Comme à mon habitude, je fais ci-dessous un petit reportage express sur la dernière AG de Hauteville, invitant chacun à lire le n° spécial de la Lettre de la maison-mère qui sortira dans quelque temps et où seront reproduites en détail les propos des différent(e)s intervenant(e)s.
C’est Catherine Despeux qui a « ouvert le bal ». Cette sinologue réputée (elle a été à la tête de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales), est une pratiquante de la voie du Taoïsme ainsi que de celle du Bouddhisme chan. Âgée aujourd’hui de 80 ans, Catherine a eu une vie de voyages et d’aventures extrême-orientales très riche. Le point déterminant de ses nombreux périples a été la rencontre à Taiwan d’un grand lettré qui l’a introduite tant à la philosophie qu’aux pratiques ancestrales taoïstes et bouddhistes. Elle nous a donc raconté plusieurs anecdotes concernant son maître Nan Huai-Chin et la relation étroite de « travail » qu’ils ont eue ensemble pendant de longues années.
Personnellement, je ne suis pas très sensible à la tradition chinoise (à chacun ses défauts!), ce qui fait que je suis resté un peu extérieur à cet exposé. Mais il est certain que les amoureux des pratiques taoïstes tireront un grand bénéfice à lire ses ouvrages, car il s’agit là d’une personne manifestement dépositaire à la fois d’une grande connaissance théorique et aussi d’une vraie expérience de l’intériorité. Et pour avoir le plaisir de l’entendre s’exprimer en direct, n’hésitez pas à visionner ci-dessous une des interventions qu’elle a faite (il y a 12 ans) dans l’émission Sagesse bouddhiste…
Par ailleurs, si vous voulez en savoir plus, en tapant son nom sur un moteur de recherche, vous aurez facilement accès à sa très riche bibliographie, qui contient à la fois des livres « savants » et des livres « grand public » permettant de se familiariser et/ou d’approfondir la connaissance de la tradition chinoise…
Le second intervenant du samedi était un représentant de la voie soufie des Naqshbandis, Abd El Hafid Benchouk.
Avec lui, nous avons quitté le domaine bien balisé de la pensée rationnelle et sommes entrés dans une dimension plus intuitive, voire imprévisible, de la voie spirituelle. Après nous avoir retracé les grandes lignes de sa biographie (il est d’origine algérienne et est venu vivre en France avec ses parents dès la petite enfance), il nous a fait part de son interrogation de toujours « y a-t-il quelque chose ou non après la mort »? Étonnamment, c’est à l’extrême pointe de notre Bretagne, plus précisément sur l’ile d’Ouessant qu’il a eue sa première « révélation ». À l’époque, il était athée et vivait une crise existentielle qui l’avait conduit à venir séjourner plusieurs mois en solitaire sur ce bout de terre sauvage. Un jour, alors qu’il faisait des photos dans la partie la plus rocheuse de l’ile, une lame de fond l’a brusquement englouti et il s’est vu mourir… Son heure n’étant pas arrivée, il en a réchappé, mais n’a plus jamais été tout à fait le même… À quelque temps de là, sa route a croisé les ouvrages de René Guénon qui lui ont fait découvrir les richesses potentielles de sa tradition d’origine. De fil en aiguille, il a rencontré celui qui allait devenir son maître, un cheikh soufi algérien dont je n’ai pas retenu le nom et dont, par la suite, il est devenu le représentant en France.
Homme affable, à la fois très simple et plein d’humour, il n’a pas eu de mal à conquérir une bonne partie de l’auditoire, dont moi-même qui me suis senti plusieurs fois touché, non pas tant d’ailleurs par ses paroles que par ce qu’il dégageait de façon non verbale.
Là aussi, pour vous faire une idée du personnage, le mieux est de le regarder s’exprimer, par exemple dans la petite vidéo suivante :
Et comme pour Catherine Despeux, en « googelisant » son nom, vous trouverez facilement le titre des quelques livres qu’il a écrit sur ou autour du soufisme…
Le dimanche matin avait lieu la traditionnelle Assemblée Générale statutaire. Elle a confirmé le redressement des comptes qui avait été amorcé dès la précédente saison, après le « trou » qu’ont représenté pour Hauteville les années « Covid ».…Par ailleurs, la principale nouveauté annoncée est celle de l’intégration de Murielle Massin (fille ainée d’Arnaud et de Denise) dans l’équipe chargée de la transmission à Hauteville. Au côté d’Emmanuel et de Thierry, il y aura donc désormais deux femmes en charge d’animer spirituellement l’ashram : Marie (déjà et place) et Murielle (qui prendra ses fonctions après l’été)…
Suite à cela, c’est justement Thierry et Emmanuel qui ont pris la parole. Et cela en remplaçant au pied levé la représentante d’Amma en France, Swâmini Amrita Jyoti Prana (alias Claudine Tourdes) qui a dû, au dernier moment, annuler sa venue. Je ne vous résumerai pas ici le propos conjoint de nos deux animateurs en chef, car je préfère que vous les découvriez vous-même tel qu’ils ne manqueront pas de les présenter dans le prochain n° de La Lettre d’Hauteville !
Quant à la dernière intervention du week-end, celle de Valérie Farcet, à n’en pas douter, cela a dû être un temps particulièrement fort du week-end. Si vous avez lu l’excellent livre-témoignage de Valérie « Écrivez-moi, Carnet de route d’une élève d’Arnaud Desjardins », vous aurez probablement une bonne idée du style de cette intervention. Ceci étant comme il y avait un séjour qui commençait à La Bertais dès le lundi matin, Anne-Marie et moi avons choisi de faire l’impasse sur cette belle rencontre pour ne pas rentrer trop tard à Rennes et ainsi pouvoir prendre notre fonction d’animation dans de meilleures conditions… Comme vous, je serai donc particulièrement intéressé par la lecture du compte rendu écrit de cette dernière intervention qui nous parviendra probablement à la rentrée !
PS : Bien entendu, si vous lisez cet article et que vous étiez présent(e) lors de la prestation de Valérie, n’hésitez pas à partager vos impressions de façon à ce que nous ne restions pas sur notre faim trop longtemps!
Sur l’invitation de notre ami Alain Silvert, j’ai eu l’occasion de présenter à un groupe de ses élèves de Tai Chi la notion de Sagesse telle que conçue par la culture indienne. Ci-dessous un retour sur cet événement qui a eu lieu le samedi 1er juin dans une salle communale d’un petit village près de Lamballe…
Étant donné que l’auditoire n’était pas familier de l’Inde et de son approche spirituelle, je me suis efforcé de présenter la notion de Sagesse de la façon la plus simple possible. Du coup, je me suis dit que certains et certaines d’entre vous pourriez être intéressé(e)s par cet exposé basique, du type « philosophie pour les nuls ». Je mets donc ci-dessous trois documents à votre disposition. Tout d’abord le diaporama qui m’a servi de support pédagogique (j’en ai fait une version PDF, de façon à ce qu’il soit lisible par tous une fois téléchargé). Et par ailleurs l’enregistrement audio de mon intervention, que j’ai dû scinder en deux fichiers d’environ une heure chacun (partie1 et partie 2), à écouter de préférence en regardant en parallèle le diaporama.
Bon, si vous trouvez cela trop basique, n’hésitez pas à vous inscrire à la sixième et dernière rencontre de l’atelier philo de La Bertais que j’animerai le samedi 29 juin ! Dans cet autre cadre, je me permets en effet d’aller nettement plus en profondeur. Ceci étant, un rappel des notions de base de la Voie n’est pas toujours inutile…
1ère partie de l’exposé (jusqu’à la diapo n° 6), durée 58 minutes
Suite et fin de l’exposé (de la diapo n° 7 à la diapo n°17), durée 55 minutes (l’enregistrement de la méditation finale ainsi que de mes propos autour des trois dernières diapos n’a pas été repris ici)
Le 13 avril dernier, lors des cinquièmes rencontres de Médit’àRennes, j’ai eu l’occasion d’animer au Centre Culturel Bouddhique (CCBR) un atelier de méditation sur le thème du AUM.
Il se trouve que j’avais une laryngite et que du coup ma voix était très voilée, ce qui fait que j’ai dû faire appel à une amie (Marjolaine) pour m’aider au moment des exercices vocaux que j’avais prévu de proposer durant la première partie de cet atelier.
Le tout ayant été enregistré et, si la chose vous intéresse, vous allez pouvoir m’entendre parler de la double signification du AUM (environ 20 minutes).
Par contre je vous fais grâce de la méditation guidée, car ma voix n’était vraiment pas agréable à entendre et je pense que le mieux que vous ayez à faire, pour prolonger mes explications, c’est une méditation silencieuse en vous laissant inspirer par ce que vous aurez retenu de mes propos…
Et pour ceux qui n’auront pas la patience de m’écouter, voici un aperçu du contenu :
La dimension vibratoire du AUM : il y a un parallèle à faire entre le AUM originel et le « BIG-BANG » de la cosmologie contemporaine. Et même, de façon plus précise, on peut considérer que ce que la science appelle « le fond diffus cosmologique » et qui est en quelque sorte la résonance fossile de l’explosion initiale, est la preuve de l’affirmation traditionnelle selon laquelle tout l’univers continue à vibrer de façon subtile du AUM originel…. Pratiquer la vocalisation du AUM est donc une façon de « prendre un bain vibratoire » nous mettant en relation directe avec l’univers entier.
La dimension philosophique et spirituelle du AUM : Selon la Chandogya Upanishad, la signification philosophique du AUM est celle du OUI. Dire AUM, c’est dire qu’on est d’accord avec le réel tel qu’il est, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nous-même…
La méditation consistant à prendre le AUM comme support est donc à la fois l’occasion de s’harmoniser vibratoirement avec le cosmos et l’opportunité de s’aligner inconditionnellement avec « ce qui EST ». Une pratique lourde de sens donc, à utiliser sans modération !
Si comme moi vous êtes touché par « mother India », son histoire intemporelle et son devenir de plus en plus problématique, ou si, plus prosaïquement, vous avez envie de mieux comprendre le nouveau rôle que ce pays est, pour le meilleur ou pour le pire, en passe de jouer sur la scène géopolitique internationale, alors je vous invite à regarder de toute urgence l’excellent (mais douloureux) documentaire diffusé dimanche dernier (le 28 avril) sur France5. Ce film intitulé « L’Inde de Modi ou la démocratie confisquée » est disponible en replay durant 6 mois (jusqu’au 04 novembre 2024)…
Voici la présentation qui en est faite sur le site de France 5 :
« Narendra Modi, le Premier ministre indien, a lancé sa campagne pour un troisième mandat à la tête du pays le 22 janvier 2024 avec l’inauguration du temple d’Ayodhya, le plus grand temple hindou jamais construit. C’est la consécration d’un projet politique, le sien, celui d’un nationalisme triomphant.
Ce jour-là, la vision des pères fondateurs, Gandhi et Nehru, d’un État laïque et pluriel a été définitivement enterrée.
Car Narendra Modi est un conquérant avec de grandes ambitions. Son pays, officiellement le plus peuplé au monde, et le plus jeune, sera bientôt, selon les projections, la troisième puissance économique mondiale derrière les États-Unis et la Chine.
Réalisé par Sébastien Daguerressar, le film raconte le grand virage de l’Inde vers un pouvoir autoritaire, ultranationaliste et religieux ».
Le documentaire s’ouvre sur l’inauguration récente d’un nouveau temple à Râma construit à Ayodhya. Mais pour bien comprendre la signification de ces images religieuses festives, sachez ceci : selon la célèbre épopée du Râmâyana, le prince Râma, septième incarnation plénière du dieu Vishnou, serait né à Ayodhya il y a plus de 6000 ans et y aurait régné à l’issue de sa longue pérégrination et de sa lutte victorieuse contre le démon Ravana. Depuis la nuit des temps, un temple dédié à Râma a donc existé sur le site. Cela du moins jusqu’à l’invasion mogole du nord de l’Inde au 16ème siècle où de nombreux temples hindous ont été saccagés par les conquérants, puis reconvertis en mosquées. C’est entre autres ce qui est arrivé à l’ancien temple de Râma d’Ayodhya, dont on a retrouvé des vestiges archéologiques sous l’édifice musulman construit en 1527 sur ordre du premier empereur Babur. Cette mosquée est celle visible sur l’image ci-contre, prise à la fin du 19ème siècle et qui montre un lieu déjà passablement vétuste et quelque peu à l’abandon.
Au milieu du 20ème siècle, un mouvement d’hindous fondamentalistes projette donc de racheter le site et de le rendre à sa destination initiale : le culte de Râma. Il s’en suit une longue bataille politico-juridique pour déterminer à qui appartient vraiment le site et ce qu’il est possible ou non d’en faire, sachant que la communauté Jaïn le revendique aussi comme l’un de ses lieux saints! Pendant un temps, il est envisagé de partager le site en trois de façon à permettre à chacune des communautés hindoue, musulmane et jaïn d’y établir un culte. Mais les choses traînant en longueur, en décembre 1992, un groupe d’extrémistes décide de forcer le destin et organise une marche contre la mosquée que les plus zélés se mettent en devoir de mettre à bas. Il s’ensuit une série de réactions en cascade des musulmans, ce qui aboutit à la mort de plusieurs milliers de fanatiques des deux bords à travers toute l’Inde…
Quatre ans plus tard, l’incendie (finalement accidentel, à en croire le film) d’un train de pèlerins hindous se rendant sur le site déclenche une nouvelle flambée de violence anti-musulmane et cela en particulier au Gujarat, l’état d’où provenait le gros des pèlerins. Or cet état est alors gouverné par un certain Narendra Modi. Celui-ci s’évertue à laisser le champ libre aux extrémistes hindous (qui incendient les quartiers musulmans de plusieurs grandes villes) tout en prétendant officiellement continuer à veiller à la sécurité de tous !
Sur ce, il gagne les élections générales de 2014 et devient le Premier ministre de l’Inde… Cinq ans plus tard, lors de la campagne pour sa réélection de 2019, un des chevaux de bataille que Modi enfourche est la promesse d’édifier un temple à Râma sur les ruines de la mosquée d’Aydhya, alors que la Cour suprême indienne vient d’invalider la demande d’une organisation musulmane qui projetait d’y reconstruire la mosquée détruite. Et c’est ainsi que Modi a fait voler en éclats l’un des principes fondateurs de la Constitution indienne de 1949 qui est explicitement laïque et transpartisane. En inaugurant en grande pompe ce temple géant, il a fait un terrible camouflet à 15% de sa population, soit la bagatelle de 150 millions d’Indiens de confession musulmane. Pas besoin d’être devin pour prédire que loin de rendre gloire à Râma, ce sanctuaire est donc surtout celui de la discorde assumée entre les communautés hindoues et musulmanes, ce qui ne présage rien de bon pour l’unité politique du pays !
2) Le point de vue d’un ami indien
Si vous êtes un ancien membre de notre association, vous n’êtes pas sans savoir qu’Anne-Marie et moi avons été très liés durant plusieurs années à un astrologue indien du nom de Jaya Shekar, qui a été le professeur d’astrologie hindoue d’Anne-Marie et qu’à ce titre nous avons reçu à plusieurs reprises chez nous et qui a même honoré une fois de sa présence La Bertais.
Par une étrange coïncidence, nous avons passé l’après-midi du dimanche 28 avril en sa compagnie, car il séjourne actuellement chez la mère de sa femme, une Française d’origine angevine. Au cours de nos retrouvailles assez émouvantes (nous ne nous étions pas revus depuis une vingtaine d’années), nous avons assez longuement parlé de la situation politique de l’Inde et connaissant le caractère à la fois très ouvert et progressiste de notre ami, je m’attendais à ce qu’il ait, comme nous, un point de vue très critique sur le fameux Narendra Modi. Quel n’a donc pas été mon étonnement quand nous nous sommes rendu compte qu’il en était, tout au contraire, un chaud partisan ! Cela a donné lieu de ma part à une belle mise en pratique (« attendez-vous à être surpris, car l’autre est par essence différent »), suivie d’une tentative pour comprendre le point de vue de cet indien cosmopolite cultivé, qui m’échappait complètement au départ.
Notre ami le professeur Jaya Shekar, avril 2024 (92 ans)…
Voici les principaux éléments qu’il nous a avancés pour justifier son soutien à Modi (qui est en passe d’obtenir son troisième mandat) :
Sur la scène politique indienne actuelle, le principal parti d’opposition à Modi (le fameux Congrès qui, après Indira Gandhi est resté très longtemps au pouvoir avant d’être battu par les nationalistes) a fait pendant des décennies la preuve de son incompétence et de sa veulerie, laissant littéralement stagner le pays entre autres du fait d’une corruption généralisée de ses principaux leaders. À l’inverse, après avoir réussi un « miracle économique » au niveau de l’État du Gujarat dont il était initialement le gouverneur, Modi a su en 10 ans faire faire un bond gigantesque à l’économie indienne. Pour un indien cultivé, habitué à voyager en occident, il n’y a pas photo. Sous dominance du Congrès, l’Inde était un pays du tiers monde. Après 10 ans de « réformes » tous azimuts, l’Inde vient de se hisser au rang de la 5ème économie mondiale. –
Les réalisations concrètes à l’actif de cet autocrate sont impressionnantes :
Il a fait construire plus de routes et de voies ferrées en l’espace de ses deux mandats que ses prédécesseurs en cinquante ans, alors que plus globalement la croissance de l’économie du pays a été l’une des plus fortes au monde (derrière la Chine, mais devant l’Europe).
Il a réussi le tour de force de moderniser la gestion de son administration en éradiquant une bonne partie de la corruption grâce à sa numérisation. Comme Jaya nous l’a expliqué en détail, avant Modi, la moindre démarche administrative (le règlement d’une facture d’électricité, le remboursement de soin de santé ou l’obtention d’un permis de conduire), impliquait de faire d’interminables queues dans des services administratifs où la vitesse de traitement des dossiers était directement proportionnelle au montant des bakchichs qu’on voulait bien laisser aux fonctionnaires en charge de vous servir. Grâce à Modi, presque toutes les démarches courantes sont désormais informatisées, ce qui court-circuite tout ce réseau d’intermédiaires « parasites » et permet désormais à l’Indien moyen d’accomplir ses démarches administratives sans frais injustifiés…
Il s’est attaqué avec détermination à trouver des solutions pour tenter de dépolluer les eaux du Gange, en particulier celles des berges des villes saintes comme Bénarès. Dans ce haut-lieu des crémations rituelles, il a osé interdire les bûchers traditionnels en les remplaçant par des crématoriums modernes, ceci pour éviter les nombreux cadavres qui étaient jetés à l’eau avant d’être consumés par souci d’économie du combustible! (Certes cela faisait le plus grand régal d’une impressionnante colonie de gros crabes, qui désormais privés de cette manne, ne voteront donc pas pour Modi…, mais aux yeux des humains il ne s’agit là que d’un simple dommage collatéral).
Il a permis à l’Inde de devenir la quatrième puissance spatiale du monde avec l’alunissage réussi d’une sonde sur l’un des pôles de notre satellite durant l’été 2023, donnant à tous les citoyens une occasion en or de se sentir fiers de leur grand pays… –
Bref, du point de vue de l’Indien moyen, son existence concrète s’est prodigieusement améliorée depuis 10 ans et, faute d’un recul suffisant, il ne voit pas forcément le prix que la démocratie de son pays est en train de payer pour cela. Aussi s’apprête-t-il benoitement à voter massivement pour cette « grande âme » qui, cerise sur le gâteau, vient de présenter plusieurs projets ambitieux propres à séduire le chaland en vue de sa réélection qui devrait être actée dès le début juin de cette année.
Selon notre ami, deux projets phares sont en particulier sur les rails :
Modi s’apprêterait à saisir à bras le corps le problème de la surpopulation de l’Inde (pays qui vient depuis peu de dépasser la Chine quant à son nombre d’habitants). Avec une population de plus d’un milliard d’individus et une croissance démographique exponentielle, inutile de dire qu’il s’agit là d’un défi kafkaïen sur lequel tous les gouvernements antérieurs se sont cassés les dents. Or demandez-vous un instant quelle serait votre opinion à cet égard si vous viviez dans une mégalopole comme Bombay où vous devriez évoluer au quotidien dans un espace comptant 27.000 habitants au km2 ! Devant les interminables bouchons et queues en tout genre, le surencombrement chronique des transports en commun et le taux ahurissant de pollution induite par une telle concentration humaine, il y a fort à parier que vous plébisciteriez sans hésiter l’homme politique qui vous semblerait le plus à même d’endiguer ce fléau… Eh bien sachez que pour se faire réélire, Modi a décidé de le résoudre à la hussarde, c’est-à-dire en promettant de faire voter une loi interdisant aux couples d’avoir plus de deux enfants ! Je n’ai pas les détails sur les moyens de coercition qui vont accompagner cette loi, mais on peut faire confiance à ce champion de la manière forte pour que cette tentative de régulation donne assez vite des résultats concrets…
De même, et notre ami en jubilait presque de plaisir, Modi prévoit de faire voter un « code civil universel » qui viendrait gommer les différences législatives existant actuellement entre certains états de l’Union indienne. Ce qui serait en priorité dans le collimateur de Modi, ce sont les exceptions culturelles dont jouissent les musulmans dans de nombreux états qui autorisent entre autres la polygamie et restreignent drastiquement la possibilité d’émancipation des femmes. Modi voudrait mettre sous le même joug législatif tous les citoyens indiens, en interdisant par exemple le port du voile dans les lieux publics, comme il l’a déjà fait récemment dans les écoles où tous les élèves garçons ou filles doivent désormais porter un même uniforme réglementaire, cela quelque soit leur appartenance religieuse. À nouveau, vu de notre fenêtre franco-française, ce projet de « code civil universel » tel qu’il nous a été exposé par Jaya est clairement un cadre législatif taillé pour les coreligionnaires de Modi au détriment des autres communautés (musulmane, jaïn, sikh et chrétienne). Mais comment éviter dans de telles conditions que la majorité hindoue (80% de la population) n’impose « démocratiquement » sa loi au 20% restant (qui représente pourtant quelque 200 millions de personnes, excusez du peu!).
En guise de conclusion
Cette rencontre croisée entre Jaya Shekar et ce documentaire m’aura donc d’abord conduit à regarder autrement la popularité dont jouit Narendra Modi dans son pays, y compris, comme le montre le film, au sein de la diaspora indienne vivant en Europe, pourtant fortement occidentalisée. Face au gigantisme des défis de ce pays, il semble que personne n’ait encore rien trouvé de mieux pour gouverner que d’appliquer la vieille devise latine : « Panem et circenses » (du pain et des jeux) !
Et à y réfléchir, cela explique aussi sans doute l’insolente popularité dont jouit dans son pays cet autre tyran autocrate, j’ai nommé Vladimir Poutine. Si on laisse de côté sa récente dérive belliciste (qui dans l’esprit du maitre du Kremlin, devait au départ n’être qu’une opération éclair), depuis que Poutine est au pouvoir, le sort du russe moyen s’est considérablement amélioré, du moins comparé aux années de chienlit politique qui ont suivi l’effondrement de l’ex-URSS.
Avec Jean-Marc Jancovici (l’un de mes mentors préférés en matière d’analyse socio-politique), j’en viens à me poser sérieusement la question : Et si la démocratie telle qu’on la conçoit en Occident n’était qu’un luxe de nantis, incompatible avec les conditions dégradées d’existence que de trop nombreux peuples connaissent hors de nos frontières ?
Nous étions trente-six à avoir choisi de participer à l’atelier de Colette, inspiré à la fois de sa compréhension de l’enseignement de Swâmiji et de son expérience théâtrale.
Voici un petit compte rendu des exercices qu’elle nous a fait faire à tour de rôle, avec mes commentaires sur les principaux d’entre eux :
Premier après-midi :
Changer d’humeur à volonté : Le premier exercice consistait à essayer de passer de la contrariété à la bonne humeur au moyen d’une chaise « magique » sur laquelle on prenait appui quelques instants en évoquant intérieurement des images ou souvenirs positifs. Avant et après « la chaise », on prononçait en direction de l’auditoire un « bonjour, comment allez-vous », le but étant de prendre conscience de la modification qui avait lieu dans le ton et l’émanation de ce « bonjour », avant et après le passage par la chaise magique.
Personnellement, j’ai trouvé que cet exercice exprimait bien l’une des marottes de Colette, à savoir que nous pouvons agir sur notre humeur par un acte de volonté et que cela est très utile à faire, en particulier chaque fois que l’on doit rencontrer une personne ou une situation « difficile ». Mais en ce qui me concerne, j’ai trouvé qu’on passait un peu trop vite et je n’ai pas eu le temps de bien « intérioriser » le processus. Je pense donc que je vais m’entrainer à refaire cet exercice plusieurs fois chez moi, car j’y trouve à la fois une originalité et un réel intérêt…
À la découverte de l’importance du langage non verbal : Le deuxième exercice consistait à jouer une rencontre inattendue entre deux ami(e)s qui ne s’étaient pas revu(e)s depuis longtemps, cela en utilisant comme seul langage : « bla-bla-bla ». On en venait donc, par cet artifice, à mimer la joie de la rencontre, puis l’installation à une terrasse de café et le dialogue de retrouvailles entre les deux anciens ami(e)s. L’auditoire se rendait alors compte que dans un certain nombre de cas, le contenu de l’échange lui était facilement accessible alors même que les seuls mots échangés étaient des « bla bla bla » prononcés sous toutes les intonations possibles et accompagnés de gestes démonstratifs. Exercice qui mettait donc magnifiquement en valeur l’importance du langage non verbal dans la communication.
À nouveau, personnellement, j’aurais bien aimé refaire cet exercice plusieurs fois, car si j’ai réussi à suivre plusieurs des échanges ainsi mimés par les autres binômes (cf. photo ci-dessous), je n’ai pas eu l’impression moi-même d’avoir bien pu exprimer ce que j’aurais pu avoir envie de dire à ma partenaire dans cette étrange situation. Quoi qu’il en soit, c’est un exercice qui a beaucoup fait rire l’auditoire et qui a puissamment contribué à créer l’ambiance « décalée » que Colette souhaitait créer durant cet atelier.
Christine et Claude dans une séquence de blablatage à la fois convaincante et très drôle…
Polysémie des mots courants : Le troisième exercice consistait à inscrire sur un paper-bord une série de mots concrets donnés à la volée par l’auditoire (table, enfant, chaise, gâteau, fleur, oiseau, etc.), que quelques volontaires étaient ensuite invités à définir à haute voix en fonction de leur univers sémantique de référence, le même mot pouvant prendre une connotation affective positive ou négative très différente selon chacun. Colette avait l’intention de nous faire prendre conscience par ce petit exercice du décalage énorme qui existe parfois entre le sens que deux personnes donnent au même mot, ce qui explique en partie les fréquentes incompréhensions qui prennent place entre deux locuteurs. Pas de chance, cet exercice n’a pas bien fonctionné, car les significations données par les différents intervenants n’ont pas montré de contradictions majeures. Interrogée après coup par mes soins sur ce résultat contraire à ce qu’elle attendait, Colette a conclu que le groupe était collectivement encore trop marqué par « la bien-pensance », aucun des intervenants (sauf un) ne s’étant permis de relier les mots à ses souvenirs intimes.
En ce qui me concerne, il est vrai que quand il a été question du mot « enfant », les deux pensées qui me sont d’abord venues à l’esprit ont été « couches » et « braillements », mais je ne me suis pas laissé exprimer à haute voix ces associations d’idées qui émanaient en droite ligne des 4 jours récemment passés en compagnie de nos petits-enfants, avec réveils nocturnes systématiques par la petite Léa de 15 mois…
Par ailleurs, je me suis laissé penser que nous savons assez bien distinguer la signification moyenne commune de la signification subjective des mots, du moins tant qu’ils ne sont pas trop chargés émotionnellemment. Par exemple, malgré mes associations personnelles « négatives » autour du mot « enfant », je n’ai pas eu de mal à comprendre les significations « positives » évoquées par les autres intervenants, comme si j’avais à ma disposition deux lexiques : le mien propre et celui pour la communication publique. Je pense néanmoins que les choses ne sont pas aussi simples avec des mots plus chargés. Comment comprendre ce que le mot « Poutine » évoque pour un Russe de base, fier de son président, alors que pour moi ce nom est connoté si négativement? Ou encore l’expression de « mère-porteuse » : j’imagine que pour certaines personnes désireuses d’avoir un enfant à tout prix, ce mot peut avoir une connotation chargée d’espérance, alors qu’il m’inspire une sorte de rejet instinctif… Bref, il y a bien une piste à creuser de ce côté, mais pour moi l’exercice de Colette n’aura pas permis d’avancées significatives dans ce domaine…
Jeu de rôle en improvisation sur le thème d’une relation conflictuelle Parent-Enfant. Chaque binôme joue une scène qu’il a préalablement choisie, et, après une première séquence, les partenaires inversent leurs rôles sur indication de Colette. Ce qui les fait passer instantanément d’une situation de dépendance à une situation d’autorité et les amène à faire appel à des ressources différentes en eux…
En ce qui me concerne, j’ai eu un peu de mal à comprendre où voulait en venir Colette avec cet exercice, au-delà du fait qu’il ait donné lieu à de grands moments de rigolade… Peut-être s’agissait-il d’expérimenter une situation de conflit, avant d’aborder la seconde journée censée nous donner les clés d’une relation plus juste avec autrui ?
Deuxième après-midi :
Trouver sa voix : l’exercice a été fait par chacun et chacune à tour de rôle, ce qui a pris une bonne moitié du temps alloué à cette seconde session. Il se décomposait ainsi : tout d’abord, on devait dire une phrase d’environ dix mots qu’on avait préalablement apprise par cœur de différentes façons, jusqu’à ce que Colette et l’auditoire tombent d’accord sur le fait que la personne avait enfin « trouvé sa voix ».
En entrée, il s’agissait juste de dire la phrase devant l’auditoire.
On était ensuite invité à dire cette phrase en marchant dans la pièce (un pas par mot), ce qui avait pour effet d’obliger à ralentir le débit et à bien valoriser chaque vocable.
Puis, on se permettait de la déclamer en gesticulant corporellement de la façon la plus libre possible.
Après quoi, on la redisait. La différence était très souvent flagrante, car à présent le texte était dit de façon beaucoup plus fluide et convaincante
Mais ce n’était pas tout. Ensuite on était invité à s’adosser à une porte et à déclamer notre texte en prenant appui sur ce support dorsal. Puis on pratiquait face au mur (pour ne pas voir l’auditoire) et ensuite Colette personnalisait les positions (mime d’un papillon ou allongé à plat dos au sol, par exemple) jusqu’à ce qu’il y ait une sorte d’évidence : la personne avait trouvé « sa voix ».
Pour finir, le pratiquant était invité à chuchoter la phrase dans une oreille imaginaire que Colette symbolisait avec sa main et qu’elle faisait reculer de plus en plus, comme le montre la photo suivante :
Pour permettre à tous de faire l’exercice, Anne-Marie et moi avons passé notre tour. Mais j’ai l’impression qu’un certain nombre de participants ont vécu une mini-révélation au cours de cette longue séquence…
Jeu de rôle en improvisation sur le thème d’une relation d’aide : en fin de cette seconde après-midi, il s’agissait pour chaque binôme de mimer une relation d’aide : recevoir les confidences d’une amie dépressive ou d’un frère désespéré, par exemple (cf. photo).
Avant l’exercice proprement dit, chacun avait été invité à répondre intérieurement à la question « si je n’étais pas moi, qui aimerais-je être ? « , le but étant de nous donner accès à d’autres ressources qui, cachées à l’intérieur de nous, restent habituellement inexploitées…
Faute de temps, cet exercice, qui devait être le clou du séminaire, n’a pu être vécu que par quelques binômes, ce qui a peut-être produit quelques frustrations…
De mon point de vue, l’exercice m’a semblé un peu « décevant », car trop bref pour permettre d’appréhender vraiment ce que peut être une écoute tout à la fois active et aidante. Plusieurs fois Colette a fait des remarques particulièrement pertinentes sur de mauvaises façons de s’y prendre et je pense que cela aura été utile à quelques-uns. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser que l’apprentissage de la juste façon de s’y prendre dans ce genre de situation est un art compliqué qu’il est bien présomptueux de prétendre acquérir à l’issue d’un séminaire de deux fois 4 heures ! Ceci étant, il est évident que Colette a semé des graines de qualité… Qu’elle en soit donc chaleureusement remerciée ici !
Par ailleurs, pour prolonger les effets du séminaire, Colette invite chacun de ses participants à remplir pour lui-même le petit questionnaire suivant.
Facultativement, vous pouvez aussi lui transmettre vos réponses par mail à « colette@roumanoff.com » (sans oublier de lui indiquer alors vos nom et prénom).
Que pensez-vous des mises en situation suivantes
Très bien
Satisfaisant
A améliorer
Vos remarques
Exercice de la chaise magique
Langage non verbal (bla-bla)
Polysémie des mots courants
Impro relation Parent/Enfant
Trouver sa voix
Trouver des ressources cachées en soi
Impro relation Aidant /Aidé
2. Ces mises en situation ont-elles suscité une ou plusieurs prises de conscience chez vous ? Si oui, pouvez vous décrire brièvement de quoi il s’agit ?
3. Ce séminaire vous permettra-t-il un mieux-être individuel ?
4. Ce séminaire vous permettra-t-il un mieux-être dans la relation avec un proche en difficulté ?
5. Ce séminaire a-t-il répondu à votre attente ?
6. Sinon, quels sont selon vous les points à améliorer ?
7. Avez-vous d’autres propositions ou remarques à faire ?
Les 6 et 7 avril prochains, nous recevrons Colette Roumanoff pour un séminaire d’un genre assez inhabituel, puisqu’il fonctionnera davantage comme un atelier que comme un classique « questions-réponses ».
Si vous n’étiez pas là à l’AG d’octobre dernier, ou si vous avez envie de ré-entendre Colette raconter sa rencontre avec Swâmiji et ses premiers pas sur la voie, ne manquez pas les 20 minutes de la vidéo suivante. Elle a été enregistrée quelques semaines après le passage de Colette à La Bertais et nous donne à entendre des propos très proches et tout aussi inspirants que ceux que nous avions entendus à cette mémorable occasion.
Gageons qu’il en sera de même -voire mieux encore- durant les deux après-midis qu’elle animera pour nous dans 10 jours !
PS : il reste quelques places pour l’atelier des 6 et 7 avril. Pour vous y inscrire, CLIQUEZ ICI
C’est samedi prochain 27 janvier qu’aura lieu la troisième rencontre de l’atelier d’initiation à la philosophie hindoue. Même si vous n’avez pas pu participer aux deux premières sessions, il vous est encore possible de rejoindre le groupe (en présentiel ou en distanciel). Mais dans ce cas, je vous invite à lire ou relire attentivement les deux articles résumant le contenu des rencontres d’octobre et de décembre, car cela vous aidera à vous sentir davantage en prise avec ce que je pourrai dire samedi prochain…
Dans les premiers livres publiés au Bost par Arnaud (la série « A la recherche du Soi »), on trouve bon nombre de mots sanskrits, signe de l’origine hindoue de son enseignement. Au fil du temps, ces références à la culture de base de Swâmiji se sont faites de plus en plus rares ou discrètes. Ce qui fait qu’un lecteur actuel de « la Paix toujours présente » (le dernier livre d’Arnaud publié de son vivant) peut parfaitement comprendre son propos, même s’il ne s’intéresse pas du tout à l’Inde et à sa philosophie. Une fois traduit et reformulé par Arnaud en français, l’enseignement de Swâmiji s’offre comme une approche quasi scientifique de la condition humaine. Pas d’élaboration théorique compliquée, encore moins de dogmes ou de croyances, mais seulement l’invitation à VOIR. Voir comment le monde fonctionne et voir ce qui se passe en nous face à ce fonctionnement. Puis sur cette base, apprendre à s’harmoniser avec la réalité telle qu’elle est au lieu d’y résister encore et encore, en usant de notre illusoire pouvoir de dire « non à ce qui est ». Difficile de faire plus sobre et donc aussi de plus universel que cette approche. Ce qui fait qu’on peut parfaitement suivre la voie de Swâmiji et d’Arnaud en sautant par-dessus la case « hindouisme ».
Mais d’un autre côté, il est aussi vrai que cet enseignement n’est pas sorti de rien. Né dans une famille de brahmanes instruits, Swâmiji a, de ce fait, naturellement hérité de la culture philosophique et spirituelle propre à l’Inde traditionnelle. Comme l’atteste sa biographie, il était lui-même sanskritiste et avait donc un accès direct aux grands textes classiques de la philosophie hindoue. Il les citait d’ailleurs bien volontiers au cours des entretiens avec ceux de ses disciples qui pouvaient comprendre et apprécier ces références. De ce point de vue, et même si cela n’est pas strictement nécessaire pour pouvoir tirer profit à notre tour de ses « leçons de sagesse », il y a donc un bénéfice certain à se familiariser à minima avec le contexte culturel qui a servi de terreau à sa réalisation puis à son enseignement. Et cela d’autant plus que ce terreau est suffisamment éloigné de notre propre culture pour qu’il ne nous soit pas directement accessible.
L’idée directrice de cet atelier est donc de permettre à ses participants de faire davantage connaissance avec les thèmes majeurs de la philosophie hindoue traditionnelle, cela entre autres pour être capable de mieux discerner ce qui, dans l’enseignement de Swâmiji, est original et « inédit », et ce qui relève plutôt d’une reformulation d’idées millénaires, adaptées à notre mentalité contemporaine.
Thème de la troisième rencontre :
Maintenant que nous savons mieux quelles sont les racines culturelles du Védânta hindou, que nous avons fait connaissance avec Shankara, l’exposant le plus célèbre du courant advaïtique, et que je vous ai raconté comment cette lignée spirituelle est parvenue jusqu’à Anne-Marie et moi par l’entremise de Ma Ananada Mayi au cours de notre second séjour en Inde, il est temps de se pencher sur le fond.
Pour cette troisième rencontre, je vais donc mettre mon projet de la dernière fois à exécution et vous présenter en détail la sâdhanâ védantique telle qu’elle est conçue dans la perspective shankaracharienne traditionnelle. Ce qui nous permettra, au fil des séances suivantes, de mieux appréhender en quoi l’enseignement de Swâmiji s’inspire de cette conception et en quoi il en diffère, ceci pour mieux discerner la contribution originale et spécifique du « maitre de notre maitre » à la spiritualité universelle…
Informations pratiques :
Ce troisième atelier aura lieu à La Bertais de 17h30 à 19h30 le samedi 27 décembre (la suite du calendrier étant consultable ICI).
Du fait de la mauvaise qualité actuelle de la liaison Internet à La Bertais (problème difficile à régler car lié à l’état du réseau en campagne), la retransmission vidéo initialement prévue pour les personnes géographiquement éloignées, ne pourra toujours pas se faire en direct. Je ferai donc parvenir en début de semaine prochaine l’enregistrement audio et vidéo de la séance à ceux et celles qui se seront inscrits à l’atelier « en distanciel ». A NOTER : ces personnes pourront participer ensuite à une session « Question-réponse » en ligne (via Zoom) que j’organiserai pour elles sous une huitaine de jours à partir de mon domicile (où je dispose d’une bonne connexion), ceci de façon à leur permettre à leur tour d’échanger avec moi sur le contenu de ce troisième atelier.
La participation financière se fait par donation, soit sur place, soit en ligne (tarif indicatif, entre 10 et 20€ par session)
Les personnes qui le peuvent sont invitées à participer à l’activité « Séva + Thé convivial » qui précédera l’atelier, de 14h30 à 17h15.
Bien entendu, les personnes membres d’un des groupes GSMP du dimanche peuvent demander à être hébergées sur place samedi soir.
Les inscriptions, tant en présentiel qu’en distanciel, se font uniquement en ligne via le lien ci-dessous (aussi présent sur la page d’accueil du site).
En principe chacun et chacune devraient avoir reçu la Lettre de La Bertais de janvier contenant les informations sur la venue d’Emmanuel à Rennes (vendredi soir 9 février) et à La Bertais (samedi-dimanche 10 et 11 février).
Si tel n’est pas le cas, rendez-vous sur la page dédiée pour tout savoir sur le sujet ainsi que pour vous inscrire en ligne (pour rappel la conférence de vendredi soir peut être suivie à distance par Zoom si vous habitez trop loin de Rennes pour vous déplacer).
Je me permets néanmoins de rebondir sur une des infos que j’ai glissées dans le texte de présentation d’Emmanuel : celle ayant trait au site web qu’il a récemment créé pour s’exprimer publiquement sur le thème de « Prendre soin du monde », cela de façon indépendante de Hauteville et de la fonction de direction qu’il y exerce.
Ce site est esthétiquement assez beau (les photos sont de Roger) et le contenu, bien que pour l’instant encore réduit, présente un véritable intérêt.
Son sous-titre résume bien la double intention d’Emmanuel : Rendre le monde meilleur et être heureux dans le monde tel qu’il est.
On y trouve à ce jour six articles qui ont la particularité d’être aussi déclinés en podcast. Vous pouvez donc choisir de les écouter plutôt que de les lire ( par exemple tout en épluchant vos légumes ou en conduisant votre voiture…)
Leurs titres :
Apparition et disparition de la vie (temps de lecture = 4 min)
Ecologie, conflit ou harmonie (temps de lecture = 4 min)
Écologie, immobilisme et désobéissance civile (temps de lecture = 5 min)
La société démunie face à la souffrance psychique (temps de lecture = 13 min)
Se préparer à des temps difficiles (temps de lecture = 40 min)
Vivre avec un grand « Je ne sais pas » (temps de lecture = 40 min)
Et Emmanuel s’y exprime aussi au sein de trois vidéos originales intitulées :
De l’espoir d’un monde meilleur à la désillusion (durée 11 min)
En 2017 est sorti le premier roman d’une jeune autrice nommée Laericia Colombani. Bingo, c’est d’emblée un best-seller : selon Wikipédia elle en aurait vendu deux millions d’exemplaires rien qu’en France et le livre a depuis été traduit dans une quarantaine de langues. Pas mal pour un début…
Bon, autant vous le dire tout de suite, je ne lis pratiquement jamais de romans et ne suis donc habituellement pas du tout au courant de ce genre de réussite. Mais il se trouve que mon frère cadet a eu l’idée de m’offrir ce petit ouvrage pour mon anniversaire il y deux ans. Du coup, pour pouvoir lui en dire quelque chose, je me suis « forcé » à entrer dedans à l’occasion d’une période de vacances. Bien m’en a pris, car j’ai vraiment aimé ce livre. Euh quand je vous aurai dit qu’un tiers de l’histoire se passe en Inde, vous comprendrez déjà mieux pourquoi je n’ai pas eu trop de mal à le lire…
Ceci étant, le succès appelant le succès, un film vient d’être tiré du roman, film qui passe actuellement sur les écrans.
Alors voilà au moins deux idées de cadeau de Noël :
Le roman pour ceux qui ne l’ont pas encore lu (disponible en poche pour les petits budgets).
Et une sortie cinéma, valable même pour ceux qui connaissent le roman, car l’autrice qui est est aussi réalisatrice a supervisé de très près le film qui, du coup, est très fidèle au livre. Personnellement, je me suis « régalé » des scènes indiennes très réalistes et pour les autres lieux (la Sicile et Montréal), c’est cinématographiquement très bien aussi.
Ci-dessous le résumé du livre, puis la bande-annonce du film…
Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs trois histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.
Pour cette seconde rencontre, j’ai choisi de continuer à évoquer la figure de Shankara, représentant emblématique de l’Advaïta Védânta.
J’ai raconté comment ce maître exceptionnel a fondé au VIIIème siècle cinq monastères et mis à la tête de chacun d’eux un de ses plus proches disciples. Après la mort de leur maître, l’habitude a été prise de faire du nom de celui-ci un titre honorifique qui s’est ensuite transmis de génération en génération pour désigner les gurus en charge de ces monastères. Ce qui fait qu’aujourd’hui encore il existe en Inde cinq maîtres qui portent chacun ce titre devant leur nom de swâmi…
Et pour rendre mon récit plus vivant, je l’ai agrémenté d’un témoignage personnel : celui de la quête qu’Anne-Marie et moi avons mené en Inde en 1978 pour tenter de rencontrer un ou plusieurs de ces illustres représentants de la tradition védantique shankaracharienne.
Ainsi, ai-je évoqué notre premier séjour auprès de Ma Anandamayi du début de l’année 1978 durant lequel nous avons eu la chance de pouvoir avoir « le darshan » du Shankaracharya de Jyotirmath (celui qui réside au nord de l’Inde, près d’une des sources du Gange). La preuve en image :
Mâ accueillant le Shankaracharya de Jyotirmath à son ashram d’Hardwar en 1978
Après quoi nous nous sommes rendu dans le sud-est de l’Inde pour séjourner auprès du Swâmi Chandrashekharendra, qui était à l’époque le 68ème Shankaracharya de Kanchipuram. Intrigué par notre présence quotidienne à son « darshan », celui-ci a fini par nous faire demander la raison de notre visite. En apprenant que nous étions à la recherche d’un instructeur capable de nous initier à l’advaïta védânta de Shankara, il a béni notre quête en nous assurant que nous allions trouver l’instructeur dont nous avions besoin…
Bénédiction du swâmi Chandrashekharendra, 68ème Shankaracharya de Kanchipuram
Et c’est ainsi que, portés par cette bénédiction, nous nous sommes retrouvés quelque temps plus tard à Bangalore où nous avons fait la connaissance de Sri Devaro Kulkarni. Touché par le sérieux de notre quête, celui-ci a bientôt accepté de déroger à la règle selon laquelle l’étude des upanishads est censée être réservée aux seuls membres de la caste brahmanique et il nous a accepté comme élèves. C’est ainsi qu’à travers lui nous avons pu accéder à l’enseignement des bases du Védânta, enseignement qui, relayé ensuite par Arnaud et Swâmi Prajnanpad, nous anime toujours depuis le temps béni de ces premiers pas sur le chemin…
Shri Devarao Kulkarni : notre premier instructeur en advaita védânta
Si vous voulez en savoir plus sur Shankara, sur sa lignée et sur la façon dont elle est arrivée jusqu’à nous, demandez-moi de vous envoyer l’enregistrement audio de cette seconde rencontre via l’espace commentaire ci-dessous.
Quant à comprendre comment cet enseignement traditionnel s’articule avec l’approche originale propre à Swâmi Prajnanpad, cela fera partie des thèmes que nous approfondirons ensemble lors des prochaines rencontres…
Comme rappelé oralement à l’AG et par écrit dans la Lettre de La Bertais qui a suivi, l’abonnement au blog est « annuel », ce qui veut dire que chacun des abonnés de la saison passée (2022-2023) doit faire la démarche de s’y réabonner s’il souhaite pouvoir continuer à consulter ce blog durant la saison 2023-2024.
Concrètement, si vous lisez cet article c’est que vous êtes dans l’une des trois situations suivantes.
Vous avez déjà renouvelé votre cotisation à l’association pour la saison 2023-2024 et vous avez aussi déjà effectué les démarches de renouvellement de votre abonnement aux services en ligne de l’association (demande d’accès au blog, et éventuellement à la blog-letter hebdomadaire, et à la version électronique de la Lettre des Amis de la Bertais). Dans ce cas, les deux paragraphes suivants ne vous concernent pas et vous pouvez passer directement à la lecture de la fin de mon article (qui concerne tout le monde).
Vous avez déjà renouvelé votre cotisation à l’association pour la saison 2023-2024. Mais vous n’avez pas encore effectué les démarches de renouvellement de votre abonnement aux services en ligne de l’association. Dans ce cas, cliquez dès à présent sur le lien suivant pour renouveler votre abonnement en précisant vos choix pour la saison en cours concernant l’envoi par mail de la Lettre des Amis de la Bertais ainsi que de la blog-letter hebdomadaire : ATTENTION, si vous n’effectuez pas cette démarche avant la fin de cette semaine, votre accès au blog sera suspendu à compter du lundi 11 décembre…
Vous n’avez pas encore renouvelé votre cotisation à l’association pour la saison 2023-2024. Dans ce cas, si vous souhaitez continuer à pouvoir accéder à notre blog, merci de régler votre adhésion au plus vite, soit en ligne en cliquant ICI soit en renvoyant par la poste la demande d’adhésion présente à la dernière page de la Lettre des Amis de La Bertais avec votre règlement.
Ceci fait cliquez ensuite sur le lien suivant pour renouveler aussi votre abonnement aux services en ligne en précisant vos choix pour la saison en cours : ATTENTION, si vous n’effectuez pas ces deux démarches avant la fin de cette semaine, votre accès au blog sera suspendu à compter du lundi 11 décembre…
Et à présent, permettez-moi d’évoquer en quelques mots la nouvelle saison qui s’ouvre pour notre blog.
Comme souvent à pareille époque, le petit comité de rédaction actuellement en place souhaite « recruter des membres » afin d’élargir son équipe et d’avoir éventuellement de nouvelles idées pour animer le blog et le faire mieux répondre à sa vocation ainsi qu’aux attentes de ses lecteurs.
Et comme nous nous sommes rendu compte l’an passé qu’il était assez difficile de se réunir « physiquement » autour de cette tâche, nous avons décidé, pour cette saison, de tenter de faire fonctionner cette équipe via des rencontres en ligne (à raison d’une à deux mini-réunions par trimestre).
Très concrètement, si vous êtes volontaire pour intégrer la nouvelle équipe d’animation du blog qui va se mettre en place dans la quinzaine à venir, merci de vous faire connaitre dès à présent en laissant un commentaire ci-dessous (où en me contactant en privé si vous êtes « timide »!). Je vous recontacterai alors très prochainement pour que nous fixions ensemble une première date de rencontre via Zoom….
Bonne nouvelle, dans 10 jours (le samedi 9 décembre) aura lieu la seconde rencontre de l’atelier d’initiation à la philosophie hindoue. Même si vous n’avez pas pu participer à la première session, il vous est encore possible de rejoindre le groupe (en présentiel ou en distanciel). Mais dans ce cas, merci de vous signaler au plus vite pour que je puisse vous envoyer l’enregistrement audio de la première causerie, de telle sorte que vous soyez plus à l’aise pour suivre mon second exposé. Ci-dessous, je rappelle le principe qui guide l’existence de cette nouvelle activité. Suite à quoi j’indique le programme de la rencontre 9 décembre et les détails pratiques (participation possible en ligne pour les personnes géographiquement éloignées de La Bertais).
Dans les premiers livres publiés au Bost par Arnaud (la série « A la recherche du Soi »), on trouve bon nombre de mots sanskrits, signe de l’origine hindoue de son enseignement. Au fil du temps, ces références à la culture de base de Swâmiji se sont faites de plus en plus rares ou discrètes. Ce qui fait qu’un lecteur actuel de « la Paix toujours présente » (le dernier livre d’Arnaud publié de son vivant) peut parfaitement comprendre son propos, même s’il ne s’intéresse pas du tout à l’Inde et à sa philosophie. Une fois traduit et reformulé par Arnaud en français, l’enseignement de Swâmiji s’offre comme une approche quasi scientifique de la condition humaine. Pas d’élaboration théorique compliquée, encore moins de dogmes ou de croyances, mais seulement l’invitation à VOIR. Voir comment le monde fonctionne et voir ce qui se passe en nous face à ce fonctionnement. Puis sur cette base, apprendre à s’harmoniser avec la réalité telle qu’elle est au lieu d’y résister encore et encore, en usant de notre illusoire pouvoir de dire « non à ce qui est ». Difficile de faire plus sobre et donc aussi de plus universel que cette approche. Ce qui fait qu’on peut parfaitement suivre la voie de Swâmiji et d’Arnaud en sautant par-dessus la case « hindouisme ».
Mais d’un autre côté, il est aussi vrai que cet enseignement n’est pas sorti de rien. Né dans une famille de brahmanes instruits, Swâmiji a, de ce fait, naturellement hérité de la culture philosophique et spirituelle propre à l’Inde traditionnelle. Comme l’atteste sa biographie, il était lui-même sanskritiste et avait donc un accès direct aux grands textes classiques de la philosophie hindoue. Il les citait d’ailleurs bien volontiers au cours des entretiens avec ceux de ses disciples qui pouvaient comprendre et apprécier ces références. De ce point de vue, et même si cela n’est pas strictement nécessaire pour pouvoir tirer profit à notre tour de ses « leçons de sagesse », il y a donc un bénéfice certain à se familiariser à minima avec le contexte culturel qui a servi de terreau à sa réalisation puis à son enseignement. Et cela d’autant plus que ce terreau est suffisamment éloigné de notre propre culture pour qu’il ne nous soit pas directement accessible.
L’idée directrice de cet atelier est donc de permettre à ses participants de faire davantage connaissance avec les thèmes majeurs de la philosophie hindoue traditionnelle, cela entre autres pour être capable de mieux discerner ce qui, dans l’enseignement de Swâmiji, est original et « inédit », et ce qui relève plutôt d’une reformulation d’idées millénaires, adaptées à notre mentalité contemporaine.
Thème de la seconde rencontre :
Dans le prolongement de la présentation historique du védânta débutée la dernière fois, je continuerai à vous parler de Shankara, de son œuvre littéraire, de son travail de prédicateur et de réformateur de l’hindouisme, ainsi que de sa postérité.
J’en profiterai pour vous dévoiler comment la filiation spirituelle de Shankara est arrivée providentiellement jusqu’à nous lors de notre second voyage en Inde, cela via Ma Anadamayi, puis notre premier instructeur védântique Shri Devarao Kulkarni.
Et pour finir, je vous proposerai que nous commencions à réfléchir à ce qu’est la sâdhanâ védantique dans cette perspective traditionnelle, avant que nous ne comparions cela avec la formulation « moderne » de Swâmiji…
Shri Devarao Kulkarni, notre premier instructeur védântique (photo prise en Inde, près de Ma Anandamayi en 1978)
Informations pratiques :
L’atelier a lieu à La Bertais tous les samedis précédant le GSMP de 17h30 à 19h30. Seconde rencontre samedi 9 décembre, la suite du calendrier étant consultable ICI.
Une retransmission vidéo (via Zoom) est organisée pour les membres les plus éloignés géographiquement. Si vous êtes concerné(e), merci de vous manifester en choisissant cette option lors de votre inscription.
A NOTER : lors de la première rencontre, un problème technique a empêché la retransmission par Zoom. Depuis lors, de nombreuses démarches ont été faites auprès de notre opérateur, mais à ce jour la liaison Internet n’est toujours pas optimisée à La Bertais. Si les choses ne sont pas rentrées dans l’ordre d’ici là, je proposerai donc aux personnes inscrites à cette retransmission une session Zoom en différé que j’organiserai les jours suivants à partir de mon domicile (où nous disposons d’une bonne liaison Internet).
La participation financière se fait par donation, soit sur place, soit en ligne (tarif indicatif, entre 10 et 20€ par session)
Les personnes qui le peuvent sont invitées à participer à l’activité « Séva + Thé convivial » qui précédera l’atelier, de 14h30 à 17h15.
Bien entendu, les personnes membres d’un des groupes GSMP du dimanche peuvent demander à être hébergées sur place samedi soir.
Les inscriptions, tant en présentiel qu’en distanciel, se font uniquement en ligne via le lien ci-dessous (aussi présent sur la page d’accueil du site).
Un beau succès pour la première rencontre de cette saison puisqu’elle a concerné 18 d’entre vous (dont 7 en mode « distanciel »)
Pas de chance, suite à une forte instabilité de la liaison Internet, la visio-transmission n’a pu se poursuivre jusqu’au bout et c’est en différé, grâce à un enregistrement audio, que ces participants ont quand même pu suivre l’atelier. Promis, d’ici le 9 décembre, nous allons tout faire pour tenter de remédier à ce problème…
Le temps fort de cette séance fut sans aucun doute l’évocation de l’histoire légendaire de Shankara (VIIIème siècle), le fondateur de l’advaïta védânta classique.
Quand Arnaud approcha Swâmiji pour la première fois, ce dernier lui demanda à brûle-pourpoint : « What do you want » (Que voulez-vous).
Ce à quoi Arnaud répondit dans un élan de ferveur : « âtma darshan » (La réalisation du Soi). Ce qui lui valut, quelques remises en cause plus tard, d’être accepté par Swâmiji comme « candidat disciple »…
Eh bien, selon la légende, c’est une scène assez semblable qui se serait déroulée lors de la première entrevue de Shankara avec celui qui allait devenir son maître.
Première rencontre de Shankara avec son maître Govindapada
Govindapada vivait en reclus dans une grotte. Attiré par son aura, le jeune Shankara y pénétra sans y avoir été invité. Surpris, le vieil ascète s’enquit de son identité : « qui es-tu » ?
Déjà spirituellement très mature, Shankara lui répondit en improvisant un poème en six strophes qui est, depuis, devenu un must de la spiritualité hindoue : « Âtam Shatkam » ou les six réponses à la question « qui suis-je ». Suite à quoi, il fut évidemment admis comme disciple par Govindapada !
Ci-dessous la première de ces réponses, avec le refrain qui a, depuis, fait le tour de tous les ashrams de l’Inde :
1
mano buddhi ahamkâra cittâ ni nâham
na ca shrotra jihve, na ca ghrâna netre
na ca vyoma bhûmir na tejo na vâyush cid ânanda rûpah, shivo’ham shivo’ham
Je ne suis ni mon mental, ni mon intellect, ni mon ego, ni ma mémoire,
Ni mes sensations auditives ou gustatives, ni mes sensations olfactives ou visuelles
Ni les éléments de la nature perçus par mes sens, tels le ciel, la terre, la lumière ou l’air
Conscience-Béatitude (cid-ânanda), telle est ma vraie nature (rûpah) Je suis Shiva (le principe de tout bien), je suis Shiva !
————–
Après avoir analysé les six strophes du poème, nous en avons écouté la version chantée reproduite ci-dessous. Si le coeur vous en dit, n’hésitez pas à fredonner à votre tour son célèbre refrain (cid ânanda rûpah, shivo’ham shivo’ham)
PS : Il est encore possible de suivre cet atelier en différé. Si cela vous intéresse, faites-vous connaitre en laissant un commentaire, de façon à ce que je puisse vous faire parvenir un exemplaire des documents visuels et sonores de la séance.
Comme il a été dit lors de l’Assemblée générale, une nouvelle activité va voir le jour samedi prochain à La Bertais : l’atelier d’initiation à la philosophie hindoue. Pour les absents ou pour ceux qui n’ont pas tout compris des explications orales données le jour de l’AG, voici de quoi il s’agit. D’abord dans le principe, puis quant au programme de la première rencontre et enfin en ce qui concerne les détails pratiques (participation possible en ligne pour les personnes géographiquement éloignées de La Bertais).
Dans les premiers livres publiés au Bost par Arnaud (la série « A la recherche du Soi »), on trouve bon nombre de mots sanskrits, signe de l’origine hindoue de son enseignement. Au fil du temps, ces références à la culture de base de Swâmiji se sont faites de plus en plus rares ou discrètes. Ce qui fait qu’un lecteur actuel de « la Paix toujours présente » (le dernier livre d’Arnaud publié de son vivant) peut parfaitement comprendre son propos, même s’il ne s’intéresse pas du tout à l’Inde et à sa philosophie. Une fois traduit et reformulé par Arnaud en français, l’enseignement de Swâmiji s’offre comme une approche quasi scientifique de la condition humaine. Pas d’élaboration théorique compliquée, encore moins de dogmes ou de croyances, mais seulement l’invitation à VOIR. Voir comment le monde fonctionne et voir ce qui se passe en nous face à ce fonctionnement. Puis sur cette base, apprendre à s’harmoniser avec la réalité telle qu’elle est au lieu d’y résister encore et encore, en usant de notre illusoire pouvoir de dire « non à ce qui est ». Difficile de faire plus sobre et donc aussi de plus universel que cette approche. Ce qui fait qu’on peut parfaitement suivre la voie de Swâmiji et d’Arnaud en sautant par-dessus la case « hindouisme ».
Mais d’un autre côté, il est aussi vrai que cet enseignement n’est pas sorti de rien. Né dans une famille de brahmanes instruits, Swâmiji a, de ce fait, naturellement hérité de la culture philosophique et spirituelle propre à l’Inde traditionnelle. Comme l’atteste sa biographie, il était lui-même sanskritiste et avait donc un accès direct aux grands textes classiques de la philosophie hindoue. Il les citait d’ailleurs bien volontiers au cours des entretiens avec ceux de ses disciples qui pouvaient comprendre et apprécier ces références. De ce point de vue, et même si cela n’est pas strictement nécessaire pour pouvoir tirer profit à notre tour de ses « leçons de sagesse », il y a donc un bénéfice certain à se familiariser à minima avec le contexte culturel qui a servi de terreau à sa réalisation puis à son enseignement. Et cela d’autant plus que ce terreau est suffisamment éloigné de notre propre culture pour qu’il ne nous soit pas directement accessible.
L’idée directrice de cet atelier est donc de permettre à ses participants de faire davantage connaissance avec les thèmes majeurs de la philosophie hindoue traditionnelle, cela entre autres pour être capable de mieux discerner ce qui, dans l’enseignement de Swâmiji, est original et « inédit », et ce qui relève plutôt d’une reformulation d’idées millénaires, adaptées à notre mentalité contemporaine.
Thème de la première rencontre :
Pour mettre en œuvre ce projet, et comme expliqué dans la Lettre d’octobre, je prévois, lors de la première session de cet atelier, d’aborder les trois thèmes suivants :
Je ferai d’abord un tour d’horizon des principaux textes traditionnels de la philosophie hindoue que sont les Védas, les Upanishads, les shastras (traités philosophiques majeurs) et les textes à vocation plus « grand public » tels le Mahâbhârata, la Bhagavad-Gîtâ ou les Purana…
Je compte ensuite vous présenter brièvement la vie et l’œuvre de Shankara, le maître fondateur de l’advaïta védânta (VIII ème siècle). Souvenez-vous en effet que Swâmiji se rattachait explicitement à cette filiation spirituelle, même s’il ne se référait que très rarement à son fondateur historique.
Et pour finir, je vous proposerai l’étude de l’un des écrits de Shankara les plus populaires : son poème spirituel appelé « Six stances à propos du Soi » (âtma-shatkam). Sachez pour l’anecdote qu’Arnaud aimait à l’occasion citer le refrain de ce texte en sanskrit : « chit-ananda-rupa , Shivo’ham, Shivo’ham » (Ma vraie nature est Conscience et Béatitude, je suis Shiva, je suis Shiva). Nous découvrirons ensemble l’incroyable densité philosophique de cette courte composition. Ce qui sera l’opportunité de nous familiariser de façon ludique avec nombre de concepts majeurs qui seront ensuite autant de jalons pour nos autres sessions de l’année.
Shankara et ses quatre premiers disciples
Informations pratiques :
L’atelier aura lieu à La Bertais tous les samedis précédant le GSMP de 17h30 à 19h30. Première rencontre samedi 14 octobre, la suite du calendrier étant consultable ICI.
S’il y a un nombre suffisant de demandes, une retransmission vidéo (via Zoom) sera organisée pour les membres les plus éloignés géographiquement. Si vous êtes concerné(e), merci de vous manifester en choisissant cette option lors de votre inscription.
La participation financière se fera par donation, soit sur place, soit en ligne (tarif indicatif, 20€ par session)
Les personnes qui le peuvent sont invitées à participer à l’activité « Séva + Thé convivial » qui précédera l’atelier, de 14h30 à 17h15.
Bien entendu, les personnes membres d’un des groupes GSMP du dimanche peuvent demander à être hébergées sur place samedi soir.
Les inscriptions, tant en présentiel qu’en distanciel, se font uniquement en ligne via le lien ci-dessous (aussi présent sur la page d’accueil du site).
On n’y croyait plus trop, et surtout on avait demandé à ce que ce chantier n’ait PAS lieu pendant un séjour !
Mais quand l’entreprise Dauguet-Tumoine nous a prévenus de son arrivée imminente, comme ça faisait dix mois qu’on les attendait, devis signé, on n’a pas voulu faire trop les difficiles !
Nous avons donc avancé le programme de la journée pour avoir fini le petit déjeuner avant l’arrivée des terrassiers qui se sont mis au travail vers 9h (enlèvement de la couche de vieux ciment devant la grande salle)…
Pose du géotextile au fur et à mesure du grattage du sol…
Le géotextile est recouvert d’une première couche de gros graviers et sable…
La première couche a été égalisée par un rouleau compresseur (non photographié)
La première couche bien tassée est alors recouverte d’une couche de gravillons déposés avec une dextérité étonnante par le conducteur du petit tracto-pelle
Il est 15h, et c’est déjà fini ! Les quatre ouvriers et leurs machines sont déjà repartis et une première petite averse est venue « laver » le nouveau gravillon (ce qui explique les taches sombres)…
Du côté des résidents, le dérangement aura été mineur. La causerie enregistrée de 9h30 a été écoutée dans le salon et les deux entretiens du matin ont eu lieu dans le studio. Par contre dès l’après-midi le silence était revenu dans la propriété et les activités ont pu retrouver leurs lieux habituels !
Bon! Evidemment, on a dû enlever toutes les plantations qui égayaient le mur de façade de la Grande Salle. Mais à présent que « c’est propre », rien ne nous empêche d’imaginer un nouveau « verdissement » de cette façade !