Auteur/autrice : Georges Morant

  • Jour J moins huit

    Jour J moins huit avant la parution de mon livre : « L’insaisissable » que j’ai fait éditer à compte d’auteur.

    En ces instants précis, privilégiés, bénis où j’ai écrit ce livre, flottait dans l’air un parfum particulier, reconnaissable entre tous

    Le parfum d’une présence invisible, presque palpable, très douce, sereine

    L’effet est immédiat

    Cela permet les mots

    Derniers voiles avant la fin

    Partager avec vous est source de joie

    Tenons nous là, maintenant

    Tranquilles, sereins

    Laissons l’espace défaire les liens

    Dans ces moments là, il n’y a rien à dire, rien à écrire

    Comme si tout était là

    Joie d’être, ouverture

    Ananda, ananda

    Et si, simplement, aimer était la chose la plus simple du monde!

    Amitié fraternelle

    Georges

  • Eclats de silence (vu par Georges)

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    Vraie et fausse dualité

    Zéro= (+1-1)=Zéro


    La totalité n’ayant pas d’extérieur, l’énergie ne peut ni entrer ni sortir, elle est constante. Cette constante est donc égale à zéro, à rien.

    Zéro ne peut pas être défini, c’est l’Absolu, le Rien, le non manifesté, le Silence, l’Immobilité, l’Être, ou Dieu pour les religieux.

    Cette non dualité s’exprime pourtant dans la dualité. On peut dire que le Rien se manifeste à partir de la différence. En langage religieux, on dira que Dieu se manifeste par sa création.

    Que Rien puisse se manifester est renversant !

    Zéro peut être multiplié à l’infini, ça fait toujours zéro.

    (+1-1) représente la naissance de la manifestation, la dualité, la différence, toutes les formes, toutes les paires d’opposés. On pourrait aussi l’écrire de cette façon :

    Zéro = ( +1+1-1-1+1+1-1-1 etc) =Zéro

    Les signes plus et moins sont la preuve de l’inséparabilité et du jeu vivant de l’unicité, le plus étant lui même défini par le moins et inversement. Le chaud ne se définit que par rapport au froid, l’agréable par rapport au désagréable, le masculin par rapport au féminin, le bien par rapport au mal, l’attraction par rapport à la répulsion etc.

    Le jeu de l’impermanence n’est apparent qu’à partir de la dualité.

    Si nous n’acceptons pas les différences présentes, nous nions la Totalité puisque nous déclarons qu’il manque quelque chose ou qu’il y a quelque chose de trop dans ce qui est déjà là. Nous voudrions faire disparaître un – 1 ou un + 1, mais ce n’est pas possible puisqu’il est déjà là, en tant qu’expression du Tout.

    La fausse dualité, c’est refuser que ce qui est soit ; c’est vouloir autre chose à la place de ce qui est, c’est ce qui nous sépare apparemment de Est, c’est ce qui nous empêche de ressentir la qualité de l’Être.

    La vrai dualité c’est l’évidence qu’il n’existe rien en dehors de Est, de Zéro, et que toute la manifestation est l’expression de la Totalité se singularisant dans la multiplicité des formes changeantes.

    Rien n’existe en dehors de la Totalité, car il n’y a pas un élément qui y échappe.

    Il n’existe pas deux élément qui seraient le relatif et l’absolu, car le relatif est une vision partielle de l’absolu. C’est comme vouloir éclairer une pièce obscure avec une lampe torche, nous n’en voyons qu’une partie à la fois. Mais tout ce qui n’est pas vu existe quand même.

    La Totalité ne peut se trouver par l’addition de tous les éléments, mais par la reconnaissance que notre vision est limitée et que nous n’arriverons jamais à tout voir. Il s’agit donc d’accepter tout ce que nous connaissons et tout ce que nous ne connaissons pas.

    Accepter le relatif, la limitation à cents pour cents, c’est l’absolu, le non manque.

    L’inconnaissable est en deçà des concepts de dualité et de non dualité, tout en les englobant tous les deux. La Vie n’a pas de problème.

    Daniel Morin ( extrait de son livre)

  • Sound of the sea (4) Bhoga angel song

    Bhoga angel song
    L’air froid et sec me donne des ailes
    L’infini ciel rayonne mon cœur
    Comme une vraie belle ritournelle
    La joie  brille de mille soleils
    Par quelle magie ceci opère?
    Quel doux génie que ce mystère!
    Comment toute cette magie opère?
    Pour entrevoir les portes du ciel!
    winter2.jpg
    Enfin chez moi le cœur en paix
    J’me retrouve dans la posture de l’ange
    Pour un instant déjà parti
    J’ai décidément rien compris
    Même si souvent, Cela m’aimante
    C’est si facile de l’oublier
    Alors, je signe et je persiste
    Instants volés, éternité
  • Coup de colère

    De plus en plus managmentée de manière violente
    A des fins politico, financières, commerciales

    Pour toujours plus de profit dans les poches de toujours les mêmesMarsu_colere.gif

    Toujours plus de productivité-rentabilté
    Au détriment de moins en moins d’humanité
    Notre société obsédée par le faux ordre-sécurité-sécuritaire
    Remplié d’actionnaires de tout horizon
    Nous entraîne droit en enfer
    Cet endroit maléfique ou l’humain perd son âme
    Découpée, saucissonnée, scalpélisée, anatomisée
    Avec pour seuls et uniques objectifs toujours plus de productivité, rentabilité

    Jusqu’ ou faudra il aller pour réaliser ce terrible constatab.jpg

    S’apercevoir que nous allons tout perdre
    A commencer par notre dignité
    Faute de pouvoir nous transformer
    A force de délivrer des messages d’une terrible violence
    Réduire les personnes à de la chair à consommer
    Les conduire dans toujours plus de précarité
    Cette société s’enfonce dans le chaos
    La crise a bon dos
    Certains, pendant ce temps là s’empiffrent
    A coups de bonus, de coups de bourse mégalos
    Boursicotent comme des malades accros

    Ultra statistiquée, un de c 4 on ne pourra même plus pisser dans son jardin sans avoir fait au préalable des statistiques pour prouver si c’est rentable ou non, efficace

    Pourra on encore promener son chien sans avoir avant fait une étude de marché

    Repérer les endroit les plus propices pour chier dans le bon ordre sécuritaire à souhait

    Faut être sourd et aveugle pour ne pas voir ni entendre les cris déchirants d’un monde en décomposition si près de s’enfoncer dans le gouffre des illusions

    Les terribles angoisses d’une société en perdition
    Nous mènent droit dans le mur
    Je ne suis qu’un poète égaré, privilégié
    Je le reconnais très volontiers

    Ça ne m’empêche pas de me dresser avec mes mots contre tout ce que je ressens comme finalement délirant

    Avec cette manie monomaniaque très tendance de tout décortiquer au scalpel jusqu’à enlever la moindre trace de légèreté, de vrai joie, de liberté sans cause

    Juste le fait d’être un humain, aimer
    Avec ce culte mal placé d’un perfectionnisme nauséabond
    Dans des domaines ou il n’a rien à faire

    Les rires d’un enfant sont ils voués à entrer dans le panthéon des comptes statistiques, élucubrations bidons pour voir leur efficacité

    Voir ce qui se cache derrière
    Cette société va elle réduire l’être en poussière
    Faire de ce monde le plus vil temple consommateur-consommé
    Dans un matérialisme de plus en plus effréné
    Allons nous nous laisser dériver, emporter, manipuler vers des rives abjectes
    Au détriment de notre humanité

    Street Fighting Man – The Rolling Stones – album Beggar’s Banquet – 1968

  • Humour et Enseignement

    lama_yeshe_portrait2.jpgUne italienne qui séjournait à Kopan Gompa ( Monastère de Lama Thubten Yeshe et Lama Zopa rinpoché au Népal) décida de se rendre à Katmandou. Comme elle s’y ennuyait un peu, elle invita un groupe de touristes italiens fraîchement débarqués « à rencontrer un authentique lama tibétain ».

    Cela se passait au début de Kopan, quand Lama Yeshe était encore disponible sans difficulté. De retour avec ses touristes en remorque, l’italienne vit lama Yeshé et lui expliqua qu’elle les avait invité pour le thé. « D’accord, allez y , faites le thé », lui répondit le lama sans faire le moindre geste en direction du groupe. Il savait que la vie spirituelle n’intéressait pas ces gens et il ne se sentait pas préparé à servir de  » lama témoin ». A présent embarrassée, l’italienne lui demanda s’il ne pourrait pas les rejoindre pour un moment. Il dit qu’il pouvait leur consacrer une heure (un très court moment pour lama Yeshe).

    Il les rejoignit en effet, s’assit au milieu des touristes et demanda poliment à son voisin d’où il venait.  » Milan », répondit le touriste.  » Ah », dit le lama, tandis que son visage s’épanouissait: « Le risotto à la milanaise ! j’adore ça ». L’homme, plutôt ahuri qu’un lama puisse connaître le joyau culinaire de la couronne milanaise, se redressa. Lama Yeshe poursuivit en détaillant la meilleure façon de réaliser le risotto à la milanaise.

    Les italiens étaient en extase. Le lama prenait peu à peu son rythme.  » Et vous savez, ce petit restaurant derrière le Dôme, ça, c’est le meilleur risotto de tout Milan ». L’homme était muet d’admiration. « Et vous ? continua lama en souriant à une femme du groupe, d’où venez vous ? – De Rome, lui répondit elle ». Lama s’exclama : « C’est à Rome qu’on mange les meilleurs spaghetti à la carbonara ». Et il expliqua comment il fallait les préparer, quel piment et quel fromage utiliser.

    L’italienne qui avait invité le groupe n’en croyait pas ses oreilles. Lama n’était allé qu’une seule fois en Italie, pour un voyage éclair de dix jours. Elle ne comprenait pas du tout comment il avait pu apprendre autant de choses sur la cuisine italienne. Lama s’adressa à chaque membre du groupe en exploitant le même sujet et ne cessa de montrer une profonde connaissance de tous les plats régionaux. Les touristes étaient complètement captivés, car, pour les italiens, un homme peut bien être un as de la chirurgie du cerveau, s’il n’apprécie pas la cuisine, il reste un âne. Ce lama était clairement digne de respect. Cinquante cinq minutes s’écoulèrent ainsi. Lama Yeshe s’absorba alors dans un de ses profonds silences. Pendant deux minutes, personne ne dit un mot, puis, dans le silence, la voix du premier homme à qui il avait parlé s’éleva : « Est ce que c’est vrai, ce qu’on raconte sur l’illumination ? » Le barrage avait été rompu. Un torrent de questions déferla, sur le potentiel spirituel de l’homme, le Tibet, le bouddhisme. Le lama consulta sa montre :  » Je suis désolé, mais je n’ai plus le temps maintenant. Mais si vous voulez en savoir plus sur ces questions, je serai en Italie l’année prochaine. Vous pourrez avoir toutes les informations utiles auprès de votre compatriote. »

    Extrait du livre d’Eric Edelmann : « Plus on est de sages, plus on rit »

    NB : Ce qui m’a particulièrement motivé et rendu heureux de mettre ce post sur le blog est le fait que Mireille et moi avons eu le privilège de connaître et de suivre d’un peu près l’enseignement  de Lama Yshé et de Lama Zopa rinpoché

  • Au coeur de la métaphysique (2)

    (…) Swamiji m’a fait remarquer un jour que l’expression « faire silence » était inexacte. On ne peut produire le silence. Le silence ne peut être que le fruit de la cessation des bruits. Quand tous les bruits s’arrêtent, le silence est là, identique à ce qu’il était il y a 2000 ans, parfait, vierge. C’est donc sur les bruits qu’il faut faire porter nos efforts et non sur la recherche d’un silence que nous pourrions produire.

    Une autre image va dans le même sens : « nous sommes déjà nus sous nos vêtements« . Si nous voulons pratiquer le naturisme, nous n’avons pas à produire la nudité mais simplement à enlever ce qui la recouvre, ce qui la voile, c’est-à-dire tous nos vêtements, les uns après les autres. Et la nudité qui était là, voilée par ces revêtements, se révèle. Nous ne sommes pas plus ou moins nus- s’il reste une chaussette à un pied, nous ne sommes pas nus-, mais nous sommes plus ou moins habillés.

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    (…) Si la Réalité primordiale ne dépend pas de nous, en revanche, ce qui dépend de nous est d’enlever ce qui la recouvre, ce qui crée l’impression de l’ego individualisé, de la séparation, de la limitation. Nous avons à tenir compte de ce moi limité dans le temps qui a de nombreuses demandes, qui cherche sans cesse à produire des résultats qui ne sont pas encore là, qui essaye de faire durer ces résultats quand il les a atteint et qui se désole quand le courant de l’existence les balaie.

    Encore une image : la nappe d’eau est là, à quinze mètres de profondeur. Pour la rejoindre, il est nécessaire de creuser un puits ou de faire un forage. Et si, ensuite, je peux arroser mon jardin, ce n’est pas par la grâce de mon forage mais par le grâce de la nappe d’eau.(…)

    Arnaud (citations choisies par Georges)

  • Troisième tiroir (1) : L’autre rive

    Durant les derniers mois de son existence, Swamiji, qui avait toujours pris ses repas en silence, laissait parfois tomber une petite phrase qui avait plus de prix qu’un entretien entier. Je me souviens qu’un matin, lors du dernier séjour que j’ai éffectué auprès de;lui, il mangeait à la petite cuillère une sorte de fromage blanc qu’au bengale on appelle chana . Il me demande :  » What is Swamiji doing ? «   » Qu’est ce que Swamiji est en train de faire ?  » Je lui réponds :  » Swamiji mange du chana avec une petite cuillère en métal » .Et Swamiji laisse tomber :  » Swamiji is eating Swamiji with the help of Swamiji. Who is Swamiji ? Swamiji mange Swamiji avec l’aide de Swamiji. Qui est Swamiji ? Ce genre de parole, au premier abord incompréhensibles, concerne un niveau de conscience que nous n’avons pas encore atteint et que l’on pourrait, comme le Bouddha, appeler,  » l’autre rive « 

     » Il n’ y a rien à faire, tout est déjà là, je suis déjà la grande Réalité Ultime »

     » Le sage n’a plus d’émotions « 

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  • Deuxième tiroir : La traversée

     

    " Ne prenez pas une réaction pour une action "

    Swamiji

    – autrement dit : ne prenez pas une réaction impulsive et compulsive pour une action libre et objective. Vous pouvez honnêtement reconnaître par vous mêmes si ce que vous venez de faire ou de dire était une pure réaction.formule.JPG

     " Pour agir, il faut un agissant "

    " D’abord l’agissant, ensuite les actions "

    " Avant toute action, vérifiez l’acteur"

    Ces formules nous disent que tant que nous sommes menés par nos émotions, nous ne pouvons espérer accomplir une action digne de ce nom. Face à une difficulté, la plupart d’entre nous s’intéresse avant tout à l’action- quelle décision dois je prendre ? Quel choix dois je faire ? – mais ces formules nous invitent à nous occuper avant tout de l’agissant- c’est à dire de nous mêmes tels que nous sommes aujourd’hui avec nos mobiles inconscients et avec les émotions qui nous animent. Pendant la traversée, nous ne pouvons prétendre poser des actes libres. En revanche nous pouvons nous étudier et tenter d’y voir clair dans le faisceau d’impulsions contradictoires qui nous meuvent, prendre conscience de l’aspect mécanique de nos décisions et de nos actions et nous demander ce qui pourrait nous permettre d’accomplir des actes beaucoup plus conscients et libres en recherchant quelles  formules de Swamiji pourraient éclairer ce point.

    Arnaud

  • Premier tiroir (2) La rive sur laquelle nous sommes

     

    " Ouvrons à nouveau le premier tiroir et examinons une formule de Swamiji qui exprime une vérité précieuse : " Vous êtes des marionnettes dont l’existence tire les fils".Ces paroles nous rappellent la célèbre affirmation de Gurdjieff qui va exactement dans le même sens et que nous pourrions ranger dans le même tiroir : " L’homme est une machine".gurdjeff.jpg

     

     

     

     

    Gurdjieff

     

    Swamiji insistait beaucoup sur le fait que nous sommes totalement conditionnés par notre hérédité, par les impressions fortes de la toute petite enfance et par les influences de notre éducation et de notre culture. L’existence presse un bouton et déclenche en nous une réaction, presse un autre bouton qui déclenche une autre réaction. Une bonne nouvelle fait fait lever une émotion heureuse qui n’en reste pas moins une réaction mécanique. Et à partir de cette réaction intérieure, qui déforme notre perception de la réalité, nous réagissons extérieurement. Les actions à ce niveau-là sont complètement compulsives. Suis-je un homme, une femme, établi(e) en moi-même ou une machine à réagir ? Où est la liberté là-dedans ? Mes actions soi-disant conscientes ne seraient donc que des réactions qui s’imposent à moi ? Je veux cerner, comprendre, approfondir. Donc avant même d’essayer d’agir plus consciemment, je vais vérifier si ces formules sont vraies. Je vais m’observer face à l’action et voir s’il est vrai que je me laisse emporter par des événements heureux et déprimer lorsque les situations me sont défavorables et que je réagis ensuite mécaniquement aux réactions émotionnelles et mentales, aux états d’âme, aux humeurs que les événements déclenchent en moi à mon insu.

    Arnaud

  • Premier tiroir (1) : La rive sur laquelle nous sommes…

     " L’être humain n’est qu’émotions "

    " Personne ne vit dans le monde, chacun vit dans son monde"

    Swamiji

    " Vous n’avez jamais vu Mâ Anandamâyi, vous n’avez vu que votre Mâ Anandamâyi."

    Swamiji à Arnaud

    (…) Il se peut que des paroles de ce genre vous semblent  très intéressantes mais qu’elles n’aient aucune répercussion dans votre existence. Pouvez vous vérifier que vous n’avez jamais vu votre mari, vos enfants, votre patron qu’à travers votre mental, votre ego, vos projections ? Si vous pouvez le constater et le reconnaître vraiment, vous aurez une expérience de première main et vous échapperez au monde des croyances et des opinions. C’est le point de départ d’une réelle transformation.ikebana.jpg

    (…) Par exemple, face à un bouquet de fleurs, l’un va dire : " j’aime beaucoup ce bouquet, je le trouve très beau" et l’autre rétorquera : " Ce bouquet st quelconque, moi je n’aime que les bouquets japonais composés de trois fleurs piquées dans un pique fleurs". Qu’est ce qui fait que face au même bouquet deux personnes ont une appréciation différente, voire diamétralement opposée ? Chacun voit le bouquet à partir de son monde, c’est à dire de son inconscient, de son vécu, de son éducation, de son milieu socio culturel. Notre monde, c’est le réservoir d’impressions accumulées au cours d’une existence qui alimente nos projections. Si nous vivions tous dans le même monde, nous verrions tous le même bouquet. Ce genre de constatation nous ouvre un champ de réflexion et d’observation immense qui nous permettra peu à peu de prendre une distance par rapport à notre propre monde. Mais dans un premier temps, nous pouvons faire cette observation toute simple.C’est un premier pas. Cet exemple est intéressant parce que les fleurs touchent éminemment notre inconscient. Donc c’est particulièrement vrai tout de suite pour des fleurs : personne ne voit le bouquet, chacun voit son bouquet.

    Arnaud

  • L’armoire aux trois tiroirs

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     » Pour désigner la voie, le Bouddha a employé l’expression :  » la traversée vers l’autre rive « , ce qui suggère qu’il y a, d’un côté, la rive de la souffrance et, de l’autre, la rive de l’au-delà de la souffrance. Entre les deux, la traversée. Pour cette traversée, une barque est indispensable, qui n’est plus du tout nécessaire quand nous avons achevé la traversée. Certaines formules de Swamiji concernent la rive sur laquelle nous sommes et nous aident à la voir avec lucidité. D’autres paroles concernent la traversée et d’autres enfin, évoquent l‘autre rive dont nous n’avons pas encore l’expérience et que l’on ne peut appréhender à partir du mental. C’est dans ce contexte que j’ai proposé trois tiroirs dans lesquels nous pourrions classer les différentes formules de Swamiji. Un tiroir se nomme :  » cette rive  » et se situe au niveau où vous êtes maintenant, le second tiroir pourrait s’intituler :  » la traversée  » et le troisième  » l’autre rive  » , où se trouvent rangées soit des paroles vraiment étranges, soit des paroles apparemment incompréhensibles qui ne vous concernent pas aujourd’hui. Plus vous saurez reconnaître à quel tiroir correspond telle ou telle formule, mieux vous serez à même d’utiliser celle-ci de façon adéquate pour votre transformation.

    Certaines paroles qui ont une grande valeur pendant la traversée n’en ont plus, au contraire, quand nous avons atteint la  rive de l’éveil

    Arnaud

    A suivre…

  • Dernière brume avant soleil

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    Je me sens ce matin d’humeur contemplative. Mais qu’est ce que ça veut dire ? Quel est le lien avec la vigilance ?

    En un clin d’oeil, quelque chose fond sur moi, se rappelle à moi, quelque chose de l’ordre de l’être, de l’essence, quelque chose d’habituellement recouvert et qui jaillit, fait surface, comme un lien direct avec l’origine

    Une présence et une absence simultanée, quelque chose qui n’a rien à voir avec une vigilance volonté  pratiquée en  force. C’est tout à fait le contraire. Vigilance et ananda sont étroitement liées. En fait, c’est la même chose. Ce sont seulement des mots pour écrire l’invisible, le caché, le secret.

    Quelle est la nature de ce que je ressens? Qu’est ce que c’est ?

    L’autre jour, je disais à Eric Edelmann que cet état n’était pas neutre. Je n’en suis plus si sûr maintenant, ce matin. Le neutre peut-il être plein et vide en même temps, présence et absence ?

    Le non lieu, non espace qui se révèle, le secret de l’être dévoilé est l’union des contraires ou tous sont abolis. Les mots n’ont plus tellement leur place en de telles circonstances. Comment un mot, aussi précis fut-il, pourrait il parler d’un infiniment ouvert, quelque chose qui dépasse toute frontière ?!

    Quelque chose qui ne peut en aucun cas être circonscrit ?

    Pourquoi est ce que depuis plus de vingt ans, j’écris la même chose, le même texte ?

    Des instants qui surgissent quand il y a calme, repos, apaisement, tranquillité et au delà. Car il y a un aspect transcendant et immanent à la fois. Quand, j’écris transcendant, c’est tout à fait simple, c’est seulement une réalité qui en dépasse une autre, qui tend vers un au delà

    Quand j’écris immanent, cela veut dire qu’en fait, il s’agit de la même réalité toute ordinaire, toute quotidienne; A un moment donné, l’ordinaire, le quotidien, la terre et le ciel sont réunis

    L’eau d’une nouvelle source découverte jaillit. Jusqu’à présent, elle était cachée, inexploitée, secrete

    Ananda maya kosha, dernier voile avant le Soi

    L’être au repos retourne à la source. La différence avec le monde des émotions est énorme. J’écris ce matin au sujet du dernier voile, quelque chose qui pointe vers le cielimage5.jpg

    L’éveil existe il ?

    Qu’est ce que l’éveil ?

    Pourquoi est-ce que je m’acharne depuis tant d’années à rester, vouloir demeurer dans les émotions alors que je sais dans la profondeur que le monde de Sentiment, au sens ou l’entend Arnaud, est tellement plus significatif, riche, plein, source de Cela

    Une seule solution : Eradiquer mon monde d’émotions en toute douceur, amitié et acceptation.

    Se peut-il que d’une certaine façon, le chemin pour « traverser sur l’autre rive » se résume à cela

    Un avec, pas emporté par

    Compassion, pas identification

    Dans des instants comme maintenant, ce matin, je me sens parfaitement à l’aise, confiant, serein. Ce genre de texte me donne espoir car il me prouve que comme l’affirme Arnaud, Eric, Yann et tant d’autres, c’est possible, oui, c’est possible de naître à un monde complètement différent de ce que je connais habituellement

    Ainsi, la mort à moi même, le prix à payer, signifie d’abord la mort de mes émotions…

    Mais ça, les Amis(e), c’est pas gagné, loin de là mais enfin, je comprends un peu de quoi il s’agit et il m’arrive de vivre des instants porteurs comme ce matin.

    Bonne journée

    NB : Ce texte est dédié à Eric Edelmann

  • Un diamant pur

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    Après plusieurs années je me retrouvais dans mon village natal…

    C’était comme si soudain je voyais la beauté secrète de tous ces coeurs où ni le péché, ni le désir ni l’autoconscience ne peuvent atteindre le noyau de leur réalité, la personne que chacun est aux yeux de Dieu. Si seulement ils pouvaient tous se voir eux-mêmes comme ils sont réellement. Si seulement nous pouvions nous voir les uns les autres constamment de cette façon. Il n’y aurait plus de guerre plus de haine, ni de cruauté, ni de cupidité… Mais cela ne peut être vu , seulement cru et « saisi » par un don particulier. Encore cette expression qui me revient :  « le point vierge ».
    Au centre de notre être, il y a un point de néant qui n’est pas touché par le péché ni par l’illusion, un point de vérité pure, un point où une étincelle qui appartient totalement à Dieu qui n’est jamais à notre disposition, d’où Dieu dispose de nos vies, qui est inaccessible aux fantaisies de notre propre mental ou aux brutalités de notre volonté. Ce petit point de néant et de pauvreté absolue est la plus grande gloire de Dieu en nous. C’est en somme son nom écrit, en tant que notre filiation. C’est comme un diamant pur de la lumière invisible. Il est chacun. (…) La porte du ciel est partout.

    Thomas Merton cité par Eric Edelmann dans son livre :  » Eclairs d’Eternité » Editions de la table ronde Paris 1990

  • L’AUBE SE LEVE 12

     

    soleil_vert.jpgWake up this morning

    Je ne sais pas ce que c’est

    J’aime écrire

    A partir d’un endroit qui n’en est pas un
    Un qui contient tout
    J’écris ton nom

    D’un non-lieu, dans l’espace invisible,
    Totalement ouvert,
    J’écris mystère

    Je ne sais pas ce que c’est
    J’aime être avec lui, sentir sa présence

    Je me suis réveillé tôt ce matin en voulant dire ton nom
    Je mets des mots sur une page blanche pour découvrir
    Qui je suis ?

    D’où je viens ?

    Me rappeler à ton bon souvenir

    "Time fades away" – Neil Young – album "Time fades away" 1973

  • L’AUBE SE LEVE 11

    Nostalgique song

     
     

    un_bleuet.jpgD’où vient ce désir, cette volonté de Te connaître, Te retrouver, si ce n’est que je Te connais déjà ou T’ai déjà connu?

    Suis-je simplement recouvert par tout ce qui empêche la vision?


    Je Te connais déjà

    Je sais que Tu es là

    Pourquoi ne pas Te montrer pleinement tel que Tu es?

    Pourquoi me laisser ainsi errer ?

     

    Je sais bien qu’il n’y a vraiment que Toi qui vaille la peine

    C’est vrai que je suis encore terriblement attiré par l’irréelle magie du faux monde, pas encore assez décidé, déterminé pour la Rencontre

    Je ne suis pas prêt à mourir au faux moi

    Je ne fais que répéter à l’infini la même erreur
     

    Tu es là et je ne Te vois pas

    Je passe mon temps à Te chercher là bas, ailleurs, dans un espace, un lieu imaginaire 

    Tu es là à danser dans mon cœur

    L’évidence simplement recouverte.

     

    Je passe mon temps à recouvrir Cela qui permet tout

     

     

    "The ship song" – Nick Cave and the bad seeds – album "The good son" – 1990