Si le coeur vous en dit, n’hésitez pas à partager ici même vos impressions du week-end…
–
–
–
Le thème retenu pour la prochaine Lettre d’Hauteville est celui de la Sangha (mot d’origine bouddhiste, qui désigne la communauté des disciples d’un maître). Dans cette perspective, Véronique m’a proposé de rédiger un article pour cette Lettre, et Yves Remond (le responsable officiel de sa publication) m’a demandé de lui fournir une photo de notre propre groupe pour illustrer mon article.
J’ai choisi celle, déjà parue sur ce blog, où l’on voit l’équipe qui avait le plus oeuvré lors de la dernière venue d’Arnaud et de Véronique parmi nous.
Mais il y a un « mais » 😥
Pour ne pas risquer de mettre Yves en difficulté, il faudrait que chaque personne présente sur cette photo donne son accord pour que ce cliché soit publié dans la Lettre d’Hauteville, qui, je le rappelle, est un bulletin à usage purement interne et n’est donc pas, du moins légalement- accessible au public.
Je demande donc à ceux et celles qui se reconnaitront sur cette photo de groupe de donner leur avis en commentaire (d’accord ou pas d’accord pour une utilisation de leur image dans la Lettre d’Hauteville).
Merci d’être réactif, ce qui m’évitera de devoir écrire à chacun et chacune des « photographiés » individuellement 😉
Par principe, je n’aime pas faire de la « publicité » pour une personne présentée comme « Eveillée » sans l’avoir d’abord moi-même rencontrée. Trois choses me décident cette fois-ci à déroger à cette règle.
La première : Christophe et Murielle Massin, lors de leur récente venue à La Bertais, nous ont spontanément parlé de Betty et de son passage récent à la Maison Raphaël. Ils ont partagé leurs impressions très positives à son égard, et leur conviction qu’ils l’avaient vue, entre autres, incarner vraiment l’absence d’émotion qu’elle évoque à l’occasion, durant le week-end où ils l’ont cotoyée de près.
La seconde : la longue amitié qui me lie à Gérard Bellebon (animateur de Nouvelles Convergences et organisateur de la venue de Betty à Rennes) me permet d’avoir confiance en son jugement. Gérard prend parfois des risques en invitant pour son association des personnes quelque peu hors norme (telle Isabelle Hercelin, que je lui sais gré de m’avoir fait connaitre), mais jamais sans avoir pris soin lui-même de se faire une opinion éclairée sur la valeur objective de ses intervenant(s). Le texte qu’il a écrit pour présenter la venue de Betty (téléchargeable ci dessous) est tout sauf de la publicité « facile ».
La troisième enfin : J’ai souvent entendu Arnaud dire que lors de ses voyages en Asie, il n’a jamais hésité à faire un détour (parfois long et compliqué) chaque fois qu’il entendait parler d’un homme ou une femme « non-ordinaire » qu’il pouvait rencontrer. « Je préfère perdre un peu de mon temps à visiter quelques personnes inconnues qui éventuellement se révèleront décevantes plutôt que de risquer de rater l’occasion d’une rencontre majeure »…
C’est dans cet état d’esprit que je m’apprête moi-même à rencontrer Betty 😉
Pour télécharger le texte de présentation de la conférence du mardi 29 mai et de l’atelier du mercredi 30 mai à Rennes, ainsi que le coupon d’inscription CLIQUEZ ICI.
NB : une rencontre semblable est organisée sur Brest les 1er,2 et 3 juin (détails sur le site de Betty ou directement ICI)
En prime, cette première vidéo de Betty, ainsi qu’un lien vers son site, pour faire plus ample connaissance !
–
–
Ça vous a plu ? si oui, la suite de cette vidéo est disponible en cliquant sur les liens ci-dessous :
Et à présent le lien vers son site, qui vaut vraiment la peine d’être consulté 😉
http://www.lagrandejoie.com/Accueil.html
Pour ceux et celles qui auraient raté l’info (transmise ici même la semaine dernière par Jean-Marc dans un commentaire à l’article de Véronique), voici en téléchargement l’enregistrement de l’émission d’hommage à Arnaud Desjardins qui a eu lieu dimanche matin sur France Culture. Il s’agit d’un numéro de l’émission de Frédéric Lenoir « Les Racines du Ciel » qui cette fois-ci recevait Gilles Farcet, au prétexte de son dernier livre « La transmission selon Arnaud Desjardins ».
Pour ne rien vous cacher, j’ai trouvé cette émission assez décevante. D’un côté, j’ai senti les propos de Gilles comme assez généraux et peu percutants et de l’autre, j’ai été étonné de la méconnaissance de Frédéric Lenoir de son sujet. Il se présente dans l’émission comme un ami personnel d’Arnaud, mais émet plusieurs fois au cours de l’émission des affirmations fantaisistes que Gilles ne prend pas toujours le temps de rectifier (Arnaud donnant des darshans silencieux d’une heure à Font d’Isière durant lesquels les disciples pleurent d’amour pour leur maitre ! ou Denise ayant fait ses lyings auprès de Ma Anandamayi…).
Bref, en comparaison de l’émission de 2010 où Arnaud était directement interrogé par Frédéric, celle-ci me laisse vraiment sur ma faim.
Pour vous faire votre propre opinion, cliquez ICI
Précisions techniques : en cliquant sur le lien, cela déclenchera le téléchargement sur votre ordinateur d’un fichier compressé nommé « La_transmission_selon_ADJ_avec Gilles_Farcet.mp3.zip ». Une fois celui-ci récupéré, il vous faudra le décompresser par un double clic. Vous aurez alors deux fichiers sur votre ordinateur, l’original compressé (que vous pourrez jeter) et le fichier décompressé « La_transmission_selon_ADJ_avec Gilles_Farcet.mp3 ». Vous pourrez alors écouter l’enregistrement directement sur votre ordinateur ou recopier le fichier sur votre balabeur numérique.
Par ailleurs, voici une petite vidéo de Frédéric Lenoir, producteur de l’émission, (venu à Rennes en décembre dernier pour une conférence sur « Le spirituel avec ou sans Dieu? » qui , paraît-il, eu un grand succès…)
Les racines du ciel par franceculture
Selon notre habitude, j’invite ceux et celles qui le veulent à exprimer ci-dessous leurs impressions sur le week-end que nous venons de vivre autour de Christophe et Murielle Massin et qui, en ce qui me concerne, m’est apparu comme un moment d’une très grande qualité.
En partageant votre ressenti, vous permettrez aux absents de « respirer » un peu de cette ambiance si particulière que Murielle et Christophe ont su créer par leur simplicité, leur implication et la qualité de leurs réponses…
Autre aspect du week-end : un gros dégât des eaux a eu lieu dans la partie ancienne du bâtiment que nous avons trouvé copieusement inondée en arrivant sur place vendredi après-midi.
Du fait du très grand froid des derniers jours, la tuyauterie du ballon d’eau chaude situé au grenier du deuxième étage au dessus de la cuisine s’est percée. Le contenu du chauffe eau s’est donc répandu dans le grenier, puis est passé au travers du plancher pour se répandre dans la salle de bain et la chambre située au dessus de la cuisine, puis est passé par le plancher de cette chambre pour dégouliner dans la cuisine, détrempant au passage tout le contenu de l’armoire à linge du 1er étage, puis endommageant le mur nord de la cuisine, une bonne partie des chaises et la gazinière (retrouvée pleine d’eau). L’eau ayant pour loi naturelle de couler vers le point le plus bas, elle s’est alors glissée sous la porte conduisant au salon et a détrempé la moquette, le tapis et l’ensemble du plancher du salon.
Au total, cela a été l’occasion d’une grande mise en pratique collective, d’abord pour accepter les faits et ensuite, bien entendu, pour y réagir de la façon la plus appropriée afin que le séminaire puisse malgré tout avoir lieu (il n’y avait plus d’électricité dans la cuisine et le buffet à provisions était plein d’eau…).
Un très grand merci à toute l’équipe qui a su se donner sans compter pour parer au plus urgent et permettre l’accueil « presque normal » de la soixantaine de participants au séminaire…


Après vous avoir présenté Christophe il y a 15 jours (article accessible en cliquant ICI) j’ai cherché un moyen de vous présenter Murielle, ce qui s’est avéré moins facile, Google restant désespérément muet à son égard!
Et puis le dernier numéro de la Lettre d’Hauteville est arrivé, avec le témoignage si fort et si touchant de Murielle sur les derniers moments de sa relation à son père. Grâce à ce témoignage et à la photo qui l’illustre, ceux d’entre vous qui sont aussi adhérents d’Hauteville auront eu là une opportunité de choix de percevoir la sensibilité et l’engagement de Murielle sur le Chemin. Quant aux autres, je rappelle que la Lettre d’Hauteville est en consultation libre à La Bertais…
Et puis, pour tous, je me suis aussi souvenu d’avoir lu il y a une dizaine d’années sous la plume de Murielle un compte rendu du séjour en Inde qu’elle avait fait aux côtés d’Arnaud auprès de Chandra Swâmi. J’ai donc retrouvé puis fait scanné ce beau texte daté de juin 2002 et vous le livre ci-dessous comme une autre façon de vous introduire à notre hôte…
Certes, il est un peu long, mais je suis persuadé que ceux et celles qui prendront le temps de le lire ne seront pas déçus!
Le 18 août 2001, Arnaud et Véronique sont allés à Chardenoux, le domaine de « Terre du Ciel », pour rendre visite à Chandra Swâmi. C’est au cours de cette journée que Chandra Swâmi a, une fois encore, invité Arnaud à se rendre en Inde dans son ashram, projet qui s’est concrétisé en mars 2002.
Des liens existaient depuis longtemps entre Chandra Swâmi et Arnaud. Tout d’abord, ils s’étaient rencontrés en France à plusieurs reprises, grâce à Yvan et Nadège Amar. Ensuite, une des plus proches disciples de Chandra Swâmi, Vishali, qui vit maintenant depuis quatorze ans dans son ashram, est une ancienne élève d ‘Arnaud et a même exercé la fonction de permanente à Font d’Isière pendant plusieurs mois.
La présente Lettre d ‘Hauteville, quelque peu inhabituelle puisqu’elle ne se fait pas l’écho de la vie même d’Hauteville, poursuit un double objectif : d’une part elle est la chronique du voyage d’Arnaud – que l’on peut qualifier de pèlerinage, Arnaud n’étant pas retourné en Inde depuis plus de vingt ans – et répond aux nombreuses questions qui lui ont été posées en salle Ramdas à ce sujet ; d’autre part elle constitue un document d’introduction à « Sadhana Kendra », l’ashram de Chandra Swâmi, pour ceux d’entre vous qui souhaitent s’y rendre.
Arnaud était accompagné de Véronique, de sa fille Murielle et de Geoffroy…
JOURNAL de MURIELLE :
L‘arrivée
Nous débarquons dimanche vers 1h du matin à l’aéroport de Delhi, ou un taxi mandaté par l’ashram nous attend. En sortant, nous sommes enveloppés d’un épais brouillard blanc totalement opaque. Aussitôt les yeux, le nez, la gorge me piquent, sans doute la fameuse pollution qui a gagné toutes les grandes villes indiennes. Il a du pleuvoir car le sol est parsemé de flaques d’eau, ce qui me semble totalement inhabituel en cette saison, la mousson n’arrivant qu’en été. Devant le taxi (genre monospace version indienne), nous voilà assaillis par des porteurs qui, avec véhémence, nous arrachent les valises pour simplement les hisser dans le coffre, assez vaste. Arnaud s’installe à l’avant, Geoffroy, Véronique et moi prenons place à l’arrière. Véronique nous ayant annoncé une longue nuit réparatrice, nous essayons de nous mettre à notre aise, avec l’aide des oreillers et couvertures providentiellement mis à notre disposition. Ayant hérité de la place du milieu, je m’agrippe fermement à l’optimisme de Véronique et essaie de me détendre sans trop penser aux longues heures de route nocturne qui nous attendent. …
Geoffroy ne semble nullement enclin à dormir. II faut dire que c’est son premier contact avec l’Inde. Sidéré de la conduite de notre chauffeur, il scrute avec attention la nuit laiteuse. Le brouillard n’offre aucune visibilité ce qui n’empêche pas notre conducteur de s’installer sur la voie de droite (la conduite est à gauche en Inde) et de doubler sans hésitation les véhicules les plus divers. Apparaissent, fantomatiques, camions (sans feux arrière mais avec la mention horn please), taxis-scooters et même … un éléphant, dont nous apercevrons seulement la croupe majestueuse. Geoffroy, toujours stupéfait, commente à maintes reprises la manière dont les Indiens conduisent. Finalement, lasse de notre féminine indifférence, il cesse de signaler tous les écarts au code de la route qu’il constate. Pour ma part, je remarque que personne ne klaxonne, et que les feux et les croisements sont respectés. L’agglomération suburbaine semble étendue, mais assez vite les chars à bœufs et les vélos encombreront la voie.
Apres plusieurs malheureuses tentatives de sommeil, je retrouve au petit matin l’Inde de mes souvenirs : route défoncée, villages encombrés, avec leurs marchés de plein air qui mordent la chaussée, une foule compacte, une cohue de vélos, vaches, cochons, chiens, chars à bœufs, piétons, en tous sens, et… l’apparition du klaxon qui se met à fonctionner avec ardeur. Bien sur, personne ne s’énerve, les Indiens semblent ignorer l’agressivité au volant. Notre chauffeur, comme les autres, se contente d’être vigilant, patient et débrouillard.
Nous arrivons vers 10h à l’ashram, où nous sommes chaleureusement accueillis par Vishali.
Comme tout ashram indien, le contraste est saisissant après la route : un beau jardin, des locaux pimpants, le calme, la propreté … Nous nous rendons aussitôt dans la chambre de Chandra Swâmi. Swâmiji ne parle pas, mais sa personne est éloquente et ses petits billets lus et traduits par Vishali sont très vivants. Tout son être témoigne la sagesse, le rayonnement, ainsi que la simplicité, le naturel, l’ouverture et l’accueil. Un délicieux café au lait nous est servi avec un plateau garni de friandises salées et sucrées. Ces douceurs ne sont que le prélude d’une abondante distribution quasi quotidienne. Swâmiji dira un jour, devant nous, que toute personne qui réside longtemps à l’ashram, doit surveiller son taux de sucre sanguin. Le premier billet de Swamiji explique que son ashram n’est surement pas aussi beau et bien organisé que celui de « Mister» Arnaud. Mister Arnaud proteste et assure du contraire.
Puis Chandra Swâmi se lève pour nous conduire lui-même à nos chambres. Dans un silence qui contraste de façon saisissante avec l’activité qu’il déploie, Swâmiji « installe » Arnaud et Véronique, vérifiant les robinets du lavabo, la chasse d’eau, accrochant les serviettes au porte-serviettes … s’occupant des moindres détails utiles au bien-être des futurs occupants. Ses gestes sont précis, rapides, efficaces et tellement attentionnés que « maternels » me vient parfois à l’esprit. Son entourage a pris l’habitude de le comprendre au doigt et à l’œil !
Nous n’avons pas eu le temps de poser nos valises qu’il est déjà 11h, l’heure du satsang qui se déroule chaque jour sur la terrasse en face de la chambre de Swâmiji. Les ashramites sont assis par terre sur des tapis, hommes et femmes mélangés. Swâmiji s’assied sur un fauteuil de bureau à roulettes et invite Arnaud à prendre place à ses cotés sur un siège semblable. Le soleil commence à réchauffer l’atmosphère, la vue s’étend sur la Yamuna qui coule en contrebas et sur les premières collines annonçant l’Himalaya. La campagne est paisible, parsemée de quelques huttes et sur l’autre rive, au loin, on aperçoit plusieurs villages éparpillés. L’assemblée est composée d’une large majorité d’Occidentaux et notamment de Français. Je remarque deux Swâmis en robe orange : Swâmi Prem, le seul Swâmi indien attaché à l’ashram, et un autre Swâmi, Européen, dont nous apprendrons par la suite qu’il est prêtre et a obtenu l’accord de son diocèse pour devenir sannyasin auprès de Chandra Swâmi.
La première question est posée par une Française. Chandra Swâmi écrit : « Mr Arnaud vient d’arriver de France il y a une heure et Swâmiji lui demande de répondre à cette question. » D’emblée, le ton est donné : Arnaud est invité dans cet ashram comme représentant accompli d’une autre voie, différente mais pourtant proche et il s’agira d’un véritable partage entre eux deux.
Après la réunion, nous enchainons sur le déjeuner. A peine est-il fini que Swâmiji nous entraine à l’étable de l’ashram, ou une dizaine de vaches européennes, noires et blanches, va être nourrie des restes de chapatis (galettes plates) de la main de Swâmiji ; Arnaud est invité à en faire autant.
Aussitôt après, nous filons directement vers un bâtiment situe en contre-haut, c’est l’école élémentaire créée et financée par l’ashram. Nous sommes dimanche et elle est vide, mais Swâmiji nous montre toutes les classes et les explications pleuvent, par petits papiers interposés. C’était un ancien hôpital, sans eau courante ! La salle de radio et d’opération, restée en l’état, nous laissera perplexes. Laissé à l’abandon, l’hôpital a été racheté par l’ashram qui 1’a entièrement rénové pour en faire une école, accueillant gratuitement en maternelle et primaire les enfants les plus pauvres du voisinage. Les instituteurs, tous diplômés, ont été recrutés sur appel à candidature. Suivent des explications extrêmement précises sur le ravalement des murs, la remise en état des fenêtres, le préau. Le tableau des absences, classe par classe, est commenté : une centaine d’enfants a été absente à cause des fortes pluies. Nous visitons toutes les classes, la salle informatique, le bureau du directeur ou nous tombons sur une feuille de journal étalée sur la table et montrant des photos d’Indiennes pulpeuses, au décolleté généreux, offrant au lecteur leurs moues les plus suggestives. Nous nous contentons de sourire pendant que Swâmiji rit aux éclats (s’il ne parle pas, son rire est toujours franc et sonore).
A la visite de 1’école succède directement celle de l’ashram. Je m’aperçois que Véronique et Geoffroy se sont éclipsés, vaincus par la fatigue. Il ne reste que Swamiji, Arnaud, Vishali, qui sera toujours infatigablement dévouée et présente, et moi. Nous visitons le jardin, admirons le puits ; Swâmiji y met en route la pompe électrique et nous voyons sur le champ le jardin s’irriguer. Il nous montre ensuite le local où 1’on moud le grain et fait mettre en route la meule actionnée par une longue sangle, puis nous emmène dans la pièce des compteurs électriques (il y en a deux pour pouvoir pallier alternativement les coupures de courant toujours fréquentes en Inde), nous fait voir les réserves de matériel, de vaisselle, de couvertures, nous fait visiter quelques chambres (dont celle de Vishali) et jusqu’aux toilettes à la turque et à 1’occidentale. Le tout est précisément commenté, avec l’aide de Vishali qui connait les lieux et lit les petits papiers que Swâmiji écrit au fur et à mesure de la visite. Elle complète les explications en anglais, avec l’écoute attentive de Swâmiji qui n’hésite pas à corriger une erreur ou apporter une précision aux paroles de sa disciple. Cette visite me rappelle in petto celle d’Hauteville, lors des travaux en 1994, ou Lee Lozowick était prié par Arnaud de deviner le kilométrage des fils électriques ou des tuyaux de plomberie …
Nous arrivons enfin dans le hall de méditation ou, symétriquement à la banquette de Swâmiji, se trouve une autre banquette : c’est là qu’Arnaud pourra s’asseoir. Chandra Swâmi, avec une sollicitude sans limite, installe Arnaud et essaie une combinaison variée de coussins pour qu’il soit le plus confortable possible. Quand Arnaud semble satisfait, la visite s’achève et nous voila invités à nous retirer dans nos chambres.
Lundi, première journée
Le réveil à 4h, après l’avion, la nuit dans le taxi, le décalage horaire, est pour moi horrible.
Mon réveil, reste à l’heure française, annonce minuit, ce qui ne me remonte pas le moral. La nuit est froide et c’est chaudement emmitouflée dans deux châles de laine que je m’installe sur mon coussin de méditation. Swâmiji arrive, s’incline devant les gravures représentant les deux maitres à l’origine de sa lignée (Udasin) et s’installe sur sa banquette. Une prière qu’il a composée est lue en hindi puis en anglais ; alors, la lumière, en fait une simple petite lampe, est éteinte. Me voila, assise dans le noir, face à moi-même, avec le murmure de la rivière en accompagnement. Une heure après, une discrète sonnerie de réveil marque la fin de la séance. Ce temps est suivi d’une marche. J’essaie de m’habiller le plus chaudement possible et nous sommes une petite dizaine à emboiter le pas à Swâmiji, qui a enfilé des Nike et des gants épais. Nous longeons la rive de la Yamuna jusqu’à une digue ou il pratique quelques étirements que nous imitons. II y a du vent et je me sens submergée de froid et de sommeil. Swâmiji s’assied sur le bord de la digue et deux personnes lui massent énergiquement le haut du dos et les mollets. Nous rentrons à l’ashram alors que le jour n’est pas levé.
La seconde méditation à 8h30 se déroule identique à la première, mais à la lumière du jour ; Swâmiji ne participe pas à la troisième méditation, animée silencieusement par Arnaud. La dernière commence par des bhajans chantés par Swâmi Prem et un autre Indien, les voix sont superbes, les chants intériorisés.
Les participants à ces méditations sont immobiles et recueillis, on devine que quelques-uns pratiquent leur japa à l’aide d’un chapelet. Mais l’accès est plus libre qu’à Hauteville, certains arrivent en avance, d’autres en retard, enfin plusieurs « sèchent» celle de 15h30.
Une journée type à Sadhana Kendra Ashram
| 4h | Sonnerie |
| 4h30 | Méditation silencieuse d’une heure |
| 6h30 | Petit déjeuner suivi d’aide à l’épluchage des légumes |
| 8h30 | Méditation silencieuse d’une heure |
| 11h | Satsang, réunion question-réponses sur la terrasse |
| 12h | Déjeuner |
| 15h30 | Méditation silencieuse d’une heure, sans la présence de Chandra Swâmi |
| 17h | Thé |
| 18h | Méditation d’une heure précédée de bhajans (chants) |
| 20h | Dîner |
L’anniversaire de Chandra Swâmi
Vishali nous explique que, devant l’insistance de ses disciples, Swâmiji a fini par accepter que son anniversaire soit célébré. II écrira, pour commenter l’événement : « Fêter un anniversaire, c’est célébrer un futur cadavre.» C’est en tout cas l’occasion d’une grasse matinée inespérée car les festivités ne commencent pas avant … 6 heures du matin. Depuis la veille, plusieurs familles d’Indiens arrivent pour l’occasion et l’ashram ne tarde pas à afficher complet.
A 6h, le hall est relativement plein et les bhajans commencent, harmonium, tabla, cymbales, puis c’est l’arati (célébration du feu) devant les images des deux saints de la lignée Udasin ; Swamiji, qui a commencé l’arati, est relayé par un brahmachari. Ensuite, c’est l’arati à Swamiji. Cela me rappelle un peu l’ashram de Ma Anandamayi ; comme elle, Chandra Swâmi reste intériorisé, simple. II ne semble ni gêné, ni heureux, son attitude semble renvoyer la louange à plus vaste que sa personne.
Le petit déjeuner est servi sur la « multipurpose platform », grande terrasse polyvalente agencée dans le jardin, car nous commençons à être nombreux. Ensuite, un pandit vient pour célébrer un « feu sacrificiel ». Un brasero a été installe dans le hall, avec du petit bois. La cérémonie commence, Swâmiji et Arnaud sont assis côte à côte avec une guirlande de fleurs autour du cou. Les récitations de mémoire, en sanskrit, accompagnent le rituel : offrande de fleurs et autre, mise à feu, puis un mélange de céréales imbibé de ghee (beurre clarifie) est jeté par poignée dans le feu. Une puja, célébrée par le pandit, clôture la cérémonie : il procède à l’arati et souffle dans une conque.
A la sortie, retour sur la multipurpose platform où nous retrouvons Swâmiji assis à sa petite table. Au-dessus de sa tête sont accrochés des ballons gonflés, des guirlandes et décorations d’anniversaire. On apporte un immense gâteau de pâtissier, entièrement décoré de crème, avec l’inscription «Happy birthday Swamiji», surmonté des traditionnelles bougies. D’un coup, l’atmosphère a changé. Les Indiens, qui tout à l’heure priaient avec la plus grande dévotion devant leur gourou, se bousculent à présent avec une joie débridée et chantent «Happy birthday to you … Swâmiji … ». Pendant que ce dernier souffle ses bougies, les ballons sont percés, lâchant une multitude de bonbons que chacun se lance gaiement. Le gâteau est découpé et ses disciples, à tour de rôle, avec leur main droite, lui mettent quelques bouchées dans la bouche. L’intimité avec la personne du gourou est très forte.
Les enfants de l’école arrivent à l’ashram, sagement à la file indienne, encadrés des instituteurs/trices : longue procession d’uniformes, jupes ou pantalons gris et chandails bordeaux. Nous retournons dans le hall, partagé dans sa longueur : toute la moitié droite est occupée par les enfants studieusement alignés ; sur le devant de ce coté, Swâmiji et Arnaud sont assis côte à côte dans des fauteuils. L’autre moitié est occupée par les disciples indiens et occidentaux, prêts pour le spectacle. Celui-ci commence par une prière collective que tous les enfants déclament, suivront l’hymne national indien puis, par petits groupes, poésies, chants, danses et sketches très apprécies, si l’on en juge par les rires qui fusent sans cesse. Les maitres surveillent les rangs et remettent gentiment mais fermement de l’ordre ; les élèves les plus âgés les aident en s’occupant des plus petits.
Arnaud est chargé de la distribution des prix, les meilleurs élèves sont appelés un par un, ils s’inclinent mains jointes, lui touchent les pieds et reçoivent un petit cadeau. Arnaud est assisté dans cette nouvelle fonction par Swâmi Prem d’un coté et le directeur de l’école de l’autre. II accomplit cette tache avec un naturel radieux et chaque élève se voit gratifié d’un sourire lumineux.
Le bandara est un repas de fête et, pour l’occasion, ce sont 500 personnes qui vont être restaurées sur la terrasse. En premier, déjeunent les
enfants de l’école, les plus petits d’abord, car la fatigue commence à se voir sur certains visages. Dès qu’un service est terminé, les autres convives prennent place pour le suivant. Lorsque tous les écoliers sont partis, les personnes en séjour sont servies, le menu est élaboré avec une sorte de risotto, des puris (au lieu des traditionnels chapatis), des beignets et légumes variés, quelques petits « sweets» pour terminer. Plus d’une centaine d’Indiens des environs attend son tour sur la pelouse, ce sont les voisins les plus pauvres, comme les tribus de nomades bengalis récemment sédentarisées dans le coin. Sous le soleil et le ciel bleu si pur, la pauvreté ne semble pas la même que celle du métro parisien. Ils sont tous assis tranquillement et c’est lorsqu’ils prendront leur repas, en les voyant de plus près, que je pourrai remarquer pour certains la misère qui transparait à travers leur visage, leur corps ou leurs vêtements, si voisine de la pauvreté et pourtant plus dure.
Swamiji, de sa haute stature et d’un pas si paisible, va participer sans faiblir au service des convives. II passe et repasse entre les rangées, se penchant à chaque fois pour ajouter du thé un puri, un gâteau. Les écoliers repartiront avec de petits paquets-cadeaux contenant bonbons, biscuits et savon. Le repas terminé, Swâmiji procède lui-même à une distribution de couvertures pour les familles les plus démunies.
Aussitôt Vishali entreprend le rangement du hall et nous l’aidons à remettre tout en ordre afin que tout soit prêt pour la méditation de 15h30. Nous n’aurons donc pas à la manquer, quelle chance!
Les repas
Nous nous rendons quatre fois par jour dans la salle à manger attenante à la cuisine. Les gens en séjour entrent au fur et à mesure et attendent debout devant leur place (celles-ci ne sont pas attribuées) en chantant « Om Hari Sharanam ». Lorsque Swâmiji arrive, chacun s’assied et le service commence, assuré à tour de rôle par des ashramites. Arnaud et Swâmiji sont installés chacun à une petite table en face de l’assemblée assise par terre sur quatre rangs, Geoffroy, Véronique et moi, prenons place au fond de la salle, face à eux, également sur une table. Le silence n’est pas total et certains parlent à mi-voix avec leur voisin. La nourriture nous parait merveilleuse, à nous Européens, car elle est saine, savoureuse, très parfumée, mais sans une pointe de piment. En revanche, les Indiens semblent en souffrir et quelques familles de passage n’hésitent pas à sortir un pot de sauce pimentée, afin de relever les plats servis.
La fin des repas, surtout le dîner qui est la dernière activité de la journée, est l’occasion pour Swâmiji d’aborder les sujets les plus divers : souvenirs d’enfance, considérations religieuses ou spirituelles, scientifiques … Parfois, un disciple pose une question, Swâmi Prem en profite pour donner quelques informations utiles et répond fréquemment au téléphone. En effet, c’est le moment ou les disciples appellent l’ashram : ils parlent d’abord à Swâmi Prem qui leur passe ensuite leur gourou, qui va les écouter dans un silence total avant de rendre l’appareil. C’est là que j’apprends à mieux connaitre Vinoji, l’intendant de l’ashram. Son bureau est situé à l’entrée des bâtiments et il est chargé, entre autres, de collecter les passeports, enregistrer les séjours et recevoir les donations. Il est assez sourd et semble plutôt réservé, sauf devant son gourou. Swamiji profite de la fin du dîner pour le « charrier », expliquant à quel point il était mal à l’aise avec les femmes, les tours que lui joue sa surdité, etc. A chaque petit mot de Swamiji, il acquiesce avec ardeur et n’hésite pas à rejouer la scène, à la commenter avec humour, et la salle entière est secouée de rire. C’est un duo improvisé où le maitre et le disciple se renvoient la balle, où les réparties fusent avec une grande liberté. Pourtant, si Swamiji peut se montrer très taquin, Vinoji conclut toujours ses paroles, aussi triviales soient-elles, par une formule témoignant de son amour et de son respect pour son maitre. Le public, bon enfant, applaudit aux meilleures répliques. Arnaud rit aussi de bon cœur ; il est d’ailleurs souvent interrogé et amené à donner des explications ou des précisions sur tel ou tel point d’une autre religion ou sur la voie de Swâmi Prajnanpad.
Les réunions
Les réunions de 11h durent environ une heure et quart. Les questions sont soigneusement notées sur un cahier tenu par Vishali. La consigne est clairement indiquée sur le mur : « Only spiritual questions, please. » Effectivement, hommes et femmes interrogent souvent Swâmiji sur un aspect précis de la spiritualité hindoue : purusha et prakriti, la conscience témoin, la méditation … L’atmosphère est néanmoins intime. Swâmiji se montre très proche de ses disciples et cette intimité si simple se révèle d’autant mieux par contraste avec le cadre naturel qui nous entoure : le ciel au-dessus de nos têtes, les collines à l’horizon et la Yamuna qui coule inlassablement tranquille en cette fin d’hiver, permettent un recueillement d’une qualité particulière.
La plupart du temps, Arnaud assiste sans mot dire à la réunion, toujours aux côtés de Swâmiji.
Parfois, il est sollicité, d’une manière ou d’une autre, pour transmettre son expérience acquise auprès de son gourou ou d’autres maitres fréquentés lors de ses voyages.
Vers la fin du séjour, Swâmiji propose que ce soit Arnaud qui anime entièrement la réunion du lendemain. Arnaud a donc l’occasion de restituer dans sa saveur originelle l’enseignement de Swâmi Prajnanpad. Les Indiens, comme les Occidentaux présents, buttent sur les termes « acceptation », « être un avec ». «N’est-ce pas de la résignation? » «Ne vais-je pas laisser ma négativité devenir totalement envahissante et toute puissante si je l’accepte? », etc. Arnaud explique et explique, trouvant en Swâmiji un allié de choix. Celui-ci ne semble pas éprouver la moindre hésitation et, avec l’aide du grand cahier, il commente et renforce avec ses termes les réponses d’Arnaud.
La dernière réunion se clôture par une séance photos. Nous voila tous rassemblés dans le fond de la terrasse, entourant Swâmiji et Arnaud, tandis que Swâmi Prem, juché en équilibre en haut de l’escalier, photographie le groupe.
Les relations
D’emblée, la relation entre Swamiji et Arnaud s’installe de manière proche, extrêmement simple et naturelle. Swâmiji traite son hôte avec de grands égards, mais sans ostentation. Je suis frappée de la qualité qui émane d’eux et cherche à saisir en quoi cela témoigne d’une relation différente. Swâmiji ne se départ jamais de sa dignité. Sa stature, sa présence intérieure n’incitent vraiment pas à une familiarité ordinaire, mais il se montre très prévenant envers Arnaud, le moindre petit geste est aimant, il s’occupe de son confort, de ses loisirs, il marque son intérêt et invite sa communauté à en faire de même ; et pourtant, je ne ressens ni humilité, ni componction, plutôt une tranquille et inaltérable évidence … comme si cela allait de soi…
Il y a comme un « vide » qui émane de Swâmiji et, dans ce « vide », toute situation, quelle qu’elle soit, prend sa place harmonieusement et, sans entrave, peut relier les deux protagonistes qui ne font que refléter sans effort un même état intérieur.
Les Indiens ont une relation beaucoup plus diversifiée, et d’une palette plus riche, avec leur maitre. Même dans un ashram comme celui-ci où la sobriété et l’absence de religiosité apparente sont de mise, les disciples indiens peuvent extérioriser une intense dévotion ou tout autant se montrer très familiers et directs. Je remarque certains détails, par exemple le pranam n’est pas systématique mais on s’inclinera devant le châle de méditation de Swamiji avant de le replier avec le plus grand soin. Son anniversaire, nous l’avons vu précédemment, est l’occasion de montrer et son respect et une joie plus taquine. Les marques de proximité s’expriment de façon variée, les Indiens n’hésitent pas à intervenir de manière informelle, à plaisanter, ou raconter bruyamment une histoire.
Les premiers temps de notre séjour, Arnaud est entouré d’une délicate politesse de la part des ashramites. Ne sachant comment s’adresser à lui, c’est le terme « Mister Arnaud » qui est proposé, que celui-ci refusera comme trop formaliste. Après quelques jours de cohabitation, la présence d’Arnaud fait son chemin et les disciples indiens, voulant lui témoigner et leur respect et leur affection, l’appelleront « Arnaudji ». Ils seront plus proches et n’hésiteront pas, si son pantalon présente un faux pli, à le redresser avec déférence. Ils veilleront à protéger sa tête du soleil, ses pieds de la froideur du sol, et autres petits détails. Lors de la traduction de ses paroles d’enseignement, ce sera parfois « Arnaud Maharaj dit que … » ou il sera éventuellement interpellé par le terme « Swamiji ». Quelques Français laisseront échapper : « On s’habitue tellement à sa présence, nous sentirons un manque après son départ ! »
Le départ de l’ashram
Le jour du départ, un taxi est commandé pour 16h afin de nous convoyer à la gare de Saharanpur, le retour à Delhi nous semblant moins fatigant en train qu’en voiture.
Nous sommes attendus dans la chambre de Swamiji pour lui faire nos adieux pendant que se déroule la méditation de 15h30. C’est l’occasion d’un dernier café, accompagné de (trop !) nombreux biscuits, servi par Swamiji. Vishali et Swâmi Prem nous entourent. Nous avons tous reçu des cadeaux, spécialement Arnaud et Véronique, chargés d’en rapporter à Daniel et Maryse, ainsi qu’André et Bernie qui ont séjournés à Sadhana Kendra. Véronique a dû emprunter un grand sac à Vishali rien que pour pouvoir caser les cadeaux de Swamiji. La dernière conversation est courte et simplement banale. Puis nous sommes accompagnés jusqu’au taxi qui nous attend déjà dans la cour d’entrée.
Les gens en séjour se sont spontanément rassemblés devant la voiture à la fin de la méditation. Terminer un séjour comme celui-ci est toujours émouvant pour ceux qui partent mais aussi pour ceux qui restent. Une certaine gravité imprègne l’atmosphère qui met en relief les liens qui se sont crées en dix jours. Swamiji et Arnaud sont face à face devant la voiture. Ils joignent les mains, imités par tous. Swâmi Prem, juste derrière, est silencieusement recueilli. Avant que Swamiji n’ait pu esquisser un geste, Arnaud se déchausse et fait le pranam, puis se relève. Swamiji s’incline alors puis s’empare fermement des mains d’Arnaud qu’il pose sur sa propre tète, « obligeant » ainsi Arnaud à le bénir, sous les regards autant émus qu’amusés de tous. Puis Arnaud se tourne vers Swâmi Prem, le prend dans ses bras et l’étreint, avant de prendre place à l’avant du taxi. Le silence est complet. J’embrasse une disciple indienne qui a les larmes aux yeux, nous échangeons quelques mots d’adieux … et nous voila tous dans la voiture qui démarre et quitte l’ashram, tandis que, derrière nous, je vois toutes les mains jointes en un dernier au revoir.
Pour préparer les coeurs et les esprits à la rencontre des 11 et 12 février prochains, voici quelques informations permettant de mieux situer notre invité (concernant Murielle, je n’ai pas trouvé d’infos publiques mais je ne désespère pas de pouvoir vous la présenter tout de même dans un autre article!)
|
Christophe Massin est né en 1953. Assez tôt, il a senti se manifester le virus du voyage et n’a eu de cesse que de le concrétiser. A l’occasion d’un séjour en Inde en 1974, il découvre, par les livres d’Arnaud Desjardins, le monde de la sagesse orientale et vit une rencontre déterminante avec Kangyur Rimpoché, peu avant sa mort. Dès son retour en France, il prend contact avec Arnaud Desjardins, pressentant cette possibilité, unique à l’époque, d’une démarche qui allie compréhension psychologique et dimension spirituelle. Tout en poursuivant ses études de médecine et de chinois, il effectue plusieurs séjours au Bost où il découvre les lyings. Il retourne plusieurs années de suite en Inde pour rencontrer Mâ Anandamayi et des maîtres tibétains, jusqu’à la disparition de Mâ en 1982.A la fin de ses études de médecine, il entreprend la spécialisation de psychiatrie et passe l’internat des hôpitaux psychiatriques. Il conclut ses études par un mémoire sur Les aspects psychologiques du Vedanta hindou et de l’enseignement de Swâmi Prajnânpad à l’hôpital Sainte Anne. Fin 1983, il s’installe comme psychiatre libéral et commence à faire faire des lyings, en accord avec Arnaud Desjardins. Dans un second temps, il développe, parallèlement à son cabinet médical, une activité de formation en entreprise, dans le domaine du développement personnel et des relations humaines. Cette ouverture sur le monde du travail s’avère pour lui d’une grande richesse de rencontres, dans les milieux socio professionnels les plus variés.Simultanément, dans sa pratique thérapeutique, il mesure progressivement l’importance décisive de la prime enfance et, en particulier, de la période qui touche la naissance, pour la construction et le devenir d’un être humain. Cet intérêt se transforme en recherche et aboutit à la publication du Bébé et l’amour (Aubier) en 1997. Les répercussions de ce livre ont ensuite amené Christophe Massin à pousser plus loin ces recherches dans le domaine de la périnatalité, en s’associant à des praticiens qui s’occupent directement de la naissance. |

« Il faut restaurer une perméabilité et un contact plus fluide avec nos émotions. Habituellement nous ressentons nos émotions lorsqu’elles nous dérangent. Le reste du temps, nous les tenons réprimées. La première étape consiste à nous ouvrir à l’émotion.
Puis il devient clair que l’émotion est un phénomène provenant de l’intérieur. Habituellement, nous sommes convaincus que l’extérieur déclenche l’émotion, alors qu’il la révèle seulement. Nous pouvons donc faire l’expérience que toutes les émotions demeurent présentes, en latence, même quand nous ne sommes pas en situation. En apprenant à accueillir l’émotion, je peux plus facilement lui dire « stop ».
Le refus est inhérent à l’émotion… car elle naît justement de ce décalage entre ce que j’attendrais et ce qui est. Dans mon esprit, la situation pourrait être autrement et je ne l’accepte pas directement telle qu’elle est. Je suis d’autant plus excité et joyeux d’être reçu à un examen, que je doutais du succès. Je compare subconsciemment avec la situation inverse où j’aurais pu échouer. Ce n’est pas une unité totale et immédiate avec la réalité.
Dans une émotion joyeuse comme dans une émotion de tristesse ou de peur, on retrouve toujours un élément qui implique que la situation pourrait être différente. On ne vit pas une acceptation inconditionnelle du « c’est ainsi », où l’émotion se transformerait en un sentiment de paix.
Un aspect central de mon travail de thérapeute est de détecter les refus au quotidien. [Cela] consiste à aider une personne qui ressent une tension à contacter la pleine mesure de son émotion, à découvrir le point le plus sensible, jusqu’à cette qualité d’acceptation inconditionnelle qui ramène l’unité et la paix intérieures. Le but […] n’est pas de faire disparaître l’émotion mais le refus qui la sous-tend. L’acceptation permet de retrouver une circulation fluide, une véritable spontanéité, que l’émotion reste présente ou disparaisse.
[Ce n’est pas] une technique particulière mais plutôt un état d’esprit. C’est une intention de ne pas se protéger vis-à-vis de ce que nous portons en nous de plus dérangeant – certaines pulsions, certaines souffrances, ce que nous avons le plus de mal à accepter en nous. [Ce sera] le moment privilégié pour nous ouvrir à ces aspects conflictuels et douloureux, en les exprimant – à la différence de la méditation où l’on reste silencieux et statique. L’expression sans retenue de ce que l’on ressent facilite le fait d’aller au cœur de l’émotion. Au plus aigu de la souffrance, si nous cessons de résister et si nous nous ouvrons, nous découvrons soudain la paix, le silence, l’immobilité. Arnaud Desjardins cite souvent cette parole: « Pour sortir de l’enfer, il faut sauter là où les flammes sont les plus hautes », comme dans l’Enfer de Dante où la sortie se trouve au centre de l’enfer et non à sa périphérie. À partir du moment où nous avons affronté ce qui nous fait le plus mal, la peur de le ressentir disparaît. L’aspect dérangeant ne pose plus problème et s’intègre, qu’il persiste ou non. Tant que l’on sent une menace, c’est qu’il reste une dualité avec l’émotion : « D’un second naît la peur » disent les Upanishad. A partir du moment où l’on se plonge tout entier, corps et âme, dans l’expérience douloureuse avec l’impression que l’on peut mourir, suffoquer et être complètement anéanti, on s’aperçoit que l’on n’est pas détruit et qu’il existe un niveau de conscience absolument intact, inaffecté par la souffrance. Cette attitude commence à imprégner le quotidien et ouvre à la plénitude de la vie, car nous avons contacté ce niveau indestructible. Au lieu de fuir et d’éviter, nous nous laissons traverser par les vagues et les remous, sans être submergés ni noyés… »
Dr Christophe Massin
On trouve aussi plusieurs extraits vidéo sur le web, dont celui ci :
–
–
Enfin, voici la liste des ouvrages dont Christophe est l’auteur (ils sont presque tous épuisés en librairie, mais Christophe et Murielle apporteront les quelques exemplaires qui leur restent dans leur placard personnel et il y aura donc moyen de se procurer et de faire dédicacer ces livres à La Bertais !) :
Le samedi après-midi 4 Février aura lieu la 10ème édition de la Fête du Yoga. Organisée par YogaRennes, une association que j’ai contribué à fonder dans les années 2000 et qui regroupe aujourd’hui plus de vingt professeurs de yoga de Rennes et sa région, c’est le rendez-vous annuel incontournable de tous les « passionnés ». Il y en a en effet pour tous les goûts, avec, en l’espace de quelques heures, pas moins de 10 ateliers et de 3 conférences dont vous lirez ci dessous une brève présentation…
Pour les habitués, veuillez noter les deux nouveautés de cette édition :
LES ATELIERS :
LES CONFERENCES :
Le détail du programme (avec la présentation de chaque atelier) et le coupon de réservation peuvent se télécharger très facilement en cliquant ICI.
(aussi disponible sur le site de YogaRennes) :
Et pour clôturer la fête, ne manquez pas le concert final de « Chants spirituels » avec Naren et Sarada à partir de 21h (billetterie séparée si vous ne venez qu’au concert).
Voici un aperçu musical de leur talent :
–
–
A très bientôt de vous retrouver nombreux pour célébrer ensemble le Yoga !
Voici deux petits cadeaux que j’ai reçu à l’occasion des fêtes et que j’ai grand plaisir à partager avec vous.
Le premier pourrait passer pour un conte de Noël, si ce n’était une histoire vraie. A regarder avec vos proches pour partager ce qu’Arnaud appelait « une grande émotion » (c’est-à-dire un ressenti préfigurant le sentiment).
Désolé, il vous faudra suivre le lien, car je n’ai pas réussi à trouver une version « intégrable » de cette vidéo (à voir en cliquant sur la photo et sans oublier de passer en mode « plein écran » ) !
Et puis le second cadeau est musical et « de saison ». Celui-ci est visionnable ci dessous en direct !
Une minute et cinquante secondes à tout le moins étonnantes… et plus si affinité !
BONNE ANNEE à CHACUN ET CHACUNE !
Vous aviez aimé le film de Jean-Marc (Chauvet) sur la dernière Kumba Mela dont nous avions parlé ici l’an passé ? Outre le fait que vous pouvez relire cet article (et visionner le film), sachez que Jean-Marc a rapporté d’autres séquences qu’il n’a pas pu intégrer au montage et qu’il vient d’en mettre une à disposition publique sur le web, qu’il a appelée « Street Yoga ».
Il s’agit d’un sadhu rencontré à Haridwar et qui se livre à quelques pratiques ascétiques au bord d’une des routes principales des faubourgs de la ville sainte. Dans la grande tradition des « tapas » (pratiques destinées à surmonter les contraires que sont entre autres le froid et le chaud), il a choisi de s’exposer au soleil à l’heure la plus chaude de la journée et d’allumer autour de lui une série de feux rituels destinés à augmenter encore la température à laquelle il va se soumettre…
Quant aux postures qu’il exécute dans ce cadre, elles ne sont pas si éloignées que cela de certains enchainements de l’ashtanga yoga et ce mini-reportage a donc le mérite de nous présenter une perspective décalée par rapport à notre façon quelque peu aseptisée d ‘envisager le yoga.
Merci Jean-Marc !
PS : pensez à mettre la vidéo en mode « plein écran », ça en vaut la peine 😉 -durée de la séquence : 9 minutes!
Je ne sais pas si c’est une question de saison, mais tels les champignons de l’automne, j’ai reçu récemment une « moisson » de nouveaux liens à intégrer dans notre blog.
Avec la rentrée et malgré mon désir, je n’ai pas eu le temps de m’y mettre avant aujourd’hui. Mais ça valait la peine d’attendre car du coup, ça fait un beau bouquet !
Il y a quelques jours, j’ai eu l’occasion de faire découvrir le texte ci-dessous à une amie de longue date dont la culture spirituelle est assez vaste (pensez donc, elle est l’auteur, entre autre, d’une Anthologie de la non-dualité!).
Elle a beaucoup apprécié le texte et m’en a même demandé copie.
Mais quand j’ai voulu lui faire deviner qui en était l’auteur, elle a lamentablement calé.
Et vous, saurez-vous attribuer ces paroles de sagesse à son auteur ? (indice : il est né au 20ème siècle et est aujourd’hui décédé…)
Quand j’avais 17 ans, j’ai lu une citation du genre : “Si vous vivez chaque jour comme si c’était le dernier, un jour viendra qui vous donnera raison.”
Cela m’a marqué et, depuis lors, je me suis regardé dans le miroir chaque matin et je me suis dit : “Si c’était le dernier jour de ma vie, aurais-je envie de faire ce que je suis le point de faire aujourd’hui ?” Et à chaque fois que la réponse était “Non” pendant plusieurs jours d’affilée, je savais que je devais changer quelque chose.
L’outil le plus important que j’aie trouvé pour m’aider à prendre de grandes décisions, c’est de me souvenir que je serai bientôt mort. Parce que presque tout – ce qu’on espère des autres, l’orgueil, la peur d’être ridicule ou d’échouer –, tout cela disparaît face à la mort et ne reste que ce qui est vraiment important. Pour éviter le piège de penser que vous avez quelque chose à perdre, le meilleur moyen est de vous rappeler que vous allez mourir. Vous êtes déjà nu. Alors autant suivre votre cœur. […]
Personne ne veut mourir. Même ceux qui veulent aller au Paradis ne veulent pas mourir pour y arriver. Et, pourtant, la mort est notre destination finale à tous. Personne n’y a jamais échappé.
Et c’est comme cela que les choses doivent être, car la mort est probablement la meilleure invention de la vie.
C’est l’agent du changement de la vie.
Elle efface l’ancien pour faire place au nouveau.
Aujourd’hui, le nouveau c’est vous, mais un jour qui n’est pas très éloigné, vous deviendrez l’ancien et serez éliminé.
Désolé d’être aussi tragique, mais c’est la vérité. Votre temps est limité, alors ne le gaspillez pas en vivant la vie de quelqu’un d’autre. Évitez d’être piégé par le dogme – c’est-à-dire vivre selon le résultat de la pensée d’autrui. Ne laissez pas votre voix intérieure être noyée par le bruit des opinions des autres. Et plus important que tout, ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. Ils savent déjà ce que vous voulez réellement devenir. Tout le reste est secondaire.
Lors d’un échange avec l’une d’entre vous, j’ai été amené à me remémorer pour elle une allégorie célèbre qui se trouve dans l’épopée du Mahabharata.
Bien que je n’ai pas sous la main la citation exacte, voici de mémoire la façon dont ce texte illustre la précarité de notre condition et la folie qui consiste à tenter d’y échapper par la seule quête des satisfactions immédiates :

« Un homme s’est perdu dans une forêt. Il est poursuivi par un tigre et, dans son effort désespéré pour lui échapper, tombe dans un précipice.
Par chance, dans sa chute un pan de son vêtement vient à s’accrocher à la branche principale d’un petit arbre qui a réussi à pousser à flanc de coteau et lui évite la chute mortelle.
Ainsi suspendu dans le vide, et alors que la branche ploie dangereusement sous son poids, il s’aperçoit qu’en contre bas il y a un marais infesté de crocodiles qui déjà se rassemblent sous son éventuel futur point de chute!
En levant la tête vers le haut du précipice, il voit la gueule du tigre qui se penche vers sa proie en rugissant, lui interdisant toute velléité d’escalade.
Au comble du désespoir, l’homme s’aperçoit que quelque chose tombe en goutte à goutte sur sa tête : il se déplace un peu et tend la langue : ô miracle, c’est du miel qui coule d’une ruche sauvage nichée dans un des creux de l’arbuste providentiel qui a arrêté sa chute.
Les abeilles sauvages, dérangées par le choc de l’intrus qui a fait verser leur ruche, commencent à bruisser dangereusement au dessus de sa tête!
Or dans cette situation pitoyable, notre homme ne trouve rien de mieux à faire qu’à se focaliser sur un seul objectif : se positionner dans le vide du mieux possible pour réussir à déguster le plus de miel qu’il pourra ! »
Le texte explique ensuite que la forêt et le tigre du début de l’histoire représentent le monde et ses frayeurs dans lequel nous nous retrouvons plongé de par notre naissance.
L’accrochage accidentel à la branche d’arbre représente ce que nous prenons, des années durant, pour notre réussite dans la vie et notre sécurité.
« Tout va bien » pensons-nous, alors que nous sommes en fait pris en sandwich entre les terreurs de notre enfance (le tigre) et la peur viscérale de la mort (les crocodiles) -sans compter que nous sommes aussi victimes des agitations incessantes de notre propre mental (les abeilles sauvages). Et au lieu de nous concentrer sur la seule chose qui vaille, l’éveil de ce cauchemar absolu qu’est en vérité la condition humaine, nous consacrons l’essentiel de nos forces vives à la seule recherche des jouissances immédiates.
BON APPETIT, frères et soeurs humains !
J’ai plusieurs articles « sérieux » en cours d’écriture mais en attendant leur finalisation, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous ce petit film de 6 minutes 45 secondes intitulé : un Bodhisattva dans le métro (tout un programme!)
Si vous n’avez rien de mieux à faire, enjoy 😛