Auteur/autrice : Yann Le Boucher

  • WE Védanta + Chantier

    Voici un petit compte rendu de notre premier week-end « Védânta + Chantier »

    Nous étions une petite dizaine samedi matin à la méditation d’ouverture de 9h30 puis au chantier du matin (consacré en partie à préparer la réception des 40 participants à l’après-midi). Malgré le temps des plus maussades, il y avait une belle qualité d’énergie et tout a pu être prêt à temps pour accueillir Swâmini Umananda pour le premier atelier védantique de la saison.

    Les participants à l’atelier de l’après-midi, (dont une douzaine qui ne connaissaient pas encore La Bertais) se sont retrouvés à 14h30 autour de Swâmini, qui avait choisi cette fois-ci de nous faire travailler sur la question  du « Qui suis-je ? » à partir de quelques versets particulièrement éclairants des Upanisahds. Nous avons pu entendre, en particulier,  son excellent commentaire des deux versets célèbres de la Mundaka Upanishad qui enseignent de façon imagée la coexistence en chacun de nous de deux niveaux de conscience : celui de l’ego identifié à ses expériences et celui du Témoin, libre et bienveillant.

    Voici ces versets (dans une traduction légèrement différente de cette de Swâmini, encore plus parlante à mes yeux) :

    Deux oiseaux étroitement liés l’un à l’autre et portant le même nom sont perchés sur le même arbre. L’un des deux mange les fruits de l’arbre avec gourmandise, alors que l’autre regarde sans manger.

    Sur cet arbre, le premier des deux  -l’ego identifié à ses expériences- confronté à son impuissance, s’afflige de ses tourments. Mais quand il prend conscience de la présence de l’autre oiseau -le Soi- ce vénéré Seigneur, et qu’il réalise sa Splendeur, alors il devient libre de toute souffrance.

    Mais plutôt que d’en dire plus sur cet après-midi, je laisse les participants(es) qui le souhaitent faire part de leur témoignage dans les commentaires à cet article…


    Quelques mots à présent du chantier, qui s’est poursuivi de plus belle tout le dimanche. Pour l’essentiel, il s’agissait de refaire l’isolation du grenier ainsi que le sol de la pièce située au-dessus de la cuisine. Et cela, entre autres, pour finir de remédier au dégat des eaux de l’hiver dernier. Après le nettoyage des planchers, effectué le samedi matin, il fallait à la fois des bras et du courage pour manipuler le nouvel isolant à mettre en place, écologique comme il se doit, mais néanmoins très poussiéreux à installer. Un grand merci à l’équipe féminine, particulièrement efficace !!!

    Le grenier situé au 2ème étage au-dessus de la cuisine, avec le chauffe-eau coupable de tous nos malheurs !
    Pose du tissu anti poussière sur le plancher, avant épandage de l'isolant

     

    Le tissu anti-poussière installé sur le plancher du second grenier (situé au 2ème étage au dessus du salon)
    Au coeur des ballots d'ouate de cellulose qui devaient être "décompactés" manuellement…

     

    Annick, Anne, Hélène, Thérèse et Elisabeth, bravo à vous !!!

     

    Deux tonnes de matériaux à manipuler pour les hommes, dont une tonne et demie stockée en attente au premier étage au-dessus de la cuisine !!!

    Inutile de vous dire que tout le monde était « bien fatigué »  le dimanche soir, étant entendu que parallèlement à ce chantier principal, il y a aussi eu de la peinture effectuée dans le gîte (merci à Edmonde et Murielle) et des travaux  d’extérieurs menés, entre autres, par Yves-Luc (et notre nouvelle tronçonneuse), Nathalie, Suzanne et Anne-Marie !

    Le reportage photos est de Marie-Laure, sauf  le tout premier cliché qu’on doit à l’Ipad flambant neuf d’Alain M. N’hésitez pas à le commenter, lui aussi !!!

  • Echos des 20 ans de La Bertais (3)

     

    Après l’intervention de Swâmini (cf article précédent), et le traditionnel moment du thé, ce fut la 20ème Assemblée Générale des Amis de La Bertais-vassot, (cf. compte rendu dans la dernière Lettre)…

    Puis, grande première, nous sommes tous partis pour la salle des fêtes de Vieux-Vy, gracieusement prêtée par la Mairie, pour un diner-cabaret particulièrement chaleureux, et pour tout dire, magiquement réussi. Cet article est consacré à en donner un aperçu en images…

     

    Et tout d’abord, histoire de se mettre l’eau à la bouche, voici en téléchargement, le diaporama que nous avait fait parvenir Shantal et que nous avons visionné en clôture de l’AG dans la Grande Salle de la Bertais (pour ne pas avoir à transporter le matériel vidéo jusqu’à la salle des fêtes…).

    Petite précision, c’est évidemment Shantal qui chante en toile de fond des images (cliquez sur la photo pour télécharger le fichier, et lancez-le ensuite avec  le logiciel Powerpoint)

    Scène en folie ensuite, avec tout d’abord, la célèbre chorale du CA dans  » Makedonsko Devoce  » un chant macédonien sélectionné par Marie-Laure…
    (version originale à écouter ICI)

    Charles-YvesLuc Trenet-Fonteneau a enchainé ensuite à capella son fameux  « Y-a-de-la-joie » 

    (version originale à écouter ICI)

    Marie-Annick a pris le relais en faisant chanter en canon à l’assistance  une chanson à boire de circonstance!

    Puis ce fut le temps de la première dégustation (au menu, galettes et crêpes bretonnes à volonté, cuisinées sur place par Xavier, notre traiteur bio).

    Première grosse surprise de la soirée : l’arrivée impromptue d’une troupe de clowns en liberté qui firent monter à un niveau record l’hilarité générale…

    Dans un tout autre genre, nous nous sommes ensuite laissés envouter par les charmes d’une danseuse orientale. Magique et magnifique, merci Laurence !!!

    (faute de mieux, une petite vidéo de piètre qualité peut être téléchargée ICI)

    Autre performance remarquée, celle du Docteur Tranchon mettant en oeuvre sa toute nouvelle technique de thérapie Express pour sa patiente Mme Eva Pabien-Dutou.

    (La version anglaise du sketch original dont nous nous sommes inspirés est visible ICI)

    Pèle mèle, voici pour finir les photos des autres artistes qui firent de cette soirée un moment que nous ne sommes pas près d’oublier…



    Malgré sa faible qualité technique, je ne résiste pas à l’envie de vous proposer un dernier lien : il s’agit d’un morceau d’anthologie, extrait de  l’intervention du Grand Maitre Pierre et de son traducteur Didier, en train de discourir sur l’expérience de l’Illumination : c’est à télécharger  ICI !!!  

    Grand merci à tous et toutes, et vivement qu’on recommence !!!!

  • Echos des 20 ans de La Bertais (2)

    Pour les absents, je résume d’abord ci-dessous ma première intervention du samedi, consacrée entre autres à expliquer la présence de Swâmini Umananda à cette célébration.

    « Outre notre lien direct avec Arnaud, la Bertais a pour lointaine origine notre relation avec un pandit indien du nom de Shri Kulkarni, auprès de qui nous avons eu la chance et le privilège d’étudier de près les Upanishads, textes fondateurs du Védânta traditionnel, et de faire par ce biais nos premières expériences spirituelles significatives. Il en est resté une certitude indélébile concernant la possibilité de s’éveiller à un plan de conscience plus vaste et plus satisfaisant, certitude qui, combinée à tout ce qu’Arnaud nous a ensuite transmis comme outils pratiques pour « user » nos empêchements à l’éveil, a été et est toujours au fondement même de l’aventure de La Bertais.

    Rendre hommage à Arnaud, nous le ferons demain entre autres, en écoutant Roger partager avec nous sa propre expérience de vie aux côtés de notre Maître. Mais j’ai voulu aussi marquer la filiation de La Bertais avec notre première source d’inspiration, le message des Upanishads tel qu’il nous a d’abord été retransmis par Shri Kulkarni. Or à cet égard, nous avons fait connaissance il y a un an et demi de Swâmini Umananda qui, elle-même a pu étudier encore plus longuement que nous et dans des conditions encore meilleures les fondements théoriques et pratiques de l’advaïta védanta classique. Swâmini est l’élève du maitre védantique célèbre Swâmi Chinmayananda (décédé en 1993) et est désormais sa représentante en France. Appréciant à la fois ses qualités humaines et ses compétences pédagogiques, je suis particulièrement heureux qu’elle ait accepté de prendre la parole pour nous faire « respirer » un peu du parfum des Upanishads, ces textes immémoriaux que Swâmi Prajnanpad connaissait lui-même très bien et sur lequel repose aussi son propre enseignement… »

     

    Et à présent, une petite vidéo tournée par Terre du Ciel, qui présente le parcours personnel de Swâmini Umananda :

    Si ça vous a plu, vous pouvez visionner la suite de cet entretien en trois parties

    Partie n°2 : Cliquez ICI

    Partie n°3 : Cliquez ICI

    Cerise sur le gâteau,  si vous voulez écouter ou ré-écouter la magnifique introduction à l’étude des Upanishads que Swâmini nous a fait le samedi après midi 6 octobre à La Bertais, vous pouvez télécharger le fichier audio de sa conférence en cliquant ICI

    PS : Si vous avez l’intention de participer au cycle d’étude des textes védantiques qu’elle animera pour nous cette saison à La Bertais, l’écoute de cette introduction est grandement recommandée quelques jours avant la première rencontre du samedi après-midi 24 novembre. De la sorte, vous entrerez plus facilement de plain pied dans l’atelier qui sera la suite naturelle de cette introduction…

  • A j moins 5 des 20 ans

    Un peu par hasard, je suis tombé sur le tout premier numéro de la Lettre de La Bertais (ancêtre de l’actuel flash-info). Il est daté de décembre 1993, c’est-à-dire d’un an après notre arrivée à La Bertais, alors que la décision venait d’être prise de rebaptiser notre association. Après relecture de mon édito de l’époque, j’ai eu envie de le partager avec vous, histoire de préparer les esprits et les coeurs à notre célébration du week-end prochain…

    Les Amis de La Bertais-Vassot

    LETTRE   N°   1   – Décembre 1993 –

    Si, comme j’en formule sincèrement le voeu, les anciens Amis et Amies de La Ville Ferrier sont appelés à rester longtemps encore d’authentiques frères et soeurs sur le chemin, leur lieu de ralliement ayant définitivement changé, il était temps de leur donner une nouvelle “bannière”.

    C’est chose faite avec cette Lettre dont l’en-tête vient, avec un peu d’avance sur l’officialisation administrative, vous faire part de la naissance  des  Amis  de  La  Bertais-Vassot.

    Ceux et celles d’entre vous qui ont régulièrement fréquenté La Bertais cette année ont été de ce fait directement associés à la réflexion et aux nombreuses discussions que ce changement de nom a suscitées, aussi savent-ils déjà, pour la plupart, les raisons de notre choix final.

    Pour ceux qui sont moins familiers du groupe, sachez simplement que le petit ruisseau qui traverse de part en part notre nouvelle propriété s’appelle le Vassot et qu’en accolant son nom à celui de La Bertais, nous avons, entre autres, voulu mieux signifier l’enracinement de l’association sur l’ensemble du lieu, maison et environnement naturel. Et cela parce que nous souhaitons qu’espace, herbes, plantes, arbres, ruisseau et petits animaux fassent partie intégrante de ce qui s’évoquera à vous quand vous penserez au nouveau siège officiel de votre association…

    Par ailleurs, au moment où Arnaud vient d’annoncer officiellement l’acquisition de la propriété de Hauteville (siège de son futur nouvel ashrâm), de notre côté et plus modestement, nous sommes heureux de pouvoir vous faire enfin part de l’obtention de notre premier permis  de  construire . Les travaux de gros oeuvre sur l’aile ouest étant désormais autorisés, pour les réaliser, nous allons, plus que jamais, avoir besoin de vos bras… C’est pourquoi vous trouverez dès à présent dans ce courrier les dates des chantiers des quatre premiers mois de l’année 1994.

    Pour finir, laissez-moi me faire l’écho des témoignages nombreux et fréquents que les uns et les autres ont faits ces derniers mois lors des tours de groupe qui clôturent habituellement nos activités communes. En effet, je suis frappé de voir combien souvent il a été fait part à cette occasion de l’aide intérieure que le lieu, tel qu’il est, apporte déjà à ceux qui y séjournent, fût-ce le temps d’une journée. Ceci est d’autant plus notable que sur le strict plan matériel, la Bertais n’a à offrir, pour l’instant encore, que de très modestes conditions d’accueil.

    Serions-nous déjà dans un âshram ?

    Jaï  Atman

    Yann     et     Anne  Marie

  • Citation du lundi (20)

    Sans discipline personnelle, pas de méditation

    Sans méditation, pas de paix intérieure

    Sans paix intérieure, comment pourrait-on être heureux !

    Bhagavad Gîtâ II,66

    L'espace dit "du camping", tondu hier après midi pour mieux vous recevoir le week-end prochain!
  • Citation du lundi (19)

    Le monde est semblable à un immense océan, rempli des larmes de souffrance qui proviennent de l’ignorance, du désir et des actes qui en découlent. Infesté des montres marins que sont la maladie, le vieillissement et la mort, nulle part il n’offre de lieu sûr. Les seuls instants de répit qu’il permette sont ceux des plaisirs éphémères des sens, qui eux mêmes engendrent les tempêtes de la convoitise. Son flot résonne du tumulte des pleurs et des cris déchirants que font entendre les créatures en proie à ses eaux infernales.

    C’est sur un tel océan que flotte le radeau de la Connaissance, là où sont préservées les plus précieuses vertus du coeur, telles la véracité, la simplicité, la compassion, le courage…

    La fréquentation des sages et le non-attachement au relatif tracent son sillage.

    Son cap : le rivage de la Libération!

    Shankara, Commentaire à l’Aitareya Upanishad  I.2.2

  • Citation du lundi (18)

    Certains le savent, j’ai profité de la fin de l’été pour me mettre à la rédaction d’un livre (ce qui explique entre autre mon absence estivale de ce blog).

    Du coup je revisite certains textes « classiques » pour y puiser des citations capables de venir illustrer certains de mes propos.

    Et c’est ainsi que je suis récemment tombé sur ce passage de la Gîtâ qui m’a frappé car il correspond à ce que je m’évertue à expliquer depuis plusieurs années (entre autres dans les cours  sur le Védânta que je fais à l’Ecole Van Lysebeth de Paris).

    Et dire que ce que je croyais être une « trouvaille pédagogique personnelle » se trouve être une parole de Krishna lui-même, vieille de plus de 2000 ans!

    La Gîtâ est l'enseignement donné par Krishna à son disciple Arjuna, juste avant la Bataille

    Laisse-moi à présent te révéler ce qu’est le Suprême Brahman

    Conscience englobante de toute chose, il est en tout lieu présent, dans les mains et les pieds, les têtes, les yeux, les bouches et les oreilles.

    Bien que lui-même non-sensoriel, il se manifeste par les sens.

    Il est à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des êtres ;  à la fois mobile et immobile ; à la fois proche et lointain, à la fois visible et invisible.

    Indivisible, il réside dans chaque être comme s’il était divisé.

    C’est lui qui produit les vivants, qui les conserve et qui les dévore aussi !

    Lumière des lumières, il réside au cœur de chacun !

    D’après la Bagavad Gîtâ, XIII, 12 à 17

  • Parfums de l’AG d’Hauteville

    Comme la plupart d’entre vous le savent, ce week-end avait lieu l’assemblée générale d’Hauteville où un certain nombre de membres de la Bertais se sont retrouvés dans la chaleur de l’Ardèche..
    Pour ceux qui n’ont pu s’y rendre, voici une petite présentation des deux intervenants « extérieurs » qui, en plus d’Emmanuel et de Véronique, nous ont gratifiés tant de leurs enseignements que de leur présence inspirante.

    La première invitée de marque  se nommait Nur Artiran, une femme soufie assez impressionnante, chef spirituel d’une importante confrérie à Istambul. Après avoir rencontré Arnaud et Véronique dans un congrès, elle avait été invitée par eux à intervenir une première fois lors de l’assemblée générale de 2011. Deux mois plus tard, apprenant la nouvelle du décès d’Arnaud, elle n’a pas hésité à faire en urgence le déplacement de Turquie pour prendre une part active aux obsèques de notre maître (relire à ce sujet mon compte rendu de la veillée funéraire avec l’incroyable dzik qu’elle a dirigé à la tête du cercueil d’Arnaud!).

    Comme le jour des obsèques d’Arnaud, cette fois encore Nur a apporté par son discours inspiré, un puissant « requinquant spirituel » à toutes la sangha présente…

    Ne la connaissant pas plus que vous, j’ai fait ce matin une petite recherche sur Internet et j’y ai trouvé la présentation suivante que je recopie ci dessous.

    H. Nur Artiran est née en 1955 à Malatya, Turquie. Elle a effectué des études dans la branche du textile et a travaillé dans des compagnies internationales de textiles. Shaykha Nur dédie toute sa vie au soufisme, en particulier à l’héritage spirituel des Mevlevis. Depuis son enfance, elle est très attirée par la mystique. Pendant 7 années, elle a été l’assistante personnelle de Sefik Can (le Cheikh des Cheikhs dans l’ordre des Mevlevi) qui a traduit le Mesnevi en turc ainsi que de nombreux ouvrages de Hazrat Maulana Rumi.

    Elle est Présidente de la Sefik Can International Mevlana Eductation and Culture Association, Istanbul. Cette association est ouverte aux personnes sur la voie de Dieu. « Notre objectif principal est de préserver les valeurs humaines en rejoignant la « Caravane du service » dans la lumière de l’enseignement de Maulana Rumi. Maulana dit: « Seul, tu n’es rien. Tu es juste une goutte d’eau. Lorsque tu es uni, tu deviens un Océan. » « Notre objectif est de marcher ensemble avec nos amis sur le chemin du service et de former un océan avec toutes les gouttes ».

    Shaykha Nur écrit régulièrement des articles pour des revues et des magazines; elle donne des conférences et des interviews sur le thème du soufisme. Elle habite Istanbul et a régulièrement des contacts avec l’Europe.

    Pour entendre sa voix (non traduite), vous pouvez cliquer sur ce lien  : http://blip.tv/sefik-can/mesnevi̇-sohbetleri̇-nur-artiran-3649701


     

    Quant au second invité, il s’agissait du Lama Jigmé rinpoché, un maître tibétain de la tradition Kagyu (déjà venu à une précédente AG) représentant en Europe du 16ème Karmapa et à ce titre référence spirituelle des monastères et centres de retraite du Bost (lieu du premier ashram d’Arnaud, repris ensuite par une fondation tibétaine). Le propos du lama était, lui aussi, de circonstance puisqu’il nous a parlé de la façon dont a été vécu dans sa sangha la mort du 16ème Karmapa et comment dans sa tradition on peut faire du départ du maitre une occasion de maturation spirituelle…

     

    Si vous voulez entendre le lama enseigner l’art de la méditation, vous pouvez visionner une longue vidéo disponible à l’adresse suivante (on y voit aussi la jeune femme traductrice qui l’accompagnait ce week-end) :

    http://www.youtube.com/watch?v=kRhxx8X4G6M

  • Echo du week-end avec Eric et Sophie

    Si le coeur vous en dit, n’hésitez pas à partager ici même vos impressions du week-end…

  • Pour se mettre dans l’ambiance…

    Voici une image partielle de la page d’accueil du site de Mangalam (qui semble n’en comporter qu’une).

    Pour voir le site « en direct », cliquez sur l’image…

  • Droit à l’image

    Le thème retenu pour la prochaine Lettre d’Hauteville est celui de la Sangha (mot d’origine bouddhiste, qui désigne la communauté des disciples d’un maître). Dans cette perspective, Véronique m’a proposé de rédiger un article pour cette Lettre, et Yves Remond (le responsable officiel de sa publication) m’a demandé de lui fournir une photo de notre propre groupe pour illustrer mon article.

    J’ai choisi celle, déjà parue sur ce blog, où l’on voit l’équipe qui avait le plus oeuvré lors de la dernière venue d’Arnaud et de Véronique parmi nous.

    Mais il y a un « mais »  😥

    Pour ne pas risquer de mettre Yves en difficulté, il faudrait que chaque personne présente sur cette photo donne son accord pour que ce cliché soit publié dans la Lettre d’Hauteville, qui, je le rappelle, est un bulletin à usage purement interne et n’est donc pas, du moins légalement- accessible au public.

    Je demande donc à ceux et celles qui se reconnaitront sur cette photo de groupe de donner leur avis en commentaire (d’accord ou pas d’accord pour une utilisation de leur image dans la Lettre d’Hauteville).

    Merci d’être réactif, ce qui m’évitera de devoir écrire à chacun et chacune des « photographiés » individuellement  😉

    l'équipe organisatrice du week-end

  • Rencontre avec Betty (une Eveillée ?)

    Par principe, je n’aime pas faire de la « publicité » pour une personne présentée comme « Eveillée » sans l’avoir d’abord moi-même rencontrée. Trois choses me décident cette fois-ci à déroger à cette règle.

    La première : Christophe et Murielle Massin, lors de leur récente venue à La Bertais, nous ont spontanément parlé de Betty et de son passage récent à la Maison Raphaël. Ils ont partagé leurs impressions très positives à son égard, et leur conviction qu’ils l’avaient vue, entre autres, incarner vraiment l’absence d’émotion qu’elle évoque à l’occasion, durant  le week-end où ils l’ont cotoyée de près.

    La seconde : la longue amitié qui me lie à Gérard Bellebon (animateur de Nouvelles Convergences et organisateur de la venue de Betty à Rennes) me permet d’avoir confiance en son jugement. Gérard prend parfois des risques en invitant pour son association des personnes quelque peu hors norme (telle Isabelle Hercelin, que je lui sais gré de m’avoir fait connaitre), mais jamais sans avoir pris soin lui-même de se faire une opinion éclairée sur la valeur objective de ses intervenant(s). Le texte qu’il a écrit pour présenter la venue de Betty (téléchargeable ci dessous) est tout sauf  de la publicité « facile ».

    La troisième enfin : J’ai souvent entendu Arnaud dire que lors de ses voyages en Asie, il n’a jamais hésité à faire un détour (parfois long et compliqué) chaque fois qu’il entendait parler d’un homme ou une femme « non-ordinaire » qu’il pouvait rencontrer. « Je préfère perdre un peu de mon temps à visiter quelques personnes inconnues qui éventuellement se révèleront décevantes plutôt que de risquer de rater l’occasion d’une rencontre majeure »…

    C’est dans cet état d’esprit que je m’apprête moi-même à rencontrer Betty  😉

    Pour télécharger le texte de présentation de la conférence du mardi 29 mai et de l’atelier du mercredi 30 mai à Rennes, ainsi que le coupon d’inscription CLIQUEZ ICI.

    NB : une rencontre semblable est organisée sur Brest les 1er,2 et 3 juin (détails sur le site de Betty ou directement ICI)

    En prime, cette première vidéo de Betty, ainsi qu’un lien vers son site, pour faire plus ample connaissance !


    Ça vous a plu ? si oui, la suite de cette vidéo est disponible en cliquant sur les liens ci-dessous :

    Partie 2

    Partie 3

    Et à présent le lien vers son site, qui vaut vraiment la peine d’être consulté  😉

    http://www.lagrandejoie.com/Accueil.html

     

     

  • Gilles Farcet aux « Racines du ciel »

    Pour ceux et celles qui auraient raté l’info (transmise ici même la semaine dernière par Jean-Marc dans un commentaire à l’article de Véronique), voici en téléchargement l’enregistrement de l’émission d’hommage à Arnaud Desjardins qui a eu lieu dimanche matin sur France Culture. Il s’agit d’un numéro de l’émission de Frédéric Lenoir « Les Racines du Ciel » qui cette fois-ci recevait Gilles Farcet, au prétexte de son dernier livre « La transmission selon Arnaud Desjardins ».

    Pour ne rien vous cacher, j’ai trouvé cette émission assez décevante. D’un côté, j’ai senti les propos de Gilles comme assez généraux et peu percutants et de l’autre, j’ai été étonné de la méconnaissance de Frédéric Lenoir de son sujet. Il se présente dans l’émission comme un ami personnel d’Arnaud, mais émet plusieurs fois au cours de l’émission des affirmations fantaisistes que Gilles ne prend pas toujours le temps de rectifier (Arnaud donnant des darshans silencieux d’une heure à Font d’Isière durant lesquels les disciples pleurent d’amour pour leur maitre ! ou Denise ayant fait ses lyings auprès de Ma Anandamayi…).

    Bref, en comparaison de l’émission de 2010 où Arnaud était directement interrogé par Frédéric, celle-ci me laisse vraiment sur ma faim.

    Pour vous faire votre propre opinion, cliquez ICI

    Précisions techniques : en cliquant sur le lien, cela déclenchera le téléchargement sur votre ordinateur d’un fichier compressé nommé « La_transmission_selon_ADJ_avec Gilles_Farcet.mp3.zip ». Une fois celui-ci récupéré, il vous faudra le décompresser par un double clic. Vous aurez alors deux fichiers sur votre ordinateur, l’original compressé (que vous pourrez jeter) et le fichier décompressé « La_transmission_selon_ADJ_avec Gilles_Farcet.mp3 ». Vous pourrez alors écouter l’enregistrement directement sur votre ordinateur ou recopier le fichier sur votre balabeur numérique.

    Par ailleurs, voici une petite vidéo de Frédéric Lenoir, producteur de l’émission, (venu à Rennes en décembre dernier pour une conférence sur « Le spirituel avec ou sans Dieu? » qui , paraît-il, eu un grand succès…)

    Les racines du ciel par franceculture

  • A vos plumes…

    Selon notre habitude, j’invite ceux et celles qui le veulent à exprimer ci-dessous leurs impressions sur le week-end que nous venons de vivre autour de Christophe et Murielle Massin et qui, en ce qui me concerne, m’est apparu comme un moment d’une très grande qualité.

    En partageant votre ressenti, vous permettrez aux absents de « respirer » un peu de cette ambiance si particulière que Murielle et Christophe ont su créer par leur simplicité, leur implication et la qualité de leurs réponses…


    Autre aspect du week-end : un gros dégât des eaux a eu lieu dans la partie ancienne du bâtiment que nous avons trouvé copieusement inondée en arrivant sur place vendredi après-midi.

    Du fait du très grand froid des derniers jours, la tuyauterie du ballon d’eau chaude situé au grenier du deuxième étage au dessus de la cuisine s’est percée. Le contenu du chauffe eau s’est donc répandu dans le grenier, puis est passé au travers du plancher pour se répandre dans la salle de bain et la chambre située au dessus de la cuisine, puis est passé par le plancher de cette chambre pour dégouliner dans la cuisine, détrempant au passage tout le contenu de l’armoire à linge du 1er étage, puis endommageant le mur nord de la cuisine, une bonne partie des chaises et la gazinière (retrouvée pleine d’eau). L’eau ayant pour loi naturelle de couler vers le point le plus bas, elle s’est alors glissée sous la porte conduisant au salon et a détrempé la moquette, le tapis et l’ensemble du plancher du salon.

    Au total, cela a été l’occasion d’une grande mise en pratique collective, d’abord pour accepter les faits et ensuite, bien entendu, pour y réagir de la façon la plus appropriée afin que le séminaire puisse malgré tout avoir lieu (il n’y avait plus d’électricité dans la cuisine et le buffet à provisions était plein d’eau…).

    Un très grand merci à toute l’équipe qui a su se donner sans compter pour parer au plus urgent et permettre l’accueil « presque normal » de la soixantaine de participants au séminaire…

    Mise à nu du plancher de la chambre au dessus de la cuisine
    Traces des coulées d'eau boueuse sur le mur Nord de la cuisine
  • Bienvenue à Murielle Massin

    Après vous avoir présenté Christophe il y a 15 jours (article accessible en cliquant ICI) j’ai cherché un moyen de vous présenter Murielle, ce qui s’est avéré moins facile, Google restant désespérément muet à son égard!

    Et puis le dernier numéro de la Lettre d’Hauteville est arrivé, avec le témoignage si fort et si touchant de Murielle sur les derniers moments de sa relation à son père. Grâce à ce témoignage et à la photo qui l’illustre, ceux d’entre vous qui sont aussi adhérents d’Hauteville auront eu là une opportunité de choix de percevoir la sensibilité et l’engagement de Murielle sur le Chemin. Quant aux autres, je rappelle que la Lettre d’Hauteville est en consultation libre à La Bertais…

    Et puis, pour tous, je me suis aussi souvenu d’avoir lu il y a une dizaine d’années sous la plume de Murielle un compte rendu du séjour en Inde qu’elle avait fait aux côtés d’Arnaud auprès de Chandra Swâmi. J’ai donc retrouvé puis fait scanné ce beau texte daté de juin 2002 et vous le livre ci-dessous comme une autre façon de vous introduire à notre hôte…

    Certes, il est un peu long, mais je suis persuadé que ceux et celles qui prendront le temps de le lire ne seront pas déçus!


    Le 18 août 2001, Arnaud et Véronique sont allés à Chardenoux, le domaine de « Terre du Ciel », pour rendre visite à Chandra Swâmi. C’est au cours de cette journée que Chandra Swâmi a, une fois encore, invité Arnaud à se rendre en Inde dans son ashram, projet qui s’est concrétisé en mars 2002.

    Des liens existaient depuis longtemps entre Chandra Swâmi et Arnaud. Tout d’abord, ils s’étaient rencontrés en France à plusieurs reprises, grâce à Yvan et Nadège Amar. Ensuite, une des plus proches disciples de Chandra Swâmi, Vishali, qui vit maintenant depuis quatorze ans dans son ashram, est une ancienne élève d ‘Arnaud et a même exercé la fonction de permanente à Font d’Isière pendant plusieurs mois.

    La présente Lettre d ‘Hauteville, quelque peu inhabituelle puisqu’elle ne se fait pas l’écho de la vie même d’Hauteville, poursuit un double objectif : d’une part elle est la chronique du voyage d’Arnaud – que l’on peut qualifier de pèlerinage, Arnaud n’étant pas retourné en Inde depuis plus de vingt ans – et répond aux nombreuses questions qui lui ont été posées en salle Ramdas à ce sujet ; d’autre part elle constitue un document d’introduction à « Sadhana Kendra », l’ashram de Chandra Swâmi, pour ceux d’entre vous qui souhaitent s’y rendre.

    Arnaud était accompagné de Véronique, de sa fille Murielle et de Geoffroy…

    JOURNAL de MURIELLE :

    Larrivée

    Nous débarquons dimanche vers 1h du matin à l’aéroport de Delhi, ou un taxi mandaté par l’ashram nous attend. En sortant, nous sommes enveloppés d’un épais brouillard blanc totalement opaque. Aussitôt les yeux, le nez, la gorge me piquent, sans doute la fameuse pollution qui a gagné toutes les grandes villes indiennes. Il a du pleuvoir car le sol est parsemé de flaques d’eau, ce qui me semble totalement inhabituel en cette saison, la mousson n’arrivant qu’en été. Devant le taxi (genre monospace version indienne), nous voilà assaillis par des porteurs qui, avec véhémence, nous arrachent les valises pour simplement les hisser dans le coffre, assez vaste. Arnaud s’installe à l’avant, Geoffroy, Véronique et moi prenons place à l’arrière. Véronique nous ayant annoncé une longue nuit réparatrice, nous essayons de nous mettre à notre aise, avec l’aide des oreillers et couvertures providentiellement mis à notre disposition. Ayant hérité de la place du milieu, je m’agrippe fermement à l’optimisme de Véronique et essaie de me détendre sans trop penser aux longues heures de route nocturne qui nous attendent. …

    Geoffroy ne semble nullement enclin à dormir. II faut dire que c’est son premier contact avec l’Inde. Sidéré de la conduite de notre chauffeur, il scrute avec attention la nuit laiteuse. Le brouillard n’offre aucune visibilité ce qui n’empêche pas notre conducteur de s’installer sur la voie de droite (la conduite est à gauche en Inde) et de doubler sans hésitation les véhicules les plus divers. Apparaissent, fantomatiques, camions (sans feux arrière mais avec la mention horn please), taxis-scooters et même … un éléphant, dont nous apercevrons seulement la croupe majestueuse. Geoffroy, toujours stupéfait, commente à maintes reprises la manière dont les Indiens conduisent. Finalement, lasse de notre féminine indifférence, il cesse de signaler tous les écarts au code de la route qu’il constate. Pour ma part, je remarque que personne ne klaxonne, et que les feux et les croisements sont respectés. L’agglomération suburbaine semble étendue, mais assez vite les chars à bœufs et les vélos encombreront la voie.

    Apres plusieurs malheureuses tentatives de sommeil, je retrouve au petit matin l’Inde de mes souvenirs : route défoncée, villages encombrés, avec leurs marchés de plein air qui mordent la chaussée, une foule compacte, une cohue de vélos, vaches, cochons, chiens, chars à bœufs, piétons, en tous sens, et… l’apparition du klaxon qui se met à fonctionner avec ardeur. Bien sur, personne ne s’énerve, les Indiens semblent ignorer l’agressivité au volant. Notre chauffeur, comme les autres, se contente d’être vigilant, patient et débrouillard.

    Nous arrivons vers 10h à l’ashram, où nous sommes chaleureusement accueillis par Vishali.


    Comme tout ashram indien, le contraste est saisissant après la route : un beau jardin, des locaux pimpants, le calme, la propreté … Nous nous rendons aussitôt dans la chambre de Chandra Swâmi. Swâmiji ne parle pas, mais sa personne est éloquente et ses petits billets lus et traduits par Vishali sont très vivants. Tout son être témoigne la sagesse, le rayonnement, ainsi que la simplicité, le naturel, l’ouverture et l’accueil. Un délicieux café au lait nous est servi avec un plateau garni de friandises salées et sucrées. Ces douceurs ne sont que le prélude d’une abondante distribution quasi quotidienne. Swâmiji dira un jour, devant nous, que toute personne qui réside longtemps à l’ashram, doit surveiller son taux de sucre sanguin. Le premier billet de Swamiji explique que son ashram n’est surement pas aussi beau et bien organisé que celui de « Mister» Arnaud. Mister Arnaud proteste et assure du contraire.

    Puis Chandra Swâmi se lève pour nous conduire lui-même à nos chambres. Dans un silence qui contraste de façon saisissante avec l’activité qu’il déploie, Swâmiji « installe » Arnaud et Véronique, vérifiant les robinets du lavabo, la chasse d’eau, accrochant les serviettes au porte-serviettes … s’occupant des moindres détails utiles au bien-être des futurs occupants. Ses gestes sont précis, rapides, efficaces et tellement attentionnés que « maternels » me vient parfois à l’esprit. Son entourage a pris l’habitude de le comprendre au doigt et à l’œil !

    Nous n’avons pas eu le temps de poser nos valises qu’il est déjà 11h, l’heure du satsang qui se déroule chaque jour sur la terrasse en face de la chambre de Swâmiji. Les ashramites sont assis par terre sur des tapis, hommes et femmes mélangés. Swâmiji s’assied sur un fauteuil de bureau à roulettes et invite Arnaud à prendre place à ses cotés sur un siège semblable. Le soleil commence à réchauffer l’atmosphère, la vue s’étend sur la Yamuna qui coule en contrebas et sur les premières collines annonçant l’Himalaya. La campagne est paisible, parsemée de quelques huttes et sur l’autre rive, au loin, on aperçoit plusieurs villages éparpillés. L’assemblée est composée d’une large majorité d’Occidentaux et notamment de Français. Je remarque deux Swâmis en robe orange : Swâmi Prem, le seul Swâmi indien attaché à l’ashram, et un autre Swâmi, Européen, dont nous apprendrons par la suite qu’il est prêtre et a obtenu l’accord de son diocèse pour devenir sannyasin auprès de Chandra Swâmi.

    La première question est posée par une Française. Chandra Swâmi écrit : « Mr Arnaud vient d’arriver de France il y a une heure et Swâmiji lui demande de répondre à cette question. » D’emblée, le ton est donné : Arnaud est invité dans cet ashram comme représentant accompli d’une autre voie, différente mais pourtant proche et il s’agira d’un véritable partage entre eux deux.

    Après la réunion, nous enchainons sur le déjeuner. A peine est-il fini que Swâmiji nous entraine à l’étable de l’ashram, ou une dizaine de vaches européennes, noires et blanches, va être nourrie des restes de chapatis (galettes plates) de la main de Swâmiji ; Arnaud est invité à en faire autant.

    Aussitôt après, nous filons directement vers un bâtiment situe en contre-haut, c’est l’école élémentaire créée et financée par l’ashram. Nous sommes dimanche et elle est vide, mais Swâmiji nous montre toutes les classes et les explications pleuvent, par petits papiers interposés. C’était un ancien hôpital, sans eau courante ! La salle de radio et d’opération, restée en l’état, nous laissera perplexes. Laissé à l’abandon, l’hôpital a été racheté par l’ashram qui 1’a entièrement rénové pour en faire une école, accueillant gratuitement en maternelle et primaire les enfants les plus pauvres du voisinage. Les instituteurs, tous diplômés, ont été recrutés sur appel à candidature. Suivent des explications extrêmement précises sur le ravalement des murs, la remise en état des fenêtres, le préau. Le tableau des absences, classe par classe, est commenté : une centaine d’enfants a été absente à cause des fortes pluies. Nous visitons toutes les classes, la salle informatique, le bureau du directeur ou nous tombons sur une feuille de journal étalée sur la table et montrant des photos d’Indiennes pulpeuses, au décolleté généreux, offrant au lecteur leurs moues les plus suggestives. Nous nous contentons de sourire pendant que Swâmiji rit aux éclats (s’il ne parle pas, son rire est toujours franc et sonore).

    A la visite de 1’école succède directement celle de l’ashram. Je m’aperçois que Véronique et Geoffroy se sont éclipsés, vaincus par la fatigue. Il ne reste que Swamiji, Arnaud, Vishali, qui sera toujours infatigablement dévouée et présente, et moi. Nous visitons le jardin, admirons le puits ; Swâmiji y met en route la pompe électrique et nous voyons sur le champ le jardin s’irriguer. Il nous montre ensuite le local où 1’on moud le grain et fait mettre en route la meule actionnée par une longue sangle, puis nous emmène dans la pièce des compteurs électriques (il y en a deux pour pouvoir pallier alternativement les coupures de courant toujours fréquentes en Inde), nous fait voir les réserves de matériel, de vaisselle, de couvertures, nous fait visiter quelques chambres (dont celle de Vishali) et jusqu’aux toilettes à la turque et à 1’occidentale. Le tout est précisément commenté, avec l’aide de Vishali qui connait les lieux et lit les petits papiers que Swâmiji écrit au fur et à mesure de la visite. Elle complète les explications en anglais, avec l’écoute attentive de Swâmiji qui n’hésite pas à corriger une erreur ou apporter une précision aux paroles de  sa disciple. Cette visite me rappelle in petto celle d’Hauteville, lors des travaux en 1994, ou Lee Lozowick était prié par Arnaud de deviner le kilométrage des fils électriques ou des tuyaux de plomberie …

    Nous arrivons enfin dans le hall de méditation ou, symétriquement à la banquette de Swâmiji, se trouve une autre banquette : c’est là qu’Arnaud pourra s’asseoir. Chandra Swâmi, avec une sollicitude sans limite, installe Arnaud et essaie une combinaison variée de coussins pour qu’il soit le plus confortable possible. Quand Arnaud semble satisfait, la visite s’achève et nous voila invités à nous retirer dans nos chambres.

     

    Lundi, première journée

    Le réveil à 4h, après l’avion, la nuit dans le taxi, le décalage horaire, est pour moi horrible.

    Mon réveil, reste à l’heure française, annonce minuit, ce qui ne me remonte pas le moral. La nuit est froide et c’est chaudement emmitouflée dans deux châles de laine que je m’installe sur mon coussin de méditation. Swâmiji arrive, s’incline devant les gravures représentant les deux maitres à l’origine de sa lignée (Udasin) et s’installe sur sa banquette. Une prière qu’il a composée est lue en hindi puis en anglais ; alors, la lumière, en fait une simple petite lampe, est éteinte. Me voila, assise dans le noir, face à moi-même, avec le murmure de la rivière en accompagnement. Une heure après, une discrète sonnerie de réveil marque la fin de la séance. Ce temps est suivi d’une marche. J’essaie de m’habiller le plus chaudement possible et nous sommes une petite dizaine à emboiter le pas à Swâmiji, qui a enfilé des Nike et des gants épais. Nous longeons la rive de la Yamuna jusqu’à une digue ou il pratique quelques étirements que nous imitons. II y a du vent et je me sens submergée de froid et de sommeil. Swâmiji s’assied sur le bord de la digue et deux personnes lui massent énergiquement le haut du dos et les mollets. Nous rentrons à l’ashram alors que le jour n’est pas levé.

    La seconde méditation à 8h30 se déroule identique à la première, mais à la lumière du jour ; Swâmiji ne participe pas à la troisième méditation, animée silencieusement par Arnaud. La dernière commence par des bhajans chantés par Swâmi Prem et un autre Indien, les voix sont superbes, les chants intériorisés.

    Les participants à ces méditations sont immobiles et recueillis, on devine que quelques-uns pratiquent leur japa à l’aide d’un chapelet. Mais l’accès est plus libre qu’à Hauteville, certains arrivent en avance, d’autres en retard, enfin plusieurs « sèchent» celle de 15h30.

     

    Une journée type à Sadhana Kendra Ashram

    4h Sonnerie
    4h30 Méditation silencieuse d’une heure
    6h30 Petit déjeuner suivi d’aide à l’épluchage des légumes
    8h30 Méditation silencieuse d’une heure
    11h Satsang, réunion question-réponses sur la terrasse
    12h Déjeuner
    15h30 Méditation silencieuse d’une heure, sans la présence de Chandra Swâmi
    17h Thé
    18h Méditation d’une heure précédée de bhajans (chants)
    20h Dîner

     

    L’anniversaire de Chandra Swâmi

    Vishali nous explique que, devant l’insistance de ses disciples, Swâmiji a fini par accepter que son anniversaire soit célébré. II écrira, pour commenter l’événement : « Fêter un anniversaire, c’est célébrer un futur cadavre.» C’est en tout cas l’occasion d’une grasse matinée inespérée car les festivités ne commencent pas avant … 6 heures du matin. Depuis la veille, plusieurs familles d’Indiens arrivent pour l’occasion et l’ashram ne tarde pas à afficher complet.

    A 6h, le hall est relativement plein et les bhajans commencent, harmonium, tabla, cymbales, puis c’est l’arati (célébration du feu) devant les images des deux saints de la lignée Udasin ;  Swamiji, qui a commencé l’arati, est relayé par un brahmachari. Ensuite, c’est l’arati à Swamiji. Cela me rappelle un peu l’ashram de Ma Anandamayi ; comme elle, Chandra Swâmi reste intériorisé, simple. II ne semble ni gêné, ni heureux, son attitude semble renvoyer la louange à plus vaste que sa personne.

    Le petit déjeuner est servi sur la « multipurpose platform », grande terrasse polyvalente agencée dans le jardin, car nous commençons à être nombreux. Ensuite, un pandit vient pour célébrer un « feu sacrificiel ». Un brasero a été installe dans le hall, avec du petit bois. La cérémonie commence, Swâmiji et Arnaud sont assis côte à côte avec une guirlande de fleurs autour du cou. Les récitations de mémoire, en sanskrit, accompagnent le rituel : offrande de fleurs et autre, mise à feu, puis un mélange de céréales imbibé de ghee (beurre clarifie) est jeté par poignée dans le feu. Une puja, célébrée par le pandit, clôture la cérémonie : il procède à l’arati et souffle dans une conque.

    A la sortie, retour sur la multipurpose platform où nous retrouvons Swâmiji assis à sa petite table. Au-dessus de sa tête sont accrochés des ballons gonflés, des guirlandes et décorations d’anniversaire. On apporte un immense gâteau de pâtissier, entièrement décoré de crème, avec l’inscription «Happy birthday Swamiji», surmonté des traditionnelles bougies. D’un coup, l’atmosphère a changé. Les Indiens, qui tout à l’heure priaient avec la plus grande dévotion devant leur gourou, se bousculent à présent avec une joie débridée et chantent «Happy birthday to you … Swâmiji … ». Pendant que ce dernier souffle ses bougies, les ballons sont percés, lâchant une multitude de bonbons que chacun se lance gaiement. Le gâteau est découpé et ses disciples, à tour de rôle, avec leur main droite, lui mettent quelques bouchées dans la bouche. L’intimité avec la personne du gourou est très forte.

    Les enfants de l’école arrivent à l’ashram, sagement à la file indienne, encadrés des instituteurs/trices : longue procession d’uniformes, jupes ou pantalons gris et chandails bordeaux. Nous retournons dans le hall, partagé dans sa longueur : toute la moitié droite est occupée par les enfants studieusement alignés ; sur le devant de ce coté, Swâmiji et Arnaud sont assis côte à côte dans des fauteuils. L’autre moitié est occupée par les disciples indiens et occidentaux, prêts pour le spectacle. Celui-ci commence par une prière collective que tous les enfants déclament, suivront l’hymne national indien puis, par petits groupes, poésies, chants, danses et sketches très apprécies, si l’on en juge par les rires qui fusent sans cesse. Les maitres surveillent les rangs et remettent gentiment mais fermement de l’ordre ; les élèves les plus âgés les aident en s’occupant des plus petits.

    Arnaud est chargé de la distribution des prix, les meilleurs élèves sont appelés un par un, ils s’inclinent mains jointes, lui touchent les pieds et reçoivent un petit cadeau. Arnaud est assisté dans cette nouvelle fonction par Swâmi Prem d’un coté et le directeur de l’école de l’autre. II accomplit cette tache avec un naturel radieux et chaque élève se voit gratifié d’un sourire lumineux.

    Le bandara est un repas de fête et, pour l’occasion, ce sont 500 personnes qui vont être restaurées sur la terrasse. En premier, déjeunent les enfants de l’école, les plus petits d’abord, car la fatigue commence à se voir sur certains visages. Dès qu’un service est terminé, les autres convives prennent place pour le suivant. Lorsque tous les écoliers sont partis, les personnes en séjour sont servies, le menu est élaboré avec une sorte de risotto, des puris (au lieu des traditionnels chapatis), des beignets et légumes variés, quelques petits « sweets» pour terminer. Plus d’une centaine d’Indiens des environs attend son tour sur la pelouse, ce sont les voisins les plus pauvres, comme les tribus de nomades bengalis récemment sédentarisées dans le coin. Sous le soleil et le ciel bleu si pur, la pauvreté ne semble pas la même que celle du métro parisien. Ils sont tous assis tranquillement et c’est lorsqu’ils prendront leur repas, en les voyant de plus près, que je pourrai remarquer pour certains la misère qui transparait à travers leur visage, leur corps ou leurs vêtements, si voisine de la pauvreté et pourtant plus dure.

    Swamiji, de sa haute stature et d’un pas si paisible, va participer sans faiblir au service des convives. II passe et repasse entre les rangées, se penchant à chaque fois pour ajouter du thé un puri, un gâteau. Les écoliers repartiront avec de petits paquets-cadeaux contenant bonbons, biscuits et savon. Le repas terminé, Swâmiji procède lui-même à une distribution de couvertures pour les familles les plus démunies.

    Aussitôt Vishali entreprend le rangement du hall et nous l’aidons à remettre tout en ordre afin que tout soit prêt pour la méditation de 15h30. Nous n’aurons donc pas à la manquer, quelle chance!

    Les repas

    Nous nous rendons quatre fois par jour dans la salle à manger attenante à la cuisine. Les gens en séjour entrent au fur et à mesure et attendent debout devant leur place (celles-ci ne sont pas attribuées) en chantant « Om Hari Sharanam ». Lorsque Swâmiji arrive, chacun s’assied et le service commence, assuré à tour de rôle par des ashramites. Arnaud et Swâmiji sont installés chacun à une petite table en face de l’assemblée assise par terre sur quatre rangs, Geoffroy, Véronique et moi, prenons place au fond de la salle, face à eux, également sur une table. Le silence n’est pas total et certains parlent à mi-voix avec leur voisin. La nourriture nous parait merveilleuse, à nous Européens, car elle est saine, savoureuse, très parfumée, mais sans une pointe de piment. En revanche, les Indiens semblent en souffrir et quelques familles de passage n’hésitent pas à sortir un pot de sauce pimentée, afin de relever les plats servis.

    La fin des repas, surtout le dîner qui est la dernière activité de la journée, est l’occasion pour Swâmiji d’aborder les sujets les plus divers : souvenirs d’enfance, considérations religieuses ou spirituelles, scientifiques … Parfois, un disciple pose une question, Swâmi Prem en profite pour donner quelques informations utiles et répond fréquemment au téléphone. En effet, c’est le moment ou les disciples appellent l’ashram : ils parlent d’abord à Swâmi Prem qui leur passe ensuite leur gourou, qui va les écouter dans un silence total avant de rendre l’appareil. C’est là que j’apprends à mieux connaitre Vinoji, l’intendant de l’ashram. Son bureau est situé à l’entrée des bâtiments et il est chargé, entre autres, de collecter les passeports, enregistrer les séjours et recevoir les donations. Il est assez sourd et semble plutôt réservé, sauf devant son gourou. Swamiji profite de la fin du dîner pour le « charrier », expliquant à quel point il était mal à l’aise avec les femmes, les tours que lui joue sa surdité, etc. A chaque petit mot de Swamiji, il acquiesce avec ardeur et n’hésite pas à rejouer la scène, à la commenter avec humour, et la salle entière est secouée de rire. C’est un duo improvisé où le maitre et le disciple se renvoient la balle, où les réparties fusent avec une grande liberté. Pourtant, si Swamiji peut se montrer très taquin, Vinoji conclut toujours ses paroles, aussi triviales soient-elles, par une formule témoignant de son amour et de son respect pour son maitre. Le public, bon enfant, applaudit aux meilleures répliques. Arnaud rit aussi de bon cœur ; il est d’ailleurs souvent interrogé et amené à donner des explications ou des précisions sur tel ou tel point d’une autre religion ou sur la voie de Swâmi Prajnanpad.

     

    Les réunions

    Les réunions de 11h durent environ une heure et quart. Les questions sont soigneusement notées sur un cahier tenu par Vishali. La consigne est clairement indiquée sur le mur : « Only spiritual questions, please. » Effectivement, hommes et femmes interrogent souvent Swâmiji sur un aspect précis de la spiritualité hindoue : purusha et prakriti, la conscience témoin, la méditation … L’atmosphère est néanmoins intime. Swâmiji se montre très proche de ses disciples et cette intimité si simple se révèle d’autant mieux par contraste avec le cadre naturel qui nous entoure : le ciel au-dessus de nos têtes, les collines à l’horizon et la Yamuna qui coule inlassablement tranquille en cette fin d’hiver, permettent un recueillement d’une qualité particulière.

    La plupart du temps, Arnaud assiste sans mot dire à la réunion, toujours aux côtés de Swâmiji.

    Parfois, il est sollicité, d’une manière ou d’une autre, pour transmettre son expérience acquise auprès de son gourou ou d’autres maitres fréquentés lors de ses voyages.

    Vers la fin du séjour, Swâmiji propose que ce soit Arnaud qui anime entièrement la réunion du lendemain. Arnaud a donc l’occasion de restituer dans sa saveur originelle l’enseignement de Swâmi Prajnanpad. Les Indiens, comme les Occidentaux présents, buttent sur les termes « acceptation », « être un avec ». «N’est-ce pas de la résignation? » «Ne vais-je pas laisser ma négativité devenir totalement envahissante et toute puissante si je l’accepte? », etc. Arnaud explique et explique, trouvant en Swâmiji un allié de choix. Celui-ci ne semble pas éprouver la moindre hésitation et, avec l’aide du grand cahier, il commente et renforce avec ses termes les réponses d’Arnaud.

    La dernière réunion se clôture par une séance photos. Nous voila tous rassemblés dans le fond de la terrasse, entourant Swâmiji et Arnaud, tandis que Swâmi Prem, juché en équilibre en haut de l’escalier, photographie le groupe.

     

    Les relations

    D’emblée, la relation entre Swamiji et Arnaud s’installe de manière proche, extrêmement simple et naturelle. Swâmiji traite son hôte avec de grands égards, mais sans ostentation. Je suis frappée de la qualité qui émane d’eux et cherche à saisir en quoi cela témoigne d’une relation différente. Swâmiji ne se départ jamais de sa dignité. Sa stature, sa présence intérieure n’incitent vraiment pas à une familiarité ordinaire, mais il se montre très prévenant envers Arnaud, le moindre petit geste est aimant, il s’occupe de son confort, de ses loisirs, il marque son intérêt et invite sa communauté à en faire de même ; et pourtant, je ne ressens ni humilité, ni componction, plutôt une tranquille et inaltérable évidence … comme si cela allait de soi…

    Il y a comme un « vide » qui émane de Swâmiji et, dans ce « vide », toute situation, quelle qu’elle soit, prend sa place harmonieusement et, sans entrave, peut relier les deux protagonistes qui ne font que refléter sans effort un même état intérieur.

    Les Indiens ont une relation beaucoup plus diversifiée, et d’une palette plus riche, avec leur maitre. Même dans un ashram comme celui-ci où la sobriété et l’absence de religiosité apparente sont de mise, les disciples indiens peuvent extérioriser une intense dévotion ou tout autant se montrer très familiers et directs. Je remarque certains détails, par exemple le pranam n’est pas systématique mais on s’inclinera devant le châle de méditation de Swamiji avant de le replier avec le plus grand soin. Son anniversaire, nous l’avons vu précédemment, est l’occasion de montrer et son respect et une joie plus taquine. Les marques de proximité s’expriment de façon variée, les Indiens n’hésitent pas à intervenir de manière informelle, à plaisanter, ou raconter bruyamment une histoire.

    Les premiers temps de notre séjour, Arnaud est entouré d’une délicate politesse de la part des ashramites. Ne sachant comment s’adresser à lui, c’est le terme « Mister Arnaud » qui est proposé, que celui-ci refusera comme trop formaliste. Après quelques jours de cohabitation, la présence d’Arnaud fait son chemin et les disciples indiens, voulant lui témoigner et leur respect et leur affection, l’appelleront « Arnaudji ». Ils seront plus proches et n’hésiteront pas, si son pantalon présente un faux pli, à le redresser avec déférence. Ils veilleront à protéger sa tête du soleil, ses pieds de la froideur du sol, et autres petits détails. Lors de la traduction de ses paroles d’enseignement, ce sera parfois « Arnaud Maharaj dit que … » ou il sera éventuellement interpellé par le terme « Swamiji ». Quelques Français laisseront échapper : « On s’habitue tellement à sa présence, nous sentirons un manque après son départ ! »

     

    Le départ de l’ashram

    Le jour du départ, un taxi est commandé pour 16h afin de nous convoyer à la gare de Saharanpur, le retour à Delhi nous semblant moins fatigant en train qu’en voiture.

    Nous sommes attendus dans la chambre de Swamiji pour lui faire nos adieux pendant que se déroule la méditation de 15h30. C’est l’occasion d’un dernier café, accompagné de (trop !) nombreux biscuits, servi par Swamiji. Vishali et Swâmi Prem nous entourent. Nous avons tous reçu des cadeaux, spécialement Arnaud et Véronique, chargés d’en rapporter à Daniel et Maryse, ainsi qu’André et Bernie qui ont séjournés à Sadhana Kendra. Véronique a dû emprunter un grand sac à Vishali rien que pour pouvoir caser les cadeaux de Swamiji. La dernière conversation est courte et simplement banale. Puis nous sommes accompagnés jusqu’au taxi qui nous attend déjà dans la cour d’entrée.

    Les gens en séjour se sont spontanément rassemblés devant la voiture à la fin de la méditation. Terminer un séjour comme celui-ci est toujours émouvant pour ceux qui partent mais aussi pour ceux qui restent. Une certaine gravité imprègne l’atmosphère qui met en relief les liens qui se sont crées en dix jours. Swamiji et Arnaud sont face à face devant la voiture. Ils joignent les mains, imités par tous. Swâmi Prem, juste derrière, est silencieusement recueilli. Avant que Swamiji n’ait pu esquisser un geste, Arnaud se déchausse et fait le pranam, puis se relève. Swamiji s’incline alors puis s’empare fermement des mains d’Arnaud qu’il pose sur sa propre tète, « obligeant » ainsi Arnaud à le bénir, sous les regards autant émus qu’amusés de tous. Puis Arnaud se tourne vers Swâmi Prem, le prend dans ses bras et l’étreint, avant de prendre place à l’avant du taxi. Le silence est complet. J’embrasse une disciple indienne qui a les larmes aux yeux, nous échangeons quelques mots d’adieux … et nous voila tous dans la voiture qui démarre et quitte l’ashram, tandis que, derrière nous, je vois toutes les mains jointes en un dernier au revoir.