Auteur/autrice : Georges Morant

  • La citation du lundi (51)

    trungpa-topofpage

    (…) il est important de voir que le point essentiel de toute pratique spirituelle est de sortir de la bureaucratie de l’égo, c’est à dire de ce constant désir d’une forme plus haute, plus spirituelle, plus transcendante du savoir, de la religion, de la vertu, de la discrimination, du confort, bref, de ce qui fait l’objet de sa quête particulière.

    Il faut sortir du matérialisme spirituel.

    Chogyam Trungpa: Pratique de la voie tibétaine Au delà du matérialisme spirituel seuil, 1976 page 24

  • Bonheur de la méditation

    bonheur de la meditation

    Yongey Mingyour Rinpotché

    (…)  » Vous pouvez répondre :  » Ma main n’est pas MON MOI, mais elle est à MOI. » Bien mais elle est faite d’une paume et de doigts, elle a une face supérieure et une face inférieure et chacun de ses éléments peut à son tour, être décomposé en d’autres éléments comme les ongles, la peau, les os, etc. Lequel de ces éléments peut être appelé « ma main » ? Si nous poursuivons ce type d’investigation à l’échelle atomique, puis subatomique, nous retrouverons toujours le même problème, à savoir l’impossibilité de trouver quoi que ce soit dont nous pourrions dire que c’est notre moi ou simplement notre main.

    Que l’on analyse ainsi les objets matériels, le temps, notre corps ou l’esprit, on parvient immanquablement à un point ou il est inutile d’essayer de poursuivre. La quête d’une entité irréductible s’effondre d’elle même. A l’instant où l’on renonce à trouver quelque chose qui existerait dans l’absolu, on ressent un avant goût de ce qu’est la vacuité, l’essence infinie et indéfinissable de la réalité telle qu’elle est. Quand nous prenons conscience de la formidable multiplicité de facteurs qui doivent être réunis pour produire le sentiment d’un « moi » particulier, notre attachement à ce « moi » que nous croyons être commence à se relâcher. Nous sommes moins enclins à essayer de contrôler ou d’arrêter nos pensées, nos émotions, nos sensations et tout le reste. Nous les percevons sans souffrit ni nous sentir coupables, nous acceptons leur passage comme la simple manifestation d’un univers aux possibilités sans limites. Nous retrouvons ainsi l’attitude candide que nous avons connu, pour la plupart dans notre enfance. Nos cœurs s’ouvrent aux autres comme les fleurs s’épanouissent. nous écoutons mieux, nous sommes davantage conscients de ce qui se passe autour de nous. Nous sommes capables de réagir plus spontanément et avec justesse aux situations qui, autrefois, nous irritaient ou nous rendaient confus. Peu à peu, à un niveau peut être trop subtil pour que nous le remarquions, nous nous éveillons à un état d’esprit libre, clair, aimant au-delà de nos rêves les plus optimistes.

    Mais il faut beaucoup de patience pour apprendre à voir que tout cela est possible.

    En fait, il faut beaucoup de patience pour voir tout simplement. »

  • Les voeux de Gilles

     

     

     

    rivages-nouvelle-zelande-336187Avec l’accord de Gilles,  je vous retransmets son message de vœux, qu’il avait posté sur sa page communauté de facebook adressé aux amis et compagnons de route…

     

     

    Chaque nouvelle année nous signale l’inexorable écoulement du temps. Le temps, celui en fait de notre existence, de cette existence-ci, tant il est vrai, comme le dit un mystique, que ce n’est pas le temps qui passe, c’est moi.
    Le temps, donc, passe, ou plutôt nous passons dans le temps et une seule vraie question s’impose : ce temps qui passe et dans lequel nous passons, qu’en faisons-nous ?
    Chaque minute, chaque heure qui nous est encore donnée nous voit-elle mûrir, grandir, évoluer, ou simplement vieillir ? Chaque minute, chaque heure qui m’est encore donnée et qui ne va pas de soi, me voit-elle mûrir, grandir, évoluer ou simplement me rapprocher du moment de ce qu’il est convenu d’appeler ma mort, à savoir l’instant où ce véhicule qu’il est convenu d’appeler mon corps, et avec lui mon psychisme, cesseront d’être à ma disposition et où l’avancée ne sera plus possible, du moins dans les modalités connues ?
    Car ne nous leurrons pas, les amis, ne berçons pas notre lourd sommeil de plaisantes paroles soi-disant d’éveil : s’il n’y a rien à trouver qui ne soit déjà là, rien à devenir que nous ne soyons déjà, il y a loin, bien loin de la coupe aux lèvres. Par un paradoxe insondable, la distance qui me sépare de là où je suis est tout à la fois illusoire et considérable, non existante et jusqu’à nouvel ordre toute puissante.
    Ce que nous autres appelons « le chemin » est en vérité une remise en question continue, une constante reconfiguration du programme interne, les jeux sont faits, rien ne va plus, une inlassable mise en cause.
    Il n’y a pas d’ « équilibre » – cette illusion contemporaine érigée en suprême valeur d’une culture à bout de souffle – sinon celui du funambule.
    Il n’y a pas de « bonheur »- cette faribole ressassée par une mentalité courte – sinon la joie de l’instant goûté.
    Il n’y a pas de tranquillité – cette obsession d’un peuple de retraités de l’âme – hormis celle qui passe l’entendement et n’est pas de ce monde.
    Il n’est pas de planque et surtout pas cette planque ultime fantasmée comme « l’éveil » par une cohorte d’endormis apeurés. Personne n’est pénard et nul ne le sera jamais, demain ne sera pas mieux ou d’ailleurs moins bien, demain sera demain voilà tout c’est-à-dire aujourd’hui maintenant tout de suite immédiatement.
    Il n’y a pas de repos hormis les légitimes moments de débrayage et de récréation, lesquels s’inscrivent dans le flux permanent de l’impermanence.
    Quand renoncerons-nous à poursuivre une fixité, un ordre immuable, un équilibre atteint, un bonheur enfin trouvé, une joie attrapée et prétendument possédée ?
    Quand nous verrons-nous dans le regard du réel, comme des sujets en perpétuel devenir, en constante tentative d’avènement, en continuelle transition ?
    La transition est notre état, le seul état qui soit et qui n’en est d’ailleurs pas un.
    Ce que nous appelons notre vie est une transition ininterrompue, ou une succession de transitions, depuis celle, inaugurale et traumatique, de la « naissance », jusqu’à celle, également inaugurale et traumatique, à l’autre extrémité du spectre, de la « mort ». Et entre ces deux extrémités qui elles-mêmes s’inscrivent dans une continuité – comme si, avant la naissance, il pouvait n’y avoir «rien», comme si, après la mort, il pouvait n’y avoir «rien» !- combien de transitions, de passages, de mutations…
    Chacun, tous, nous voulons, demandons la vie, aspirons à vivre, vivre.
    Et chacun, tous, nous résistons à la nature même de cette vie qui est perpétuel mouvement, changement, évolution, passage, transition, mutation. Vouloir avancer et freiner des quatre fers, aspirer à aller de l’avant tout en refusant de bouger, prétendre se déployer tout en demeurant recroquevillé, tel est la friction en laquelle nous nous débattons.
    Jusqu’à ce que nous consentions entièrement, pleinement, à la simple évidence du mouvement. Non non non et non, jamais je n’ «aurai» la paix, jamais je ne serai tranquille, jamais je n’atteindrai quoi que ce soit et surtout pas l’équilibre – même s’il est par ailleurs et simultanément légitime de viser à une existence aussi cohérente et en ordre que possible.
    En vérité, je ne cesserai d’avancer et d’avancer encore, de mon plein gré ou contre mon gré, avec ou sans mon propre assentiment, en accompagnant le mouvement ou en lui résistant vainement. Le seul repos auquel j’ai droit est tel celui de la nuit : je ne vis pas pour dormir, mais m’accorde de dormir afin de rester réveillé.
    De transition en transition, de passage en passage, de situation assumée en situation assumée – ou bien non assumée mais en ce cas subie – jusqu’à cette situation ultime – du moins à la minuscule échelle de cette existence – qui consistera à assumer l’adieu à ce corps, à ce psychisme, à cette forme, à toutes les formes. Alors il s’agira de tout lâcher, de tout laisser, ce sera bientôt, demain, c’est en vérité maintenant même que cela déjà se produit, se trame, couve et se prépare, même si dans la mesure du temps cela ne devait advenir que dans quelques décennies, lesquelles, de toute manière, fileront comme l’éclair.
    Quand tu aimes il faut partir, dit le poète (Cendrars en l’occurrence), partir c’est mourir un peu dit le proverbe.
    Alors partons, partons, partons sans cesse, mourrons, mourrons, mourrons, sans cesse et les yeux grands ouverts. N’usons plus notre précieuse énergie à traquer le repos, la planque, la tranquillité, le bonheur, l’équilibre. Lâchons cette naïve prétention à avoir la paix, abandonnons nous au tourbillon, au devenir, au passage qui sont notre condition. Soyons passants, joyeusement, lucidement passants, passants pleinement, passants consentants. Envisageons toute notre existence en tant que ce passage même ; non plus comme la poursuite d’un illusoire point fixe mais l’adhésion même au festival de la nouveauté jusqu’à jusqu’à jusqu’à…
    Jusqu’à la fin des jusqu’à, des depuis, des quand, jusqu’à la fin des temps, du temps, jusqu’à l’avènement du non événement qui n’abolit rien mais accomplit et résorbe tout.
    Voilà mes vœux, chers amis, voilà tout ce que je peux me nous vous souhaiter qui ne soit pas vain et convenu, même si bien entendu je souhaite à chacun les contentements les plus simples.

  • Something in the air

     

    something in the air

     

    En ces instants précis, privilégiés, bénis, flottait dans l’air un parfum particulier, reconnaissable entre tous

    Celui d’une présence invisible, presque palpable, très douce, sereine

    L’effet est immédiat

    Cela donne des mots

     

    Partager est source de joie

    Tenons nous là, maintenant

    Tranquilles, sereins

    Laissons l’espace s’élargir

    Et si, aimer était la chose la plus simple du monde!

     

    Soulevons les derniers voiles

    Là où il n’y a rien à dire, rien à écrire

    Ici, maintenant

    Joie d’être, ouverture

     

    Texte : Georges Morant   Photographie : Alain Silvert

  • Hommage

    ciel

    Le son du silence

    En toute sérénité

    Dalai Lama


    L’or des dieux

    L’infini fait Homme

    Arnaud Desjardins


    Une lumière sans limite

    Au son de guitares électriques

    Lee Lozowick

     

    Sagesse et compassion

    D’un rire illimité

    Lama Yéshé

     

    Un regard, des yeux

    Comme je n’avais jamais vu

    Lama Zopa Rinpoché

     

    La folle sagesse

    Au delà, au delà

    Chogyam Trungpa

     

    Texte : Georges Morant   Photographie : Alain Silvert

  • Le voleur

    anniversaire-police-voleurIl y avait en Inde un voleur très fameux qui excellait dans son art. Mais un jour il finit par se lasser et échoua dans ses entreprises. Il pensa alors qu’il serait temps de changer de vie. Ayant entendu parler d’un grand yogi, un grand maître qui habitait non loin de là, il décida de lui rendre visite :

    – Maître, j’ai commis de nombreux péchés en volant les gens… Je dois changer ma vie, voudriez vous m’aider s’il vous plait ?

    Alors le maître demande : Quelle est votre compétence ?

    Il répondit :  je ne suis bon à rien!

    Mais le maître insista :

    – Vous devez certainement être bon à quelque chose, dans un domaine ou un autre ?

    Il lui dit : Eh bien, à vrai dire, je suis bon pour le vol…

    Le maître dit : C’est excellent. Asseyez vous ici et je veux que maintenant vous voliez toutes les étoiles… Vous les volez, les déposez dans votre ventre et finalement les dissolvez.

    Le voleur pratiqua l’exercice pendant vingt et un jours et il réalisa que toute perception extérieure est une manifestation, une projection du mental.
    Il en fut illuminé.

    Sogyal Rimpoché

    Extrait du livre d’Eric Edelmann : « Le Sourire de la Sagesse »

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  • Le développement de l’attention

    Nous nous laissons emporter par la première brise vagabonde,
    nos vies, une constante distraction de ce qui est là,
    juste en face de nous, notre vision

    900_____Bougie_3_248toujours sur demain, et
    nous manquons la gloire d’aujourd’hui.
    Mais il y a ceux, peu nombreux, qui comprennent

    que la porte qui mène au Divin
    se trouve dans la culture de l’Attention au présent,
    une aptitude à voir ce qui est

    juste en face de soi.
    Louis Agassiz, le naturaliste de Harvard,
    fut un jour questionné sur ce qu’il avait fait

    durant ses vacances d’été.
    J’ai voyagé vers de lointains horizons,
    dit il. Jusqu’où lui demanda-t-on ?

    Je suis arrivé
    Jusqu’à la moitié
    de mon jardin, répondit -il.

     

    Red Hawk : L’observation de soi

    – L’éveil de la Conscience

  • Echos du week-end meditation des 13 et 14 septembre 2014

    tournesol2

    Ce samedi/dimanche  a donc eu lieu le week-end de méditation annuel. Un peu plus tôt que d’habitude, par deux belles journées d’une fin d’un été qui s’amuse à jouer les prolongations.
    Et quoi de plus symbolique de l’été et du soleil que cette fleur de tournesol, qui était placée au centre du cercle des méditants !
    Et elle a une histoire cette fleur ! issue de graines offertes par un Bertaisien aux convives de son mariage, lequel Bertaisien se trouvait là, en silence devant sa fleur déployée !
    Nous étions vingt six à avoir tenté l’aventure des 24 heures. Dans un silence de plus en plus intense et une harmonie palpable entre les membres de la Sangha.

    Mais je préfère laisser les participants s’exprimer sur leur ressenti.

  • L’Amour du prochain 2

    pluie

    Il allait pleuvoir, c’était sûr. Pas une pluie ordinaire, mais une eau maligne, envoyée par les mauvais esprits. Et le sage dit à tous les habitants :  » Ne buvez pas de cette eau! Elle vous rendrait fous!  » Et il plut. Et les hommes burent. Et ils devinrent fous. Tous, sauf le sage. Alors, les hommes se détournèrent de lui et dirent qu’il était devenu anormal, que c’était lui qui était devenu fou. Quelques uns vinrent le supplier de boire :  » ne reste pas à l’écart, bois de cette bonne eau et deviens comme nous.  » Le sage refusa un jour, deux jours, trois jours. Le quatrième jour il céda et but de l’eau. Et les hommes firent une grande fête et lui dirent :  » enfin te voici parmi nous!  » Le sage se tut et pensa :  » Pourquoi donc aurais-je préservé ma sagesse si le prix en est de rester séparé des autres ? « 

    Eric Edelmann :  » Métaphysique pour un passant »

  • La méditation

     

    (…) »  Notre esprit est totalement indiscipliné, incontrôlé, toujours en train de créer des souvenirs, d’échauder des préjugés, d’élaborer des commentaires mentaux. La plupart des gens vivent dans un état d’émeute permanente. L’anarchie règne à l’intérieur. On a aucun moyen de choisir nos méthodes de penser et les émotions nous submergent. La méditation est le moment où l’on commence à calmer la tempête, à faire cesser le bavardage sans fin de l’esprit. Ce n’est qu’après y être parvenu que l’on a accès aux niveaux de conscience plus profonds qui existent sous le tumulte. Au cours de ce processus, on cesse graduellement de s’identifier à nos pensées et à nos émotions. On découvre ainsi leur transparence et elles perdent leur crédibilité. Cela crée une harmonie intérieure que l’on peut intégrer à notre vie quotidienne. »

    Tendzin Palmo

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  • En été

    C’est aussi le temps des congés sur le blog Bertaisien. Avec peut-être des articles plus espacés.
    Avec aussi un côté un peu plus récréatif.
    Et pourquoi pas de votre part, l’expédition d’une carte postale, moment photographique ou littéraire, ou historique, même très court, de votre passage dans telle ou telle contrée. A faire partager.
    En attendant pourquoi pas démarrer cette saison par un article déjà paru – mais c’était en 2011 – et qui semble tout à fait adapté, ludique et poétique en même temps…et musical..D’ailleurs, on pourrait imaginer de temps en temps ce type de « rediffusion »..
    Les commentaires d’origine ont été volontairement conservés, notamment  pour l’aspect « tube de l’été »… Les commentateurs d’alors ne nous en voudront pas.. Ils peuvent toujours modifier, compléter.. Quant aux autres, A vous d’en rajouter..signé Mireille.

    En été

     

    La nature épanouie rayonne dans toutes les directions

    Beaucoup de personnes vont au bord la mer en été

    C’est vrai que souvent, en ce qui concerne nos mères, mieux vaut parfois rester au bord

    C’est si vite fait de déborder ou de se faire déborder

    Sur de très nombreuses plages, surtout en Bretagne où c’est toujours ensoleillé, beaucoup se font bronzer, voire cramer au détriment de leur santé

    Enduits d’huiles et de crèmes de toutes sortes, beaucoup  lézardent avant de se baigner

    A vrai dire, la plupart barbotent, pas vraiment à l’aise avec la mer

    C’est vrai que souvent avec  nos mères, c’est loin d’être toujours évident

    Je dirai même plus, c’est la base essentielle de nos trajectoires  diverses et variées

    C’est le moins que je puisse écrire

    Après avoir beaucoup entendu

     

    Nos mères nous mettent au monde

    Mais avons nous été aimés est la question fondatrice de toute destinée

    C’est pourquoi passer ses vacances à la mer n’est pas forcément de tout repos

    A moins de se faire bronzer l’intérieur toujours plus disponible, plus léger en été

    Après tout, brûler le dedans pour retrouver la vrai santé, est une super opportunité pour pardonner ce qu’il y a éventuellement à pardonner

    Sur ce, allons nous baigner, allons nous rafraîchir, allons nous ressourcer dans le ventre de la mer

    En Bretagne, Il n’y a pas de problème, l’eau est toujours à 26 degrés

     

    Et puis, pour terminer, une petite vidéo sur ces moments intemporels et ultra célébrés que sont l’été et les vacances.  Les tubes ne manquent pas. D’ailleurs, cela pourrait être un appel à contribution : « quelle chanson représente le mieux ce moment de l’année pour vous ? ».
    Voici les Undertones :

  • Méditation

     

    meditation

     

    Assis, pour Rien

    Merci

    Ici, maintenant, c’en est fini de toute souffrance

    L’homme nouveau au cœur d’enfant

    Voyage confiant

     

    Tout remonte en amont

    Grâce à Cela qui permet tout

    Veillons, veillons, veillons

     

    Texte : Georges Morant   Photographie : Alain Silvert

    ——————

    NB : J’ai choisi de publier ce texte aujourd’hui en pensant tout spécialement à notre soeur Laurence Grudé, dont Joël Caillerie vient de nous apprendre le décès, ses obsèques ayant eu lieu le vendredi 27 juin.

    Yann

    laurence_g

  • Qui perd gagne

    oignon

    (…)  » La question n’est pas de savoir ce que l’on gagne, mais ce qu’on perd. Ce que vous avez à faire revient à peler un oignon, couche par couche. Ma quête était de comprendre le sens de la perfection. Maintenant, je suis consciente du fait qu’à un certain niveau de notre être, on ne s’en est jamais éloigné. Seules nos perceptions erronées nous empêchent de voir ce que nous avons vraiment en nous. Plus on devient conscient, plus on comprend qu’il n’y a rien à réaliser. Notre erreur fondamentale consiste à croire qu’il faut parvenir à un point, qu’il faut atteindre quelque chose. De toute façon, qui est là pour atteindre quoi ? « 

    Tendzin Palmo

  • Oui… Le Désir. Le Grand, L’Infini…

    21 Août

    « Oui… Le Désir. Le Grand, L’Infini… Voyons, comment était-ce exactement ? Je me levais à l’heure habituelle, vers 6 heures, et il était là, entre éveil et sommeil ; le désir, douloureux et profond comme un coup de couteau. Désir de quoi ? C’était la première pensée de ma conscience éveillée. Réellement, je ne sais pas. Parfois, un profond soupir depuis le fond de mon cœur semblait apaiser la tension; elle était si aiguë et si cruelle. Au tout début, je ne savais jamais où allait ce désir. Confuse, torturée, l’esprit absent, je ne pouvais pas l’analyser. Ce n’était qu’un désir du plus profond de mon cœur, pressentiment poignant d’une félicité disparue.

    Au début, ça paraissait n’être qu’un désir en lui-même, pour rien de particulier. Par moments, c’était plus ou moins fort, mais sans disparaître, jamais vraiment; cela palpitait toujours en arrière fond. Parfois, ça pouvait croître tellement que j’en perdais la volonté de vivre. Il doit y avoir une raison à cela; ne dit-il pas qu’il y a une raison à tout ?

    J’examinais plus profondément en moi. Toujours plus profond. Il me fallut pas mal de temps, ce matin, pour découvrir qu’il s’agissait en réalité du même désir que j’avais eu toute ma vie, depuis mon enfance. Mais à un degré ultime, désormais. Même lorsque j’étais assez petite, chaque fois que je voyais les nuages cramoisis du coucher du soleil ou bien le ciel très bleu, ou que j’entendais une belle musique, ou voyais des étincelles de lumière qui dansaient sur la surface frémissante de l’eau, chaque fois, j’éprouvais une tristesse infinie; quelque chose se mettait à pleurer en moi.

    Souvent je me demandais ce que pouvait bien être ce désir. Je n’ai jamais compris. Était -ce mon hérédité slave ? La tristesse innée du tempérament russe ? Mais ce matin, je savais. C’était le cri de l’Âme emprisonnée pour LUI. L’amant pleurant pour l’Aimé ; le prisonnier aspirant à la liberté. Durant quelques secondes mon cœur sembla se briser. J’en avais des douleurs dans le corps! Puis cela se retira, en laissant la signification de sa vrai nature. C’était si simple. Ce n’était rien d’autre que le cri pour la véritable maison.


    soleil-damour-rayonnant

    Nous le portons en nous dans la vie physique. Nous l’apportons des autres plans de l’être ; il forme une réelle partie de la substance de notre âme ; c’est destiné à nous ramener chez nous. Sans ce désir, qui n’est pas de ce monde-ci, nous – abusés que nous sommes- ne retrouverions jamais le chemin de nos demeures.

    Si vous aimez et qu’on vous demande pourquoi, si vous êtes capables de répondre,  » j’aime à cause de sa beauté, de sa position dans la vie, son charme ou son bon caractère » – en d’autres mots, si vous pouvez donner les raisons pour lesquelles vous aimez- alors ce n’est pas de l’amour..

    Mais si on vous pose cette question et qu’étonné, vous découvrez que vous ne savez pas du tout, que vous ne vous êtes jamais posé la question, que vous aimez, c’est tout…Alors, alors seulement, c’est de l’AMOUR VERITABLE.

    Il semblait faible, et faillit s’endormir toute la matinée. J’essayais d’empêcher les mouches de rentrer, en fermant les volets et la porte, et en l’éventant, tandis qu’il était tourné contre le mur. Je rentrai tôt à la maison.

    Le soir, il ne sortit pas. J’étais heureuse qu’il se repose ».

    Irina Tweedie

    L’Abîme de feu ( l’expérience de libération d’une femme à travers les enseignements d’un maître soufi)

     

  • La présence éveillée

     

    surf and windsurf at teahupoo

    (…) » c’est savoir que l’on est absorbé dans la musique par exemple. Quand nous sommes parfaitement conscients, nous sommes attentifs non seulement à ce que nous faisons, mais aux sentiments, aux émotions qui surgissent ainsi qu’aux évènements qui se produisent autour de nous. C’est si simple que ça nous échappe! Car on s’imagine que cette présence éveillée doit être quelque chose de plus grand, de plus spectaculaire. Mais il ne s’agit pas de lumières accompagnées de trompettes. C’est très simple. C’est juste là, présent. On pense en général que l’Éveil, ou la réalisation, est quelque chose de lointain, un évènement magnifique et fantastique qui transforme tout une fois pour toutes. Mais ce n’est absolument pas le cas. C’est une chose qui est parfois si simple que c’est à peine si on la remarque. Et c’est aussi une chose qui peut se produire à tout moment. Et au moment ou on la voit, ça y est. C’est ça. Cela a toujours été là, mais notre œil intérieur était fermé. Quand tous les moments de la présence éveillée s’associent, alors on devient bouddha.

     » Le terme sanscrit qui désigne la vigilance est smirti, sati en pali et drenpa en tibétain. Il est intéressant de constater que tous ces mots signifient  » se rappeler » . C’est ce que les catholiques appellent  » être en état de recueillement ». Et c’est extrêmement difficile. Être conscient pendant quelques minutes, c’est déjà beaucoup. Si  » vigilance » est synonyme de  » se souvenir » , il en résulte que l’ennemi de la conscience éveillée est l’oubli, la distraction. On est capable d’être conscient pendant quelques brefs instant, puis on oublie. Comment se souvenir d’être conscient, c’est là tout le problème. Car nous avons cette colossale inertie. Nous n’avons tout simplement pas l’habitude d’être conscient.

    Quand on vit quelque chose, on le fait au travers du filtre des idées, des préjugés et des jugements de valeur. Par exemple, quand on rencontre des gens, on ne les voit pas tels qu’ils sont réellement. On les considère en fonction ce ce que l’on pense d’eux, de l’amour ou de l’aversion qu’on leur porte, des personnes qu’ils nous rappellent, de l’éventail de qualités qu’ils possèdent. Et il en est ainsi de tout ce que l’on perçoit : tout ce que l’on voit, mange, entend ou touche. Ces perceptions sont immédiatement réinterprétées en fonction des pensées et de l’expérience qu’on possède.  » On peut se dire :  » et alors ? Ça n’a pas d’importance »

    Mais ce qui se produit, c’est que nous sommes toujours en retrait par rapport à cette expérience elle -même et que de ce fait nous sommes de plus en plus conditionnés et  » robotisés » . Nous ressemblons à des ordinateurs. Quelqu’un appuie sur un bouton, comme on le dit si bien,et on produit la réponse conditionnée correspondante. (…)

    La conscience éveillée est comme une planche de surf. Si vous faites du surf, vous ne voulez pas d’un lac tranquille, vous recherchez les hautes lames. Plus la vague est grosse, plus c’est amusant, n’est ce pas ? Milarepa a dit :  » Plus violent est le tumulte, plus grande est la joie » , parce qu’il était sur la crête de la vague, habile et équilibré. D’un point de vue spirituel, il n’est pas avantageux d’être un lapin. Mieux vaut être un tigre. Les lapins sont gentils et très mignons mais leur potentiel de progression est faible. Par contre, les tigres sont d’un naturel violent, et c’est exactement cette pure énergie que l’on a besoin sur la voie, à condition d’en faire bon usage. Tous les grands saints étaient des gens passionnés. Le point crucial, c’est qu’ils n’ont pas dissipé leurs passions dans des voies négatives. Ils ont transformé leur passion en un combustible qui les amenés vers la libération.

    Tenzin Palmo
    cité par Vickie Mackenzie dans « Un ermitage dans la neige »