Auteur/autrice : Yann Le Boucher

  • Si simple mais si exigeant !

    « Qu’est-ce qui est le plus fort en vous : le sentiment d’impuissance ou le sentiment que tout est changement?

    Diminuer l’un et faire grandir l’autre est l’essence de votre sâdhanâ ».

    Swâmi Prajnanpad

     

    Cette citation que je ne connaissais pas m’a littéralement scotché quand je l’ai lue dans le dernier numéro de la Lettre de Mangalam.

    Si simple et en même temps si exigeant.

    Nous sommes conditionnés à refuser tout ce qui nous dérange, c’est-à-dire les différences et les changements qui ne nous sont pas favorables. Et comme le réel est têtu,  il ne tient aucun compte de nos récriminations, tant et si bien que nous finissons régulièrement par nous retrouver profondément découragés, en proie à un sentiment d’impuissance.

    A en croire Swâmiji, il y a là un critère particulièrement fiable quant à notre progression : le remplacement de cette impression récurrente de défaite par celle, joyeuse, de participer au « festival de nouveauté » incessamment offert par le flot même de la Vie…

     

    changement

     

  • Dernier article de la saison 2015-2016 : le blog une orangerie virtuelle…

    Comme expliqué oralement à l’AG et par écrit dans la Lettre de La Bertais qui a suivi, l’abonnement au blog est désormais « annuel », ce qui veut dire que chacun des abonnés de la saison passée (2015-2016) doit faire la démarche de s’y réabonner s’il souhaite pouvoir continuer à consulter ce blog durant la saison 2016-2017.

    Concrètement, si vous lisez cet article c’est que vous êtes dans l’une des 3 situations suivantes.

    • Vous avez déjà renouvelé votre cotisation à l’association pour la saison 2016-2017 et vous avez aussi déjà effectué les démarches de renouvellement de votre abonnement aux services en ligne de l’association (demande d’accès au blog,  et éventuellement à la blog-letter hebdomadaire, et à la version électronique de la Lettre des Amis de la Bertais). Dans ce cas, les deux paragraphes suivants ne vous concernent pas et et vous pouvez passer directement à la lecture de la fin de mon article (qui concerne tout le monde).
    • Vous avez déjà renouvelé votre cotisation à l’association pour la saison 2016-2017. Mais vous n’avez pas encore effectué les démarches de renouvellement de votre abonnement aux services en ligne de l’association. Dans ce cas, cliquez dès à présent sur le lien suivant pour renouveler votre abonnement en précisant vos choix pour la saison en cours concernant l’envoi par mail de la Lettre des Amis de la Bertais ainsi que de la blog-letter hebdomadaire :
      ATTENTION, si vous n’effectuez pas cette démarche avant la fin de cette semaine, votre accès au blog sera suspendu à partir du vendredi 21 octobre…
    • Vous n’avez pas encore renouvelé votre cotisation à l’association pour la saison 2016-2017. Dans ce cas, si vous souhaitez continuer à pouvoir accéder à notre blog, merci de régler votre adhésion au plus vite, soit en ligne  en cliquant ICI   soit en renvoyant par la poste la demande d’adhésion présente à la dernière page de la Lettre des Amis de La Bertais, aussi téléchargeable ICI.

      Ceci fait cliquez ensuite sur le lien suivant pour renouveler aussi votre abonnement aux services en ligne en précisant vos choix pour la saison en cours concernant l’envoi par mail de la Lettre des Amis de la Bertais ainsi que de la blog-letter hebdomadaire :
      ATTENTION, si vous n’effectuez pas ces deux démarches avant la fin de cette semaine, votre accès au blog sera suspendu à partir du vendredi 21 octobre…

    blog-ordi

    Et à présent, permettez moi d’évoquer en quelques mots l’avenir de ce blog.

    Comme vous vous en êtes probablement rendu compte, l’équipe rédactionnelle a eu tendance à faire « peau de chagrin » au cours de la saison écoulée et il n’y a plus guère actuellement, en plus de moi-même, que quatre ou cinq contributeurs réguliers.  Pour le fun, je me suis amusé à établir le « podium » suivant (depuis le début du blog en octobre 2007)

       Georges (champion toute catégorie) 185 articles, soit près de deux articles par mois en moyenne
    mirelle Mireille (spécialiste des articles « décalés ») 121 articles, soit un peu plus d’un article par mois en moyenne
    noel Noël (principalement poète et photographe) 115 articles, soit un peu moins d’un article par mois en moyenne
    alain Alain (photographe, et plume multi-talent) 113 articles, soit un peu moins d’un article par mois en moyenne
    edmonde Edmonde (plume multi-talent) 80 articles, soit un peu plus d’un article tous les deux mois en moyenne

    Derrière ces cinq « piliers » de toujours, quelques personnes se sont jointes plus récemment à cette équipe et je les en remercie chaleureusement, je pense en particulier à Gireg (notre plus actif contributeur parmi la jeune génération), mais aussi à Joël ou à Frédéric (liste non exhaustive…).

    Au total, cette saison reste malgré tout nettement plus pauvre en nombre de rédacteurs. Et comme la tendance s’est accentuée les derniers mois, je me permets d’attirer votre attention sur cette situation qui me semble dommageable.

    Lors de la récente visite de Pascal et Karine Pourré et puisque, contrairement à Hauteville, nous n’avons pas « d’Orangerie » à La Bertais, j’ai été amené à me reposer la question de la place de la créativité à la Bertais.

    L’une des réponses qui m’est apparue est qu’à certains égards, notre blog joue ou du moins peut jouer un rôle similaire à celui de l’Orangerie d’Hauteville, à condition que cela soit bien compris de tous.

    Écrire un article pour le blog et l’illustrer soi-même, c’est faire œuvre de créativité de multiples façons qui toutes, peuvent servir de matériau pour la mise en pratique. Par exemple et pêle-mêle, il faut s’affronter aux quelques démons suivants :

    • est-ce que ce que je vais écrire va être suffisamment intéressant (personnage qui doute de sa valeur intrinsèque ou qui doute de sa capacité à s’exprimer correctement et qui craint en conséquence le  jugement d’autrui)
    • est-ce que je vais trouver des illustrations à la hauteur de mon propos -photos, vidéo etc- (personnage de l’anti-esthète ou de l’artiste refoulé)
    • est-ce que je vais savoir me dépatouiller avec l’aspect technique de cette rédaction (personnage du dépassé par la technique ou de l’anti geek)
    • est-ce que je vais avoir des commentaires à mon article et si oui, seront-ils assez élogieux (personnage du vaniteux…)

    J’en passe et des meilleures, mais sachez que grosso modo tous ceux qui à ce jour se sont risqués à un moment ou à un autre sur la scène de « l’orangerie virtuelle » qu’est notre blog se sont retrouvés peu ou prou confrontés avec ces personnages ou d’autres semblables. Et pour plusieurs d’entre eux, cela a été et est encore une véritable occasion de mise en pratique, ne serait-ce que par « l’action libératrice » que représente la publication effective d’un article !

     

    Alors à qui le tour, cette saison, d’occuper le devant de la scène ?

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    Pour mémoire, si vous êtes membre actif de l’association, vous avez de ce simple fait le « droit »  d’être rédacteur à part entière du blog. Pour pouvoir exercer ce droit, laissez un commentaire ci dessous, de façon à ce que je vous donne un accès direct à la « salle de rédaction » du blog (l’interface qui permet d’écrire des brouillons d’articles et de les soumettre ensuite à Mireille et à moi-même pour publication).

    Si vous êtes membre sympathisant, vous ne pouvez pas en principe accéder au statut de rédacteur à part entière, mais vous pouvez néanmoins nous envoyer des propositions d’articles rédigés sous forme de document Word illustré que nous réviserons et publierons ensuite sous votre nom…

    Bien entendu vos articles devront s’harmoniser avec  ligne rédactionnelle du blog. Mais si vous jetez un oeil sur ses différentes rubriques, vous verrez qu’elles sont nombreuses et diverses et que vous avez donc à votre disposition un large éventail de thèmes et de sujets possible.

    Aller, je vous laisse le clavier car je brûle d’impatience de lire vos réactions à cet article…

  • Hauteur et profondeur !

    Pour bien commencer la semaine, je vous propose de prendre à la fois de la hauteur et de la profondeur quant à votre perception de la réalité et de vous-même.

    Conseil : Pour bien profiter de l’expérience, visionnez la vidéo en mode « plein écran »…

     

    Vous noterez au passage que La Bertais figure à sa juste place et échelle sur cette vidéo, ceci pour vous rappeler que nous vous y attendons samedi pour le chantier et dimanche pour l’Assemblée Générale (inscriptions auprès d’Alain au 06 41 66 67 59)  😛

    Et pour ceux et celles qui connaissent le petit film « les puissances de 10 » popularisé il y a quelques années par Douglas Harding, sachez que cette vidéo en est une sorte de version actualisée, qui tient compte des dernières avancées scientifiques et technologiques dans le choix et l’agencement des images…

  • AG d’Hauteville 2016 : une cuvée d’exception (3)

    Voici le 3ème et dernier opus consacré au partage de mes  impressions personnelles liées à la dernière assemblée générale des Amis de Hauteville.
    Et comme promis, cette fois je vais vous dire quelques mots de l’intervention de Colette Roumanoff du dimanche après-midi, avant de conclure en revenant sur l’une des prestations du « spectacle festif » du samedi soir…

    colette

    • Colette Roumanoff : D’après la lettre d’invitation officielle d’Emmanuel, Colette était présente à cette AG pour y parler de son dernier livre « Le bonheur plus fort que l’oubli » qui a déjà fait l’objet d’un article sur ce blog . Moi-même j’avais assisté à la conférence que Colette avait fait à Rennes sur ce livre en mars dernier et si j’avais apprécié l’énergie extrêmement positive qui émanait d’elle (alors même qu’elle venait de perdre Daniel), j’avais été un peu déçu par sa prestation. En fait de conférence, après avoir montré la vidéo d’une interview télévisée assez touchante, elle s’était surtout contentée de répondre aux questions de l’auditoire sur l’art et la manière d’accompagner au quotidien une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Directement inspirées par son expérience personnelle, ses réponses étaient très pertinentes et ont probablement aidé les  personnes de l’auditoire qui avaient elles-mêmes une situation analogue à gérer ; mais elles avaient aussi un caractère assez anecdotique, qui m’ont donné l’impression d’assister davantage à une session d’entraide pour accompagnants d’Alzheimer qu’à une conférence proprement dite. Et quand Gérard Bellebon (l’organisateur de la conférence) a tenté d’élever le débat en posant une question à Colette sur le lien entre son livre et l’enseignement de Swâmi Prajnânpad, celle-ci a « noyé le poisson », refusant net de s’engager sur ce terrain…
      Tout cela pour dire que j’avais quelque appréhension à l’orée de cette dernière intervention car je craignais de devoir ré-entendre une enfilade de petites anecdotes sur la fin de vie de Daniel, certes touchantes en elles-mêmes, mais sans lien suffisamment explicite à mon goût avec le Chemin.
      Mais non, mon mental a encore eu tout faux, car, après avoir entendu le témoignage des intervenants de la veille (Murielle et Michel), Colette a eu l’intuition durant la nuit qu’il fallait plutôt qu’elle nous parle de son expérience de la relation à Swâmiji. Elle s’est donc relevée et a fait un petit inventaire écrit de ses souvenirs les plus frappants concernant « le maître de notre maître ». Et c’est avec ses notes manuscrites à portée de main qu’elle a démarré son intervention du dimanche dont le style était donc le même (des souvenirs et anecdotes livrés en vrac), mais dont le contenu était, du coup, éminemment en accord tant avec mes attentes que celles de son auditoire du jour.
      L’exercice a été d’autant plus apprécié qu’elle a commencé son propos en disant qu’avant tout elle souhaitait qu’on passe un bon moment ensemble et qu’elle projetait de nous faire rire car, a-t-elle dit, « le rire est un premier pas sur le chemin du bonheur« . Par parenthèse, si vous vous posiez des questions sur l’origine du talent d’humoriste d’Anne Roumanoff, ne cherchez plus : Colette a su nous faire rire de nombreuses fois, y compris quand elle évoquait des souvenirs graves voire douloureux comme ceux ayant trait à ses propres lyings!
      Ceux ou celles d’entre vous qui ont eu la chance d’entendre Colette intervenir à La Bertais en 2008 ont une petite idée de la teneur de ses propos car elle a repris certaines choses qu’elle nous avait alors confiées, comme le fait du contresens que représente la célèbre photo due à Frédéric Le Boyer et reproduite ci-dessous.prajnanpad-recupUne fois de plus, Colette s’est insurgée contre cette photo qui laisse penser que Swâmiji aimait à se situer physiquement au dessus des personnes qu’il recevait en entretien alors qu’au contraire il prenait grand soin, avec ses disciples, de toujours s’assoir sur le même niveau qu’eux, de façon à rendre la relation aussi naturelle et aisée que possible (pour la petite histoire, le personnage sur la photo n’était pas un disciple régulier mais un visiteur occasionnel que, ce jour là, Swâmiji n’avait pas pu recevoir dans sa case car celle-ci était en train d’être nettoyée, ce qui explique qu’on avait aménagé à l’extérieur et de façon toute provisoire l’aire de réception ainsi photographiée).
      Après cette première mise au point, Colette nous a raconté par le détail ses premières rencontres avec Swâmiji et la façon quelque peu abrupte dont, pour elle, le travail de lying a débuté. Depuis toujours, elle gardait en mémoire le souvenir culpabilisant d’avoir martyrisé sans raison apparente une petite orpheline qui fréquentait la même école qu’elle. Plus tard et malgré ses efforts, elle n’avait jamais compris pourquoi cette petite fille inoffensive lui avait inspiré un tel rejet et une telle cruauté. S’ouvrant à Swâmiji de son interrogation récurrente à cet égard, celui-ci lui demande alors avec insistance de regarder « les yeux de cette orpheline« . Colette s’y essaye mais n’y arrive pas (elle revoit bien la forme de la petite fille, mais pas son visage). Avec douceur et fermeté, Swâmiji insiste. Colette essaye encore et après quelques tentatives parvient tout à coup à retrouver le visage puis le regard de sa souffre-douleur. Elle se retrouve alors brusquement remise en contact avec la « bombe émotionnelle » qui était contenue dans ce souvenir et fond littéralement en larmes dans le giron de Swâmiji. Cette orpheline avait dans le regard une immense tristesse liée à son manque de mère et c’est ce qui la rendait si insupportable à Colette car, bien qu’ayant physiquement une maman, elle était alors elle-même totalement rejetée psychologiquement par sa mère…
      Je n’en dis pas plus, car il y a quelques années, Colette a très bellement rendu compte de tout cela dans un petit livre très touchant qui s’appelle justement « les yeux de l’orpheline » et dont je vous recommande chaudement la lecture (il est dans la bibliothèque de La Bertais)…yeux_orpheline

      Ce serait trop long de reprendre plus avant les nombreuses autres anecdotes dont elle nous a « régalés », mais je veux encore dire qu’au total, cela a dressé un portrait très vivant et très original de Swâmiji en nous donnant à sentir combien celui-ci personnalisait son enseignement . A Murielle, il parlait le Murielle et à Colette il parlait le Colette. Tout le contraire de l’idée que les livres peuvent donner d’un enseignement préconçu d’avance et quelque peu figé dans sa pédagogie. Comme pour le précieux témoignage de Murielle, je ne doute pas que la plupart des propos de Colette figureront dans la prochaine Lettre d’Hauteville, vous permettant ainsi d’approfondir cette vision renouvelée de Swâmiji dont nous avons pu bénéficier à l’occasion de cette AG.  😛
      Avant de conclure sur Colette et pour faire transition, sachez aussi qu’il y a eu une sorte de fil conducteur entre Murielle, Michel et Colette : dans l’évocation de leur enfance respective, tous les trois en effet ont fait état de difficultés importantes rencontrées dans leur parcours scolaire et des traumatismes qu’ils en ont gardés. Comme un fait exprès, au programme du samedi soir il y avait… les Pink floyd et leur fameux « the wall » !

     

    • Un second aperçu musical du spectacle festif du samedi soir (pour revoir le 1er, cf. lien en bas d’article)
      Comme presque tout le monde, je connaissais ce grand classique rock des années 1979, mais d’une part, je n’avais jamais pris le temps de décrypter ses « lyrics », et d’autre part, sachez que le passage des chœurs  chanté par les enfants d’Hauteville (ceux de Thierry et d’Emmanuel entre autres…), ainsi que le solo de guitare électrique exécuté par Pascal valaient vraiment le détour !
      Ceci dit, maintenant que j’ai tenté de traduire pour vous les paroles (cf. ci-dessous), je trouve que cette contestation radicale du rôle de l’enseignement et de l’enseignant reprise à Hauteville ne manque pas de piquant : vade retro satanas!

    We don’t need no education // Nous n’avons pas besoin d’éducation

    We don’t need no thought control // Nous n’avons pas besoin de conditionnent de pensée

    No dark sarcasm in the classroom // Assez de vos funestes sarcasmes en classe

    Teacher, leave them kids alone // Professeur, laissez ces enfants tranquilles

    Hey, teacher, leave the kids alone // Hey professeur, laissez les enfants tranquilles

    All in all it’s just another brick in the wall // Tout compte fait (l’école) c’est seulement une brique de plus du mur (intérieur)

    All in all you’re just another brick in the wall // Tout compte fait (toi le prof) tu es seulement une  brique de plus du mur (intérieur)
    (BIS)
    ……..
    Faux! Fais le encore !
    Si tu ne manges pas ta viande, tu seras privé de pudding.
    Comment pourrais-tu avoir du pudding si tu ne manges pas ta viande ?
    Vous! Oui, vous derrière l’abri à vélos, ne bougez plus mademoiselle!
    ……….
    Vous avez raté les deux précédents articles consacrés à cette AG d’Hauteville, pas de panique : ils sont à porter de clic
    • Article n°1 (Murielle Massin, Michel Fromaget et un 1er extrait du spectacle festif)
    • Article n°2 (AG statutaire et Bernard Besret)

     

  • AG d’Hauteville 2016 : une cuvée d’exception (2)

    Au programme de ce deuxième opus, un bref retour sur l’AG statutaire du dimanche matin, plus un compte rendu de l’intervention de Bernard Besret qui a eu lieu à suivre, en fin de matinée. Etant donné tout ce que j’ai à dire sur ce troisième intervenant, je reporte à un dernier article mon compte rendu de l’intervention de Colette Roumanoff qui a eu lieu au début de l’après midi… Idem quant à mon projet de bloguer une seconde prestation du spectacle du samedi soir : il vous faudra encore un peu de patience pour l’entendre !

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    • L’ Assemblée Générale du dimanche matin : en quelques mots, elle nous aura permis d’apprendre que globalement l’association des Amis de Hauteville se porte bien. Après la diminution relativement importante du nombre des adhérents dans les deux premières années qui ont suivi le décès d’Arnaud, les choses ont commencé à se stabiliser en 2014, et 2015 a vu le nombre d’adhérents rester quasi stationnaire (-1%, si ma mémoire est bonne), alors que les 6 premiers mois de 2016 indiquent une nette reprise de la fréquentation. Selon toute vraisemblance, le point le plus bas est désormais derrière nous et Hauteville est entré de plain pied dans sa seconde vie d’après Arnaud…
      Pour preuve le fait que, du point de vue financier, l’exercice se termine cette année encore sur un bénéfice relativement conséquent (de l’ordre de 40.000€, si de nouveau ma mémoire ne me fait pas défaut), ce qui a permis en 2016 de ré-augmenter le salaire des permanents, (salaire qui, avec l’accord des intéressés,  avait été baissé en 2012, suite au déficit important alors constaté).
      Pour preuve encore les divers travaux qui ont repris en 2016 visant à poursuivre l’embellissement des lieux (entre autres, la rénovation très réussie des façades du bâtiment principal de la cour intérieure…).
      Pour preuve enfin, la diversification retrouvée des propositions d’animation pour la saison en cours, comme par exemple la relance des séjours pour adolescents…
      Bon, souvenez-vous que ce compte-rendu n’a absolument rien d’officiel et que le mieux que vous ayez à faire si vous voulez être correctement informé est de demander à lire le rapport moral du Président lors de votre prochain séjour à Hauteville 👿

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    bernard_Besret

    • Bernard Besret : j’étais particulièrement touché par la présence de cet homme à Hauteville car ceux qui connaissent un peu le début de mon cheminement savent qu’au sortir de l’adolescence, ma quête intérieure (ainsi que celle d’Anne-Marie) a commencé entre autres à l’Abbaye de Boquen et qu’il s’en est donc fallu de peu que le jeune et ô combien  charismatique prieur de cette abbaye bretonne (située  Plénée-Jugon, près de Lamballe) ne devienne sinon mon premier maître, du moins mon premier mentor. En fait, le destin a voulu que je sois un peu trop jeune pour être pleinement associé à l’aventure de Boquen (contrairement à Marie-Annick Saudrais à qui j’en profite pour adresser ici un clin d’oeil complice!). Quand j’y ai fait mon premier séjour (1969-1970 ?), l’Eglise officielle avait déjà bien entamé ses manœuvres d’intimidation et de déstabilisation du jeune prieur et Don Bernard, comme on l’appelait alors,  venait d’être destitué de ses fonctions! Il était encore sur place comme simple moine et livrait courageusement ses derniers combats, mais ceux-ci allaient s’avérer bientôt son chant du cygne… Je garde pourtant dans les yeux et le coeur le souvenir des plus belles liturgies auxquelles il m’ait été donné de participer : entre autres celle d’une magnifique célébration pascale durant laquelle un grand feu de joie avait été allumé au coeur même de la belle abbatiale  ! Et puis, comment ne pas me souvenir que c’est aussi à Boquen, que, quelques années plus tard,  j’ai suivi mon premier « séminaire » officiel de yoga !

     

    boquen

    En même temps, connaissant un peu le parcours de cet homme hors norme, qui, après avoir été l’un des principaux théologiens français à avoir pris part au Concile de Vatican II, a été « descendu en flammes » par ses paires pour ses positions par trop avant-gardistes, puis acculé à quitter l’état monastique – ce qui l’a conduit à une période de grave dépression-, et sachant combien désormais il est critique vis-à-vis de toutes les institutions religieuses -de quelque confession qu’elles soient- (on le serait à moins), j’étais quelque peu inquiet de ce que son intervention nous réservait.
    Pour ne rien arranger, Anne-Marie et moi avions déjeuné à sa table le samedi midi et il nous avait dit, sans rire, qu’il avait l’impression d’avoir été invité à Hauteville sur la base d’un malentendu et qu’en conséquence il n’avait aucune idée de ce dont il allait bien pouvoir nous parler! Connaissant son caractère imprévisible et son gout pour la provoc, je redoutais donc le pire ! Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Eh bien, sachez que durant notre conversation du midi, il m’a rappelé par exemple qu’au plus fort de la crise qui l’a opposé à la hiérarchie catholique, il n’avait rien trouvé de mieux à faire que de présenter sa candidature à l’élection pontificale de 1978. Évidemment, cette candidature était totalement contraire à la procédure institutionnelle, mais comme la presse internationale en avait eu vent, la chose avait fini par fait grand bruit, d’abord à Rome même, où Bernard résidait temporairement, puis dans toute la chrétienté où ses conceptions « révolutionnaires » en matière de papauté ont donné à quelques-uns des raisons d’espérer et, à beaucoup d’autres, un sujet d’inquiétude et d’indignation!  Toute comparaison gardée, c’était à peu près aussi « gros » et aussi « osé » que la candidature, trois ans plus tard, de Coluche à l’élection présidentielle française de 1981!

    Bien qu’aujourd’hui quelque peu diminué physiquement par l’âge (81 ans), Bernard m’avait convaincu, au cours de notre échange du midi – concernant entre autres le Pape actuel – qu’il n’avait rien perdu de sa « combativité évangélique » et que nos mentalités de « bons disciples hauteviliens béni-oui-oui » risquaient d’en entendre pour leur grade !

    Eh bien, non : mon mental, une fois de plus, a eu tout faux (ou presque). Bernard a en effet introduit son propos par un partage extrêmement émouvant du texte qui a été au départ de sa quête monastique et qui, ô surprise, n’est autre que le célèbre passage de la Chandogya Upanishad se terminant par « et toi aussi tu es CELA« . Bernard était encore adolescent quand cet enseignement upanishadique est venu jusqu’à lui à travers  le livre d’Aldous Huxley « La philosophie éternelle » et c’est alors devenu pour lui une véritable obsession : plus que tout, il voulait goûter à CELA. Venant d’une famille bretonne résolument anti-cléricale, il n’avait à la base aucune culture chrétienne et, sans les limites propres aux années 50, il se serait probablement vite retrouvé en Inde ! C’est finalement auprès d’un moine atypique (comme lui), qu’il a cru trouver sa propre voie : le père Don Alexis Presse, ermite cistercien qui s’était installé sur les ruines de l’Abbaye de Boquen, moine-prieur dont il deviendra le novice, puis qui, sur son lit de mort, le désignera comme son successeur à la tête de l’abbaye rénovée ! Le reste de son parcours est assez bien connu (si tel n’est pas votre cas, n’hésitez pas à écouter le bel interview dont je donne le lien ci-dessous). Mais de savoir que sa vocation reposait initialement sur « l’appel du Soi » ressenti au contact de la Chandogya Upanishad m’a beaucoup touché et m’a permis de remettre en perspective ses autres propos, en effet, à certains moments, un peu plus abrupts. Un seul exemple, cette déclaration qu’il a faite en entrée de jeu : « Je ne suis plus chrétien, et je ne me reconnais pas non plus d’autre appartenance religieuse -même pas au taoïsme qui inspire pourtant désormais beaucoup ma démarche au quotidien-, je me contente d’être moi-même. » Finalement, un programme bien plus « swâmijien » qu’on ne pourrait le croire…

    Bernard a aussi évoqué avec humour ses quelques rencontres avec Arnaud. La première, au congrès international de Yoga de Zinal, ne s’était pas très bien passée car Arnaud, alors encore dans une phase « prosélyte », n’avait rien trouvé de mieux que de conseiller à Bernard, qui émergeait à peine de son combat contre l’étouffoir de la hiérarchie catholique, de trouver au plus vite un maitre ! Quelques années plus tard, Arnaud et Bernard ont participé ensemble à Lille à un autre grand congrès de Yoga et, cette fois-là, leur rencontre s’est faite à un tout autre niveau, ce qui fait que par la suite Arnaud n’a pas hésité à inviter Bernard aux festivités de ses 80 ans…

    Bon, en voilà assez pour aujourd’hui, le reste, vous pourrez le lire dans la prochaine Lettre d’Hauteville  😛
    Mais en attendant, et si le coeur vous en dit, n’hésitez pas à écouter l’interview enregistré ci-dessous. Il date d’une quinzaine d’années, mais selon moi, il n’a pas pris une ride…

  • AG d’Hauteville 2016 : une cuvée d’exception (1)

    Cette nouvelle Assemblée Générale des Amis d’Hauteville a eu lieu sous les auspices peu favorables des grèves SNCF qui ont passablement compliqué la tâche de ceux et celles d’entre nous qui avaient prévu de se rendre sur place… Malgré cela, il y avait tout de même une belle « brochette » de Bertaisiens et Bertaisiennes sur place qui, très probablement, ne regretteront pas les aléas et complications auxquels ils ont dû faire face, tant pour aller que pour revenir…

    Bien entendu, la prochaine Lettre d’Hauteville fera une large place aux comptes rendus détaillés des propos des quatre intervenants, et cet article n’a donc pas d’autre prétention que de vous donner, en avant première, quelques échos tout à fait subjectifs de ce qui s’est dit durant ce beau week-end. Etant donné la richesse de la matière, je l’ai finalement scindé en deux. Voici donc tout d’abord un aperçu de la journée de samedi…

    • La première à intervenir était Murielle Massin, fille ainée d’Arnaud et de Denise et « grande soeur » d’Emmanuel. Avec son mari Christophe, Murielle est venue par deux fois à La Bertais où la photo ci-dessous a été prise (en février  2012).

    murielle

    Mis à part ceux d’entre vous qui étaient présent à La Bertais à cette occasion, peu de personnes, même à Hauteville, ont eu l’occasion d’entendre parler Murielle et en particulier de l’entendre témoigner de son parcours de vie en tant que fille d’Arnaud. C’est à cette belle tâche qu’elle s’est donc employée en ouverture du week-end, nous livrant d’abord ses impressions d’enfant sur un papa assez distant et que l’existence concrète rendait facilement anxieux, entre autres en ce qui concernait sa situation financière et sa santé.
    Elle s’est livrée aussi à nous concernant certains des traumatismes d’enfance qui ont été les siens, entre autres ceux liés aux nombreux voyages de ses parents qui l’ont conduite à se vivre plusieurs fois comme « abandonnée », et au choc majeur de sa vie de jeune mère, le jour où elle a retrouvé son second bébé mort dans son berceau…
    Puis elle nous a fait part de la naissance de son intérêt pour la voie et du changement d’Arnaud dont, devenue jeune adulte, elle a été témoin en fréquentant le Bost et en le voyant  y gérer avec sérénité des problèmes et des situations qu’elle savait d’expérience être capables, quelques années plus tôt, de le déstabiliser plus ou moins gravement.
    Un témoignage sobre où elle n’a pas cherché à « ménager » l’image d’Arnaud, mais nous a révélé sans complaisance ses failles et difficultés initiales d’être humain « normal », tout en nous permettant de mieux nous rendre compte  du chemin parcouru et donc des espoirs que nous pouvons tous et toutes mettre dans la Voie, pourvu que nous nous y engagions avec le même sérieux et la même détermination…

    En final, Murielle nous a fait le cadeau de nous livrer ses quelques souvenirs de Swâmiji et en particulier celui du contexte et de la vraie portée de la fameuse question qu’elle lui a posée alors qu’elle n’était encore qu’une petite fille :
    – « Swâmiji, avez-vous des pouvoirs miraculeux ? »
    Nous connaissons tous la réponse -consignée dans un des livres d’Arnaud- : « infinite love and infinite patience« . Mais ce dont nous ne nous doutions pas, c’est combien cette réponse était « personnalisée » et combien elle allait pouvoir devenir, pour Murielle, une sorte de programme de vie, elle qui s’est longtemps définie comme « l’impatience incarnée » et qui, très jeune, a vu sa capacité à aimer restreinte par une sorte de méfiance systématique liée à ses traumatismes d’abandon. Mais je m’en veux un peu de parler de cet aspect de son témoignage ici, car je suis évidemment maladroit pour rendre la profondeur de son propos sur ce point et je vous encourage donc à lire directement ses paroles telles qu’elles seront  rapportées dans la prochaine Lettre d’Hauteville

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    • Quant au second intervenant (celui du samedi après midi), mon compte rendu le concernant sera plus bref, puisqu’en tant que fidèle lecteur de ce  blog, vous êtes déjà familier de son propos. Michel Fromaget était en effet l’un des hôtes de marque de cette assemblée générale, car Emmanuel avait apprécié le retour que nous lui avions fait de sa venue à La Bertais et du coup il a eu envie de faire bénéficier les Amis d’Hauteville de cet apport inhabituel concernant le Christianisme.

    Sans surprise, Michel s’est brillamment acquitté de sa tâche, non sans « mouiller sa chemise » d’une façon qui ne lui est pas habituelle, en acceptant de partager tout d’abord les moments les plus significatifs de sa propre quête personnelle.  Là encore, vous retrouverez probablement de quoi étancher votre curiosité dans la prochaine Lettre d’Hauteville. Quant au fond, vous en saurez beaucoup plus sur l’anthropologie tripartite du christianisme originel en relisant les articles liés à sa récente venue à La Bertais que par ce qu’il a pu en dire à Hauteville, puisqu’il n’y disposait qu’une d’une heure pour présenter des notions dont il a pu nours entretenir à La Bertais pendant près de 10 heures !

     

    michel

    ——————

    • Un mot sur la soirée festive de type « Orangerie », qui, comme le savent ceux qui ont déjà participé à l’AG d’Hauteville, est très souvent un moment particulièrement fort où, sous la houlette du « chef d’orchestre » Pascal Pourré, se conjuguent tous azimuts les talents artistiques les plus divers. Cette année, le spectacle était particulièrement varié et émouvant à la fois de beauté et d’humour. Je ne suis pas très « bon » dans ce domaine et suis donc bien incapable de rendre compte, de mémoire, de la succession des prestations, mais à minima, je veux partager avec vous les deux qui sont les plus facile à bloguer.

    La première est l’interprétation magistrale par Pascal et une adhérente du sketch de Chevalier et Laspalès dont faute de mieux (!) j’ai retrouvé une vidéo. Véritable tour de force mnémonique, nos deux amis avaient appris par coeur l’ensemble de ce texte pourtant particulièrement difficile et ils l’ont joué avec un naturel confondant, Pascal concluant en disant que selon lui, c’était une belle métaphore du chemin : jugez plutôt !


    Quant à  la seconde prestation, si vous insistez beaucoup, je la bloguerai la prochaine fois ! 😛

  • Nouveau look pour notre site

    J’avais eu beau en parler à plusieurs reprises à « qui de droit », en pratique rien ne se passait depuis plusieurs mois… Et puis, le printemps aidant, voilà que Benoit (le Grand Architecte de notre site/blog) s’est trouvé une nouvelle énergie et qu’il s’est enfin mis à la tâche. Quelle tâche me demandez-vous déjà : et bien tout simplement celle d’une refonte de notre site pour sa mise à niveau avec les standards actuel du Web.

    Pourtant tout semblait bien fonctionner me direz-vous naïvement? Tout oui, à condition de bien prendre soin de le consulter à partir d’un ordinateur doté d’un écran large. Car la principale limitation technique de notre site était sa « non adaptivité » ou en jargon informatique le fait qu’il n’était pas « responsive ». Ce qui veut dire que l’affichage des pages se faisait très mal sur les smartphones, les tablettes ou les ordinateurs de poche. Or les statistiques sont formelles : vous êtes de plus en plus nombreux (et nombreuses) à vous connecter à notre blog par ce type de terminal.

    Mais si, sur le papier c’est assez simple de « rendre un site adaptatif » au type de terminal qui le consulte, dans les faits il s’est avéré très compliqué d’améliorer sur ce point l’ancien habillage du site. Benoit a donc fini par convenir que le plus simple (!) était encore de tout reprendre à zéro (concernant l’affichage uniquement, car heureusement cet aspect est indépendant du « moteur » qui, lui, est parfaitement à jour).

    Comme vous pouvez le voir, il vient de terminer son travail. Vous avez donc sous les yeux le nouveau look de notre site et, si vous lisez ces lignes sur un écran d’ordinateur, pour vous rendre compte de son aspect « adaptatif » il vous suffit de faire varier la largeur de votre fenêtre. Vous verrez alors que le site se mettra automatiquement en une seule colonne (format smartphone) dès que la zone d’affichage sera suffisamment étroite et repassera en mode « deux colonnes » dès que vous élargirez votre fenêtre. Magique !!!

    ecranlarge

     

     

     

    ecran-smartphone

     

    Seul bémol : en faisant ce relookage, Benoit a dû retoucher de nombreuses fonctionnalités qui n’étaient pas compatibles avec cette « adaptativité ». Or c’est toujours très long de se rendre compte de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas quand on touche ainsi à des modules déjà installés.

    Par exemple, il a dû supprimer l’ancienne zone de saisie des identifiant et mot de passe et la remplacer par une petite icone en forme de personnage qui s’affiche en haut à gauche de votre écran et qui vous indique l’état de votre connexion (connecté ou déconnecté). C’est en passant dessus que vous ferez apparaitre le formulaire de saisie de votre identifiant et mot de passe!

    personnage zone_saisie

    Mais il se peut que dans certains environnements (=avec certains navigateurs anciens), cette icone n’apparaisse pas et qu’il vous faille tatonner avec votre souris pour faire surgir du néant le formulaire de connexion !

    Les menus situés dans la barre latérale ont dû, eux aussi subir un lifting et sur les smartphones et tablettes ils sont désormais bien plus accessibles (grâce à l’icone qui s’affiche à gauche du petit personnage). Mais il se peut que certaines fonctionnalités nichées dans ce menu latéral aient disparues pour certains utilisateurs (en fonction du navigateur utilisé par exemple).

    Bref, cette semaine est une semaine de TEST et je vous demande de laisser un commentaire à cet article chaque fois que vous rencontrerez un dysfonctionnement quelconque. Dans ce cas, merci à chaque fois de préciser si vous visionnez le site à partir :

    • d’un ordinateur classique
    • d’un smartphone
    • d’une tablette

    Vous seriez vraiment des anges si vous vous donniez aussi la peine de communiquer les informations techniques suivantes :

    • type d’ordinateur (mac ou pc),
    • système d’exploitation (Window XP ou Mac OS X.8 etc),
    • navigateur utilisé (Safari, Firefox, Chrome etc)

    ou pour les smartphones et les tablettes :

    • marque (Apple, Samsung etc)
    • type de système (IOS, Androïde etc).

    Je sais, je sais, il semble que nous soyons bien éloignés de la spiritualité avec cet article, mais s’il est vrai que « tout est interdépendant », peut-être qu’en répondant à cette demande de feedback, vous allez déclencher de proche en proche de grandes choses !!!

     

  • Yoga, un souffle de liberté

    L’un de mes élèves m’a fait connaitre le documentaire « Yoga, un souffle de liberté« ,  qui vient d’être diffusé sur la chaine LCP.

    J’ai commencé à le visionner sans grande conviction car avec la mode actuelle, je craignais de me retrouver devant un enième reportage sans originalité ni autre raison d’être que de « faire de l’audience à bon compte ».

    Mais j’ai vite changé d’opinion et je pense que si vous prenez le temps de regarder la vidéo ci-dessous vous allez à votre tour être « bluffé ». L’auteur, un certain Stéphane Haskell a un parcours personnel peu banal et ce qui l’amène à avoir tourné ce film est tout sauf superficiel.

    stephane_Haskell

    Au départ, Stéphane est photo-journaliste et il travaille pour des agences de presses internationales (entre autre à New York). Puis un jour il se bloque le dos par un faux mouvement fait de façon banale. Il souffre atrocement et ne peut plus bouger le bas de son corps. Le diagnostique médical tombe : hernie discale foudroyante qui en comprimant la moelle épinière, l’a rendu paraplégique.  S’en suit alors quatre ans de descente aux enfers médicaux : opérations multiples, puis rééducation, entre autres dans le Centre de réadaptation fonctionnelle de Granville. Mais rien n’y fait, ses jambes (ainsi que ses sphincters) ne répondent plus et il semble devoir se faire une raison : le voilà incurablement handicapé. Il souffre beaucoup et tente tout ce qui est possible en matière de rééducation pour retrouver une mobilité minimale de ses jambes. Mais rien ne fonctionne vraiment et « au bout du rouleau », il envisage de mettre fin à ses jours…

    C’est alors qu’un nouveau médecin qu’il consulte (après bien d’autres) le dirige vers des pratiques plus douces et plus respectueuses de ses vraies possibilités… Peu de temps après, il se retrouve en Allemagne dans un centre yoga et prend ses premiers cours…

    La suite, je vous la laisse découvrir, mais sachez que sa pratique va peu à peu l’amener à retrouver l’usage complet de son corps, puis à faire connaissance avec quelques célébrités du monde du yoga (Iyengar, le petit fils de Pattabhis Joïs…) et surtout à nouer des liens avec des enseignants moins connus mais qui se consacrent spécialement à l’accompagnement des personnes « défavorisées ». Il en résultera un livre (Respire ou comment le yoga m’a sauvé et peut tous nous aider) et le présent film qui, selon moi, au delà même de son sujet, contribue magnifiquement à donner « une haute opinion de l’être humain » !

    Moteur !

    (durée 52 minutes, pensez à vous mettre en mode plein écran…)

  • Les revêtement du soi : 1- Annamaya kosha

    A l’issue du périlleux exercice consistant à vous parler des « revêtements du soi » que j’ai tenté lors du week-end « Esprit es-tu là« , je me suis senti à la fois heureux et frustré. Heureux d’avoir réussi à vous intéresser au moins un peu à cet antique enseignement, et frustré de n’avoir pourtant pas été capable de mieux rendre justice au texte de la Taittiriya Upanishad (II, 1 à 5)  d’où est issu cet enseignement.

    Et c’est pourquoi l’idée m’est venue de reprendre ce thème sous la forme d’une série d’articles consacrés à chacun des cinq « revêtements » dont voici le premier.

    En introduction générale, je rappelle que ces conditionnements qui, d’un côté limitent le Soi (âtman) et de l’autre lui permettent de s’incarner, sont au nombre de cinq et qu’ils sont décrits comme des gaines ou des enveloppes concentriques de diverses densités. Dans le chapitre qu’Arnaud consacre à ce thème (A la recherche du soi, chap 2), il les compare aux différents vêtements que nous pouvons porter les uns sur les autres :

    « Un manteau est plus extérieur qu’une veste, une veste est plus extérieur qu’un chandail, un chandail est plus extérieur qu’une chemise qui elle-même est plus extérieur qu’un maillot de corps« 

    Il précise aussi :

    « Ces revêtements sont les identifications ou les attributs que nous rajoutons au pur « Je Suis »,
    à la pure Conscience d’être
    qui, elle, est par essence indestructible, inaltérable, non affectée…« 

    Ainsi, en allant du niveau le plus matériel vers le plus subtil, le premier de ces revêtements se nomme « anna-maya-kosha », la couche (kosha) constituée (maya) de nourriture (anna) » .

    automne
    L e corps physique de l’Homme est un sous-produit de la nourriture… L’automne, de Giuseppe Arcimboldo (1527-1593, Milan)

    Voici tout d’abord ce qu’en dit le texte lui-même :

    Du Soi (âtman) naquit l’éther ; 
    De l’éther naquit l’air ; 
    De l’air, le feu ;
    Du feu, l’eau ;
    De l’eau, la terre ;
    De la terre, les végétaux ;
    Des végétaux, la nourriture
    Et de la nourriture, l’Homme.

    Physiquement, l’Homme est donc constitué de l’essence de la nourriture.
    C’est de cette essence que sont faits sa tête, son bras droit, son bras gauche, son tronc et sa base (ses jambes).

    A ce propos il est dit :
    « En vérité c’est de la nourriture que sont nées toutes les créatures ;
    C’est par la nourriture qu’elles subsistent durant leur vie
    et c’est en nourriture qu’elles sont recyclées après leur mort.
    La nourriture est donc le premier support de l’existence incarnée 
    et c’est pourquoi elle est considérée comme un bienfait universel« .

    Et à cet égard, il est aussi dit :
    « Ceux qui honorent la nourriture comme étant brahman (le principe même de toute la réalité tangible)
    obtiennent en abondance leur propre nourriture ».

    Voici ensuite, et en toute modestie, le partage de quelques pistes de réflexions à son sujet :

    • En « méditant » ce texte, j’ai été plusieurs fois amené à des prises de conscience fortes concernant cette « chaîne de la nourriture » qui fait que nous devons sans arrêt détruire des vies pour maintenir l’intégrité de la nôtre. Ramené à l’évidence crue de cette réalité, je n’ai pas pu ne pas éprouver un sentiment de sacré face à cette interdépendance universelle qui fait que nous sommes tous tour à tour « le mangeur et le manger » selon l’étrange parole de la Brihad Aranyaka Upanishad (I, 4,6). Parole qu’à la suite d’Arnaud je comprends comme une incitation à réaliser que nous ne pouvons pas être toujours « le mangeur » et jamais « le manger ». Autrement dit, qu’il nous faut apprendre à perdre autant que nous aimons gagner, apprendre à donner autant que nous aimons recevoir. Et ceci parce que comme l’écrit Shankara en commentant cette Upanishad :

    « Chaque fois qu’on met un morceau de nourriture dans sa bouche,
    on frustre simultanément tous les autres êtres vivants de ce bien commun.« 

    • D’où évidemment une re-sacralisation majeure de l’acte, d’apparence si banal, de manger. Et de me sentir soudain personnellement concerné par cette déclaration choc de la Bhagavad Gîta :

    « Celui qui jouit de quelque chose sans prendre la peine de rendre grâce pour sa jouissance est un voleur » (BG, III,12)

    • Et, puisque qu’à La Bertais j’ai en plus la chance de pouvoir manger de temps en temps des aliments en provenance directe du jardin, cette prise de conscience s’est parfois amplifiée jusqu’à inclure dans ce sentiment du sacré la terre nourricière elle-même. Car après tout, quand je mange un radis, une salade ou du persil en provenance du jardin, je ne fais qu’introduire en moi un « prolongement de l’humus » qui se trouve à quelques pas de moi, ces végétaux n’étant alors qu’une simple interface entre la terre et moi-même ! En fait, je mange de la terre rendue comestible par la magie du travail de tous mes « frères de vie » (micro-organismes, insectes et plantes…).
    • Par ailleurs, cela m’a conduit à mieux sentir la valeur inestimable des repas pris en silence à La Bertais, dans la mesure où ils sont une occasion privilégiée de s’exercer à manger consciemment, façon la plus directe d’honorer réellement ce « bienfait universel » de la nourriture.    Ainsi, remettre en cause notre gout invétéré pour la divagation mentale au cours des repas, c’est là un défi de taille que cette strophe de l’Upanishad peut nous remotiver à tenter de relever!
    • Dans la même veine, mais en quelque sorte, en creux, cette strophe laisse entrevoir tout l’intérêt qu’il y a à se désidentifier de nos goûts et dégoûts alimentaires, à choisir consciemment notre « diète » et même à expérimenter de temps en temps le jeûne. En acceptant de passer par dessus mes préférences gustatives, en acceptant certaines restrictions qualitatives et/ou quantitatives dans  mon alimentation, voire en pratiquant le jeûne pour un temps plus ou moins long, je me frotte en direct aux conditionnements de ce premier kosha. Suis-je ou non un tant soit peu libre par rapport à sa tyrannie? Puis-je rester l’âme en paix et le coeur léger face à un plat qui ne correspond pas à mon attente ou face à une assiette pas assez remplie à mon goût? Voilà, entre autres, quelques défis bien « prosaïques » auxquels l’Upanishad nous convie aussi à nous frotter.
      Comme le dit Arnaud dans le chapitre déjà cité (que je vous invite à relire)  : « Déjà prenez conscience de cette première identification à la forme physique.  Au lieu de « Je Suis », me voilà emprisonné, attaché, soumis à cette identification à anna maya kosha. Mais cette identification peut être dépassée (…) Pouvoir un jour être libre et, même si par suite d’un accident je me trouve défiguré, ma paix, ma sérénité, ma plénitude n’en seraient pas affectées. »
    • Et pour finir ce premier article, permettez-moi de rappeler cet enseignement fondamental de la Chandogya Upanishad (VI,26,2) :

    « La pureté de la nourriture procure la pureté du mental

    La pureté du mental renforce la possibilité de se rappeler soi-même

    Le constant rappel de soi est ce qui permet la libération de tous les liens »

    ————————–

    Le cuisinier, de Giuseppe Arcimboldo (1527-1593, Milan)
    Tel l’arroseur arrosé, voici le cuisinier transformé en plat cuisiné par la magie de l’art de Giuseppe Arcimboldo !
  • Retour sur le week-end « Esprit es-tu là ? »

    En attendant que Noël et Alain publient des articles reflétant les ateliers du dimanche après-midi (haïkus, photos, mandalas…), vous pouvez déjà faire part de vos propres impressions sur le week-end en vous inspirant du petit reportage en images ci-dessous. De mon côté, je vais tenter soit d’écrire un texte reprenant certains points clés de mes exposés, soit même de mettre en ligne l’enregistrement de nos interventions…

    auditoire
    Un auditoire restreint mais attentif qui a été captivé par l’évocation très parlante des « signes » révélant la présence de l’Esprit faite par Yann en entrée de week-end…

    anne-marie
    Suite aux exemples personnels évoqués par Anne-Marie en début d’après-midi, chacun a pu réfléchir sur sa propre expérience de « l’Esprit » et partager ensuite en petits groupes ses impressions et souvenirs les plus marquants en ce domaine…

     

    soleil-branche
    Le dimanche, le « soleil de l’Esprit » s’est plusieurs fois laissé apercevoir entre la ramure touffue du mental des participants, la béatitude du Soi se reflétant alors dans le coeur de tel ou telle, avant de se diffuser alentours par les regards échangés et les sourires complices…

    Le souvenir de Cela

    sans moi

    Où l’invisible est roi…

    Haïku proposé par Georges


    cuisine

    Photos d’Alain Silvert

  • Séminaire du 30 avril-1er Mai, changement de programme !

    Nous sommes au regret de devoir vous annoncer que l’état de santé actuel de notre très cher ami Alain Bayod (qui est en cours de chimiothérapie « lourde ») ne lui permet pas de se déplacer jusqu’à nous et qu’en conséquence, il ne pourra pas animer ce week-end le séminaire prévu à La Bertais.

    Aussi, et comme prévu dans la dernière Lettre qui présentait ce séminaire, c’est donc nous-mêmes qui allons en assurer l’animation. A ce sujet, vous lirez ci-dessous le projet de programme que nous avons conçu et qui devrait pouvoir retenir l’intérêt d’un grand nombre d’entre vous.

    Si vous êtes déjà inscrit(e) à ce séminaire, vous avez le choix soit d’annuler votre participation (auquel cas votre chèque de réservation sera détruit) soit de la confirmer. Dans les deux cas, vous nous aiderez beaucoup en communiquant dès aujourd’hui votre choix à Alain Silvert (06 71 78 22 72), de façon à ce que nous puissions connaître au plus vite le nombre final de participants.

    Si vous n’êtes pas encore inscrit(e), mais que le programme ci-contre vous motive, merci de même de réserver votre place au plus vite auprès d’Alain Silvert (06 71 78 22 72), sachant que les conditions de participation (horaires, coût financier et hébergement éventuel) restent celles indiquées dans la dernière Lettre de La Bertais -que vous pouvez consulter ICI-. (Vu la proximité de l’événement, n’envoyez pas de chèque, vous réglerez sur place…).

     

    PRESENTATION DU WEEK-END

    bouddha-jardin-2

    1) TITRE : ESPRIT ES-TU LA ?
    ou la conception corps-âme-esprit de l’être humain appliquée à l’adhyâtma Yoga.

    2) CONTENU :
    En partant de certains passages des Upanishads ainsi que des livres d’Arnaud qui y font référence, j’exposerai la version védantique de la conception tripartite (corps-âme-esprit) de l’être humain que Michel Fromaget nous a récemment présentée à La Bertais.
    – Le Samedi matin, je montrerai en particulier comment la dimension de l’esprit peut être comprise en référence à la doctrines de trois corps et des cinq « revêtements du Soi » évoquée dans le chapitre 2 du livre d’Arnaud « A la recherche du Soi ».
    – Le dimanche matin, je poursuivrai avec Anne-Marie l’apport théorique en éclairant de façon inédite les deux questions de notre rapport au monde et à la mort, envisagées de ce point de vue.

    Durant les deux après-midis, nous vous proposerons des clés supplémentaires pour repérer dans vos vies la présence de cette troisième dimension, la cultiver et l’épanouir, afin d’avancer dans la « spiritualisation » concrète de vos existences.
    Pour ce faire, nous animerons des ateliers permettant à chacun de tenter d’approcher de plus près son propre « esprit ». Plusieurs propositions seront faites chaque jour aux participants, parmi lesquelles :
    – des temps de travail corporel de « déconditionnement », suivis de séquences de méditation approfondie
    – des ateliers de créativité (photo, dessin, poésie…).
    – des temps de mise en commun et de partage des expériences personnelles…

    Une session de question-réponses viendra clore chaque journée.

    3) A PREVOIR :
    – une tenue souple pour pouvoir faire des exercices corporels simples,
    – un châle de méditation,
    – facultativement, un appareil photo (si vous êtes à l’aise avec son maniement et que vous souhaitez participer à l’option « photo » de l’un des ateliers de créativité).

    Au plaisir de vivre ce week-end d’un genre nouveau avec ceux et celles qui choisiront d’y participer.

    Yann et Anne-Marie

    PS : étant donné le caractère particulier du contexte de ce week-end, le programme final pourra être légèrement différent de ce descriptif de façon à s’adapter au mieux au nombre des participants ainsi qu’à leurs attentes.

  • Anthropologie ternaire chez Etty Hillesum (5)

    Apothéose finale, voici le texte de la dernière conférence de Michel Fromaget à La Bertais, (donnée, comme expliqué précédemment le dimanche matin) et consacrée à Etty Hillesum.

    Les lecteurs de ce blog ont déjà entendu un peu parler de cette jeune juive hollandaise morte à Auschwitz à l’âge de 29 ans (entre autres par l’excellent article de Gireg à relire ICI).

    Sorte de génie de la spiritualité laïque avant l’heure, elle semble bien, en l’espace des quatre dernières années de sa trop brève existence, avoir réussi l’exploit de s’être hissée jusqu’au sommet de l’évolution intérieure possible à l’être humain…

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    Le propos de Michel est à la fois passionnant et très original en ce sens qu’il fait une lecture « zundélienne » de la vie d’Etty Hillesum, étant entendu que ces deux personnes, bien que contemporaines, ne se sont jamais connues, pas même indirectement. Il montre ainsi comment Etty actualise sans le savoir le modèle antropologique ternaire et en donne en quelque sorte une magnifique illustration vivante.

    • La deuxième naissance (celle qui « réveille l’esprit » à l’intérieur d’un être humain) : Etty l’a connue très précisément à l’âge de 27 ans soit un peu plus de deux ans avant sa mort. Elle relate l’évènement dans son journal intime et l’année suivante, elle le fête comme un véritable anniversaire…
    • La transformation de son être du stade de chrysalide humaine (uniquement vécue comme « corps-âme) au stade d’être humain accompli, (vécu « corps-âme-esprit »), manifestant de façon éclatante les qualités propre à ce niveau transcendant : Paix, Joie et même incroyable Force intérieure…
    • L’affranchissement complet de la peur de la mort, qui l’amène à choisir de rester parmi les futurs déporté(e)s alors qu’elle a plusieurs fois la possibilité de quitter le camp de transit et d’échapper au tragique destin qui l’attend…

    Tout au long de son texte, Michel met en parallèle les propos théologiques de Maurice Zundel et le témoignage prosaïque de la jeune femme pour en faire ressortir de façon convaincante l’étrange parenté.

    Je vous laisse le plaisir de découvrir la fécondité de ce rapprochement littéraire mais surtout spirituel, qui, à mes yeux redonne vie à la vielle expression de « communion des saints »…

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    «Pour l’instant il nous suffira de retenir que la joie d’exister est la première joie, qu’elle est le lien fondamental du vivant avec soi et que toute joie est, vraisemblablement, l’écho ou l’orchestration de ce premier accord ».
    Maurice Zundel

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    «Comment peut-on brûler d’un tel feu, jeter autant d’étincelles ? Tous les mots, toutes les phrases jamais utilisés par moi dans le passé me semblent en ce moment grisâtres, palis et ternes comparés à cette intense joie de vivre, à cet amour et à cette force qui jaillissent de moi comme des flammes».
    Etty Hillesum

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    Pour télécharger le texte de la 5ème conférence*, cliquez ICI

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    Pour relire le 1er article accompagné de et ses nombreux commentaires (très intéressants!)cliquez ICI

    Pour relire le 2ème article, cliquez ICI

    Pour relire le 3ème article, cliquez ICI

    Pour relire le 4ème article, cliquez ICI

    NB : le texte des conférences correspondantes est téléchargeable au bas de chacun des articles…

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    * RAPPEL : En téléchargeant ce texte, vous vous engagez explicitement à n’en faire qu’un usage privé. Vous pouvez l’imprimer et à l’occasion le faire lire à vos proches, mais il vous est explicitement demandé de ne pas le rediffuser vous-même sous forme numérique via Internet.

  • Départ de Denise

    denise1

    Nous avons le regret de vous annoncer que Denise a rendu son dernier soupir dans la soirée du jeudi 17 mars. Elle s’est éteinte à Hauteville, paisiblement, à l’âge de 93 ans. On peut lui rendre un dernier hommage sur place jusqu’à dimanche 14h30 où une cérémonie aura lieu dans la Grande Salle…

    Hier matin Denise avait demandé qu’on lui enlève la perfusion qui maintenait son hydratation, ce que voyant Emmanuel lui avait demandé si elle se sentait prête à partir. Elle avait alors répondu malicieusement, « moi, je suis prête, mais toi, es-tu prêt à me laisser aller ? »…

    Avant son départ, Denise nous a fait le cadeau d’un dernier livre, sorti en librairie il y a à peine trois semaines, dans lequel on peut lire (p 120) :

    « Tant de bienfaits semblent
    M’avoir été accordés…

    Je les considérais comme tout naturels
    Avant d’en être privée.

    Tant de miracles, celui de naître,
    D’être nourrie par l’air
    Que je respire, de pouvoir m’exprimer;

    Q’il me soit encore donné d’écrire
    Me paraît miraculeux

    Mais pourquoi ne pas continuer à écrire

    Puisque je continue à vivre ? »

    livre_denise


    Dans la perspective de ce décès qui était attendu depuis quelques jours, Nathalie nous a transmis les belles photos ci dessous, prises par Eric Spiridigliozzi, lors de la dernière venue de Denise à La Bertais !

    denise2

     

    denise3

     

    PS : Aujourd’hui mardi 22 mars, j’ai rajouté, en commentaire à cet article, un bref compte rendu de la cérémonie à laquelle, avec Anne-Marie, nous avons pu participer  ce dimanche à Hauteville. Si vous voulez-vous associer par le coeur à cette cérémonie, pensez à jeter un coup d’oeil à ce commentaire, en attendant la prochaine Lettre d’Hauteville qui, très probablement, donnera un écho plus exhaustif de l’événement…

  • Anthropologie ternaire chez Zundel et Berdiaev (4)

    Après le texte des trois premières conférences de Michel Fromaget à La Bertais, voici celui de ce qui aurait du être sa quatrième intervention, celle du dimanche matin, mais qui a en réalité eu lieu le dimanche après-midi. Au dernier moment et pour mieux épouser la dynamique de l’auditoire, Michel a en effet préféré inverser l’ordre de présentation des deux causeries du dimanche. Cependant, les notes qu’il m’a fait parvenir sont faites pour être lues dans l’ordre initialement prévu et c’est pourquoi, j’ai choisi de vous présenter aujourd’hui le texte correspondant à l’intervention du dimanche après midi  portant sur « l’anthropologie ternaire de Maurice Zundel et de Nicolas Berdiaev« .

    Autant j’ai pu exprimer quelques réserves sur l’intérêt que vous pouviez avoir à lire le texte de la troisième conférence, autant je vous encourage vivement à lire celui-ci. C’est en effet l’occasion unique de faire connaissance avec deux témoins spirituels contemporains de tout premier plan, qui, pour une fois, n’ont pas l’Inde ou l’Orient comme terreau culturel mais bien l’Occident chrétien.

    La conférence s’ouvre sur la présentation de ces deux témoins : le premier, Maurice Zundel, est un Suisse, prêtre et théologien catholique, né en 1897 et mort en 1975 (soit un an après Swâmi Prajnânpad). Et le second, Nicolas Berdiaev, est un Russe, philosophe et théologien orthodoxe, exilé en France où il est mort (1874-1948).

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    Bien qu’Anne-Marie -qui le « fréquente » de longue date- m’en ait souvent parlé, je ne connaissais presque rien de Maurice Zundel et la partie biographique de l’exposé est tombée fort à propos pour combler cette lacune. En quelques mots, cet homme, à la fois grand intellectuel et grand mystique, a longtemps été la tête de turc de la hiérarchie catholique de son époque, jusqu’à ce qu’enfin, trois ans avant sa mort, il soit reconnu par le pape Paul VI qui lui fit l’honneur de lui confier la direction spirituelle de la retraite de carême du Vatican en 1972…
    Quant à l’originalité et la largesse de vue de cet homme, le plus simple pour les faire pressentir est de reproduire ici deux des nombreuses citations faites par Michel au cours de son exposé :

    « Vous croyez que Dieu est absent, et moi je vous dis que c’est vous qui n’êtes pas présent »

    « le vrai problème n’est pas de savoir si nous serons vivants après la mort, mais bien si nous serons vivants avant la mort »

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    Quant à Nicolas Berdiev, j’avoue qu’avant notre premier contact épistolaire avec Michel,  je n’avais même jamais entendu son nom… Or il semble bien que ce compatriote de Lénine, qui fut tout d’abord un jeune révolutionnaire anarcho-marxiste, avant que de devoir s’exiler pour pouvoir répondre à sa vocation philosophique et mystique, fut lui aussi, un remarquable témoin contemporain de la dimension universelle de l’expérience spirituelle, même si, le concernant, celle-ci s’enracine au départ dans le christianisme orthodoxe.
    Je ne résiste pas au plaisir de reprendre ici la citation qui m’a personnellement le plus nourri (désolé, c’est mon propre penchant pour la philosophie qui s’exprime dans ce choix !)

    « Dieu est immanent à l’esprit, mais il est transcendant à l’homme psycho-corporel, au monde naturel »

    Je trouve cette citation lumineuse car elle permet de résoudre magnifiquement la grande contradiction à la fois théologique et aussi expérientielle : celle de l’extrême proximité du Divin (rien ne peut être plus proche de moi que Dieu, puisqu’il est la substance même de mon être) et celle de son insaisissabilité absolue (il m’est impossible en tant qu’ego de comprendre (= de prendre en moi) le Divin car celui-ci, par nature, me déborde infiniment de toute part).

    J’y vois par ailleurs la déclinaison philosophique de cette autre parole, attribuée à Marie, déjà citée dans le second article et qui est désormais tout aussi lumineuse : en tant qu’âme je suis ridiculement petit par rapport à Dieu, alors qu’en tant qu’esprit, je participe intimement de sa Grandeur !

    « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur… » 

    Bon, en voilà assez, je l’espère, pour vous donner envie de vous plonger ou de vous replonger à votre tour dans le texte de la conférence de Michel. Outre la partie « introduction biographique », vous y retrouverez, pour chacun de nos deux auteurs du jour, les trois mêmes thèmes précédemment traités, à savoir : la référence au modèle ternaire en tant que structure, en tant que dynamique (problématique de la seconde naissance) et en tant que façon originale de concevoir l’immortalité.

    Bonne lecture, et dans l’attente de vos commentaires inspirés !!!

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    Pour télécharger le texte de la 4ème conférence*, cliquez ICI

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    Pour relire le 1er article et ses nombreux commentaires (très intéressants!)cliquez ICI

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    * RAPPEL : En téléchargeant ce texte, vous vous engagez explicitement à n’en faire qu’un usage privé. Vous pouvez l’imprimer et à l’occasion le faire lire à vos proches, mais il vous est explicitement demandé de ne pas le rediffuser vous-même sous forme numérique via Internet.

  • Colette Roumanoff à Rennes

    Avec l’association « Nouvelles convergences » notre ami Gérard Bellebon va bientôt recevoir Colette Roumanoff  pour une conférence autour de son dernier livre. Si vous habitez près de Rennes, ne ratez pas le témoignage de cette femme remarquable qui, sans tambour ni trompette, a su magnifiquement « mettre en pratique » l’enseignement de son maître, cela dans des circonstances particulièrement difficiles et, à priori contraires à la sérénité… A noter qu’en tant que membre des Amis de La Bertais-Vassot, vous pouvez demander à bénéficier du tarif réduit lors de l’achat de votre place !

    Conférence

    Le bonheur plus fort que l’oubli
    un autre regard sur le malade alzheimer

    par
    Colette Roumanoff

    coletteR Colette Roumanoff apprend, en 2005, que son mari est atteint de la maladie d’Alzheimer.

     » Lorsque j’ai compris que Daniel était atteint d’Alzheimer, je me suis sentie déboussolée mais je n’ai pas renoncé au bonheur, même si au début il semblait s’être enfui loin de nous. »  

    Peu à peu, elle arrive à apprivoiser la maladie et vivre, au présent, une relation heureuse avec lui.

    « Dix ans plus tard tout me paraît plus simple : le seul fil d’Ariane qui permet de se tirer de tous les pièges que la pathologie dresse sous nos pas est justement celui qui mène au bonheur partagé. »

    Seul le bonheur assure la collaboration active du patient dans la vie quotidienne, une collaboration précieuse et irremplaçable.

    Retrouver le sourire, rendre le sourire. Est-ce un travail ? Est-ce une fatigue ?
    Non, c’est plutôt un savoir-faire et un savoir-être, qui se cultivent au même titre que toutes les relations humaines.

    Colette Roumanoff nous offre les moyens de repenser la pathologie et de porter un nouveau regard sur la personne alzheimer, en même temps qu’un formidable témoignage d’amour.

    Colette Roumanoff dirige depuis vingt-deux ans une compagnie de théâtre classique et de spectacles pour enfants.
    Elle est l’auteur, avec sa fille Valérie, de La Confusionite, une comédie sur la maladie d’Alzheimer.

     

    Jeudi 24 mars 2016 – 20h30
    Maison des associations – 6 cours des Alliés – Rennes
    Entrée : 8 € (adhérents, étudiants, demandeurs d’emploi : 6€)
    sur réservation
     Liste des points de vente à Rennes : Cliquez ICI

    Réservation par courrier : bulletin de réservation à télécharger ICI 
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    Réservation et paiement en ligne : en cliquant sur ce lien

     

    Les membres des Amis de La Bertais bénéficient du tarif réduit.

    N’hésitez pas à vous signaler comme tel lors de l’achat de votre billet
    Renseignements : Nouvelles Convergences :  09 53 77 81 43 / 06 42 75 02 10