Auteur/autrice : Yann Le Boucher

  • D’où vient le monde? 2ème session avec Swâmini Umananda

    Pour le plaisir du partage, voici quelques échos de la seconde session « Vision et pratique de l’Advaïta Vedânta » qu’a animé pour nous à La Bertais en ce samedi après-midi, Swâmini Umananda.

    Après la session de novembre dernier portant sur le « Qui suis-je?« , celle de cette fois-ci avait pour titre  » D’où vient le monde? Quelle est sa réalité« .

    Les versets upanishadiques sollicités pour nous faire réfléchir à ces « grandes questions » étaient tirés de l’Ishavâsya, de la Mundaka, et de la Mândukya upanishads. Autant dire, de la « crême » des textes sacrés de l’Inde ancienne…

    Sans vouloir refaire la brillante conférence de Swâmini, voici ce qu’à titre personnel j’ai retiré de plus fort de cette confrontation avec les Textes (confrontation qui a d’ailleurs été présentée par Swâmini comme un point d’appui à part entière pour la sadhana).

    L’Ishavâsya upanishad pose le principe de départ de la Non Dualité : « Tout cet univers changeant n’est en réalité que Ishâ, (le Seigneur, Dieu) ».

    Autrement dit, la perception que nous avons naturellement de la diversité et du changement est illusoire car superficielle. Cette multiplicité changeante est en réalité imprégnée par la Conscience Cosmique dénommée ici  Isha. Par parenthèse, quand Swâmi Prajnanpad évoquait ce verset, il insistait sur la dimension « principe indéfectible d’ordre et d’harmonie » contenue selon lui dans le concept d’Isha. (cf lettre à Surendra datée de 1955).  Ce texte nous invite donc à considérer qu’il y a une Intelligence supérieure et un Ordre secret derrière l’apparent non-sens et/ou désordre du monde…

     

    L’auteur de la Mundaka upanishad, quant à lui, partage avec nous son expérience directe de l’omniprésence du brahman en témoignant : « Tout cet univers n’est que le brahman immortel : devant, c’est brahman, derrière, aussi. A droite, à gauche, et en dessous, et au dessus, partout c’est brahman. Ce monde entier n’est rien d’autre que le brahman suprême ».

    Comme vous le savez cette affirmation fondamentale a trouvé une application pratique assez inattendue sous la plume d’Arnaud, puisque dans « A la recherche du soi* », il nous incite à traquer les exceptions que notre mental prétend trouver à cette vérité cardinale. Tout est brahman sauf… ma belle mère, dira le mental de l’un. Tout est brahman sauf les CRS, dira le mental de l’autre. Tout est brahman sauf ma panne de voiture, mon mal aux dents, la façon désagréable dont tu me parles, la manière ridicule dont il ou elle se comporte, la météo pourrie d’aujourd’hui, la politique injuste du gouvernement, le scandale de la faim dans le monde, l’aberration du réchauffement climatique… Et j’en passe! La litanie des exceptions que nous trouvons du matin au soir est indéfinie. Face à ce « meurtre du soi » (expression utilisée en toutes lettres dans l’Ishavâsya pour dénoncer notre « oubli » du brahman), il est précieux de pouvoir se remettre devant l’affirmation catégorique de la Mundaka ; et même de la contempler pour tenter de s’en imprégner :

    « Partout et toujours, il n’y a jamais rien d’autre que l’immortel brahman« .

    Swâmini nous a conduits ensuite à réfléchir au rapport qu’il y a entre ce principe suprême et le monde manifesté à l’aide de trois images proposées par la même Upanishad. Selon les analogies proposées, le monde est au brahman ce que la toile est à l’araignée, ou ce que la végétation est à la terre, ou encore ce que les cheveux sont au corps humain : une production naturelle qui ne peut pas ne pas se manifester !

    Personnellement, si  je me souvenais bien de la première image, je n’avais jamais pris le temps de m’y arrêter ; et encore moins celui de la combiner avec les deux autres…

    Enfin, les deux dernières citations étudiées ont été extraites de la célèbre, mais ô combien difficile, Mândukya upanishad. Celle-ci affirme avec un aplomb désarmant que la distinction habituelle que nous faisons entre nous et le reste de la réalité, (en terme philosophique, la distinction entre le Sujet et l’Objet) est une pure illusion. L’image utilisée pour nous permettre de nous approcher de cette révélation est celle du tison ardent. Imaginez que quelqu’un tienne dans la nuit un tison ardent à la main. S’il ne bouge pas, vous verrez un point rouge dans la nuit. Mais s’il agite son tison de façon suffisamment rapide, c’est une forme plus ou moins complexe que votre oeil verra (par exemple, un cercle, une spirale, un huit ou toute autre forme régulière ou irrégulière). Et de loin vous pourrez vous méprendre et considérer qu’une telle forme existe réellement, avec ses caractéristiques propres. Le Un éternel et invariant (le point rouge) vous sera apparu multiple et changeant (les lignes et figures géométriques éphémères), sans pourtant que sa nature fondamentale n’en soit en rien changée…

    Il y aurait, bien sûr, beaucoup plus à dire sur cette après-midi si riche, mais je cède la plume à ceux et celles qui voudront apporter leur propre contribution dans les commentaires à cet article. Permettez-moi de terminer simplement par ce petit témoignage : j’ai été touché -jusqu’à la surprise- par la qualité toute particulière du silence lors de la médiation conclusive. Ai-je été le seul ?


    Cf : A la recherche du Soi, chapitre 3 : « De même, si je dis : « Tout cet Univers est brahman », je ne peux pas faire d’exception à cette affirmation. Tout cet Univers est brahman… sauf ma belle-mère. Non ! Ou sauf mes ennemis personnels, ou sauf les partis opposés à celui auquel j’adhère moi-même.
    Tout cet Univers est brahman, y compris les C.R.S. et les gauchistes, y compris les fascistes et les révolutionnaires. Tout cet Univers est brahman, et je suis brahman, et je suis le C.R.S., et je suis le gauchiste, et je suis le fasciste, et je suis le révolutionnaire ; et le fasciste, c’est moi, et le gauchiste, c’est moi, et le révolutionnaire, c’est moi, et le C.R.S., c’est moi ».

  • Bienvenue à Yves Rémond (1)

    Dans l’optique de la prochaine venue d’Yves Rémond à La Bertais et afin que vous puissiez faire mieux connaissance avec lui, je lui ai demandé de m’autoriser à publier sur notre blog certains des articles qu’il a écrit pour la Lettre d’Hauteville. Merci à lui d’avoir accepté, car il s’agit de textes de qualité qui donnent un bon aperçu de celui que vous pourrez bientôt rencontrer en live !

    Le premier article que vous allez pouvoir lire ci-dessous est celui où il se présente à tous les adhérents d’Hauteville, alors qu’il venait d’être intégré à l’équipe des permanents au poste de co-responsable des espaces verts, (donc bien avant qu’il ne prenne les responsabilités d’animation qui sont désormais les sienne). Il est paru dans le n° 36 de la Lettre d’Hauteville datée de mars 2004*.


    TEMOIGNAGE D’YVES REMOND

    Je suis né le 15 septembre 1956, au sein d’un couple qui ne pouvait pas avoir d’enfant depuis longtemps. Mon père a 57 ans à ma naissance et ma mère 18 ans de moins que lui. Je n’aurai ni frères, ni sœurs. Mes parents sont également chacun enfant unique et il ne reste que mes deux grands-parents maternels qui habitent à côté de chez nous. La partie va donc se jouer à cinq. Enfant tellement désiré, j’ai reçu dès le départ beaucoup d’amour. Le premier souvenir de mon père est son regard bleu et ses deux grosses mains qui me portent et dans lesquelles je me sens si bien. Homme fort, puissant, inébranlable, il était ingénieur autodidacte et très investi dans son métier. Ma mère, encore en vie aujourd’hui, travaillait comme secrétaire, et m’a aimé comme « le plus grand bonheur de sa vie » selon ses propres termes ! Mes parents ne s’entendaient pas toujours très bien entre eux et, bien que jamais rien n’éclatât en ma présence, je ressentais l’atmosphère familiale comme plutôt pesante et sérieuse. La maison de mes grands-parents était alors un contrepoids bienvenu. Mon grand-père, chauffeur de taxi parisien et jardinier, fut un compagnon de jeu extraordinaire. Il m’a ouvert à l’amour de la nature en me faisant découvrir le vol du pic-vert au cours de nos promenades en forêt de Fontainebleau. Ce fut un milieu très protégé avec ses atouts et ses handicaps. J’étais un petit garçon joueur, créatif, heureux d’être vivant, sensible, mais craignant le monde extérieur (quitter ma mère pour aller à l’école était un cauchemar) et inquiet de beaucoup de choses (le service militaire et les dinosaures en particulier !).

    A 16 ans, j’étais bon élève en classe, mais plutôt pataud et peu à l’aise dans mon corps. Je lisais beaucoup et l’imaginaire suivait. Je sentais monter en moi un grand désir de liberté pour quitter la maison et voyager très loin. Pas vraiment de rêves du grand amour, mais plutôt de découverte du vaste monde. L’adolescence fut une période douloureuse de très forte opposition avec mon père. Lui : concret, bricoleur, jupitérien et moi : idéaliste, rêveur, poète. La relation était bloquée. Je me suis heurté à un mur d’incommunicabilité des années durant. Mes bons résultats scolaires et ma capacité de travail étaient les seuls points qui me permettaient de trouver grâce à ses yeux. Mon père m’a imprimé une image forte de ce que doit être un homme. Je me comparais sans cesse aux autres hommes, les vrais eux !… Ceux qui n’avaient pas peur ! Plus tard, c’est au nom du chemin spirituel que j’ai osé prendre des initiatives ou saisir des opportunités qui m’ont montré peu à peu que j’étais capable, moi aussi, d’être courageux et responsable. Toujours à 16 ans, je découvre le hatha-yoga et je m’y lance à fond. Je pratique tous les jours et, en fait, je n’ai presque pas arrêté depuis cette époque. Ma famille, athée, ne m’avait donné aucune éducation religieuse. La spiritualité devient cette bouffée d’air du grand large. J’entreprends des études supérieures scientifiques et me voici à 23 ans avec un diplôme d’ingénieur agronome en poche. En parallèle, je chante beaucoup dans les chorales, je fais de l’aïkido, du yoga, du zazen et de nombreuses randonnées en montagne. Je vis en communauté, brise les tabous, mais j’ai une peur bleue de me lancer dans la vie professionnelle. J’essaye de pousser encore plus loin des études et puis un jour, une annonce : on cherche un ingénieur agronome en Irak. Le salaire est très attractif, l’aventure aussi. Je me lance !

    Un bombardier iranien vient de passer au-dessus de nos têtes et part pilonner Baghdad. C’est mon premier vrai travail : je me retrouve dans le désert, en pleine guerre Iran/Irak, à cultiver des tomates dans des serres immenses. Le choc est violent, salutaire. D’un seul coup je découvre l’insécurité et la vraie ! La peur est partout : peur des bombardements, de la délation, du voisin qui appartient peut-être à la police secrète. La gentillesse et la simplicité de mes collègues irakiens contrastaient tellement avec les conditions éprouvantes dans lesquelles ils vivaient, que mes problèmes émotionnels et métaphysiques m’apparaissent bien relatifs. J’apprends l’arabe. Le silence du désert m’exalte. Ces neuf mois irakiens mettront au monde un Yves amaigri de quinze kilos, fasciné par le désert et amoureux de l’Islam. De retour en France, je veux devenir musulman. Pendant plusieurs mois, je lis le Coran dans le texte et je fais les cinq prières quotidiennes. Je décide d’aller me convertir à la Mosquée de Paris et c’est sur les marches de cet établissement que, soudain, ce désir tombe. Comme ça ? Fini ? Ce brusque revirement me fait prendre conscience que je ne connais rien de moi.

    Je commence alors une thérapie avec une personne recommandée par mon premier professeur de yoga, elle-même engagée auprès d’un certain Arnaud Desjardins. Je repars pendant trois ans au Moyen-Orient où je gagne suffisamment d’argent pour intercaler des séjours en France pendant lesquels je continue intensément le travail sur soi. Je me familiarise avec l’enseignement d’Arnaud à travers ses livres. C’est à cette époque, en 1984, que je le rencontre, au tout début de Font d’Isière. Dans ma construction d’enfant unique et de premier de la classe, je lance un jour à Denise : « Je serai le meilleur disciple d’Arnaud ! » Elle me répond tranquillement : « Pourquoi pas ? Il suffit d’y mettre le prix… » OK. Au travail ! C’était naïf et inconscient de l’enjeu, mais l’intention est sincère et les efforts réels. C’est ce qui compte. Je suis animé par un fort désir de comprendre le plus possible, d’avancer, de progresser. La plongée dans l’inconscient m’est bénéfique. Elle me sert aussi à construire un personnage qui vit des états spéciaux, mais n’est ni détendu, ni fondamentalement heureux. Karlfried von Dûrckheim, que je rencontre en Forêt-Noire, résume avec tact et humour la situation. Alors que je lui parlais de mes états intérieurs, il me répondit avec calme : « Oui mon cher ami, cela ressemble à un éveil de kundalini, mais je n’y connais rien. Tout ce que vous me dites est cependant fort intéressant, mais faites attention, il y a trois marches en sortant de mon bureau ! » Sans commentaires…

    Arnaud, quant à lui, au cours d’un entretien, et de façon inattendue, me place devant ces trois choix : « Une vie de moine, une vie d’homme marié ou une vie ratée ! » En effet, côté affectif, je vis toujours seul. J’ai 32 ans, j’apprécie la liberté apparente du célibat, mais, en fait, j’ai peur que la vie de famille, ses responsabilités et son quotidien me fassent perdre « mes » élans mystiques, « ma » recherche spirituelle. Pourtant, je sens bien qu’Arnaud a raison : A qui je sers ? Je ne vis que pour moi ! La loi d’attraction joue et trois mois plus tard, en 1988 à Font d’Isière, je rencontre Marie-Paule et son enfant de trois ans à l’époque : Satya, dont le père était décédé accidentellement peu après la naissance. En un mois, je passe d’une vie solitaire à une vie de couple et de père de famille. Virage délicat ! Heureusement que Marie-Paule et moi étions engagés auprès d’Arnaud, car les débuts furent difficiles. J’étais aussi très fortement animé d’un désir d’être utile à ce petit bonhomme de trois ans qui me regardait avec ses yeux noirs en me demandant : « Est-ce que je peux t’appeler Papa ? » J’adopte légalement et affectivement Satya comme mon propre fils. Marie-Paule et moi avons un second enfant : Lucas, en 1991. Le chemin se joue alors dans le quotidien : les enfants, l’école, les vacances, les belles-familles respectives, le travail, la maison et son aménagement, etc. Notre famille se construit et c’est elle qui me permettra de me sentir enfin homme, d’accepter et d’aimer mes propres parents et de bâtir une structure intérieure autrement plus solide qu’auparavant. Pendant une dizaine d’années, je travaillerai pour un bureau d’études en environnement, voyageant dans plus de vingt pays différents en Asie et en Océanie surtout. Et puis cette société dépose son bilan en février 1997. Me voici au chômage et je prends cette période comme une précieuse opportunité pour m’arrêter et faire le point. Je suis engagé auprès d’Arnaud depuis treize ans. Où en suis-je ? Qu’est-ce que je veux vraiment ? J’ai 40 ans, le temps passe.

    27 mars 97. En séjour à Hauteville, c’est la nuit dans cette petite chambre de l’ashram. Je me sens devenir seul, de plus en plus seul. Et dans cette solitude, il n’y a plus à faire semblant. Je ne discute plus. Je rends les armes. C’est maintenant ou jamais… et ça lâche. Rien de spectaculaire, plutôt la sensation d’accéder à un niveau très intime : « Il n’y a plus rien à chercher. » Puis cette évidence s’est imposée très simplement : « Il n’y a que l’instant ; cet instant est éternel, insaisissable et il n’y a rien d’autre à découvrir. ». Cette prise de conscience ouvrit alors une brèche dans l’édifice mental. À la fois je vivais la joie de celui qui arrive au port après un long voyage et je voyais fonctionner la prison mentale avec une rapidité et une lucidité inconnues jusqu’alors. Des points de repère assimilés depuis tant d’années tels que mon corps, ma vie, le passé et le futur, l’intérieur et l’extérieur de moi perdaient tout leur sens. La totalité de mon existence, depuis ma naissance jusqu’à ce 27 mars, se trouvait intégralement justifiée. Il n’y avait pas une erreur, pas une errance qui n’eût sa place dans cette trajectoire. La pratique se résumait à ne plus discuter ce qui était là, tout de suite, sans cesse. Il fallut tout le savoir-faire d’Arnaud et de Daniel pour m’encadrer et situer cette expérience dans un contexte plus large. Eux seuls avaient le recul pour ça. L’aide du maître est indispensable tant il est possible de s’illusionner sur ce type d’expérience et tellement le mental est capable de tout récupérer pour son propre compte. La famille et l’intégrité de Marie-Paule constituèrent également de précieux garde-fous. La dynamique lancée par cette expérience dura plusieurs mois au cours desquels, progressivement, tous les mécanismes émotionnels se remirent en place. J’ai dû apprendre, là aussi, à m’incliner devant la vérité et reconnaître la puissance d’inertie des habitudes mentales. Pourtant, des illusions concernant l’accomplissement spirituel étaient balayées, la pratique était clarifiée et simplifiée, le lien de confiance avec Arnaud s’en trouvait renforcé et, par-dessus tout, je savais maintenant que les promesses d’accomplissement du chemin spirituel étaient vraies. Ce n’était plus une espérance. J’avais goûté à une liberté inoubliable. Il restait à l’incarner et pour cela il n’y avait plus qu’un seul outil : la pratique instant après instant.

    Juin 2002. Me voici de nouveau sans travail. Tout en continuant mes recherches d’emploi, je décide de consacrer cette période de chômage à Hauteville, comme bénévole. Je sentais le besoin d’être utile et de ne pas me couper d’un rythme d’activité équilibrant. Au bout d’un an, Arnaud me propose de rejoindre l’équipe des permanents pour janvier 2004. Ma tâche à Hauteville est principalement axée sur le jardin avec Roger. À rédiger ces lignes, je me suis rendu compte comment un destin se tisse en arrière-plan et comment les événements répondent à la demande profonde, en leur temps. Travailler à Hauteville n’a rien à voir avec ce que j’ai connu jusqu’alors même s’il existe un certain lien technique entre l’agronomie et les jardins de l’Association. L’objectif n’est pas seulement que le cloître soit harmonieux ou la plaine bien entretenue. Travailler à Hauteville m’impose de me demander : « Au nom de quoi suis-je ici ? » et de me souvenir de la réponse, sinon, cela n’a pas de sens…

     


     * Aux grincheux qui seraient tentés de me rappeler que « la Lettre d’Hauteville est strictement interne à l’association et ne doit pas être publiée sur Internet« , je fais remarquer qu’il ne s’agit pas de rendre publique la Lettre d’Hauteville dans son intégralité, mais de rendre accessible aux seuls membres de La Bertais et avec le consentement express de l’auteur, certains des articles qu’il y a lui-même signé. Cependant, et pour rester fidèle à l’esprit de la mention présente au bas de chaque Lettre d’Hauteville, merci de ne pas recopier et/ou de faire circuler par tout procédé électronique ou autre le contenu de cette page (dont l’accès est réservé aux seuls membres des Amis de La Bertais).

  • Gayatri mantra et rappel de soi

     La rédaction de cet article m’a été inspirée par deux évènements récents. Le premier, l’atelier de novembre avec Swâmini Umananda au cours duquel nous avons, en introduction à l’après-midi, appris à chanter (ou tenté d’apprendre!) ce célèbre mantra. Le second, le « cadeau » que Claudette Vidal a fait il y a quelques jours aux participants à sa retraite en leur adressant par mail un lien vers la vidéo ci-contre qui a particulièrement touché certains d’entre vous au point qu’elle soit à l’origine de nombreux mails déjà échangés en privé…

    .

    Autant vous le dire tout de suite, personnellement, je ne me suis pas senti très à l’aise avec cette version « new-age » de ce mantra traditionnel. Ceci étant, comme, depuis des années, j’écoute moi-même de temps en temps en boucle ce mantra (et que parfois je m’essaye même à le chanter…), j’ai trouvé que c’était une bonne opportunité de « faire le point » sur la compréhension que j’ai actuellement de sa signification et de son rôle éventuel sur le chemin…

     

    Tradition :

    La première chose à savoir, concernant ce mantra, est que c’est une des prières védiques les plus connues et les plus psalmodiées de tout l’hindouisme (un peu comme le « Om mani padmé hum » des Tibétains, ou le « Kyrie eléison» des Chrétiens). En particulier, sa récitation rituelle trois fois par jour fait partie des « obligations » traditionnelles des membres de la caste brahmanique. C’est ainsi qu’un brahmane digne de ce nom, doit se lever tous les jours AVANT le soleil de façon à pouvoir se tenir devant lui lors de son apparition et lui rendre un premier hommage par cette récitation. Au moment où l’astre solaire est à son zénith (à midi, en heure locale), il doit de nouveau interrompre toutes ses activités et se tenir devant le soleil pour un second rituel au cours duquel il récite (entre autres) à nouveau ce mantra. Et le soir, il ne doit pas se coucher sans avoir d’abord accompagné le soleil dans sa course jusqu’à sa disparition sous l’horizon, moment durant lequel il psalmodie en boucle et pour la troisième fois de la journée ce fameux mantra…

    Quand nous étions en Inde auprès de notre premier maître Shi Kulkarni, nous l’avons très souvent vu se livrer sous nos yeux à ce triple rituel (qu’il faisait de façon plus ou moins cérémonieuse selon les circonstances et le temps disponible), comme en témoigne la photo ci-contre prise en 1979…

     

     

    Bien qu’issu d’une famille de brahmanes, Swâmi Prajnanpad, quant à lui, n’était plus soumis aux obligations de sa caste d’origine car selon la tradition hindoue, l’état monastique obéit à d’autres règles que celles des états séculiers. Il ne devait donc plus réciter ce mantra de façon rituelle, mais ceux et celles d’entre vous qui ont fait avec nous il y a quelques années le stage d’été « Sur les pas de Swâmiji » le savent : il avait gardé le rythme des 3 coupures quotidiennes ! Levé avant l’aube, il passait chaque matin un long moment en contemplation devant le spectacle du lever du jour. Il faisait une pause méditative à midi et, le soir, il prenait toujours un long temps méditatif pendant lequel il se mettait silencieusement au diapason de la Nature durant ce moment magique de l’effacement progressif de la lumière solaire…

     

    Donc, et c’est là où je voulais en venir, la première condition pour comprendre le sens de ce mantra, c’est de le replacer dans son contexte : une prière au Soleil et à sa lumière, symbole universel de la Lumière de la Conscience.

     

    Traduction :

    Muni de cette première clé, nous pouvons à présent aborder le mot à mot du mantra

     Om, Terre (bhur), Atmosphère (bhuvah), Ciel (suvah)

    Ce soleil (tat savitur) vénérable (varenyam) au rayonnement divin (bhârgo devasya), méditons (dhîmahi)

    Afin que notre intelligence (dhiyo yo nah) il éclaire (pracodayât).

    Ce qui, en bon français, peut se rendre par :

    Oui à la terre, à l’atmosphère, et au ciel

    Méditons sur ce vénérable soleil au rayonnement divin

    Afin qu’il éclaire notre intelligence !

     

    Par comparaison, voici la traduction donnée par Swâmini Umananda qui, si elle est encore proche de l’esprit du texte, rajoute déjà bon nombre de notions par rapport au mot à mot, comme montré ci-dessous.

    «Nous méditions sur la Gloire du Seigneur Suprême, symbolisé par le Soleil, (Savituh) qui a créé l’univers, qui est digne de toute vénération, qui est l’incarnation de la Lumière, qui délivre de l’ignorance. Puisse cette lumière divine illuminer le flot de pensées de notre intellect ».

     

     

    Et à présent l’une de celle qui fleuri sur Internet en accompagnement de la vidéo du début de cet article :

    « DANS TOUS LES ROYAUMES DE L’EXPERIENCE,

    LA NATURE ESSENTIELLE ILLUMINANT L’EXISTENCE EST L’ADORABLE UN.

    PUISSENT TOUS LES ETRES PERCEVOIR, PAR UN INTELLECT SUBTIL ET MEDITATIF,

    LA MAGNIFIQUE SPLENDEUR DE LA CONSCIENCE ILLUMINEE »

     

    Avouez que si les idées exprimées sont pleines de bonnes intentions, ça commence à faire un peu « téléphone arabe » comme traduction !

     

    A la décharge de cette traduction très « libre », je dois dire que la signification traditionnelle des trois premiers mots est bien celle des trois domaines de l’expérience, le grossier, le subtil et le causal ; ou, le physique, le psychique et le spirituel.

    Pour un hindou cultivé, le premier verset du mantra prend donc naturellement le sens de :

    «Oui à la triple dimension sensorielle, psychologique et spirituelle du Réel »

     

    Pratique :

    Il est temps de nous demander pourquoi les Rishis des temps védiques les plus anciens (4000 ans au moins ?) ont institué ce rituel, et pourquoi ils l’ont même rendu « obligatoire » pour ceux (les brahmanes) en charge de la retransmission de la sagesse.

    Un élément de réponse, à ce qui me semble, peut se trouver dans la modeste institution bertaisienne du « rappel de soi » que nous pratiquons deux fois par jour, durant les périodes de séjour (avec l’intention secrète de vous donner le goût de le faire aussi hors séjour !).

    Pendant quelques minutes, il nous est proposé de nous tenir immobile et de prendre autant de recul que possible par rapport à notre identification habituelle.

    Imaginez-vous un instant à La Bertais, la cloche du rappel vient de sonner et vous vous positionnez face au soleil.

    Vous êtes en train de contempler le monde et vous prononcez alors ces paroles  :

    « Oui à mon état physique (terre), oui à mon état psychologique (atmosphère) et oui aux causes cachées de ce double vécu (ciel).

    Que ce soleil radieux ravive la lumière de ma propre Conscience,

    afin que mon esprit gagne en lucidité ! »

     

    Vu sous cet angle, n’est-ce pas un support magnifique pour « se rappeler soi-même » !

    Et à votre avis, faire cela toute sa vie trois fois par jour, est-ce perdre son temps ou au contraire l’utiliser au mieux  ?

     

    Avec ou sans le support de la Gayatri, bonne pratique du rappel de soi !

  • Fête du Yoga, 11ème édition

    Le samedi après-midi 9 Février aura lieu la 11ème édition de la Fête du Yoga. Organisée par YogaRennes, une association que j’ai contribué à fonder dans les années 2000 et qui regroupe aujourd’hui plus de vingt cinq professeurs de yoga de Rennes et sa région, c’est le rendez-vous annuel incontournable de tous les « passionnés ». Il y en a en effet pour tous les goûts, avec, en l’espace de  quelques heures, pas moins de 14 ateliers et de 3 conférences dont vous lirez ci dessous une brève présentation…

    Pour les habitués, veuillez noter les deux nouveautés de cette édition :

    • Cette année, nous avons mis en place un système de réservation et de paiement en ligne (via Paypal). Si vous souhaitez participer à tout ou partie de la Fête, c’est de loin la solution à privilégier. Je rappelle en effet qu’il n’y a pas de billetterie sur place le samedi après-midi : il vous faut donc IMPERATIVEMENT réserver votre place à l’avance pour de pouvoir participer aux activités (conférences et ateliers).
    • Cette année, l’horaire du concert de clôture a été avancé à 19h30 (pour le concert, il y aura une billetterie sur place, mais c’est préférable d’acheter sa place en ligne à l’avance)

    LES ATELIERS :

    • Au choix sur le premier créneau : Méditation de pleine conscience avec Véronique Hardy ; Atelier de musique indienne avec R Karmakar ; Yoga et Equitation avec Gilbert GieselerYoga et points Marma avec Isabelle Hernandez ; la série des 10 postures de Shri Saccidânanda  avec Pascal Mauffret (attention, cet atelier est de double durée et se prolonge donc sur le second créneau).
    • Au choix sur le second créneau : Pranayama avec Rodolphe Milliat ; Yoga Nidra avec Véronique Stéphan; Hatha Yoga traditionnel avec Carole Balas-BaumannAshtanga Yoga avec Luc Carimalo.
    • Au choix sur le troisième créneau : Yoga au bureau avec Anne Pillet ; L’effort juste dans la posture avec Christiane SimonMéditation tantrique avec Serge Lelandais et Lise QueguinerYoga et problèmes de santé avec Sylvie Besson ; Postures et chakras  avec Sylviane Delourmel.

    LES CONFERENCES :

    • Vivékânanda, le passeur spirituel, par Serge Lelandais et Lise Queguiner
    • Jnâna Yoga au quotidien, par Yves Baudron
    • Kumba Mela, ou la foire aux gurus, (film-documentaire) par Jean-Marc Chauvet (extrait ci-contre)


    EN PRATIQUE

    Le détail du programme (avec la présentation de chaque atelier) et le coupon de réservation peuvent se télécharger très facilement en cliquant ICI.

    Réservation et paiement en ligne en cliquant ICI

    Et pour clôturer la fête, ne manquez pas le concert final  de « Musique hindoustani » avec Rajib Karmakar (sitar), Gabriel Ion (violon) et Tristan Auvray (tabla) à partir de 19h30 (billetterie séparée si vous ne venez qu’au concert).

    Voici un aperçu musical de leur talent :


     

    A très bientôt de vous retrouver nombreux pour explorer et célébrer ensemble le Yoga  !

  • Voeux insolites…

    Voici un texte du père Guy Gilbert (le « curé des loubards ») qu’Anne-Marie m’a proposé de partager avec vous !

    Avec tous nos voeux !!!


    Si je te souhaite une année paisible, tranquille, ce sera désirer que tu te replies sur toi-même… Alors, pas question !

    Si je t’offre les habituels voeux sucrés, ça veut dire que je ne souhaite aucun piment dans ta vie. Ne compte pas sur moi pour ça !

    Si je t’envoie mes voeux stéréotypés parce que tu es dans mon fichier et que, rituellement, c’est une corvée que je dois assumer, seule la poste ne trouvera rien à redire. Tu te sentiras reconnu mais pas respecté. Mais si je t’envoie quelques mots bien ciblés, qui vont te remplir de joie, de douceur et de tendresse malgré leur brièveté…, alors tu sauras que tu existes en moi, hors la forme habituelle où tu penserais que tu n’es qu’un parmi tant d’autres.

    Je te souhaite une année dure, exigeante, où tu vas en baver. Parce que les autres ne te laisseront jamais indifférent. Parce que tu vibreras à toute misère, toute souffrance et que tu seras là pour apaiser et réconcilier.

    Je te souhaite une année où tu sauras prendre du temps pour toi.
    Trois cent soixante-cinq jours bourrés à bloc des autres (au point que tu y perdras ton âme et sans doute ta santé), ça, ce ne sont pas mes voeux ! Une année où tu prendras du temps pour toi, d’abord, sera l’année que je te souhaite. La puissance que tu emmagasineras te rendra fort, ardent et plein de discernement pour le service des autres.

    Une année où la prière et le silence seront tes atouts maîtres. Une année où tu seras alors performant au-delà de l’imaginable.

    Une année où tu vas choisir ta famille en priorité sera, à coup sûr, ton année phare. Elle sera grâce pour toi et les tiens.

    Enfin, une grande puissance d’écoute pour tous ceux et celles qui te solliciteront : famille, voisins, amis et emmerdeurs de tout poil, est mon voeu presque final.

    J’achève en souhaitant que tu sois un être de miséricorde. Notre monde a un immense besoin d’humains qui pardonnent et sachent demander pardon. Seuls ces êtres donneront à un monde dur, figé sur l’apparence, le fric et le pouvoir, l’oxygène qui le fera vivre.

    Face au cynisme de la loi du marché et au narcissisme de la richesse, il est plus que temps de passer à la résistance spirituelle.

    Bonne année, donc, où tu vas en baver !

    Guy Gilbert

    Extrait de « Ma religion c’est l’amour »

  • La Beauté du monde en cadeau de Noël

    Du fond du coeur, nous partageons avec chacun et chacune  ce petit joyau de pure contemplation, opportunément découvert par Anne-Marie !
    (à visionner en plein écran)

    Très bon Noël !!!

  • Rencontres avec Claudette Vidal

    Souvenez-vous de ce que j’écrivais ici le 7 mai dernier à propos de Betty : « J’ai souvent entendu Arnaud dire que lors de ses voyages en Asie, il n’a jamais hésité à faire un détour (parfois long et compliqué) chaque fois qu’il entendait parler d’un homme ou une femme « non-ordinaire » qu’il pouvait rencontrer. « Je préfère perdre un peu de mon temps à visiter quelques personnes inconnues qui éventuellement se révèleront décevantes plutôt que de risquer de rater l’occasion d’une rencontre majeure »…

    Je reprends ces propos aujourd’hui pour vous signaler la venue à Rennes, puis à La Bertais d’une Québécoise du nom de Claudette Vidal, qui se présente, elle aussi, comme « éveillée ».

    Voici ce que Gérard Bellebon (l’animateur de Nouvelles Convergences et organisateur de ces rencontres)  écrit à son sujet :

    En dehors de tout contexte philosophique ou religieux, un certain nombre de personnes dans le monde s’éveillent soudainement ou de manière progressive à une nouvelle conscience déliée des conditionnements et des limitations du « petit moi », permettant ainsi un accès à une vision plus large, plus sereine de soi-même et du monde. Claudette Vidal a vécu cet Eveil. Elle vient témoigner,comme dans son livre,  de son Chemin d’Eveilavant, pendant et après.

    Avant

    • vers huit ans,une voix intérieure lui demande : « Seras-tu prête un jour à tout lâcher » ? Elle dit oui !
    • à 37 ans, la vie lui rappelle sa promesse … Alors mariée, mère de famille et impliquée très activement dans le monde des affaires, elle doit renoncer à tout.

    Pendant

    • en 2006 : rencontre avec Gangaji, une éveillée américaine, disciple de Papaji, lui même disciple de Ramana Maharshi.
    • premier Eveil : « je ne suis pas le corps », puis « je ne suis pas les pensées », puis « je ne suis pas les émotions ».
    • immersion dans le « JE SUIS ».
    • fin de la quête.

    Après

    • de l’Eveil à la Réalisation.
    • mort définitive du « je », stabilisation de l’Eveil.
    • perception de la quintessence de différents courants spirituels : Advaïta Vedanda, Mystique chrétienne, Soufisme …et autres voies.

    Son témoignage nous semble exceptionnel, car la richesse de son expérience de vie, sa culture, sa longue quête, son processus d’Eveil lui permettent mieux que d’autres de répondre aux multiples questions essentielles et personnelles que chaque chercheur se pose sur son propre chemin.


    La Conférence aura lieu à Rennes le Jeudi 13 décembre 2012 à 20h30, à la Maison des Associations, 6 cours des Alliés. (Demandez à bénéficier du tarif réduit offert par Nouvelles Convergences aux Amis de La Bertais  : 8€ au lieu de 10€).

    Cette conférence sera suivie de trois jours d’Atelier intensif qui seront organisés par Nouvelles Convergences à La Bertais les 14-15-16 décembre de 9h à 18h.

    Plus d’information en téléphonant à Nouvelles Convergences au 09 53 77 81 43 ou en cliquant ICI.

    Bulletin de réservation en cliquant ICI .

     


     

    Et pour avoir un avant gout, voici une première séquence vidéo (d’autres extraits sont disponibles sur le site de Claudette Vidal )


  • WE Védanta + Chantier

    Voici un petit compte rendu de notre premier week-end « Védânta + Chantier »

    Nous étions une petite dizaine samedi matin à la méditation d’ouverture de 9h30 puis au chantier du matin (consacré en partie à préparer la réception des 40 participants à l’après-midi). Malgré le temps des plus maussades, il y avait une belle qualité d’énergie et tout a pu être prêt à temps pour accueillir Swâmini Umananda pour le premier atelier védantique de la saison.

    Les participants à l’atelier de l’après-midi, (dont une douzaine qui ne connaissaient pas encore La Bertais) se sont retrouvés à 14h30 autour de Swâmini, qui avait choisi cette fois-ci de nous faire travailler sur la question  du « Qui suis-je ? » à partir de quelques versets particulièrement éclairants des Upanisahds. Nous avons pu entendre, en particulier,  son excellent commentaire des deux versets célèbres de la Mundaka Upanishad qui enseignent de façon imagée la coexistence en chacun de nous de deux niveaux de conscience : celui de l’ego identifié à ses expériences et celui du Témoin, libre et bienveillant.

    Voici ces versets (dans une traduction légèrement différente de cette de Swâmini, encore plus parlante à mes yeux) :

    Deux oiseaux étroitement liés l’un à l’autre et portant le même nom sont perchés sur le même arbre. L’un des deux mange les fruits de l’arbre avec gourmandise, alors que l’autre regarde sans manger.

    Sur cet arbre, le premier des deux  -l’ego identifié à ses expériences- confronté à son impuissance, s’afflige de ses tourments. Mais quand il prend conscience de la présence de l’autre oiseau -le Soi- ce vénéré Seigneur, et qu’il réalise sa Splendeur, alors il devient libre de toute souffrance.

    Mais plutôt que d’en dire plus sur cet après-midi, je laisse les participants(es) qui le souhaitent faire part de leur témoignage dans les commentaires à cet article…


    Quelques mots à présent du chantier, qui s’est poursuivi de plus belle tout le dimanche. Pour l’essentiel, il s’agissait de refaire l’isolation du grenier ainsi que le sol de la pièce située au-dessus de la cuisine. Et cela, entre autres, pour finir de remédier au dégat des eaux de l’hiver dernier. Après le nettoyage des planchers, effectué le samedi matin, il fallait à la fois des bras et du courage pour manipuler le nouvel isolant à mettre en place, écologique comme il se doit, mais néanmoins très poussiéreux à installer. Un grand merci à l’équipe féminine, particulièrement efficace !!!

    Le grenier situé au 2ème étage au-dessus de la cuisine, avec le chauffe-eau coupable de tous nos malheurs !
    Pose du tissu anti poussière sur le plancher, avant épandage de l'isolant

     

    Le tissu anti-poussière installé sur le plancher du second grenier (situé au 2ème étage au dessus du salon)
    Au coeur des ballots d'ouate de cellulose qui devaient être "décompactés" manuellement…

     

    Annick, Anne, Hélène, Thérèse et Elisabeth, bravo à vous !!!

     

    Deux tonnes de matériaux à manipuler pour les hommes, dont une tonne et demie stockée en attente au premier étage au-dessus de la cuisine !!!

    Inutile de vous dire que tout le monde était « bien fatigué »  le dimanche soir, étant entendu que parallèlement à ce chantier principal, il y a aussi eu de la peinture effectuée dans le gîte (merci à Edmonde et Murielle) et des travaux  d’extérieurs menés, entre autres, par Yves-Luc (et notre nouvelle tronçonneuse), Nathalie, Suzanne et Anne-Marie !

    Le reportage photos est de Marie-Laure, sauf  le tout premier cliché qu’on doit à l’Ipad flambant neuf d’Alain M. N’hésitez pas à le commenter, lui aussi !!!

  • Echos des 20 ans de La Bertais (3)

     

    Après l’intervention de Swâmini (cf article précédent), et le traditionnel moment du thé, ce fut la 20ème Assemblée Générale des Amis de La Bertais-vassot, (cf. compte rendu dans la dernière Lettre)…

    Puis, grande première, nous sommes tous partis pour la salle des fêtes de Vieux-Vy, gracieusement prêtée par la Mairie, pour un diner-cabaret particulièrement chaleureux, et pour tout dire, magiquement réussi. Cet article est consacré à en donner un aperçu en images…

     

    Et tout d’abord, histoire de se mettre l’eau à la bouche, voici en téléchargement, le diaporama que nous avait fait parvenir Shantal et que nous avons visionné en clôture de l’AG dans la Grande Salle de la Bertais (pour ne pas avoir à transporter le matériel vidéo jusqu’à la salle des fêtes…).

    Petite précision, c’est évidemment Shantal qui chante en toile de fond des images (cliquez sur la photo pour télécharger le fichier, et lancez-le ensuite avec  le logiciel Powerpoint)

    Scène en folie ensuite, avec tout d’abord, la célèbre chorale du CA dans  » Makedonsko Devoce  » un chant macédonien sélectionné par Marie-Laure…
    (version originale à écouter ICI)

    Charles-YvesLuc Trenet-Fonteneau a enchainé ensuite à capella son fameux  « Y-a-de-la-joie » 

    (version originale à écouter ICI)

    Marie-Annick a pris le relais en faisant chanter en canon à l’assistance  une chanson à boire de circonstance!

    Puis ce fut le temps de la première dégustation (au menu, galettes et crêpes bretonnes à volonté, cuisinées sur place par Xavier, notre traiteur bio).

    Première grosse surprise de la soirée : l’arrivée impromptue d’une troupe de clowns en liberté qui firent monter à un niveau record l’hilarité générale…

    Dans un tout autre genre, nous nous sommes ensuite laissés envouter par les charmes d’une danseuse orientale. Magique et magnifique, merci Laurence !!!

    (faute de mieux, une petite vidéo de piètre qualité peut être téléchargée ICI)

    Autre performance remarquée, celle du Docteur Tranchon mettant en oeuvre sa toute nouvelle technique de thérapie Express pour sa patiente Mme Eva Pabien-Dutou.

    (La version anglaise du sketch original dont nous nous sommes inspirés est visible ICI)

    Pèle mèle, voici pour finir les photos des autres artistes qui firent de cette soirée un moment que nous ne sommes pas près d’oublier…



    Malgré sa faible qualité technique, je ne résiste pas à l’envie de vous proposer un dernier lien : il s’agit d’un morceau d’anthologie, extrait de  l’intervention du Grand Maitre Pierre et de son traducteur Didier, en train de discourir sur l’expérience de l’Illumination : c’est à télécharger  ICI !!!  

    Grand merci à tous et toutes, et vivement qu’on recommence !!!!

  • Echos des 20 ans de La Bertais (2)

    Pour les absents, je résume d’abord ci-dessous ma première intervention du samedi, consacrée entre autres à expliquer la présence de Swâmini Umananda à cette célébration.

    « Outre notre lien direct avec Arnaud, la Bertais a pour lointaine origine notre relation avec un pandit indien du nom de Shri Kulkarni, auprès de qui nous avons eu la chance et le privilège d’étudier de près les Upanishads, textes fondateurs du Védânta traditionnel, et de faire par ce biais nos premières expériences spirituelles significatives. Il en est resté une certitude indélébile concernant la possibilité de s’éveiller à un plan de conscience plus vaste et plus satisfaisant, certitude qui, combinée à tout ce qu’Arnaud nous a ensuite transmis comme outils pratiques pour « user » nos empêchements à l’éveil, a été et est toujours au fondement même de l’aventure de La Bertais.

    Rendre hommage à Arnaud, nous le ferons demain entre autres, en écoutant Roger partager avec nous sa propre expérience de vie aux côtés de notre Maître. Mais j’ai voulu aussi marquer la filiation de La Bertais avec notre première source d’inspiration, le message des Upanishads tel qu’il nous a d’abord été retransmis par Shri Kulkarni. Or à cet égard, nous avons fait connaissance il y a un an et demi de Swâmini Umananda qui, elle-même a pu étudier encore plus longuement que nous et dans des conditions encore meilleures les fondements théoriques et pratiques de l’advaïta védanta classique. Swâmini est l’élève du maitre védantique célèbre Swâmi Chinmayananda (décédé en 1993) et est désormais sa représentante en France. Appréciant à la fois ses qualités humaines et ses compétences pédagogiques, je suis particulièrement heureux qu’elle ait accepté de prendre la parole pour nous faire « respirer » un peu du parfum des Upanishads, ces textes immémoriaux que Swâmi Prajnanpad connaissait lui-même très bien et sur lequel repose aussi son propre enseignement… »

     

    Et à présent, une petite vidéo tournée par Terre du Ciel, qui présente le parcours personnel de Swâmini Umananda :

    Si ça vous a plu, vous pouvez visionner la suite de cet entretien en trois parties

    Partie n°2 : Cliquez ICI

    Partie n°3 : Cliquez ICI

    Cerise sur le gâteau,  si vous voulez écouter ou ré-écouter la magnifique introduction à l’étude des Upanishads que Swâmini nous a fait le samedi après midi 6 octobre à La Bertais, vous pouvez télécharger le fichier audio de sa conférence en cliquant ICI

    PS : Si vous avez l’intention de participer au cycle d’étude des textes védantiques qu’elle animera pour nous cette saison à La Bertais, l’écoute de cette introduction est grandement recommandée quelques jours avant la première rencontre du samedi après-midi 24 novembre. De la sorte, vous entrerez plus facilement de plain pied dans l’atelier qui sera la suite naturelle de cette introduction…

  • A j moins 5 des 20 ans

    Un peu par hasard, je suis tombé sur le tout premier numéro de la Lettre de La Bertais (ancêtre de l’actuel flash-info). Il est daté de décembre 1993, c’est-à-dire d’un an après notre arrivée à La Bertais, alors que la décision venait d’être prise de rebaptiser notre association. Après relecture de mon édito de l’époque, j’ai eu envie de le partager avec vous, histoire de préparer les esprits et les coeurs à notre célébration du week-end prochain…

    Les Amis de La Bertais-Vassot

    LETTRE   N°   1   – Décembre 1993 –

    Si, comme j’en formule sincèrement le voeu, les anciens Amis et Amies de La Ville Ferrier sont appelés à rester longtemps encore d’authentiques frères et soeurs sur le chemin, leur lieu de ralliement ayant définitivement changé, il était temps de leur donner une nouvelle “bannière”.

    C’est chose faite avec cette Lettre dont l’en-tête vient, avec un peu d’avance sur l’officialisation administrative, vous faire part de la naissance  des  Amis  de  La  Bertais-Vassot.

    Ceux et celles d’entre vous qui ont régulièrement fréquenté La Bertais cette année ont été de ce fait directement associés à la réflexion et aux nombreuses discussions que ce changement de nom a suscitées, aussi savent-ils déjà, pour la plupart, les raisons de notre choix final.

    Pour ceux qui sont moins familiers du groupe, sachez simplement que le petit ruisseau qui traverse de part en part notre nouvelle propriété s’appelle le Vassot et qu’en accolant son nom à celui de La Bertais, nous avons, entre autres, voulu mieux signifier l’enracinement de l’association sur l’ensemble du lieu, maison et environnement naturel. Et cela parce que nous souhaitons qu’espace, herbes, plantes, arbres, ruisseau et petits animaux fassent partie intégrante de ce qui s’évoquera à vous quand vous penserez au nouveau siège officiel de votre association…

    Par ailleurs, au moment où Arnaud vient d’annoncer officiellement l’acquisition de la propriété de Hauteville (siège de son futur nouvel ashrâm), de notre côté et plus modestement, nous sommes heureux de pouvoir vous faire enfin part de l’obtention de notre premier permis  de  construire . Les travaux de gros oeuvre sur l’aile ouest étant désormais autorisés, pour les réaliser, nous allons, plus que jamais, avoir besoin de vos bras… C’est pourquoi vous trouverez dès à présent dans ce courrier les dates des chantiers des quatre premiers mois de l’année 1994.

    Pour finir, laissez-moi me faire l’écho des témoignages nombreux et fréquents que les uns et les autres ont faits ces derniers mois lors des tours de groupe qui clôturent habituellement nos activités communes. En effet, je suis frappé de voir combien souvent il a été fait part à cette occasion de l’aide intérieure que le lieu, tel qu’il est, apporte déjà à ceux qui y séjournent, fût-ce le temps d’une journée. Ceci est d’autant plus notable que sur le strict plan matériel, la Bertais n’a à offrir, pour l’instant encore, que de très modestes conditions d’accueil.

    Serions-nous déjà dans un âshram ?

    Jaï  Atman

    Yann     et     Anne  Marie

  • Citation du lundi (20)

    Sans discipline personnelle, pas de méditation

    Sans méditation, pas de paix intérieure

    Sans paix intérieure, comment pourrait-on être heureux !

    Bhagavad Gîtâ II,66

    L'espace dit "du camping", tondu hier après midi pour mieux vous recevoir le week-end prochain!
  • Citation du lundi (19)

    Le monde est semblable à un immense océan, rempli des larmes de souffrance qui proviennent de l’ignorance, du désir et des actes qui en découlent. Infesté des montres marins que sont la maladie, le vieillissement et la mort, nulle part il n’offre de lieu sûr. Les seuls instants de répit qu’il permette sont ceux des plaisirs éphémères des sens, qui eux mêmes engendrent les tempêtes de la convoitise. Son flot résonne du tumulte des pleurs et des cris déchirants que font entendre les créatures en proie à ses eaux infernales.

    C’est sur un tel océan que flotte le radeau de la Connaissance, là où sont préservées les plus précieuses vertus du coeur, telles la véracité, la simplicité, la compassion, le courage…

    La fréquentation des sages et le non-attachement au relatif tracent son sillage.

    Son cap : le rivage de la Libération!

    Shankara, Commentaire à l’Aitareya Upanishad  I.2.2

  • Citation du lundi (18)

    Certains le savent, j’ai profité de la fin de l’été pour me mettre à la rédaction d’un livre (ce qui explique entre autre mon absence estivale de ce blog).

    Du coup je revisite certains textes « classiques » pour y puiser des citations capables de venir illustrer certains de mes propos.

    Et c’est ainsi que je suis récemment tombé sur ce passage de la Gîtâ qui m’a frappé car il correspond à ce que je m’évertue à expliquer depuis plusieurs années (entre autres dans les cours  sur le Védânta que je fais à l’Ecole Van Lysebeth de Paris).

    Et dire que ce que je croyais être une « trouvaille pédagogique personnelle » se trouve être une parole de Krishna lui-même, vieille de plus de 2000 ans!

    La Gîtâ est l'enseignement donné par Krishna à son disciple Arjuna, juste avant la Bataille

    Laisse-moi à présent te révéler ce qu’est le Suprême Brahman

    Conscience englobante de toute chose, il est en tout lieu présent, dans les mains et les pieds, les têtes, les yeux, les bouches et les oreilles.

    Bien que lui-même non-sensoriel, il se manifeste par les sens.

    Il est à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des êtres ;  à la fois mobile et immobile ; à la fois proche et lointain, à la fois visible et invisible.

    Indivisible, il réside dans chaque être comme s’il était divisé.

    C’est lui qui produit les vivants, qui les conserve et qui les dévore aussi !

    Lumière des lumières, il réside au cœur de chacun !

    D’après la Bagavad Gîtâ, XIII, 12 à 17

  • Parfums de l’AG d’Hauteville

    Comme la plupart d’entre vous le savent, ce week-end avait lieu l’assemblée générale d’Hauteville où un certain nombre de membres de la Bertais se sont retrouvés dans la chaleur de l’Ardèche..
    Pour ceux qui n’ont pu s’y rendre, voici une petite présentation des deux intervenants « extérieurs » qui, en plus d’Emmanuel et de Véronique, nous ont gratifiés tant de leurs enseignements que de leur présence inspirante.

    La première invitée de marque  se nommait Nur Artiran, une femme soufie assez impressionnante, chef spirituel d’une importante confrérie à Istambul. Après avoir rencontré Arnaud et Véronique dans un congrès, elle avait été invitée par eux à intervenir une première fois lors de l’assemblée générale de 2011. Deux mois plus tard, apprenant la nouvelle du décès d’Arnaud, elle n’a pas hésité à faire en urgence le déplacement de Turquie pour prendre une part active aux obsèques de notre maître (relire à ce sujet mon compte rendu de la veillée funéraire avec l’incroyable dzik qu’elle a dirigé à la tête du cercueil d’Arnaud!).

    Comme le jour des obsèques d’Arnaud, cette fois encore Nur a apporté par son discours inspiré, un puissant « requinquant spirituel » à toutes la sangha présente…

    Ne la connaissant pas plus que vous, j’ai fait ce matin une petite recherche sur Internet et j’y ai trouvé la présentation suivante que je recopie ci dessous.

    H. Nur Artiran est née en 1955 à Malatya, Turquie. Elle a effectué des études dans la branche du textile et a travaillé dans des compagnies internationales de textiles. Shaykha Nur dédie toute sa vie au soufisme, en particulier à l’héritage spirituel des Mevlevis. Depuis son enfance, elle est très attirée par la mystique. Pendant 7 années, elle a été l’assistante personnelle de Sefik Can (le Cheikh des Cheikhs dans l’ordre des Mevlevi) qui a traduit le Mesnevi en turc ainsi que de nombreux ouvrages de Hazrat Maulana Rumi.

    Elle est Présidente de la Sefik Can International Mevlana Eductation and Culture Association, Istanbul. Cette association est ouverte aux personnes sur la voie de Dieu. « Notre objectif principal est de préserver les valeurs humaines en rejoignant la « Caravane du service » dans la lumière de l’enseignement de Maulana Rumi. Maulana dit: « Seul, tu n’es rien. Tu es juste une goutte d’eau. Lorsque tu es uni, tu deviens un Océan. » « Notre objectif est de marcher ensemble avec nos amis sur le chemin du service et de former un océan avec toutes les gouttes ».

    Shaykha Nur écrit régulièrement des articles pour des revues et des magazines; elle donne des conférences et des interviews sur le thème du soufisme. Elle habite Istanbul et a régulièrement des contacts avec l’Europe.

    Pour entendre sa voix (non traduite), vous pouvez cliquer sur ce lien  : http://blip.tv/sefik-can/mesnevi̇-sohbetleri̇-nur-artiran-3649701


     

    Quant au second invité, il s’agissait du Lama Jigmé rinpoché, un maître tibétain de la tradition Kagyu (déjà venu à une précédente AG) représentant en Europe du 16ème Karmapa et à ce titre référence spirituelle des monastères et centres de retraite du Bost (lieu du premier ashram d’Arnaud, repris ensuite par une fondation tibétaine). Le propos du lama était, lui aussi, de circonstance puisqu’il nous a parlé de la façon dont a été vécu dans sa sangha la mort du 16ème Karmapa et comment dans sa tradition on peut faire du départ du maitre une occasion de maturation spirituelle…

     

    Si vous voulez entendre le lama enseigner l’art de la méditation, vous pouvez visionner une longue vidéo disponible à l’adresse suivante (on y voit aussi la jeune femme traductrice qui l’accompagnait ce week-end) :

    http://www.youtube.com/watch?v=kRhxx8X4G6M