Auteur/autrice : Yann Le Boucher

  • Propos sur la taille de l’univers (1)

    Note de l’auteur : j’ai écrit cet article il y a déjà plus d’un an, mais je ne l’avais pas publié, car je voulais avant cela avoir écrit le second volet. Mais je n’ai jamais trouvé le temps de finaliser ce deuxième article (entre autres parce que je ne suis pas certain de réussir à maitriser suffisamment mon sujet !). Ceci étant, comme le blog souffre actuellement d’un manque de contributions, j’ai décidé de « me lancer » en espérant que vos nombreux commentaires (!) me forceront à rédiger la suite !


    Jusqu’au début du XXème siècle, l’affaire était scientifiquement entendue : l’univers était infini et n’avait donc pas de taille à proprement parler (ni début ni fin, que ce soit dans le temps ou dans l’espace).

    Puis avec l’adoption par la grande majorité des scientifiques de la théorie dite « du Big Bang », les choses ont changé et il est devenu en principe possible d’assigner une taille à l’Univers. Mais évidemment quand on s’y essaye, la question devient pour le moins assez  compliquée, comme je m’en suis récemment rendu compte.

    N’étant qu’un gentil amateur dans le domaine, pas sûr de pouvoir beaucoup éclairer votre lanterne. Mais à défaut, j’ai voulu quand même écrire cet article, car c’est une façon efficace pour moi de synthétiser mes maigres connaissances (et de mieux mesurer l’étendue de mon ignorance résiduelle!).

    Alors en route pour tenter une première réponse, même si, ultérieurement, celle-ci se révélera bien imparfaite et nécessitera d’être complétée par un second article. Mais chaque chose en son temps !

    Selon ce que les physiciens contemporains nomment « le modèle cosmologique standard » (c’est-à-dire celui qui est le plus couramment admis parmi eux), l’univers physique aurait commencé il y a environ 13,8 milliards d’années.

    Au point de départ, toute la matière, toute l’énergie, tout l’espace et tout le temps étaient concentrés en un point unique (sans dimension) que les physiciens appellent pudiquement « une singularité » (puisqu’en réalité ils sont incapables de dire à quoi peut ressembler un tel point, matériellement inexistant, mais contenant en son sein le potentiel de tout l’univers !).

    Ce point zéro de la création du monde est une notion pleine de paradoxes et à vrai dire ce n’est pas une donnée scientifique, mais seulement l’hypothèse la plus fréquemment envisagée actuellement par les spécialistes pour expliquer la suite. Car la suite est par contre assez bien connue des cosmologistes qui, par de nombreuses méthodes convergentes, en sont arrivés à établir que tout l’univers physique que nous connaissons aujourd’hui est bel et bien sorti d’un mystérieux point de départ, un peu à la façon dont des milliers d’étincelles peuvent sortir de l’explosion d’une seule fusée de feu d’artifice…

    Très grossièrement, l’histoire de cette explosion originelle gigantesque dont nous sommes les lointains sous-produits est la suivante.

    • Au tout premier instant suivant l’explosion, l’univers, tel un airbag, s’est déployé à une vitesse vertigineuse, passant en un éclair d’une dimension subatomique à une étendue macrocosmique : c’est ce qu’on appelle la phase d’inflation cosmique.
    • Durant cette phase très très brève, mais extrêmement intense en chaleur, énergie et vitesse, d’incroyables réactions nucléaires ont eu lieu au sein de cette fournaise primitive d’où sont sortis les premiers atomes de matière accompagnés d’un immense flash de chaleur et de lumière dont il reste aujourd’hui encore des traces perceptibles, tant ce flash était puissant : c’est ce qu’on appelle « le fond diffus cosmologique« .
    • Mais la matière primordiale ainsi engendrée était alors tellement dense que la production de lumière qui l’accompagnait en est restée prisonnière pendant près de 380.000 ans ! (Un peu comme le soleil qui reste invisible pendant une partie du jour s’il est noyé dans des nuages trop épais) : c’est ce qu’on appelle l’âge sombre de l’univers. Celui-ci aurait donc duré environ 380.000 ans après le Big Bang. Autrement dit, durant toutes ces années, l’univers était bel et bien né, mais restait totalement invisible puisque n’émettant encore aucune lumière! (voir ci-dessous schéma n°1)
    Cliquez sur la photo pour la voir en plein écran et pouvoir lire plus facilement ses annotations…
    • L’histoire de l’univers visible commence donc 380.000 ans après le Big Bang. Elle s’est poursuivie depuis lors en passant par une succession de phases que je résume très brièvement ici* : il y a d’abord eu des zones de regroupement de la matière initiale sous l’effet de la gravité et cela a abouti à la création des premières étoiles. Celles-ci, gigantesques centrales atomiques, ont généré à leur tour peu à peu l’ensemble de tous les éléments chimiques actuellement présents dans l’univers et les y ont disséminés par leurs explosions à répétition, relais de l’expansion continue de l’univers. (voir schéma n°2)
    Cliquez sur la photo pour la voir en plein écran et pouvoir lire plus facilement ses annotations…

    Avant d’aller plus loin, trois remarques importantes : l’une à propos de l’espace, l’autre à propos du temps et la dernière à propos de la notion de « singularité ».

    • À propos de l’espace : sur les deux images insérées ci-devant, on a l’impression (fausse) que l’univers se déploie de gauche à droite. Mais il s’agit juste d’un artifice pédagogique qui permet de montrer que ce déploiement a aussi lieu dans le temps, la ligne des abscisses servant à mesurer ce dernier. Dans la réalité, bien évidemment, l’expansion de l’univers s’est faite dans toutes les directions de l’espace en même temps… Ce qui fait que l’univers ne ressemble pas à un cône allant s’élargissant, mais bien plutôt à une sphère qui se serait d’abord brusquement gonflée façon airbag, puis qui aurait continué ensuite à s’expansionner, mais à une vitesse bien plus lente, telle une brioche aux raisins qui gonfle dans le four pendant sa cuisson. C’est l’addition de ces deux phénomènes (effet airbag initial puis effet brioche aux raisins depuis lors) qui est responsable de la taille actuelle de l’univers…

     

    • À propos du temps : quand on réfléchit à la notion de point de départ de l’univers, on ne peut pas ne pas se poser la question naïve de « l’avant Big-Bang ». Oups ! Les amis, c’est là que ça va commencer à faire des nœuds dans votre cerveau, car la réponse est… qu’il n’y a pas d’avant au big-bang.
      Explication :  puisque le temps  (tout comme l’espace) est un sous-produit de la singularité initiale, cela revient à dire que cette singularité cosmologique n’existe ni dans le temps ni dans l’espace, mais que ce sont, de toute éternité, ces deux notions qui existent en elle. Dit autrement, cette « singularité » est une réalité atemporelle et aspatiale. À proprement parler, il s’agit donc là d’une entité méta-physique, c’est à dire qui existe au-delà (méta) du plan physique. Évidemment, dans ce contexte, il est très tentant de faire le rapprochement avec l’idée traditionnelle de Dieu. Mais comme ce mot écorche la bouche de bon nombre de physiciens, la communauté scientifique lui préfère le concept de « singularité » plus neutre idéologiquement. Notons que ce tour de passe-passe linguistique ne rend pas moins ce concept  tout aussi abscons et à dire vrai pas plus compréhensible que la « vieille » notion de Dieu! (Non seulement la « singularité » existe indépendamment de l’espace et du temps, mais elle est aussi indépendante de la matière et de l’énergie qui n’en sont eux aussi que des sous-produits !).

     

    • À propos de la notion de singularité :   du fait du caractère très spéculatif de cette notion, certains physiciens ont proposé d’autres modèles explicatifs et entre autres celui du Big Bounce** ou « grand rebond ». Dans cette hypothèse, le point de départ de notre univers ne serait pas le zéro absolu de la singularité initiale, mais l’aboutissement de l’effondrement sur lui-même d’un univers précédent le nôtre et dont toute la matière et l’énergie se seraient condensées en un point unique, qui, du fait de sa surpression, aurait fini par exploser et ainsi donner naissance à un second univers, celui-là même où nous nous trouvons présentement. Par parenthèse, on remarquera que la première hypothèse est assez proche de la cosmogonie traditionnelle judéo-chrétienne (dans laquelle Dieu ne crée le monde qu’une seule et unique fois) alors que la seconde rappelle la perspective orientale selon laquelle les univers physiques naissent, se développent puis se résorbent à tour de rôle dans le principe divin…  Quoi qu’il en soit, aucune de ces deux théories (pas plus que leurs variantes) ne fait aujourd’hui l’unanimité des spécialistes, la question de l’origine première de toute chose restant pour l’instant hors de portée de la science…

    Mais assez spéculé sur des choses qui nous dépassent complètement, revenons à présent à notre question initiale, beaucoup plus concrète, de la taille de l’univers. Car, quel que soit le modèle choisi pour expliquer le point de départ (big-bang ou big-bounce), cette question se pose pareillement. Et à vrai dire, au premier abord, elle semble assez simple à résoudre. Par prudence, demandons tout de même au professeur Tournesol de nous aider un peu.

    Selon une des lois de la physique découverte par Einstein et jamais mise en défaut depuis, « rien au sein de l’univers ne peut se déplacer plus vite que la lumière ». Et la vitesse à laquelle celle-ci se propage (quand elle ne rencontre pas d’obstacle) est de 300.000 kilomètres par seconde. Comme par ailleurs, on sait déjà que l’univers physique est âgé de près de 13,8 milliards d’années, à l’aide de ces deux informations, cela semble un jeu d’enfant que d’en déterminer la taille. Car celle-ci doit être égale à la distance maximale que la lumière a pu parcourir depuis qu’elle est sortie des brumes de « l’âge sombre », c’est-à-dire environ 380.000 ans après le Big-Bang.

    Mes amis, à vos calculettes ! Le nombre de secondes contenues dans une année est approximativement de 31,5 millions. La distance maximale que la lumière peut parcourir en une année est donc de 31,5 millions de fois 300.000 kilomètres, soit, à la louche, dix mille milliards de kilomètres. Une telle distance étant trop grande pour que nos petits cerveaux l’appréhendent correctement, on réduit fictivement la difficulté en parlant alors d’une « année-lumière » (= la distance que la lumière parcours en un an).

    En première approximation, pour connaitre la taille de l’univers, il suffit donc de convertir son âge actuel en autant d’années-lumière et de multiplier ce chiffre (13,7 milliards d’années) par les dix mille milliards de kilomètres que parcourt la lumière chaque année.  On obtient le chiffre arrondi de 140 mille milliards de kilomètres.

    Vous voyez, ce n’était pas si difficile : l’univers dans lequel nous sommes insérés est une immense sphère encore actuellement en expansion***, qui, à ce jour, mesure près de 14 milliards d’années-lumière de rayon, soit (sauf erreur de calcul de ma part) 140 mille milliards de kilomètres.

    C’est, par exemple, ce que tente d’illustrer l’image suivante qui, par convention, place notre soleil en son centre.
    – On y voit ensuite représentées les planètes de notre système solaire (mais évidemment pas à la bonne échelle).
    – Puis elle nous montre notre galaxie (la Voie lactée), pleine de quelques centaines de milliards d’étoiles.
    – La zone concentrique suivante est celle des autres galaxies qui entourent de plus ou moins près la nôtre.
    – Puis l’image montre le réseau complexe et intriqué formé par les galaxies lointaines.
    – Et enfin le bord de la sphère nous montre la limite atteinte par la lumière primordiale qui forme le fond diffus cosmologique.
    Selon cette représentation, l’univers est tout entier contenu dans le halo que forme encore aujourd’hui la lumière originelle qui s’est échappée du nuage primitif de matière et qui depuis lors n’en finit pas de s’éloigner de son point d’origine. C’est là la plus grande extension actuelle de notre univers.  Au-delà de cette frontière, plus rien n’est censé exister, puisque rien n’a pu être projeté plus loin que la lumière originelle elle-même !

    Le halo formé par la lumière originelle qui enserre en son sein toute la matière de l’univers

    Bon, il est temps de tirer quelques conclusions de ce premier article.

    1. Tout d’abord, puisqu’on est arrivé à assigner une taille à l’univers, c’est donc bien que celui-ci n’est pas infini, mais bel et bien fini, du moins spatialement parlant.
    2. Mais comme la bulle de lumière qui le manifeste depuis l’origine continue à s’étendre dans toutes les directions, cette taille finie… n’en finit pas de croître. Nous sommes donc dans un univers indéfiniment croissant!
      Pensez qu’à chaque seconde, la lumière primordiale engendrée par le Big-Bang étend son règne de tout côté de 300.000 kilomètres supplémentaires ! Ce qui veut dire que l’univers grandit de 18 millions de kilomètres toutes les minutes !
    3. Et voilà pourquoi, au fil de la lecture de cet article vous avez dû vous sentir de plus en plus « à l’aise », l’univers compatissant vous offrant toujours plus de place en son sein pour exister!

    Trêve de plaisanterie, cet univers mesurable est donc l’univers potentiellement visible. Mais comme nous le verrons dans le prochain article, il se pourrait bien que l’univers réel soit encore beaucoup, beaucoup, beaucoup plus grand, cela du fait de certaines de ses propriétés physiques les plus étonnantes et qui résultent des lois de la relativité découvertes par le célèbre Albert Einstein ! À suivre donc…

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    Notes :

    * Pour plus de détails sur les différentes phases de l’histoire de l’univers, vous pouvez vous reporter à la page de Wikipédia consacrée au Big-Bang à partir de laquelle j’ai moi-même conçu cette partie de mon article.

    ** C’est par ici pour en apprendre davantage sur la théorie alternative du Big-Bounce

    ***  » Le fond diffus cosmologique ou rayonnement fossile […] est fait de tous les photons qui ont été émis lors de la transition opacité-transparence et qui se propagent librement depuis. Ce sont les plus vieux photons de l’univers. Ils ont l’âge de l’univers moins un demi-million d’années. » (citation d’Hubert Reeves).  L’image suivante est tirée de la page Wikipédia consacrée à l’univers observable.

     

  • A la découverte du Yogavasishta

    Quand Vasishta vient jusqu’à nous pour délivrer son message de Sagesse…

    Lors de la prestation d’Yves Rémond à l’occasion de notre dernière AG, nous avons eu droit à une remarquable introduction au Yogavasishta, ce texte traditionnel qui met en scène le jeune prince Râma et son guru le sage Vasishta. J’ai inséré dans la Lettre de La Bertais le résumé qu’Yves m’a fait parvenir et qui présente les points principaux qu’il a évoqués avec nous. Mais à cette occasion, Yves m’a fait un cadeau supplémentaire, à savoir le plan complet de ce qu’il avait prévu de nous dire (plan qu’il a suivi à peu de chose près). Donc, si le compte rendu présenté dans la Lettre vous laisse sur votre faim, n’hésitez pas à télécharger et à lire le document de 5 pages ci-joint. Vous y retrouverez l’essentiel de ce qui a été dit dimanche, voire même un peu plus, car sur certains thèmes Yves n’a pas eu le temps de tout développer oralement…

    Et pour commencer, voici sa présentation de l’ouvrage en quelques mots :

    Le Yogavāsiṣṭha est un très long poème de 64 000 vers, rédigé en sanskrit, entre le 6e et le 10e siècle de notre ère. Il met en scène le prince Rāma (avant qu’il ne vive les aventures du Rāmāyaṇa) et son précepteur (guru), Vasiṣṭha. Il se présente sous la forme d’un dialogue entre le maître (Vasiṣṭha) et l’élève (Rāma), entrecoupé d’histoires, mythologiques pour la plupart, dont le maître tire à chaque fois un enseignement spirituel dans la ligne du Vedānta non duel. C’est un livre ouvert aux autres traditions de son époque, qu’il ne condamne pas, mais dont il extrait l’essence non duelle. Swami Prajñānpad et Ramana Maharshi en recommandaient la lecture.

    Pour télécharger le texte d’Yves :

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    Pour info : au printemps 2020 (en pleine période de confinement lié au Covid), j’avais moi-même publié une histoire tirée de ce livre qui me semblait particulièrement appropriée au contexte de l’époque. Cela avait donné lieu à trois articles qui, à l’époque, avaient suscité un nombre de commentaires inhabituellement élevé. N’hésitez pas à vous rafraichir le mémoire en cliquant ici :

    1. L’étrange histoire de la démone Karkatî
    2. Karkatî, épisode 2
    3.  Karkatî, épisode 3
  • AG du 29 Septembre 2024

    Belle affluence cette année encore pour ce rendez-vous annuel incontournable, qui, cette fois-ci, nous a réservé plusieurs imprévus, vite transformés en opportunités de mise en pratique…

    La première : lors de mon accueil, j’ai été au regret de vous annoncer que notre invité d’honneur Yves Rémond n’était… pas arrivé à La Bertais! Cloué dans son lit samedi matin par une forte « gastro », il avait renoncé à faire le déplacement…

    La seconde, dans la foulée, où j’ai aussi dû vous faire part de l’absence du trésorier de l’association (Joël) ainsi que du nouveau gérant de la SCI (Claude), tous les deux malades du Covid.  Ce qui allait nous contraindre à les remplacer au pied levé pour leurs interventions respectives.

    Passées les quelques secondes nécessaires à chacun pour « convertir sa déception en accueil joyeux du réel » , je vous ai offert un « lot de consolation » en vous apprenant qu’Yves serait quand même virtuellement des nôtres l’après-midi, cela grâce à la « magie » d’une visio-conférence. Une chance que nous ayions prévu en amont de diffuser l’AG via Zoom, car de ce fait le matériel nécessaire était déjà sur place, et, moyennant quelques réglages, nous avons en effet pu l’après-midi entendre Yves et même échanger en direct avec lui. Mais n’anticipons pas…

    Comme à l’accoutumée, c’est Thérèse notre Présidente qui a pris la parole en premier et qui nous a mis du baume au cœur en évoquant la belle « réussite » de la saison dernière tant en termes d’adhésions (141 membres, un record), qu’en termes d’affluence aux différentes animations (avec par exemple un autre record de participation pour la venue d’Emmanuel Desjardins en février dernier).
    Puis Hélène (notre vice-présidente) et Karinne (notre vice-trésorière) se sont donc fait un devoir de remplacer Joël pour nous exposer les comptes de l’exercice écoulé. Seconde bonne nouvelle : contrairement à la saison précédente où il avait été fait état d’un gros déficit, cette année les comptes sont équilibrés et présentent même un léger bénéfice (1560€). Cela tient d’une part au fait de la reprise importante de la fréquentation des activités et d’autre part aux bonnes mesures de gestion qui avaient été prises en octobre 2023 (entre autres, relèvement des tarifs indicatifs des principales animations). Félicitations à toutes les deux qui ont su se saisir de cet imprévu pour oser l’action libératrice consistant à surmonter leur appréhension bien naturelle face au défi de devoir parler en public dans de telles conditions !

    Suite à cela, annonce a été faite du retrait de Christophe Bégot du Conseil d’administration et pour le remplacer, l’assemblée a été invitée à valider par un vote l’entrée d’André Robert en son sein. André en a profité pour évoquer son long parcours sur le chemin, qui le met à présent en situation de donner en retour un peu plus de son temps à l’association.

    Je ne m’étends pas ici sur la procédure qui a permis d’ajouter un paragraphe à nos statuts, rendant désormais valide le vote des personnes qui participeront aux prochaines AG en visio. Ni non plus sur le message du gérant de la SCI dont je me suis fait le porte-voix  (les détails seront donnés dans la Lettre à venir).

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    Dans la seconde partie de la matinée, Anne-Marie puis moi-même avons présenté les activités à venir et l’esprit dans lequel nous nous situons désormais pour animer l’ashram. Là aussi, la prochaine Lettre en préparation vous donnera plus de détails. Mais dans l’immédiat, voici deux annonces intéressantes  que vous pouvez déjà retenir.

    •  La venue (pour la troisième fois) de Christophe et Murielle Massin à La Bertais. Celle-ci aura lieu le week-end des 24 et 25 mai 2025 et sera vraisemblablement précédée la veille d’une conférence publique au CCBR de Rennes.

     

    • La mise en ligne des six ateliers d’initiation à la philosophie hindoue animés par mes soins la saison dernière. Si vous avez raté le coche l’an passé, vous pouvez donc avoir accès  au contenu de cet atelier et envisager éventuellement d’y participer cette saison. D’autant plus que pour les personnes habitant loin de La Bertais, il est désormais possible de le suivre en différé. Pour plus d’information, consultez la page dédiée en cliquant ICI.

     

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    Après un délicieux repas (et opportunément servi  bien chaud, vu les conditions météo quasi hivernales), nous avons pu faire l’expérience de manière quelque peu inhabituelle, de la présence d’Yves sur grand écran, qui nous a entretenu de la sagesse transmise par le  Yogavasistha.  Passés les quelques petits problèmes techniques initiaux, la retransmission a été d’assez bonne qualité et l’auditoire a pu entendre un orateur à la fois passionné et passionnant, et même interagir de façon très vivante avec lui. Manifestement Yves est en passe de  devenir le spécialiste français de ce texte traditionnel, si cher à Swâmi Prajnanpad, et dont beaucoup d’entre vous ont ainsi pu apercevoir l’incroyable richesse.  Un résumé de son intervention sera inclus dans La Lettre à venir et nous songeons désormais à le faire venir à La Bertais pour y animer un week-end complet…

    Mais j’en ai assez dit pour aujourd’hui. Je vous laisse la parole pour vos commentaires que j’espère nombreux.

     

    PS : Un grand merci à Jean-Claude pour son aide technique précieuse.

  • Autobiographie de Frédérick Leboyer : bonnes feuilles (2)

    Comme annoncé dans le précédent article de cette mini-série, je vais vous conter cette fois-ci la naissance de « Pour une naissance sans violence », ouvrage qui, par un hasard du calendrier, va faire prochainement l’objet d’un colloque à Paris (cf. affiche ci-dessus et lien d’inscription sur la page d’accueil de ce site).

    Voici ce qu’en dit Frédérick dans son autobiographie (pp 115 et suivantes)

    « A cette époque j’entreprenais l’écriture de « Pour une Naissance sans violence ». J’écrivais tous les jours. Les mots venaient d’eux-mêmes. Au bout de quelques semaines, mon texte était terminé. En fait, ce que j’avais raconté était non pas la naissance en général, mais la mienne en particulier, telle que finalement je l’avais revécue, telle qu’elle est vécue par tous les enfants. J’étais plein d’enthousiasme, ivre de joie et de créativité. J’ai apporté à Swâmiji mon manuscrit, rédigé en anglais.
    – Voilà, j’ai écrit ceci. J’aimerais que Swâmiji le lise et me dise ce qu’il en pense.
    À ma grande surprise, il me dit :
    – Swâmiji n’a pas de temps pour lire ce texte.
    C’était comme un soufflet.
    Contrarié, je lui réponds :
    – Mais Swâmiji pourrait simplement y jeter un coup d’œil.
    – Swâmiji ne jette jamais un coup d’œil. S’il fait quelque chose, il le fait entièrement. Il le fait ou il ne le fait pas.
    Me voyant profondément consterné, il dit, je pense dans un mouvement de bonté :
    – Bon, laissez-le-moi. Je vais le lire.
    Je suis parti avec un soupir de soulagement.

    Au bout de deux ou trois jours, au cours d’un entretien du matin, Swâmiji m’a rendu mes pages.
    Je m’attendais naturellement à des commentaires, des compliments, à ce qu’il me dise « c’est un chef-d’œuvre, une merveille. »
    Douche glaciale, qui fait partie des tapas :
    – Ce texte, mettez-le dans un tiroir et reprenez-le d’ici trois mois.
    Sans plus. C’était comme si j’avais reçu un coup sur la tête…

    Par la suite, j’ai vu comme il avait raison. J’ai retravaillé mon écrit en y apportant les indispensables corrections (…)

    Rapidement  traduit en vingt langues et publié dans vingt-trois pays, le livre fut acclamé par d’innombrables femmes et mères (…)

    Swâmiji devait mourir peu après, mais il vécut jusqu’à la parution du livre. Il a appris son retentissement mondial, ravi pour moi et du fait d’avoir vu juste (…)

    Cerise sur le gâteau :

    Pour la quatrième fois, Colette vient de mettre en ligne sur son site l’enregistrement audio d’un entretien d’un disciple avec Swâmiji. Il se trouve que c’est justement celui que Frédérick a eu avec son maître au moment où il réfléchissait activement à ce qu’il allait pouvoir faire dans son rôle de médecin accoucheur pour rendre la mise au monde des bébés moins traumatisante pour eux.
    Dans ce document sonore inédit, on entend donc Frédérick et Swâmiji échanger sur le bienfondé des différents points de ce qui deviendra par la suite « la méthode Leboyer » : accueil du nouveau-né dans la pénombre et le silence, dépose sur le ventre de sa mère sans couper le cordon qui n’est sectionné que plusieurs minutes après, bain dans l’eau tiède pour rappeler l’état d’apesanteur dans lequel se trouvait le nouvel arrivant avant son atterrissage forcé dans ce bas monde…
    Frédéric y prend aussi l’avis de Swâmiji sur quelques points vis-à-vis desquels il ne sait pas bien quoi penser (tel, l’intérêt ou non de la présence du père lors de l’accouchement). Bref, un entretien on ne peut plus « pratique », mais dans lequel pointe ici et là le profond « bon sens » de Swâmiji…

    Cette mini-série s’arrête ici. Gardez cependant en mémoire le fait que je ne vous ai présenté dans ces deux articles que des extraits de quelques pages de l’autobiographie de Frédérick. Celle-ci-ci réserve  bien d’autres pépites à ses lecteurs !


     

  • Autobiographie de Frédérick Leboyer : bonnes feuilles (1)

    Durant nos vacances d’été et sur conseil de Colette Roumanoff, j’ai lu l’autobiographie de Frédérick Leboyer, publiée à titre posthume par sa veuve.

    J’avais éprouvé quelques réticences à acquérir ce livre, car les dernières fois que j’avais entendu Arnaud parler de Frédérick, ce n’était pas vraiment à son avantage (il avait, selon Arnaud, assez mal vieilli et terminait son existence plutôt aigri, remettant parfois même en cause le bienfondé de son chemin auprès de Swâmiji).

    Mais suite à un échange avec Colette, j’ai décidé de tenter cette lecture et j’ai … littéralement dévoré cet ouvrage. Ce n’est certes pas « un grand livre », mais pour une lecture de vacances, c’était parfait, car ça se lit comme un roman d’aventures! La vie de Frédérick Leboyer est tout sauf banale.

    Après des études compliquées à mener, car entravées par la guerre, Frédérick a exercé la médecine en hôpital public à Paris après guerre. Puis à la faveur d’un héritage, il a réussi, à investir dans un grand bâtiment pour y ouvrir une maternité privée, située dans les beaux quartiers de Paris et  dans laquelle il a accouché un grand nombre de femmes connues ou inconnues de l’époque . « Je travaillais en fait comme un damné. Au moins quatre nuits par semaine, j’étais arraché du lit dans le premier sommeil. Personne ne peut s’imaginer ce que représentent plus de cinquante accouchements par mois, tous pratiqués avec la même conscience intégrale, et avec une virtuosité que je qualifierai de stupéfiante » (p63). Au total il aura  fait naître environ 10.000 bébés dans sa carrière !

    Et puis, épuisé, il a fini par faire ce qu’on appelle de nos jours un « burn out » et il a dû stopper toute activité pendant plusieurs mois. C’est pour se « retaper » qu’il a eu l’idée de voyager et tout spécialement en Inde… Après un premier périple rocambolesque dans un petit avion de tourisme piloté par un de ses amis (qui a fini par se tuer  au manche de son appareil), Frédérick a fait connaissance à Paris d’un certain Arnaud Desjardins qui s’apprêtait à repartir en Inde par la route. Non sans mal, il a convaincu Denise et Arnaud de faire route ensemble et ce sont donc eux qui lui ont fait découvrir l’Inde et sa fameuse spiritualité. Car jusque là Frédérick n’était intéressé que par la dimension touristique (et artistique) du pays.

    Rencontre de Ma Anandamayi : ( p.90-93) :

    « Le lendemain, au milieu de la foule des fidèles, Arnaud m’a presque pris par la main en me disant :
    – Frédérick, vous allez maintenant  rencontrer une sainte.
    – Bien
    J’ai attendu, puis je vis une femme dans la soixantaine entourée de swâmis, de yogis, et d’une cohorte de disciples… Et c’est tout.
    Arnaud :
    – Alors ?
    J’ai fait :
    – Ah, ben… rien.
    – Ah, ce n’est pas possible. Quand on se trouve en présence d’un saint, des choses extraordinaires se passent. Attendez, attendez. Demain vous aurez une autre rencontre.
    Et il en fut ainsi pendant un mois d’affilée. Chaque matin (après le darshan), Arnaud me demandait :
    -Alors?
    -Eh ben non, rien.

    Il était très malheureux. (…) Avant ce voyage je ne m’intéressais pas du tout à la spiritualité. Je ne savais même pas que ça existait. (…)
    Au bout d’un mois, à la définitive consternation d’Arnaud, je lui ai avoué :
    – Écoutez, la vie spirituelle n’est sans doute pas pour moi. Je suis venu voir l’Inde. Je pense que maintenant on va se séparer.
    Arnaud était sincèrement contrarié :  » Écoutez, Mâ Ananda Moyi est un maitre de la bhakti, mais il y a aussi le jnana yoga, centré sur la connaissance et j’ai entendu parlé d’un maître de cette voie qui vit au Bengale. C’est peut-être lui qu’il vous faut.
    Arnaud était touchant à vouloir à tout prix faire mon salut. Pour ne pas le contrarier davantage, je prends le nom et l’adresse de ce personnage : un certain Swâmi Prajnanpad.
    – Bon j’irai le voir. Mais d’abord je vais me promener au Népal.
    – Ah, vous allez au Népal ? Il y a là-bas un saint hors du commun que vous devriez absolument rencontrer…

    Rencontre de Shiva Puri Baba au Népal (p93-95)

    (…) Dans un petit ermitage, le saint vivait servi par deux enfants (…) Avec mon guide, nous entrons dans le lieu agréablement ombragé où, ponctuée par le chant des oiseaux règne une grande paix. Je vois de dos, une chaise longue sur laquelle je devine une présence. L’ayant contournée, je suis devant un homme non pas âgé, mais extrêmement vieux, pourtant rayonnant. Il nous sourit en silence. (…) Je n’avais jamais vu un homme à la fois aussi vulnérable et rayonnant, car quoique son corps fut réduit à rien -on le devinait aussi léger que celui d’un enfant- il émanait de toute sa personne comme une sorte de lumière (…) Je crois que cela venait de ses yeux et du regard bienveillant qu’il posait sur nous… J’ai passé deux heures aux pieds de cet homme au corps frêle, mais traversé d’un rayonnement tout à fait extraordinaire. Cela a été ma première bénédiction en Inde. Je la dois à Arnaud. C’est grâce à lui, au fond, que j’ai entamé ce chemin tellement merveilleux et difficile.
    Shiva Puri Baba devait mourir un mois plus tard. J’avais eu la chance d’être un des derniers à recevoir son darshan…

    Rencontre de Swâmi Prajnanpad

    Ah! j’ai promis à Arnaud d’aller voir ce maitre…
    Eh bien, j’irai et  je resterai auprès de lui au moins quatre jours (…)
    J’avais écrit pour annoncer ma venue. À mon arrivée un homme sort d’une des petites huttes de l’ashram et se dirige vers moi : C’était Sumongal qui avait pour mission de me conduire dans ma propre case, sans porte, en terre battue, d’une simplicité monacale, mais d’une propreté impeccable (…) Après le dépôt de mes bagages :
    -Je vais vous conduire auprès de Swâmiji, me dit ce futur cher ami (…)
    Je lui emboite le pas  et nous parvenons à une autre case, plus volumineuse que la mienne, autour de laquelle court une terrasse (…).
    Me voici devant Swâmi Prajnanpad.
    C’est une personne hautaine, si jamais il en fut, pour ne pas dire distante, encore qu’en aucune manière méprisante, mais froide oh combien.
    Un calme étranger à toute sentimentalité émane de lui. Aucune effusion.
    Swamiji devait avoir 70 ans. J’en avais 45. (…)
    Un accueil presque glacial. À la fois effrayant et reposant. Un être de cette espèce si rare que Confucius se demandait s’il lui serait jamais donné d’en rencontrer un sur son chemin. Tout était différent de ce que j’avais goûté (et qui m’avait repoussé) autour de Mâ Ananda Moyi : l’agitation, les émotions de la foule, le vacarme insupportable pour ne pas dire vulgaire.
    La nuit tombée Swâmiji vient de visiter dans ma case, s’assure que rien ne me manque et me dit « take rest, take rest ».

    Sur un lit fait de quelques planches recouvertes d’une très mince couche de crin, je dormis d’un sommeil paisible et profond tel que je n’en avais pas connu depuis longtemps. Plus tard j’ai compris ou plutôt deviné ce que l’on ressent auprès d’un maître. Autour de lui agit un champ magnétique affectant le nôtre et se mettent à résonner de concert. Le fait est que sur ma couche rudimentaire, j’ai dormi comme un ange….

    Premier entretien avec Swâmiji 

    (…) Après m’avoir écouté avec attention, il me dit :
    Imaginez habiter une grande et belle demeure où vous n’êtes pas heureux, vous ne vous y sentez pas à l’aise. Allez-vous vous contenter de refaire la peinture, de changer les meubles de place ou d’ajouter des bouquets de fleurs ? Non. Cette maison ne vous convient plus, il faut avoir le courage de l’abattre, la démolir de fond en comble. Pour ensuite la reconstruire, cette fois sur de nouvelles et solides fondations. (…)

    ÀA l’opposé de ma première nuit, les suivantes furent une suite de cauchemars. La proximité de cet homme m’explosait l’inconscient (…)
    Les jours suivants j’entrevis quelle  gigantesque aventure, mésaventure devrais-je dire, allait commencer. Un tremblement de terre, un raz de marée qui emportait tout, ne laissant plus rien de celui que j’étais… Venu pour quatre jours, je suis en fait resté  deux mois auprès de lui !
    Fin du premier séjour.


    À suivre : la genèse de « Pour une naissance sans violence », le bestseller de Frédérick Le Boyer, traduit en 20 langues et vendu dans 26 pays à plusieurs millions d’exemplaires…

  • Spécial rentrée 2024…

    Pour vous rendre la perspective de la rentrée plus attrayante, voici un petit rappel de ce qu’elle vous réserve de sympathique du côté de La Bertais :

    • Une joyeuse équipe de peintres, bricoleurs ou bricoleuses en tout genre + amoureux des espaces verts est attendue le samedi 14 septembre. Pour l’instant nous sommes déjà 6, mais nous ne désespérons pas de vous voir nous rejoindre nombreux et nombreuses. Rendez-vous sur place à 9h45 pour une petite méditation introductive qui commencera à 10h précise, puis le chantier. Pensez à apporter votre pique-nique. Et pour vous inscrire, c’est par ICI

     

    • C’est le lendemain, soit le dimanche 15 septembre, qu’aura lieu notre traditionnelle  « Journée annuelle de méditation« . Celle-ci est d’ores et déjà assurée d’un franc succès puisqu’il y a actuellement 23 inscrit(e)s qui se retrouveront sur place pour partager cette « non-activité » de 9h45 à 18h.  Attention, nous envisageons de limiter le groupe à une trentaine de personnes. Donc si vous êtes intéressé(e), mais que vous avez négligé de vous inscrire, ne tardez pas à vous manifester ; c’est par ICI

     

    • Pour ceux et celles qui habitent à proximité de La Bertais, sachez que le cours de yoga hebdomadaire redémarrera le mercredi 18 septembre. Si vous êtes concerné(e), pensez à réserver votre place dès à présent, car là aussi le nombre de participant(e)s  est limité.

     

    • Samedi après-midi 28 septembre et dimanche 29 septembre : week-end de l’Assemblée générale annuelle.
      Cette année, nous aurons la chance de recevoir Yves Remond en invité d’honneur. Yves a fait partie de l’équipe des collaborateurs d’Arnaud à Hauteville jusqu’en 2017. Depuis qu’il a pris sa retraite, il s’est, entre autre, mis au sanskrit et vient de publier une première traduction d’un passage clé d’un grand classique du Védânta. Il viendra donc nous parler de son parcours et plus particulièrement du contenu de son livre (qui sera en vente sur place) : « L’Eveil dans le Yogavâsistha« .
      Une lettre vous sera adressée mi-septembre pour plus de détails, mais vous pouvez déjà vous inscrire à cette AG en cliquant ICI.

     

     

    • Samedi 12 et dimanche 13 octobre : reprise de l’atelier d’initiation à la philosophie hindoue et du GSMP.
      Concernant l’atelier « philo hindoue », une bonne nouvelle : j’ai décidé de mettre en ligne le contenu des six rencontres de la saison passée. Si vous n’avez pas pu suivre ce séminaire ou si vous avez envie de le réécouter en totalité ou en partie, il est dès à présent à votre disposition via une nouvelle page du site => ICIEt concernant la saison 2 de cet atelier, patience, les inscriptions seront ouvertes juste après l’AG !

    Pour le GSMP (Groupe de Soutien à la Mise en Pratique), sachez que suite à quelques départs,  il va y avoir plusieurs places disponibles cette année, tant dans le groupe du samedi après-midi que dans ceux du dimanche. Si vous faites partie des personnes qui étaient en attente de pouvoir y participer, cela va être le bon moment. Consultez le calendrier des rencontres ICI,
    Et ensuite prenez contact avec nous (Yann et Anne-Marie) par mail ou téléphone pour réserver votre place…


    En marge de nos activités « maison », je vous signale aussi deux événements qui auront lieu en septembre, ailleurs qu’à La Bertais, mais qui pourraient vous intéresser :

    • Du 5 au 12 septembre : présence exceptionnelle de Red Hawk (disciple de Mister Lee et auteur de l’excellent livre « l’observation de soi ») à La Ferme de Jutreau (près de Poitiers) : Pour plus d’informations, contactez le secrétariat de la Ferme de Jutreau par tél au 05 49 84 57 28 ou par mail : dameaux@orange.fr

     

    • Week-end des 20 et 21 septembre : atelier avec Colette Roumanoff,  « Bien vivre avec Alzheimer » (deux après-midi à Paris, chez Colette).
      Si vous avez raté sa « prestation » de avril dernier à La Bertais ou si vous souhaitez une piqure de rappel, c’est le moment d’en profiter (réduction de 10€ sur le prix du séminaire pour les membres de La Bertais). Renseignements complémentaires et inscription ICI


    Au grand plaisir de vous revoir à l’occasion de l’une ou l’autre de ces propositions !

  • Mahâbhârata Saison 2 (19) : ce qui nous attend !

     

    Et voilà, c’est reparti ! Après un temps de pause bien mérité , je m’en vais vous conter la suite des aventures des héros du Mahâbhârata.

    Résumé succinct du contenu du 1er livre, celui dit « des commencements » (adi parvan)

    L’an passé, nous avons vu entrer en scène un à un les principaux héros de l’Épopée. Je tente de vous résumer au plus court la situation.

    Deux lignées de cousins germains se disputent le trône d’Hastinapura, les Kauravas et les Pândavas. Les Kauravas sont cent frères pleins de jalousie et de machiavélisme. L’ainé d’entre eux s’appelle Duryodhana. En face, les Pândavas sont au nombre de cinq, dont Yudhishthira l’ainé de la lignée et donc l’héritier naturel de la couronne. Il est épaulé par son jeune frère Arjuna, un guerrier extraordinaire qui est capable, le cas échéant, de défier les dieux eux-mêmes. Pour empêcher que Yudhishthira ne puisse monter sur le trône, les Kauravas ont ourdi un complot particulièrement cruel : ils ont offert aux Pândavas une belle villa construite en matériau inflammable (la Maison de laque) et ont cru réussir à les brûler vivants. Mais les Pândavas ont déjoué le piège et se sont ensuite cachés dans la forêt pour faire croire qu’ils étaient morts…

    Par la suite Arjuna s’est présenté sous un déguisement à la cour du roi Drupada pour participer au tournoi qui devait permettre à la belle princesse Draupadî de se choisir un époux. Évidemment Arjuna a gagné haut la main le tournoi et a donc été choisi comme mari par Draupadî. À cette occasion et malgré leurs déguisements, la cour a reconnu les Pândavas et il est devenu évident que, puisqu’ils étaient encore en vie et désormais forts de leur alliance avec le royaume de Draupada, il  fallait qu’ils aillent réclamer leur dû (le trône) au vieux roi aveugle Dhritarâshtra. Après bien des tergiversations, le roi a accepté de diviser son royaume en deux. Au nord le royaume original d’Hastinapura dont il a fait de son fils ainé l’héritier, et au sud, le royaume d’Indraprastha qui sera désormais le domaine des Pândavas. Tout semble donc s’arranger pour les deux branches rivales de cousins, chacune ayant désormais son « chez-soi ».

    Coup d’œil sur le contenu du 2ème livre

    Le livre que nous nous apprêtons à parcourir ensemble porte le titre de livre des cours royales (sabha parvan). Ce titre indique que l’action va essentiellement se situer dans les palais : celui de Yudhishthira à Indraprashta, celui de Krishna à Dvarka et surtout bien entendu celui du roi aveugle et de son fils Duryodhana à Hastinapura. Bonne nouvelle : ce second livre compte trois fois moins de vers que le premier et de ce fait il ne faudra probablement qu’une demi-douzaine d’articles pour en narrer les principales péripéties. Ceci étant, l’intensité dramatique du récit va monter d’un cran et se cristalliser autour d’un des épisodes les plus célèbres de toute l’épopée : une fameuse partie de dés disputée en grande pompe à la cour d’Hastinapura…

    Panorama d’ensemble

    Mais avant d’entrer dans le détail de ce second livre, peut-être apprécierez-vous un survol panoramique de toute l’épopée, histoire de mieux savoir ce qui vous attend si vous continuez à me suivre dans les méandres de ce gigantesque récit. Sachez donc que l’ouvrage est organisé en 18 livres (parvan) qui portent chacun un titre évocateur (les commencements, les cours royales, etc.). On y reviendra, mais ce chiffre de 18 semble avoir une importance toute particulière pour l’auteur, car la Grande Bataille qui forme le cœur de l’épopée dure elle-même 18 jours et le texte de la Bhagavad-Gîtâ (qui est lui-même enchâssé dans l’une des sections du 6ème livre) compte précisément 18 chapitres !

    Ceci étant, voici un bref résumé des 16 livres à venir :

    • Les livres 3 et 4 traitent de l’exil forcé de celui des deux clans qui aura perdu la fameuse partie de dés. Pour savoir de qui il s’agit, rendez-vous dans les tout prochains épisodes !
    • Les sept livres suivants traitent de la Grande Bataille  : de ses préparatifs (livre 5), de la guerre proprement dite (livres 6, 7, 8, 9) et de ses conséquences funestes (livres 10 et 11).
    • On change de registre avec les livres 12 et 13, réservés à une série d’exposés sur la sagesse et sa transmission.
    • Le livre 14 nous permet de voir comment cette sagesse peut s’incarner dans l’exercice du pouvoir politique.
    • Le livre 15  nous introduit à la nécessité de consacrer la fin de sa vie à la recherche spirituelle (en se retirant dans un ashram).
    • Le livre 16 est une sorte de digression qui nous raconte la fin tragique de Krishna.
    • Les livres 17 et 18  racontent la sortie de scène de nos héros, celle-ci se faisant en deux temps : ils partent d’abord pour un dernier pèlerinage terrestre en vue de se préparer au passage dans l’au-delà. Après quoi ils s’essayent à rien de moins qu’à l’ascension du Paradis. Ce qui donne au lecteur un  aperçu des dernières épreuves qui attendent l’aspirant à la sagesse avant qu’il n’atteigne sa destination finale !

    Ce coup d’œil panoramique confirme bien le projet général de l’œuvre qui est donc de nous fournir un modèle de ce que peut être une vie humaine réussie selon le schéma traditionnel des quatre âges de la vie.
    Nous y voyons naitre nos cinq héros (les fils de Pându), puis nous les suivons durant leurs jeunes années de formation auprès de leur premier maitre Drona. C’est ce que la tradition appelle l’âge du brahmacharya (période de la formation).
    Suite à quoi nous les retrouvons aux prises avec les tribulations et les vicissitudes de la vie d’adulte : mariés à Draupadî, ils vont devoir se battre, au figuré d’abord, puis au propre, pour faire respecter leurs droits, accomplir leur destinée humaine et assurer un avenir à leur descendance. C’est ce que la tradition appelle l’âge du grihastha (période des responsabilités familiales et professionnelles).
    Puis le texte nous montre ce que doit être le troisième âge, celui du désengagement volontaire de la vie dans le monde afin de se libérer peu à peu de tous les attachements naturels (famille, possessions matérielles, position sociale…). C’est l’âge de vana-prashta (période de retraite dans la forêt, nos héros quittant la ville et le confort de leur palais pour mener une existence plus simple et frugale en ashram).
    Vient enfin le dernier âge, celui du renoncement à toute forme de mondanité pour une consécration exclusive à la vie spirituelle. C’est l’âge du sannyâsa (période de vie monastique qui, dans l’épopée, culmine par l’accès au Paradis, terme à entendre ici comme un symbole de l’Éveil).

    Par delà le côté très « indo-indien » de cette épopée, ce qui en fait la valeur universelle, c’est donc ce plan de vie qu’elle exemplifie de façon particulièrement remarquable. Avec, tout au long du récit, la mise en oeuvre d’une sagesse qui s’incarne dans les très nombreuses situations concrètes où une décision est à prendre, une initiative à mener, la perspective sous-jacente étant toujours d’oeuvrer directement ou indirectement à préparer l’Eveil spirituel final.

    Avec ce plan d’ensemble en tête, il est temps de retrouver nos jeunes héros dans leur palais d’Indraprastha…

    Pour cela, merci de suivre le mode d’emploi exposé ci-dessous :


    J’ai décidé de rendre publique tous les articles de cette série. A cette fin j’ai créé un nouveau menu « Mahâbhârata » dans la page d’accueil du site.
    C’est en cliquant sur ce menu que vous pourrez accéder à tous les articles écrits à ce jour : tant ceux de la saison 1 que les 6 articles qui font suite à celui que vous venez de lire.

    Donc, pour découvrir le livre 2 du Mahâbhârata, regardez la barre de menu tout en haut de cette page et cliquez sur le titre de l’Epopée !


    Cerise sur le gâteau, ce nouveau menu est accessible même sans vous connecter au blog. Et par ailleurs, il vous réserve une petite surprise : j’ai ponctué les articles par une série de quizs auxquels il vous faudra répondre pour pouvoir déverrouiller les articles de la saison n°2 ! Voilà de quoi occuper vos vacances !

    Bon, vous ne comprenez pas bien comment vous connecter ? Alors, voici un raccourci => Cliquez  ICI

    PS :  si  vous n’avez pas la patience de refaire tout le cheminement de la saison 1, demandez-moi en commentaire le code d’accès aux articles de la saison 2….


     

  • Aperçu de l’AG de Hauteville 2024

    Comme à mon habitude, je fais ci-dessous un petit reportage express sur la dernière AG de Hauteville, invitant chacun à lire le n° spécial de la Lettre de la maison-mère qui sortira dans quelque temps et où seront reproduites en détail les propos des différent(e)s intervenant(e)s.

    C’est Catherine Despeux qui a « ouvert le bal ». Cette sinologue réputée (elle a été à la tête de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales), est une pratiquante de la voie du Taoïsme ainsi que de celle du Bouddhisme chan. Âgée aujourd’hui de 80 ans, Catherine a eu une vie de voyages et d’aventures extrême-orientales très riche. Le point déterminant de ses nombreux périples a été la rencontre à Taiwan d’un grand lettré qui l’a introduite tant à la philosophie qu’aux pratiques ancestrales taoïstes et bouddhistes. Elle nous a donc raconté plusieurs anecdotes concernant son maître Nan Huai-Chin et la relation étroite de « travail » qu’ils ont eue ensemble pendant de longues années.
    Personnellement, je ne suis pas très sensible à la tradition chinoise (à chacun ses défauts!), ce qui fait que je suis resté un peu extérieur à cet exposé. Mais il est certain que les amoureux des pratiques taoïstes tireront un grand bénéfice à lire ses ouvrages, car il s’agit là d’une personne manifestement dépositaire à la fois d’une grande connaissance théorique et aussi d’une vraie expérience de l’intériorité. Et pour avoir le plaisir de l’entendre s’exprimer en direct, n’hésitez pas à visionner ci-dessous une des interventions qu’elle a faite (il y a 12 ans) dans l’émission Sagesse bouddhiste…

    Par ailleurs, si vous voulez en savoir plus, en tapant son nom sur un moteur de recherche, vous aurez facilement accès à sa très riche bibliographie, qui contient à la fois des livres « savants » et des livres « grand public » permettant de se familiariser et/ou d’approfondir la connaissance de la tradition chinoise…


    Le second intervenant du samedi était un représentant de la voie soufie des Naqshbandis, Abd El Hafid Benchouk.

     

    Avec lui, nous avons quitté le domaine bien balisé de la pensée rationnelle et sommes entrés dans une dimension plus intuitive, voire imprévisible, de la voie spirituelle. Après nous avoir retracé les grandes lignes de sa biographie (il est d’origine algérienne et est venu vivre en France avec ses parents dès la petite enfance), il nous a fait part de son interrogation de toujours « y a-t-il quelque chose ou non après la mort »? Étonnamment, c’est à l’extrême pointe de notre Bretagne, plus précisément sur l’ile d’Ouessant qu’il a eue sa première « révélation ». À l’époque, il était athée et vivait une crise existentielle qui l’avait conduit à venir séjourner plusieurs mois en solitaire sur ce bout de terre sauvage. Un jour, alors qu’il faisait des photos dans la partie la plus rocheuse de l’ile, une lame de fond l’a brusquement englouti et il s’est vu mourir… Son heure n’étant pas arrivée, il en a réchappé, mais n’a plus jamais été tout à fait le même… À quelque temps de là, sa route a croisé les ouvrages de René Guénon qui lui ont fait découvrir les richesses potentielles de sa  tradition d’origine. De fil en aiguille, il a rencontré celui qui allait devenir son maître, un cheikh soufi algérien dont je n’ai pas retenu le nom et dont, par la suite, il est devenu le représentant en France.
    Homme affable, à la fois très simple et plein d’humour, il n’a pas eu de mal à conquérir une bonne partie de l’auditoire, dont moi-même qui me suis senti plusieurs fois touché, non pas tant d’ailleurs par ses paroles que par ce qu’il dégageait de façon non verbale.

    Là aussi, pour vous faire une idée du personnage, le mieux est de le regarder s’exprimer, par exemple dans la petite vidéo suivante :

    Et comme pour Catherine Despeux, en « googelisant » son nom, vous trouverez facilement le titre des quelques livres qu’il a écrit sur ou autour du soufisme…


    Le dimanche matin avait lieu la traditionnelle Assemblée Générale statutaire. Elle a confirmé le redressement des comptes qui avait été amorcé dès la précédente saison, après le « trou » qu’ont représenté pour Hauteville les années « Covid ».…Par ailleurs, la principale nouveauté annoncée est celle de l’intégration de Murielle Massin (fille ainée d’Arnaud et de Denise) dans l’équipe chargée de la transmission à Hauteville. Au côté d’Emmanuel et de Thierry, il y aura donc désormais deux femmes en charge d’animer spirituellement l’ashram : Marie (déjà et place) et Murielle (qui prendra ses fonctions après l’été)…


    Suite à cela, c’est justement Thierry et Emmanuel qui ont pris la parole. Et cela en remplaçant au pied levé la représentante d’Amma en France, Swâmini Amrita Jyoti Prana (alias Claudine Tourdes) qui a dû, au dernier moment, annuler sa venue. Je ne vous résumerai pas ici le propos conjoint de nos deux animateurs en chef, car je préfère que vous les découvriez vous-même tel qu’ils ne manqueront pas de les présenter dans le prochain n° de La Lettre d’Hauteville !


    Quant à la dernière intervention du week-end, celle de Valérie Farcet, à n’en pas douter, cela a dû être un temps particulièrement fort du week-end. Si vous avez lu l’excellent livre-témoignage de Valérie « Écrivez-moi, Carnet de route d’une élève d’Arnaud Desjardins », vous aurez probablement une bonne idée du style de cette intervention. Ceci étant comme il y avait un séjour qui commençait à La Bertais dès le lundi matin, Anne-Marie et moi avons choisi de faire l’impasse sur cette belle rencontre pour ne pas rentrer trop tard à Rennes et ainsi pouvoir prendre notre fonction d’animation dans de meilleures conditions… Comme vous, je serai donc particulièrement intéressé par la lecture du compte rendu écrit de cette dernière intervention qui nous parviendra probablement à la rentrée !

    PS : Bien entendu, si vous lisez cet article et que vous étiez présent(e) lors de la prestation de Valérie, n’hésitez pas à partager vos impressions de façon à ce que nous ne restions pas sur notre faim trop longtemps!

  • La notion de sagesse selon la tradition indienne

     

    Sur l’invitation de notre ami Alain Silvert, j’ai eu l’occasion de présenter à un groupe de ses élèves de Tai Chi la notion de Sagesse telle que conçue par la culture indienne. Ci-dessous un retour sur cet événement qui a eu lieu le samedi 1er juin dans une salle communale d’un petit village près de Lamballe…

    Étant donné que l’auditoire n’était pas familier de l’Inde et de son approche spirituelle, je me suis efforcé de présenter la notion de Sagesse de la façon la plus simple possible. Du coup, je me suis dit que certains et certaines d’entre vous pourriez être intéressé(e)s par cet exposé basique, du type « philosophie pour les nuls ». Je mets donc ci-dessous trois documents à votre disposition. Tout d’abord le diaporama qui m’a servi de support pédagogique (j’en ai fait une version PDF, de façon à ce qu’il soit lisible par tous une fois téléchargé). Et par ailleurs l’enregistrement audio de mon intervention, que j’ai dû scinder en deux fichiers d’environ une heure chacun (partie1 et partie 2), à écouter de préférence en regardant en parallèle le diaporama.

    Bon, si vous trouvez cela trop basique, n’hésitez pas à vous inscrire à la sixième et dernière rencontre de l’atelier philo de La Bertais que j’animerai le samedi  29 juin ! Dans cet autre cadre, je me permets en effet d’aller nettement plus en profondeur. Ceci étant, un rappel des notions de base de la Voie n’est pas toujours inutile…

    Cliquez ICI pour télécharger le diaporama

     

    1ère partie de l’exposé (jusqu’à la diapo n° 6), durée 58 minutes

     


    Suite et fin de l’exposé (de la diapo n° 7  à la diapo n°17), durée 55 minutes
    (l’enregistrement de la méditation finale ainsi que de mes propos autour des trois dernières diapos n’a pas été repris ici)

  • À propos du AUM…

    Le 13 avril dernier, lors des cinquièmes rencontres de Médit’àRennes, j’ai eu l’occasion d’animer au Centre Culturel Bouddhique (CCBR) un atelier de méditation sur le thème du AUM.

    Il se trouve que j’avais une laryngite et que du coup ma voix était très voilée, ce qui fait que j’ai dû faire appel à une amie (Marjolaine) pour m’aider au moment des exercices vocaux que j’avais prévu de proposer durant la première partie de cet atelier.
    Le tout ayant été enregistré et, si la chose vous intéresse, vous allez pouvoir m’entendre parler de la double signification du AUM (environ 20 minutes).
    Par contre je vous fais grâce de la méditation guidée, car ma voix n’était vraiment pas agréable à entendre et je pense que le mieux que vous ayez à faire, pour prolonger mes explications, c’est une méditation silencieuse en vous laissant inspirer par ce que vous aurez retenu de mes propos…

    Et pour ceux qui n’auront pas la patience de m’écouter, voici un aperçu du contenu :

    1. La dimension vibratoire du AUM : il y a un parallèle à faire entre le AUM originel et le « BIG-BANG » de la cosmologie contemporaine. Et même, de façon plus précise, on peut considérer que ce que la science appelle « le fond diffus cosmologique » et qui est en quelque sorte la résonance fossile de l’explosion initiale, est la preuve de l’affirmation traditionnelle selon laquelle tout l’univers continue à vibrer de façon subtile du AUM originel…. Pratiquer la vocalisation du AUM est donc une façon de « prendre un bain vibratoire » nous mettant en relation directe avec l’univers entier.
    2. La dimension philosophique et spirituelle du AUM : Selon la Chandogya Upanishad, la signification philosophique du AUM est celle du OUI. Dire AUM, c’est dire qu’on est d’accord avec le réel tel qu’il est, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nous-même…
      La méditation consistant à prendre le AUM comme support est donc à la fois l’occasion de s’harmoniser vibratoirement avec le cosmos et  l’opportunité de s’aligner inconditionnellement avec « ce qui EST ». Une pratique lourde de sens donc, à utiliser sans modération !

    Bonne méditation !

     

     

  • L’Inde de Modi : la démocratie confisquée

    Si comme moi vous êtes touché par « mother India », son histoire intemporelle et son devenir de plus en plus problématique, ou si, plus prosaïquement, vous avez envie de mieux comprendre le nouveau rôle que ce pays est, pour le meilleur ou pour le pire, en passe de jouer sur la scène géopolitique internationale, alors je vous invite à regarder de toute urgence l’excellent (mais douloureux) documentaire diffusé dimanche dernier (le 28 avril) sur France5. Ce film intitulé « L’Inde de Modi ou la démocratie confisquée » est disponible en replay durant 6 mois (jusqu’au 04 novembre 2024)…

    Pour visionner le film, cliquez ici
    (avant le 4/11/2024)


    Mes commentaires :

    1) L’affaire du temple d’Ayodhya :

    Le documentaire s’ouvre sur l’inauguration récente d’un nouveau temple à Râma construit à Ayodhya. Mais pour bien comprendre la signification de ces images religieuses festives, sachez ceci :  selon la célèbre épopée du Râmâyana, le prince Râma, septième incarnation plénière du dieu Vishnou, serait né à Ayodhya il y a plus de 6000 ans et y aurait régné à l’issue de sa longue pérégrination et de sa lutte victorieuse contre le démon Ravana. Depuis la nuit des temps, un temple dédié à Râma a donc existé sur le site. Cela  du moins jusqu’à l’invasion mogole du nord de l’Inde au 16ème siècle où de nombreux temples hindous ont été saccagés par les conquérants, puis reconvertis en mosquées. C’est entre autres ce qui est arrivé à l’ancien temple de Râma d’Ayodhya, dont on a retrouvé des vestiges archéologiques sous l’édifice musulman construit en 1527 sur ordre du premier empereur Babur. Cette mosquée est celle visible sur l’image ci-contre, prise à la fin du 19ème siècle et qui montre un lieu déjà passablement vétuste et quelque peu à l’abandon.

    Au milieu du 20ème siècle, un mouvement d’hindous fondamentalistes projette donc de racheter le site et de le rendre à sa destination initiale : le culte de Râma. Il s’en suit une longue bataille politico-juridique pour déterminer à qui appartient vraiment le site et ce qu’il est possible ou non d’en faire, sachant que la communauté Jaïn le revendique aussi comme l’un de ses lieux saints! Pendant un temps, il est envisagé de partager le site en trois de façon à permettre à chacune des communautés hindoue, musulmane et jaïn d’y établir un culte. Mais les choses traînant en longueur, en décembre 1992, un groupe d’extrémistes décide de forcer le destin et organise une marche contre la mosquée que les plus zélés se mettent en devoir de mettre à bas. Il s’ensuit une série de réactions en cascade des musulmans, ce qui aboutit à la mort de plusieurs milliers de fanatiques des deux bords à travers toute l’Inde…
    Quatre ans plus tard, l’incendie (finalement accidentel, à en croire le film) d’un train de pèlerins hindous se rendant sur le site déclenche une nouvelle flambée de violence anti-musulmane et cela en particulier au Gujarat, l’état d’où provenait le gros des pèlerins. Or cet état est alors gouverné par un certain Narendra Modi. Celui-ci s’évertue à laisser le champ libre aux extrémistes hindous  (qui incendient les quartiers musulmans de plusieurs grandes villes) tout en prétendant officiellement continuer à veiller à la sécurité de tous !

    Sur ce, il gagne les élections générales de 2014  et devient le Premier ministre de l’Inde… Cinq ans plus tard, lors de la campagne pour sa réélection de 2019, un des chevaux de bataille que Modi enfourche est la promesse d’édifier un temple à Râma sur les ruines de la mosquée d’Aydhya, alors que la Cour suprême indienne vient d’invalider la demande d’une organisation musulmane qui projetait d’y reconstruire la mosquée détruite. Et c’est ainsi que Modi a fait voler en éclats l’un des principes fondateurs de la Constitution indienne de 1949 qui est explicitement laïque et transpartisane.  En inaugurant en grande pompe ce temple géant, il a fait un terrible camouflet à 15% de sa population, soit la bagatelle de 150 millions d’Indiens de confession musulmane. Pas besoin d’être devin pour prédire que loin de rendre gloire à Râma, ce sanctuaire est donc surtout celui de la discorde assumée entre les communautés hindoues et musulmanes, ce qui  ne présage rien de bon pour l’unité politique du pays !

     

    2) Le point de vue d’un ami indien

    Si vous êtes un ancien membre de notre association, vous n’êtes pas sans savoir qu’Anne-Marie et moi avons été très liés durant plusieurs années à un astrologue indien du nom de Jaya Shekar, qui a été le professeur d’astrologie hindoue d’Anne-Marie et qu’à ce titre nous avons reçu à plusieurs reprises chez nous et qui a même honoré une fois de sa présence La Bertais.

    Par une étrange coïncidence, nous avons passé l’après-midi du dimanche 28 avril en sa compagnie, car il séjourne actuellement chez la mère de sa femme, une Française d’origine angevine. Au cours de nos retrouvailles assez émouvantes (nous ne nous étions pas revus depuis une vingtaine d’années), nous avons assez longuement parlé de la situation politique de l’Inde et connaissant le caractère à la fois très ouvert et progressiste de notre ami, je m’attendais à ce qu’il ait, comme nous, un point de vue très critique sur le fameux Narendra Modi. Quel n’a donc pas été mon étonnement quand nous nous sommes rendu compte qu’il en était, tout au contraire, un chaud partisan ! Cela a donné lieu de ma part à une belle mise en pratique (« attendez-vous à être surpris, car l’autre est par essence différent »), suivie d’une tentative pour comprendre le point de vue de cet indien cosmopolite cultivé, qui m’échappait complètement au départ.

     

    Notre ami le professeur Jaya Shekar, avril 2024 (92 ans)…

     

    Voici les principaux éléments qu’il nous a avancés pour justifier son soutien à Modi (qui est en passe d’obtenir son troisième mandat) :

    1. Sur la scène politique indienne actuelle, le principal parti d’opposition à Modi (le fameux Congrès qui, après Indira Gandhi est resté très longtemps au pouvoir avant d’être battu par les nationalistes) a fait pendant des décennies la preuve de son incompétence et de sa veulerie, laissant littéralement stagner le pays entre autres du fait d’une corruption généralisée de ses principaux leaders. À l’inverse, après avoir réussi un « miracle économique » au niveau de l’État du Gujarat dont il était initialement le gouverneur, Modi a su en 10 ans faire faire un bond gigantesque à l’économie indienne. Pour un indien cultivé, habitué à voyager en occident, il n’y a pas photo. Sous dominance du Congrès, l’Inde était un pays du tiers monde. Après 10 ans de « réformes » tous azimuts, l’Inde vient de se hisser au rang de la 5ème économie mondiale.
    2. Les réalisations concrètes à l’actif de cet autocrate sont impressionnantes :
      • Il a fait construire plus de routes et de voies ferrées en l’espace de ses deux mandats que ses prédécesseurs en cinquante ans, alors que plus globalement la croissance de l’économie du pays a été l’une des plus fortes au monde (derrière la Chine, mais devant l’Europe).
      • Il a réussi le tour de force de moderniser la gestion de son administration en éradiquant une bonne partie de la corruption grâce à sa numérisation. Comme Jaya nous l’a expliqué en détail, avant Modi, la moindre démarche administrative (le règlement d’une facture d’électricité, le remboursement de soin de santé ou l’obtention d’un permis de conduire), impliquait de faire d’interminables queues dans des services administratifs où la vitesse de traitement des dossiers était directement proportionnelle au montant des bakchichs qu’on voulait bien laisser aux fonctionnaires en charge de vous servir. Grâce à Modi, presque toutes les démarches courantes sont désormais informatisées, ce qui court-circuite tout ce réseau d’intermédiaires « parasites » et permet désormais à l’Indien moyen d’accomplir ses démarches administratives sans frais injustifiés…
      • Il s’est attaqué avec détermination à trouver des solutions pour tenter de dépolluer les eaux du Gange, en particulier celles des berges des villes saintes comme Bénarès. Dans ce haut-lieu des crémations rituelles, il a osé interdire les bûchers traditionnels en les remplaçant par des crématoriums modernes, ceci pour éviter les nombreux cadavres qui étaient jetés à l’eau avant d’être consumés par souci d’économie du combustible! (Certes cela faisait le plus grand régal d’une impressionnante colonie de gros crabes, qui désormais privés de cette manne, ne voteront donc pas pour Modi…, mais aux yeux des humains il ne s’agit là que d’un simple dommage collatéral).
      • Il a permis à l’Inde de devenir la quatrième puissance spatiale du monde avec l’alunissage réussi d’une sonde sur l’un des pôles de notre satellite durant l’été 2023, donnant à tous les citoyens une occasion en or de se sentir fiers de leur grand pays…
    3. Bref, du point de vue de l’Indien moyen, son existence concrète s’est prodigieusement améliorée depuis 10 ans et, faute d’un recul suffisant, il ne voit pas forcément le prix que la démocratie de son pays est en train de payer pour cela. Aussi s’apprête-t-il benoitement à voter massivement pour cette « grande âme » qui, cerise sur le gâteau, vient de présenter plusieurs projets ambitieux propres à séduire le chaland en vue de sa réélection qui devrait être actée dès le début juin de cette année.
      Selon notre ami, deux projets phares sont en particulier sur les rails :

      • Modi s’apprêterait à saisir à bras le corps le problème de la surpopulation de l’Inde (pays qui vient depuis peu de dépasser la Chine quant à son nombre d’habitants). Avec une population de plus d’un milliard d’individus et une croissance démographique exponentielle, inutile de dire qu’il s’agit là d’un défi kafkaïen sur lequel tous les gouvernements antérieurs se sont cassés les dents.  Or demandez-vous un instant quelle serait votre opinion à cet égard si vous viviez dans une mégalopole comme Bombay où vous devriez évoluer au quotidien dans un espace comptant 27.000 habitants au km2 ! Devant les interminables bouchons et queues en tout genre, le surencombrement chronique des transports en commun et le taux ahurissant de pollution induite par une telle concentration humaine, il y a fort à parier que vous plébisciteriez sans hésiter l’homme politique qui vous semblerait le plus à même d’endiguer ce fléau… Eh bien sachez que pour se faire réélire, Modi a décidé de le résoudre à la hussarde, c’est-à-dire en promettant de faire voter une loi interdisant aux couples d’avoir plus de deux enfants ! Je n’ai pas les détails sur les moyens de coercition qui vont accompagner cette loi, mais on peut faire confiance à ce champion de la manière forte pour que cette tentative de régulation donne assez vite des résultats concrets…
      • De même, et notre ami en jubilait presque de plaisir, Modi prévoit de faire voter un « code civil universel » qui viendrait gommer les différences législatives existant actuellement entre certains états de l’Union indienne. Ce qui serait en priorité dans le collimateur de Modi, ce sont les exceptions culturelles dont jouissent les musulmans dans de nombreux états qui autorisent entre autres la polygamie et restreignent drastiquement la possibilité d’émancipation des femmes. Modi voudrait mettre sous le même joug législatif tous les citoyens indiens, en interdisant par exemple le port du voile dans les lieux publics, comme il l’a déjà fait récemment dans les écoles où tous les élèves garçons ou filles doivent désormais porter un même uniforme réglementaire, cela quelque soit leur appartenance religieuse. À nouveau, vu de notre fenêtre franco-française, ce projet de « code civil universel » tel qu’il nous a été exposé par Jaya est clairement un cadre législatif taillé pour les coreligionnaires de Modi au détriment des autres communautés (musulmane, jaïn, sikh et chrétienne). Mais comment éviter dans de telles conditions que la majorité hindoue  (80% de la population) n’impose « démocratiquement » sa loi au 20% restant (qui représente pourtant quelque 200 millions de personnes, excusez du peu!).

    En guise de conclusion

    Cette rencontre croisée entre Jaya Shekar et ce documentaire m’aura donc d’abord conduit à regarder autrement la popularité dont jouit Narendra Modi dans son pays, y compris, comme le montre le film, au sein de la diaspora indienne vivant en Europe, pourtant fortement occidentalisée. Face au gigantisme des défis de ce pays, il semble que personne n’ait encore rien trouvé de mieux pour gouverner que d’appliquer la vieille devise latine : « Panem et circenses » (du pain et des jeux) !

    Et à y réfléchir, cela explique aussi sans doute l’insolente popularité dont jouit dans son pays cet autre tyran autocrate, j’ai nommé Vladimir Poutine. Si on laisse de côté sa récente dérive belliciste (qui dans l’esprit du maitre du Kremlin, devait au départ n’être qu’une opération éclair), depuis que Poutine est au pouvoir, le sort du russe moyen s’est considérablement amélioré, du moins comparé aux années de chienlit politique qui ont suivi l’effondrement de l’ex-URSS.

    Avec Jean-Marc Jancovici (l’un de mes mentors préférés en matière d’analyse socio-politique), j’en viens à me poser sérieusement la question : Et si la démocratie telle qu’on la conçoit en Occident n’était qu’un luxe de nantis, incompatible avec les conditions dégradées d’existence que de trop nombreux peuples connaissent hors de nos frontières ?

  • Echos de l’atelier animé par Colette Roumanoff

    Nous étions trente-six à avoir choisi de participer à l’atelier de Colette, inspiré à la fois de sa compréhension de l’enseignement de Swâmiji et de son expérience théâtrale.
    Voici un petit compte rendu des exercices qu’elle nous a fait faire à tour de rôle, avec mes commentaires sur les principaux d’entre eux :

    Premier après-midi :

    • Changer d’humeur à volonté : Le premier exercice consistait à essayer de passer de la contrariété à la bonne humeur au moyen d’une chaise « magique » sur laquelle on prenait appui quelques instants en évoquant intérieurement des images ou souvenirs positifs. Avant et après « la chaise », on prononçait en direction de l’auditoire un « bonjour, comment allez-vous », le but étant de prendre conscience de la modification qui avait lieu dans le ton et l’émanation de ce « bonjour », avant et après le passage par la chaise magique.
      • Personnellement, j’ai trouvé que cet exercice exprimait bien l’une des marottes de Colette, à savoir que nous pouvons agir sur notre humeur par un acte de volonté et que cela est très utile à faire, en particulier chaque fois que l’on doit rencontrer une personne ou une situation « difficile ». Mais en ce qui me concerne, j’ai trouvé qu’on passait un peu trop vite et je n’ai pas eu le temps de bien « intérioriser » le processus. Je pense donc que je vais m’entrainer à refaire cet exercice plusieurs fois chez moi, car j’y trouve à la fois une originalité et un réel intérêt…
    • À la découverte de l’importance du langage non verbal : Le deuxième exercice consistait à jouer une rencontre inattendue entre deux ami(e)s qui ne s’étaient pas revu(e)s depuis longtemps, cela en utilisant comme seul langage : « bla-bla-bla ». On en venait donc, par cet artifice, à mimer la joie de la rencontre, puis l’installation à une terrasse de café et le dialogue de retrouvailles entre les deux anciens ami(e)s. L’auditoire se rendait alors compte que dans un certain nombre de cas, le contenu de l’échange lui était facilement accessible alors même que les seuls mots échangés étaient des « bla bla bla » prononcés sous toutes les intonations possibles et accompagnés de gestes démonstratifs. Exercice qui mettait donc magnifiquement en valeur l’importance du langage non verbal dans la communication.
      • À nouveau, personnellement, j’aurais bien aimé refaire cet exercice plusieurs fois, car si j’ai réussi à suivre plusieurs des échanges ainsi mimés par les autres binômes (cf. photo ci-dessous), je n’ai pas eu l’impression moi-même d’avoir bien pu exprimer ce que j’aurais pu avoir envie de dire à ma partenaire dans cette étrange situation. Quoi qu’il en soit, c’est un exercice qui a beaucoup fait rire l’auditoire et qui a puissamment contribué à créer l’ambiance « décalée » que Colette souhaitait créer durant cet atelier.
    Christine et Claude dans une séquence de blablatage à la fois convaincante et très drôle…
    • Polysémie des mots courants : Le troisième exercice consistait à inscrire sur un paper-bord une série de mots concrets donnés à la volée par l’auditoire (table, enfant, chaise, gâteau,  fleur, oiseau, etc.), que quelques volontaires étaient ensuite invités à définir à haute voix en fonction de leur univers sémantique de référence, le même mot pouvant prendre une connotation affective positive ou négative très différente selon chacun. Colette avait l’intention de nous faire prendre conscience par ce petit exercice du décalage énorme qui existe parfois entre le sens que deux personnes donnent au même mot, ce qui explique en partie les fréquentes incompréhensions qui prennent place entre deux locuteurs. Pas de chance, cet exercice n’a pas bien fonctionné, car les significations données par les différents intervenants n’ont pas montré de contradictions majeures. Interrogée après coup par mes soins sur ce résultat contraire à ce qu’elle attendait, Colette a conclu que le groupe était collectivement encore trop marqué par « la bien-pensance », aucun des intervenants (sauf un) ne s’étant permis de relier les mots à ses souvenirs intimes.
      • En ce qui me concerne, il est vrai que quand il a été question du mot « enfant », les deux pensées qui me sont d’abord venues à l’esprit ont été « couches » et « braillements », mais je ne me suis pas laissé exprimer à haute voix ces associations d’idées qui émanaient en droite ligne des 4 jours récemment passés en compagnie de nos petits-enfants, avec réveils nocturnes systématiques par la petite Léa de 15 mois…
      • Par ailleurs, je me suis laissé penser que nous savons assez bien distinguer la signification moyenne commune de la signification subjective des mots, du moins tant qu’ils ne sont pas trop chargés émotionnellemment. Par exemple, malgré mes associations personnelles « négatives »  autour du mot « enfant », je n’ai pas eu de mal à comprendre les significations « positives » évoquées par les autres intervenants, comme si j’avais à ma disposition deux lexiques : le mien propre et celui pour la communication publique. Je pense néanmoins que les choses ne sont pas aussi simples avec des mots plus chargés. Comment comprendre ce que le mot « Poutine » évoque pour un Russe de base, fier de son président, alors que pour moi ce nom est connoté si négativement? Ou encore l’expression de « mère-porteuse » : j’imagine que pour certaines personnes désireuses d’avoir un enfant à tout prix, ce mot peut avoir une connotation chargée d’espérance, alors qu’il m’inspire une sorte de rejet instinctif… Bref, il y a bien une piste à creuser de ce côté, mais pour moi l’exercice de Colette n’aura pas permis d’avancées significatives dans ce domaine…
    • Jeu de rôle en improvisation sur le thème d’une relation conflictuelle Parent-Enfant. Chaque binôme joue une scène qu’il a préalablement choisie, et, après une première séquence,  les partenaires inversent leurs rôles sur indication de Colette. Ce qui les fait passer instantanément d’une situation de dépendance à une situation d’autorité et les amène à faire appel à des ressources différentes en eux…
      • En ce qui me concerne, j’ai eu un peu de mal à comprendre où voulait en venir Colette avec cet exercice, au-delà du fait qu’il ait donné lieu à de grands moments de rigolade… Peut-être s’agissait-il d’expérimenter une situation de conflit, avant d’aborder la seconde journée censée nous donner les clés d’une relation plus juste avec autrui ?

    Deuxième après-midi :

    • Trouver sa voix : l’exercice a été fait par chacun et chacune à tour de rôle, ce qui a pris une bonne moitié du temps alloué à cette seconde session. Il se décomposait ainsi : tout d’abord, on devait dire une phrase d’environ dix mots qu’on avait préalablement apprise par cœur de différentes façons, jusqu’à ce que Colette et l’auditoire tombent d’accord sur le fait que la personne avait enfin « trouvé sa voix ».
      • En entrée, il s’agissait juste de dire la phrase devant l’auditoire.
      • On était ensuite invité à dire cette phrase en marchant dans la pièce (un pas par mot), ce qui avait pour effet d’obliger à ralentir le débit et à bien valoriser chaque vocable.
      • Puis, on se permettait de la déclamer en gesticulant corporellement de la façon la plus libre possible.
      • Après quoi, on la redisait.  La différence était très souvent flagrante, car à présent le texte était dit de façon beaucoup plus fluide et convaincante
      • Mais ce n’était pas tout. Ensuite on était invité à s’adosser à une porte et à déclamer notre texte en prenant appui sur ce support dorsal. Puis on pratiquait face au mur (pour ne pas voir l’auditoire) et ensuite Colette personnalisait les positions (mime d’un papillon ou allongé à plat dos au sol, par exemple) jusqu’à ce qu’il y ait une sorte d’évidence : la personne avait trouvé « sa voix ».
      • Pour finir, le pratiquant était invité à chuchoter la phrase dans une oreille imaginaire que Colette symbolisait avec sa main et qu’elle faisait reculer de plus en plus, comme le montre la photo suivante :

     

        • Pour permettre à tous de faire l’exercice, Anne-Marie et moi avons passé notre tour. Mais j’ai l’impression qu’un certain nombre de participants ont vécu une mini-révélation au cours de cette longue séquence…
    • Jeu de rôle en improvisation sur le thème d’une relation d’aide  : en fin de cette seconde après-midi, il s’agissait pour chaque binôme de mimer une relation d’aide : recevoir les confidences d’une amie dépressive ou d’un frère désespéré, par exemple (cf. photo).

      • Avant l’exercice proprement dit, chacun avait été invité à répondre intérieurement à la question « si je n’étais pas moi, qui aimerais-je être ? « , le but étant de nous donner accès à d’autres ressources qui, cachées à l’intérieur de nous, restent habituellement inexploitées…
      • Faute de temps, cet exercice, qui devait être le clou du séminaire, n’a pu être vécu que par quelques binômes, ce qui a peut-être produit quelques frustrations…
        • De mon point de vue, l’exercice m’a semblé un peu « décevant », car trop bref pour permettre d’appréhender vraiment ce que peut être une écoute tout à la fois active et aidante. Plusieurs fois Colette a fait des remarques particulièrement pertinentes sur de mauvaises façons de s’y prendre et je pense que cela aura été utile à quelques-uns. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser que l’apprentissage de la juste façon de s’y prendre dans ce genre de situation est un art compliqué qu’il est bien présomptueux de prétendre acquérir à l’issue d’un séminaire de deux fois 4 heures ! Ceci étant, il est évident que Colette a semé des graines de qualité… Qu’elle en soit donc chaleureusement remerciée ici !

    Par ailleurs, pour prolonger les effets du séminaire, Colette invite chacun de ses participants à remplir pour lui-même le petit questionnaire suivant.
    Facultativement, vous pouvez aussi lui transmettre vos réponses par mail à  « colette@roumanoff.com » (sans oublier de lui indiquer alors vos nom et prénom).


    1. Que pensez-vous des mises en situation suivantes
    Très bien Satisfaisant A améliorer Vos remarques
    Exercice de la chaise magique
    Langage non verbal (bla-bla)
    Polysémie des mots courants
    Impro relation Parent/Enfant
    Trouver sa voix
    Trouver des ressources cachées en soi
    Impro relation Aidant /Aidé

     

    2. Ces mises en situation ont-elles suscité une ou plusieurs prises de conscience chez vous ? Si oui, pouvez vous décrire brièvement de quoi il s’agit ?

     

    3. Ce séminaire vous permettra-t-il un mieux-être individuel ?

     

    4. Ce séminaire vous permettra-t-il un mieux-être dans la relation avec un proche en difficulté ?

     

    5. Ce séminaire a-t-il répondu à votre attente ?

     

    6. Sinon, quels sont selon vous les points à améliorer ?

     

    7. Avez-vous d’autres propositions ou remarques à faire ?

     


     

  • Colette Roumanoff « les yeux de l’orpheline »

    Les 6 et 7 avril prochains, nous recevrons Colette Roumanoff pour un séminaire d’un genre assez inhabituel, puisqu’il fonctionnera davantage comme un atelier que comme un classique « questions-réponses ».

    Si vous n’étiez pas là à l’AG d’octobre dernier, ou si vous avez envie de ré-entendre Colette raconter sa rencontre avec Swâmiji et ses premiers pas sur la voie, ne manquez pas les 20 minutes de la vidéo suivante. Elle a été enregistrée quelques semaines après le passage de Colette à La Bertais et nous donne à entendre des propos très proches et tout aussi inspirants que ceux que nous avions entendus à cette mémorable occasion.

    Gageons qu’il en sera de même -voire mieux encore- durant les deux après-midis qu’elle animera pour nous dans 10 jours !

     

     

    PS : il reste quelques places pour l’atelier des 6 et 7 avril. Pour vous y inscrire, CLIQUEZ ICI

  • Atelier d’initiation à la philosophie hindoue (3)

    C’est samedi prochain 27 janvier qu’aura lieu la troisième rencontre de l’atelier d’initiation à la philosophie hindoue.
    Même si vous n’avez pas pu participer aux deux premières sessions, il vous est encore possible de rejoindre le groupe (en présentiel ou en distanciel). Mais dans ce cas, je vous invite à lire ou relire attentivement les deux articles résumant le contenu des rencontres d’octobre et de décembre, car cela vous aidera à vous sentir davantage en prise avec ce que je pourrai dire samedi prochain…

    Écho du premier atelier philo de La Bertais

    Écho du deuxième atelier philo de La Bertais

    Rappel de l’idée directrice de cet atelier :

    Dans les premiers livres publiés au Bost par Arnaud (la série « A la recherche du Soi »), on trouve bon nombre de mots sanskrits, signe de l’origine hindoue de son enseignement. Au fil du temps, ces références à la culture de base de Swâmiji se sont faites de plus en plus rares ou discrètes. Ce qui fait qu’un lecteur actuel de « la Paix toujours présente » (le dernier livre d’Arnaud publié de son vivant) peut parfaitement comprendre son propos, même s’il ne s’intéresse pas du tout à l’Inde et à sa philosophie. Une fois traduit et reformulé par Arnaud en français, l’enseignement de Swâmiji s’offre comme une approche quasi scientifique de la condition humaine. Pas d’élaboration théorique compliquée, encore moins de dogmes ou de croyances, mais seulement l’invitation à VOIR. Voir comment le monde fonctionne et  voir ce qui se passe en nous face à ce fonctionnement. Puis sur cette base, apprendre à s’harmoniser avec la réalité telle qu’elle est au lieu d’y résister encore et encore, en usant de notre illusoire pouvoir de dire « non à ce qui est ».  Difficile de faire plus sobre et donc aussi de plus universel que cette approche. Ce qui fait qu’on peut parfaitement suivre la voie de Swâmiji et d’Arnaud en sautant par-dessus la case « hindouisme ».

    Mais d’un autre côté, il est aussi vrai que cet enseignement n’est pas sorti de rien. Né dans une famille de brahmanes instruits, Swâmiji a, de ce fait, naturellement hérité de la culture philosophique et spirituelle propre à l’Inde traditionnelle. Comme l’atteste sa biographie, il était lui-même sanskritiste et avait donc un accès direct aux grands textes classiques de la philosophie hindoue. Il les citait d’ailleurs bien volontiers au cours des entretiens avec ceux de ses disciples qui pouvaient comprendre et apprécier ces références. De ce point de vue, et même si cela n’est pas strictement nécessaire pour pouvoir tirer profit à notre tour de ses « leçons de sagesse », il y a donc un  bénéfice certain à se familiariser à minima avec le contexte culturel qui a servi de terreau à sa réalisation puis à son enseignement.  Et cela d’autant plus que ce terreau est suffisamment éloigné de notre propre culture pour qu’il ne nous soit pas directement accessible.

    L’idée directrice de cet atelier est donc de permettre à ses participants de faire davantage connaissance avec les thèmes majeurs de la philosophie hindoue traditionnelle, cela entre autres pour être capable de mieux discerner ce qui, dans l’enseignement de Swâmiji, est original et « inédit », et ce qui relève plutôt d’une reformulation d’idées millénaires, adaptées à notre mentalité contemporaine.

    Thème de la troisième rencontre :

    • Maintenant que nous savons mieux quelles sont les racines culturelles du Védânta hindou, que nous avons fait connaissance avec Shankara, l’exposant le plus célèbre du courant advaïtique, et que je vous ai raconté comment cette lignée spirituelle est parvenue jusqu’à Anne-Marie et moi par l’entremise de Ma Ananada Mayi au cours de notre second séjour en Inde, il est temps de se pencher sur le fond.
    • Pour cette troisième rencontre, je vais donc mettre mon projet de la dernière fois à exécution et vous présenter en détail la sâdhanâ védantique telle qu’elle est conçue dans la perspective shankaracharienne traditionnelle. Ce qui nous permettra, au fil des séances suivantes, de mieux appréhender en quoi l’enseignement de Swâmiji s’inspire de cette conception et en quoi il en diffère, ceci pour mieux discerner la contribution originale et spécifique du « maitre de notre maitre » à la spiritualité universelle…

    Informations pratiques :

    • Ce troisième atelier aura lieu à La Bertais de 17h30 à 19h30 le samedi 27 décembre (la suite du calendrier étant consultable ICI).
    • Du fait de la mauvaise qualité actuelle de la liaison Internet à La Bertais (problème difficile à régler car lié à l’état du réseau en campagne), la retransmission vidéo initialement prévue pour les personnes géographiquement éloignées, ne pourra toujours pas se faire en direct. Je ferai donc parvenir en début de semaine prochaine l’enregistrement audio et vidéo de la séance à ceux et celles qui se seront inscrits à l’atelier « en distanciel ». A NOTER : ces personnes pourront participer ensuite à une session « Question-réponse » en ligne (via Zoom) que j’organiserai pour elles sous une huitaine de jours à partir de mon domicile (où je dispose d’une bonne connexion), ceci de façon à leur permettre à leur tour d’échanger avec moi sur le contenu de ce troisième atelier.
    • La participation financière se fait par donation, soit sur place, soit en ligne (tarif indicatif, entre 10 et 20€ par session)
    • Les personnes qui le peuvent sont invitées à participer à l’activité « Séva + Thé convivial » qui précédera l’atelier, de 14h30 à 17h15.
    • Bien entendu, les personnes membres d’un des groupes GSMP du dimanche peuvent demander à être hébergées sur place samedi soir.

    Les inscriptions, tant en présentiel qu’en distanciel, se font uniquement en ligne via le lien ci-dessous (aussi présent sur la page d’accueil du site).

    Je participe


     

  • En guise de hors d’oeuvres à la venue d’Emmanuel à La Bertais

    En principe chacun et chacune devraient avoir reçu la Lettre de La Bertais de janvier contenant les informations sur la venue d’Emmanuel à Rennes (vendredi soir 9 février) et à La Bertais (samedi-dimanche 10 et 11 février).

    Si tel n’est pas le cas, rendez-vous sur la page dédiée pour tout savoir sur le sujet ainsi que pour vous inscrire en ligne (pour rappel la conférence de vendredi soir peut être suivie à distance par Zoom si vous habitez trop loin de Rennes pour vous déplacer).

    Je me permets néanmoins de rebondir sur une des infos que j’ai glissées dans le texte de présentation d’Emmanuel : celle ayant trait au site web qu’il a récemment créé pour s’exprimer publiquement sur le thème de « Prendre soin du monde », cela de façon indépendante de Hauteville et de la fonction de direction qu’il y exerce.

    Ce site est esthétiquement assez beau (les photos sont de Roger) et le contenu, bien que pour l’instant encore réduit, présente un véritable intérêt.
    Son sous-titre résume bien la double intention d’Emmanuel : Rendre le monde meilleur et être heureux dans le monde tel qu’il est.

    On y trouve à ce jour six articles qui ont la particularité d’être aussi déclinés en podcast. Vous pouvez donc choisir de les écouter plutôt que de les lire ( par exemple tout en épluchant vos légumes ou en conduisant votre voiture…)

    Leurs titres :

    1. Apparition et disparition de la vie (temps de lecture = 4 min)
    2. Ecologie, conflit ou harmonie (temps de lecture = 4 min)
    3. Écologie, immobilisme et désobéissance civile (temps de lecture = 5 min)
    4. La société démunie face à la souffrance psychique (temps de lecture = 13 min)
    5. Se préparer à des temps difficiles (temps de lecture = 40 min)
    6. Vivre avec un grand « Je ne sais pas » (temps de lecture = 40 min)

    Et Emmanuel s’y exprime aussi au sein de trois vidéos originales intitulées :

    1. De l’espoir d’un monde meilleur à la désillusion (durée 11 min)
    2. L’humanité peut-elle s’améliorer moralement ? (durée 8 min)
    3. Le progrès face à la complexité de la nature humaine (durée 11 min)

    Pour le plaisir du « darshan » d’Emmanuel, voici la première vidéo :

     

    Et pour lire, écouter ou voir les autres contenus, c’est par ici : Prendre soin du monde