges en matière de développement économique et social. Deux siècles d’un âge d’or matériel où se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner et se déplacer est devenu à chaque génération de plus en plus facile et bon marché pour ceux qui avaient accès à la manne pétrolière…
Le seul "hic", bien sur, est que cette fantastique ressource est très mal répartie entre les pays et surtout entièrement "non-renouvelable".
Or, à en croire le documentaire, nous avons déjà atteint ce que les spécialistes appellent "the pic oil", c’est-à-dire le point de production maximale possible à partir duquel l’offre ne peut plus suivre la demande, faute de réserves disponibles suffisantes.
D’où l’augmentation rapide et inéluctable du prix du baril, qui année après année va devenir de plus en plus coûteux à produire, face à une demande de plus en plus insatiable.
D’où aussi toute une série de questions de fond touchant à l’avenir de la civilisation post-pétroleum.
Par exemple, faites ce petit test : regardez autour de vous et demandez-vous à quoi ressemblerait votre univers quotidien si on y retirait tout ce qui, de près ou de loin, contient des produits dérivés du pétrole.
Attention à ne pas prendre froid, car pour commencer vous allez perdre tous vos vêtements contenant des fibres synthétiques. Ensuite vous allez voir se volatiliser quantité d’objets familiers -de votre égouttoir à vaisselle à votre stylo-bille en passant par de nombreux meubles et par toutes vos moquettes et autres rideaux- et, plus surprenant, votre pharmacie elle-même va se vider plus sûrement que lors de votre dernier "grand nettoyage de printemps" !
Question plus grave : combien la Terre peut-elle nourrir d’habitants sans recours au pétrole ? Pour comprendre la réponse du documentaire, plutôt "dur à digérer", il faut se souvenir qu’outre les moteurs des engins agricoles, le haut rendement de l’agriculture contemporaine est entièrement conditionné par le recours massif aux engrais et aux pesticides issus des hydrocarbures! Sans pétrole (ou avec un pétrole 10 à 100 fois plus cher qu’aujourd’hui), les spécialistes interrogés dans le documentaire pensent que seul un à deux milliards d’êtres humains pourront manger à leur faim… Du moins si d’ici là, on n’a pas trouvé en quantité suffisante des énergies de substitution aussi bon marché et aussi pratiques que le pétrole. A n’en pas douter, un redoutable challenge…
Bon, voilà un résumé perso bien incomplet des propos de ce film. Mais suffisant, je l’espère, pour vous donner envie de faire l’effort de le regarder jusqu’au bout!
Pratiquement, c’est un peu compliqué, car pour une raison de limitation technique la version "dailymotion" du film est coupée en 5 parties de 18 minutes chacune et il faut donc le regarder en autant d’épisodes. Ci dessous, voici le premier épisode à visionner ici-même. Pour voir les épisodes suivants, il vous faudra vous rendre sur le site de Dalymotion, ce que vous pourrez faire facilement en cliquant sur les liens que j’ai placé en bas d’article, juste sous la vidéo…
PS : Si vous disposez d’une bonne connexion, n’hésitez pas à mettre la vidéo en mode "plein écran" et "haute qualité" en cliquant sur les boutons ad hoc (petit rectangle et HQ) présents en bas à droite du lecteur…
Pour voir la suite du documentaire, cliquez sur les liens ci-dessous
Cruel sera le réveil –partie 2 >
Cruel sera le réveil –partie 3 >
Cruel sera le réveil –partie 4 >
Cruel sera le réveil –partie 5 >

Ainsi, et pour célébrer l’anniversaire des 12 ans révolus de ce Groupe (dont c’est donc le 13ème anniversaire), je viens de retrouver et de corriger à votre intention la dactylographie de la causerie introductive que j’avais faite à La Bertais le 16 novembre 1997! 







Le prologue de 500 mètres se déroule au sein même du Puy, entre la cathédrale et la place centrale de la vieille ville dite place du Plot. C’est sur celle-ci que se trouve la célèbre inscription photographiée ci-contre: 




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Mais pourquoi donc partir du 

Désireux de vérifier la véracité du film, je me suis d’abord dirigé vers l’antique statue de St Jacques au pied de laquelle se trouve bien en effet du papier, un crayon et une urne. Proposition est faite aux fidèles qui le souhaitent d’exprimer par écrit à Saint Jacques leurs intentions de prière et de les déposer dans l’urne. Les messages ainsi collectés seront ensuite convoyés vers Compostelle par ceux des pèlerins qui acceptent de jouer les "facteurs spirituels". Ces pèlerins, apprend-on encore au pied de la statue, ont rendez-vous ici même chaque matin après la messe de 7h pour recevoir la bénédiction de départ, avec la remise de la fameuse « crédenciale », sorte de passeport que le « jacquet » aura à cœur de faire tamponner à chaque étape significative de son périple…
Voilà le décor planté, mais avant de quitter cette cathédrale, il faut s’attarder un peu en face de la statue de la Vierge noire à l’enfant. 

Voilà qui forment les attributs traditionnels du pèlerin de St Jacques (avec le chapeau à larges bords et la pèlerine).
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Sans entrer dans les détails de sa théorie des cycles cosmiques, l’idée centrale, conforme à la fois à la tradition de l’Inde ancienne mais aussi à celle de l’Antiquité Gréco-Romaine, est qu’au fil des temps, l’humanité suit inexorablement un cycle involutif. Depuis le moment de la création d’une humanité (âge d’or, Jardin d’Eden) jusqu’à celui de sa destruction (âge de fer, Kali Yuga) le « progrès » matériel apparent est inversement proportionnel à la régression spirituelle de la conscience qui s’enferre progressivement dans la matière et oublie de plus en plus sa dimension spirituelle ou « divine ».

Ainsi et pour commencer, voici le texte à lire durant la période allant jusqu’au 26 juin 2008 et qui traite des trois premières qualifications requises par le chemin de Swâmiji.
