Auteur/autrice : Yann Le Boucher

  • Voyage intérieur au coeur des méditations

    Certains le savent déjà, les 15-16-17 mars prochain aura lieu la seconde édition du « Voyage intérieur au coeur des méditations » qu’organise la jeune association Médit’àRennes.

    Pour information, cette association à l’existence de laquelle j’ai moi-même activement contribué vise à permettre aux pratiquants de la région de Rennes de se retrouver de temps en temps pour méditer tous ensemble quelle que soit leur « chapelle d’origine », confronter leur pratique avec celles d’autres méditants, expérimenter de nouvelles approches et contribuer ainsi dans la bonne humeur à faire mieux connaitre à tous les trésors de bienfaits offerts par cette activité.

    Au tout début de leur réflexion, les fondateurs de Médit’àRennes avaient pensé à intituler cet événement « Tout Rennes médite« , à l’image du célèbre « Tout Rennes court« . Mais par modestie, ils ont opté pour quelque chose de moins prétentieux. Il n’empêche que la première édition de novembre 2017 avait tout de même rassemblé sur une journée près de 450 personnes !!!

    Forts de ce premier succès, nous avons cette fois-ci imaginé un événement étalé sur deux jours et demi. La fête commencera le vendredi à 18h15 par une cérémonie d’ouverture (incluant un temps de présentation des différents intervenants et une méditation collective). A 19h30, le Swâmi Veetamohananda (en charge du Centre védantique Ramakrishna de Gretz) prendra le relais avec une conférence sur le thème du lien entre le soi individuel et le soi cosmique rendu palpable par la méditation (plus de détails ici).

    Le samedi et le dimanche, de 9h30 à 18h30 se succéderont chaque jour sept sessions de méditation guidée d’une heure et demie chacune, introduites à 8h par un atelier de pratique corporelle (Qi Gong le samedi matin, Hatha-Yoga le dimanche matin).

    En marge de ces activités « pour adulte », il y aura aussi 4 ateliers spécialement conçus pour les enfants…

    Les animateurs de tous ces ateliers ont été sélectionnés à la fois pour leurs qualités d’enseignants, mais aussi pour donner le plus de diversité aux pratiques proposées, celles-ci se répartissant ainsi entre quatre pôles principaux : tradition hindoue, tradition bouddhiste, approche laïque contemporaine, et autres traditions (Christianisme et Islam soufi).

    Etant donné que l’événement aura lieu dans un mois et demi, je pensais attendre un peu avant de vous en parler ici. Mais comme c’est moi qui ai mis sur pied le système d’inscription en ligne, je suis bien placé pour suivre l’achat des billets et me rendre compte que les places vont vite venir à manquer.

    Donc, si vous êtes libre et intéressé(e), ne tardez pas à faire votre choix dans le programme proposé puis à prendre vos places, car m’est avis qu’ il n’y en aura pas pour tout le monde !!!

    Programme détaillé  // Inscription en ligne

    Brochure à télécharger

    PS : Nous avons besoin de bénévoles pour encadrer les 1000 personnes attendues sur les 3 jours. Aussi si la « cause » vous touche et vous motive, n’hésitez pas à donner un peu de votre temps (par tranche de 3 heures minimum). Dans ce cas, l’entrée sera gratuite pour vous -à condition de sélectionner « Tarif bénévole » lors de votre inscription.

     

  • 3ème rencontre du groupe de réflexion sur « l’effondrement »

    Samedi prochain, nous nous retrouverons à La Bertais pour un après-midi chantier, suivi d’une troisième rencontre/réflexion/enseignement autour du thème de l’effondrement probable de notre civilisation. Depuis notre rencontre de décembre, le moins qu’on puisse dire c’est que les signes ne se sont pas faits des plus discrets.

    • En positif, notons tout d’abord que ce thème qui, il y a encore quelques mois était totalement marginal, est en train de faire la une de tous les grands médias. Pour vous en convaincre, voici par exemple une chronique de FranceInfo datée du 27 décembre et qui porte le titre « les collapsologues se préparent à la fin d’un monde » (cliquez sur le titre de l’article pour le lire).

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    • Dans la même veine, sachez que France2 a programmé fin décembre le film documentaire « Demain » de Cyril Dion et Mélanie Laurent. Ce documentaire de 2015, qui a battu tous les recours d’audience pour ce genre de film (plus d’un million d’entrées en salles) et qui a été récompensé d’un César en 2016, m’a beaucoup touché (sans surprise, il a éveillé en moi l’un des personnages de ma galerie intérieure dont je vous avais entretenu le 8 décembre dernier…).

    • Cerise sur le gâteau, deux jours plus tard, la même chaine a diffusé « Après Demain« , un second film tout juste sorti des bancs de montage, dans lequel Cyril et Mélanie reviennent sur l’aventure qu’a représenté leur premier film et sur les très nombreuses initiatives citoyennes qu’il a générées. Ce film (que j’ai enregistré en pensant à vous) est nettement moins « enthousiasmant » que le premier opus, mais tout aussi intéressant dans la mesure où il est consacré à évaluer de façon réaliste les effets à moyen terme des projets citoyens nés de la dynamique du premier « épisode ». Le cas échéant, et s’il y a des amateurs, je suis prêt à le projeter à La Bertais à l’occasion d’une de nos prochaines rencontres…

    • Et puis, bien entendu, il y a la fameuse pétition en ligne lancée par Greenpeace et consort appelée « l’Affaire du Siècle » et qui, après avoir reçu en quelques jours un million de signatures, vient de franchir aujourd’hui même le cap des deux millions de paraphes. Oui, vous avez bien lu, il y a en France deux millions d’internautes qui ont accepté de signer une pétition qui -excusez du peu- menace de traduire le gouvernement français devant la Justice si celui-ci ne respecte pas ses engagements climatiques et s’il ne protège pas activement « nos vies, nos territoires et nos droits »…

    Tout cela pour vous dire que ce n’est pas la matière qui manque pour alimenter notre troisième rencontre de samedi prochain… Mais au-delà de la matière, il faut aussi un cadre théorique et des outils pratiques pour traiter de façon fructueuse ce thème si délicat de la fin possible de notre civilisation. C’est pourquoi, comme la dernière fois, j’ai rédigé à votre intention un second texte reprenant (et amplifiant) les propos que j’avais tenus sur le sujet lors de la deuxième rencontre du 8 décembre. Si vous étiez présent(e) et que vous souhaitez « réviser » avant de venir à la troisième rencontre ou si, absent(e), vous avez envie de savoir de quoi il est question dans nos rencontres de ce type, alors téléchargez le texte suivant et « bonne lecture » !  Je dois cependant vous prévenir que c’est un peu long (7 pages cette fois-ci!). N’hésitez pas à me dire en commentaire si ce texte vous a été utile ou non, de façon à me motiver (ou pas) à faire de même après la troisième rencontre…

    Texte à télécharger : Propos sur la notion d’effondrement n°2

    Enfin, si vous avez prévu d’être des nôtres samedi prochain et pour nous faciliter la gestion de la rencontre, merci de vous y inscrire en utilisant le lien ci-dessous :

    Je m’inscris à la rencontre du samedi après-midi 19 janvier

    Programme : 

    • 14h15 : accueil, brève méditation et mise en route du mini-chantier
    • 17h : thé convivial
    • 17h45-19h15 : rencontre/réflexions et enseignement autour de la notion d’effondrement de notre civilisation
    • Possibilité de diner sur place et de rester dormir à La Bertais si vous participez à la journée GSMP du lendemain (sur réservation)
  • Joyeux Noël de Mbacké (Sénégal)

    Depuis presque 2 mois déjà, je vis dans un petit village du Sénégal, à l’invitation d’amis, et je souhaite partager avec vous quelques aspects de mon quotidien en relation avec la vie de la communauté, quotidien si différent de ce que je vis en France. Voici donc un premier article, qui  si vous le souhaitez, pourra être suivi d’autres ayant pour thème : la spiritualité au Dara (le Mouridisme au Sénégal), ma participation à la vie du Dara : l’école et le cours d’alphabétisation des femmes, sans oublier la composante « développement durable » de la communauté : agro écologie, artisanat, éco construction, formation aux métiers de l’agriculture et de l’artisanat…

    En route pour aller faire le plein d’eau potable au village voisin de la communauté…

    Pour aujourd’hui, je vais commencer par décrire mes conditions de vie au quotidien, en totale immersion dans cette communauté musulmane qui applique un islam spécifique au Sénégal, le Mouridisme (thème que je prévois de développer dans un prochain article).
    Les conditions de vie sont très basiques, même si j’ai de l’électricité dans ma case (donc un ventilateur), un lit avec moustiquaire, un beau tapis, un fauteuil ; en fait, j’ai tout ce qu’il me faut ; j’ai en plus une petite terrasse bien aérée avec un fauteuil et une petite table où je prépare la classe ; des voisins un peu bruyants, qui bêlent une partie de la nuit, sans parler de toutes sortes de volailles qui se font bien entendre aussi.

    La case où je suis logée est celle située au fond et au milieu de l’image….

    Le matin, dès 5h, c’est l’appel à la prière du village voisin (dans cette communauté, on ne fait pas les prières de l’islam : tout est prière, chaque acte est offrande à Dieu) ; là aussi, les haut-parleurs du muezzin  sont bien  puissants… Tous mes « voisins » sont alors réveillés : moutons, ânes, volailles, multiples oiseaux. Plus moyen de se rendormir… Je lis, je médite… Je me couvre, car il fait frais le matin (entre 18° et 20° !) en ce moment.

    Petit déjeuner collectif sur une natte. Les salutations sont de rigueur, et très « impliquées ». On boit du café Touba (café très sucré avec des épices de Guinée) ou une tisane de quinqueliba, accompagnés de baguette (le Sénégal est accro à la baguette française (introduite il y a une quarantaine d’années pour écouler les surplus de stocks de blé français…) , avec un genre de mayonnaise et de préparation au thon. Parfois de la pâte au chocolat ; mais je me suis même mise à la mayonnaise et au thon ! Pain sec quelquefois. Le café Touba ! qui m’a fait bien pratiquer ! Au début, je ne supportais pas le café : très sucré, très épicé… Moi, je m’agrippais à Mon THE VERT EARL GREY BIO ! J’ai tout essayé pour avoir de l’eau chaude non sucrée : remettre mon thermos à la personne chargée de la préparation, mais elle change tout le temps, arriver très tôt, etc… pas moyen. Au bout de quelques jours, j’ai lâché, et accepté de faire comme tout le monde ; j’ai bu de la tisane, très sucrée aussi, et me voilà maintenant au café Touba, que je trouve bon à présent. J’en bois même à 6h le soir, où l’on partage un moment convivial ensemble et qui n’est pas sans me rappeler les thés de la Bertais (sauf qu’on est assis au mieux sur un pneu, un bidon, sinon par terre sur le sable). J’ai pu voir comment mon mental me poussait à garder mes habitudes de vie occidentale, alors qu’elles n’ont plus cours ici si on veut vraiment s’intégrer. Ça me prenait la tête, et il m’a fallu plus d’une semaine avant de lâcher ! Les gens faisaient pourtant tout ce qu’ils pouvaient pour m’aider. Par la suite, tout est devenu simple, fluide. L’acceptation de ce qui est, et on en est tellement récompensé ! La matinée, classe avec 12 élèves de 2 à 11 ans (ce sera l’objet d’un futur article, avec le cours d’alphabétisation des femmes), jusqu’à 13h. Là, il fait bien chaud (plus de 40° les jours derniers, un peu moins en ce moment), mais une chaleur sèche, donc supportable, et les lieux de vie collective sont bien ventilés, sous des « saquettes », genres de paillotes.

    Petite présentation des membres de la communauté, le Dara : une cinquantaine de personnes y vivent en permanence, familles, célibataires, en général des disciples du guide spirituel, Serigne Babacar Mbow (cliquez sur son nom pour plus d’info)

    Mon ami et maitre des lieux Babakar !

    Plusieurs cases pour les invités, très fréquents au Dara ouvert à toutes les cultures, toutes les religions. Dans le cadre du projet agro-écologique, ils sont des  passionnés de plantations,  avec une pépinière très fournie. Le Dara est très fleuri, avec beaucoup de bougainvillées, qu’ils plantent même en bordure des champs. C’est beau partout ! Ils luttent de toutes leurs forces contre la déforestation, y compris avec leur combustible, une innovation à base de coques d’arachide compressées, à haut pouvoir calorifique.

    Une vue du dara (équivalent local du terme « ashram ») avec ses bougainvillées, au lever du jour…

    J’ai bénéficié d’un accueil très chaleureux de la part de mes amis Aïssa (Française convertie à l’islam) et Babacar, mais aussi de la part de tous les membres de la communauté, où des liens très chaleureux se sont créés très vite. L’intégration s’est faite tout naturellement. Ils me sont reconnaissants du travail que j’accomplis à l’école auprès des enfants et aussi des femmes, mais je reçois tellement en échange ! Je découvre peu à peu les mille et un détails qui font la vie de la communauté : on respecte la nourriture, par exemple les miettes de pain qui tombent sur soi, on les récupère. Quant aux restes, on les donne aux oiseaux. L’eau potable aussi est respectée. Devant le canari* collectif, on s’agenouille pour boire, et bien sûr, on ne gaspille pas. Cela peut sembler étrange, mais ce sont des rituels complètement cohérents avec l’esprit du Dara, dans le contexte sahélien.

    Il règne ici une joie de vivre (on rit, on chante beaucoup !), un dynamisme au travail, sans stress. Au départ, je donnais un coup de main à la cuisine, je voyais que ça discutait, que l’heure avançait : 2h, 3h, et le repas n’était pas prêt. C’est moi qui étais stressée ! Eh bien, tout le monde attend sans impatience l’appel au repas, et comme par magie, les derniers préparatifs se mettent en place, tranquillement, et puis… c’est prêt ! Ce qui fait qu’on mange toujours tard…
    La cuisine est un lieu névralgique du Dara : on y rit beaucoup, on s’y dispute aussi, on entend tous les potins… Les hommes y sont très présents. On y travaille beaucoup : repas pour 50 personnes à préparer chaque jour (plus qu’à la Bertais, et sans robot !), sans compter les nombreux invités. On prépare dans d’énormes marmites (6-8 kg de riz à chaque repas : tu imagines les courses ici, Anne Marie !). On ne mange pas dans des assiettes, mais dans de grands plats, avec la main droite, soigneusement lavée auparavant (j’avoue que je mange encore avec une cuillère). C’est en procession qu’hommes et femmes (moi aussi souvent) apportent les « bols » (grands plats) sur la tête. Le silence est presque complet (j’ai souvent une pensée pour les repas de la Bertais). C’est très bon, très varié ; je prends soin d’éviter les petits grains orange (piment), c’est déjà assez relevé sans ça !  Les plats sont à base de riz, poisson (séché ou frais), légumes (le fameux tieboudiene), mil, fruits du baobab, pâte d’arachide, niebe (haricots), plusieurs sortes d’herbes aromatiques et médicinales, pâtes en sauce. Les desserts ? Inconnus ici, à part en ce moment la pastèque, dont je me régale. La rareté de certains aliments, comme les fruits, me les fait apprécier à leur juste valeur : je les goûte, les savoure en pleine conscience. Je sens qu’ils satisfont pleinement les besoins profonds de mon corps ; y compris des pommes par exemple qui arrivent très mûres et que j’aurais peut-être écartées avec un certain dédain en France. Chaque aliment porte en lui sa propre richesse, devient nous-même, enseignement (pourtant connu…) que j’expérimente dans toute sa profondeur.
    Après le repas, pause avec le thé à la menthe, très fort et très sucré, délicieux ; un moment de partage encore.
    C’est ensuite le temps de préparation de la classe du lendemain, le cours d’alphabétisation des femmes (article prochain), et douche : toilette au seau. On s’y fait très bien, vue la chaleur. Les toilettes et le lieu de douche étant un peu éloignés, on apprend vite « le geste conscient » : ne rien oublier sous peine d’avoir à se rhabiller dans l’obscurité,  retraverser la cour pour aller chercher son gant ou son savon… Mais quel réel plaisir la toilette après une chaude journée. Dommage que l’eau soit salée (je n’ai pas encore tout accepté…).
    Après le repas du soir, très basique,  soirée sous les étoiles, devant un feu de camp souvent, avec guitare, kora et chant. Ces moments sont remplis de magie. Des échanges aussi, avec mes amis, les invités, entrecoupés de silences encore plus riches.

    Bonne nuit et « Jam rekk … »  (rien que la paix)

    Mbacké Cadior – Sénégal – mercredi 19 décembre 2018


    * canari  : grand récipient servant principalement à stocker et rafraîchir l’eau de boisson.

  • Adieu, frère Roland !

    Dernière minute : les obsèques de Roland auront lieu à Rennes ce vendredi 21 décembre à 14h30, en l’église St Yves, située à l’angle de la rue de Nantes et de la rue Victor Rault (en face du SuperU de la rue de Nantes).
    Désolé d’avoir à ouvrir la semaine par une mauvaise nouvelle : notre frère-sur-le-chemin Roland (Havouy) a été retrouvé mort chez lui vendredi matin par les pompiers qui avaient été alertés par un de ses proches.
    Photo choisie par Roland pour illustrer sa page Facebook
    Le dimanche 9 décembre, Roland était attendu au GSMP et comme il n’avait pas prévenu de son absence, j’ai cherché dès la pause de midi à le joindre (sans succès). Lundi, mardi et mercredi j’ai réitéré mes appels sur ses deux numéros et via son mail. Jeudi soir, j’ai alerté Alain (Mariault) qui ne l’avait pas vu non plus au cours de kinomichi et qui est passé à son domicile où il a trouvé porte close. Nous avons convenu de tenter de joindre un de ses amis proches nommé Edouard (Texier) via Marguerite (de la Rose Mystique) qui connaissait son numéro de téléphone. Quand cet ami s’est présenté chez Roland vendredi matin, les pompiers venaient d’arriver sur place (alertés par un tiers). Ils sont entrés par une fenêtre et ont trouvé Roland inanimé au pied de son lit. Le décès remontant à plusieurs jours, Edouard n’a pas été autorisé à voir le corps qui a été enlevé par les pompes funèbres l’après-midi après une brève enquête de voisinage par la police de Rennes. Le corps (en trop mauvais état pour pouvoir être exposé au public) repose dans un cercueil fermé à la chambre funéraire du cimetière du nord (près du canal Saint-Martin) en attendant la sépulture…

    Avec Alain Mariault et Edouard, nous avons pu entrer en contact avec Jean-Claude Guillet, un prêtre ouvrier que connaissait bien Roland. Ce prêtre est en effet à la tête d’une association locale qui a pour but de donner une sépulture décente aux sans-abris. Roland -qui était célibataire et qui n’avait plus de famille proche valide- était membre de cette association et donc bien connu de Jean-Claude. De ce fait, c’est lui qui va s’occuper d’organiser les obsèques qui auront lieu à l’Église des Sacrés Coeurs de Jésus et Marie, située rue de Villeneuve. Mais la date ne pourra être arrêtée qu’une fois l’enquête de police terminée (la police cherche à déterminer la cause exacte de la mort et si Roland a ou non des héritiers en plus de son frère handicapé…). Au plus tôt, les obsèques pourraient avoir lieu soit jeudi soit vendredi de cette semaine (je donnerai la précision en bas de cet article dès que je l’aurai…).

    Les obsèques de Roland auront lieu ce vendredi 21 décembre à 14h30, en l’église St Yves, située à l’angle de la rue de Nantes et de la rue Victor Rault (en face du SuperU de la rue de Nantes).
    Né en mars 1947, Roland avait 71 ans et était en bonne santé apparente, malgré,  pour ce que j’en sais, un peu d’hypertension. Selon toute vraisemblance, il a fait chez lui un malaise soit cardiaque soit de type AVC. Il faut savoir que dans sa jeunesse il avait eu une longue période d’addiction à l’alcool. Bien que sobre depuis au moins trente ans (grâce aux Alcooliques Anonymes dont il était depuis lors un membre militant actif), il se peut que son organisme en avait gardé certaines fragilités…
    Quoi qu’il en soit, Roland était une personne très sincèrement engagée dans le travail sur soi depuis des années (il avait fait des entretiens et des lyings avec moi dans les années ayant précédé l’achat de la Bertais). Et, malgré une démarche parfois un peu dispersée (d’une curiosité insatiable, il s’intéressait à de nombreux enseignements et avait tendance à combiner des pratiques issues de sources hétéroclites), son re-engagement récent à La Bertais (stage des « quatre piliers » l’été dernier + re-inscription au GSMP cette saison) correspondait à une nouvelle étape prometteuse de son cheminement…
    Photo prise l’été dernier à La Bertais durant le stage d’introduction à l’enseignement d’Arnaud (Roland est derrière Anne-Marie sur la droite de l’image)
    Anne-Marie et moi nous nous sentons donc particulièrement concernés et touchés par ce départ aussi soudain qu’inattendu et qui vient nous rappeler à tous la fragilité de nos existences.
    En communion de coeur avec Roland et avec vous.
  • 2ème rencontre du groupe de réflexion sur « l’effondrement »

    Le week-end dernier, Joël Caillerie m’a prévenu par mail de la sortie en kiosque d’un numéro spécial de la revue « SOCIALTER » consacré au thème de « l’effondrement ». Après consultation en ligne du sommaire, j’ai décidé de me rendre sans plus tarder en ville pour tenter de trouver cette revue dont je n’avais jusqu’alors jamais entendu parler, mais qui réunissait dans ce Hors-Série les meilleurs spécialistes de la question !

     

    Samedi prochain, nous nous retrouverons à La Bertais pour un après-midi chantier, suivi d’une deuxième rencontre/réflexion/enseignement autour du thème de l’effondrement probable de notre civilisation. Si vous n’avez pas encore lu l’un des livres de Pablo Servigne ou entendu parler des contributions des autres auteurs  sur le sujet (Yves Cochet, Gaël Giraud, Cyril Dion, pour ne citer que les plus connus…) alors n’hésitez pas. Vous lirez dans cette revue à la maquette assez agréable de très bons articles de fond qui vous permettront d’être de plain-pied avec le sujet que nous approfondirons ensemble samedi en fin d’après-midi.

    Par ailleurs, j’ai fini par me décider à rédiger un premier texte reprenant (et amplifiant) les propos que j’avais tenus sur le sujet lors de la première rencontre du 13 octobre. Si vous étiez présent(e) et que vous souhaitez « réviser » avant de venir à la seconde rencontre ou si, absent(e), vous avez envie de savoir de quoi il est question dans nos rencontres de ce type, alors téléchargez le texte suivant et « bonne lecture » !  Je dois cependant vous prévenir que c’est un peu long (8 pages sans illustrations!). Allez, vous me direz ensuite si cela vous a été utile ou non, de façon à me motiver (ou pas) à faire de même après la seconde rencontre…

    Texte à télécharger : Propos sur la notion d’effondrement n°1

    Enfin, si vous avez prévu d’être des nôtres samedi prochain et pour nous faciliter la gestion de la rencontre, merci de vous y inscrire en utilisant le lien ci-dessous :

    Je m’inscris à la rencontre du samedi après-midi 8 décembre

    Programme : 

    • 14h15 : accueil et mise en route du mini-chantier (autour de la réserve d’eau des pompiers)
    • 17h : thé convivial
    • 17h45-19h15 : rencontre/réflexions et enseignement autour de la notion d’effondrement de notre civilisation
    • Possibilité de diner sur place et de rester dormir à La Bertais si vous participez à la journée GSMP du lendemain (sur réservation)
  • Opération réserve à eau pour les pompiers (1)

    Ça y est !!! Après beaucoup de discussions, de réflexions, de temps et contretemps divers et même quelques atermoiements administratifs, la poche devant contenir 120m3 d’eau a été livrée cette semaine puis installée. Il ne reste plus qu’à la remplir, ce qui, comme vous allez bientôt vous en rendre compte, ne va pas forcément être la partie la plus facile de l’opération. Mais avant de vous en dire plus à ce sujet, voici déjà le film des événements de la semaine passée :

    • Acte 1 : mardi 13 novembre, livraison de la poche à eau et chantier de terrassement.

    Un peu avant 8h30, un semi-remorque a déposé une pelleteuse à l’entrée de la Bertais et celle-ci a déchargé la palette contenant notre « poche à eau » (300kg) qu’elle a déposée ensuite près de l’endroit à terrasser avant qu’elle puisse y être installée…

     

     

    Vu comme cela, ça n’a pas l’air grand-chose une poche à eau de 120m3… Mais attendez la suite !!!

    Non, ce n’est pas moi en bleu de travail qui borne l’emplacement, mais le conducteur du chantier… Et à votre avis, l’arbre au fond à droite de l’image, il n’empiéterait pas un peu sur la zone à terrasser ?

    Bingo, avant le premier coup de pelle, le mélodieux rugissement de notre tronçonneuse s’est avéré nécessaire (mais seulement pour élaguer quelques branches de l’arbre du fond).

    9h30 : on passe aux choses sérieuses : terrasser une surface de 15 m de long sur 10 m de large (approximativement)

     

    Et cela d’autant plus que le conducteur des travaux vient d’être rejoint par un acolyte au volant d’un gros tracteur attelé à une benne de transport.

     

    Ce dernier n’aura pas à aller bien loin, puisqu’on a prévu d’étendre la terre dans le petit creux qu’il y a entre le verger et notre chemin…

    Les deux hommes et leurs machines respectives vont travailler de concert toute la journée de mardi et de mercredi, pour arriver mercredi soir à ce premier résultat : le creusement de terrasse est achevé, une couche de 10 cm de sable y a été étalée et un géotextile est venu recouvrir le sable : la poche (au premier plan de la photo) n’a plus qu’à être dépliée…

    Quant à la terre de déblaiement, elle a été étalée à l’endroit prévu (il nous restera à la « jardiner », mais merci à la pelleteuse d’avoir fait pour nous le plus gros du travail ! ). Fin de l’acte 1

    • Acte 2 : déploiement de la poche et installation de la vanne pour les pompiers.

    Cet épisode a eu lieu deux jours plus tard (le vendredi). Il a été réalisé en quelques heures par une autre entreprise spécialisée dans l’installation de ce genre de poche. A l’avant de la poche, le capuchon bleu (protection antigel) masque la vanne par laquelle les pompiers pourront puiser l’eau en cas d’incendie. Au milieu de la poche, le second « point noir » correspond au bouchon de remplissage de la poche. Mais n’anticipons pas, car voici déjà la fin de l’acte 2 !

    • Acte 3 : le remplissage de la poche :

    Ici les amis, les choses se compliquent, car, c’est essentiellement à nous (à vous!) qu’il revient de mener à bien cette opération. Dans un premier temps, nous avions pensé demander à notre voisin Loïc Delacroix de nous prêter main-forte. Il dispose en effet d’une tonne à eau pour ses vaches d’une contenance de 5000 litres et on s’était dit que ça gagnerait du temps s’il nous livrait l’eau par ce moyen plutôt que de procéder au remplissage à l’aide d’un simple tuyau d’arrosage. On avait en effet calculé qu’avec ce dernier système, il nous faudra plusieurs jours (à vue de nez entre trois et six!) pour « gonfler » la poche. Loïc n’était pas contre le fait de nous donner un coup de main, mais après réflexion, il nous a fait valoir qu’il lui faudrait faire 24 voyages entre sa ferme et La Bertais pour remplir notre réserve (24 x 5000 litres = 120.000Litres = 120 m3 !!!). Infaisable donc vu le temps que cela lui demanderait et le surcoût pour nous en gasoil et main d’oeuvre…

    Il ne nous reste plus qu’à trouver 100 mètres de tuyau de jardin pour relier le robinet de la cour à la poche, puis d’organiser un tour de garde pendant 3 à 6 jours le temps que notre « ballon » se remplisse à toute petite vitesse!

    Promis,  ceux et celles qui mettront à disposition de La Bertais leurs tuyaux d’arrosage (par 25 mètres minimum) et/ou qui accepteront de passer du temps sur place pour participer à  la surveillance du remplissage gagneront le droit de lire en avant-première le second article de cette passionnante saga !!!

    Trêve de plaisanterie, si vous pouvez venir à la Bertais un ou deux jours (ou à minima une demi-journée) d’ici la fin novembre, faites-vous connaitre en laissant un commentaire. Le travail sera hyper-simple : vérifier que l’eau coule normalement dans le tuyau (il sera en plusieurs morceaux, avec des fuites possibles aux raccords) et que la poche se remplit normalement (sans que l’extrémité du tuyau ne s’en échappe ou que l’eau ne ressorte de la poche avant que celle-ci soit entièrement pleine). En cas de problème, il vous suffira juste de couper momentanément le robinet et de prévenir le responsable de l’opération (YannK,  s’il est libre et d’accord ? ). Sinon, vous disposerez de beaucoup de temps libre sur le site : de quoi vous concocter une petite « retraite » sur mesure!

    Au final, nous devrions obtenir quelque chose ressemblant à cela (il s’agit d’une photo de la poche à eau d’Hauteville, soeur jumelle, comme il se doit, de la nôtre ).

     

     

     

     

  • Blog : les résultats de l’enquête

    Vous avez été près de 60 à répondre à cette enquête, soit environ les deux tiers des abonnés. On peut donc considérer que les résultats sont représentatifs de ce que pense ou ressent la majorité des utilisateurs…

    Voyons à présent le détail de vos réponses :

    Question 1 :

     

    Les répondants sont majoritairement des lecteurs fidèles, voire très fidèles, puisqu’à 85%, ils fréquentent le blog depuis au moins trois ans. Ce qui veut dire que seulement 15% des répondants sont des lecteurs « récents » (1 à 2 ans). Est-ce à dire que nous n’avons pas su intéresser les nouveaux adhérents à cet outil, ou que plus simplement, ils n’ont pas osé répondre au questionnaire ? Le débat reste ouvert…

     

    Question 2 :

    Petite surprise, le nombre moyen de consultations n’est pas aussi élevé qu’attendu : 60% des répondants ne se connectent en moyenne qu’environ une fois tous les 10 jours. 22% des répondants se connectent plusieurs fois par semaine, alors que 18% ne consultent le blog que très épisodiquement (une fois par mois voire moins).

    Au vu de ces chiffres, on peut se demander si le rythme de publication (actuellement de 2 articles par semaines en moyenne) n’est pas un peu trop élevé. À moins que l’abonné moyen n’ait plaisir à lire plusieurs articles à suivre lors de sa connexion ?

    Question 3

    Cette question n°3 éclaire le problème puisque selon presque la moitié des répondants, le bon rythme de publication serait d’un article par semaine. 30% des répondants sont favorables à un rythme plus élevé. Et 20% préféreraient un rythme moins élevé. Ce qui confirme que le rythme actuel de deux articles par semaine est un peu « surdimensionné » par rapport aux attentes exprimées. Ce résultat va donc probablement nous amener à envisager de réduire ce rythme, en particulier lors des périodes de vacances où on sait d’expérience que la fréquentation du blog baisse sensiblement… Ou alors, le nouveau « comité de rédaction » va être en mesure de relancer l’intérêt des abonnés qui auront gout à se connecter plus souvent ? Nouvelle question ouverte…

     

    Question 4

    Paradoxalement, une majorité des répondants ne souhaitent pas qu’il y ait des mises en sommeil du blog durant les vacances. Ceci étant, compte tenu des réponses aux deux précédentes questions, on entrevoit que la bonne solution sera probablement de diminuer systématiquement le rythme des articles lors de ces périodes, voire de faire une petite pause  de deux ou trois semaines au coeur des vacances d’été (mois d’août). Affaire à suivre…

     

    Question 5 :

    Le fait que les répondants ne se connectent globalement qu’assez peu souvent ne veut pas dire qu’ils n’apprécient pas le contenu du blog, bien au contraire, puisque celui-ci est plébiscité par 92% des répondants, alors que seulement 8% d’entre eux le jugent de peu d’intérêt.

    Il semble donc que globalement nous n’ayons pas à changer grand-chose à la ligne éditoriale actuelle…

    Questions 6 : Quel type d’article a le plus de chance de vous intéresser ?

    Pas de schéma pour résumer les réponses à cette question n°6, mais un classement. Celui-ci ne réserve pas de grandes surprises, mais va cependant permettre au « comité de rédaction » d’être plus conscient des attentes…

    • 1ère place : Ceux traitant explicitement de l’Enseignement de Swâmiji, d’Arnaud ou de ses collaborateurs directs
    • 2ème placeCeux présentant des témoignages personnels sur un aspect ou un autre du Chemin
    • 3ème placeCeux traitant d’enseignements d’autres maîtres ou d’autres traditions spirituelles
    • 4ème place : Ceux traitant directement de la vie de La Bertais (écho des activités, écho du C.A …)
    • 5ème place : Ceux témoignant d’un coup de coeur de l’un de nos membres (film, livre ou spectacle remarquables…)
    • 6ème place ex aequo : Ceux traitant des voyages et/ou expériences inhabituelles de l’un de nos membres et Ceux traitant de questions de société (écologie, éthique, politique)
    • 8ème place : Ceux où s’exprime la créativité artistique ou littéraire d’un de nos membres (photos perso, poésie, musique, etc.)

    Question 7 :

    Les deux tiers des répondants ont été jusqu’à présent des utilisateurs passifs alors qu’un tiers a mis la main à la pâte au moins une fois. Ceci étant, il n’y a eu en tout et pour tout que 7 à 8 personnes qui ont écrit assez régulièrement pour le blog, ce qui laisse une belle marge de progression…

     

     

     

     

    Question 8 :

    Du côté des commentaires, la participation est nettement plus satisfaisante, puisque plus des deux tiers des répondants ont laissé au moins de temps en temps un feedback. Il reste qu’un petit tiers est resté muet jusqu’à présent, ce qui n’est pas très stimulant pour les auteurs d’articles qui ne savent pas toujours comment leur prose est reçue faute de retours suffisamment nombreux. Qu’on se le dise !

     

    Question 9 :

    A en croire ce sondage, les choses pourraient évoluer favorablement cette saison, car vous avez été 14 à vous déclarer prêts à rédiger des articles de façon plus au moins régulière. Alors que seuls 36% d’entre vous refusent catégoriquement de passer de l’autre côté du miroir. Ce qui veut dire que la moitié de ceux qui n’ont pas encore écrit d’article serait prêt à tenter l’expérience. Au futur « comité de rédaction » de trouver les moyens de leur faire concrétiser cette belle intention…

    Question 10 :

    A ce sujet, une bonne nouvelle : vous êtes 11 à avoir été intéressés par l’idée de participer à un « comité de rédaction ». Reste maintenant à en préciser les contours et les attributions avec les personnes concernées et ensuite, bien entendu à faire part à tous du résultat de cette initiative.

     

     

    Question 11,  vos remarques et suggestions complémentaires :

    Elles ont été nombreuses et diverses, mais représentent une matière trop volumineuse pour être reproduites ici. Le futur « comité de rédaction » aura pour première mission de s’en saisir et sera donc probablement amené à vous en reparler le moment venu !

  • Farewell, André (Rochette), farewell…

    Vendredi, dernier, nous avons appris avec retard que notre frère et ami sur le chemin André Rochette, avait quitté son corps depuis 15 jours.
    Nous avons été très touchés par cette nouvelle et pour honorer la mémoire d’André, j’ai demandé aussitôt à Gilles Farcet qu’il m’autorise à relayer sur ce blog le très bel article qu’il avait fait paraitre dès le 1er octobre sur sa page Facebook (et que je n’ai découvert que vendredi). Pour les plus nouveaux d’entre vous qui ne connaissez pas ou très peu André, sachez qu’avec Bernie sa compagne, nous les avions reçus par deux fois à La Bertais (en 2003 et 2004) alors qu’André était à l’époque l’un des collaborateurs d’Arnaud à Hauteville. Ces rencontres avaient été des moments particulièrement vivants et forts de la vie de notre sangha de l’époque. Malheureusement, le blog n’existait pas encore et je n’ai donc pas retrouvé de photos de ces week-ends. Si quelqu’un en a, qu’il n’hésite pas à me les envoyer…
    Sachez encore qu’avec l’aide de Gilles Farcet (car à la base André était un « manuel » peu habitué à « écrire »), un livre de témoignage sur le chemin d’André auprès d’Arnaud et sur sa compréhension profonde de la voie qui en a découlé, avait été publié en 1997. La quatrième de couverture reproduite ici vous donne un avant-goût de l’intérêt de cet ouvrage (disponible dans la bibliothèque de La Bertais et en vente d’occasion sur les librairies en ligne).

     Article de Gilles Farcet (1er octobre 2018):

    Précision préalable : ce texte est un hommage à un homme peu connu – même s’il a publié un livre- en dehors du cercle des élèves ou sympathisants d’Arnaud Desjardins et de la voie transmise par ce dernier. Je le poste sur cette page publique en me disant que toute évocation d’un homme de bien et serviteur de la voie touchera les personnes en chemin…
    « Tout ce que j’étais en mesure de partager de ce que j’avais trouvé en Asie, André Rochette l’a assimilé avec passion et mis en pratique avec acharnement. A travers ses doutes, ses révoltes, ses violences, il a redécouvert les clés simples, bien connues autrefois et bien méconnues aujourd’hui , du chemin qui conduit à la paix, à la joie et à l’amour. Sans aucune prétention de sa part à un quelconque titre de sage, de « libéré » ou d’ « éveillé », le changement qui s’était opéré en lui a peu à peu attiré les demandes de nombreuses personnes convaincues qu’elles pouvaient trouver auprès d’André Rochette l’aide qu’elles souhaitaient… Parce qu’il a l’expérience de l’existence au coeur des joies et des peines qui sont celles de la plupart de nos concitoyens et parce que c’est son coeur qui s’exprime, il sait parler, trouver les mots qui touchent, qui inspirent, qui redonnent l’espérance »
    Arnaud Desjardins, extrait de la préface à Par l’Amour de la Vie (La Table Ronde, 1997)
    André Rochette a quitté son corps. Il est enterré aujourd’hui en ce moment même où j’écris, venant juste de terminer l’animation d’un séjour en Poitou. Je ne veux pas ici évoquer longuement son parcours et préfère renvoyer les lecteurs à son magnifique livre, Par l’amour de la Vie. Je dirais seulement qu’André fut un grand disciple de son maître Arnaud, un grand serviteur de la voie à travers lequel quantité de personnes auront reçu une aide inestimable, un mystique amoureux de Ramdas, de Chandra Swami, de Jésus, et aussi un homme simple et bon, dénué de toute prétention.
    Non pas un hommage formel et impersonnel ,donc, mais quelques souvenirs d’André , les miens, parmi tous ceux que je garde en mon coeur.
    André reste pour moi indissociable de mes tout premiers contacts avec mon maître Arnaud Desjardins. Automne 1982 : je viens de me présenter au Bost , le premier ashram d’Arnaud, où j’ai été admis en tant qu’ « invité ». Je n’ai jamais vu Arnaud , ne sais même pas à quoi il ressemble physiquement, et m’apprête à assister à ma première réunion questions – réponses dans la « grande salle ». Un homme pose une question qui me parait très « métaphysique » – il est question du « Un » , du « deux » – à laquelle je ne comprends pas grand-chose. Arnaud lui répond par un long développement en l’appelant par son prénom, « André ». Je ne comprends pas grand-chose non plus à la réponse. Ce qui me marque, c’est l’importance qu’Arnaud semble attacher à cette question et son intimité manifeste avec le type en question. « Il y a tout le chemin dans votre question, André … » Ah bon ? Un peu contrarié, je me retourne et vois pour la première fois un « vieux » – il doit approcher de la cinquantaine alors que j’en ai 23 – moustachu qui parle avec un accent que je reconnais comme lyonnais.
    Quelques mois plus tard, début 1983 : c’est ma deuxième venue au Bost et « j’en veux ». Moi qui suis nul en travail manuel, je me débrouille quand même pour faire de la figuration dans le jardin un outil quelconque à la main. Soudain, des cris. La voix d’Arnaud , tonitruante qui prend à parti André dont le prénom résonne à travers les murs… Quelques minutes plus tard, je me retrouve en voiture avec ledit André, le même que celui qui a posé la question la dernière fois. Nous allons ramasser du bois chez Josette Martel. Il me parait étonnamment calme et disponible après la tempête qui vient de lui tomber sur le coin de la figure, nous demande en voyant la neige tomber, si nos voitures sont équipées … Vient l’heure du déjeuner où je suis invité. Nous devons être une petite dizaine autour de la table et d’Arnaud, dont André. A l’issue du repas en silence, contre toute attente, Arnaud prend la parole et dit en substance : « dans une saddhana, il y a quelques étapes décisives, quelques tournants. André vient d’en franchir une aujourd’hui. Quand j’ai manifesté une colère envers lui ce matin, il n’a pas réagi , est resté ouvert, lui si révolté … C’est un bon karma pour nos invités d’être associés à cet évènement. Cela se fête ». Sur quoi Roland Pfister – autre ancien qui nous a récemment quittés- va, à la demande d’Arnaud, chercher deux bouteilles de champagne à la cave ! Je revois la tête d’André tandis que nous trinquons à sa victoire sur un aspect du « mental » en lui …
    On comprendra qu’André ait d’emblée représenté pour moi la figure par excellence de « l’ ancien » sur la voie , du disciple passé par une saddhana intense émaillée de révoltes, de luttes avec le maître, de moments de grâce, avec ses épisodes légendaires, parfois racontés par Arnaud lui-même, tel celui où , victime d’une vraie fausse angine de poitrine et transporté d’urgence à l’hôpital, André décroche le téléphone pour entendre son maître l’enjoindre « de ne pas s’installer dans la maladie » ; ou encore cet autre appel d’Arnaud qui, alors qu’André lui demande comment se positionner face à des personnes qui lui demandent de l’aide sur la voie, lui répond du tac au tac : « vous ne croyiez tout de même pas que vous alliez passer votre retraite à jouer aux boules ! »
    Dans les années et les décennies qui suivirent, il m’a été donné de nouer une amitié avec André, de ces amitiés improbables que seule produit, je crois, la fraternité sur la voie , par delà les différences sociologiques et culturelles. Nous avons vécu quantité de moments complices, parfois autour d Arnaud, au Québec ou aux Etats Unis, et bien sûr à Hauteville, et dans des contextes plus intimes, notamment aux Blachères , son lieu, haut lieu de « travail » où nous avons oeuvré à l’élaboration de son livre. Il fut aussi associé à des circonstances très personnelles, comme ce jour de septembre où, là encore en présence d’Arnaud, il fut le témoin de mon épouse pour notre mariage. Malgré les rires, parfois les fous rires partagés en vieux copains, je ne me suis jamais départi d’une forme de révérence envers lui. Il était et restait mon aîné, par l’âge et sur la voie, de ces quelques-uns vers qui je savais pouvoir me tourner et dont le témoignage vivant incarnait la vérité du chemin. L’un des premiers aussi, dans la lignée d’Arnaud, a avoir montré qu’il était possible de transmettre à sa place et à sa mesure, dans son propre style, en absolue fidélité, mais sans copier ou imiter , en toute liberté.
    Après mes deux premiers contacts avec André, le dernier, trente-six ans après… Juillet 2018, j’anime un séjour à Hauteville. Bernie, sa très attentive compagne, à qui je demande toujours de ses nouvelles me dit qu’André sera de passage à l’ashram le lendemain et me propose de le saluer. Ces dernières années, j’ai très peu vu André. J’allais souvent lui dire bonjour à chacun de mes passages à Hauteville du temps où il y vivait. Mais voilà quelque temps qu’il demeure dans la Drôme et que je ne l’ai pas vu. Je le sais physiquement fragile et diminué dans certaines de ses capacités suite à un AVC qui l’a rendu aphasique… Le jour dit, je me rends dans la « cuisine des permanents » et me trouve face à un André très amaigri et à la parole pour moi inintelligible, mais dont la présence me saisit immédiatement. On se regarde et on se tombe de suite dans les bras l’un de l’autre avec des exclamations de joie. J’ai beau ne rien comprendre à ce qu’il me dit, la relation est bien là, je retrouve sa voix, ses intonations, ses gestes, et surtout je le sens là, présent , positif, lumineux malgré les capacités amoindries. Il rit sous son chapeau. Le moment est très bref, intense, gai. Nous venons de nous dire adieu. Finalement , sur cette terre, entre nous cela aura fini comme cela avait commencé : dans un climat vivant, surprenant, non linéaire, par delà les mots et les concepts.
    La loi de la vie, celle du changement, est à l’oeuvre, les « grands anciens », ceux qui nous ont aidés, montrés généreusement la voie, partent – je pense à Olivier Humbert, à Denise Desjardins, à Daniel Roumanoff, à Josette Martel , à Jean Pierre Muller qui ne transmettait pas formellement, mais dont la présence dans les derniers temps de sa vie valait son pesant d’enseignement, à Annick qui nous a quittés la première …
    A chacun de nous qui sommes encore là , chacun dans notre rôle et à notre place selon notre destin, d’être aussi généreux qu’ils le furent et de témoigner comme nous le pouvons de la voie pour ceux qui viennent après nous. Bon voyage, mon si cher André, bon voyage et merci , merci pour tout, hein, vieux …
  • Quand notre 1er ministre en parle…

    Effondrement, effondrement, en voilà un gros mot !

    Ai-je bien fait de le prononcer à La Bertais ce fameux dimanche matin 30 septembre ? Et encore, d’enfoncer le clou samedi dernier en fin d’après-midi lors de notre première animation autour de cette notion ?

    Toujours est-il que la vidéo suivante a été l’un des éléments qui ont contribué à ma décision. Car on n’y voit rien moins qu’Édouard Philippe et Nicolas Hulot devisant de concert le 2 juillet dernier lors d’un « Facebook live » ( entendez un entretien public informel avec les abonnés de leur page Facebook) sur la notion d’effondrement, telle que présentée par Jared Diamond dans son livre de référence : « Effondrement : comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie » (2004).

     

    Selon Wikipédia, Jared Diamond, est un universitaire américain né à Boston en 1937. Géographe, biologiste et physiologiste, il enseigne à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), et est surtout connu pour ses ouvrages de vulgarisation scientifique : De l’inégalité parmi les sociétés (prix Pulitzer 1998) et Effondrement (2004). C’est dans cet ouvrage qu’il montre entre autres comment des civilisations telles celle de l’Ile de Pâques, celle des Mayas ou celle des Vikings du Groenland se sont effondrées sur elles-mêmes suite à un épuisement des ressources naturelles sur lesquelles reposait leur prospérité initiale.  Toute ressemblance avec la situation de notre société et son appétit insatiable pour les énergies fossiles non renouvelables (pétrole, gaz et charbon…) n’est pas purement fortuite !

    Apparemment, ce livre est l’un de ceux que notre Premier ministre affectionne (tout comme Nicolas Hulot). Comme quoi, il n’y a pas que les ecolos-pas-cool ou les guénoniens-pisse-vinaigre qui s’intéressent de près à cette notion d’effondrement !

    Le livre en question porte en anglais le titre de « Collapse« .

    C’est ce titre qui a inspiré quelque 10 ans plus tard à Pablo Servigne le néologisme de « Collapsologie » pour désigner ce qu’il appelle « la science de l’étude de l’effondrement de notre civilisation » : tout un programme, dont j’ai commencé à parler de façon un peu plus détaillée samedi et sur lequel je me propose de revenir bientôt, dès que j’aurai pu mettre par écrit mon propos d’avant-hier.

    D’ici là, n’hésitez pas à vous procurer et à lire le livre co-écrit par Pablo Servigne et Raphaël Stevens dont j’ai déjà parlé lors de notre AG et qui est à mes yeux l’un des meilleurs points de départ possible pour amorcer une réflexion à la fois lucide et saine sur le sujet !

     

     

  • A propos de notre blog

    Le Blog de La Bertais existe depuis maintenant plus de onze ans. A raison d’une moyenne de plus d’une centaine d’articles par an, cela fait à la fois beaucoup de « matière » et aussi, pour Mireille, Georges et moi qui depuis tout ce temps, nous occupons de le faire fonctionner au quotidien, pas mal de temps passé devant un écran d’ordinateur.

    En tant qu’animateurs principaux de ce blog, nous avons connu quelques « grands moments », avec la publication de certains articles particulièrement inspirés et inspirants en provenance d’une belle variété de « plumes », et aussi, il nous faut le dire, quelques passages à vide, durant lesquels, faute d’articles vraiment intéressants à faire paraitre, nous avons parfois eu l’impression de devoir « meubler ».

    Par ailleurs, au fil de ces  onze années, la place de la communication électronique a beaucoup augmenté dans le quotidien de tout un chacun (démultiplication des écrans de toute sorte -smartphone, tablette etc). Et ce qui, il y a une décennie suscitait encore l’engouement de la nouveauté et l’admiration pour la prouesse technique (ah, la magie des premières vidéo incluses dans un article), s’est tellement banalisé qu’on est de plus en plus nombreux à sentir poindre une certaine lassitude face à cet envahissement de notre espace intérieur par ce cyber-coucou qu’est devenu Internet.

    Internet : un coucou qui, une fois installé dans nos vies, en prend de plus en plus à son aise à notre détriment !

    Ces deux aspects des choses (manque de collaborateurs réguliers motivés et désamour progressif de notre auditoire pour Internet) font que Mireille, Georges et moi avons commencé à nous interroger sur la pertinence de continuer à faire vivre ce blog.

    Pour nous aider dans notre réflexion, nous avons donc eu l’idée de vous soumettre une enquête, afin de mieux apprécier l’intérêt éventuel que vous portez encore à cet outil et décider ensuite en meilleur connaissance de cause de la suite à lui donner.

    Un questionnaire a donc été inséré au dos du coupon-réponse de la dernière Lettre de La Bertais qui est en cours d’acheminement postal. Mais, puisque vous lisez cet article, sachez que ce questionnaire sera plus facile à dépouiller pour nous, si vous y répondez en ligne.

    Donc, puisque vous avez le choix, merci de prendre 5 minutes pour le remplir dans sa version électronique plutôt que dans sa version papier. C’est facile, y a qu’à cliquer ici (ou sur l’image ci-ontre).

  • Mâyâ selon Ramakrishna (5)

    Issue d’un texte classique cher à Swâmiji -le Yoga-Vasishtha- l’histoire traditionnelle suivante était entre autres racontée par Ramakrishna*. Elle m’a semblé un complément particulièrement approprié à la série des 4 articles précédemment publiés sur mâyâ


    Un jour, alors qu’il était encore jeune et que son apprentissage de la Sagesse n’était pas terminé, le poète et musicien Nârâda se tenait en compagnie de Vishnu et de sa compagne Lakshmi. Profitant de cette aubaine, il se permit de questionner le Dieu Suprême au sujet de sa Mâyâ : « Est-ce vrai que ta mâyâ est capable de tromper même les meilleurs ascètes ? « 

    Afin de lui répondre, Vishnu lui proposa de partir en voyage avec lui. Après avoir marché un certain temps, le Maître suprême eut soif. Fatigué, il s’assit sur le sol et dit à Nârada :
    « j’ai besoin de me désaltérer, va Me chercher un peu d’eau n’importe où ».
    Nârada partit à la recherche d’eau. N’en trouvant pas dans les parages immédiats, il s’éloigna toujours davantage, jusqu’à ce qu’enfin une rivière lui apparaisse au loin. Redoublant d’ardeur dans son désir de rapporter au plus vite de quoi rafraichir son guru, il finit par atteindre la rivière. Au bord de celle-ci, une ravissante jeune fille puisait elle aussi de l’eau. Quelle grâce dans ses gestes et quel éclat dans son beau visage! Nârada ne put s’empêcher de tenter de nouer une conversation avec elle. Par chance, la belle jeune fille se sentait elle-même d’humeur badine et répondit bien volontiers au jeune homme vigoureux et déterminé qui venait de se présenter à elle. Ils parlèrent encore et encore, reculant le moment de se séparer et quand elle se résigna à regagner enfin son village, Nârâda, déjà épris, insista pour la raccompagner jusqu’à chez elle au prétexte de lui porter son eau. Le chemin vers son village était long et au fil de leurs bavardages, ils eurent tout le temps de tomber pour de bon amoureux l’un de l’autre. Tant et si bien qu’arrivé au village, Narâda n’avait plus qu’une idée en tête : la demander tout de go en mariage. Ainsi fut-il fait, et puisque la jeune fille était elle aussi manifestement éprise de ce beau jeune homme, ils reçurent sans difficulté la bénédiction parentale et s’établirent dans une hutte proche de celle de la famille de la jeune villageoise. Ils s’aimèrent tendrement et eurent bientôt un premier enfant puis… plusieurs autres !

    Alors que la famille prospérait dans le bonheur et l’harmonie depuis une décennie années, la peste s’abattit un jour sur la contrée et vint entre autres endeuiller le village. Voyant la mort frapper à chaque porte, Nârâda proposa à sa femme de fuir au plus vite ce pays maudit. Les voilà bientôt, tenant leurs enfants par la main, jetés sur les routes de l’exode. En passant près de la rivière où ils s’étaient rencontrés quelques années plus tôt, ils virent que celle-ci était en crue. Ils se hâtèrent donc d’atteindre le seul pont disponible afin de pouvoir le traverser et quitter enfin cette région maudite. Mais au moment où ils étaient en beau milieu du pont, le flot enfla de plus belle et emporta avec lui un à un les enfants, trop petits pour résister au courant. Alors que, tout autant effondré que paniqué, le couple luttait désespérément pour atteindre la berge, la jeune femme perdit soudain pied et fut à son tour emportée par le flot. Finalement, à bout de forces, Nârâda parvint seul à s’en sortir…
    Assis sur la berge et regardant incrédule la rivière en furie, submergé par la souffrance, il se mit à hurler de douleur, puis à pleurer de chagrin des heures durant…

    C’est alors que son guru divin apparut soudain devant lui et demanda  :

    – Ô Narâda, où est mon eau et pourquoi pleures-tu si fort ? Ça fait déjà plus d’une demi-heure que tu es parti et que j’attends ta cruche !

    – Une demi-heure! s’écria Nârada, à qui il semblait que douze années au moins s’étaient écoulées…

    Se remémorant toute l’histoire, Nârada comprit soudain son erreur  : « Seigneur, je m’incline devant ta Mâyâ aussi redoutable que merveilleuse et qui m’a fait oublier jusqu’à ton Nom, alors que je me croyais pourtant le meilleur de tes dévots ! »


    * Cf. L’enseignement de Ramakrishna, chapitre IV, présenté et annoté par Jean Herbert, Albin Michel (récit partiellement réécrit par mes soins)

     

  • Mâyâ (partie 4)

     Sommaire des épisodes précédents :

    1er approche : nos illusions ne sont que la conséquence de notre ignorance de nous-même –à relire ICI-.
    2ème approche : nos représentations mentales du monde sont toutes illusoires car subjectives –à relire ICI-.
    3ème approche : la persistance de nos représentations illusoires relève d’un forme d’ensorcellement magique –à relire ICI-.


    4ème approche : Mâyâ comme manifestation de l’énergie divine (îshvara shakti)

    Et cela nous introduit directement à une 4èmeapproche de mâyâ, que Shankara définit aussi comme le résultat tangible du déploiement de l’énergie créatrice de Dieu (îshvara shakti). Selon ce dernier point de vue[1], le Védânta nous invite, tant que nous ne nous sommes pas libérés de notre ignorance de nous-mêmes et de la vision egocentrée qui en découle, à considérer que toute notre expérience « ordinaire » du monde est produite et orchestrée par « la main invisible du divin». Il nous propose de vivre notre existence dans cette lumière, de façon à avoir un premier recul sur notre condition. Car si, au lieu de me percevoir comme une entité finie et irrémédiablement condamnée à lutter pour sa survie dans un monde hostile, je me vis comme un acteur jouant un rôle dans le Grand Spectacle du Monde, écrit et mis en scène par Dieu lui-même, cela va me donner un avant-gout certain de l’harmonie et du sentiment d’unité propre à l’éveil. Certes, en procédant ainsi, je vais pour une part nourrir mon erreur dualiste, c’est-à-dire faire perdurer ma conviction d’être une entité autonome. Mais cela sera un moindre mal, car cette entité ne se sentira plus « seule au monde », mais reliée à plus grand qu’elle-même.

    Grâce à l’aide de Krisha son maître (en bas au milieu), Arjuna (en bas à droite) finit par pouvoir contempler l’omniprésence de Vishnu et par se rendre compte que c’est Lui qui sous ses visages et par ses bras multiples, actionne secrètement chacun des protagonistes présents sur le champ de bataille de l’existence ! (Bhagavad Gita, chapitre XI)

     

    Avec ce dernier point de vue sur mâyâ, nous retrouvons donc la subtilité de l’advaïta védânta qui, tout en affirmant que le concept de Dieu est aussi une illusion -Dieu est une idée produite par l’ego avec sa pensée et son langage- considère sans vergogne que cette illusion est utile sur la voie, car elle représente le moyen le plus simple de débuter le processus de déréalisation du moi. Entendez par là, le processus par lequel l’ego va perdre peu à peu de son importance, jusqu’au moment où il sera supplanté dans la conscience de nous-mêmes par le sentiment impersonnel d’unité et de plénitude propre à l’éveil.

    Arrêtons nous un instant sur cette affirmation paradoxale : du point de vue védântique, Dieu fait bel et bien partie intégrante de l’illusion dont il s’agit de se libérer. La preuve, c’est que ce concept cesse d’exister dans le silence absolu de la pensée, que ce silence soit obtenu au cours d’une méditation, ou, plus prosaïquement dans l’expérience du sommeil profond. A cet égard, les maitres du Védânta aiment à faire remarquer que s’il y a bien une différence entre l’expérience intérieure d’un croyant et celle d’un incroyant tant que ces deux personnes sont dans l’état de veille, cette différence est, par contre, radicalement abolie quand ils sont tous les deux plongés dans le sommeil profond, c’est-à-dire quand ils sont dans un état sans mental. Ainsi, dès que la pensée s’arrête, les distinctions que celle-ci fait habituellement entre l’ego, le monde et -éventuellement- Dieu, s’arrêtent aussi. Nama-rûpa : tout ce qui relève de la conception et de la perception n’est qu’un mirage (mâyâ). Mais le Védânta nous enseigne aussi que, pour nous en rendre compte, il nous faut commencer par honorer ce mirage, et, au lieu de le considérer comme une calamité, le vivre comme un miracle quotidiennement offert à notre capacité d’émerveillement et de gratitude.

     

    Conclusion : du bon usage de mâyâ

    Pour synthétiser tout ce qui précède, on peut dire que, selon le contexte, mâyâ, c’est notre représentation du monde subjectivement déformée par notre égocentrisme ; mâyâ, c’est l’ensemble de ce que nous pensons et de ce que nous disons pour tenter de nous rassurer face à l’insondable mystère de notre existence et de celle de l’univers ; mâyâ, c’est ce mystère lui-même que, faute de comprendre rationnellement, nous pouvons apprendre à contempler et à aimer ; mâyâ, c’est encore et enfin la partie de cache-cache que Dieu semble jouer avec chacun d’entre nous avant que nous ne le démasquions comme étant Nous-Mêmes !

    Que de richesse, donc, dans cet étrange concept !
    Mais au fait, puisqu’il s’agit encore d’un concept, mâyâ ne relèverait-elle donc pas aussi du domaine de l’illusion qu’elle dénonce ?
    Ultime subtilité de la dialectique shankaracharienne pour qui, en effet, mâyâ n’est qu’un outil pédagogique provisoire (adhyaropa) et en aucun cas une vérité définitive. En essence, mâyâ n’est donc pas une notion doctrinale visant à expliquer la condition humaine ordinaire, mais un tremplin offert pour s’en affranchir. Utilisée à bon escient, l’idée d’illusion est en effet susceptible de produire un choc salutaire dans la conscience de l’auditeur, qui voit soudain remise en cause sa conception habituelle de lui-même et du monde.

    Pour illustrer ce dernier point, imaginons un instant que lors d’un de nos rêves nocturnes, nous nous retrouvions avec quelques amis à randonner dans un beau paysage. Au détour d’un chemin, un panneau se dresse soudain devant nous où est inscrit « Attention, tout ceci n’est qu’un rêve ».  Selon notre humeur du moment, soit nous  allons passer devant ce panneau sans y prêter garde, soit nous allons prendre prétexte de sa présence pour entamer une discussion philosophique « passionnante » avec nos amis au sujet de la prétendue irréalité du monde, soit enfin nous allons nous laisser vraiment percuter par son message et, par un mouvement interne de recul de notre propre conscience de rêveur, commencer à nous interroger pour de bon sur la réalité de ce que nous sommes en train de vivre. Certaines fois, cela déclenchera un « rêve lucide », c’est-à-dire que nous continuerons à rêver, mais en sachant qu’il s’agit d’un rêve, ce qui est déjà en soit un degré de liberté appréciable. Et d’autres fois, le choc sera tel qu’il nous libérera pour de bon du rêve dans lequel nous étions plongés en nous amenant à reprendre pied dans le monde de l’état de veille.

    Ainsi en va-t-il de cette notion védantique d’illusion : nous pouvons en entendre parler sans qu’elle ne suscite en nous la moindre curiosité ou réaction. Nous pouvons nous y intéresser superficiellement et, la prenant pour un concept philosophique ordinaire, nous mettre à discuter de sa validité à perte de vue. Enfin, nous pouvons la recevoir comme un choc nous amenant à un sursaut de conscience, avant-coureur de notre propre Éveil!

    René Magritte, Museum of Art de Los Angeles

    Parvenu au terme de cet essai, je formule le vœu qu’il puisse permettre au lecteur  de commencer à entrevoir la profondeur et la richesse de cette notion de mâyâ, habituellement si caricaturalement présentée voire moquée, alors qu’il s’agit selon moi d’une des idées les plus originales et les plus profondes du patrimoine philosophique et spirituel de l’humanité !

    Aum, tat, sat

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    Vous avez apprécié ce quatrième et dernier épisode de mon feuilleton de rentrée? Dites-le moi en commentaires et/ou faites-moi part de vos remarques. Si vous êtes assez persuasifs, cela m’incitera peut-être à prolonger cette série en vous rapportant dans un cinquième article l’une des histoires les plus inspirantes que racontait Ramakrishna au sujet de Maya  😛


    [1]Cf.entre autre, Brahma-Sutra-Bhashya II,1, 37 etMandukya-Karika-Bhashia I, 7 et 9

  • Mâyâ (partie 3)

    Dans le premier article de cette série, nous avons vu que l’ignorance de nous-même est la cause première de toutes nos illusions –à relire ICI

    Dans le second, c’est notre propension invétérée à mettre des mots sur toutes nos perceptions pour banaliser notre expérience du monde et la réduire aux limites de notre mental qui a été dénoncée comme le principe même de nos illusions –à relire ICI .

    Pour ce troisième épisode, accrochez vos ceintures, car ça devient franchement « bizarre »…

    3ème approche de mâyâ : l’illusion dont nous sommes tous victime n’est ni réelle ni irréelle, mais un mystère indéfinissable (anirvachanîya)

    Ce caractère factice de toute représentation du monde qui repose sur l’usage de la parole et de la pensée est particulièrement mis en avant par la troisième approche utilisée par Shankara pour traiter de mâyâ. Selon ce point de vue[1], mâyâ est explicitement considérée comme non-conceptualisable anirvachanîya, c’est-à-dire qu’on ne peut la définir ni comme réelle ni comme irréelle, mais qu’elle est vouée à demeurer un mystère, même pour celui qui cesse d’en être le jouet. Cette « drôle d’idée » est classiquement illustrée par l’exemple de la corde prise, dans la pénombre, pour un serpent.

     

    Quelle est la réalité de ce serpent ? Il n’est clairement pas une entité réellement existante. Mais il n’est pas non plus une « non-entité» comme le serait par exemple le fils d’une femme stérile ou un cercle carré. Il est seulement l’apparence trompeuse que prend la corde quand elle est regardée dans certaines conditions de distance et d’éclairage. Ce serpent imaginaire n’est donc ni réel ni non-réel, mais une sorte de déguisement que le réel revêt pour ceux qui ne le regardent pas d’assez près. Et, bien que cette apparence n’ait pas d’existence en elle-même, elle s’impose pourtant visuellement avec persistance, y compris à celui qui sait par ailleurs qu’il n’y a pas de serpent à cet endroit.

    Une seconde illustration permet de mieux comprendre ce point assez subtil, c’est celle du mirage dans le désert. Quelqu’un comme un Touareg qui connaît bien le désert et quelqu’un qui y voyage pour la première fois verront tous les deux, dans certaines conditions de chaleur, de lumière et de distance un phénomène étrange se présenter dans leur champ de vision, celui du mirage d’une oasis.

    Le fait que le Touareg sache d’expérience que ce phénomène est illusoire ne suffit pas à faire disparaître le mirage. Comme le voyageur inexpérimenté, il voit le phénomène, mais contrairement à lui, le Touareg ne le prend pas pour argent comptant et ne se précipite pas vers l’oasis, même s’il a très soif. Alors que le néophyte, lui, va courir vers ce qu’il croit être un point d’eau.

    Selon cette analogie, il en va de même pour mâyâ. Un homme éveillé à la vérité de la non-dualité n’en continue pas moins à expérimenter le monde « des noms et des formes » comme tout un chacun. Mais il ne lui attribue plus un statut de réalité objective. Il sait que ce n’est que l’apparence que brahman prend pour lui tant qu’il est incarné dans un corps d’être humain, mais il ne croit pas que cette apparence peut réellement ni lui nuire (serpent) ni étancher sa soif (oasis). Et il regarde donc cette apparence comme un mystère, au sens théologique du terme, c’est-à-dire comme quelque chose qui dépasse à jamais son entendement, mais qui n’en demeure pas moins une source d’émerveillement sans cesse offerte à sa contemplation. Sous ce troisième aspect, mâyâ est donc l’incroyable magie du monde, la source intarissable de toute émotion esthétique et de tout émerveillement poétique ou ravissement mystique. Mâyâ devient alors la porte permettant de pressentir, derrière l’invraisemblable et terrifiante magie des formes, la présence du… Grand Magicien !

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    Vous avez apprécié ce troisième épisode de mon feuilleton de rentrée? Dites-le moi en commentaires et/ou faites-moi part de vos remarques, histoire de m’inciter à publier la dernière et ultime partie  :-P


    Notes :

    [1]Cf.Mandukya-Bhashya IV, 49 à 52

  • Mâyâ (partie 2)

    Cet article fait suite à celui qui a présenté notre illusion dualiste habituelle (mâyâ) comme la conséquence de notre ignorance fondamentale de nous-mêmes (avidyâ) – à relire ici-.

    2èmeapproche de mâyâ : l’illusion des noms et des formes (nâma-rûpa).

    Le deuxième angle d’approche de mâyâ qu’utilise Shankara est de montrer que notre croyance habituelle en l’objectivité du monde repose en fait sur notre façon toute subjective de percevoir les sensations et de nommer les formes ainsi repérées[1].

    Il est facile de se rendre compte que nos cinq sens sont des instruments à la fois limités (nous ne voyons pas les infrarouges, nous n’entendons pas les ultrasons alors que ces données existent) et étroitement dépendants de la façon dont nous sommes structurés en tant qu’être humain. Imaginez un instant que notre odorat soit celui du chien, que nos yeux voient comme ceux de la chouette et que nos oreilles entendent les ultrasons comme les chauves-souris. Combien notre représentation du monde en serait différente ! Ce que nous croyons naïvement être « le monde objectif » n’est en réalité qu’une représentation mentale construite à partir des seules informations sensorielles accessibles à l’être humain.

    D’autre part, ces informations sensorielles ne restent pas à l’état de données brutes, mais sont traitées et organisées par le mental sous forme d’idées puis de mots. Or, en nommant les formes qui nous entourent, nous découpons le réel en fonction de nos centres d’intérêt subjectifs, c’est-à-dire de façon là encore arbitraire. Si nous avons un intérêt précis pour un aspect de la réalité, la chasse par exemple, nous allons apprendre à tenir compte de formes particulières (les empreintes laissées par le gibier) et nous allons développer un important vocabulaire pour distinguer entre elles ces empreintes et les relier chacune à un animal précis. Ainsi elles deviendront pour nous des réalités signifiantes. Alors que si nous ne sommes pas chasseurs, ces traces n’évoquant rien de spécial pour notre mental, celui-ci ne les isolera pas de la masse des données sensorielles brutes et ne les nommera donc pas. Tant et si bien qu’elles n’auront finalement pas d’existence dans notre représentation du monde. C’est ainsi que l’univers d’un chasseur n’est pas le même que celui d’un cycliste, ou encore que celui d’un berger de haute montagne diffère grandement de celui d’un citadin, etc. Ce qui revient à se rendre compte, avec Swâmi Prajnânpad, que : « personne ne vit dans le monde, chacun vit dans son monde ». L’idée contraire, selon laquelle nous faisons tous l’expérience d’un seul et même monde « objectif » est donc, là encore, « mâyâ » une illusion collective.

    Pour finir de s’en rendre compte, on peut s’appuyer sur cette autre vérité aussi étrange d’indéniable : « je suis toujours le seul à avoir l’expérience perceptive que j’ai dans l’instant, car ici et maintenant, il n’y a jamais que moi qui me trouve à la place ou je me trouve ». Illustration : si nous sommes six personnes assises autour d’une table pour déjeuner, mon corps occupe une position particulière autour de cette table, position que je suis le seul à pouvoir physiquement occuper dans l’instant. Mais de ce fait, je vis la scène de ce repas à partir d’un angle de vue particulier que personne d’autre que moi n’a dans l’instant. Et il en va de même pour chacun des autres convives qui, eux aussi voient la scène de ce repas d’un point de vue qu’ils sont dans l’instant les seuls à avoir. Du fait que nous sommes tous réunis pour une activité commune (un repas), nous imaginons que chacun voit la même table et expérimente le même environnement alors qu’en réalité, du point de vue sensoriel, l’expérience perceptive de chacun est originale et unique. Certes si j’évoque devant vous ce repas auquel vous avez assisté, vous allez considérer qu’il s’agit d’une expérience partagée. Mais en réalité, chacun de nous a toujours été le seul à percevoir le « film » de ce repas exactement comme il l’a perçu. Et cela même si nous étions assis côte à côte à table, car en vérité, comme ce n’est physiquement pas possible que les yeux de deux personnes puissent se trouver exactement au même endroit au même instant, les expériences perceptives de chacun restent toujours singulières et « privées »: il n’y a jamais que moi qui sent exactement ce que je sens de la façon précise dont je le sens. Je suis donc irrémédiablement enfermé dans ma bulle perceptive : « mon monde ».

    Renoir, « le déjeuner des canotiers »

    Et bien entendu cette solitude subjective est encore renforcée au niveau du mental. Car non seulement je suis le seul à percevoir ce que je perçois, mais je suis le seul à « penser » les choses perçues (à les organiser en ensembles signifiants) exactement comme je les pense. A ce niveau, il est plus facile de se rendre compte combien notre monde mental est personnel et combien peu il chevauche ou recoupe le monde intérieur des autres êtres humains, y compris de nos proches !

    « A quoi penses-tu ? » est une question qui revient fréquemment dans les échanges intimes. Comme quoi, le monde de l’autre, y compris dans la relation amoureuse, reste toujours et pour sa plus grande part un mystère.

    Nâma-rûpa, l’ensemble des formes que nous percevons et des noms que nous utilisons pour penser et communiquer avec nos semblables n’est donc pas la réalité, mais seulement la représentation subjective particulière que chacun de nous se fait de cette réalité. A ce titre cette représentation est bel et bien « mâyâ » une façon aussi illusoire que vaine de prétendre faire l’expérience de la réalité.

    Et cela amène à une dernière remarque d’importance : celle touchant à la limite du langage et à la défiance habituelle qu’il suscite de la part des traditions spirituelles. Tenter de décrire le réel à l’aide du discours, que celui-ci soit rationnel comme celui des sciences ou de la philosophie, ou qu’il soit plus intuitif comme celui de la poésie, est une entreprise nécessairement vouée à l’échec. Dans la mesure ou la pensée est une activité d’analyse qui découpe ou subdivise la réalité pour l’organiser en concepts, elle produit et entretient nécessairement une vision du monde dualiste dans laquelle il y a d’un côté moi qui pense et qui parle et de l’autre, l’objet de ma pensée et de mon discours. Ce qui veut dire que pour sortir de mâyâil faut nécessairement en arriver à se taire et à faire silence, y compris mentalement ! Voilà qui éclaire d’une façon inattendue les nombreuses injonctions et mises en garde, tant des textes classiques que des maitres spirituels authentiques. « Yoga chitta vritti nirodha » affirmait déjà Patanjali[2]. Pas d’accès à l’état d’unité sans l’arrêt complet des opérations du mental ! Ou encore, c’est par la qualité de son silence bien plus que par la pertinence de ses propos qu’un maitre digne de ce nom témoigne de l’essentiel. Dans cette perspective, la seule utilisation encore envisageable du langage est celle appelée en théologie l’approche apophatique, c’est-à-dire celle qui consiste à nier toutes les descriptions positives habituelles du Réel (ou de Dieu). C’est le fameux « neti, neti » des Upanishads qui enseignent à reconnaître que le brahman n’est « ni grand, ni petit », « ni proche, ni lointain », « ni vivant, ni mort », etc., ces paradoxes ayant pour but d’inciter l’ego à renoncer à son désir de grenouille de se faire aussi gros que le bœuf de la fable ! Car le réel n’est pas compréhensible par l’ego : comment le limité pourrait-il s’approprier l’illimité !

    Mâyâ, c’est donc bien encore et aussi la parole et la pensée : qu’on se le dise !

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    [1]Cf. entre autre,Brahma-Sutra-Bhashya II, 1, 27

    [2] Premier théoricien du Yoga qui vivait autour du 2ème siècle avant notre ère et qui est l’auteur du Yoga-Sutra, texte d’où est issue la citation (Y.S.1.2)

  • Dimanche 16 septembre : Journée de méditation à La Bertais

    Étant donné la proximité de l’évènement, je reproduis ci-dessous le texte de présentation de cette journée qui est inclus dans la Lettre de septembre que vous devriez recevoir ce soir (par mail) ou à partir de demain matin (version papier).

    Si vous souhaitez participer, merci de lire jusqu’au bout cet article et de suivre la procédure d’inscription indiquée. Et si vous ne recevez pas la Lettre ou si vous l’égarez d’ici l’AG du 30 septembre, le lien tout en bas de cet article vous permettra de la télécharger…


    Journée “ relais de méditation non-stop ”  (16 septembre)

    Lors des deux dernières éditions du week-end annuel de méditation, nous avions été contraints, faute d’un nombre suffisant de participants, de raccourcir au dernier moment le format de cette animation. Nous vous proposons donc d’emblée cette année un format réduit à une seule journée, celle du dimanche, avec les mêmes horaires que ceux du GSMP (9h45-18h15). Rappelons que cette animation est ouverte à toute personne en lien avec l’association, qui veut profiter de l’occasion offerte pour vivre une expérience d’intériorisation et de silence collectifs dans des conditions optimales. Elle est, en effet, conçue pour permettre aux participants de méditer aussi souvent et aussi longtemps qu’ils s’y sentent portés, les autres aspects de la vie à la Bertais étant, pour la circonstance, réduits au minimum (déjeuner réduit à des coupe-faim, pas de travail à l’extérieur, et tâches dans la maison réduites au strict nécessaire).

    L’activité principale est constituée par un relais ininterrompu d’une quinzaine de méditations individuelles “ encadrées ” par deux méditations collectives, selon l’emploi du temps détaillé que vous trouverez ci-après.

                Conditions de participation

    En venant à cette journée, vous acceptez par avance les quelques règles du jeu suivantes :

    • Vous vous engagez à participer au minimum aux deux méditations collectives (dimanche à 10h en ouverture et à 18h en clôture).
    • En dehors de ces deux temps collectifs, vous serez libre de participer ou non aux relais de méditations individuelles (par période de 30 minutes). Durant les temps où vous choisirez de ne pas méditer, il vous sera demandé de respecter un silence rigoureux. De la sorte, même si vous ne faites que deux méditations dans la journée, vous aurez au moins vécu cette journée dans le silence complet (les smartphones et autres objets connectés -tablettes, etc- devront impérativement être ÉTEINTS).
    • Pendant ces moments libres, vous pourrez, à votre convenance, soit vous promener dehors, soit lire ou écrire, ou encore vous reposer, mais en aucun cas “ travailler ” (sauf tâches minimales si vous faites partie de l’équipe organisatrice) et encore moins parler avec les autres participants. Il y aura deux temps de parole spécialement prévus pour vous permettre de vous exprimer (en début et en fin de journée). En dehors de ces deux temps, cette rencontre se veut l’occasion de vivre collectivement dans le silence de façon à ce que chacun puisse bénéficier de conditions optimales d’intériorisation.
    • L’expérience proposée formant un tout cohérent, il n’est pas possible de n’y participer que pour une demi-journée.
    • Les personnes qui viennent de loin sont invitées à arriver la veille au soir et à loger sur place (merci de réserver votre lit via le coupon-réponse).

                Programme de la manifestation :

    • Samedi       
      15h-17h  :  Préparation du lieu par l’équipe organisatrice
      17h-17h30 :  Thé
      17h30-19h30 : Arrivée possible des personnes souhaitant dormir sur place la veille au soir
      20h  : Repas de galettes, auto-géré par les personnes restant dormir sur place (équipe organisatrice et/ou personnes hébergées)
    • Dimanche   
      9h45 Accueil des participants
      10h -10h30  Présentation de la journée et des participants (tour de groupe)
      10h30-10h40          Première méditation collective
      10h40-17h20          Relais de méditations individuelles (par sessions de 30 minutes)
      17h20-17h30          Dernière méditation collective
      17h30-18h   Tour de groupe de synthèse et clôture de la journée

    NB : Pour vous donner l’opportunité d’un mini-jeûne (ainsi que pour simplifier l’organisation) nous ne prévoyons pas de repas le dimanche midi. Des fruits frais, du pain et du fromage ainsi que des boissons chaudes ou froides seront disponibles en libre service toute la journée en guise de coupe-faim.

     Nous avons donc besoin sur place d’une petite équipe de volontaires dès le samedi après-midi 15 septembre à partir de 15h pour le ménage, l’installation de la salle et la gestion de l’intendance, équipe qui aura aussi à se répartir des responsabilités d’organisation pratique durant la journée du dimanche. Si vous êtes partant, merci de le signaler lors de votre inscription.

             Inscriptions:

    Vu la proximité de l’événement, nous vous demandons de vous inscrire dès à présent soit en renvoyant par mail le coupon-réponse si vous avez reçu la version électronique de ce courrier, soit en téléphonant à Alain Sivert au 06 41 66 67 59 si vous avez entre les mains la version papier de la Lettre. Dans les deux cas, votre réponse doit impérativement nous parvenir au plus tard le jeudi 13 septembre. En effet, certaines questions pratiques (intendance et hébergement) ne pourront être réglées qu’une fois connu de façon précise le détail de vos choix. A cet égard, voici les possibilités offertes :

    1) Participation à l’ensemble de la journée (début dimanche 9h45, fin dimanche vers 18h), avec hébergement sur place le samedi soir et petit déjeuner le dimanche matin. Précisez alors votre heure d’arrivée (avant ou après le diner). Le repas de galettes, l’hébergement + le petit déjeuner seront à régler sur place selon les modalités habituelles.

    2) Participation à l’ensemble de la journée (début dimanche 9h45, fin dimanche vers 18h), sans hébergement sur place. Vous arriverez le dimanche matin et repartirez le dimanche soir, sans prendre de repas sur place (autres que les coupe-faim prévus).

    3) Participation complémentaire à l’équipe organisatrice (rendez-vous le samedi à 15h). Précisez alors si vous resterez dîner et/ou dormir sur place le samedi soir.

             Participation financière

    – Comme les années passées, il vous sera proposé de faire une donation à l’association d’un montant laissé à votre appréciation.

    – N’envoyez pas d’argent à l’avance, mais prévoyez de quoi régler sur place (chèque ou espèces).

             Matériel à apporter

    – Une paire de chaussons (pour minimiser les bruits dans la maison)

    – Un baladeur (si vous souhaitez écouter individuellement une causerie d’Arnaud sur la méditation durant les temps libres)

    – Un châle de méditation

    – Du papier et un stylo, si vous souhaitez prendre des notes sur votre vécu durant le week-end.


    Vous avez lu les deux premières pages du Flash-info de septembre 2018. Si vous voulez lire la suite (consacrée à l’AG du 30 septembre + infos diverses), vous pouvez télécharger le document intégral en cliquant ICI.

    Coucher de soleil du 1er septembre 2018, Carnac (photo de Yann)