Auteur/autrice : Yann Le Boucher

  • AG d’Hauteville, premiers échos

    Que ce soit à Hauteville ou à la Bertais, le dessin de Marol (ci-dessous) résume assez bien mon ressenti personnel quand je participe à une assemblée générale. Est-ce utile de préciser que parfois la couleur de mon sourire tire sur le jaune ?

     

    537291_3699996676511_157960806_nC’est pour éviter à Hauteville ce genre de déconvenue que de grandes décisions nous ont été annoncées ce week-end. Rapide retour en arrière pour mieux en apprécier la portée :

    Quand dans un souci de continuité d’Hauteville, Arnaud a cherché à qui il pourrait confier sa charge, c’est tout d’abord Daniel Morin qu’il a pressenti comme la personne qualifiée pour être son successeur… Mais à partir du moment où Daniel a décliné cet héritage (cela, avant même son départ d’Hauteville), Arnaud a dû réfléchir à une autre solution. Celle-ci lui est apparu lors d’un séjour à Mangalam, et il a ainsi été conduit à désigner Eric dans le rôle de « n°2 », en le présentant à l’assemblée générale suivante comme « le gardien de la lignée ». En même temps, comme il n’était pas question qu’Eric et Sophie abandonnent leur oeuvre québéquoise, il a fallut trouver une solution pour que l’ashram d’Hauteville puisse être dirigé sur place dans la perspective de « l’après-Arnaud ». Faute de mieux, Arnaud a donc mis sur pied une « direction collégiale » composée de 4 personnes : Emmanuel, Thierry, Véronique et Jean-Pierre (Bouyou). Ce sont effectivement ces quatre personnes qui géraient déjà Hauteville dans les derniers mois de l’existence terrestre d’Arnaud et qui ont donc assuré sans difficulté majeure la délicate période de transition qui a suivi son « départ »…

    Cependant, cette solution ne pouvait pas perdurer très longtemps, et le départ d’Hauteville de  Jean-Pierre Bouyou l’an passé a été le premier signe de la fin de cette période de transition. En cours de cette année, Eric, Emmanuel, Véronique et Thierry ont donc envisagé ensemble une nouvelle solution et, du fait même de l’accélération de son évolution intérieure depuis le décès d’Arnaud,  il leur est devenu évident qu’Emmanuel était désormais à même d’assumer seul la direction générale d’Hauteville. En nous annonçant cette nouvelle, Véronique n’a pas hésité à prendre une comparaison à consonance historique en rappelant le système de régence qui prévalait sous l’Ancien Régime tant que que l’héritier de la couronne n’était pas apte à assumer à part entière la fonction de roi. Poussant jusqu’au bout cette comparaison (dont je lui laisse la responsabilité) elle a présenté cette AG comme l’équivalent, dans l’ordre spirituel, du sacre d’un roi qui vient mettre un terme à la période de régence…

    Et voilà le premier scoop de cette Assemblée Générale :  l’intronisation officielle d’Emmanuel à la tête d’Hauteville, qui a, à présent, un référent principal clairement connu et reconnu de tous !

    Second scoop : dans la foulée, Véronique a annoncé qu’elle se retirait « pour de bon » d’Hauteville et que, jusqu’à nouvel ordre, elle n’y assumerait donc plus aucune fonction de direction (ce qui ne lui interdira pas, à l’occasion, d’y proposer peut-être quelques animations ponctuelles…).

    Quant à Eric, il nous a invité à bien faire la distinction entre son rôle de « gardien de la lignée » (qu’il continuera à assumer pour les questions relevant de la continuation globale de l’oeuvre d’Arnaud) et celui d’Emmanuel, qui, en ce qui concerne Hauteville, en sera désormais le seul et unique responsable à part entière.

    Avec l’humour qu’on lui connait, les premières paroles d’Emmanuel lors de son intervention de dimanche après-midi ont été :
    « Bon, si je peux résumer la situation :
    – Pour Véronique c’est « Enfin la récré ! »
    – Et pour moi « Fini la récré ! »

    En attendant que vous puissiez lire le compte rendu intégral des interventions d’Eric, de Véronique, de Thierry et d’Emmanuel (à paraître dans le prochain numéro de la Lettre d’Hauteville), je ne résiste pas au plaisir de faire à nouveau appel à l’humour de feu Jean-Claude Marol pour synthétiser le contenu de cette AG « historique » :

     

    dessin2

    Un dernier pour la route ?

    (Je sais, celui-là est hors contexte, mais ça fait tellement du bien de rire de soi-même !)

    marol effacement ego

     

  • Chantier du jeudi 29 mai (Ascension)

    0Une fois n’est pas coutume, 😛 c’est par le biais de ce blog que je vais tenter de vous motiver pour la journée-chantier du 29 mai prochain que nous avons tout récemment programmée  (avec le dimanche 29 juin), en nous rendant compte que sans cela nous ne parviendrions pas à mettre La Bertais en état de recevoir dignement Eric et Sophie!

    eric_edelman

    En cette période de l’année, les espaces verts demandent beaucoup de main d’oeuvre et avec la mauvaise météo de mars et d’avril, la taille, la tonte et le désherbage ont pris beaucoup de retard.

    Dans la maison, la future chambre au dessus de la cuisine est encore loin d’être achevée, sans compter la peinture de certaines huisseries et les autres aménagements laissés en plan jusqu’à présent, en particulier les abords du gîte…

    Bref, nous trouverons très facilement à occuper toutes les bonnes volontés, et si vous n’avez pas d’autres engagements jeudi prochain, n’hésitez pas à être des nôtres !

    DSC04928

     

    Pour mémoire, nous commencerons la journée à 9h30 par une brève méditation suivie de la réunion d’organisation.

    Puis travail manuel jusqu’à 13h, entrecoupé par un « rappel ».

    Nous mettrons alors en commun un repas « tiré du sac » (ci dessous, vous verrez au fur et à mesure, combien nous serons et ce que les autres ont prévu d’apporter).

    Après un temps de yoga-nidra, nous reprendrons le travail manuel vers 14h30 et couperons l’après-midi par second rappel, puis par un thé.

    Nous finirons le chantier vers 18h et clôturerons l’après-midi par un second temps de méditation de 18h15 à 18h30

     

    Les personnes venant de loin (Brest…) peuvent, bien entendu, arriver la veille au soir et/ou rester dormir sur place le jeudi soir. Pour vous inscrire, il suffit de laisser un commentaire en bas de cet article, en précisant votre heure d’arrivée et de départ et ce que vous vous proposez  de mettre en commun pour le déjeuner

    Voici la liste des participants déjà inscrits :

    Nb Photo Nom Arrivée Départ Victuailles Commentaire
    1  yann_admin.thumbnail Yann LB 9h30 18h30 Salade de riz et crudités  
    2  annemarie_lb.thumbnail Anne-Marie LB 9h30 18h30    
    3  marc Marc F 9h30 18h30  Pizza forestière  
    4  yann_ke.thumbnail Yann K 9h30 18h30 Gateau (au chocolat) + une bouteille de cidre artisanal   
    5  Pas de photo Patrick G 9h30 18h30    
    6   Pas de photo! Thérèse G 9h30 18h30 Salade composée et fromage   
     7 elisabeth_ba.thumbnail   Elisabeth B 9h30  18h30   Salade de tomates et un melon
    8  Pas de photo! Eliane G 9h30 18h30 Taboulé et jus de pomme
    9 yvon_lo.thumbnail Yvon L 9h30 18h30 Fromage
    10  marieannick_sa.thumbnail Marie-Annick S 9h30 18h30 Cake aux carrottes
    11 marielaure_du.thumbnail Marie-Laure 14h30 18h30 L’après-midi seulement
    12
    Pas de photo Olivier G 9H30 17H Bon bricoleur!

     

  • Connectez-vous à vous-même!

    Ce dimanche, l’un d’entre vous  m’a apporté un article paru dans le Monde qui explique qu’un des cadres dirigeants de Google, Chade-Meng Tan, a pris l’initiative de créer, au sein de son entreprise, un cursus d’initiation à la méditation (version « pleine conscience ») depuis 2007. Il a récemment publié un livre relatant cette expérience, baptisé (en français) « Connectez-vous à vous-même« . On y apprend entre autres, qu’il y aurait désormais plus de 2000 employés de Google qui suivent ou ont suivi l’un de ses programmes de formation à la méditation grâce auquel les ingénieurs high-tech seraient  à la fois plus créatifs, plus coopératifs les uns avec les autres, et plus résilients*.

    * la résilience est la capacité à rebondir positivement en cas d’épreuve ou d’échec.

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    Le 27 avril dernier, à l’occasion de la sortie de ce livre en France, Fabrice Midal (au nom de l’éditeur Belfond) a organisé une conférence dans le centre parisien de Google, en présence de Mathieu Ricard qui a, lui aussi, accepté de faire le déplacement pour traduire en français les propos de Chade-Meng Tan.

    Ci dessous le compte rendu de séance d’une journaliste du Monde, certes plutôt ironique, mais qui permet quand même de se faire une petite idée de l’ambiance :

    On va faire un exercice de pleine conscience de dix secondes. » Les pieds sur la moquette en Google Maps, nous voilà à écouter les conseils de Chade-Meng Tan, le M. Bonheur de chez Google. Ou plutôt à écouter Matthieu Ricard, qui, en robe de moine dans le Googleplex parisien, le traduit de l’anglais vers le français. « Pendant dix secondes, vous allez porter votre attention sur votre respiration. » Sauf que j’ai compté, ça n’a pas fait dix secondes. C’est vrai, on n’est pas supposé compter quand on médite. Mais ma voisine blogueuse n’aurait pas dû non plus tweeter sur son téléphone qu’elle était en train de faire un exercice de méditation.
    Ce mardi soir, les rangées de chaises de la salle de conférence sont occupées par deux types de gens : quelques employés de l’entreprise et des spécialistes de la méditation conviés par les éditions Belfond qui publient Connectez vous à vous-même, le livre de Chade-Meng Tan. La présence d’un spécialiste de la méditation chez Google, c’est un peu comme les affiches pour Weight Watchers accrochées pas très loin des buffets à volonté dans les cantines de leurs bureaux californiens. Après nous avoir distraits au travail, il était bien naturel que Google assure la promotion de la concentration. « On a toujours été distraits », se défend Meng quand Laurent Guez, le directeur délégué de la rédaction du magazine Enjeux Les Echos, lui fait remarquer que le numérique est la cause de tous nos soucis d’éparpillement. « Les gens ont toujours pensé à autre chose. Ça change juste la magnitude du problème », dit Meng (né à Singapour, il a décidé de se faire appeler Meng quand il a compris que les Américains avaient des soucis avec les noms de plus d’une syllabe). On médite aujourd’hui plus en Occident qu’en Orient, reconnaît le philosophe et écrivain Fabrice Midal, éditeur français de Meng. Les livres de méditation se vendent très bien en France. Ils ont souvent en commun de proposer de faire un pas de côté. Vers une vie allégée. Loin du bruit. Vers la décroissance tendance Pierre Rabhi. Avec une couverture dont la typo reprend celle, multicolore, de Google, le livre de Chade-Meng Tan s’adresse, lui, à ceux qui veulent méditer pour rester dans la machine. Son auteur a deux bonnes raisons d’être pris au sérieux dans le monde de l’entreprise : il est ingénieur et employé numéro 107 de Google (donc très riche depuis l’entrée en Bourse). Signe d’une pleine conscience vendue à un nouveau public, le mot « augmentation » revient plus souvent dans son livre que dans ceux de Matthieu Ricard ou de Christophe André, chantre des thérapies cognitives.

    Sur la chaise d’à côté, mon voisin travaille, m’assure-t-il, avec un neuroscientifique. Ils ont monté ensemble une société spécialisée dans le conseil en entreprise. « On est très en avance sur Google », m’explique-t-il. Pendant que la salle se remplit, il sort une copie papier de sa présentation Powerpoint qui se termine par des témoignages de clients enchantés, dont un représentant d’Orangina ravi d’avoir, grâce à cette formation, pu regagner un référencement de son produit chez Auchan. Une femme intervient pour dire qu’elle organise des déjeuners silencieux de pleine conscience pour dirigeants d’entreprise. Elle prend la parole pour demander à Chade-Meng Tan ce qu’il pense du silence.

    Alors que Meng défend la bienveillance au travail, quelqu’un voudrait savoir comment gérer les prédateurs manipulateurs. « Les psychopathes en cravate », reformule Matthieu Ricard.

    La première étude d’Harvard sur les bienfaits du sport date de 1927, relève le moine. « Aujourd’hui, on accepte de passer, chaque matin, vingt minutes sur une bicyclette d’appartement qui ne va nulle part, même pas dans la cuisine », poursuit-il pour expliquer qu’il pense que la méditation trouvera sa place dans notre quotidien de la même façon d’ici quinze ou vingt ans. Le monde du travail va se mettre à la méditation pour copier les méthodes des patrons qui réussissent, de la même façon qu’il s’était mis au jogging et à l’exercice il y a trente ans, assure Chade-Meng Tan qui n’a peut-être pas vu les photos des patrons du CAC-40. « Je suis très optimiste », ajoute celui qui par ailleurs note dans son livre que le pessimisme ne fait pas vendre de livres. C’est, comme dit la quatrième de couverture, une « méthode testée avec succès sur les employés les plus stressés ». En veste blanche, Dorothée Burkel, la DRH de Google pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, nous assurera après la conférence que sitôt proposées en interne, ces formations font le plein. D’ailleurs, on ne dit pas « méditation » mais « G-Pause ».

    Guillemette Faure

  • Cadeau numérique : le dernier numéro d’Infos-Yoga

    Pour me remercier de ma collaboration bénévole à Infos-Yoga, Mathieu vient de me faire parvenir en cadeau la version numérique du dernier numéro (mai/juin 2014), celui où est entre autres paru  l’extrait de la brochure Satsang avec Mâ à Nadiad que je vous avais présenté ici même  à Noël.

    Il me suggère de vous en faire bénéficier à votre tour, à la condition de vous transmettre aussi le bulletin d’abonnement à Infos-Yoga, histoire de vous inciter à soutenir de votre propre contribution l’existence toujours précaire de cette sympathique revue.
    Je m’exécute donc ci-dessous avec d’autant plus de plaisir que j’apprécie personnellement  beaucoup cette revue qui a entre autres pour mérite d’être conçue et fabriquée localement, dans un esprit d’ouverture proche de celui qui nous anime à La Bertais.

    Et puis, sachez le, cette revue cherche des « plumes ».
    Si vous avez envie de vous exprimer sur un sujet qui vous tient à coeur et qui recoupe sa thématique (chronique autour d’un livre ou d’un film, création poétique, récit de voyage intérieur etc), n’hésitez à tenter votre chance à votre tour en adressant un article à Mathieu. Vous verrez, c’est toujours un plaisir que de se voir publier dans ses colonnes…

    infosyoga97

     

    Pour télécharger votre exemplaire, cliquez sur l’image de la couverture.

    Et pour obtenir un bulletin d’abonnement (à imprimer)* cliquez ICI

    *On peut aussi s’abonner directement en ligne en allant sur le site d’InfosYoga

     

  • Satsang avec Mâ à Nadiad

    Le 25 décembre dernier, je vous avais parlé d’une petite brochure que nous avions publié en 1980 après avoir participé en Inde à la semaine annuelle de retraite auprès de Mâ Anandamayi. En guise de cadeau de Noël, j’avais même reproduit le petit conte traditionnel des « quatre questions » par lequel Mâ avait conclu le dernier des satsangs.

    Depuis, nous avons travaillé d’arrache pied avec Dominique Gacem, Monique Henrard et Cécile Hulin pour corriger la première dactylographie faite par Georges et améliorer le style du texte ainsi que sa mise en forme. Et nous venons enfin de parvenir à un résultat satisfaisant : une édition numérique « revue et corrigée » de cette brochure.

    En exclusivité, vous pouvez télécharger dès à présent votre exemplaire de cette brochure de 40 pages et vous laissez toucher par le parfum qui s’en dégage…

    Pour cela, cliquez simplement sur le lien ci-contre.

    satsang_ma

  • Darpan, bientôt à La Bertais

    Pour mémoire, je vous rappelle que l’association Nouvelles Convergences va bientôt accueillir à Rennes puis à La Bertais un homme que d’aucuns considèrent comme « éveillé », le suisse Darpan. Voici comment Gérard Bellebon présente les deux rencontres prévues sur la page dédiée de son site :

     

    darpan

    Rencontre-témoignage du vendredi 4 avril

    Lors de cette soirée, Darpan témoignera de son propre parcours et de l’extraordinaire aventure intérieure qui l’a mené à la réalisation de sa vraie nature. À travers cette évocation, il souhaite encourager chacun à persévérer dans la célèbre devise Socratique : « connais-toi toi-même » et à découvrir, au cœur même de nos imperfections, la possibilité toujours présente d’une conscience qui se révèle à elle-même.

    Cette soirée constitue également une introduction au week-end dont on peut lire le texte de présentation ci-dessous.

     

    Atelier samedi & dimanche 5-6 avril  : DE L’IGNORANCE À L’ÉVEIL

    En dépit de tout ce que nous avons lu et entendu au sujet de l’éveil et de la spiritualité, nous nous efforçons d’accéder à notre totalité et à notre plénitude à partir d’un socle de souffrances et d’ignorance. Nous préférons tendre vers un bonheur imaginaire en rêvant notre vie spirituelle plutôt que de retrousser nos manches et de confronter ce qui nous sépare de notre vraie nature.

     « Il n’y a rien que nous puissions faire pour atteindre à l’amour, à la joie et à la simplicité mais, il y a beaucoup à faire pour défaire ce qui nous en sépare »

    Lors de ce week-end Darpan nous invite à poser un regard sincère et sans complaisance sur notre approche de la spiritualité et de l’éveil. Il posera les bases d’une vie spirituelle pratique et accessible à toutes et à tous. Il exposera également les mécanismes intérieurs qui nous retiennent prisonniers dans l’illusion du « moi » et présentera une approche pragmatique pour se défaire de nos peines et de nos complications.

    Entrecoupée de méditations guidées visant à faciliter le retour au corps et au ressenti, cette rencontre laissera également une place importante aux questions-réponses.

    En pratique

    • L’accès à chacune de ces deux animations n’est possible que sur réservation. Les membres des Amis de La Bertais bénéficient du tarif préférenciel identique à celui des membres de Nouvelles Convergences. Le bulletin de participation est à TELECHARGER ICI et à renvoyer à Nouvelles Convergences.
    • La rencontre du vendredi soir aura lieu à Cesson-Sévigné au Centre de la Hublais à 20h30.
    • Les tarifs et conditions des repas et de l’hébergement (facultatif) à La Bertais seront envoyés aux inscrits par Nouvelles Convergences. 

    Post scriptum (de Yann)

    Je ne connais pas moi-même Darpan et je vais donc le « découvrir » en même temps que certains et certaines d’entre vous ce vendredi 4 avril. Je viens néanmoins de lire une interview de lui qui m’a fait très bonne impression. N’hésitez pas à faire comme moi, ça en vaut la peine  et c’est à lire ICI !

  • Denise en vidéo

    Faute de pouvoir venir physiquement nous rendre visite à La Bertais, voici que Denise Desjardins nous fait don de sa présence virtuelle à travers la vidéo d’un entretien qu’elle a accordé tout récemment à la revue « Le Monde des religions » lors de la publication de son livre testament, Contre vents et années (éd. Table ronde). C’est Virginie Larousse, la nouvelle rédactrice en chef de la revue, qui mène l’entretien…

    NB : La vidéo durant 40 minutes, je vous conseille de vous installer confortablement devant votre écran et  de passer en mode plein écran (dernière icone en bas à droite de la vidéo).

    « Chaque être humain porte, enfoui en lui, un germe d’éveil, dans un état latent. Pour parvenir à la symbiose avec tous les êtres, tout l’espace, et finalement ne faire qu’un avec l’infiniment vaste, ce potentiel d’éveil doit être développé. Mais la plupart des personnes l’ignorent ou ne s’en préoccupent guère. Swâmi Prajnânpad disait d’ailleurs : “L’homme a des possibilités infinies, mais des probabilités limitées” ! Nourrir le germe d’éveil est le but de la vie humaine. C’est à cela que sert la méditation : calmer son individualité, apprendre le détachement, donner de l’attention et de l’énergie pour nourrir cette possibilité d’éveil. Ne pas le faire, c’est passer à côté du vrai sens de la vie. » Denise

     

  • Hackeur ou Chapeau noir

    Cet article du lundi matin est un peu inhabituel car au lieu de vous distiller quelque belle parole de Sagesse, il vient juste vous informer d’une difficulté technique particulière liée au fonctionnement de notre site ainsi que du « remède » que nous allons tenter d’y apporter au plus vite.

    Le problème :

    Comme certains d’entre vous s’en sont rendu compte, depuis samedi matin le site de la Bertais est victime d’une « attaque » de la part d’un hacker, c’est à dire d’un « pirate informatique » qui se fait passer pour un jeune marocain (mais j’ai des doutes sur cette prétendue identité marocaine qui me semble surtout destinée à nous conduire sur une fausse piste).

    Ce « pirate » ne semble pour l’instant pas bien « méchant » et fait plutôt penser à un potache en mal de mauvaise blague plutôt qu’à un vrai « chapeau noir » (synonyme de hacker, cf wikipédia) puisqu’il se contente de détourner la première page de notre site en la remplaçant par une page de sa fabrication. Par contre, et heureusement pour nous, jusqu’à présent il n’a pas touché au contenu même de notre site, ce qui fait que je peux ce matin y publier cet article.

    Mais pour l’utilisateur non prévenu, le résultat est assez « impressionnant » puisque quand on veut se connecter à notre site, on peut à tout moment se retrouver nez à nez avec cette page (que plusieurs d’entre vous ont vu avec grande surprise s’afficher samedi matin puis, à nouveau, dimanche soir sur leur écran).

    La solution :

    Avec notre informaticien actuel (très réactif, merci à lui), nous avons, par deux fois déjà, pu supprimer cette « page pirate » ; et ce matin, les premières dispositions ont été prises pour éviter que notre facétieux « chapeau noir » ne puisse recommencer. Ceci dit, comme nous ne comprenons pas bien comment il a fait pour pénétrer illégalement dans la partie « administration » de notre site, nous ne savons pas si ces premières mesures vont suffire à l’empêcher de recommencer ou s’il va, malgré elles, réussir à réitérer son « exploit ».

    Dans le doute, nous avons donc programmé de faire des modifications assez importantes dans la gestion de notre site, cela sous les 3 ou 4 jours qui viennent. D’ici là, ne soyez pas trop surpris de retomber éventuellement de temps en temps sur « la page noire » !

    En principe, les travaux en cours ne devraient pas affecter beaucoup la partie visible du site (et du blog), mais il se peut qu’il y ait quelques couacs, le temps que tout soit mis en place.

    Par contre, ceux et celles qui publient des articles sur le blog doivent s’attendre à la mise en place d’une nouvelle interface de publication (son fonctionnement sera globalement analogue, mais il faudra s’habituer à quelques changements mineurs)…

    Pour les utilisateurs, le changement le plus important va concerner notre news-letter (que vous receviez jusqu’à présent par mail environ une fois par mois). A partir de la semaine prochaine, celle-ci ne sera plus gérée manuellement par Mireille et Georges, mais sera envoyée automatiquement UNE FOIS PAR SEMAINE à tous les abonnés. Nous allons tester cette nouvelle façon de faire pendant quelques semaines et, après avoir pris votre avis, nous déciderons ou non de la péréniser…

    En attendant, je vous souhaite bon surf sur notre site durant cette période de transition où nous ne sommes pas à l’abris de quelques nouvelles situations sollicitant nos aptitudes de pratiquants(es) !!!

  • La Fête du Yoga du 8 février

    Voici les principales nouveautés de cette 12ème édition de la Fête du Yoga qui aura lieu à Rennes le samedi 8 février prochain :

    • Un programme étendu à la journée complète (10h-21h)
    • Huit ateliers de 2h (six le matin et deux l’après-midi)
    • Douze ateliers d’1h (l’après-midi), dont un « pour les enfants » et un interprété en LSF à destination des sourds
    • Trois conférences, dont deux accessibles aux sourds (interprèté en LSF)
    • Trois films inédits dont « Une femme remarquable, Tenzin Palmo » projeté en présence de la réalisatrice, Sabine Michelin-Pigeon
    • Un nouveau lieu d’accueil, plus prestigieux et plus confortable : l’Université de Rennes Beaulieu
    • Un nouveau système de réservation en ligne, vous permettant de télécharger directement votre billet définitif (à imprimer et à présenter à l’accueil)

     

     


    Pour mémoire, je suis l’un des initiateurs de cette Fête qui, pour sa douzième édition, va rassembler une trentaine de professeurs de Yoga de Rennes et environs ainsi que probablement plus de 500 pratiquants, venant de toute la région, voire au-delà…

    Bien que sans lien direct avec Les Amis de La Bertais, plusieurs d’entre nous prendront une part active dans cette Fête :

    • Le matin Anne-Marie animera un atelier « Mandalas » et Luc (ancien trésorier de La Bertais) un atelier d’Ashtanga Yoga
    • L’après-midi, je ferai une conférence sur Le Yoga-Sûtra de Patanjali et Christophe animera un atelier « Salutation au soleil« …
    • Et toute la journée, Marie-Laure sera à l’accueil pour recevoir le public et gérer les inscriptions des retardataires
    • Last but not least, en soirée (19h15), nous recevrons Sabine Michelin-Pigeon (animatrice des ateliers Clown à La Bertais) qui viendra présenter son film sur Tenzin Palmo et animer un échange avec le public à l’issue de sa projection.

    Consultez le programme complet en cliquant ICI

    Inscrivez-vous en ligne en cliquant ICI

    Attention, les ateliers ne sont pas accessibles sans réservation et les places disponibles fondent à vue d’oeil…

  • Encore un cadeau numérique…

    Pour ouvrir cette année 2014 sur une note sympathique, ci-joint un autre cadeau numérique, offert par le « père » de la revue Infos-Yoga.

    Exceptionnellement, Mathieu a en effet choisi de permettre le téléchargement gratuit du tout dernier numéro de sa revue, à laquelle par ailleurs La Bertais est abonnée.

     

    Cliquez sur l'image pour déclencher le téléchargement

     

    Au sommaire de ce numéro 95, de janvier-février 2014 :

    • Un article de mon ami et collègue Rodolphe Milliat sur les contradictions engendrées par le succès même du yoga
    • Un article de l’indianiste Tara Michaël sur la vision de la sexualité en Inde et en Occident
    • Un dossier sur « finalement le yoga, ça sert à quoi« , dans lequel j’ai eu la surprise de lire, entre autre, une longue et belle réponse de notre ami Jean-Yves Minet
    • Un article « savant » de l’indianiste Colette Poggi sur le corps du yogin, espace vivant, espace cosmique
    • Une chronique de Jacques Vigne, psychiatre vivant en Inde, disciple de Swâmi Vijnananda,  que nous avons le projet de recevoir à La Bertais en février 2015. A noter que Jacques parle dans cet article d’un séjour qu’il a fait dans la grotte où a vécu et pratiqué la nonne anglaise Tenzin Palmo, rencontrée et filmée par Sabine Pigeon… Or il se trouve que Sabine viendra présenter son film à Rennes le 8 février prochain dans le cadre de la 12ème fête du Yoga…
    • Et pas mal d’autres choses sympathiques que je vous laisse découvrir au fil des pages, dont comme toujours la très belles illustration centrale (photo d’un mandala peint au plafond d’un temple)

     

    Un grand merci à Mathieu et UNE TRES BONNE ANNEE A TOUS et A TOUTES…

    PS : Mathieu avait fait une opération semblable en Mars 2011 et cet autre numéro gratuit est toujours téléchargeable sur le site d’Infos-Yoga. Si vous êtes intéressé(e), cliquez-ici !

  • Un cadeau de Noël en provenance de Mâ

    Lors de la venue de Swâmini Umananda à La Bertais, nous avons évoqué ensemble notre rencontre avec Mâ Anandamayi et cela m’a donné l’idée de relire la petite brochure « Satsang avec Mâ » que nous avions rédigé en 1980 à notre retour d’Inde, et où nous avions consigné les réponses de Mâ entendues sur place « en direct ».  Je me suis rendu compte que ce texte bien modeste (qui se trouve dans la bibliothèque de La Bertais), contenait malgré tout quelques « perles » et qu’il méritait d’être numérisé pour une diffusion plus large. Grâce à Georges, que j’ai sollicité pour cela, ce texte vient d’être saisi informatiquement et je vous en livre donc ci dessous un premier extrait, en guise de Cadeau de Noël !

    (…) Un participant au satsang prend alors la parole et dit :

    – Au nom de tous, Mâ, je me permets de vous poser les quatre questions suivantes : Où est-ce que Dieu réside ? Qu’est-ce qu’il mange ? Quand est-ce qu’il rit ? Qu’est-ce qu’il fait ?

    Comprenant que l’homme souhaitait qu’elle racconte à l’auditoire la petite histoire traditionnelle qu’elle lui avait déjà racconté en privé, s’exécute :

     Il était une fois un grand roi qui était très troublé par quatre questions. Où est-ce que Dieu réside ? Qu’est-ce qu’il mange ? Quand est-ce qu’il rit ? Qu’est-ce qu’il fait ?

    Le roi fit annoncer dans tout son royaume qu’il récompenserait très généreusement celui qui pourrait lui fournir une réponse satisfaisante à ces quatre questions. En apprenant cela, tous les lettrés de la contrée se mirent à réfléchir activement dans l’espoir de gagner la récompense, mais aucune des réponses qu’ils proposèrent ne put satisfaire le roi.  Au bout d’un moment, celui ci devint extrêmement perplexe quand à la chance qu’il avait de trouver un jour une réponse le satisfaisant, en même temps que se développaient dans tout le pays d’interminables discussions autour de ces quatre questions.

    Un jour, quelques mots d’une de ces conversations vinrent jusqu’aux oreilles d’un paysan de condition des plus modestes. Il demanda aux interlocuteurs la raison de leur ardeur oratoire. Mais ceux-ci se mirent à rire, lui rétorquant qu’il ne serait d’aucune utilité pour lui de la connaître. Cependant, sur son insistance, ils finirent par lui faire part des quatre questions du roi. A leur grande surprise, le paysan se mit à sourir en disant : « il ne s’agit pas là de quelque chose de bien difficile. Conduisez-moi au roi, et je lui fournirai les réponses qu’il désire”. Ses interlocuteurs tentèrent d’abord de le dissuader de ce projet, car ils le supposaient un peu simple d’esprit. « Allons, comment pourriez vous satisfaire le roi sur cette matière, alors que les plus grands lettrés du royaume ont tous échoué! » Mais finalement l’insistence du paysant à vouloir être conduit au palais eut raison d’eux et, la chose s’étant ébruitée, c’est une foule de plus en plus large qui, chemin faisant, s’en alla accompagner le paysan jusqu’au palais…

     C’était du plus haut comique que de voir notre homme, habillé en haillons, en présence du roi et de sa cour. Le roi sourit à ce qu’il lui semblait être une plaisanterie. Mais il était juste et intelligent, et donna sa chance au paysan. Devant un parterre bondé d’érudits et de lettrés suspicieux, il posa sa première question :

    Où est-ce que Dieu réside ?

    Le paysan, malicieux, répondit simplement :

    – Ô roi, faites-moi d’abord savoir où Dieu ne se trouve pas !

    En entendant cela, le roi fut plongé quelques instants dans une intense réflexion, et, tout à coup, l’omniprésence de Dieu lui devint évidente.

    Etonné mais satisfait d’une réponse si éclairante, il posa se deuxième question :

    Qu’est ce que Dieu mange ?

    Et le paysan répliqua que Dieu se nourrissait de l’ego de l’homme.

    – Roi, s’il ne mange pas votre ego, vous ne pourrez pas le réaliser !

    De nouveau, en entendant ces mots, l’intelligence du roi s’éveilla et il fut pleinement satisfait.

    En réponse à la troisième question :

    – Quand est-ce que Dieu rit ?

    le paysan expliqua : « Quand, avant de naître, nous sommes confinés dans le sein maternel, nous souffrons de cet emprisonnement et nous nous souvenons alors de toutes nos mauvaises actions commises dans nos vies antérieures. Aussi commençons-nous à prier Dieu avec une repentance sincère et profonde pour qu’il nous délivre de cette horrible prison qu’est la matrice, et nous lui promettons qu’en échange, nous serons désormais des adorateurs pleins de ferveur et pleins de zèle. Mais aussitôt que nous venons en ce monde, une fois de plus nous sommes pris au piège de Maya, et oubliant toutes nos promesses, nous retombons dans nos vieilles erreurs. C’est pourquoi, à chaque fois qu’un enfant vient au monde, Dieu rit, car il sait combien cet être humain va avoir de mal à tenir la généreuse promesse qu’il lui a faite avant de naître… »

     Après cette troisième réponse, le roi devint tout à fait bienveillant à l’égard du paysan, et posa avec déférence sa quatrième question :

    – Qu’est-ce que Dieu fait ?

    Mais au lieu d’y répondre d’emblée, le paysan annonça :

    – Ô roi, il s’agit là d’une question fort délicate et je ne peux y répondre tant que quelque chose de bien particulier n’a pas été accompli.

    Le roi qui était désormais des mieux disposé à l’égard du paysan acquiesça en disant :

    – Je suis prêt à satisfaire votre demande quelle qu’elle soit.

    Le paysan lui dit alors :

    – Bien ! Dans ce cas ayez donc l’obligeance de quitter votre place et de prendre la mienne, car pour pouvoir répondre à votre dernière question, il faut que je sois assis sur votre siège.

    Le roi s’exécuta, s’assit à la place du paysan, alors que ce dernier gravit les marches du trône, s’y installa, puis entra dans une longue méditation silencieuse. Cela semblait à tous le spectacle le plus incongru qui soit. Aussi le roi rappela bien vite au paysan son devoir :

    – Hé!, vous devez donner votre quatrième réponse maintenant !

    – Mais je l’ai déjà donnée, s’exclama ce dernier.

    – Comment cela ?

    – Voyez ce que Dieu a fait : Si c’est sa volonté, en un instant un roi devient un homme ordinaire, et un homme ordinaire devient roi. Puisque Dieu a eu le pouvoir d’inverser ainsi nos conditions respectives si opposées, soyez assuré qu’il n’y a aucune limite à son pouvoir…

    Le roi fut comblé dans son attente et la récompense fut acquise au paysan…


    Du pied de notre propre sapin, nous vous souhaitons, Anne-Marie et moi, un très bon Noël !   😛

  • Il était une fois la Bhagavad Gîtâ (2)

    Pour introduire mon propos d’aujourd’hui, je voudrais revenir sur le message du premier verset que Swâmini nous a fait chanter le 23 novembre en tout début de week-end, verset que je ne connaissais pas, et qui m’a beaucoup intéressé (tiré d’un hymne de louange à Krishna nommé « Gîtâ Dhyânâm » )

    Ce verset compare en effet les Upanishads à des vaches et Krishna au pâtre qui se charge de les traire pour nous, de façon à ce que nous puissions en boire le lait, c’est-à-dire nous nourrir du nectar des enseignements védantiques.  Si le premier terme de la comparaison est typiquement indien (il renvoie à l’enfance du prince Krishna qui, pour échapper à un oncle malfaisant, a été caché, enfant, chez un couple de paysans gardiens de vaches), le second terme me semble beaucoup plus universel en ce qu’il nous indique que la Gîtâ est véritablement un condensé des Upanishads, spécialement écrit pour faciliter l’assimilation de leurs enseignements par les « bébés spirituels » que nous sommes tous!

    C’est muni de cette nouvelle clé que je me suis mis à relire la Gîtâ et que je partage avec vous aujourd’hui la première « coupe de lait », -chaud et crémeux- que Krishna y a placée dès le second chapitre.

    Je rappelle d’abord le contexte tel qu’il est évoqué au premier chapitre de cet écrit inspiré :

    Un roi, aveugle de naissance, nommé Dhristarashtra a spolié son neveu Yudhisthira de la succession sur le trône, en lui préférant son propre fils Duryodhana. De retour d’exil et après l’échec de la voie diplomatique, Yudhisthira et ses frères sont contraints de recourir aux armes pour tenter de récupérer leur royaume. Le vaillant héros Arjuna, second frère de Yudhisthira, est désigné pour prendre le commandement en chef des armées du clan des Pandavas. Pour le seconder, il a demandé à son meilleur ami, Krishna, de bien vouloir être le cocher de son char de guerre.

    Juste avant de donner le signal du premier assaut, Arjuna demande à Krishna d’arrêter son char au beau milieu des deux armées afin qu’il puisse avoir une vision panoramique des ennemis qu’il s’apprête à exterminer. Sa motivation guerrière est alors brusquement stoppée par la prise de conscience du caractère absurde parce que fratricide de cette guerre : “A quoi bon triompher si c’est au prix de la destruction de mes anciens maîtres, de mes cousins germains, et de tant de mes anciens amis ?”. Le désarroi émotionnel d’Arjuna est tel qu’il lui fait perdre ses moyens physiques de héros guerrier, comme nous le rappelle l’illustration ci-contre, qui montre Arjuna tombé de son char et ayant lâché son arc et ses flèches !

     

    Dans le  second chapitre, nommé  » le Yoga de la connaissance juste« , Krishna attaque, bille en tête, le mental d’Arjuna sur la question de la Mort et lui sert un « élixir » particulièrement puissant, en provenance directe des Upanishads classiques.

    Je le savais, (et, probablement, vous aussi), ces Upanishads ont un point de vue assez radical par rapport à la mort, car celle-ci n’est pas considérée comme une réalité, mais seulement comme un aspect de notre illusion actuelle. En raccourci, comme nous croyons -à tort- que nous sommes nés, nous pensons que nous allons mourir. Mais tout cela est n’est qu’un jeu de la Conscience : le vrai nous-même n’est jamais né et ne peut donc pas mourir.

    Mais une chose est de croiser ici ou là dans les Upanishads des indices de cet enseignement secret ultime sur la mort et une autre est de recevoir de plein fouet le déluge des arguments par lesquels Krishna entend remettre d’emblée en cause notre vision habituelle des choses. Jugez plutôt de la façon dont il a « trait » pour nous les Upanishads sur ce thème :

    Jamais ne fut le temps où nous n’existions pas : moi, toi et tous ces princes. Jamais ne viendra celui où nous ne serons plus (v 12).

    Indestructible est la trame de cet univers, c’est l’Impérissable ; lui porter atteinte n’est au pouvoir de personne (v 17).

    Ce sont seulement les corps où s’incarne l’âme qui ont une fin, elle-même est éternelle, invulnérable, inconcevable (v 18).

    Croire que l’un tue et que l’autre est tué, c’est tomber dans une double erreur, car en vérité, personne ne peut ni tuer ni être tué (v 19).

    Jamais de naissance, jamais de mort ; personne ne commence ni personne ne finit. Sans début, permanent, sans fin, cet antique Principe demeure inaffecté quand le corps est détruit (v 20).

    L’homme qui connaît ce Principe indestructible, éternel, impérissable, comment pourrait-il imaginer qu’il tue ou qu’il est tué (v 21) !

    Les armes ne peuvent le pourfendre, le feu ne peut le brûler, l’eau ne peut le mouiller, le vent ne peut l’assécher (v 23).

    Invulnérable, ininflammable, indétrempable, inasséchable, permanent, omniprésent, stable, inébranlable, il est l’Ancien (v 24).

    Non-perceptible par les sens, non-imaginable par le mental, il est l’Inaltérable. Le sachant tel, tu ne saurais t’apitoyer (ni sur toi-même, ni sur le sort de tes ennemis !) (v 25).

    Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, la force de conviction qui émane de cette « rafale » de versets, me remue profondément…

  • Citation du lundi (37)

     

    Mangalam, l'ashram d'Eric et Sophie au Québec

    Et voici la troisième citation inédite d’Arnaud, publiée par Eric dans la dernière Lettre de Mangalam :

     

    La destruction du mental, c’est la destruction de la conviction que notre bonheur dépend des circonstances extérieures.

     

     


     

    PS : si  vous avez raté les deux premières citations, rattrapez-vous en cliquant ci-de dessous :

    Apprenti-disiciple ou disciple ?

    Mourir à soi-même ?

  • Feed-back sur le week-end avec Swâmini

    Petit reportage photo du aux bons soins d’Alain, histoire d’inviter les participants à partager leurs impressions et à permettre aux absents(es) de respirer en différé un peu du parfum de la Gîtâ !

    Avec, en prime, ce verset de la Gîtâ, dont nous pourrions faire la devise de La Bertais!  (BG II, 40, retraduit et adapté par mes soins)

    Pour celui qui s’engage dans la mise en pratique, aucune peine n’est perdue et aucun effet indésirable n’est à craindre.

    Mêmes modestes, les efforts accomplis dans cette perspective protègent de beaucoup de souffrance !

  • Il était une fois la Bhagavad Gîtâ (1)

    Le week-end prochain aura  lieu à La Bertais le séminaire avec Swâmini Umananda sur le thème « l’Action quotidienne comme voie d’évolution« . Cette fois-ci, ce sont des versets de la Bhagavad Gîtâ qui serviront de support pédagogique à Swâmini pour ses exposés. Histoire de nous y préparer, voici quelques informations permettant de re-situer la Gîtâ dans le corpus des textes sacrés de l’Inde…

    Pour mémoire, la Tradition Hindoue distingue deux types de textes sacrés : la Shruti et la Smriti.

    La Shruti (littéralement, ce qui a été « entendu ») est la partie des textes considérée comme directement « révélée » aux premiers Rishis par Dieu lui-même. Le Véda (littéralement « le savoir »), avec les Upanishads qu’il contient, relève de cette première catégorie de textes, la plus sacrée donc, car considérée comme ayant une origine « non humaine » (apurusheya). L’étude de la Shruti est traditionnellement réservée aux prêtres et aux lettrés (les brahmanes) , car il s’agit de textes savants, demandant un haut niveau de qualification pour pouvoir être correctement compris.

    La Smriti (littéralement, ce qui a été transmis par mémorisation de l’expérience des générations précédentes) est la partie des textes qui regroupe les légendes, les contes, les lois et les savoirs traditionnels les plus populaires. Cette partie des textes est « d’origine humaine » et de ce fait considérée comme d’accès plus facile. Tout hindou peut donc lire ces textes et s’en inspirer de multiples façons (les enfants en apprennent des extraits à l’école, comme chez nous les fables de La Fontaine…).

    Deux grandes épopées font ainsi partie de la Smriti : le Ramayana et le Mahabharata. La première raconte l’histoire du 7ème avatar de Vishnou, nommé Rama, de sa chaste épouse Sita, et de leur fidèle serviteur le dieu-singe Hanuman.

    La seconde raconte l’histoire de la lutte fratricide entre deux familles princières cousines germaines et du rôle majeur joué à cette occasion par  le 8ème avatar de Vishnou, nommé Krishna (pour plus de détails sur cette notion clé des incarnations divines successives de Vishnou, je vous renvoie à Wikipédia)

    Cette seconde épopée, le Mahabharata donc, est en fait à la fois la plus ancienne et aussi la plus volumineuse, (elle comporterait un nombre de verset équivalent à 7 fois la Bible!) et est organisée en 18 tomes. C’est dans le 6ème de ces tomes, que se trouve un petit passage que la tradition a pris l’habitude de considérer comme particulièrement sacré et significatif : la Bhagavad Gîtâ.

    Le caractère particulièrement remarquable de ce passage -très bref à l’échelle de l’épopée complète (700 versets tenant sur une centaine de pages imprimées)- tient au fait qu’il met en scène Shri Krishna lui-même, à qui il donne directement la parole. Pour un Hindou orthodoxe, la Baghavad Gîta renferme ainsi les propos mêmes que Krishna a tenus de son vivant à son disciple et ami Arjuna, à l’image de ce que sont, pour un Chrétien, les paroles de Jésus à ses disciples, rapportées dans les quatre Evangiles. Si vous me permettez ce trait d’humour, le sous-titre de la Bhagavad Gîtâ pourrait être « en direct des lèvres de Krishna »… Ceci dit, dans l’ensemble du Mahabharata, il y a en fait plusieurs autres passages où Krishna s’exprime ainsi directement, dont certains ont une densité philosophique proche de la Bhagavad Gîtâ. Mais pour une raison que j’ignore, ces passages n’ont pas connu le même succès populaire que les strophes de ce dialogue entre la huitième Incarnation de Dieu et son plus cher disciple !

    Très bien, me direz-vous peut-être, mais pour nous qui ne sommes pas Hindous et encore moins « dévots de Krishna », quel intérêt peut donc avoir un tel texte ?

    Ceux et celles qui seront présents(es) au séminaire de Swâmini auront certainement des éléments de réponse plus précis à cette interrogation légitime, mais sachez déjà que, tout comme pour la Joconde ou la 5ème symphonie de Beethoven, il y a un consensus de la conscience humaine autour de ce texte, véritable « monument » de la spiritualité universelle. La raison principale de cette reconnaissance transculturelle est assez facile à appréhender. Dans ce texte, Krishna tente d’éclairer son disciple, et, par delà, tous ceux et celles qui se laissent toucher par son message, sur la question si difficile et pourtant si importante de l’action. Pourquoi agir ? Et une fois que l’on est décidé à agir, comment faire pour que nos actions soient une aide à notre évolution spirituelle et non un frein, voire un asservissement?

    Qui d’entre nous peut dire, sans rire, que ces questions « ne le concernent pas »!

     

    Cerise sur le gâteau, c’est au beau milieu d’un champ de bataille, juste avant le déclenchement des hostilités entre les deux clans rivaux, que le maitre répond aux questions de son élève sur les secrets de l’action juste : difficile de faire plus « incarné » et « pragmatique » comme enseignement !