Auteur/autrice : Yann Le Boucher

  • La Fête du Yoga du 8 février

    Voici les principales nouveautés de cette 12ème édition de la Fête du Yoga qui aura lieu à Rennes le samedi 8 février prochain :

    • Un programme étendu à la journée complète (10h-21h)
    • Huit ateliers de 2h (six le matin et deux l’après-midi)
    • Douze ateliers d’1h (l’après-midi), dont un « pour les enfants » et un interprété en LSF à destination des sourds
    • Trois conférences, dont deux accessibles aux sourds (interprèté en LSF)
    • Trois films inédits dont « Une femme remarquable, Tenzin Palmo » projeté en présence de la réalisatrice, Sabine Michelin-Pigeon
    • Un nouveau lieu d’accueil, plus prestigieux et plus confortable : l’Université de Rennes Beaulieu
    • Un nouveau système de réservation en ligne, vous permettant de télécharger directement votre billet définitif (à imprimer et à présenter à l’accueil)

     

     


    Pour mémoire, je suis l’un des initiateurs de cette Fête qui, pour sa douzième édition, va rassembler une trentaine de professeurs de Yoga de Rennes et environs ainsi que probablement plus de 500 pratiquants, venant de toute la région, voire au-delà…

    Bien que sans lien direct avec Les Amis de La Bertais, plusieurs d’entre nous prendront une part active dans cette Fête :

    • Le matin Anne-Marie animera un atelier « Mandalas » et Luc (ancien trésorier de La Bertais) un atelier d’Ashtanga Yoga
    • L’après-midi, je ferai une conférence sur Le Yoga-Sûtra de Patanjali et Christophe animera un atelier « Salutation au soleil« …
    • Et toute la journée, Marie-Laure sera à l’accueil pour recevoir le public et gérer les inscriptions des retardataires
    • Last but not least, en soirée (19h15), nous recevrons Sabine Michelin-Pigeon (animatrice des ateliers Clown à La Bertais) qui viendra présenter son film sur Tenzin Palmo et animer un échange avec le public à l’issue de sa projection.

    Consultez le programme complet en cliquant ICI

    Inscrivez-vous en ligne en cliquant ICI

    Attention, les ateliers ne sont pas accessibles sans réservation et les places disponibles fondent à vue d’oeil…

  • Encore un cadeau numérique…

    Pour ouvrir cette année 2014 sur une note sympathique, ci-joint un autre cadeau numérique, offert par le « père » de la revue Infos-Yoga.

    Exceptionnellement, Mathieu a en effet choisi de permettre le téléchargement gratuit du tout dernier numéro de sa revue, à laquelle par ailleurs La Bertais est abonnée.

     

    Cliquez sur l'image pour déclencher le téléchargement

     

    Au sommaire de ce numéro 95, de janvier-février 2014 :

    • Un article de mon ami et collègue Rodolphe Milliat sur les contradictions engendrées par le succès même du yoga
    • Un article de l’indianiste Tara Michaël sur la vision de la sexualité en Inde et en Occident
    • Un dossier sur « finalement le yoga, ça sert à quoi« , dans lequel j’ai eu la surprise de lire, entre autre, une longue et belle réponse de notre ami Jean-Yves Minet
    • Un article « savant » de l’indianiste Colette Poggi sur le corps du yogin, espace vivant, espace cosmique
    • Une chronique de Jacques Vigne, psychiatre vivant en Inde, disciple de Swâmi Vijnananda,  que nous avons le projet de recevoir à La Bertais en février 2015. A noter que Jacques parle dans cet article d’un séjour qu’il a fait dans la grotte où a vécu et pratiqué la nonne anglaise Tenzin Palmo, rencontrée et filmée par Sabine Pigeon… Or il se trouve que Sabine viendra présenter son film à Rennes le 8 février prochain dans le cadre de la 12ème fête du Yoga…
    • Et pas mal d’autres choses sympathiques que je vous laisse découvrir au fil des pages, dont comme toujours la très belles illustration centrale (photo d’un mandala peint au plafond d’un temple)

     

    Un grand merci à Mathieu et UNE TRES BONNE ANNEE A TOUS et A TOUTES…

    PS : Mathieu avait fait une opération semblable en Mars 2011 et cet autre numéro gratuit est toujours téléchargeable sur le site d’Infos-Yoga. Si vous êtes intéressé(e), cliquez-ici !

  • Un cadeau de Noël en provenance de Mâ

    Lors de la venue de Swâmini Umananda à La Bertais, nous avons évoqué ensemble notre rencontre avec Mâ Anandamayi et cela m’a donné l’idée de relire la petite brochure « Satsang avec Mâ » que nous avions rédigé en 1980 à notre retour d’Inde, et où nous avions consigné les réponses de Mâ entendues sur place « en direct ».  Je me suis rendu compte que ce texte bien modeste (qui se trouve dans la bibliothèque de La Bertais), contenait malgré tout quelques « perles » et qu’il méritait d’être numérisé pour une diffusion plus large. Grâce à Georges, que j’ai sollicité pour cela, ce texte vient d’être saisi informatiquement et je vous en livre donc ci dessous un premier extrait, en guise de Cadeau de Noël !

    (…) Un participant au satsang prend alors la parole et dit :

    – Au nom de tous, Mâ, je me permets de vous poser les quatre questions suivantes : Où est-ce que Dieu réside ? Qu’est-ce qu’il mange ? Quand est-ce qu’il rit ? Qu’est-ce qu’il fait ?

    Comprenant que l’homme souhaitait qu’elle racconte à l’auditoire la petite histoire traditionnelle qu’elle lui avait déjà racconté en privé, s’exécute :

     Il était une fois un grand roi qui était très troublé par quatre questions. Où est-ce que Dieu réside ? Qu’est-ce qu’il mange ? Quand est-ce qu’il rit ? Qu’est-ce qu’il fait ?

    Le roi fit annoncer dans tout son royaume qu’il récompenserait très généreusement celui qui pourrait lui fournir une réponse satisfaisante à ces quatre questions. En apprenant cela, tous les lettrés de la contrée se mirent à réfléchir activement dans l’espoir de gagner la récompense, mais aucune des réponses qu’ils proposèrent ne put satisfaire le roi.  Au bout d’un moment, celui ci devint extrêmement perplexe quand à la chance qu’il avait de trouver un jour une réponse le satisfaisant, en même temps que se développaient dans tout le pays d’interminables discussions autour de ces quatre questions.

    Un jour, quelques mots d’une de ces conversations vinrent jusqu’aux oreilles d’un paysan de condition des plus modestes. Il demanda aux interlocuteurs la raison de leur ardeur oratoire. Mais ceux-ci se mirent à rire, lui rétorquant qu’il ne serait d’aucune utilité pour lui de la connaître. Cependant, sur son insistance, ils finirent par lui faire part des quatre questions du roi. A leur grande surprise, le paysan se mit à sourir en disant : « il ne s’agit pas là de quelque chose de bien difficile. Conduisez-moi au roi, et je lui fournirai les réponses qu’il désire”. Ses interlocuteurs tentèrent d’abord de le dissuader de ce projet, car ils le supposaient un peu simple d’esprit. « Allons, comment pourriez vous satisfaire le roi sur cette matière, alors que les plus grands lettrés du royaume ont tous échoué! » Mais finalement l’insistence du paysant à vouloir être conduit au palais eut raison d’eux et, la chose s’étant ébruitée, c’est une foule de plus en plus large qui, chemin faisant, s’en alla accompagner le paysan jusqu’au palais…

     C’était du plus haut comique que de voir notre homme, habillé en haillons, en présence du roi et de sa cour. Le roi sourit à ce qu’il lui semblait être une plaisanterie. Mais il était juste et intelligent, et donna sa chance au paysan. Devant un parterre bondé d’érudits et de lettrés suspicieux, il posa sa première question :

    Où est-ce que Dieu réside ?

    Le paysan, malicieux, répondit simplement :

    – Ô roi, faites-moi d’abord savoir où Dieu ne se trouve pas !

    En entendant cela, le roi fut plongé quelques instants dans une intense réflexion, et, tout à coup, l’omniprésence de Dieu lui devint évidente.

    Etonné mais satisfait d’une réponse si éclairante, il posa se deuxième question :

    Qu’est ce que Dieu mange ?

    Et le paysan répliqua que Dieu se nourrissait de l’ego de l’homme.

    – Roi, s’il ne mange pas votre ego, vous ne pourrez pas le réaliser !

    De nouveau, en entendant ces mots, l’intelligence du roi s’éveilla et il fut pleinement satisfait.

    En réponse à la troisième question :

    – Quand est-ce que Dieu rit ?

    le paysan expliqua : « Quand, avant de naître, nous sommes confinés dans le sein maternel, nous souffrons de cet emprisonnement et nous nous souvenons alors de toutes nos mauvaises actions commises dans nos vies antérieures. Aussi commençons-nous à prier Dieu avec une repentance sincère et profonde pour qu’il nous délivre de cette horrible prison qu’est la matrice, et nous lui promettons qu’en échange, nous serons désormais des adorateurs pleins de ferveur et pleins de zèle. Mais aussitôt que nous venons en ce monde, une fois de plus nous sommes pris au piège de Maya, et oubliant toutes nos promesses, nous retombons dans nos vieilles erreurs. C’est pourquoi, à chaque fois qu’un enfant vient au monde, Dieu rit, car il sait combien cet être humain va avoir de mal à tenir la généreuse promesse qu’il lui a faite avant de naître… »

     Après cette troisième réponse, le roi devint tout à fait bienveillant à l’égard du paysan, et posa avec déférence sa quatrième question :

    – Qu’est-ce que Dieu fait ?

    Mais au lieu d’y répondre d’emblée, le paysan annonça :

    – Ô roi, il s’agit là d’une question fort délicate et je ne peux y répondre tant que quelque chose de bien particulier n’a pas été accompli.

    Le roi qui était désormais des mieux disposé à l’égard du paysan acquiesça en disant :

    – Je suis prêt à satisfaire votre demande quelle qu’elle soit.

    Le paysan lui dit alors :

    – Bien ! Dans ce cas ayez donc l’obligeance de quitter votre place et de prendre la mienne, car pour pouvoir répondre à votre dernière question, il faut que je sois assis sur votre siège.

    Le roi s’exécuta, s’assit à la place du paysan, alors que ce dernier gravit les marches du trône, s’y installa, puis entra dans une longue méditation silencieuse. Cela semblait à tous le spectacle le plus incongru qui soit. Aussi le roi rappela bien vite au paysan son devoir :

    – Hé!, vous devez donner votre quatrième réponse maintenant !

    – Mais je l’ai déjà donnée, s’exclama ce dernier.

    – Comment cela ?

    – Voyez ce que Dieu a fait : Si c’est sa volonté, en un instant un roi devient un homme ordinaire, et un homme ordinaire devient roi. Puisque Dieu a eu le pouvoir d’inverser ainsi nos conditions respectives si opposées, soyez assuré qu’il n’y a aucune limite à son pouvoir…

    Le roi fut comblé dans son attente et la récompense fut acquise au paysan…


    Du pied de notre propre sapin, nous vous souhaitons, Anne-Marie et moi, un très bon Noël !   😛

  • Il était une fois la Bhagavad Gîtâ (2)

    Pour introduire mon propos d’aujourd’hui, je voudrais revenir sur le message du premier verset que Swâmini nous a fait chanter le 23 novembre en tout début de week-end, verset que je ne connaissais pas, et qui m’a beaucoup intéressé (tiré d’un hymne de louange à Krishna nommé « Gîtâ Dhyânâm » )

    Ce verset compare en effet les Upanishads à des vaches et Krishna au pâtre qui se charge de les traire pour nous, de façon à ce que nous puissions en boire le lait, c’est-à-dire nous nourrir du nectar des enseignements védantiques.  Si le premier terme de la comparaison est typiquement indien (il renvoie à l’enfance du prince Krishna qui, pour échapper à un oncle malfaisant, a été caché, enfant, chez un couple de paysans gardiens de vaches), le second terme me semble beaucoup plus universel en ce qu’il nous indique que la Gîtâ est véritablement un condensé des Upanishads, spécialement écrit pour faciliter l’assimilation de leurs enseignements par les « bébés spirituels » que nous sommes tous!

    C’est muni de cette nouvelle clé que je me suis mis à relire la Gîtâ et que je partage avec vous aujourd’hui la première « coupe de lait », -chaud et crémeux- que Krishna y a placée dès le second chapitre.

    Je rappelle d’abord le contexte tel qu’il est évoqué au premier chapitre de cet écrit inspiré :

    Un roi, aveugle de naissance, nommé Dhristarashtra a spolié son neveu Yudhisthira de la succession sur le trône, en lui préférant son propre fils Duryodhana. De retour d’exil et après l’échec de la voie diplomatique, Yudhisthira et ses frères sont contraints de recourir aux armes pour tenter de récupérer leur royaume. Le vaillant héros Arjuna, second frère de Yudhisthira, est désigné pour prendre le commandement en chef des armées du clan des Pandavas. Pour le seconder, il a demandé à son meilleur ami, Krishna, de bien vouloir être le cocher de son char de guerre.

    Juste avant de donner le signal du premier assaut, Arjuna demande à Krishna d’arrêter son char au beau milieu des deux armées afin qu’il puisse avoir une vision panoramique des ennemis qu’il s’apprête à exterminer. Sa motivation guerrière est alors brusquement stoppée par la prise de conscience du caractère absurde parce que fratricide de cette guerre : “A quoi bon triompher si c’est au prix de la destruction de mes anciens maîtres, de mes cousins germains, et de tant de mes anciens amis ?”. Le désarroi émotionnel d’Arjuna est tel qu’il lui fait perdre ses moyens physiques de héros guerrier, comme nous le rappelle l’illustration ci-contre, qui montre Arjuna tombé de son char et ayant lâché son arc et ses flèches !

     

    Dans le  second chapitre, nommé  » le Yoga de la connaissance juste« , Krishna attaque, bille en tête, le mental d’Arjuna sur la question de la Mort et lui sert un « élixir » particulièrement puissant, en provenance directe des Upanishads classiques.

    Je le savais, (et, probablement, vous aussi), ces Upanishads ont un point de vue assez radical par rapport à la mort, car celle-ci n’est pas considérée comme une réalité, mais seulement comme un aspect de notre illusion actuelle. En raccourci, comme nous croyons -à tort- que nous sommes nés, nous pensons que nous allons mourir. Mais tout cela est n’est qu’un jeu de la Conscience : le vrai nous-même n’est jamais né et ne peut donc pas mourir.

    Mais une chose est de croiser ici ou là dans les Upanishads des indices de cet enseignement secret ultime sur la mort et une autre est de recevoir de plein fouet le déluge des arguments par lesquels Krishna entend remettre d’emblée en cause notre vision habituelle des choses. Jugez plutôt de la façon dont il a « trait » pour nous les Upanishads sur ce thème :

    Jamais ne fut le temps où nous n’existions pas : moi, toi et tous ces princes. Jamais ne viendra celui où nous ne serons plus (v 12).

    Indestructible est la trame de cet univers, c’est l’Impérissable ; lui porter atteinte n’est au pouvoir de personne (v 17).

    Ce sont seulement les corps où s’incarne l’âme qui ont une fin, elle-même est éternelle, invulnérable, inconcevable (v 18).

    Croire que l’un tue et que l’autre est tué, c’est tomber dans une double erreur, car en vérité, personne ne peut ni tuer ni être tué (v 19).

    Jamais de naissance, jamais de mort ; personne ne commence ni personne ne finit. Sans début, permanent, sans fin, cet antique Principe demeure inaffecté quand le corps est détruit (v 20).

    L’homme qui connaît ce Principe indestructible, éternel, impérissable, comment pourrait-il imaginer qu’il tue ou qu’il est tué (v 21) !

    Les armes ne peuvent le pourfendre, le feu ne peut le brûler, l’eau ne peut le mouiller, le vent ne peut l’assécher (v 23).

    Invulnérable, ininflammable, indétrempable, inasséchable, permanent, omniprésent, stable, inébranlable, il est l’Ancien (v 24).

    Non-perceptible par les sens, non-imaginable par le mental, il est l’Inaltérable. Le sachant tel, tu ne saurais t’apitoyer (ni sur toi-même, ni sur le sort de tes ennemis !) (v 25).

    Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, la force de conviction qui émane de cette « rafale » de versets, me remue profondément…

  • Citation du lundi (37)

     

    Mangalam, l'ashram d'Eric et Sophie au Québec

    Et voici la troisième citation inédite d’Arnaud, publiée par Eric dans la dernière Lettre de Mangalam :

     

    La destruction du mental, c’est la destruction de la conviction que notre bonheur dépend des circonstances extérieures.

     

     


     

    PS : si  vous avez raté les deux premières citations, rattrapez-vous en cliquant ci-de dessous :

    Apprenti-disiciple ou disciple ?

    Mourir à soi-même ?

  • Feed-back sur le week-end avec Swâmini

    Petit reportage photo du aux bons soins d’Alain, histoire d’inviter les participants à partager leurs impressions et à permettre aux absents(es) de respirer en différé un peu du parfum de la Gîtâ !

    Avec, en prime, ce verset de la Gîtâ, dont nous pourrions faire la devise de La Bertais!  (BG II, 40, retraduit et adapté par mes soins)

    Pour celui qui s’engage dans la mise en pratique, aucune peine n’est perdue et aucun effet indésirable n’est à craindre.

    Mêmes modestes, les efforts accomplis dans cette perspective protègent de beaucoup de souffrance !

  • Il était une fois la Bhagavad Gîtâ (1)

    Le week-end prochain aura  lieu à La Bertais le séminaire avec Swâmini Umananda sur le thème « l’Action quotidienne comme voie d’évolution« . Cette fois-ci, ce sont des versets de la Bhagavad Gîtâ qui serviront de support pédagogique à Swâmini pour ses exposés. Histoire de nous y préparer, voici quelques informations permettant de re-situer la Gîtâ dans le corpus des textes sacrés de l’Inde…

    Pour mémoire, la Tradition Hindoue distingue deux types de textes sacrés : la Shruti et la Smriti.

    La Shruti (littéralement, ce qui a été « entendu ») est la partie des textes considérée comme directement « révélée » aux premiers Rishis par Dieu lui-même. Le Véda (littéralement « le savoir »), avec les Upanishads qu’il contient, relève de cette première catégorie de textes, la plus sacrée donc, car considérée comme ayant une origine « non humaine » (apurusheya). L’étude de la Shruti est traditionnellement réservée aux prêtres et aux lettrés (les brahmanes) , car il s’agit de textes savants, demandant un haut niveau de qualification pour pouvoir être correctement compris.

    La Smriti (littéralement, ce qui a été transmis par mémorisation de l’expérience des générations précédentes) est la partie des textes qui regroupe les légendes, les contes, les lois et les savoirs traditionnels les plus populaires. Cette partie des textes est « d’origine humaine » et de ce fait considérée comme d’accès plus facile. Tout hindou peut donc lire ces textes et s’en inspirer de multiples façons (les enfants en apprennent des extraits à l’école, comme chez nous les fables de La Fontaine…).

    Deux grandes épopées font ainsi partie de la Smriti : le Ramayana et le Mahabharata. La première raconte l’histoire du 7ème avatar de Vishnou, nommé Rama, de sa chaste épouse Sita, et de leur fidèle serviteur le dieu-singe Hanuman.

    La seconde raconte l’histoire de la lutte fratricide entre deux familles princières cousines germaines et du rôle majeur joué à cette occasion par  le 8ème avatar de Vishnou, nommé Krishna (pour plus de détails sur cette notion clé des incarnations divines successives de Vishnou, je vous renvoie à Wikipédia)

    Cette seconde épopée, le Mahabharata donc, est en fait à la fois la plus ancienne et aussi la plus volumineuse, (elle comporterait un nombre de verset équivalent à 7 fois la Bible!) et est organisée en 18 tomes. C’est dans le 6ème de ces tomes, que se trouve un petit passage que la tradition a pris l’habitude de considérer comme particulièrement sacré et significatif : la Bhagavad Gîtâ.

    Le caractère particulièrement remarquable de ce passage -très bref à l’échelle de l’épopée complète (700 versets tenant sur une centaine de pages imprimées)- tient au fait qu’il met en scène Shri Krishna lui-même, à qui il donne directement la parole. Pour un Hindou orthodoxe, la Baghavad Gîta renferme ainsi les propos mêmes que Krishna a tenus de son vivant à son disciple et ami Arjuna, à l’image de ce que sont, pour un Chrétien, les paroles de Jésus à ses disciples, rapportées dans les quatre Evangiles. Si vous me permettez ce trait d’humour, le sous-titre de la Bhagavad Gîtâ pourrait être « en direct des lèvres de Krishna »… Ceci dit, dans l’ensemble du Mahabharata, il y a en fait plusieurs autres passages où Krishna s’exprime ainsi directement, dont certains ont une densité philosophique proche de la Bhagavad Gîtâ. Mais pour une raison que j’ignore, ces passages n’ont pas connu le même succès populaire que les strophes de ce dialogue entre la huitième Incarnation de Dieu et son plus cher disciple !

    Très bien, me direz-vous peut-être, mais pour nous qui ne sommes pas Hindous et encore moins « dévots de Krishna », quel intérêt peut donc avoir un tel texte ?

    Ceux et celles qui seront présents(es) au séminaire de Swâmini auront certainement des éléments de réponse plus précis à cette interrogation légitime, mais sachez déjà que, tout comme pour la Joconde ou la 5ème symphonie de Beethoven, il y a un consensus de la conscience humaine autour de ce texte, véritable « monument » de la spiritualité universelle. La raison principale de cette reconnaissance transculturelle est assez facile à appréhender. Dans ce texte, Krishna tente d’éclairer son disciple, et, par delà, tous ceux et celles qui se laissent toucher par son message, sur la question si difficile et pourtant si importante de l’action. Pourquoi agir ? Et une fois que l’on est décidé à agir, comment faire pour que nos actions soient une aide à notre évolution spirituelle et non un frein, voire un asservissement?

    Qui d’entre nous peut dire, sans rire, que ces questions « ne le concernent pas »!

     

    Cerise sur le gâteau, c’est au beau milieu d’un champ de bataille, juste avant le déclenchement des hostilités entre les deux clans rivaux, que le maitre répond aux questions de son élève sur les secrets de l’action juste : difficile de faire plus « incarné » et « pragmatique » comme enseignement !

  • La citation du lundi (36)

    Voici la seconde des trois citations inédites d’Arnaud, publiée par Eric dans la dernière Lettre de Mangalam :

     

     

    Mourir à soi-même, c’est mourir à tout ce qui nous empêche d’être vivant.

     

     

    A  lundi prochain pour la troisième et (provisoirement ?) dernière citation  😛

  • La citation du lundi (35)

    Depuis quelques mois, Eric et Sophie Edelmann ont pris l’initiative de faire parvenir à La Bertais un exemplaire de « la Lettre de Mangalam« , petite sœur de l’excellente « Lettre d’Hauteville » dont chaque numéro est un petit bijou. Pour mémoire, si vous n’êtes pas vous-même destinataire, ces deux publications sont consultables à La Bertais.

    Dans le numéro de  l’automne 2013, j’ai eu la grande surprise de lire trois citations d’Arnaud que, pour ma part, je n’avais jamais entendues, et qui, chacune m’ont été droit au coeur. J’imagine qu’Eric aura recueilli en direct ces « perles » au cours d’un des nombreux séjours de notre maître à Mangalam. En tout les cas, un grand merci à lui pour ce précieux partage.

    Voici déjà la première  que je vous laisse méditer…

    Un apprenti disciple, c’est quelqu’un qui ECOUTE.

    Un disciple, c’est quelqu’un qui SE SOUVIENT !

    Et, à lundi prochain pour la seconde  😛

  • Swâmi Veetamohananda à La Bertais

    Samedi prochain 26 octobre, nous aurons la visite inattendue de Swâmi Veetamohananda à La Bertais de 15h à 18h pour un mini séminaire sur le thème « Le dynamisme intérieur« .

    L’association amie « Plénitude », dont la présidente -Evelyne Andonov-  est aussi l’une de nos nouvelles adhérentes, sous-louera notre grande salle à cette occasion pour permettre à ses membres de participer dans de bonnes conditions au programme suivant :

    • 15h : méditation guidée par le Swâmi, puis pause
    • 16h15 : Exposé sur le thème « Le dynamisme intérieur, pourquoi et comment », suivi d’un questions/réponses
    • 17h30-18h : Chants méditatifs conclusifs

    Bien qu’il ne s’agisse donc pas d’une de nos animations directes, ce Swâmi, qui est à la tête du Centre Védantique Ramakrishna de France, est reconnu comme une figure authentique de l’Inde spirituelle et peut à ce titre être pour nous une réelle source d’inspiration. Si vous êtes intéressé(e), merci de vous inscrire directement auprès d’Evelyne en téléchargeant la brochure de présentation du séminaire ICI .

    Pour la petite histoire, sachez qu’au début de ma propre recherche spirituelle, j’ai fait un séjour dans l’ashram de Gretz (dans la région parisienne) qui était alors dirigé par le prédécesseur de ce Swâmi. J’en garde un excellent souvenir, même si, par la suite je n’ai pas éprouvé le besoin d’approfondir cette première l’expérience…

    Plus près dans le temps, sachez aussi que le Swâmi a été l’invité d’honneur de la dernière fête du Yoga de Rennes durant laquelle certains d’entre nous ont donc eu l’occasion de l’entendre…

  • Décès de la maman d’Anne-Marie

    Samedi matin avant le lever du jour, la maman d’Anne-Marie a quitté son corps.

    Les obsèques auront lieu demain, mardi 24 septembre, à 14h30,  en la basilique Notre Dame de Bon Secours de Guingamp.

     

    Puisse ces paroles de la Brihad Aranyaka Upanishad accompagner Henriette dans son cheminement post-mortem.

    Et puisse-t-elles nous inciter à préparer nous-mêmes avec plus d’ardeur notre propre « départ » !

    De mes illusions conduis-moi à la Vérité

    De ma confusion conduis-moi à la Clarté 

    De ma condition de mortel conduis-moi à l’Immortalité

    Original sanskrit :

    Om, asato ma sat gamaya, tamaso ma jyotir gamaya, mrityor ma amritam gamaya

  • Il était une fois les Upanishads (2)

    Ça y est : l’aventure du nouveau forum « Upanishads » est lancée. Dix des douze participants au stage du mois d’août dernier s’y sont inscrits ainsi que onze d’entre vous qui aviez participé à l’une des éditions antérieures de ce même stage. Soit 21 personnes qui ont reçu samedi dernier mon premier texte « Repères culturels« .

    Comme quelques uns parmi les lecteurs de ce blog (Carole, Frédéric, Laurence, Yvon…) ont manifesté leur intérêt bien que n’ayant pas suivi ce type de stage, j’ai décidé de mettre ce premier texte en téléchargement ici même. De la sorte ils pourront  satisfaire leur curiosité légitime et me dire s’ils souhaitent recevoir les textes suivants…

    Pour vous mettre dans l’ambiance, voici comment j’ai introduit ce premier envoi sur le forum :

    « Voici enfin le premier texte promis. Il s’agit d’un document rédigé à partir de mes notes de préparation à la toute première intervention du stage (celle du lundi après midi). Plus précisément, il résume mon propos de la première partie de cette séance introductive, en l’étoffant sur certains points.
    Rien de « folichon » à priori, par rapport à nos hautes envolées des derniers jours. Mais en même temps, les fondations qu’il pose sont nécessaires pour la bonne compréhension de la suite… 
    Alors voici ce que j’attends de vous : profitez du week-end pour lire posément ce texte de 5 pages. 
    Voyez s’il vous inspire des commentaires et/ou des questions et en début de semaine prochaine, faites-moi un retour via notre forum
    Ne soyez pas timide : même si vous n’avez pas grand chose à dire, faites-moi savoir au minimum que vous avez bien reçu et lu le texte : ça m’encouragera à vous préparer le second envoi… »

    Pour télécharger ce texte à votre tour, cliquez ICI 

  • Il était une fois les Upanishads (1)

    Bonjour à toutes et à tous

    Me revoilà aux commandes du blog après une longue interruption liée à la fois à nos vacances personnelles et au mois d’activités estivales non-stop de La Bertais.

    Pour ce premier post de reprise, je veux juste évoquer avec vous le dernier stage « Upanishads » qui s’est déroulé du 19 au 24 août. D’abord avec quelques belles photos dûes à Patrick (l’un des trois stagiaires qui, avec Georges et Alain, étaient des « habitués » de La Bertais). Plus qu’un long discours, elles témoignent de l’ambiance particulièrement « ensoleillée » de la semaine…

     

     

     

     

     

     

    Et puis je veux aussi vous faire savoir que suite à ce stage assez « magique », il a été convenu avec les personnes présentes que je leur adresserai quelques textes complémentaires leur permettant de prolonger leur réflexion selon la ligne des enseignements contenus dans les Upanishads. Ces textes seront soit issus de mes propres « notes d’exposés » soit des extraits plus ou moins longs de ma thèse (non publiée) sur les trois états de conscience (veille, rêve et sommeil profond) selon le Védânta.

    Comme je souhaite qu’un échange puisse avoir lieu autour ce ces écrits spécifiques, je viens de créér un forum dédié que j’ai provisoirement appelé « ups-ete-2013 » (pour Upanishads stage été 2013″). Ce forum fonctionnera selon le même principe que « Bertécol« , (le forum qui regroupe déjà ceux et celles d’entre vous qui s’intéressent plus spécialement à l’écologie et à sa mise en oeuvre concrète à La Bertais) mais il aura à priori une durée d’existence plus limitée (il cessera de fonctionner une fois que j’aurai fini de partager les textes en questions).

    Les personnes inscrites sur ce forum recevront à intervalle régulier un texte à lire ET à commenter. Ce qui suppose, pour les inscrits, qu’ils aient participé au stage Upanishads au moins une fois par le passé, ou à tout le moins qu’ils aient suivi le cycle des trois rencontres avec Swâmini Umananda -autre façon d’avoir une première approche du contenu des Upanishads-. Si donc vous êtes dans l’un de ces deux cas (participant(e) à un stage Upanishads antérieur ou au cycle de la saison dernière avec Swâmini) et que vous êtes intéressé(e) par une sorte de mini-formation complémentaire, vous pouvez me le signaler ici en laissant un commentaire ci dessous. Je vous ferai alors parvenir une invitation à rejoindre le forum dédié…

    Et pour les autres ?

    Sachez d’abord, que j’ai l’intention de faire une causerie sur les Upanishads le jour de notre prochaine AG, soit le dimanche 6 octobre.

    Ensuite, chaque fois que cela sera adapté au sujet de mes textes, je publierai un article plus court sur le blog donnant un aperçu simplifié de mes propos et éventuellement de la discussion qu’ils auront suscitée sur le forum…

    Et pour vous mettre l’eau à la bouche (si ça n’est pas déjà fait), voici une première citation de la Mundaka Upanishad que je vous laisse savourer :

    « OUI (Aum) ! Cette syllabe est l’arc, la conscience individuelle (atmân) est la flèche et la Totalité (brahman) est la cible ».

    Paraphrase personnelle : la pratique inconditionnelle du OUI à ce qui EST (aum) constitue le moyen privilégié (l’arc) de propulser notre conscience personnelle dans le sentiment d’unité avec le Tout !

    Le sage Vyasa, compilateur des Upanishads
  • Commémoration du départ d’Arnaud

    Le samedi 10 août prochain sera la date du 2ème anniversaire du départ d’Arnaud. Ceux et celles d’entre vous qui êtes membres des Amis de Hauteville savent que l’ashram organise à cette occasion une journée spéciale de commémoration, précédée de deux journées intensives de méditation guidée. Mais si vous n’êtes pas membre des Amis de Hauteville ou si vous ne pouvez pas vous rendre sur place, sachez que vous pourrez quand même vous associer plus modestement à cette commémoration en participant à l’animation qu’Anne-Marie et moi-même assurerons à La Bertais ce même samedi 10 août de 9h15 à 18h30.

    En voici le programme

    • 9h15 : Accueil à La Bertais (possibilité d’arriver et de dormir sur place dès le vendredi soir)
    • 9h45 : Méditation enregistrée d’Arnaud
    • 10h30 : Réunion de partage des tâches
    • 11h : Ashram-séva
    • 13h : Repas
    • 14h : Lecture individuelle de passages de livres d’Arnaud tirés « au hasard »
    • 14h30 : Yoga-nidra (ou temps de repos personnel)
    • 15h : Echange en groupe autour des passages lus individuellement à 14h
    • 16h30 : thé convivial
    • 17h15 : méditation enregistrée d’Arnaud
    • 18h : Rangement
    • 18h15 : Départ (avec possibilité de rester dormir sur place le samedi soir)

    Quelques indications pratiques complémentaires

    • Le séjour qui devait avoir lieu du 5 au 10 août étant annulé, les chambres seront toutes libres pour loger ceux ou celles qui voudront être hébergés(ées) sur place la veille au soir ou rester dormir le samedi soir.
    • Le repas (et l’hébergement éventuel) seront à régler au tarif habituel
    • L’animation ne sera pas tarifée, mais chacun sera appelé à faire une donation qui sera intégralement reversée à Hauteville.
    • La participation à une partie seulement de la journée de commémoration (matin ou après midi) n’est pas possible.

    Inscriptions

    • Si vous faites partie du GSMP et que vous vous êtes déjà inscrit(e) en répondant au mail que nous vous avons adressé début juillet, vous n’avez aucune autre démarche à faire (sauf nous prévenir en cas de désistement!)
    • Dans tous les autres cas, pour réserver votre place, merci de nous faire parvenir le plus tôt possible un mail à l’adresse : y.leboucher@netcourrier.com en précisant si vous souhaitez ou non dormir sur place le vendredi et/ou le samedi soir. Réponse souhaitée avant le jeudi 7 août.

    Dans la joie de contribuer à entretenir vivant dans nos coeurs le souvenir d’Arnaud et de son enseignement !

  • Se garder du syndrome du mauvais monde

    Et de deux, voici un article repris de l’Ipapy… en provenance du blog de Matthieu Ricard où il a été publié le 17 juin dernier.

    Si je le reproduis à mon tour ici, ce n’est pas par paresse, mais bien parce que je me sens touché et nourri par la justesse du propos qui, très modestement inspire aussi l’esprit de notre propre blog…

    Les médias renchérissent sur la fascination qu’exercent sur nos esprits les comportements violents, malveillants ou pervers. Le malfaiteur qui a commis un crime crapuleux fera plus parler de lui que le bénévole qui assiste des personnes âgées dans le même quartier. Ce constat s’explique sans doute par le fait que les atrocités nous choquent en raison même de leur déviance par rapport aux comportements ordinaires.

    Ce qui est ainsi offert aux yeux du public n’est pas anodin. Des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie qui ont étudié pendant deux décennies l’influence de la télévision, ont montré que les téléspectateurs qui regardent constamment des actes négatifs manifestent une tendance accrue à agir de la même façon, et que, plus on regarde la télévision, plus on est enclin à penser que les gens sont égoïstes et qu’ils nous tromperaient à la première occasion. Bien avant l’âge de l’audiovisuel, Cicéron observait : « Si nous sommes contraints, à chaque instant, de contempler ou d’entendre parler d’événements horribles, ce flot ininterrompu d’impressions détestables privera même les plus humains d’entre nous de tout respect pour l’humanité. »

    A l’opposé, quand les médias prennent la peine de mettre en valeur les aspects généreux de la nature humaine, les spectateurs entrent aisément en résonance avec cette approche positive. Ainsi, la récente série intitulée « Héros de CNN », connaît un franc succès. Cette émission présente des portraits et des témoignages de personnes, souvent très humbles et inconnues, qui ont entrepris des projets sociaux novateurs et bienfaisants ou qui se sont totalement impliquées dans la défense de causes justes.

    Les drames et les violences font le plus souvent les grands titres de l’actualité et dominent les films et ouvrages de fiction. Lorsqu’on parle de film « d’action », cela signifie souvent que les protagonistes s’entre-tuent, le plus souvent du début à la fin de l’intrigue. Un jeune Américain de vingt ans aura vu en moyenne 40 000 meurtres fictifs à la télévision (dont 8000 avant l’âge de 12 ans) alors que, fort heureusement, dans la vie quotidienne, peu d’entre nous ont été les témoins directs d’un meurtre. Il ne faut donc pas s’étonner que nous souffrions de ce que les Anglo-Saxons appellent le « syndrome du mauvais monde », autrement dit l’idée que nous vivons dans un monde essentiellement hostile, peuplé d’individus égoïstes qui ne tendent qu’à favoriser le plus possible leurs intérêts personnels, même si cela implique de sacrifier le bien-être de ceux qui les entourent. Il est donc d’autant plus essentiel de présenter une vision plus proche de la réalité, qui mette l’accent sur les innombrables gestes de bienveillance, d’entraide, de coopération et de solidarité qui tissent notre quotidien.