Après vous avoir entretenu d’Anne et Fabian Da Costa (cf article précédent), je souhaite vous présenter aujourd’hui Pascal Tellier, le deuxième invité « remarquable » de notre Fête du Yoga 2015.

Pascal et Elisabeth son épouse sont de vieux amis que nous avons connus au Bost. Nous avons toujours été proches d’eux par le coeur, même si, pour des raisons géographiques (ils habitent Clermont-Ferrand), nous n’avons pas pu développer autant que nous aurions souhaité nos liens d’amitié.
Elisabeth est psychologue et, après avoir beaucoup travaillé avec Denise, elle a été une des premières personnes que celle-ci ait autorisées à faire faire des lyings…
Pascal est vétérinaire de formation, profession qu’il a exercée jusqu’à peu, en parallèle avec une activité d’animateur psycho-spirituel qu’il conduit depuis longtemps aux côtés d’Elisabeth. Il est aussi un militant écologiste de la 1ère heure, ce qui l’a amené à créer et à animer sur Clermont-Ferrand l’association Gaïa Terre vivante, pionnière dans ce domaine…
Outre le sérieux de son engagement sur le chemin, Pascal a été amené à faire une expérience d’éveil momentané particulièrement intense du fait même des conditions extrêmes dans lesquelles celle-ci est survenue et qu’il a racontée dans un livre autobiographique : « L’éveil : exigence et lâcher prise » édition du Souffle d’or.
Je ne résiste pas au plaisir de vous résumer son récit :
En novembre 1993, la quête intérieure avait amené Pascal à faire un séjour en Corse auprès de Steve Jourdain qui recevait alors chez lui de façon informelle les personnes désireuses de partager ses propres découvertes en matière d’éveil. Pascal vivait ce séjour dans l’esprit d’une véritable retraite spirituelle et se donnait chaque jour un long temps de promenade solitaire dans la nature sauvage et montagneuse qui entourait la maison d’hôtes de Steve. Tout en marchant, il « méditait » les propos de Steve qu’il mettait en lien avec certaines des paroles de Swâmi Prajnanpad qui le touchaient alors le plus…
Ce jour-là, Pascal décide de gravir le Monte de Oro qui culmine à plus de 2000 mètres et qui se trouve à proximité du gîte de Steve. Par un concours de circonstances, il n’informe pas ses hôtes de sa destination… En fin d’après-midi et alors qu’il est au terme de son ascension, il se rend compte que la nuit est en train de tomber et qu’il lui faut vite rebrousser chemin. Il croit avoir repéré un raccourci durant son ascension et tente de l’emprunter mais se perd assez vite dans la végétation. Il arrive devant une cascade qui lui barre la route et décide de la sauter. Déjà bien fatigué par son ascension, il rate son coup et fait une chute de plus de 2 mètres en contrebas de la cascade dans le torrent. Il perd brièvement connaissance avant d’être réveillé par l’eau froide et le sang qui lui coulent dans la bouche. Il veut s’extraire du torrent, mais s’aperçoit alors qu’outre sa blessure à la tête, il a une jambe cassée (il ne le sait pas encore mais il a aussi une vertèbre fracturée)… Après bien des efforts, il parvient à s’extraire du torrent et à se hisser tant bien que mal au sec. Il passe ainsi sa première nuit dehors à 2000 mètres d’altitude dans des vêtements détrempés, en novembre…
Il s’efforce de ne pas s’endormir par crainte de mourir de froid et y parvient, malgré la neige qui se met à tomber… Le jour levé, il décide de ramper pour retrouver le chemin de randonnée qu’il a imprudemment quitté la veille de telle sorte que mort ou vif, il puisse au moins être retrouvé par les secours. Après une heure d’efforts, le voilà sur la piste balisée. Un hélicoptère de la sécurité civile le survole de loin dans la matinée, mais ne s’approche pas assez de la zone où il est… Il se sait désormais recherché, mais le trouveront-ils à temps ? Le froid étant trop intense, Pascal décide de tenter de rejoindre une bergerie située en contrebas du chemin de randonnée. Il glisse et se traîne au sol durant 5 à 6 heures pour couvrir la petite distance qui le sépare de ce refuge où il arrive à la tombée du jour et où il finit par trouver un abri sommaire contre le froid de la seconde nuit. Au matin suivant, il décide de sortir tant bien que mal de sa cachette et de s’exposer sur un petit promontoire avec son anorak rouge à la vue d’un hélicoptère éventuel. Celui-ci le survole en effet dans la matinée, mais passe au dessus de lui sans le voir… Il fait trop froid pour rester ainsi à découvert, Pascal se redéplace vers l’abri de la bergerie et ivre de fatigue, finit pas s’octroyer un petit somme. Après quoi, il trouve l’énergie de resortir sur le promontoire de façon à rester visible pour le reste de l’après-midi… La nuit approche sans que l’hélicoptère ne se refasse entendre. Il décide de rejoindre son gîte pour une 3ème nuit. Il a pu s’hydrater plusieurs fois depuis l’accident, mais n’a rien mangé et il sent que ses limites physiques seront bientôt atteintes… Quand tout à coup il entend des voix. Il répond et se retrouve bientôt face à un sauveteur de la Gendarmerie de Haute Montagne qui lui adresse ces premiers mots « Vous alors, vous pourrez dire merci au radiesthésiste »…
En désespoir de cause, sa femme a en effet pris contact avec un radiesthésiste d’Aubenas, spécialisé dans la localisation des disparus. Celui-ci a communiqué à la Gendarmerie de Haute Montagne les coordonnées du lieu où, selon lui, le disparu se trouve. Et le sauveteur, qui connait le radiesthésiste de réputation, a décidé aussitôt d’aller explorer à pied avec une petite équipe l’endroit désigné : bingo c’est justement là que se trouve Pascal ! Un hélicoptère médicalisé est aussitôt appelé. On y hélitreuille notre blessé qui est aussitôt transporté à Bastia pour les premiers soins, avant un retour vers l’hôpital de Clermont …
Mais le plus intéressant reste à venir. Je laisse la parole à Pascal (p 109 et suivantes de son livre)
» De nombreuses personnes m’ont dit que je devais avoir eu très peur ou qu’ils seraient morts à ma place. En fait tout s’est joué en quelques instants. Dès que j’ai repris conscience après ma chute dans le torrent, un non gigantesque, un refus total, viscéral, est monté en moi. Un NON à cent pour cent. Un désaccord complet.
Suivi d’un OUI (…) L’évidence de la situation a été plus forte que mon mental. La disparition du jugement personnel, du refus, du désaccord, a complètement stoppé les pensées parasites et les émotions. L’entraînement acquis précédemment avec la mise en pratique de l’enseignement d’Arnaud a joué. Je vivais la situation d’instant en instant à la fois complètement impliqué dans mes initiatives pour survivre et complètement détaché (…) Emotionnellement, je vivais un état de calme, de vigilance et de participation active à ce qui se passait.(…) Plus de dualité entre la situation et moi, même pas l’idée de l’acceptation. Du coup c’était acceptation à 100% (…) un état de vigilance, de présence à la situation et d’émerveillement en continu durant 3 jours! «
Par la suite, Pascal a continué sa quête pour tenter de comprendre et d’intégrer cette expérience paradoxale : si proche de la mort et si éveillé en même temps. Il a entre autres fait des séjours auprès de Chandra Swâmi, de Daniel Maurin et de Douglas Harding. Il a en particulier trouvé dans les « exercices de Douglas », une aide puissante pour revivre encore et encore cette expérience de « non-mental » qu’il considère désormais comme la vérité ultime de son être (ainsi que de tous ceux et celles qu’il côtoie). Et c’est pourquoi, il a à coeur, entre autres, d’utiliser ces exercices avec les personnes qui souhaitent à leur tour qu’il leur partage son expérience du chemin…
A la fête du 7 février, Pascal animera deux ateliers sur « la vision directe selon Douglas Harding » le matin et en fin d’après midi, et il fera une conférence sur l’écologie intégrale à14h45.
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